• Gigantopithecus

    La famille des Hominidés actuels « qui ressemblent à des humains », comporte deux sous-familles, celle des hominidés (dont Homo sapiens) et celle des pongidés (Grands singes).

    Cette famille fait donc le lien entre les êtres humains et les grands singes actuels et leurs ancêtres.

    Gigantopithecus est un Grand singe qui a vécu officiellement du Miocène supérieur au Pléistocène moyen.
    Certains pensent que ce King Kong de la préhistoire aurait pu survivre à une époque beaucoup plus récente.
    Certains vont même jusqu’à dire que certaines petites populations de Gigantopithecus existeraient toujours.

    Les Hominidés

    Les hominidés se distinguent des singes de l'Ancien Monde dans la mesure où leur queue tend à disparaître et où leur bras et leurs épaules se développent de façon à leur permettre la brachiation, à savoir le fait de se balancer de branche en branche.

    Outre les gibbons (hylobatidés) et les hominidés (êtres humains et grands singes), on trouve dans cette super-famille les pliopithécidés, une espèce éteinte qu'il faut rattacher aux hylobatidés, comme les gibbons.

    Gibbon

    L'une des espèces de gibbons actuels. By Krypto

    Les relations au sein de ce grand groupe sont redéfinies en permanence et font encore l'objet de nombreux débats. À mesure que de nouveaux fossiles sont découverts, on en apprend un peu plus sur l'histoire encore très fragmentaire aussi bien de l'espèce humaine que des grands singes. Les hominidés comprennent les plus grands primates connus à l'heure actuelle, même si certaines espèces éteintes, Gigantopithecus, par exemple, les égalaient en taille.

    Les grands singes

    La sous-famille des ponginae comprend les grands singes actuels et fossiles. Ces animaux sont presque bipèdes, à savoir qu'ils marchent à 4 pattes et parfois debout sur leurs 2 pattes arrière. Ils n'ont plus de queue.

    Aujourd'hui, le territoire des pongidés se limite à l'Afrique équatoriale et à l'Asie du Sud-Est, où l'on trouve deux espèces de chimpanzés et une seule espèce de gorille et d'orang-outang.

    Un orang-outan et un jeune gibbon

    Un orang-outan et un jeune gibbon en train de jouer au zoo de San Diego. By Alan Wolf

    Cette famille était autrefois beaucoup plus variée, aussi bien par le nombre de ses espèces que par son importante répartition géographique. Les premières espèces sont apparues au Miocène inférieur, il y a 25 millions d'années.
    Ces espèces « quasi-humaines » sont étroitement liées malgré les différences subtiles de leur anatomie.

    Main d'un Gorille

    Cette main "quasi-humaine" d'un gorille nous rappelle à quel point nous sommes proches des Grands singes. By Lea Memone

    Il n’y a pas si longtemps, on pensait que les grands singes avaient divergé de la lignée ayant donné naissance aux australopithèques et aux êtres humains, il y a entre 15 et
    20 millions d'années.
    Avec les dernières découvertes, on sait que notre arbre généalogique est bien plus complexe.

    Chimpanzé

    Regard triste et méditatif pour ce jeune chimpanzé. By Aaron Logan

    Cependant, les analyses, notamment de l’ADN, nous ont révélé de belles surprises.

    Ces études ont surtout surpris par les relations qu'elles ont révélées entre les hommes d'aujourd'hui et les grands singes que sont les chimpanzés et les gorilles. Si, à la surface, nous nous distinguons facilement de ces singes, en fait, nos systèmes biochimiques sont très semblables.

    Gigantopithecus

    Gigantopithecus était un animal très imposant. On distingue deux espèces : Gigantopithecus blacki en Chine du sud et Gigantopithecus bilaspurensis en Inde du nord.
    Des fragments de fossiles ont également été découverts au Pakistan.

    Gigantopithecus

    Reconstitution de Gigantopithecus. By Sam Wise

    On a essayé d’établir un portrait robot mais il faut tout de même souligner que nous ne connaissons ce grand singe que grâce aux fragments de mâchoires et de dents. Dans la mesure où ces fragments sont deux fois plus grands que ceux d'un gorille actuel, on en a déduit que Gigantopithecus devait mesurer environ 3 m de haut pour un poids estimé entre 300 kg et 600 kg.
    Difficile d’être plus précis au vu de la pauvreté des fossiles.

