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    Randonnée en forêt dans le massif

    des Maures

     

    Par Vincent Noyoux
     
     
    source : Détours en France HS - 40 balades pour redécouvrir notre patrimoine
     
     
    Publié le 03/06/2021
     

    D’Hyères à Fréjus, les Maures déploient des vallées profondes, colonisées par les chênes-lièges et les châtaigniers. Le plus important espace forestier du Var s’explore de préférence à pied. La randonnée part de Collobrières sur les traces de Maurin des Maures à la rencontre de la châtaigneraie, de moutons mourérous et d’un monastère isolé.

     

     

    Le gouffre du Destéou dans le massif des Maures
      Se tenir au bord du gouffre du Destéou et contempler le massif des Maures est une expérience des plus troublantes : les collines et les vallées profondes s’étalent à perte de vue, vierges de toute trace humaine. Une illusion d’optique, car l’homme n’a jamais cessé d’en exploiter les richesses.

     

     

    Le sentier des menhirs de Lambert : de Collobrières à la Chartreuse de la Verne

     

    Le village de Colobrières dans le massif des Maures

    Pour mieux le comprendre, il faut s’élancer sur les 11 kilomètres de la randonnée des menhirs de Lambert (compter 4 heures, dénivelé de 570 mètres). Le sentier part de la cité de Collobrières, capitale de la châtaigne, au coeur du massif. L’industrie florissante du chêne-liège faisait vivre tout le village, au XIXe siècle. On venait même du Piémont se faire embaucher pour « démascler » (retirer la première couche du tronc, grossière, pour que le liège puisse se former ensuite régulièrement), puis « lever » la belle écorce des arbres. Le savoir-faire s’est perdu et une main-d’oeuvre étrangère est désormais sollicitée.

     

    Au pays des châtaignes

     

    L’autre richesse de Collobrières saute aux yeux, tandis que l’on ahane dans les premières montées : les châtaigneraies couvrent 800 hectares à Collobrières. Elles sont privées, comme dans le reste du massif et il est interdit de ramasser les bogues au sol. Les algarades entre propriétaires et promeneurs sont fréquentes en automne…

     

    Le massif des Maures

     

    Maurin de Maures, braconnier facétieux

     

    Le sentier se faufile dans une végétation méditerranéenne au charme subtilement coloré : les fleurs roses et blanches de la bruyère arborescente, le délicat semis laiteux du ciste de Montpellier, les clochettes ivoire des arbousiers, dont on gobe les boules orange sans modération. Tout cela protégé par le couvert des chênes verts…

     

    C’est dans ce décor qu’évolue Maurin des Maures, le héros du roman picaresque de Jean Aicard, publié en 1908 et adapté en feuilleton télé en 1970. On songe à ce braconnier facétieux qui, caché dans les bois, faisait tourner les gendarmes en bourrique, quand soudain… un homme de belle allure surgit ! Il porte un fusil à double canon sur l’épaule. Maurin ? Raté, ce n’est que René qui vient chasser le chevreuil et le sanglier.

     

    La plateau de Lambert et ses menhirs

     

    Les reflets du micaschiste tracent un sentier d’argent à l’approche du plateau Lambert. Deux menhirs du néolithique se dressent, incongrus, au centre d’une vaste pelouse vert vif, cernée d’eucalyptus et de sapins de Douglas. Tout autour, les moutons par centaines de Laurent Ripert. Ce berger mène son troupeau à l’estive depuis près de trois décennies. « À la mi-juin, nous montons jusqu’au col de Larche, à la frontière italienne, à 300 kilomètres d’ici. Nous en redescendons début octobre.

     

    La mourérous (“museau roux” en provençal) est une race rustique, qui a longtemps été délaissée à cause de son fort tempérament ! Mais ce sont des bêtes qui crapahutent bien et qui ont une bonne chair quand elles se gavent de glands et de châtaignes. Ici, elles sont servies ! Les moutons jouent aussi un rôle de pare-feu important, car ils broutent la broussaille, très inflammable. »

     

    Chacun garde en mémoire le terrible incendie de l’été 2003. 17 000 hectares sont partis en fumée et dix personnes y laissèrent la vie. Le paysage riant du plateau Lambert ne laisse rien deviner du drame. Tout juste peut-on méditer devant la souche calcinée du châtaignier de Madame de Sévigné, aux abords de la maison forestière. La marquise aimait se prélasser sous son ombre, dit-on.

