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    Grotte de Bruniquel : les stupéfiantes

    constructions de Néandertal

     

    Dans la profonde grotte de Bruniquel, au-dessus de l’Aveyron, des Hommes de Néandertal ont aménagé des feux pour s’éclairer. Ils ont aussi cassé et déplacé plus de deux tonnes de stalagmites pour construire d'énigmatiques structures. La datation en fait un record : 176.500 ans, une époque bien antérieure à tous les cas connus d’occupation humaine de grottes. Mais qu’allaient-ils donc faire là ?

     

     
     

    Dans la grotte de Bruniquel (Tarn-et-Garonne), un chercheur réalise des mesures magnétiques. Elles permettent de repérer des traces de calcite brûlée par des flammes. Un jour, des Hommes ont installé là un éclairage imposant et se sont donné beaucoup de mal pour assembler des morceaux de stalagmites en alignements réguliers. Ils étaient des Néandertaliens et ces spéléologues ont précédé de 140.000 ans dans le monde souterrain les Homo sapiens ayant peint les fresques de la grotte Chauvet. © Étienne Fabre, SSAC

    Dans la grotte de Bruniquel (Tarn-et-Garonne), un chercheur réalise des mesures magnétiques. Elles permettent de repérer des traces de calcite brûlée par des flammes. Un jour, des Hommes ont installé là un éclairage imposant et se sont donné beaucoup de mal pour assembler des morceaux de stalagmites en alignements réguliers. Ils étaient des Néandertaliens et ces spéléologues ont précédé de 140.000 ans dans le monde souterrain les Homo sapiens ayant peint les fresques de la grotte Chauvet. © Étienne Fabre, SSAC

     
     

    C’est sans doute la nouvelle archéologique de l’année : des constructions humaines trouvées au fond d’une grotte profonde du Tarn-et-Garonne, dite de Bruniquel, ont été datées : elles remontent à -176.500 ans, soit 140.000 ans avant les peintures de la grotte Chauvet, le plus ancien art pariétal connu jusqu'ici.

     

    Découvert en 1990, dominant l’Aveyron, ce vaste site souterrain, qui abrite un lac, ne recèle pas de peintures pariétales mais des traces d’utilisation du feu et de curieux amoncellements de stalagmites brisées et soigneusement agencées.

     

    Depuis plusieurs années, il est minutieusement étudié par une équipe internationale, notamment Jacques Jaubert, de l’université de Bordeaux, Sophie Verheyden, de l’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique (IRSNB), et Dominique Genty, du CNRS, aidés par les spéléologues de la Société spéléo-archéologique de Caussade (SSAC).

     

    Des stalagmites préalablement brisées ont été agencées en cercle. © Michel Soulier, SSAC
    Des stalagmites préalablement brisées ont été agencées en cercle. © Michel Soulier, SSAC

     

    De mystérieuses occupations souterraines

     

    Les résultats sont tout à fait inattendus. Les archéologues dénombrent environ 400 stalagmites ainsi déplacées et ont repéré plusieurs endroits où elles ont été prélevées. Leurs longueurs cumulées totalisent 112 m et la masse totale est estimée à 2,2 tonnes. Ces pierres sont juxtaposées ou alignées sur 2, 3 ou 4 rangs et sont maintenues par des cales. Ailleurs, des empierrements dessinent un cercle. En 2013, leur disposition est enregistrée et reconstituée en 3D, tandis que les traces de feux sont analysées par un procédé magnétique.

     

    La conclusion est qu’il s’agit probablement de foyers installés là pour l’éclairage. Les archéologues sont en peine pour effectuer des comparaisons car on ne connaît aucun autre exemple de ce genre. Les chercheurs, qui publient leur analyse dans Nature, ont dû inventer un nouveau mot qualifier ces structures : « spéléofact », mélange de « artefact » (réalisation d’origine humaine) et de « spéléologique ».