    Mâchoire de Gigantopithecus

    Mâchoire de Gigantopithecus. By Dan Coulter

    Gigantopithecus est un proche parent de Sivapithecus, un autre grand singe à la taille moins imposante (environ 1,50 m de haut) qui a vécu au Miocène.
    On considère Sivapithecus comme le représentant de la période transitoire entre la vie arboricole et la vie terrestre.

    Sivapithecus

    Crâne de Sivapithecus . © dinosoria

    On s'intéressa à Gigantopithecus lorsqu'un paléontologue trouva 4 de ses molaires dans un magasin de Hongkong, dans les années 1930.
    Ces molaires fossiles gigantesques (2,5 cm de diamètre) étaient vendues comme des restes authentiques de dragon.
    Vers 1950, des mâchoires inférieures complètes furent découvertes.

    Gigantopithecus était un animal terrestre, qui ressemblait sans doute à un gorille malgré une mâchoire plus courte et des incisives et des canines relativement petites.

    Reconstitution du crâne d'un gigantopithecus

    Reconstitution du crâne d'un Gigantopithecus © Bone Clones

    II se nourrissait probablement de racines, de tubercules et de graines, mais aussi de petits vertébrés.

    Gigantopithecus a certainement survécu jusqu'au Pléistocène, il y a environ un million d'années, peut-être même jusqu'à une époque plus récente.
    Ce grand singe a donc côtoyé l’homme.
    D’après certains chercheurs, notamment Jack Rink de la MCMaster University en Ontario, Gigantopithecus, dont certains fossiles ont été découverts dans le sud de la Chine, était un herbivore friand de bambous, à l’image de notre panda actuel. Certains indices laissent effectivement à penser que cette région était largement recouverte de bambous à cette époque.
    Cette alimentation, très sélective, a-t-elle entraîné sa disparition ?

    Gigantopithecus

    Illustration d'un Gigantopithecus. Photo credit: Scientific America, Jan. 1970

    Les amateurs de cryptozoologie pensent qu'il existe encore aujourd'hui. Ce serait le mystérieux yeti qui vivrait dans les cols rocheux et les versants inaccessibles de l'Himalaya, où il aurait parfois été observé.
    Mais, aucune preuve ne venant étayer cette théorie, notre King Kong est officiellement une espèce éteinte.

    Classification : Animalia. Chordata. Mammalia. Primates. Hominidae. Ponginae. Gigantopithecus

    V.Battaglia (14.02.2007 

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  • Gastornis

    Après l'extinction des dinosaures, les mammifères dominent la Terre. Mais, des oiseaux étranges évoluent dans les forêts denses sur plusieurs continents.

    Gastornis, connu également sous le nom de Diatryma qui n'est qu'un synonyme, était un grand oiseau coureur qui a vécu du Paléocène supérieur jusqu'à la fin de l'Eocène en Europe et en Amérique du Nord.

    Bien des choses ont changé depuis la fin des dinosaures. Il fait désormais bien plus chaud. Des forêts de type tropical recouvrent les continents de l'Arctique à l'Antarctique. Dans ce nouvel eden, les météorites ne menacent plus personne.
    Ici, c'est le royaume des mammifères. Mais, ils sont encore de petite taille et vivent à l'ombre d'animaux plus gros: les oiseaux coureurs.

      

      

    Portrait de Gastornis

    Un des plus impressionnants des oiseaux coureurs est le Gastornis: 1/2 tonne de muscles et de plumes, 2 m de haut des pieds à la tête.

    Son bec immense, d’une force impressionnante, peut facilement tuer une proie. C'est du moins le portrait que nous avons de cet oiseau, d'ailleurs largement repris par la BBC dans ses documentaires.

    On pourrait donc en conclure que cet oiseau était carnivore et que les différentes espèces ont repris tout simplement le rôle que tenaient autrefois les dinosaures prédateurs.