     

    La chapelle privée de la Malière 

     

    Le gouffre du Destéou et son panorama prodigieux ne sont pas loin. On distingue la chapelle privée de la Malière (XIXe siècle), mausolée d’inspiration gothique noyé dans la forêt, telle une pointe de diamant enchâssée dans la verdure. Pour la rejoindre, il faut descendre un vallon luxuriant au son du rigaou (« rouge-gorge » en provençal). Un circaète Jean-le-Blanc plane dans le ciel, à moins qu’il ne s’agisse du rarissime aigle de Bonelli. Nous passons une rivière à guet et admirons, de plus près cette fois, la chapelle de la Malière, avant d’emprunter le chemin du Pilon. Des figuiers de barbarie tapissent un flanc de colline. Encore une châtaigneraie et nous retrouvons le village de Collobrières, entouré de vignes. La promenade n’est pas finie…

     

    La chartreuse de la Verne, un lieu d'histoire

     

    La chartreuse de La Verne dans le massif des Maures

    En poursuivant pendant 1 heure 30, tout droit au niveau du gouffre du Destéou, on peut rejoindre à pied la chartreuse de La Verne, joyau du massif. En voiture, une route tortueuse s’arrête à 200 mètres du site. Le sentier d’accès présente l’édifice sous son meilleur profil : long vaisseau de pierres, le monastère fondé au XIIe siècle fait corps avec l’arête rocheuse qui surveille le massif et, au loin, le golfe de Saint-Tropez. En proie aux incendies et aux pillages au fil du temps, abandonnée après la Révolution, la chartreuse n’est, en 1968, qu’un tas de ruines servant d’abri aux chèvres.

     

    La vie secrète des moniales de Bethléem

     

    À cette date, une association entreprend de la restaurer. Depuis 1986, les moniales de Bethléem poursuivent la vocation religieuse du lieu dans le silence, la solitude et le travail. Derrière le portail en serpentine, l’ordre de saint Bruno est suivi à la lettre. Chaque soeur vit et oeuvre seule dans sa cellule. La communauté se rassemble autour des offices. « On raconte beaucoup de sottises sur nous, regrette la soeur Paola, la seule habilitée à s’exprimer. Nous ne sommes pas des ermites, car notre solitude se fait en communion. » Le public peut visiter la boulangerie, l’oratoire ou une cellule-témoin du XVIIe siècle, mais le grand cloître s'admire derrière une baie vitrée. « Près de 800 moines y sont enterrés. Nous nous coulons dans un lieu d’Histoire », murmure notre guide avant de prendre congé. Les cloches ont sonné les vêpres. Les soeurs entrent, une à une, dans la chapelle d’adoration. Le visage dissimulé sous une capuche blanche, chacune rejoint sa stalle. Les chants cristallins s’élèvent sous la voûte. Les écouter depuis la tribune est un privilège.

     

    Art et Culture 4:  Randonnée en forêt dans le massif des Maures

     

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    Pierrefonds, un rêve de Moyen Âge

     

    Par Détours en France
     
    source : Hors Série - Châteaux de légende
     
     
     

    À l’orée de la forêt de Compiègne, le château préféré de l’impératrice Eugénie semble tout droit sorti d’un conte de fées. Construit au XIVe siècle, démantelé au XVIIe... C'est finalement Viollet-le-Duc qui en a fait cet édifice majestueux, signant ainsi sa vision du Moyen Âge.

     

     

    Le château de Pierrefonds, dans l'Oise
     
     
     
    On pourrait penser que Pierrefonds est trop beau pour être vrai et qu’il ne peut exister qu’au cinéma ! Il n’en est rien et l’impératrice Eugénie ne s’y est pas trompée, qui, dit-on, n’aurait pas hésité à user de tricherie pour que Napoléon III décide de le faire restaurer.

    Des tours rondes, des toits pointus, un donjon, des échauguettes, un double chemin de ronde, une chapelle, des mâchicoulis, un pont-levis… Il ne manque rien à Pierrefonds pour en faire Le château, celui des rêves d’enfant et des émerveillements d’adulte.

     

     

    De ruine à château de conte de fée

     

    Panorama
     
     

    Quand Napoléon III hérite de Pierrefonds, acheté une bouchée de pain par Napoléon Ier, il tombe sous le charme des ruines de la résidence de Louis d’Orléans, datées du XIVe siècle : nous sommes en plein romantisme et les ruines ont la cote. Mais l’empereur, qui est un passionné d’archéologie, veut en faire quelque chose.

