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    Indes

    Splendeur des Grands Moghols

     
     

    L'empereur Shah Jahan tenant un iris, vers 1655, Paris, BnfIls ne sont que six à pouvoir revendiquer le titre de Grand Moghol, six souverains qui ont marqué l'Histoire de l'Inde et l'imaginaire occidental.

    Héritiers des Mongols auxquels ils doivent leur nom, après déformation, ils ont créé un empire qui a brillé sur les champs de bataille comme dans les arts, offrant au monde le joyau du Taj Mahal.

    Ouvrons les chroniques pour découvrir ces dynasties assoiffées de pouvoir et de beauté !

    Isabelle Grégor
    L'Inde au temps des premiers empereurs moghols

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    L'Inde des empereurs moghols (cartographie AFDEC) Cette carte montre la péninsule indienne (les Indes comme on disait autrefois) au temps des premiers empereurs moghols (du milieu du XVIe siècle à la fin du siècle suivant). Ce fut l'une des très rares périodes où la péninsule se trouva presque complètement unie.

    Le Tigre attaque !

    Déplaçons-nous au nord de l'Inde, en 1524, dans le sultanat de Delhi. Ce royaume musulman vieux de trois siècles est passé un siècle plus tôt sous la tutelle des Lodi, une dynastie d'origine afghane. Son dernier représentant, Ibrahim, a fort mauvais caractère. Pour preuve, il vient de faire assassiner son frère et de nombreux nobles.

    Armure moghole, XVIIIe s., Paris, musée du LouvreMécontent et inquiet sur son propre compte, son oncle fait appel à un guerrier chiite (*) du Turkestan, Zahir ud-din Muhammad. Celui-ci peut revendiquer une belle ascendance puisqu'il compte Tamerlan et Gengis Khan dans son arbre généalogique. Il s'est vite lancé sur leurs traces en multipliant les conquêtes jusqu'à prendre Kaboul en 1520 avec l'inquiétant surnom de Bâbur, le «Tigre ».

    Tout naturellement, il répond à l'appel et, fort de son artillerie dernier cri, écrase les armées du sultan (bataille de Panipat, 1526). Le voici donc installé à Delhi et Agra, d'où il mène les derniers raids contre les armées coalisées rajpoutes, hindoues, présentes dans la région depuis le Ve siècle.

    À sa mort en 1530, le conquérant poète qui a vécu dans le regret de ne pouvoir recréer l'empire de Samarcande a posé les bases d'un autre empire qui couvrira jusqu'à 3,2 millions de kilomètres carrés et rassemblera à la fin du XVIe siècle 80 millions d'habitants, soit les deux tiers de tous les Indiens (et un sixième de l'humanité) !

    Bâbur découvre l'Inde... et la déteste !

    Bâbur a laissé ses mémoires, témoignage exceptionnel sur l'Inde du XVIe siècle et la conquête moghole. Pour donner ses premières impressions, il fait beaucoup appel aux négations :

    Bishn Das, Portrait de Babur lisant, 1613-1619, Londres, British Library« L'Inde est un pays qui offre peu de charme. Il n'y a point de beauté chez ses habitants. Il n' y a point avec eux de commerce, ni de rapports, ni de visites réciproques. Ils n'ont ni caractère, ni capacité, ni urbanité, ni générosité, ni capacités viriles. Dans leur artisanat et dans leurs œuvres, il n'y a ni ordre, ni symétrie, ni rectitude, ni perpendicularité. Ils n'ont ni bons chevaux, ni bons chiens, ni bons raisins, ni bons melons, ni bons fruits, ni glace ni eau fraîche. Dans les bazars, on ne trouve ni bons plats, ni bon pain. Ils n'ont ni hammam, ni madrasa [école], ni chandelle, ni torche, ni chandelier . […]
    Les habitations n'ont ni charme, ni air, ni belles proportions, ni symétrie. Les paysans et les gens du peuple vont tout nus. Ils s'attachent quelque chose qui s'appelle languta qui est une pièce de toile enroulée à deux empans [mesure égale à la paume d'une main] au-dessous du nombril. Sur cette pièce de toile s'en trouve une seconde, attachée à la ceinture de la première, qui passe entre les cuisses et est fixée par derrière à la ceinture. Les femmes s'enroulent dans une longue pièce d'étoffe dont une moitié est attachée autour des reins et l'autre pend sur la tête.
    L'Inde a pour avantage d'être un pays où l'or et l'argent abondent. Pendant la mousson, le temps y est très agréable »
    (Le Livre de Bâbur, 1494-1529).

    La Perse en renfort

    Les premiers temps furent pourtant difficiles pour la nouvelle dynastie : Humayun « Le Fortuné », fils de Bâbur Shah, doit faire face aux attaques des Afghans musulmans et des Rajpoutes hindous. Ils profitent de la faiblesse du souverain, obligé selon la tradition pastorale de ses ancêtres de partager le pouvoir avec ses demi-frères.

    Humayun est poussé à exil, abandonnant tout derrière lui, à l'exception, dit-on, d'un diamant offert par son père.

    Portail de la mosquée Jâmi Masjid, construite par Shah Jahan à Delhi, vers 1650 (Thomas Danniell, 1795) Le voici réfugié chez le roi de Perse (Iran) qui a su apprécier la pierre précieuse... C'est donc grâce à l'aide de son nouvel allié qu'il parvient à reprendre en 1555 le pouvoir en Inde du Nord où, pendant son absence, l'Afghan Sher Shah avait multiplié des réformes qui allaient permettre de solidifier l'empire.

    Quelque peu rancunier, Humayun commence par faire crever les yeux de son frère renégat puis s'entoure d'une cour brillante, composée de nombreux Persans qui influenceront durablement le pays, notamment au niveau des arts.

    Mais son goût pour le savoir lui fut finalement fort préjudiciable : six mois après son retour à Delhi, il se tue en tombant dans l'escalier un peu trop escarpé de sa bibliothèque...

    Tout est à refaire !

    Le plus grand des Moghols

    Akbar, le nouveau Pādichah (Grand Roi en persan, équivalent du maharadjah hindou), est bien jeune quand il monte sur le trône le 27 janvier 1556. Treize ans à peine ! Mais c'est déjà un guerrier accompli qui peut compter sur l'aide de son tuteur Bairam Khan. C'est du moins vrai tant que les sautes d'humeur et l'ambition de ce dernier ne dépassent pas certaines limites ! En 1561, celles-ci ayant été franchies, il est envoyé en pèlerinage à la Mecque et malencontreusement assassiné sur la route.

    Akbar se retrouve seul au pouvoir. Il commence par développer une « diplomatie matrimoniale » en choisissant quelques épouses parmi les princesses rajpoutes, autorisées à pratiquer leur religion hindoue derrière les murs du harem.

    Sage méditant, 1630, Londres, British MuseumIl s'appuie sur une aristocratie fondée sur le mérite et non plus sur l'origine sociale et s'entoure d'une cour brillante, au rythme de rituels précis destinés à mettre la personne du souverain au centre de tout (comme au siècle suivant notre Roi-Soleil Louis XIV).

    Esprit curieux assoiffé de spiritualité, Akbar se fait construire une nouvelle capitale à côté d'Agra, Fatehpur Sikri (la « Cité de la victoire »), où il crée une maison du culte (la « Maison de l'adoration ») pour permettre aux représentants des principales religions de débattre.

    En 1580, ce sont les Jésuites qui viennent compléter cette diversité des croyances. Ils ne parviennent toutefois pas à convertir Akbar au catholicisme. À la fin de sa vie, l'empereur fonde une nouvelle croyance (Den-i-illahi, « Religion divine »), forme de soufisme fondée sur le culte de la personnalité du roi, mais elle ne lui survivra pas.

    Fatehpur Sikri, capitale de l'empire moghol sous le règne d'Akbar, de 1571 à 1584 (photo : Gérard Grégor, pour Herodote.net)

    Les arts florissants

    L'art moghol est né de la rencontre et de la fusion harmonieuse de deux civilisations, hindoue et musulmane, et de la volonté des souverains de rayonner grâce à l'art. L'architecture se doit d'être monumentale, les monuments en marbre ou grès rouge, finement travaillés à la façon des décors en bois et entourés de jardins symbolisant le paradis.

    Profitant des plaisirs de la musique et de la danse, les souverains y trouvent un repos du guerrier bien mérité... Certains en profitent pour développer leur propre talent comme Akbar qui était, dit-on, un fin connaisseur en passementerie ! Il dessinait d'ailleurs lui-même une grande partie du millier de costumes qui venaient nourrir chaque année sa garde-robe grâce à la diversité et la beauté des tissus.

    Danseuse, Ecole de Murshidabad, vers 1760, Paris, BnFMais les souverains moghols n'étaient pas uniquement des bêtes de mode, ils savaient aussi apprécier la calligraphie et surtout la peinture. 

    Largement inspirée par l'Asie centrale d'où ils sont originaires, et par la Perse où Humayun s'était tant plu, elle atteint des sommets dans la description des scènes de cours, rassemblées dans de véritables albums.