    Gastornis

    Squelette de Gastornis. By stevelewalready

    En fait, ce portrait est basé sur la morphologie du bec qui est puissant. Mais, nous ne savons pas quel était le régime alimentaire de Gastornis. Son très gros bec épais était très resistant, ce qui fait penser qu'il pouvait briser des os. Mais, il se peut également qu'il s'en servait pour briser les coquilles des fruits les plus durs ou pour arracher la végétation.

    Carnivore, herbivore ou omnivore ? La réponse reste en suspend.

    Gastornis

    Bec puissant du Gastornis. By stevelewalready

    Il portait des ailes courtes, presque inutiles. Mais, ses longues pattes massives lui permettaient de courir très vite et de lancer de formidables ruades. Là encore, les longues pattes puissantes en font un bon oiseau coureur. Mais, on sait que Gastornis vivait sous le couvert de forêts denses. Ce n'est pas l'environnement idéal pour se lancer dans de grandes courses.

    Toujours est-il que si Gastornis était carnivore, il ne fait aucun doute qu'il était au sommet de la chaîne alimentaire.

    Gastornis

    Gastornis reconstitué par la BBC

    Les liens de parenté entre Gastornis et les oiseaux modernes ne sont pas entièrement connus. Certains traits caractéristiques relient Gastornis aux canards, oies et autres ansériformes. Cependant, aujourd'hui, on le classe plus volontiers dans le super-ordre des Galloanserae, auquel appartiennent les coqs par exemple.

    Plusieurs espèces de Gastornis ont été décrites:

    • Gastornis parisiensis est l'espèce type (1855). Cette espèce a vécu du Paléocène supérieur au début de l'Eocène en Europe
    • Gastornis russeli a été découvert en France. Les fossiles sont datés du Paléocène supérieur
    • Gastornis sarasini vivait en Europe durant l'Eocène
    • Gastornis ajax vivait au Paléocène supérieur en Amérique du Nord
    • Gastornis giganteus vivait en Amérique du Nord durant l'Eocène

    Les reconstitutions montrent Gastornis avec un joli plumage coloré dont l'apparence ressemble à celui des ratites. En réalité, on ne sait pas à quoi ressemblait son plumage car aucune plume fossilisée n'a été retrouvée.

    Diversité et Extinction

    Plusieurs espèces d'oiseaux coureurs se répandirent au cours du Tertiaire. Phororhacos, un oiseau d'1,50 m de haut, a été découvert dans les couches miocènes d'Amérique du Sud. Des oiseaux coureurs évoluaient également en Australie.

    L'extinction des dinosaures et la petite taille des premiers mammifères réduisirent la menace pour les oiseaux ayant à défendre leur nid au sol; cela a peut-être favorisé le développement des grands oiseaux coureurs.

    Gastornis

    La taille moyenne de Gastornis est d'1,75 m. By Ryan Somma

    Bien qu'inaptes au vol, la nature les a doté d'arguments convainquants: un bec en forme de grosse hache, des pattes robustes et agiles à la course, de redoutables griffes.
    Trop puissants pour être menacés à l'âge adulte, il se pourrait qu'ils aient pâti de leur incapacité à protéger leurs jeunes, nés au sol, des attaques des petits mammifères prédateurs.

    L'extinction des grands oiseaux carnivores peut avoir plusieurs causes et il est fort probable que c'est un ensemble de facteurs qui a provoqué leur disparition.

    Gastornis

    Gastornis s'est éteint à la fin de l'Eocène. By unforth

    Tout d'abord, la vulnérabilité des jeunes. Les changements climatiques propres à cette période ont certainement joué un rôle.

    Enfin, la diversification des mammifères prédateurs qui se répandirent à partir du début de l'Eocène sur tous les continents n'est sûrement pas étrangère au déclin puis à l'extinction des grands oiseaux coureurs. Au début de l'Eocène, les Créodontes se répandirent puis devinrent les carnivores dominants comme Hyaenodon.

    Classification: Aves Neornithes Galloanserae Gastornithiformes Gastornithidae

    V.Battaglia (01.2004). M.à.J 11.2009

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  • Les Entelodontes

    De la fin de l'Eocène (35 Ma) jusqu'au début du Miocène (20 Ma), les entélodontes étaient les plus gros carnivores.

