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    Qui était vraiment Raspoutine ?

     

     

    Le 16 décembre 1916, le prince Ioussoupov et le grand-duc Dimitri Pavlovitch décident de mettre fin à la vie de Grigori Raspoutine, moine débauché, entré dans les faveurs de la famille impériale en raison de ses pouvoirs de guérisseur.


    Réputé pour faire des miracles, Raspoutine n’était-il qu’un moujik ivrogne, mais intelligent ou un vrai guérisseur aux pouvoirs hors du commun ?

     
     
     

     

    Les débuts de Raspoutine

     

    Grigori Iefimovitch Raspoutine dit Raspoutine est né probablement en 1869. Il vient d’un petit village sibérien qu’il a quitté pour se consacrer à la religion, à la méditation et à l’errance. Après quelques années de ces vagabondages, il acquiert une réputation de saint homme (starets) et de guérisseur. (Starets ou stariets [mot russe signifiant vieillard. Dans l’ancienne Russie, saint moine ou ermite, considéré par le peuple comme prophète, ou thaumaturge.]

     

    Raspoutine

    Raspoutine. Crédit photo

     

    En 1904, il quitte la Sibérie pour se rendre à Saint-Pétersbourg et vient demander l’hospitalité à l’Académie de théologie.


    L’évêque Hermogène et le grand prédicateur Illiodore sont séduits par sa foi et favorisent son entrée dans la société de la capitale.

     

    Dès lors, Raspoutine commence à faire parler de lui. Il est réputé pour faire des miracles, mais également pour être l’initiateur de nombreuses débauches.

     

     

    Le faiseur de miracles

     

    La cour du tsar Nicolas II vit un drame familial. Le tsarévitch, Alexis, unique héritier de la couronne, est atteint d’hémophilie, maladie incurable à l’époque.

     

    La réputation de Raspoutine est arrivée aux oreilles de la tsarine Alexandra. Par amour pour son fils, elle convoque le moine guérisseur.

     

    On sait de source sûre que Raspoutine a, à plusieurs reprises, atténué les souffrances du garçon. Il a également réussi à stopper plusieurs hémorragies qui auraient dû être fatales. Il le sauvera encore lors de graves hémorragies en 1912 et 1915. Aussi est-il vénéré par l’impératrice comme l’« homme de Dieu » voué à sauver son fils et la Russie.

     

    tsar Nicolas II

    Le tsar Nicolas II avec sa femme et le jeune Alexis. Crédit photo

     

    Chaque fois que Raspoutine se rend au chevet de l’enfant, on assiste à une nette amélioration de son état de santé. Difficile de parler de simple coïncidence.

     

    Nul ne sait quelle technique utilise Raspoutine. Une chose est certaine, son influence sur la tsarine et sur la Cour est de plus en plus importante.

     

     

    Un mystique débauché

     

    La famille impériale voue à Raspoutine une telle amitié qu’on commence à le surnommer le « tsar au-dessus des tsars ». Cependant Grigori Raspoutine abuse cyniquement de bon nombre de ses admiratrices ou des solliciteuses et s’adonne de plus en plus ouvertement à la débauche.
    Tout en abusant de jolies filles, il leur parle de Dieu et de la rédemption.

     

    Cette vie de débauche bien connue ne l’empêche d’ailleurs nullement d’avoir autour de lui une cour féminine prête à tout pour lui.

     

    L’appartement de Raspoutine devient le lieu de passage obligé de toutes les sollicitations possibles provenant des personnages les plus importants.

     

    Raspoutine

    Raspoutine entouré d'une cour féminine (© De Selva Tapabor)

     

    En 1916, le président du conseil Sturmer et le ministre de l’Intérieur Protopopov participent aux séances de spiritisme qu’il organise régulièrement.

     

    Attaqué par la presse, il est l’objet d’une discussion à la douma en 1912, mais les diverses démarches pour faire comprendre à Nicolas II les risques que court le régime du fait de ses relations avec le prétendu homme de Dieu demeurent vaines.

     

    La haine qu’il inspire est très probablement à l’origine du mythe de l’omnipotence qu’on lui prête. Si la tsarine est à ses ordres, le Tsar ne tient en réalité pas compte de ses conseils.