    Normalement interdits par l'islam sunnite mais très appréciés par les chiites, les portraits flattent les souverains qui aiment reconnaître leurs traits dans ces œuvres qui leur servent de propagande. Avec l'empereur Jahangir, les décors s'enrichissent sous l'influence des naturalistes et des Européens qui ont apporté leur maîtrise de la perspective.

    Mais ne cherchez pas les visages des princesses : les artistes ne pouvaient approcher des harems ! La recherche de la beauté a des limites...

    Ecole moghole, Deux filles debout, 1650, Paris, Fondation Custodia, Collection Frits Lugt

    Les rois du monde

    À la mort d'Akbar, en 1607, c'est au tour de son fils Jahangir (« Celui qui saisit le monde ») de prendre les rênes du royaume. Heureusement que son père n'est plus là ! Le nouvel empereur préfère en effet la soie des coussins au confort relatif des champs de bataille. Sans compter un léger penchant pour l'alcool... et pour la violence.

    Son fils aurait d'ailleurs dû se méfier : pour avoir eu la velléité de prétendre au pouvoir, il eut lui aussi les yeux crevés. Étrange tradition familiale !

    Abu'l Hasan, Shah Abbas et Jahangir, 1618, Freer gallery of Art, Smuthsonian InstitutionMalgré les apparences, le souverain a un cœur d'artichaut : à la fin de son règne, éperdument amoureux de Nur Jahan, la « Lumière du palais », il laisse sa belle princesse conduire l'empire avec son fils, le futur Shah Jahan.

    Homme à poigne, celui-ci n'hésite pas à détruire des lieux de culte et à instaurer une politique discriminatoire pour s'assurer le soutien des musulmans rigoristes : les hindous auront donc désormais leur tunique boutonnée à gauche, et les musulmans, à droite !

    Le « Roi du monde » est surtout connu pour avoir agrandi l'empire jusqu'à Pondichéry (1687) et mené de grands travaux d'architecture. Il a érigé dans sa capitale Jahanabad (Delhi) le palais impérial, plus connu sous le nom de Fort Rouge, ainsi que la mosquée Jami Masjdid, la plus grande de l'Inde. Mais nous lui devons surtout le célébrissime Taj Mahal, près d'Agra.

    Le Taj Mahal, près d'Agra (photo : Gérard Grégor, pour Herodote.net, 2014)

    Il était une fois un empereur amoureux d'une belle princesse...

    Le Taj Mahal (« Diadème du palais ») n'aurait pas existé sans l'amour fou de Shah Jahan pour son épouse Mumtâz-i Mahal, la « Merveille du palais », morte en couches en 1631 en lui donnant son quatorzième enfant. On sait peu de choses sur cette femme qui n'hésitait pas à suivre son mari dans ses campagnes militaires, mais leur passion est devenue légendaire.

    Il fallut plus de dix ans, 466 kilos d'or et 20.000 ouvriers pour construire son tombeau de marbre blanc sur les rives de la Yumanâ, à Agra. Le chantier, dirigé par l'architecte Ustad Ahmad Lahaur, a donné naissance à une merveille d'architecture : l'ensemble se compose d'un dôme de 27 m de haut protégeant les sépultures des souverains, de quatre minarets légèrement inclinés vers l'extérieur (pour épargner le tombeau en cas de tremblement de terre), encadrés d'une mosquée en grès rouge et d'un bâtiment jumeau destiné à abriter les pèlerins.

    Le Taj Mahal vu du Fort Rouge d'Agra, Uttar Pradesh (photo : Gérard Grégor, pour Herodote.net, 2014)La simplicité de l'édifice est relevée par les innombrables pierres dures colorées qui viennent tracer sur les murs des motifs floraux.

    Modèle de pureté posé au milieu d'un jardin harmonieux, le site, aujourd'hui considéré comme un cadeau à l'humanité, fut une source de torture pour son créateur... 

    Emprisonné au fort d'Agra, Shah Jahan passa en effet les dernières années de sa vie à deux kilomètres du Taj Mahal, l'admirant chaque jour sans jamais pouvoir se recueillir sur la tombe de son épouse.

    À bout de souffle

    Décidément, les souverains moghols auraient dû se méfier de leur propre famille.

    L'empereur Shah Jahan à la chasse, album Peintures orientales, vers 1760, Paris, BnFShah Jahan voit ses fils s'entre-déchirer pour prendre le pouvoir.

    C'est Aurangzeb qui remporte la mise : en 1658, après avoir enfermé son père, il se débarrasse vite de sa fratrie, en fuite dans la jungle ou décapitée.

    Mais il a peu de temps pour savourer son pouvoir puisqu'il doit vite faire face à la grogne des Rajpoutes et des Marathes. À la même époque il revient vers l'islam sunnite et exclut toute trace d'hindouisme dans la vie de cour.

    La mort d'Aurangzeb, le 3 mars 1707, signe la fin des Grands Moghols. Leurs pâles successeurs n'ont plus rien de leur aura. Avec un trésor désormais vide, les fastes sont supprimés les uns après les autres tandis que l'autorité impériale décline face à des princes rajpoutes assoiffés de revanche et des Sikhs qui multiplient les razzias.

    Tout ce beau monde est observé par les puissances européennes (Portugais, Français, Anglais) qui s'empressent d'attiser les querelles. Le glas de l'empire sonne en 1857 lors de la révolte des cipayes : le dernier souverain moghol est accusé de trahison et condamné à l'exil, sa descendance est exécutée. En ce milieu du XIXe siècle, l'aventure moghole prend fin, laissant la voie libre à la constitution du British Raj.

    Muhammad Faqirullah Khan, Cheval, vers 1740, Paris, BnF

    Un joaillier au pays des pierres précieuses

    « Depuis qu'Aurangzeb [souverain mogol de 1568 à 1707] qui règne présentement s'est établi dans le trône des Moghols […], il ne mange d'aucune chose qui ait eu vie. Comme il ne se nourrit que de légumes et de confitures, il est devenu maigre et décharné, à quoi contribuent encore les grands jeûnes qu'il observe. Pendant tout le temps que dura la comète de l'année qui parut fort grande aux Indes où j'étais alors, Aurangzeb ne but qu'un peu d'eau et ne mangea qu'un peu de main de millet, ce qui altéra tellement sa santé qu'il faillit à en mourir, car outre cela, il ne couchait que sur la terre avec une peau de tigre sur lui et, depuis ce temps-là, il n'a jamais eu de santé parfaite. Je me souviens d'avoir vu par trois diverses fois boire le roi étant sur son trône. On lui apporte sur une soucoupe d'or enrichie de diamants, de rubis et d'émeraudes, une grande tasse de cristal de roche toute ronde et toute unie, et dont le couvercle est aussi d'or avec le même enrichissement de la soucoupe » (Les Six voyages des Jean-Baptiste Tavernier en Perse et aux Indes, 1677).

    Pendant ce temps, en Europe

    À la fois proche et lointaine, l'Inde a toujours été un sujet d'observation et d'émerveillement pour les Occidentaux. Pensons à Alexandre le Grand qui voulut aller au bout de ses rêves et parvint aux portes de l'Inde (bataille de l'Hydaspe, Pakistan, 326 av. J.-C). Marco Polo continue au XIIIe siècle à alimenter la légende mais c'est surtout grâce aux Portugais, à partir du XVe siècle, que l'Inde commence à devenir réalité et partenaire commercial.

    Vers 1570, les Moghols entrent dans le jeu en s'emparant des grands entrepôts littoraux du Gujarât (côte nord-est). Malgré la bienveillance d'Akbar, notamment vis-à-vis des Jésuites, les Européens restent essentiellement considérés comme des originaux, avec lesquels il est seulement bon de commercer...

    Dans le nord de l'Inde, les échanges se développent d'abord autour des textiles dans le tissage desquels les Indiens ont acquis une maîtrise sans rivale (cachemire, madras, indiennes...). Puis, par l'intermédiaire des compagnies à chartes, le commerce se déplace vers la côte ouest. Au XVIIIe siècle, les discordes se multiplient entre les principautés indiennes et les Européens en profitent habilement pour prendre pied dans le sous-continent : si Dupleix, rappelé en France, abandonne la partie en 1753, les Anglais ne cessent de gagner du terrain par le jeu des alliances jusqu'à balayer l'empire moghol.

    Le Taj Mahal, détail du décor (photo : Gérard Grégor, pour Herodote.net, 2014)

    Pierre Loti raconte le Taj Mahal

    « Les Grands Mogols ! On dirait aujourd’hui un nom de vieux conte oriental, un nom de légende. Ils vécurent ici, ces souverains magnifiques, maîtres du plus vaste empire qui ait existé au monde. [...]