    Les entélodontes sont connus en Amérique du Nord et en Europe mais sont probablement d'origine asiatique. Ils semblent apparentés au cochon mais en beaucoup plus monstrueux.

      

      

    Portrait des Entélodontes

    Les entélodontes sont classés parmi les suiformes et dans la famille des entelodontidae. Actuellement, les suiformes comprennent les porcs, les pécaris et les hippopotames.

    Leur taille variait du porc au bison. Leur énorme crâne était orné d'excroissances osseuses sur les joues et sur la mâchoire inférieure.

    Squelette d'entélodonte. By Barry Jung

    Ils ne possédaient que deux doigts à chaque pied. Leurs mâchoires étaient garnies de prémolaires et molaires mais également d'énormes canines incurvées. On pense qu'ils étaient plus charognards que prédateurs.

    Le cerveau des entélodontes étaient petits mais les zones correspondant à l'odorat étaient bien développées.

    Exemples d'entélodontes

    Archaeotherium « ancienne bête » fait partie de la famille des entélodontes. Sa tête est exagérément développée bien que son cerveau soit très petit comparé à sa taille. Il semble que cet agressif carnassier ait été également charognard.
    C’est un lointain cousin des phacochères. On pense que ces énormes carnassiers se prêtaient à de terribles combats entre eux pour la dominance sur les femelles.

    Archaeotherium (Archaeotherium mortoni, espèce type), qui vivait en Amérique du Nord pendant l'Oligocène et jusqu'au Miocène, avait la taille d'une vache. Comme tous les entelodontes, ses dents et ses mâchoires prouvent qu'il avait un régime plus carné que les porcs d'aujourd'hui. Leur régime alimentaire était sans doute plus proche de celui des Hyènes.

    Entelodon deguilhemi était très proche du genre américain Archaeotherium. Lui aussi possédait d'étranges protubérances sur la mâchoire inférieure, les joues et la tête. Il mesurait 1,35 m à l'épaule et vivait en Europe.

    Entelodon vu par la BBC

    Les plus grands spécimens d'entélodontes retrouvés mesurent 3 m de long.

    On pense que les entélondontes mâles se battaient entre eux parce que l'on a retrouvé sur des fossiles des traces de blessures.

    Classification

    Chordata . Tetrapoda. Therapsida. Mammalia. Artiodactyla. Entelodontoidea. Entelodontidae. Entelodon
    Aymard 1846

    Entelodon magnus, Aymard 1846 (espèce type)
    Entelodon deguilheimi, Reppelin 1918
    Entelodon dirus, Matthew and Granger 1923

    V.B (02.2004). M.à.J 08.2007

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  • Gigantopithecus

    La famille des Hominidés actuels « qui ressemblent à des humains », comporte deux sous-familles, celle des hominidés (dont Homo sapiens) et celle des pongidés (Grands singes).
    Cette famille fait donc le lien entre les êtres humains et les grands singes actuels et leurs ancêtres.
    Gigantopithecus est un grand singe qui a vécu officiellement du Miocène supérieur au Pléistocène moyen.
    Certains pensent que ce King Kong de la préhistoire aurait pu survivre à une époque beaucoup plus récente.
    Certains vont même jusqu’à dire que certaines petites populations de Gigantopithecus existeraient toujours.

      

      

    Les Hominidés

    Les hominidés se distinguent des singes de l'Ancien Monde dans la mesure où leur queue tend à disparaître et où leur bras et leurs épaules se développent de façon à leur permettre la brachiation, à savoir le fait de se balancer de branche en branche.

    Outre les gibbons (hylobatidés) et les hominidés (êtres humains et grands singes), on trouve dans cette super-famille les pliopithécidés, une espèce éteinte qu'il faut rattacher aux hylobatidés, comme les gibbons.

    L'une des espèces de gibbons actuels. By Krypto Licence

    Les relations au sein de ce grand groupe sont redéfinies en permanence et font encore l'objet de nombreux débats. À mesure que de nouveaux fossiles sont découverts, on en apprend un peu plus sur l'histoire encore très fragmentaire aussi bien de l'espèce humaine que des grands singes. Les hominidés comprennent les plus grands primates connus à l'heure actuelle, même si certaines espèces éteintes, Gigantopithecus, par exemple, les égalaient en taille.