     

    Reconstitution en 3D de la structure en cercle. Les repousses de stalagmites, postérieures à la réalisation, ont été supprimées sur ordinateur. © Xavier Muth, Get in Situ, Archéotransfert, Archéovision-SHS-3D, base photographique Pascal Mora
    Reconstitution en 3D de la structure en cercle. Les repousses de stalagmites, postérieures à la réalisation, ont été supprimées sur ordinateur. © Xavier Muth, Get in Situ, Archéotransfert, Archéovision-SHS-3D, base photographique Pascal Mora

     

    Les grottes occupées par des humains 140.000 ans avant Chauvet

     

    Les premières datations au carbone 14 n’avaient pas permis de conclure car l’âge (176.500 ans) est plus grand que la limite de cette méthode (47.600 ans). C’est une analyse « uranium-thorium » qui l'a donné. Le premier de ces atomes, incorporé à la calcite – qui s’est redéposée sur ces amoncellements –, se dégrade ensuite en thorium avec un rythme connu. Avec 176.500 +/- 2.000 ans, la datation est plus qu’étonnante car elle situe ce curieux chantier bien avant les plus anciens signes d’occupation connues d’une grotte, en l’occurrence celle de Chauvet, il y a 36.000 ans.

     

    Il y a 176.500 ans, Homo sapiens ne vivait pas en Europe ; les humains étaient des Néandertaliens. Toutefois, jamais des traces d’une telle occupation d’une grotte n’avaient été trouvées. « La communauté scientifique ne supposait aucune appropriation de l'espace souterrain, ni une maîtrise aussi perfectionnée de l'éclairage et du feu, et guère plus des constructions aussi élaborées »,rapporte le communiqué du CNRS. Il a fallu une certaine organisation sociale pour réaliser ces aménagements, avec un gros travail de débitage de stalagmites puis leur installation soigneuse.

     

    Une autre énigme, encore plus difficile, demeure : que venaient faire là ces Hommes de Néandertal ? À part celle d’un refuge, peu probable car l’entrée de la grotte est à 300 m de ces structures, toutes les hypothèses sont sur la table : recherche de matériaux souterrains, utilisation du lieu pour une cause pratique quelconque, comme une réserve d’eau, célébration d’un culte… Une fois encore, l'Homme de Néandertal nous étonne.

     

    À découvrir en vidéo autour de ce sujet :


    La taille du silex détient une place importante dans la société du Mésolithique, période de la Préhistoire. C’est à cette époque qu’elle bénéficie de l’arrivée d’une nouvelle technique utilisant un percuteur tendre. Découvrez, durant cette vidéo de l’Inrap (Institut de recherches archéologiques préventive), comment les premiers Hommes façonnaient leurs outils.

     

    Archéologie:  Grotte de Bruniquel : les stupéfiantes constructions de Néandertal + vidéo

     

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    Une grande cité maya découverte par un

    Québécois de 15 ans ?

     

    L'histoire ressemble à un scénario hollywoodien à la Steven Spielberg, inspiré par la série Les Mystérieuses cités d'or. Le Journal de Montréal révèle qu'un jeune Québécois de 15 ans aurait découvert que les Mayas installaient leurs cités en suivant le dessin de leurs constellations. La preuve : cette drôle d'hypothèse aurait permis de débusquer une nouvelle cité. Une belle idée mais dont on attend la confirmation...

     

    Palenque, dans l’État mexicain du Chiapas, près du fleuve Usumacinta, est mondialement célèbre. C’est l’un des sites mayas les plus impressionnants et on en connaît aujourd'hui probablement moins de 10 % de sa superficie. Il reste encore plus de mille structures couvertes par la forêt. © Wikipédia, Peter Andersen

    Palenque, dans l’État mexicain du Chiapas, près du fleuve Usumacinta, est mondialement célèbre. C’est l’un des sites mayas les plus impressionnants et on en connaît aujourd'hui probablement moins de 10 % de sa superficie. Il reste encore plus de mille structures couvertes par la forêt. © Wikipédia, Peter Andersen

     
     

    Aujourd'hui âgé de 15 ans, William Gadoury avait déjà, en 2014, attiré l’attention de membres de l’Agence spatiale canadienne quand lui a été décerné le premier prix de la finale québécoise de la Super Expo Sciences Hydro-Québec. Le jeune garçon, en effet, se passionne pour les Mayas depuis un certain temps

     

    L'adolescent savait donc qu'ils étaient de remarquables mathématiciens et astronomes, comme l'attestent des indices fourmillant dans leur architecture et leur religion. Parce qu’il ne comprenait pourquoi nombre de leurs cités ont été construites dans des régions peu hospitalières, William a eu l’idée de chercher une explication du côté des théories des prêtres-astronomes.

     


    William Gadoury nous parle de sa découverte. © France 2

     

    La carte des cités mayas serait celle de leurs constellations

     

    Par exemple, la disposition de nombreux temples est en rapport avec les mouvements du Soleil et des étoiles. C’est le cas de la tombe de Pacal, un des rois de Palenque. À Uaxactún, trois temples marquent également la position du Soleil levant au moment du solstice d'été, des deux équinoxeset du solstice d'hiver.