    Le Taj Mahal, détail du décor (photo : Gérard Grégor, pour Herodote.net, 2014) Tout le monde a vu le Taje, tout le monde a décrit le Taje, qui est l’une des merveilles classiques de la terre. Et des miniatures, des émaux nous ont conservé les traits, sous le turban doré et l’aigrette étincelante, de cette Montaz-i-Mahal qui inspira tant d’amour, et du sultan son époux, qui voulut créer autour de la morte une splendeur tellement inouïe.

    Le Taje, c’est, dans un grand parc funéraire muré comme une citadelle, le plus gigantesque et le plus impeccable amas de marbre blanc qui soit au monde. Les murailles du parc sont en grès rouge, ainsi que les hautes coupoles, incrustées d’albâtre, qui s’élèvent au-dessus des portes extérieures aux quatre angles du vaste enclos. Les allées, — palmiers et cyprès, — les pièces d’eau, les charmilles ombreuses, tout est tracé en lignes droites et sévères. Et là-bas, au fond, trône superbement l’idéal mausolée, d’une blancheur plus neigeuse encore au-dessus de ces verdures sombres : sur un socle blanc, une coupole immense, et quatre minarets plus hauts que des tours de cathédrales ; tout cela, d’une tranquille pureté de lignes, d’une harmonie calme et supérieurement simple ; tout cela, de proportions colossales, et construit avec des blocs sans tache, à peine veinés d’un peu de gris pâle. […] Sous la coupole du milieu, la coupole de soixante-quinze pieds de haut, qui abrite le sommeil de la sultane, c’est l’excès de la simplicité superbe, le summum de la splendeur blanche » (« L'Inde sans les Anglais », La Revue des Deux Mondes, 1903).

    La mosquée adjacente au Taj Mahal (photo : Gérard Grégor, pour Herodote.net, 2014)   

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    Avant/après : ces stars ont plutôt bien vieilli

    Certains acteurs résistent mieux que d'autres au temps qui passe. C'est le cas notamment de Tom Cruise, devenu une star internationale à 24 ans grâce au succès de Top Gun (1986) et aujourd'hui quinquagénaire, mais toujours aussi à l'aise dans les rôles physiques. 26 ans séparent ainsi la photo de gauche de celle de droite, extraite du film Jack Reacher (2012).
    ©  United International Pictures (UIP) / Paramount Pictures

    Sophie Marceau : à 16 ans et à 47 ans

    Révélée à l'âge de 14 ans par le film La Boum, Sophie Marceau a grandi devant les caméras jusqu'à devenir une actrice accomplie. La chrysalide filmée en 1982 dans La Boum 2 (à gauche) a ainsi laissé la place à un joli papillon, vu en 2014 dans Une Rencontre... Lire la suite   
    ©  Gaumont / Pathé Distribution

    Leonardo DiCaprio, à 18 ans et à 38 ans

    Avant d'être transformé en star planétaire par le triomphe de Titanic, Leonardo DiCaprio partageait déjà l'affiche avec des pointures, telles que Robert de Niro dans Blessures secrètes en 1993 (à gauche). 20 ans plus tard, c'est lui qui porte les films les plus attendus sur ses épaules, comme Gatsby le magnifique... Lire la suite   
    ©  Warner Bros. France/ Warner Bros. France

    Julia Roberts, à 22 ans et à 45 ans

    Un an avant que son talent éclate aux yeux du monde entier grâce à Pretty Woman, Julia Roberts interprétait l'un des six amies adeptes du salon de beauté de Truvy dans Potins de femmes en 1989 (photo de gauche). Désormais, l'actrice assume avec cl... Lire la suite   
    ©  Columbia TriStar Films / Wild Bunch Distribution

    Brad Pitt, à 28 ans et à 49 ans

    Difficile à croire et pourtant : plus de 20 ans séparent ces deux photos. La première date en effet du film qui a révélé Brad Pitt au grand public en 1991, Thelma et Louise, tandis que la seconde est extraite du blockbuster World War Z, tourné en 2013.
    ©  Europe Image / Paramount Pictures France

    Sandrine Bonnaire, à 15 ans et à 45 ans

    C'est en accompagnant sa soeur à un casting que Sandrine Bonnaire est choisie par Maurice Pialat pour incarner l'adolescente éprise de liberté d'A nos amours (1983). L'actrice a alors le même âge que son personnage, Suzanne (à gauche). Elle apparaît, 30 ans plus tard, radieuse et épanouie dans Salaud, on t'aime... Lire la suite   
    ©  Gaumont / Les Films 13-Paname Distribution

    Sylvester Stallone, à 30 ans et à 67 ans

    Le destin de Rocky a fait de Sylvester Stallone une véritable star en 1976 (à gauche). Aujourd'hui, l'acteur n'en finit plus de capitaliser sur le succès de ses personnages passés, comme dans Expendables 3, tourné en 2013 (à droite). Sa filmographie en images
    ©  United Artists / Metropolitan FilmExport

    Johnny Depp, à 27 ans et à 50 ans

    Révélé par la série télévisée 21 Jump Street, Johnny Depp arbore le même look rock et adolescent dans Cry-Baby, lors de ses débuts au cinéma en 1990 (à gauche). Depuis, l'acteur est loin de s'être assagi côté costumes de scène, même si son apparence dans Transcendance... Lire la suite   
    ©  United International Pictures (UIP) / SND

    Demi Moore, à 27 ans et à 49 ans

    Plus de 20 ans après, la compagne endeuillée de Patrick Swayze dans Ghost (1990) n'a rien perdu de son charme. La preuve à droite dans LOL USA (2012), où elle reprend le rôle tenu dans la version originale par Sophie Marceau.
    ©  United International Pictures (UIP) / Pathé Distribution

    Thierry Lhermitte, à 28 ans et à 60 ans

    Deux ans après le carton des Bronzés, Thierry Lhermitte interprète un jeune trentenaire dont la vie bien rangée va être chamboulée par sa rencontre avec une femme à l'humeur changeante dans Clara et les chics types (1980). Depuis, l'acteur a gagné en élégance, surtout lorsqu'il incarne un ministre plein de panache dans Quai d'Orsay... Lire la suite   
    ©  Gaumont / Pathé Distribution

    Sean Penn, à 28 ans et à 50 ans

    Sean Penn a conservé son air buté des débuts, celui qu'il affichait en permanence dans Colors, de Dennis Hopper, en 1988 (à droite), et que son personnage arbore de nouveau dans Tree of Life en 2010 (à droite).
    ©  20th Century Fox / EuropaCorp Distribution

    Robin Wright, à 21 ans et à 46 ans

    L'ex-femme de Sean Penn était déjà très belle à ses débuts, comme ici à gauche dans Princess Bride (1987). Elle est aujourd'hui tout simplement magnifique. La preuve à droite dans Perfect Mothers, tourné en 2012.
    ©  Twentieth Century Fox Film Corp. / Gaumont Distribution

    Keanu Reeves, à 27 ans et à 48 ans

    Pas difficile non plus de reconnaître Keanu Reeves sur ces deux photos, pourtant prises à plus de 20 ans d'écart. La première est ainsi extraite du premier film à succès de l'acteur, Point Break (1991), tandis que la seconde vient de sa première réalisation, Man of Tai Chi (2012).
    ©  20th Century Fox / Universal Pictures International

    Sandra Bullock, à 30 ans et à 48 ans

    Celle qui partageait l'affiche avec Keanu Reeves de Speed en 1994 (à gauche) ne semble pas non plus vieillir si l'on en croit les images extraites de la comédie Les Flingueuses, tournée en 2012 (à droite).
    ©  20th Century Fox / Twentieth Century Fox France

    Clint Eastwood, à 34 ans et à 81 ans

    Le temps passe, Clint Eastwood reste. Et sa carrière n'a cessé de s'enrichir depuis ses débuts dans Pour une poignée de dollars en 1964 (à gauche), jusqu'à Une Nouvelle Chance (à droite), tourné en 2011 aux côtés de Justin Timberlake.
    ©  United Artists / Warner Bros. France

    Halle Berry, à 30 ans et à 46 ans

    Halle Berry n'a pas pris une ride depuis Ultime Décision, qui date de 1996 (à gauche). La preuve avec la photo de droite, extraite de The Call, tourné en 2012.
    ©  Warner Bros. France / UGC Distribution

    Robert Downey Jr., à 29 ans et à 47 ans

    A presque 50 ans, Robert Downey Jr. se révèle aussi craquant qu'au début de sa carrière, comme ici à gauche dans Only You (1994). Nombreuses sont celles qui se damneraient d'ailleurs pour jouer la compagne du célèbre Iron Man (à droite dans le 3e volet, tourné en 2012).
    ©  Columbia TriStar Films / The Walt Disney Company France

    Julianne Moore, à 33 ans et à 53 ans

    Il faut croire que le yoga conserve, si l'on en croit la jeunesse affichée par Julianne Moore à 50 ans passés. La belle pratiquait déjà cette activité dans Short Cuts en 1993 (à gauche) et continue en 2013 dans Maps to the Stars (à droite).
    ©  Bac Films / Le Pacte