    Il confie la restauration à Eugène Viollet-le-Duc, qui a déjà travaillé sur la basilique de Vézelay et Notre-Dame-de-Paris. Très vite, l’architecte modife le projet initial : il ne se contente pas de remettre le donjon en état mais étend le chantier à tout le château et en fait un véritable musée du Moyen Âge.

     

    Ce qu'il faut voir du castel

     

    Une enceinte de 110 mètres de long sur 90 de large, ponctuée de huit tours presque semblables, qui portent le nom de huit preux de la légende chevaleresque, Alexandre, Arthur, César, Charlemagne… L’ensemble est majestueux et ordonné.

    La cour intérieure

     

    La cour
     
     

    L’impression est tout autre quand vous pénétrez dans la cour intérieure : des éléments juxtaposés sans règle apparente, dans un style très néogothique. Regardez les colonnes qui soutiennent la galerie : courtaudes et massives, elles ne sont pas du tout esthétiques ! Viollet-le-Duc les a voulues efficaces : elles ont la forme de leur fonction.

    La décoration est foisonnante, empruntée à un bestiaire fantastique comme on l’aimait au Moyen Âge : sur les chapiteaux de la galerie, des épisodes du Roman de Renart ; descendant d’une meurtrière, un gros lézard ; ici, un étrange mammifère à tête de pélican paraît tout droit sorti d’un tableau de Jérôme Bosch. Et amusez-vous à compter les chats sur les lucarnes : il y en a 32 !

     

    La chapelle, le donjon et les appartements

     

    Intérieur et chapelle
     
     
     
    1 - Cette magnifique pièce n'est rien d'autre que la Chambre de l'Impératrice.

    2 - Chef-d'oeuvre de Viollet-le-Duc, dotée d'une rose représentant une étoile de David la chapelle de style néogothique est unique en son genre : une tribune surmonte l'abside et donne accès à un chemin de ronde couvert.

    La chapelle. Viollet-le-Duc y est allé de sa fantaisie : il s’est représenté sur le pilier central du portail, sous les traits de Saint Jacques le Majeur ! À l’intérieur, notez un fait unique : une tribune au-dessus du choeur.

    Le donjon et les appartements impériaux vous réservent quelques surprises. Le décor du plafond de la Grande Salle avec sa décoration végétale, par exemple, a un petit air d’Art nouveau. Dans cette pièce, amusez-vous à retrouver les symboles du couple impérial : l’aigle est sur les poutres, le chardon d’Eugénie en haut des murs.

    Viollet-le-Duc rend ici hommage à Napoléon III comme Bodo Ebhardt l’a fait à Guillaume II au Haut-Koenigsbourg, dans la salle du Kaiser. L’empereur allemand est d’ailleurs venu à Pierrefonds avant que ne soit restauré le château alsacien.

     

    La salle des Preuses

     

    Salle des Preuses
     
     
     
    La salle des Preuses l'une des rares pièces à avoir été complètement décorée, mesure 50 mètres de long. Sa cheminée monumentale à double foyer est ornée des statues des neuf "preuses" : l'impératice Eugénie et ses dames de compagnie figurées sous les traits d'héroïnes de l'Antiquité, reines ou guerrières.

    Depuis la chambre de l’Empereur, passez dans la salle des Preuses, qu’on pourrait qualifer de salle de bal. Ses proportions sont impressionnantes : 52 mètres de long pour 12 de haut et 9 de large.

    Elle doit son nom aux statues qui décorent l’imposante cheminée : l’impératrice Eugénie et ses dames de compagnie figurées sous les traits d’héroïnes de l’Antiquité, reines ou guerrières, comme Sémiramis ou les Amazones. Toujours l’idéal chevaleresque !

     

    Alors Pierrefonds, rénovation ou création ?

    Les deux, dans un savant mélange qui n’a pas toujours été du goût de tous. Marcel Proust voyait dans les travaux comme à Pierrefonds des « déjections », Anatole France qualifait le château d’« énorme joujou ». Il est certain que Viollet-le-Duc, emporté par sa passion, a dû éprouver beaucoup de plaisir à « reconstituer » ainsi un château médiéval.

     

    Entrée du château
     
     

    Mais loin d’être dictés par la fantaisie, ses travaux s’appuient toujours sur des recherches très sérieuses, dont on retrouve le détail dans son Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle. À l’image du système défensif dont il a pourvu les tours de Pierrefonds, avec deux chemins de ronde superposés, au niveau des courtines, qui assurent une meilleure circulation des défenseurs.

     

    Viollet-le-Duc s’est peut-être amusé à jouer à la guerre au Moyen Âge, mais il en avait parfaitement compris les mécanismes : Pierrefonds en est la preuve.