     

    William a donc cherché si la localisation géographique des cités mayas avait une quelconque connexion avec 22 des constellations considérées par cette culture. À sa grande surprise, il pouvait effectivement expliquer de cette façon la distribution de plus de cent villes et l’hypothèse semblait d’autant plus convaincante que les étoiles les plus brillantes des constellations correspondaient aux plus grandes villes mayas.

     

    Mais, en ajoutant une 23e constellation, une 118e cité manquait à l’appel, dans la péninsule du Yucatan, au Mexique. Le jeune adolescent a donc postulé que cette ville existait et a commencé à en parler à des membres de l’Agence spatiale canadienne, tout en cherchant à la localiser sur des images satellitaires.

     


    Un documentaire canadien, en français, sur la civilisation maya et la cité de Palenque. Voici la première partie. © Musée canadien des civilisations (MusCanCiv)

     

    La cinquième plus grande cité maya ?

     

    Sa démarche a été prise au sérieux par Armand LaRocque, spécialiste en télédétection de l’université du Nouveau-Brunswick, et par Daniel De Lisle, qui étudie la Terre depuis l’espace avec des radars pour l’Agence spatiale canadienne. Selon les deux chercheurs, il semble que des structures évoquant une pyramide entourée d’une trentaine d’autres constructions émergent effectivement du traitement numérique des données satellitaires. Très encouragé, William Gadoury a baptisé en dialecte maya cette cité perdue depuis près de mille ans K’àak’ chi’, soit Bouche de feu.

     

    L'histoire est belle mais l'annonce peut cependant laisser perplexe. Aucune publication dans un journal scientifique ne vient étayer la thèse d'une correspondance entre les constellations mayas et la localisation géographique de leurs cités. Il manque également une publication des observations satellitaires démontrant l'existence d'une métropole restée cachée. Pourtant, la découverte serait d'importance car cette ville mystérieuse pourrait bien être l’une des plus grandes villes mayas.

     


    La seconde partie du documentaire sur les Mayas. © Musée canadien des civilisations (MusCanCiv)

     

    La mystérieuse cité maya attend ses visiteurs

     

    L’idée du jeune William est certes ingénieuse et son travail force l’admiration et le respect. Il n’est pas question non plus de dénigrer le travail des deux chercheurs qui l’ont pris sous leurs ailes. Mais il est facile de trouver des corrélations qui ne résistent pas à une analyse critique et serrée des données (souvenons-nous du visage sur Mars). Certes, les Nazcas ont réalisé de remarquables géoglyphes sur plusieurs kilomètres et les Mayas étaient des astronomes et des architectes remarquablement doués. Toutefois, pour répartir ainsi leurs villes selon le dessin de constellations, leurs ingénieurs auraient dû maîtriser des techniques de géodésie sophistiquées et dresser des cartes précises à grande échelle. Ces cités, en effet, s'étalent sur un territoire très vaste, où les distances se mesurent en centaines de kilomètres.

     

    Une publication est semble-t-il prévue dans un journal scientifique. Espérons qu’elle accréditera suffisamment l’hypothèse de William pour que des fonds soient rapidement débloqués pour que des archéologues l’emmènent avec eux à la recherche de K’àak’ chi’, seul moyen de vérifier si elle existe réellement.

     

    Archéologie:  Une grande cité maya découverte par un Québécois de 15 ans ? + 3 vidéos

     

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    Le tombeau de Toutânkhamon cacherait

    deux chambres... et Néfertiti

     

    Les autorités égyptiennes font du teasing sur l'étude au radar menée dans le tombeau de Toutânkhamon. Après avoir annoncé fin février la découverte d'une porte cachée ouvrant sur une pièce inconnue, le ministre égyptien des antiquités double la mise : il y aurait deux chambres secrètes ! L'hypothèse que s'y cache le tombeau de Néfertiti tient toujours, même si le doute subsiste. Le scoop final est prévu pour avril.