    Pierce Brosnan, à 34 ans et à 60 ans

    En 1987, Pierce Brosnan affichait déjà une certaine élégance dans le rôle de l'agent du KGB du Quatrième protocole (à gauche). 26 ans plus tard, l'homme garde la classe, même quand il joue dans une comédie, comme Duo d'escrocs aux côtés d'... Lire la suite   
    ©  Elephant Films / SND

    Michelle Pfeiffer, à 25 ans et à 54 ans

    Celle qui fut révélée dans le rôle de la compagne de Tony Montana dans Scarface en 1983 (à gauche) n'a rien perdu de sa superbe. Elle interprète donc tout naturellement la femme d'un autre mafieux, joué cette fois-ci par De Niro, dans Malavita en 2012 (à droite).
    ©  Splendor Films / EuropaCorp

    George Clooney, à 36 ans et à 50 ans

    Devenu star sur le tard grâce au succès de la série Urgences, George Clooney privilégie les films d'action au début de sa carrière, comme Le Pacificateur en 1997 (à gauche). Depuis, son visage n'a pas changé. En revanche, la plupart de ses personnages portent le costume-cravate, à l'image du gouverneur des Marches du pouvoir en 2011 (à droite)
    ©  United International Pictures / Metropolitan FilmExport

    Gong Li, à 26 ans et à 45 ans

    Propulsée au rang de star mondiale après la sortie d'Epouses et Concubines en 1991 (à gauche), Gong Li reste une actrice à la beauté sidérante 20 ans plus tard, comme on peut le voir dans Shanghai qui date de 2010 (à droite).
    ©  AMLF / Living Films

    Will Smith, à 27 ans et à 43 ans

    Le succès d'Independence Day a fait de lui une star planétaire en 1996 (à gauche). Depuis, Will Smith a gagné en maturité, mais continue d'affronter les extraterrestres sur grand écran, comme dans After Earth en 2012 (à droite).
    ©  UGC-Fox Distribution (UFD) / Sony Pictures Releasing France

    Nathalie Baye, à 31 ans et à 62 ans

    L'actrice française n'a guère changé depuis ses débuts au cinéma, comme on peut le voir en comparant ces deux photos. La première est extraite de Sauve qui peut (la vie) de Jean-Luc Godard (1979), tandis que la seconde vient de la comédie De vrais mensonges (2010).
    ©  MK2 Diffusion / Pathé Distribution

    Richard Gere, à 31 ans et à 62 ans

    Richard Gere porte toujours aussi bien le costume, malgré les qui séparent ces deux images. Celle de gauche est tirée d'American Gigolo (1980) et celle de droite d'Arbitrage (2011). 
    ©  Cinema International Corporation / Metropolitan FilmExport

    Art et culture...

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    Les 10 maîtresses (et un amant) qui ont changé l'Histoire

    Amants et maîtresses célèbres

    la comtesse de castiglione, madame de pompadour et marilyn monroe  La comtesse de Castiglione, Madame de Pompadour et Marilyn Monroe © Montage Linternaute.com

    Maîtresses, amants, favorites, courtisanes... Par amour ou par calcul, elles/ils se sont glissé(e)s dans le lit des plus grands. Comment ces maîtresses ont-elles obtenu le pouvoir ? Quelle influence ont-elles eu sur le cours de l'Histoire ?

    Cléopâtre, César et Marc Antoine

    'cléopâtre et césar', par le peintre jean-léon gérôme (1824-1904) "Cléopâtre et César", par le peintre Jean-Léon Gérôme (1824-1904) © Wikimédia - Dmitry Rozhkov

    Fille d'un médiocre roi d'Egypte obsédé par la flûte, Cléopâtre (née en 69 av. JC et exilée dans le désert par son frère) s'installe au pouvoir en séduisant le général romain Jules César, venu rattraper son rival Pompée jusqu'à Alexandrie. Elle lui donne un fils et lui montre les rouages de l'efficace administration égyptienne. Inspiré, César se rêve en monarque absolu de Rome. Ce qui conduira à son assassinat... Quelques années plus tard, Cléopâtre se lie à Marc Antoine, général romain devenu maître de la Méditerranée orientale. A Rome, on le considère comme un traître qui – sous l'influence de Cléopâtre – se prélasse dans les banquets en se voyant maître du monde. Octavien, son rival, parvient à monter une armée et le défait. Une rumeur annonce le suicide de la reine : Marc-Antoine se donne alors la mort. En réalité, Cléopâtre est toujours vivante, emprisonnée par Octavien. Quelques jours plus tard, elle se laisse volontairement mordre par un serpent et meurt à 40 ans... Octavien, désormais seul maître à Rome, est nommé Auguste. L'Empire romain est né.

    Marilyn Monroe et John F. Kennedy

    marilyn monroe en 1962 Marilyn Monroe en 1962 © REX FEATURES / SIPA

    Le 19 mai 1962, l'actrice légendaire fait sa dernière apparition publique. Sur la scène du Madison Square Garden de New York, elle susurre l'inoubliable "Happy birthday, Mr President" à destination de John F. Kennedy. A l'époque, le président multiplie les conquêtes, ce qui n'échappe pas vraiment à sa femme, Jackie Kennedy, qui s'inquiète de l'influence grandissante du sex symbol. Selon une biographie récente, Marilyn aurait appelé Jackie au téléphone pour lui signifier que John allait bientôt divorcer... et que c'est elle qui allait devenir - à 36 ans - la First lady ! "Super", aurait répondu l'épouse avec dédain. Quelques semaines plus tard, Marilyn Monroe est retrouvée morte. Suicide ? Surdose de médicaments ? Assassinat politique (l'hypothèse la moins probable) ? Le mystère demeure...

     

    La comtesse de Castiglione et Napoléon III

    photo de la comtesse de castiglione prise par pierre-louis pierson Photo de la comtesse de Castiglione prise par Pierre-Louis Pierson © Wikimedia - LalupaLe plan était ingénieux. Noble florentine rêvant de politique, Virginia Oldoïni (1837-1899) - comtesse de Castiglione – est la maîtresse du roi de Piémont-Sardaigne, Victor-Emmanuel Ier. Ambitieux, le souverain rêve d'unifier une Italie composée de petits états disparates au sein de son royaume. Mis dans la confidence, son premier ministre, Camillo Cavour, envoie la comtesse à Paris. Objectif pour la jeune femme : séduire l'empereur Napoléon III et obtenir pour son roi le soutien de la France pour le grand projet d'unification italienne. Le 27 juin 1856, la comtesse se présente à une réception donnée par Napoléon III dans le parc de Saint-Cloud. L'impératrice Eugénie, épouse de Napoléon, peste... Tard dans la soirée, Castiglione disparaît dans les buissons avec l'empereur. Deux ans de relations tumultueuses suivent, tandis que la France apporte son soutien à Victor-Emmanuel. En 1860, le roi parvient à unifier le nord de la péninsule. En remerciement, il cède la Savoie et Nice à la France de Napoléon III.

    Anne Boleyn et Henri VIII

    portait d'anne boleyn réalisé par un peintre inconnu. Portait d'Anne Boleyn réalisé par un peintre inconnu. © Wikimedia - EgoreCe n'est pas commun d'être à l'origine d'une nouvelle religion. Anne Boleyn (v. 1500-1536) est une beauté gracile au teint mat et aux longs cheveux noirs qu'elle porte sans chignon. Elle fait ses débuts à la cour du roi d'Angleterre Henri VIII en 1522 et se distingue très vite comme une icône de mode. Le souverain tombe éperdument amoureux d'Anne. Il lui fait des avances. Elle refuse. Il lui propose un mariage. Elle finit par accepter. Problème : le roi est déjà marié à Catherine d'Aragon. Seul le pape peut annuler l'union déjà contractée. Clément VII refuse. Henri et Anne se marient sans son accord. Le clergé anglais refuse désormais d'obéir au pape : c'est la naissance de l'église anglicane. Malheureusement, Anne Boleyn ne parvient pas à donner un héritier au roi, qui se rapproche d'autres femmes. Un complot est ourdi par les ennemis d'Anne (dont fait peut-être partie désormais le souverain). Accusée d'adultère et de trahison, Anne est jugée et décapitée.

     

    Madame de Pompadour et Louis XV

    portrait de madame de pompadour par françois boucher Portrait de Madame de Pompadour par François Boucher © Wikimedia - Andrew0921Fille d'un écuyer, Jeanne-Antoinette Poisson (1721-1764) parvient, par son esprit et sa beauté, à s'introduire dans les salons parisiens du XVIIIe siècle. Lors des célébrations du mariage de son fils, le roi Louis XV s'entretient longuement avec cette femme masquée. Il l'installe à Versailles et lui offre le château de Pompadour. Souffrant de problèmes gynécologiques à partir de 1750, elle met en place un système de "prostitution" dans le parc de Versailles, destiné à satisfaire le roi. Elle sait user de son influence : elle réconcilie le roi et Voltaire, faisant progresser les idées des Lumières en France... Elle appuie les conseillers qui veulent allier la France à l'Autriche plutôt qu'à la Prusse. Ce renversement d'alliance aura deux conséquences majeures : la défaite pendant la guerre de Sept-Ans (la France perd le Québec, la région des Grands Lacs et du Mississippi en Amérique) et l'arrivée, une décennie plus tard, de Marie-Antoinette à la cour de Versailles.