     

    Art et Culture 4:  Pierrefonds, un rêve de Moyen Âge

     

     

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    10 musées insolites et originaux

    en France

     

    Par Marine Guiffray
     
     
     

    Marre des visites culturelles longues et ennuyeuses ? Envie d’une activité qui plaise à tous, de 7 à 77 ans ? Pour apprendre en s’amusant, on vise les musées insolites. Musée de l'outil, musée de la contrefaçon, musée international de la chaussure… Ils sont nombreux, cachés aux quatre coins de la France. En voici 10 qui ont retenu notre attention. 

     

    Le Musée de la contrefaçon, à Paris 

     

    Musée de la contrefaçon
     
    La collection du musée de la contrefaçon est répartie dans six salles différentes. Comptez 40 minutes de visite en tout.

     

    Depuis sa création par l’Union des fabricants en 1951, le musée dénonce la contrefaçon en présentant côte à côte objets authentiques et contrefaisants. D’abord destiné aux professionnels, il ouvre ses portes au grand public dès 1972. Vêtements, jouets, articles de luxe, dernières technologies… plus de 500 produits sont exposés dans ce bel hôtel particulier du 16e arrondissement. Les contrefaçons proviennent évidemment de saisies, ou de dons des entreprises membres de l’Union.

     

     

    Le Musée de la toile de Jouy, dans les Yvelines 

     

    Musée de la toile de Jouy dans les Yvelines
     
    Le château de l'Eglantine, qui abrite le musée de la toile de Jouy.

     

    Fondée par un certain Christophe-Philippe Oberkampf en 1760, la manufacture de Jouy-en-Josas est célèbre pour ses toiles imprimées dont les motifs représentent des personnages et des paysages. Depuis 1977, le musée de la toile de Jouy les met en valeur à travers diverses créations : costumes, gravures, rideaux, parures de lit, etc. Il vous accueille au château de l’Eglantine du mercredi au dimanche entre 11h et 18h, et le mardi de 14h à 18h.

     

     

    Le Musée international de la chaussure, à Romans-sur-Isère

     

    Chaussures lotus au musée international de la chaussure
     
    Chaussures lotus exposées au musée international de la chaussure.

     

    De la sandale égyptienne aux Louboutin, en passant par la mule révolutionnaire ornée de sa cocarde bleu, blanc, rouge : en matière de souliers, vous serez une pointure ! Etabli à Romans-sur-Isère, dans la Drôme, le musée international de la chaussure vous ouvre ses portes du mardi au samedi entre 10h et 18h, et les dimanches et jours fériés de 14h30 à 18h (attention, les horaires varient d’un mois à l’autre).

     

     

    Chaussures Paco Rabanne au musée international de la chaussure
     
    Chaussure Paco Rabanne exposée au musée international de la chaussure.

     

    Le Musée de l’hydraviation, à Biscarrosse

     

    Hydravion du musée de l'Hydraviation

     

    Ce musée unique en Europe vous fait découvrir les secrets de l’hydraviation à travers des expositions temporaires, des ateliers pédagogiques et sa collection d’hydravions datant pour certains de 1912 ! Situé au bord du lac de Biscarrosse, il a été fondé sur l’ancienne base où Pierre-Georges Latécoère construisait, dans les années 30, les plus grands hydravions français. Des « paquebots des airs » qui ont traversé l’Atlantique, et qu’un certain Saint-Exupéry a eu l’occasion de piloter…

     

    Hall d'exposition du Musée de l'Hydraviation
     
    Hall d'exposition Donnet-Levêque du musée de l'hydraviation.

     

    Le Musée du papier peint de Rixheim

     

    Musée du papier peint de Rixheim
     
    Machine à imprimer du 19e siècle provenant des anciens ateliers de la manufacture J. Zuber & Cie. Elle est visible dans la salle technique du musée.

     

    Le musée du papier peint de Rixheim est attenant à la plus ancienne manufacture de papier peint encore en activité : la manufacture Jean Zuber & Cie, fondée en 1790. Il vous présente toutes les étapes de fabrication du papier peint, de la production du papier au flocage. Sa collection contient majoritairement des créations de la manufacture Zuber, dont d’impressionnants papiers peints panoramiques. Vous pouvez les admirer tous les jours entre 10h et 12h ou entre 14h et 18h (sauf le mardi du 1er novembre au 30 avril).

     

     

    Le Musée de l’outil du Val d’Oise 

     

    Musée de l'outil, dans le Val d'Oise
     
    La collection exposée au musée de l'outil est celle du forgeron Claude Pigeard et de son épouse Françoise Pigeard. 