     

    Un assassinat programmé

     

    En 1916, les défaites de la Russie au front et la décomposition de l’État suscitent une grande indignation dans tout le pays.

     

    Tout va mal et le responsable est tout de suite trouvé. C’est la mauvaise influence de Raspoutine sur le Tsar qui provoque ces désastres.


    La défaite de l’armée s’explique, selon l’opinion publique, par le fait que Raspoutine est vendu à l’Allemagne.

     

    Raspoutine devient un monstre à abattre. C’est le jeune prince de 19 ans, Felix Ioussoupov, qui va se charger de cette mission.

     

    Le 29 décembre 1916, il invite Raspoutine chez lui sous le prétexte de lui présenter une femme pour laquelle il languit depuis longtemps. Avec ses complices, le prince fait préparer des gâteaux imprégnés d’une dose de cyanure capable de tuer 20 personnes et verse en supplément ce poison dans le verre destiné à l’invité.

     

    Tsar Nicolas II

    Le Tsar Nicolas II . Crédit photo

     

    Arrivé chez le prince, Raspoutine mange et boit. En principe, une telle dose de cyanure aurait dû le tuer en quelques minutes, mais il continue à se porter comme un charme pendant plus de deux heures.

     

    Le prince est à bout tandis que le moine redemande à boire. Décidé à en finir, Ioussoupov prend son revolver et tire à bout portant.


    Juste après la détonation, les complices arrivent accompagnés d’un médecin. Ce dernier examine le corps, mais Raspoutine est toujours vivant.

     

    Enfin, il cesse de respirer et le corps est descendu au sous-sol du palais. Mais, quelques minutes après, Raspoutine se relève et tente d’étrangler le prince.

     

    Il faudra quatre nouvelles balles et des coups de matraque qui lui défoncent le crâne pour que Raspoutine cesse de se débattre.

     

    Les conjurés enveloppent alors le corps et le jettent dans la Neva.

     

    Quand on découvrira le cadavre dans l’eau, on constatera que Raspoutine était toujours en vie quand il a été jeté dans le fleuve. En réalité, il est mort noyé.

     

    Il est certain que cette endurance vraiment exceptionnelle a contribué au mythe du surhomme.

     

    Raspoutine était-il insensible au poison ? . Une chose est sûre, il possédait une constitution hors du commun.

     

    V.Battaglia [30.04.2006]

    Landru . Cannibalisme. Exposition de cannibales

    Bibliographie principale

    L’assassinat de Raspoutine, La mémoire de l’humanité, éditions Larousse

     

    Énigmes Historiques:  Qui était vraiment Raspoutine ?

     

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    La papesse Jeanne

     

    À partir du XIIIe siècle, une rumeur se répand en Europe : une femme aurait dirigé l’Église romaine entre 855 et 858.


    Jusqu’au XVIe siècle, l’existence de la papesse Jeanne n’est pas remise en cause par l’Église. Puis, elle dénie toute réalité à cette histoire.


    La plupart des historiens considèrent l’histoire de la papesse Jeanne comme une légende. Cependant, cette énigme n’est pas entièrement éclaircie.


    La papesse a-t-elle été créée par les détracteurs de l’Église ? Jeanne se rapporte-t-elle à un pape ayant réellement existé ?

     
     
     

    La naissance du mythe de la papesse

     

    D’après les biographies médiévales, Jeanne serait née en 822 à Ingelheim. A cette époque, les femmes ne reçoivent aucune éducation. Elle se fait donc passer pour un garçon et prend le nom de Jean l’Anglais.
    Grâce à ce subterfuge, elle peut fréquenter les abbayes et y acquérir un grand savoir.

     

    Elle se rend ensuite à Rome où elle est remarquée pour ses connaissances, sa piété mais également sa grande beauté.

     

    Devenue cardinal, à la mort du pape Léon IV, en 855, elle est désignée pour prendre sa succession.

     

    Jeanne monte donc sur le trône pontifical sous le nom de Jean VIII l’Angélique.

     

    Apparemment, elle est digne de sa charge jusqu’en avril 858. En effet, au cours de la fête des Rogations, elle s’écroule soudain dans la rue en mettant un enfant au monde.