     

    Le célèbre masque funéraire de Toutânkhamon. Enterré avec faste, le jeune pharaon mort à 19 ans a régné peu de temps et probablement sous la tutelle des prêtres. Son tombeau semble recéler une chambre murée. Un ministre égyptien assure qu’elle renferme « un trésor ». © Harry Potts, Flickr, CC by-sa 2.0

    Le célèbre masque funéraire de Toutânkhamon. Enterré avec faste, le jeune pharaon mort à 19 ans a régné peu de temps et probablement sous la tutelle des prêtres. Son tombeau semble recéler une chambre murée. Un ministre égyptien assure qu’elle renferme « un trésor ». © Harry Potts, Flickr, CC by-sa 2.0

     
     

    Mise à jour du 18 mars

     

    « Il y a 90 % de chances qu’il y ait deux chambres cachées derrière le tombeau de Toutânkhamon. Il y a des espaces vides derrière deux murs, mais pas totalement vides, ils contiennent des matériaux organiques et métalliques » selon Mamhoud Al-Damati, ministre égyptien des Antiquités, dans des propos rapportés par Le Monde. C'est peu dire que les autorités égyptiennent entretiennent le suspens autour de cette étude, dont les résultats seront communiqués en avril.

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    En novembre dernier, le ministre des Antiquités égyptiennes, Mamdouh Eldamaty, annonçait dans une conférence de presse qu’il y avait « 90 % de chances » pour qu’une chambre secrète existe dans le tombeau du pharaon Toutânkhamon, découvert en 1922 par Howard Carter. Des anomalies thermiques sur le mur nord avaient été détectées et des analyses au radar montraient la possibilité d’une cavité. Dans un entretien avec un journal espagnol, ABC, Hisham Zaazou, ministre égyptien du tourisme, fait à présent grimper la probabilité et annonce un « Big Bang » en avril avec une nouvelle fracassante. Nicholas Reeves, l’archéologue, qui a réalisé les sondages radar, aurait repéré une porte sur des images en haute résolution de la fondation espagnole Factum.

     

    Une momie se trouve-t-elle dans cette pièce murée ? Oui, pensent les archéologues. Les soupçons pèsent sur Nefertiti, épouse d’Akhenaton. D'après des analyses d'ADN effectuées en 2010, elle ne serait pas la mère de Toutânkhamon, puisque celle-ci serait la sœur du premier… L’hypothèse est loin d’être certaine, avec de bonnes raisons.

     

    La vie politique n’était pas un long fleuve tranquille durant le règne éphémère de Toutânkhamon, né vers 1345 avant J.-C., désigné pharaon sous le nom de Toutânkahton à 9 ans et mort brutalement à 19 ans. Nos chamailleries démocratiques d’aujourd’hui sont peu de choses en comparaison des féroces enjeux de pouvoir de l’époque. Son père, né Amenophis IV, avait imposé le culte d’un dieu unique, Aton, le Soleil, et s’était rebaptisé Akhenaton, « celui qui plaît à Aton ». Il avait aussi fortement réduit le pouvoir des prêtres. Quand il meurt, le clergé restaure le culte traditionnel d’Amon, le pharaon change de nom. Le culte d’Aton devient interdit et tout ce qui le rappelle est détruit. Pourquoi donc, Nefertiti, épouse de l’hérétique Akhenaton, serait-elle enterrée dans un tombeau royal ? Parce que les prêtres ont été pris de court, explique une version des faits.

     

    Les fresques murales du tombeau de Toutânkhamon sont constellées de taches sombres. Elles sont probablement apparues rapidement après la cérémonie et seraient dues à un séchage insuffisant des peintures. Le pharaon aurait été enterré à la hâte, estiment les archéologues. © Harvard University-The J. Paul Getty Trust, 2001
    Les fresques murales du tombeau de Toutânkhamon sont constellées de taches sombres. Elles sont probablement apparues rapidement après la cérémonie et seraient dues à un séchage insuffisant des peintures. Le pharaon aurait été enterré à la hâte, estiment les archéologues. © Harvard University-The J. Paul Getty Trust, 2001

     

    L'hypothèse Nefertiti n'est pas la seule

     

    Mort brutalement d’une cause inconnue (l’assassinat est évoqué), Toutânkhamon a dû être inhumé rapidement. Le tombeau de Nefertiti aurait alors été utilisé et la reine déplacée dans une chambre close. D’ailleurs, des taches sombres sur l’un des panneaux indiqueraient une réalisation trop rapide, le tombeau du pharaon ayant été refermé trop vite, avant que les peintures ne soient séchées.

     

    D’autres possibilités existent et, si tant est qu’il y ait bien une chambre avec un sarcophage à l’intérieur, son occupant, homme ou femme, pourrait être une surprise. Pourquoi pas la propre sœur de Toutânkhamon, Ânkhesenamon, que l’enfant-pharaon a épousée alors qu’il avait environ 10 ans ?