     

    Le musée de l’outil a élu domicile dans une charmante maison du Vexin, sur la commune de Wy-dit-joli-Village. D’une pièce à l’autre, jusque sous les combles, on y découvre des outils en tous genres, le plus ancien datant du 14e siècle. La visite se poursuit par l’étonnant balnéaire gallo-romain classé aux monuments historiques, puis dans les jardins fleuris. Le site y accueille régulièrement des expositions, des représentations théâtrales, des concerts, ou encore des projections cinématographiques.

     

     

    Jardin du musée de l'outil, dans le Val d'Oise
     
    Les jardins du musée de l'outil.

     

     

    La Fabuloserie d'Alain Bourbonnais, à Dicy

     

    Le manège de la Fabuloserie d'Alain Bourbonnais à Dicy
     
    Le Manège de Petit Pierre dans le "jardin habité" de la Fabuloserie. En 2019, il fête ses 30 ans.

     

    La Fabuloserie d’Alain Bourbonnais est un véritable cabinet de curiosités ! Au grès d’un parcours labyrinthique dans une mystérieuse demeure, puis son jardin, le visiteur est amené à découvrir ce que le collectionneur, artiste et architecte qualifiait d’« hors-les-normes » : des œuvres brutes, ne répondant à aucune règle. Cela va des simples dessins aux personnages grandeur nature habitant le jardin.

     

     

    L'Atelier Musée de l'Imprimerie, à Malesherbes

     

    Machines à l'Atelier musée de l'imprimerie, AMI

     

    Ouvert en septembre 2018, le tout jeune atelier-musée de l’Imprimerie (AMI) rassemble une collection exceptionnelle d’une centaine de machines. Il retrace l’histoire de l’imprimerie depuis le XVe siècle et vous présente les grands noms qui ont participé à son développement : Gutenberg, Senefelder, Newton… Ceux qui souhaitent se former à l’une des techniques présentées peuvent même effectuer un stage au sein du musée.

     

     

    Enfants à l'atelier musée de l'imprimerie AMI

    Le Musée de la pêche, à Concarneau

     

    Musée de la pêche de Concarneau

     

    Pour familiariser le grand public à l’univers marin, le musée de la pêche met en lumière des objets insolites tels que sa machine à coudre les voiles ou sa dépouille de coelacanthe, un poisson extrêmement rare aux origines préhistoriques. Il propose ensuite au visiteur de se glisser dans la peau d’un marin-pêcheur en visitant l’Hémérica, un chalutier des années 60 qui a mouillé l’ancre dans le port de Concarneau en 1999. On embarque !

     

     

    L’Atrium de Rouen 

     

    Séance de réalité virtuelle à l'atrium de Rouen
     
    Séance de réalité virtuelle à l'atrium de Rouen.

    Expositions, planétarium, réalité virtuelle, ateliers… Tout au long de l’année, l’atrium de Rouen vous propose de faire l’expérience de l’espace ! Il est accessible du mardi au dimanche entre 14h à 18h pour les visites libres, et à horaires fixes pour les visites guidées, les séances au planétarium et celles de réalité virtuelle.

     

    Art et Culture 4:  10 musées insolites et originaux en France

     

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    Le Palais idéal du Facteur Cheval,

    le chef d'œuvre d'un autodidacte

     

    Par Dominique Le Brun
     

    Le village drômois de Hauterives, à mi-distance de Romans-sur-Isère et de Vienne, serait inconnu si, entre la fin du XIXe et le début du XXe siècles, le préposé au courrier – un certain Ferdinand Cheval – n’avait construit de ses mains un édifice délirant qu’il a baptisé « Palais idéal », désormais classé Monument historique.

     

     

    Vue du Palais idéal du Facteur Cheval
     
     

    En poste à Hauterives, dans la Drôme, Ferdinand Cheval (1836-1924), préposé à la distribution du courrier, entretient une innocente manie. Au cours de sa tournée – il parcourt chaque jour une trentaine de kilomètres –, il ramasse cailloux, roches et galets qui, par leur forme, leur texture ou leurs nuances, ont attiré son regard. À partir de 1879, il commence à disposer, sur les bords des chemins, des pierres qu’il monte en cairn, avant de revenir les chercher avec une brouette. Personne, dans le village, ne soupçonne que les matériaux ainsi accumulés s’assembleront un jour en murs, colonnes, escaliers, galeries, grottes...