    Elle meurt dans les heures qui suivent ainsi que le nouveau-né. La jolie papesse se serait laissée séduite par Lambert de Saxe, ambassadeur à Rome.

     

    Après un énorme scandale, la papesse est enterrée hors des lieux sacrés.

     

    L'accouchement de la papesse Jeanne

    L'accouchement de la papesse Jeanne. Miniature pour le Décaméron de Jean Boccace, XVe siècle (Paris, Bibliothèque Nationale)

     

    C’est un livre du XIIIe siècle, Chronicon pontificum et imperatorum (la chronique des papes et des empereurs), qui établit l’histoire de la papesse Jeanne.


    Cette chronique a été écrite par le dominicain Martin de Troppau.

     

    Un autre dominicain, un peu avant, faisait déjà référence à cette papesse mais les dates du pontificat divergent.

     

    La seule chose certaine est que l’existence de la papesse est admise par les dignitaires de l’Eglise qui s’en portent garants dans des écrits que Rome ne censure pas.

     

    Pour ceux qui défendent l’existence de cette papesse, il y a un fait essentiel qui accrédite cette histoire : pendant des siècles, l’Eglise a admis son existence.


    Nous connaissons d’autres femmes qui ont vécu sous des habits d’homme sans se faire démasquer : Euphrasie, Hildegarde ou Eugénie.
    Toutes trois sont d’ailleurs devenues des saintes.

     

     

    La légende de la chaise percée

     

    Une histoire raconte qu’à partir de l’an 1000 environ et pendant près de cinq siècles, on a procédé à une vérification du sexe de chaque nouveau pape.
    Les élus auraient été tenus de s’asseoir sur un siège de porphyre percé, sous lequel se serait glissé un diacre chargé de vérifier de la présence d’attributs masculins.

     

    L’Eglise nie la réalité de cette vérification. Par contre, certains témoignages accréditent son usage.


    Le musée du Louvre conserve d’ailleurs un trône de porphyre antique.

     

    Cette cérémonie a-t-elle vraiment existé ? La réponse est non sans ambiguïté. Ces fameuses chaises percées qui existent effectivement sont en réalité des sièges curules. Ces sièges romains étaient utilisés par les consuls et les prêteurs.


    Le Pape y recevait la férule, remise par un sous-diacre.

     

    Il y avait donc bien un siège avec un petit trou à l’avant ainsi qu’un sous-diacre mais aucun trifouillage rituel ou non dans le slip du pape.

     

    Certains auteurs ne manquent pas d’imagination….

     

    Les arguments en faveur du mythe

     

    Il y a certainement eu confusion avec le pape Jean VIII élu en 872. Quelques documents le surnomment « la papesse », en référence à sa faiblesse face aux sarrasins et de son homosexualité supposée.

     

    Le peuple avait surnommé ce pape « la papesse Jeanne ».

     

    Ce qui permet de supposer que cette histoire est totalement fausse, c’est que ce ne sont pas les catholiques qui ont remis en cause l’existence de cette papesse mais des protestants.

     

    Le premier auteur à avoir pris définitivement position contre l’existence d’une femme pape, en 1647, se nomme David Blondel, un protestant.

     

    Certains dignitaires de l’Eglise firent alors des recherches et conclurent, qu’en effet, cette papesse n’avait jamais existé.

     

    Voilà comment un simple sobriquet a totalement transformé la réalité historique et fait naître un mythe qui a perduré pendant plusieurs siècles.

     

    Cependant, avouons tout de même, que bien que l’histoire soit totalement rocambolesque, certaines zones restent encore sombres.

     

    Par exemple, il règne une certaine confusion quant au pape qui a succédé à Léon IV. Quelques rares chroniqueurs parlent d’un certain Benoît III au physique attrayant. Ce pape n’apparaît pas par contre dans le plus ancien exemplaire connu du Liber pontificalis.


    On ne sait d’ailleurs pratiquement rien de ce pape à part qu’il apparaissait très peu en public et mourut subitement le 17 avril 858.


    On sait par contre qu’il a eu à repousser les agressions de l'antipape Anastase.