     

    Monica Lewinsky et Bill Clinton

    monica lewinski est invitée sur le plateau de la chaîne américaine cnn en 2003 Monica Lewinski est invitée sur le plateau de la chaîne américaine CNN en 2003 © PROUSER ROSE/SIPAC'est sans doute le scandale sexuel le plus célèbre de l'histoire. En juillet 1995, une jeune femme de 22 ans arrive à la Maison Blanche pour un stage non rémunéré. Le président américain, le démocrate Bill Clinton, pourtant marié à Hillary, se montre très intéressé par Monica Lewinsky. Entre novembre 1995 et mars 1997, il invite la stagiaire à neuf reprises dans le Bureau ovale... Monica Lewinsky met une de ses collègues dans la confidence. Celle-ci enregistre tout et envoie les bandes au juge Kenneth Star, qui cherche déjà à faire tomber les Clinton pour une affaire immobilière. Sous serment, le président nie avoir eu "une relation sexuelle" avec Monica Lewinsky. Problème : le témoignage de la jeune femme et la présence de sperme sur une robe contredisent cette version. Bill Clinton s'en sort en expliquant que la fellation n'est pas pour lui une "relation sexuelle" stricto sensu et doit s'excuser publiquement à la télévision. La procédure de destitution, lancée en 1998, n'aboutit pas. Mais le démocrate Al Gore perd d'un cheveu l'élection présidentielle deux ans plus tard.

     

    Marie Walewska et Napoléon

    portrait de marie walewska Portrait de Marie Walewska © Wikimedia - KajkIssue de la grande noblesse polonaise, Marie (1786-1817) assiste pendant son enfance à la disparition de son pays, dépecé par ses puissants voisins, la Prusse et la Russie. La jeune femme est mariée par sa famille au conte Walewski, qui a près de cinquante ans de plus qu'elle. Lors d'un bal organisé à Varsovie en 1806, Napoléon est subjugué par Marie. Le lendemain, elle reçoit la visite de Duroc, bras droit de l'Empereur, chargé d'un bouquet de fleurs et d'une lettre enflammée. Avec l'accord de son mari, elle se rend auprès de Napoléon et devient sa maîtresse. Les amants sont très attachés l'un à l'autre. Les nobles polonais espèrent que la jeune femme parviendra à rallier Napoléon à la cause de leur pays. Quelques mois plus tard, l'empereur crée le duché de Varsovie... Mais cet Etat polonais ne survivra pas à l'ère napoléonienne. Marie, installée à Paris, meurt à 31 ans après avoir donné un fils à l'empereur. La Pologne ne redeviendra indépendante que le 11 novembre 1918. 

    Madame de Maintenon et Louis XIV

    portrait de madame de maintenon par pierre mignard (1694) Portrait de Madame de Maintenon par Pierre Mignard (1694) © Wikimedia - PancoPincoFrançoise d'Aubigné (1635-1719), issue d'une famille noble, est ruinée à la mort de ses parents. L'adolescente épouse le poète burlesque (et très laid) Paul Scarron. L'homme possède l'un des salons les plus courus de son époque : on y croise Madame de Sévigné ou Madame de Montespan, la favorite du roi Louis XIV. A la mort de Scarron, Françoise, cultivée et appréciée, devient la gouvernante des enfants illégitimes du Roi Soleil. A 40 ans, elle devient aussi la maîtresse de Louis XIV, qui aime son caractère sage et lui offre le titre et le château de Maintenon. Sa dévotion déteint sur le roi et la cour de Versailles. Certains estiment qu'elle aurait pesé en faveur de la révocation de l'Edit de Nantes, provoquant l'exil de 200 000 protestants hors de France. Le roi finit par l'épouser secrètement.

     

    La Malinche et Cortés

    cortés et la malinche. codex 'histoire de tlaxcala', fin du xvie siècle. Cortés et La Malinche. Codex "Histoire de Tlaxcala", fin du XVIe siècle. © Wikimedia - Madman 2001Au Mexique, les plus nationalistes utilisent encore le mot "malinchista" pour railler ceux qui préfèrent l'étranger à leur pays. A l'origine du terme, La Malinche (ou Malintzin), une femme amérindienne née vers 1499. Agée d'une vingtaine d'années, elle est vendue par les mayas comme esclave aux conquistadores espagnols, qui viennent d'accoster sur les côtes mexicaines. A leur tête se trouve l'ambitieux Hernán Cortés. Sublime, la jeune fille est également capable de parler plusieurs dialectes amérindiens. Malintzin devient l'interprète des conquérants et se lie avec Cortés, tout en se mariant avec l'un de ses proches. Le conquistador tue, pille et alimente les rivalités entre les tribus. Elle traduit et l'éclaire sur les mœurs du pays. En 1521, l'armée de Cortés détruit l'incroyable ville flottante de Tenochtitlan et met fin à l'empire aztèque. L'Amérique centrale devient espagnole et la capitale des Aztèques se transforme en Mexico.

    Agnès Sorel et Charles VII

    portait d'agnès sorel datant du xve siècle. son auteur est inconnu. Portait d'Agnès Sorel datant du XVe siècle. Son auteur est inconnu. © Wikimedia - Caro1409

    De "petit roi de Bourges", Charles VII devint le vainqueur de la Guerre de Cent-Ans. Il le doit en partie à sa maîtresse, Agnès Sorel (v.1422-1450). En 1443, le roi découvre cette jeune demoiselle d'honneur à la beauté diaphane. Même si elle à vingt ans de moins que lui, il en tombe éperdument amoureux. Pour la première fois, un monarque français s'affiche avec sa favorite. Sans Agnès Sorel, bien des maîtresses seraient restées dans l'ombre. Bien que son rôle politique demeure limité, elle favorise l'ascension de son ami, l'homme d'affaires Jacques Coeur, qui devient l'homme le plus influent du royaume. Ses affaires en Orient l'ont rendu richissime et il finance les efforts de guerre contre l'Angleterre au bénéfice de Charles VII. Agnès meurt avant 30 ans, laissant trois enfants au roi inconsolable.

     

    Potemkine et Catherine II de Russie

    portrait de potemkine par johann baptist von lampi Portrait de Potemkine par Johann Baptist von Lampi © Wikimedia - CtacBeau, rusé, courageux, énergique, ce cavalier et soldat russe du XVIIIe siècle avait tout pour plaire. En 1762, Grigori Potemkine (1739-1791) participe au coup d'Etat qui dépose le tsar Pierre III et promeut Catherine II à la charge d'impératrice de toutes les Russies. Elle ne l'oubliera pas. Dans les années 1770 (il a la trentaine, elle, une dizaine d'années de plus), ils deviennent amants. Ils pourraient même s'être mariés secrètement. Leur relation, sincère, ne dure pas, mais l'impératrice tient Potemkine en très haute estime. Elle en fait son principal conseiller, diplomate et général, tandis que l'influence de la Russie en Europe ne cesse de croître. En plus de remporter des victoires sur l'empire Ottoman, il fonde les villes de Sebastopol, Simferopol ou Yekaterinoslav (l'actuelle Dniepopetrovsk). 

    Art et culture...

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  • 20 photos rares du passé que vous n'oublierez plus jamais

    Aujourd'hui, petit retour dans le passé avec des photos rares que vous n'avez peut-être jamais vues auparavant. On vous laisse découvrir les travers de l'histoire.

     Hitler pendant la seconde guerre mondiale  
     

    Avant les Doodles, ennemis de tous les étudiants, il y a eu des problèmes plus graves, des événements qui sont restés gravés dans les mémoires. Peut-être vous considérez-vous comme incollable en histoire, les photos du passé vous les connaissez, l'art de la deuxième guerre mondiale n'a aucun secret pour vous. N'en soyez pas si sûr. Aujourd'hui, nous décidons de faire un bond dans le passé pour découvrir sous un autre angle des photographies connues qui ont marqués l'histoire. Kennedy, la Reine Elizabeth, Anastasia, et même Chaplin, découvrez l'envers du décor.