     

     

    Une créativité décomplexée

     

    Dans le Palais idéal du facteur Cheval (Drôme)
     
     

    À quel moment et de quelle manière conçoit-il le prodigieux édifice ? Il serait bien dangereux d’apporter des explications définitives. Est-il inspiré par des lectures ou s’abandonne-t-il à une créativité décomplexée qu’on appelle « art naïf » ? Il y a de grandes chances. Quoique, certains guides précisent que, dans cette « étrange construction », « l’architecture et la statuaire onirique entremêlent les styles les plus divers (oriental, musulman, roman, baroque). » André Breton (1896-1966), le pape du surréalisme, affirma pour sa part que Cheval était hanté par les vestiges de fontaines pétrifiantes qu’il a découverts dans les alentours. Qui sait ? Le fait est que l’artiste-maçon subit les quolibets des Hauterivois, lesquels ne peuvent comprendre pourquoi leur facteur consacre ses heures de repos à transporter sable, ciment et cailloux dans une brouette. Jamais, celui-ci ne prend la peine de donner une explication rationnelle à son œuvre délirante. Tout juste, peut-on lui attribuer cet éclairage : « Puisque la nature veut faire la sculpture, moi je ferai la maçonnerie et l’architecture. »

     

     

    Le tombeau idéal

     

     
     

    Une chose est sûre : monter de ses mains son Palais idéal suffit largement à son bonheur. Cela va durer trente-trois années... Nous sommes alors en 1912 ; Ferdinand Cheval a 76 ans. Désormais moins moqueurs, les villageois n’en reviennent pas, en contemplant l'imposante construction, longue de 26 mètres et haute de 12 mètres. Et s’ils y sont autorisés, ils ne se lassent pas de gravir les escaliers desservant la terrasse et le cœur des lieux. Sans doute, s’interrogent-ils devant les grandes divinités féminines à la couleur rougeâtre. Le palais n’est pas sans évoquer quelque temple asiatique : s’il ne manquait la forêt luxuriante, on se croirait à Angkor Vat... Quant au maître des céans, on pourrait imaginer qu’il passe le reste de sa retraite à se reposer à l’ombre de son œuvre. Non ! Il consacre encore dix années de sa vie à construire, dans le même style, le tombeau qu’il se destine dans le cimetière communal. Il meurt, le 19 août 1924, deux ans après avoir achevé ce second chantier.

     

    Art et Culture 4:  Le Palais idéal du Facteur Cheval, le chef d'œuvre d'un autodidacte

     

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    Les 15 plus beaux moulins de France

     

    Par Clio Bayle
     
     
     

    Témoins d’un autre temps, les moulins à vent et à eau ne sont plus désormais qu’objets de nostalgie, vestiges du patrimoine français. Tantôt en pierre ou en brique, tantôt en bois, ces machines jadis essentielles au travail des paysans confèrent un charme indiscutable aux paysages qu’elles habitent. Détours en France vous propose son top 15 des plus beaux moulins de France.

     

     

    Moulin
     
     
     

    Les plus beaux moulins à vent

    Venus des plateaux iraniens, les premiers moulins à vent arrivent en Europe à partir du IX siècle, et se banalisent petit à petit jusqu’au XIIe siècle. Si en Orient, il servait uniquement à la mouture des grains, en Europe, il va progressivement assumer d’autres rôle, comme celui de fabriquer de l’huilefouler les draps, scier la pierre ou le bois, réaliser la pâte à papier ou broyer du tan

     

    Il existe différents types de moulins à vent :

    • Le moulin tour
    • Le moulin pivot ou chandelier
    • Le moulin cavier

    Les moulins tour

     

    Le moulin tour est le type de moulin le plus répandu en France. Même si sa silhouette varie selon les régions, il a généralement un corps fixe en pierre ou en briques, parfois recouvert d'un ciment brut ou peint. Sa toiture, quant à elle, peut pivoter, sur 360°, supporte les ailes et abrite le rouet et la lanterne.

     

    Le moulin Bénazeth de Villeneuve-Minervois (Aude)

     

    Moulin de Villeneuve Minervois
     
     

    Situé non loin de la ville fortifiée de Carcassonne, dans l’Aude, en Pays Cathare, au milieu des vignobles du Minervois, ce moulin à vent est toujours en activité. Une visite guidée permet de le voir fonctionner sous la force du vent, et d’assister en direct à la transformation du blé en farine, jusqu'à sa mise en sacs.