    Les grands singes

    La sous-famille des ponginae comprend les grands singes actuels et fossiles. Ces animaux sont presque bipèdes, à savoir qu'ils marchent à 4 pattes et parfois debout sur leurs 2 pattes arrière. Ils n'ont plus de queue.

    Aujourd'hui, le territoire des pongidés se limite à l'Afrique équatoriale et à l'Asie du Sud-Est, où l'on trouve deux espèces de chimpanzés et une seule espèce de gorille et d'orang-outang.

    Un orang-outan et un jeune gibbon en train de jouer au zoo de San Diego. By Alumroot Licence

    Cette famille était autrefois beaucoup plus variée, aussi bien par le nombre de ses espèces que par son importante répartition géographique. Les premières espèces sont apparues au Miocène inférieur, il y a 25 millions d'années.
    Ces espèces « quasi-humaines » sont étroitement liées malgré les différences subtiles de leur anatomie.

    Cette main "quasi-humaine" d'un gorille nous rappelle à quel point nous sommes proches des Grands singes. By Lemai13 Licence

    Il n’y a pas si longtemps, on pensait que les grands singes avaient divergé de la lignée ayant donné naissance aux australopithèques et aux êtres humains, il y a entre 15 et
    20 millions d'années.
    Avec les dernières découvertes, on sait que notre arbre généalogique est bien plus complexe.

    Regard triste et méditatif pour ce jeune chimpanzé. By Lightmatter Licence

    Cependant, les analyses, notamment de l’ADN, nous ont révélées de belles surprises.

    Ces études ont surtout surpris par les relations qu'elles ont révélées entre les hommes d'aujourd'hui et les grands singes que sont les chimpanzés et les gorilles. Si, à la surface, nous nous distinguons facilement de ces singes, en fait, nos systèmes biochimiques sont très semblables.

    Gigantopithecus

    Gigantopithecus était un animal très imposant. On distingue deux espèces : Gigantopithecus blacki en Chine du sud et Gigantopithecus bilaspurensis en Inde du nord.
    Des fragments de fossiles ont également été découverts au Pakistan.

    On a essayé d’établir un portrait robot mais il faut tout de même souligner que nous ne connaissons ce grand singe que grâce aux fragments de mâchoires et de dents. Dans la mesure où ces fragments sont deux fois plus grands que ceux d'un gorille actuel, on en a déduit que Gigantopithecus devait mesurer environ 3 m de haut pour un poids estimé entre 300 kg et 600 kg.
    Difficile d’être plus précis au vu de la pauvreté des fossiles.

    Reste fossilisé d'une mâchoire (Source Internet)

    Gigantopithecus est un proche parent de Sivapithecus, un autre grand singe à la taille moins imposante (environ 1,50 m de haut) qui a vécu au Miocène.
    On considère Sivapithecus comme le représentant de la période transitoire entre la vie arboricole et la vie terrestre.

    Crâne de Sivapithecus (Source Internet)

    On s'intéressa à Gigantopithecus lorsqu'un paléontologue trouva 4 de ses molaires dans un magasin de Hongkong, dans les années 1930.
    Ces molaires fossiles gigantesques (2,5 cm de diamètre) étaient vendues comme des restes authentiques de dragon.
    Vers 1950, des mâchoires inférieures complètes furent découvertes.

    Gigantopithecus était un animal terrestre, qui ressemblait sans doute à un gorille malgré une mâchoire plus courte et des incisives et des canines relativement petites.

    Reconstitution du crâne d'un gigantopithecus © Bone Clones

    II se nourrissait probablement de racines, de tubercules et de graines, mais aussi de petits vertébrés.