     
     

    En 1972, dans le cadre de la mission Apollo 16 sur la Lune, l'astronaute Charles Duke laisse une photo, emballée dans du plastique, de lui-même entouré de sa femme et ses deux fils. Celle-ci se trouve encore sur la Lune en ce moment même.

     
    photo, passé, rares
     Une photo sur la Lune 
      

    Voici la Statue de la Liberté en construction à Paris en 1884.

    photo, passé, rares
     la statue de la liberté à Paris 

    Le Baron de la drogue, Pablo Escobar, avec son fils devant la Maison Blanche dans les années 80.

    photo, passé, rares
     Le Baron de la drogue et son fils 

    En 1947, Evelyn McHale, une jeune femme de 23 ans, a sauté de la terrasse d'observation de l'Empire State Building et a atterrit sur une limousine garée en bas. L'étudiant en photographie, Robert Wiles, a entendu le crash explosif et a shooté la femme presque instantanément. Quelques années plus tard, Andy Warhol s'approprie le cliché pour un tirage d'art.

    photo, passé, rares
     le suicide d'Evelyn McHale 

    Avant la montée des Talibans en Afghanistan, le pays se dirigeait vers la démocratie, avec la constitution afghane assurant l'égalité des droits pour les femmes. Cette image a été tirée pendant les jours pré-talibans, lorsque les femmes afghanes ont eu accès à des carrières professionnelles, à l'éducation de niveau universitaire, aux magasins vendant des vêtements non traditionnels, aux transports publics, et à la liberté

    photo, passé, rares
     Les journées pré-talibans 

    Hellen Kellers rencontre Charlie Chaplin à Hollywood en 1919.

    photo, passé, rares
     la rencontre d'Hellen Kellers et Charlie Chaplin 

    Voici une vue totalement différente du Tank Man de Tiananmen Square.

    photo, passé, rares
     Tank Man 

    Un espion russe rit de son exécution en Finlande en 1939 pendant la Guerre d'Hiver.

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     L'exécution d'un espion 

    Voici des survivants du Titanic montant à bord du Carpathia en 1912.

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     Les rescapés du Titanic 

    Le Tsar Nicholas II permet à sa fille, la grande duchesse Anastasia, de fumer.

    photo, passé, rares
     Anatasia fume 

    Le tableau de Léonard de Vinci, La Joconde, revient au Louvre après la Seconde Guerre Mondiale.

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     Mona Lisa 

    Le co-conspirateur de l'assassinat de Lincoln, Lewis Payne, était détenu dans un établissement fédéral avant son exécution en 1865. Alors que Lincoln est tué au théâtre Ford, Payne, un vétéran natif et confédéré Alabama, entre dans la chambre du secrétaire d'État, William H. Seward, et a commencé à l'attaquer avec un grand couteau.

    photo, passé, rares
     Le co-conspirateur de l'assassinat de Lincoln 

    John F. Kennedy, Lyndon Johnson, et les membres du personnel de la tournée Cap Canaveral Missile Test de l'annexe, Septembre 1962.

    photo, passé, rares
     Une réunion au sommet 

    Les forces alliées se moquent d'Hitler du haut de son balcon à la Chancellerie du Reich à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

    photo, passé, rares
     Les Alliés se moquent d'Hitler 

    Voici un mannequin d'un site atomique d'essai de bombe dans le Nevada au milieu des années 50.

    photo, passé, rares
     Des mannequins au coeur des bombes 

    Un Américain donne un coup de poing à un homme du Sud du Vietnam pour une place sur le dernier hélicoptère de l'ambassade des États-Unis lors de l'évacuation de Saigon en 1975.

    photo, passé, rares
     Plus de place dans un hélicoptère 

    Les Beatles marchent dans la direction opposée sur l'Abbey Road.

    photo, passé, rares
     Les Beatles à l'envers 

    La Reine Elizabeth II pendant son service lors de la Seconde Guerre Mondiale.

    photo, passé, rares
     Elizabeth II 

    Un cameramen shoote et enregistre le rugissement du lion de la MGM logo (Metro Goldwyn Mayer).

    photo, passé, rares
     Le Lion de MGM 

    Il s'agit d'une photographie de famille du jeune Oussama Ben Laden avec sa famille en Suède dans les années 1970. Ben Laden est le deuxième à droite avec une chemise verte et un pantalon bleu

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  • L'incroyable histoire des villes abandonnées

    l'histoire des villes abandonnées. ici, baslestrino, en italie.
    L'histoire des villes abandonnées. Ici, Baslestrino, en Italie. © Massimo Pozzato

    Englouties, rasées, désertées... Des villes autrefois prospères se sont vidées de leur population. Pour cause de guerre, de désastre écologique ou encore en raison de mauvaises conditions économiques, des cités sont désormais abandonnées. De Balestrino à Prypiat la ville qui abritait les ouvriers de Tchernobyl, en passant par Oradour-sur-Glane, découvrez leur incroyable histoire.

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    Balestrino, Italie

    balestrino en italie
    Balestrino en Italie © LorenzoT

    Située dans la région de Ligurie, au nord-ouest de l'Italie, cette étrange cité médiévale semble endormie. Les volets sont clos, les maisons intactes. Seule la végétation envahissante rappelle que la ville a été désertée. Autrefois capitale économique de toute la vallée avec la culture de l'olive et de légumes, Balestrino possède toujours un château érigé au XVIe siècle en son sommet. Mais à partir de 1962, l'instabilité sismique et les glissements de terrains poussent ses quelques 500 habitants à la fuir. Une nouvelle Balestrino, plus moderne, a été construite à quelques kilomètres sur un terrain plus favorable. Des études sont toujours en cours pour essayer de sauver les bâtiments abandonnés. La partie médiévale reste désespérément vide.

     

    Kolmannskuppe, Namibie

    kolmannskuppe, en namibie
    Kolmannskuppe, en Namibie © Mark Daniel

    Ensevelie sous des tonnes de sable : c'est l'inexorable destin de la ville de Kolmannskuppe ou Kolmanskop en afrikaans. Lorsqu'en 1908, le premier diamant a été trouvé dans le désert de Namib, en Namibie, des colons allemands fondent une cité qu'ils baptisent Kolmannskuppe. La ruée vers l'or fait grandir la ville qui connaît son apogée en 1920 avec quelques 1000 habitants, une école, un théâtre ou encore un tramway vers la cité voisine de Luderitz. Mais après la première guerre mondiale, le cours du diamant s'effondre et la mine n'est plus rentable. Les habitants délaissent la cité qui sera totalement abandonnée en 1956. Depuis, le sable envahit tous les bâtiments. La ville fantôme, menacée de disparition pure et simple, est devenue une attraction touristique.

    Sanzhi ou Shanjhih, Taiwan

    sanzhi ou shanjhih, taïwan
    Sanzhi ou Shanjhih, Taïwan © Cypherone

    Originales et futuristes, ces maisons OVNI de toutes les couleurs sont désormais la proie des bulldozers. En 1978, un promoteur immobilier décide de construire un complexe de loisirs haut de gamme à Shanzhi, en périphérie de Taipei, sur l'île de Taïwan. Les bâtiments, aux allures de soucoupes volantes, sortent de terre. Mais au début des années 1980, le manque d'argent et des accidents sur le chantier provoquent l'arrêt de la construction. Selon une légende, le lieu serait hanté et donc maudit. Quasiment jamais habitées, la cinquantaine de maisons ont été saccagées et sont fortement endommagées. En 2009, les autorités locales ont décidé de raser toute la zone.

    Enfield, Etats-Unis

    enfield, aux etats-unis
    Enfield, aux Etats-Unis © Shawn Toohey

    De la ville d'Enfield, dans le Massachussets, il ne reste rien. Fondée en 1816 en hommage à l'un de ses premiers colons, Robert Field, la ville était située de part et d'autre de la rivière Swift. Entre 1930 et 1939, un gigantesque réservoir d'eau appelé Quabbin est construit aux limites de la ville. Il alimente en eau potable toute la région et notamment Boston. Malgré les protestations des habitants, la cité doit être évacuée et inondée pour que le réservoir entre en fonction. Le 28 avril 1938, Enfield et plusieurs villes voisines comme Dana, Greenwich et Prescott sont vidées de leur population (2500 personnes), rasées et englouties. Les ruines d'Enfield gisent désormais sous l'un des plus grands réservoirs d'eau du monde.

     

     

     

    Oradour-sur-Glane, France

    oradour-sur-glane en france
    Oradour-sur-Glane en France © Bernard Sers

    Maisons quasi détruites, voitures incendiées... Oradour-sur-Glane porte encore les marques de la journée du 10 juin 1944. Ce village du Limousin était une paisible bourgade, prospère et attractive avec ses cafés, ses commerces et son tramway. Mais en pleine débâcle allemande, la division SS "das Reich" décide d'organiser une expédition pour réprimer la Résistance et se venger du débarquement du 6 juin. Quelques 8000 soldats encerclent Oradour le 10 juin. Les hommes sont exécutés au hasard des rues tandis que les femmes et les enfants sont enfermés dans l'église qui sera incendiée. Ce massacre a fait 642 victimes et n'a laissé que des ruines. Dans les années 1960, un nouveau bourg a été construit à quelques centaines de mètres, sur les plans de l'ancienne cité.