     

     

    Le moulin de Conchette à Jard-sur-Mer (Vendée)

     

    Moulin de la Conchette à Jard-sur-Mer
     
     

    Construit à la fin du XIXe siècle, puis récemment restauré, ce joli moulin blanc, muni de grandes ailes entoilées, ne se visite pas, mais contribue sans nul doute à la beauté du port de plaisance de Jard-sur-Mer. La légende raconte que ce moulin fût construit pour remercier un garçon meunier parti à la guerre à la place du fils d’une riche famille. À son retour des champs de bataille, le moulin lui fut donc offert.

     

     

    Le moulin de Moidrey à Pontorson (Manche)

     

    Moulin à vent de Moidrey
     
     

    Situé à 5 km seulement du Mont Saint-Michel, le moulin de Moidrey date de 1806. Suite à sa restauration en 2003, il a été classé par l'UNESCO au patrimoine mondial en 2007. En activité depuis sa restauration, son meunier y fabrique des farines à partir du blé noir, blé et seigle... Il propose également des visites commentées.

     

     

    Les moulins de Régusse (Var)

     

    Les moulins de Régusse
     
     

    Situés dans un paisible village du Haut-Var, ces deux moulins sont d’origine mystérieuse. On sait, grâce à des documents d’époque, qu’ils ont été construits au XVe et XVIIe siècle. Suite à sa restauration en 1995, le moulin ailé est complètement opérationnel. Plusieurs fois par an une équipe de meuniers volontaires le font fonctionner l’association les Amis des Moulins de Régusse propose des visites guidées.

     

     

    Le moulin de Collioure (Pyrénées-Orientales)

     

    Moulin de Collioure
     
     

    Le moulin de Colliouremoulin à grains du Moyen-âge construit au XIVe siècle, est une curiosité locale, dans cette région habituée aux moulins à eau. Restauré en 2001, Il surplombe la ville de Collioure et a été transformé en moulin à huile. Il sert aujourd’hui à l’élaboration d’huile d’olive.

     

     

    Les moulins de l’île de Noirmoutier (Vendée)

     

    Moulin Noirmoutier
     
     

    L’île de Noirmoutier abrite encore aujourd’hui, pas moins de 23 moulins. Au cours du XIXe siècle, il en existait 32 sur l’île, ce que justifient une abondante production céréalière et une exposition privilégiée aux vents. Difficile de ne pas tomber sous le charme de la simplicité de leurs lignes et, pour certains, de la blancheur de leurs tours. C’est le cas, par exemple, du moulin de la Bosse à l’Epine (photo) ou encore du moulin du Both.

     

     

    Les moulins pivot ou chandelier

     

    Le moulin pivot ou chandelier est un type de moulin qui fit son apparition en France à partir du XIIe siècle, c’est le plus ancien recensé en France. Il se singularise par une cage en bois qui peut tourner sur un pivot vertical taillé dans un tronc de chêne. Ils sont particulièrement typiques du Nord, ainsi que de l'Est de la France.

     

     

    Le moulin de Cassel (Nord)

     

    Moulin de Cassel
     
     

    Ce moulin à pivot du XVIIIe siècle, perché au sommet du Mont Cassel, est un symbole de la ville. C’est le dernier représentant de son genre dans la région, où jadis s’élevait une vingtaine de moulins en bois sur pivot. En ruines, il a été racheté en 1949 par la ville de Cassel à une commune voisine, puis restauré et placé dans le jardin public du Mont. Remis en activité en 1992, il est désormais fermé pour des raisons de sécurité, mais devrait prochainement rouvrir ses portes.

     

     

    Les moulins de Run Glaz et de Karaes sur l’île de Ouessant (Finistère)

     

    Moulin de Karaes à Ouessant
     
     

    L’île aux cent moulins n’accueille plus aujourd’hui que deux petits moulins familiaux reconstruits, celui de Run Glaz et de Karaes (photo). Au début du XXe siècle, Ouessant en abritait encore une centaine, les plus petits d’Europe, qui servaient à palier l’insuffisance de grands moulins sur l’île. Tous disparus, ces petits moulins « chandeliers », non soumis à l’impôt ont proliféré sur l’île au XIXe siècle.

     

     

    Les moulins cavier

     

    Le moulin cavier, à mi-chemin entre le moulin pivot et le moulin tour, est un type de moulin typique de la région d’Anjou. Il comporte une cage de bois réduite appelée hucherolle supportant les ailes, pivotant sur 360°, au sommet d'une tour maçonnée conique.