    Gigantopithecus a certainement survécu jusqu'au Pléistocène, il y a environ un million d'années, peut-être même jusqu'à une époque plus récente.
    Ce grand singe a donc côtoyé l’homme.
    D’après certains chercheurs, notamment Jack Rink de la MCMaster University en Ontario, Gigantopithecus, dont certains fossiles ont été découverts dans le sud de la Chine, était un herbivore friand de bambous, à l’image de notre panda actuel. Certains indices laissent effectivement à penser que cette région était largement recouverte de bambous à cette époque.
    Cette alimentation, très sélective, a-t-elle entraîné sa disparition ?

    Illustration d'un gigantopithecus (Source Internet)

    Les amateurs de cryptozoologie pensent qu'il existe encore aujourd'hui. Ce serait le mystérieux yeti qui vivrait dans les cols rocheux et les versants inaccessibles de l'Himalaya, où il aurait parfois été observé.
    Mais, aucune preuve ne venant étayé cette théorie, notre King Kong est officiellement une espèce éteinte.

    V.B (14.02.2007

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  • Dodo

    Raphus cucullatus, plus communément appelé Dodo, était un pigeon terrestre géant. Ce grand oiseau dont le vrai nom est dronte, incapable de voler, a été découvert par les explorateurs européens sur l’île Maurice en 1598.
    Frappés par la gaucherie de cet oiseau, ils le baptisèrent « doudo », ce qui signifie « nigaud » en portugais (doido aujourd’hui).
    De la taille d’un gros dindon, le Dodo prospérait sur l’île volcanique encore inhabitée où il n’avait aucun prédateur naturel.
    Malheureusement pour le Dodo, cette tranquillité prit fin avec l’arrivée de l’homme et de ses animaux domestiques.

      

      

    Qui était le Dodo ?

    Malgré toutes les incertitudes entourant le Dodo, une chose est certaine, cet oiseau était endémique à Maurice (ou République de Maurice). État insulaire d’Afrique australe, Maurice est située dans l’océan Indien, à l’est de Madagascar et au nord-est de l’île de La Réunion.

    De nombreuses controverses existent sur cet oiseau, tant au niveau de sa classification, de son mode de vie ou même de sa physiologie.
    Cela peut sembler étrange concernant un animal autant chassé, si chassé d’ailleurs qu’il a disparu.

    Entre les histoires colportées par les marins, les assemblages plus ou moins hétéroclites présentés comme des reconstitutions et les dessins assez fantaisistes, le dodo est presque devenu un mythe qui conserve une grande part de son mystère.

    Reconstitution d'un Dodo

    Reconstitution d'un Dodo. By net_efekt

    Officiellement, le dodo est classé dans l’ordre des Columbiformes, auquel appartiennent les pigeons.
    La physionomie des pigeons a peu changé depuis que ces oiseaux sont apparus au Crétacé supérieur ou au début du Tertiaire.
    Les gros columbiformes ont évolué sur des îles tropicales, où ils n’avaient pas de prédateurs, notamment au Pléistocène.

    A cette époque, plusieurs espèces de grande taille, souvent incapables de voler, peuplaient les îles Mascareignes de l’océan Indien.
    Parmi les espèces d'oiseaux des Mascareignes, seul le solitaire de Rodrigues est apparenté au Dodo.

    En 2002, des analyses ADN ont apporté de nouvelles informations sur la classification. Le Dodo et le solitaire de Rodrigues ont été classés dans une famille spécifique : les Raphidae.

    Portrait du Dodo

    Là encore, l’apparence exacte de cet oiseau est incertaine. En effet, les rapports qui datent du XVIe et XVIIe siècle se contredisent.
    C’est d’autant plus surprenant que quelques Dodos, capturés vivants, ont été transportés en Europe au XVIIe siècle.
    Ils n’ont malheureusement pas survécus mais quelques dessins avaient été alors exécutés.

    Les restes se sont très mal fossilisés. Jusqu’à récemment, nous ne possédions aucun squelette entier.

    Dodo

    Dodo. Dessin du naturaliste Miscellany en 1793

    C'est le professeur George Clark, maître d'école à Mahébourg, qui, en 1865, découvrit les premiers squelettes de Dodos dans un lieu-dit «Mare aux Songes». Les fossiles furent envoyés à Londres, où Richard Owen, conservateur du musée d'Histoire naturelle, tenta la première reconstitution d'un squelette de Dodo entier.