    Bodie, Etats-Unis

    bodie, etats-unis
    Bodie, Etats-Unis © Ron Marks Photography

    Symbole de la ruée vers l'or et du Far West, Bodie a connu un passé glorieux. En Californie, à l'est de la Sierra Nevada, un certains W. S. Bodey découvre dans un champ, en août 1859, une pépite d'or. De camp de fortune, Bodie devient en 1862 une vraie ville avec ses mines, son bureau de poste, son Chinatown, ses banques, ses saloons et ses quelque 6 000 habitants. Mais au début des années 1900, la population commence à décliner au fur et à mesure que le cours de l'or s'effondre. Le gisement s'épuise et son exploitation n'est plus rentable. La ville, ravagée par un incendie en 1932, est peu à peu désertée. Dix ans plus tard, la dernière mine ferme. Bodie prend alors le visage de ville fantôme. Aujourd'hui, deux cents bâtiments sont toujours debout et font la joie de centaines de touristes et la cité figure classée au Patrimoine historique depuis 1961.

    Prypiat, Ukraine

    prypiat, ukraine
    Prypiat, Ukraine © Jess Johannessen

    Tristement célèbre, Prypiat en Ukraine a le visage d'une ville ravagée par la guerre. Fondée en 1970, elle accueillait les ouvriers qui travaillaient à la construction et à la centrale nucléaire de Tchernobyl, à 2 km de là. Au total, elle abritait environ 50 000 personnes. Lorsque le réacteur n°4 de la centrale explose, dans la nuit du 26 avril 1986, les habitants ne sont pas informés des dangers. La ville, fortement touchée par le souffle et irradiée, ne sera évacuée que le lendemain, 30 heures après la catastrophe. Aujourd'hui, Prypiat se trouve toujours dans la zone interdite et continue à être dangereuse. Si quelques uns de ses bâtiments sont intacts, la ville, abandonnée par ses habitants, est depuis quelques années victime de saccages. 

    Holland Island, Etats-Unis

    holland island, aux etats-unis
    Holland Island, aux Etats-Unis © Bald Eagle BluffHolland Island, située dans Chesapeake Bay, aux Etats-Unis est une île qui, à son apogée en 1910, comptait jusqu'à 360 habitants et environ 70 maisons. Aujourd'hui, une seule bâtisse est restée debout et la ville est totalement déserte. La faute à l'érosion qui a fait disparaitre l'île petit à petit. Dès 1914, les habitants de l'est de l'île ont vu le sol se dérober sous leurs pieds à cause du vent et des marées. La construction de murs en pierre n'y changera rien, la mer a décidé de reprendre ses droits et les résidents, en majorité des pêcheurs et des agriculteurs, vont quitter les lieux. La dernière famille quittera l'île en 1918, quand une tempête tropicale va s'en prendre à l'église du village.

    Agdam, Azerbaidjan

    agdam, en azerbaïdjan
    Agdam, en Azerbaïdjan © Joao Leitao

    Agdam est elle-aussi une cité fantôme, en Azerbaïdjan. Autrefois, elle abritait 160 000 personnes et possédait son aéroport. La cité calme, entourée par de magnifiques montagnes, a été rayée de la carte en quelques jours. En juillet 1993, suite à un conflit entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan, les forces armées arméniennes l'envahissent. Les habitants avaient pris la fuite précédemment sous la menace d'un conflit. Agdam est pillée et saccagée sans aucun affrontement ni échanges de tirs. De la cité, il ne reste que des ruines. Depuis, la végétation envahit peu à peu les bâtiments à moitié détruits.

    Epecuen, Argentine

    epecuen, argentine
    Epecuen, Argentine ©  Mariano Perez

    La Villa Lago Epecuen présente le visage d'une cité engloutie, ravagée par les eaux. Les arbres secs et les maisons vides et toujours debout semblent flotter au milieu des eaux. La cité, construite au bord du lac Epecuen, est une destination touristique prisée pour ses cures thermales. Elle possède près de 250 hôtels et centres de soins. Mais le lac d'eau chaude connaît un problème ancestral : le manque d'eau. En 1978, des travaux de remblais et d'ajout d'eau sont entrepris. Mais le 10 novembre 1985, ils tournent au drame. Un mur de soutènement de 3,5 mètres de haut lâche. La ville est entièrement inondée et en quinze jours, l'eau la recouvre sur près de deux mètres. Les habitants qui ont fuit se sont réfugiés dans la cité voisine de Carhue qui, elle aussi située au bord du lac, possède des activités thermales.

    Pyramiden, Norvège

    pyramiden, suède
    Pyramiden, Suède © Gard Gitlestad

    Ville minière intacte, figée dans le temps : les touristes qui la visitent chaque année peuvent apercevoir l'intérieur des maisons à travers les fenêtres. Cette cité aujourd'hui norvégienne, a été fondée en 1910 par la Suède puis vendue en 1927 à l'Union soviétique. Elle tient son nom de la montagne voisine en forme de pyramide. Mais la cité est victime à la fois de la crise du charbon et de la chute du régime soviétique. L'Etat russe décide d'abandonner la ville. L'évacuation des 1000 habitants s'opère le 10 janvier 1988. Accessible par bateau ou par motoneige, Pyramiden est devenue une attraction touristique prisée. Seuls quelques gardiens y habitent désormais une partie de l'année. 

    Centralia, Etats-Unis

    centralia, etats-unis
    Centralia, Etats-Unis ©  Peter Van den BosscheCette ville de Pennsylvanie reste dangereuse encore aujourd'hui. Pour accéder à Centralia, la route 61 a même été fermée. Seuls les plus téméraires s'y rendent. La ville, qui comptait jusqu'à 1600 habitants, n'en abritait plus que 7 en 2007. Fondée dans les années 1800, la ville est le théâtre, en mai 1962, d'un gigantesque incendie de détritus dans son ancienne mine de charbon, à ciel ouvert, transformée en décharge. Vingt ans plus tard, les premiers habitants se plaignent d'odeurs nauséabondes et de problèmes respiratoires. Le feu a provoqué des émanations de monoxyde de carbone. En 1981, les premières maisons sont abandonnées. Actuellement, quelques résidents habitent toujours dans cette ville fantôme ravagée par le gaz qui attaque les routes, les arbres et qui sort continuellement du sol.

    Oil Rocks, Azerbaidjan

    oil rocks, azerbaïdjan
    Oil Rocks, Azerbaïdjan © Bruno GirinCette cité n'est pas sur terre mais flotte, au milieu de la Mer Caspienne. Elle a été construite par l'Union Soviétique en 1947, à 50 km des côtes de l'Azerbaïdjan. Plusieurs dizaines de plate-formes pétrolières reliées entre elles forment une gigantesque ville qui s'étend sur presque 200 km. Unique au monde, cette ville flottante a abrité jusqu'à 5000 personnes et a permis d'extraire, dans les années 1960, 21 millions de tonnes de pétrole chaque année. Mais aujourd'hui, seul un tiers de la surface est encore utilisée et plusieurs plate-formes ont sombré dans l'eau. Si la plupart des résidents ont quitté Oil Rocks, il semblerait que les opérations de forage perdurent.

     

    L'atoll de Bikini, Iles Marshall

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    L'atoll de Bikini. © Library of CongressL'atoll de Bikini, dans les îles Marshall, au beau milieu du Pacifique, est aujourd'hui répertorié au patrimoine mondial comme "symbole de l'entrée dans l'âge nucléaire". Mais l'homme a habité l'atoll pendant au moins 2000 ans selon les experts. Ce sont les Allemands qui s'y implanteront les premiers en y fondant une première colonie en 1885. Au milieu du XXe siècle, près de 200 habitants occupent les îles quand les Américains décident d'y réaliser une série d'essais nucléaires. L'atoll est évacué et, entre 1946 et 1958, vingt-trois engins vont littéralement faire disparaitre trois îles de la carte. Les habitants qui décideront de revenir s'installer dans l'atoll seront exposés à de forts taux de radioactivité et devront de nouveau être évacués dans les années 1960. Terre, bananes, noix de coco, crustacés et poissons y sont toujours fortement radioactifs.

    Castelnuovo dei Sabbioni, Italie

    castelnuovo, italie
    Castelnuovo, Italie © Alessio Undini

    Pourquoi la partie la plus ancienne du village de Castelnuovo dei Sabbioni est-elle abandonnée ? La cité, située sur la commune de Cavriglia en Italie, a été bâtie au 13e et 14e siècle sur les collines du Chianti et du Valdarno. Au début du 20e siècle, la découverte d'un gisement de lignite fait sa fortune et attire jusqu'à 1000 habitants. Mais l'exploitation de cette mine fragilise les bâtiments situés en hauteur. Dans les années 1970, un glissement de terrain fait de nombreux dégâts et incite les autorités à prendre une décision. La vieille ville, menacée, est totalement évacuée. Les résidents sont relogés dans une nouvelle ville, en contrebas. Aujourd'hui, la municipalité de Cavriglia a racheté les terrains du vieux village et souhaite le réhabiliter.