     

    Les détails historiques de la vie au sein de cette cour royale d’il y a plus de trois mille ans sont très mal connus, de même que les filiations, compliquées par les relations intrafamiliales et les intrigues politiques. Nous avons jusqu’au mois d’avril pour réviser l’histoire de la 18e dynastie.

     

    À découvrir en vidéo autour de ce sujet :


    Lors de fouilles réalisées à Buchères, près de Troyes, dans le département de l’Aube, des archéologues de l'Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives) ont découvert plusieurs tombes au mobilier funéraire très riche. Les défunts, des Celtes au statut mystérieux, dévoilent leurs secrets au cours de ce nouvel épisode des Experts du passé.

     

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    Droits des Femmes: des tablettes vieilles

    de 4000 ans témoignent

     

    Natacha Couvillers du Journal des Femmes

     

    Archéologie:  Droits des Femmes: des tablettes vieilles de 4000 ans témoignent

     

    Des archéologues ont trouvé dans la province de Kayseri, en Turquie, des tablettes vieilles de 4000 ans offrant un aperçu des droits des femmes durant l'Âge de Bronze.

     

    Le journal francophone international Aujourd’hui la Turquie relate la fabuleuse découverte des archéologues sur le site de la colonie de Kültepe-Kaniş-Karum, en Turquie. La fouille archéologique de la province de Kayseri a permis de découvrir des tablettes vieilles de quatre millénaires qui nous renseignent sur la culture et l’organisation sociale de cette population qui comptait 70.000 habitants. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les peuples de l'Âge de Bronze avaient déjà le sens de l’organisation. Ces trouvailles archéologiques donnent accès aux données sociales "concernant les femmes de l’Anatolie pré-antique" comme l’explique le spécialiste Fikri Kulakoğl de l'Université d'Ankara, mais aussi la législation en matière de contrats de mariages, "des droits de la femme jusqu’à l’adoption d’enfants, ou encore les mariages arrangés à a naissance".


    Du fait de cette découverte, le site Kültepe-Kaniş-Karum a probablement gagné son droit d'entrée pour la liste sacrée du patrimoine mondial de l’UNESCO.

     

    Archéologie:  Droits des Femmes: des tablettes vieilles de 4000 ans témoignent

     

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    D'extraordinaires fresques romaines

    découvertes à Arles

     

    Découverts en 2014 sur le site d'une ancienne verrerie, les restes d'une belle demeure romaine, vieille de plus de 2.000 ans, portent des fresques dans un état de conservation exceptionnel. Esthétiquement superbes, elles sont aussi précieuses pour les archéologues car ces décorations somptueuses de ce genre de villa appartenant aux élites dirigeantes témoignent du travail de fresquistes venus d'Italie, au premier siècle avant notre ère.

     

     
     

    Un visage féminin peint sur le mur intérieur de cette maison romaine, sur fond vermillon, un pigment de luxe. Le style est pompéien et peu d'exemples sont connus en France. Ces fresques, à Arles, sont tout à fait exceptionnelles par leur richesse et leur état de conservation. La maison se trouvait en ville, sur la rive droite du Rhône, dans un quartier chic. © J. Boislève, Inrap, musée départemental Arles Antique

    Un visage féminin peint sur le mur intérieur de cette maison romaine, sur fond vermillon, un pigment de luxe. Le style est pompéien et peu d'exemples sont connus en France. Ces fresques, à Arles, sont tout à fait exceptionnelles par leur richesse et leur état de conservation. La maison se trouvait en ville, sur la rive droite du Rhône, dans un quartier chic. © J. Boislève, Inrap, musée départemental Arles Antique

     
     

    Depuis le 1er avril 2015, les fouilles archéologiques programmées ont repris sur le site municipal de la Verrerie de Trinquetaille, en rive droite du Rhône, à Arles. Elle a débuté en 2014 et s’achèvera en 2016 à raison de quatre mois de fouille par an. La première campagne de fouille de cette maison datée du premier siècle avant J.-C., a déjà révélé, l'an dernier, dans une première pièce, un rarissime décor peint de IIe style pompéien, daté en Gaule entre 70 et 20 av. J.-C. Une vidéo du musée départemental Arles antique raconte cette découverte étonnante dans une verrerie du XVIIIe siècle.