     

     

    Le moulin-cavier des Aigremonts à Bléré (Indre-et-Loire)

     

    Moulin de Bléré
     
     

    Édifié en 1848, puis restauré entre 2004 et 2007 par la municipalité de Bléré, ce moulin à vent de près de 18 mètres de hauteur est de type cavier, il était donc construit, à l’origine, sur une structure de cave, adaptée à la double activité de son propriétaire vigneron et meunier. Une Association, « les Amis du moulin des Aigremonts », propose des visites et démonstrations pédagogiques de son fonctionnement.

     

     

    Les plus beaux moulins à eau

     

    Quant aux moulins à eau, plus anciens, ils font leur apparition dans le monde romain aux alentours du début de notre ère et connaissent une formidable expansion entre le Xe et le XIIIe siècle. D’abord destiné broyage du grain, le moulin à eau, lui aussi, va connaître d’innombrables autres applications. À partir du XIe siècle, la roue hydraulique fera office de véritable moteur industriel, le seul en usage avant l’invention de la machine à vapeur.

     

     

    Le moulin à marée du Birlot sur l’île de Bréhat (Côtes-d’Armor)

     

     

    Derrière un écran d'agapanthes, voici le moulin à marée du Birlot, son pimpant toit de chaume coiffant les traditionnels murs de pierre. Il a été construit sur l'île de Bréhat de 1633 à 1638 pour palier l’inconstance des moulins à vent. Pendant 300 ans, il va nourrir les habitants de l’île, jusqu’à ce qu’il soit abandonné en 1916. À la fin des années 1980, une campagne de restauration est lancée. Aujourd’hui, il sert occasionnent à la fabrication de farine de blé noir.

     

     

    Le moulin à eau de l’abbaye de Maroilles (Nord)

     

     
     

    Enjambant l’Helpe Mineure, le moulin à eau de l’abbaye de Maroilles, très bien restauré, a été édifié avant le XIe siècle pour l’abbaye fondée en 675. Il fut reconstruit et agrandi au XVIe et XVIe siècle. Initialement conçu pour moudre le blé, puis servit successivement de tannerie, d’appartements, puis de restaurant. Finalement, à la fin des années 1980, il fut ensuite vendu à des fins de restauration. Une reproduction de la roue y est désormais installée.

     

     

    Le moulin à eau du Château de Guédelon (Yonne)

     

    Moulin de Guédelon
     
     

    Le chantier médiéval de Guédelon, château fort en construction depuis près de 20 ans selon les méthodes du XIIIe siècle, est un véritable laboratoire archéologique à ciel ouvert. On y trouve notamment la réplique d’un moulin à eau du XIIe siècle – aucun vestige de moulin à eau du XIIIe n’a encore été découvert –, caché au beau milieu d'une épaisse forêt. Cette reproduction fidèle tourne au grès de l’eau, emmenant ses meules à grains pour produire de la farine qui sert, en partie, à la fabrication de pain.

     

     

    Le moulin à eau de Cougnaguet, à Calès (Lot)

     

    Moulin de Couganguet à Calès
     
     

    Ce superbe moulin fortifié du XIVe siècle est classé Monument Historique depuis 1925, car c’est un témoin exceptionnel de la meunerie préindustrielle. Sa construction, par les moines cisterciens d'Aubazines en Corrèze, a débuté à la fin du XIIIe siècle, il est dans un état parfait de conservation et a fonctionné jusqu'en 1959. Membre de l’Association des Moulins du Quercy, il est ouvert au public depuis 40 ans et propose des démonstrations de mouture d'avril à septembre.

     

     

    Le moulin de Maintenay (Pas-de-Calais)

     

    Moulin de Maintenay
     
     

    Construit au XIIe siècle dans la vallée de l'Authie, le moulin de Maintenay est lui aussi inscrit au titre des Monuments Historiques et ce, depuis 2011, et a lui aussi appartenu aux moines Cisterciens. Équipé d’une superbe roue à aubes, il est resté en activité jusqu’à la fin de la Seconde guerre mondiale, puis a été transformé en scierie.

     

     

    Le moulin à eau du Grand-Fayt (Nord)

     

    Moulin du Grand Fayt
     
     

    Bâti sur les rives de l’Helpe mineure, tout comme le moulin à eau de l’abbaye de Maroilles, le moulin du Grand-Fayt date du XIIIe siècle. Il était équipé au départ de deux roues à aube, remplacé en 1900 ensuite par une turbine, puis de nouveau par une roue à aube à l’occasion de sa restauration. De 1900 à 1962, on y fabriquait du maroilles, célèbre fromage de la région. En saison, il est possible de faire une visite guidée du site.

     

    Art et Culture 4:  Les 15 plus beaux moulins de France

     

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