    Les différentes reconstitutions ont donc été faites à partir de fragments. Ce n’est qu’en octobre 2005, qu’une équipe a pu mettre au jour de nombreux ossements appartenant à des individus d’âges différents ainsi qu’un squelette complet.
    Ces individus sont morts lors d’une inondation subite.

    Le Dodo était recouvert d’un duvet doux.
    Son poids était d’une vingtaine de kilos pour une taille d’environ 70 cm de haut. On peut supposer que certains mâles adultes étaient encore plus massifs.
    Il possédait une grosse tête dont les côtés étaient dépourvus de plumes et coiffée d’un capuchon noir.

    Reconstitution du Dodo

    Reconstitution approximative du Dodo au Field Museum. By Jeremy Burgin

    Son bec crochu était massif et puissant et sa queue recourbée et touffue. Ses ailes étaient minuscules.

    Il possédait une démarche maladroite, se dandinant sur des pieds aux orteils courtauds. Ses puissantes pattes à quatre doigts tendraient à démontrer que c’était un bon coureur.
    Mais là encore, les rapports divergent.

    Quel était son cri ? Nous l’ignorons. Etait-il stupide comme son sobriquet le laisse penser ? C’est fort peu probable.
    Les oiseaux sont des animaux intelligents et nul doute que le Dodo, malgré une apparence un peu cartoon, n’était ni paresseux, ni idiot.

    Un animal qui n’a rien à craindre peut se permettre une certaine indolence.

    Reconstitution d’un Dodo

    Illustration d’un Dodo (Oxford University Museum of Natural History). By Ballista

    Des légendes ont également fait recettes concernant une espèce de Dodo blanc. En réalité, il ne s’agissait que d’individus albinos.

    Concernant son mode de vie, nous ne savons presque rien. Quelques œufs fossilisés ne nous apprennent pas grand-chose non plus sur sa reproduction.
    Existait-il une parade de séduction ? Sur quels types de relations, la société des Dodos était-elle basée ?
    Autant de points d’interrogation.

    Le Dodo se nourrissait de plantes basses, de graines et de fruits tombés des arbres.

    Squelette d'un Dodo

    Squelette d'un Dodo. By Heinz-Josef Lücking . Licence

    En 1993, S.A. Temple prétendit qu’il y avait une symbiose entre le Dodo et un arbre, le tambalacoque.
    Selon lui, la graine de cet arbre avait besoin du Dodo pour germer. L’extinction du Dodo aurait donc causé la disparition de cet arbre.
    Cette théorie a été largement réfutée puisqu’il a été prouvé que l’arbre, bien que rare, existait toujours après la disparition du Dodo.

    L’extinction du Dodo

    A partir du XVIe siècle, l’île Maurice devint un lieu d’escale pour les navires au long cours. Après des mois de privation et de rationnement, les marins aspiraient à manger de la viande fraîche.
    Le Dodo était donc une proie facile. Selon les premiers rapports, sa viande était dure et amère.

    Lorsque l’île devint une colonie hollandaise en 1644, l’extermination du Dodo fut inévitable. Mais, il faut souligner qu’un ouvrage de Thomas Herbert écrit en 1634 mentionne le fait que la population de Dodos est déjà en déclin.

    Dodo

    Le Dodo a disparu au 17e siècle. By daveypea

    Cependant, il est certain que l’homme a largement contribué à cette extinction. Les adultes étaient tués et les petits étaient victimes des rats, des chiens, des singes et des cochons, tous introduits par les colons.
    La destruction de leur habitat a été le coup fatal. Si l’on considère que cette espèce endémique était déjà vulnérable, la moindre modification de son environnement a causé sa perte.

    En 1680, les pionniers et leurs animaux occupaient la totalité de l’île Maurice.

    Moins d’un siècle après avoir été découvert, le Dodo avait déjà disparu. Son extinction fut si rapide que l’on en vint, au XIXe siècle, à douter qu’il ait jamais existé.

    Pour convaincre les scientifiques que le Dodo n’était pas un animal de légende, il fallut qu’un colon établi à Maurice exhibe, en 1865, des fossiles du volatile.

    V.Battaglia (28.12.2006)

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