    Hashima Island ou Gunkanjima, Japon

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    Hashima Island, Japon © Blakey BearCette île est située à 19 km des côtes de Nagasaki, au Japon. Hashima Island ou Gunkanjima tire son surnom, Battleship Island ou l'île navire, de sa forme et de ses hauts murs. En 1890, l'entreprise Mitsubishi achète l'île et la transforme en lieu de stockage pour ses équipes chargées de récupérer du charbon au fond de la mer. En 1916, les premiers bâtiments en béton y sont construits dont plusieurs immeubles pour loger les familles des ouvriers. L'île, qui mesure 160 m de large et 450 m de long, est alors habitée par 5000 personnes. L'épuisement des gisements provoque la fermeture de l'usine en 1974 et l'abandon de la cité. Depuis, les bâtiments ont été saccagés et l'accès, fermé au public, n'a été rouvert qu'en avril 2009. Des visites guidées en bateau attirent de nombreux curieux.

    Cairo, Etats-Unis

    cairo, etats-unis
    Cairo, Etats-Unis © Michael Kelley

    Si elle n'est pas totalement abandonnée, son centre-ville reste désespérément désert : maisons murées, enseignes de magasins intactes et rues vides. Cairo, installée à la confluence des rivières du fleuve Mississipi et de la rivière Ohio, a été fondée en 1837. La cité a tiré sa prospérité de son port où les bateaux à vapeurs y étaient ravitaillés. Elle atteint son pic de population, 20 000 habitants, en 1907. Mais les avancées technologiques font décliner l'activité de son port. Peu à peu, Cairo se vide. Les usines et les commerces ferment. Lors du dernier recensement de 2000, il ne restait plus que 3632 habitants qui résidaient tous en périphérie.

    Great Blasket Island, Irlande

    great blasket island
    Great Blasket Island © Bjørn Christian Tørrissen CCGreat Blasket est une île située dans le Comté de Kerry, en Irlande. L'île a été habitée jusqu'en 1953, lorsque le gouvernement irlandais a décrété qu'il ne pouvait plus "garantir la sécurité de la population" restante. Jusqu'en 1953, les habitants de Great Blasket Island étaient ceux qui vivaient le plus à l'ouest du pays, dans des conditions en effet difficiles. La petite communauté de pêcheurs a atteint près de 150 habitants à son apogée. Tous vivaient pour la plupart dans des chalets primitifs perchés sur la partie nord-est de l'île. C'était notamment le lieu de résidence de trois écrivains irlandais connus : Tomás Ó Criomhthain, Sayers Peig et Muiris Ó Súilleabháin. Aujourd'hui, l'île a été abandonnée et vendue à l'Etat.

    Sewell, Chili

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    Sewell, Chili © Jorge Felipe Gonzalez

    Ses façades colorées et ses rues bien entretenues entretiennent l'illusion. Sewell ou El Teniente est bel et bien une cité minière abandonnée. En 1904, elle n'était qu'un simple campement de mineurs. Très vite, la richesse du gisement de cuivre a nécessité la construction d'immeubles pour abriter les ouvriers. Son apogée s'est située entre 1930 et 1960 avec près de 15 000 habitants. L'activité de la mine a été fortement réduite à partir de 1967 puis complètement arrêtée en 1971 lorsque le gisement s'est épuisé et Sewell a été abandonnée. Les familles ont été relogées dans la ville voisine de Rancagua. Elle est inscrite au Patrimoine mondial de l'Unesco depuis 1996 et certains de ses bâtiments ont fait l'objet d'une restauration. L'ancienne cité se visite toute l'année. 

    Craco, Italie

    craco, italie
    Craco, Italie © Emanuele Cristallo

    Aucun doute : la cité médiévale de Craco reflète bien son état d'abandon. Située dans la région de Basilicata, dans le sud de l'Italie, Craco a été édifiée vers 1060 sur une montagne. En 1891, sa population qui a atteint les 2000 habitants vit de la culture du blé et de l'élevage. Mais les mauvaises récoltes et l'instabilité du terrain, avec des glissements de terrain, provoquent un exode. En 1963, les 1800 habitants qui restaient ont été priés d'évacuer et se sont installés, dans la vallée, 7 km plus bas, au cœur d'une nouvelle cité baptisée Craco Peschiera. Depuis, la vieille ville dépérit.

    Humberstone, Chili

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    Humberstone, Chili © Michael

    Dans le désert chilien d'Atacama, Humberstone a été autrefois prospère. Fondée en 1872, elle était une cité minière avec plusieurs usines d'extraction de salpêtre, utilisé dans un engrais, le nitrate de soude. Des ouvriers venus du Chili, du Pérou et de Bolivie y ont travaillé pendant plus de soixante ans. Mais dès 1929, la grande dépression mondiale entraîne la chute de la localité. Au bord de la faillite, la ville-usine est rachetée en 1934 par une société chilienne. Après la modernisation de l'usine et une période de croissance, le gisement s'épuise finalement dans les années 1960 et les ouvriers désertent définitivement la cité. Dix ans plus tard, elle devient officiellement une ville fantôme et reçoit ses premiers touristes. Humberstone est classée par l'Unesco, depuis 2005, sur la liste du Patrimoine mondial en danger.

    Stroma, Ecosse

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    Stroma © Brent Snook Stroma est une île située au large de la côte nord de l'Écosse. Quand elle était encore peuplée, cette île a pu compter jusqu'à 550 habitants. Elle a aussi longtemps appartenu à un propriétaire agricole qui pouvait y faire paître les moutons. Dès 1901 la population avait fondu à environ 375 habitants et a continué de diminuer au cours du XXe siècle, à cause de l'isolement et faute d'activité. Les derniers résidents ont travaillé à la construction de la centrale nucléaire de Dounreay, dédiée à la recherche, sur la côte écossaise en 1960. Les deux dernières familles restées sur l'île l'ont quittée en 1962. De nombreuses de maisons en ruines, l'église et son presbytère témoignent aujourd'hui le l'installation de l'homme sur l'île. Stroma est maintenant une zone de conservation des plantes rares.

    Varosia ou Varosha, Chypre

    varosia ou varosha, chypre
    Varosia ou Varosha, Chypre © Bass_nroll

    Varosia ou Varosha est une cité balnéaire de Famagusta, une ville située sur l'île de Chypre. Dans les années 1970, Varosia était la destination touristique numéro un du pays. De nombreux immeubles modernes ont été construits face au littoral. L'Hôtel Largo, sur le Boulevard JFK, a même accueilli plusieurs vedettes dont Elizabeth Taylor. Mais le 15 août 1974, l'armée turque entre dans Famaguste suite à des échanges de tirs avec l'armée grecque. La cité balnéaire de Varosia est évacuée et tombe aux mains des Turcs. Depuis 35 ans, aucune négociation internationale n'a permis le retrait des troupes. La cité, vidée de ses habitants, dépérit, et reste inaccessible car entourée de barbelés. Les fenêtres tombent et la végétation envahit peu à peu les bâtiments.

    Kadykchan, Russie

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    Kadykchan, Russie © Google Earth mapping service / Image 2009 Digital Globe

    Cette ville est l'une des victimes de la chute du régime soviétique. En 1936, un géologue russe découvre un gisement de charbon sur le plateau de Magadan, à l'Est du pays. Dès l'année suivante, trois mines à ciel ouvert voient le jour. La ville de Kadykchan est fondée dans les années 1940. La région devient alors l'une des plus grandes mines de charbon du pays. Au plus fort, Kadykchan accueille 10 000 habitants. Mais la dissolution de l'URSS provoque l'arrêt de l'exploitation des usines. La cité perd petit à petit ses habitants qui choisissent l'exode. La très grande majorité des bâtiments désertés sont fortement endommagés par les intempéries.

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    la ville de kolmannskuppe ou kolmanskop qui disparaît recouverte par le sable.
    La ville de Kolmannskuppe ou Kolmanskop qui disparaît recouverte par le sable. © Mark Daniel

    On pourrait penser que les villes abandonnées appartiennent à l'Histoire : Atlantide et Pompéi par exemple. Mais encore aujourd'hui, des cités meurent. Autrefois prospères, des villes sont abandonnées par leurs habitants. Cela peut être en raison d'une guerre, d'une catastrophe écologique ou naturelle, des caprices de la météo ou encore à cause de mauvaises conditions économiques. Les exemples de villes fantômes sont nombreux. Aux Etats-Unis, la ruée vers l'or a fait autant d'heureux que de désespérés : c'est le cas de Bodie, ancienne cité minière d'excellence qui est désormais la proie du temps. Les bâtiments s'abiment, les rues sont désertes et la végétation est envahissante. En Europe, le cas typique reste Prypiat. Cette localité accueillait les ouvriers qui travaillaient dans la centrale nucléaire de Tchernobyl, distante de quelques kilomètres. L'explosion du réacteur nucléaire le 26 avril 1986 a endommagé et contaminé la ville pour des centaines d'années. Prypiat est devenue déserte du jour au lendemain. En France, Oradour-sur-Glane est tristement célèbre pour le massacre de sa population en 1945. Ajouté aux destructions matérielles, le village du Limousin a pris le visage d'une cité fantôme. 

     

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