     

    Ces peintures, aux couleurs d’une incroyable fraîcheur, laissent entrevoir, dans une probable chambre à coucher (cubiculum), une ornementation qui ménage, par un fort contraste de couleur, une alcôve pour le lit et une antichambre. D’inspiration très architecturale, la peinture imite en zone inférieure un podium au traitement évoquant le marbre. Dans l’antichambre, il supporte de massives colonnes jaunes tandis que, dans l’alcôve, de riches panneaux d’imitation de placages de marbres occupent la zone médiane.

     

    Un décor coloré qui ornait un mur de l'alcôve, là où se trouvait le lit de la chambre à coucher. © J. Boislève, musée départemental Arles Antique
    Un décor coloré qui ornait un mur de l'alcôve, là où se trouvait le lit de la chambre à coucher. © J. Boislève, musée départemental Arles Antique

     

    Des colonnes peintes et du faux marbre

     

    Dans la pièce voisine, objet de la campagne en cours, les peintures en place sur deux murs seront dégagées dans quelques jours et visibles lors de cette présentation à la presse. Mais d’ores et déjà la fouille des niveaux de comblement a permis de mettre au jour un décor unique en France. Sur un fond uni d’un précieux rouge vermillon, un pigment de luxe, des colonnes fictives imitant le marbre ménagent des espaces dans lesquels sont représentés divers personnages.

     

    De grande taille, ils prenaient place sur des piédestaux. La qualité de la représentation, la finesse des modelés du corps et des vêtements ainsi que la richesse des pigments témoignent d’un travail d’atelier extrêmement qualifié, venant probablement d’Italie.

     

    Un visage féminin. La finesse du travail révèle des techniques venues d'Italie. © Rémi Benali
    Un visage féminin. La finesse du travail révèle des techniques venues d'Italie. © Rémi Benali

     

    Des salles d'apparat chez les riches notables de la ville

     

    Ces décors de deuxième style pompéien, présents presque exclusivement dans le sud de la France (l’antique province de Narbonnaise) sont encore assez mal connus. Peu de sites ont livré des témoignages de ce style, ils se limitent souvent à quelques fragments et rares sont ceux qui offrent un ensemble aussi complet. Le caractère déjà exceptionnel des peintures mises en évidence l’année passée est encore plus marqué cette année.

     

    En effet, la représentation de personnages est extrêmement rare sur des peintures de IIe style en Gaule. Quelques fragments ont été trouvés à Narbonne mais la découverte d’un décor aussi riche et offrant un tel potentiel scientifique et muséographique est à ce jour unique en France. Ces peintures, qui ont nécessité de faire venir des ateliers de fresquistes qualifiés directement d’Italie, sont réservées aux salles d’apparat des plus riches demeures, souvent celles des élites dirigeantes de la cité, de Romains installés dans la colonie ou de notables locaux cherchant à marquer leur assimilation au mode de vie à la romaine.

     

    Une image prise lors de la première série de fouilles en 2014. Qualifiée d’indispensable par le ministère de la Culture, cette fouille est réalisée par le service archéologique du conseil départemental des Bouches-du-Rhône avec le soutien de la ville d’Arles. Elle bénéficie du partenariat de l’Inrap et de la collaboration du ministère de la Culture et de la Communication, du CNRS, de l’université Aix-Marseille et du Centre Camille Julian. © J. Boislève, Inrap, musée départemental Arles Antique
    Une image prise lors de la première série de fouilles en 2014. Qualifiée d’indispensable par le ministère de la Culture, cette fouille est réalisée par le service archéologique du conseil départemental des Bouches-du-Rhône avec le soutien de la ville d’Arles. Elle bénéficie du partenariat de l’Inrap et de la collaboration du ministère de la Culture et de la Communication, du CNRS, de l’université Aix-Marseille et du Centre Camille Julian. © J. Boislève, Inrap, musée départemental Arles Antique

     

    Des fresques d'un style très rare

     

    Les décors représentant de grands personnages sur fond vermillon sont très rares. Inconnus en France, ils sont également peu nombreux en Italie où on en compte moins d’une dizaine. Les comparaisons s’établissent avec de grandes maisons comme le cubiculum 4 de la villa des Mystères à Pompéi, ou la villa de P. Fannius Synistor à Boscoreale.

     

    Véritable trésor archéologique, ces vestiges renouvelleront tout un pan de la recherche toichographologique (l'étude des peintures murales) et enrichiront les collections du musée départemental Arles antique où le visiteur pourra, d’ici quelques années, contempler toute la fraîcheur des couleurs bimillénaires qui ornaient les murs d’un habitat des plus hautes élites de la cité.

    Archéologie:  D'extraordinaires fresques romaines découvertes à Arles

     

     

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