    Il aurait été enterré, selon ses souhaits, en dehors de la basilique Saint-Pierre. Officiellement, Benoît III fut le 104e pape de 855 à 858.

     

    Il est un fait que la liste des papes ne laisse aucune place dans laquelle le pontificat de Jeanne pourrait s'insérer.

     

    Pour conclure, nous pouvons en déduire que la papesse Jeanne n’a pas existé mais que ce mythe conserve une part de son mystère ce qui explique sans doute qu’il conserve toujours ses défenseurs.

     

    V.Battaglia (26.12.2006)

     

    Références

    La fable de la papesse, Les Indiscrétions de l’Histoire, Dr Cabanès. Les mensonges de l’Histoire, N°125, Paul-Eric Blanrue. La Papesse Jeanne, Historia N°141, Michèle Delignac

     

    Énigmes Historiques:  La papesse Jeanne

     

     

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    Légende de Robin des Bois

     

    Robin Hood, Robin des Bois, était un fier hors-la-loi, volant les riches pour donner aux pauvres.

    C’est du moins le portrait que nous en font les ballades anglaises du Moyen Âge. Mais, Robin des Bois était-il vraiment ce bandit au grand cœur ? N’a-t-il même jamais existé ? Les historiens ont cherché des preuves de l’existence de ce héros légendaire.


    On peut aussi se demander pourquoi ce symbole de la résistance des paysans de race saxonne aux nobles est passé à la postérité.

     
     
     

     

    A la recherche de Robin Hood

     

    Au 19e siècle, les historiens qui ont grandi en écoutant les histoires chevaleresques remises à la mode par Walter Scott, estiment que les aventures de Robin des Bois manquent de bases historiques sérieuses.

     

    L’un d'eux, Francis James Child, déclare en 1882 que Robin des Bois n’est qu’un personnage imaginaire de ballade populaire.

    Des recherches ultérieures montreront cependant que la légende recèle peut-être certains éléments véridiques.

     

    La première version complète de l’histoire de Robin des Bois est datée du XVe siècle. Il s’agit d’une ballade intitulée « Lyttle Geste of Robyn Hode ».


    On y trouve déjà les personnages qui nous sont devenus familiers grâce au cinéma : le shérif de Nottingham, Petit Jean …

     

    Dans la plupart des références anciennes à Robin des Bois, les premières remontent à 1350, ses exploits se déroulent dans la forêt de Barnesdale, dans le Yorkshire.

     

    Robin Hood

    Illustration de la fin du 19e siècle de Robin des Bois

     

    Les historiens se sont donc demandé si « un prince des voleurs » n’a pas existé dans cette région au XIIIe siècle.

     

    Vers 1228-1230, les archives seigneuriales mentionnent un Robert Hood, décrit comme un fugitif qui « a volé pour le plus grand nombre ».

     

    Le problème c’est que Robert Hood était un nom très courant en Angleterre.

     

     

    De nombreux candidats au titre de Robin des Bois

     

    Il existe de nombreuses contradictions entre les différentes références historiques. Les ballades situent les exploits au cours de quatre règnes différents : de celui de Richard Cœur de Lion (1189-1199) à celui d’Edouard II (1307-1327).

     

    On a surtout retenu le règne de Richard Cœur de Lion. Dans la plupart des films, Robin des Bois devient un défenseur du Roi, parti en croisades, contre son perfide frère Jean Sans Terre.

     

    Mais, les historiens ont également établi un lien entre Robin Hood et la révolte qui a eu lieu en 1265 contre le roi Henri III, sous la conduite du comte de Leicester Simon de Montfort.

     

    Robin des Bois

    Robin des Bois tourné en 1938 avec Errol Flynn

     

    Le chroniqueur anglais Walter Bower raconte que, après la rébellion contre Henri, « le fameux voleur Robert Hood […] prit la tête de ceux qui avaient été déshérités et bannis à la suite de la révolte ».

     

    Mais cette histoire est mise en doute par les historiens modernes. Ces derniers font remarquer que l’arc long, que l’on voit dans les versions de la légende, n’était pas utilisé sous le règne d’Henri III (1216-1272).

     

    Le candidat le plus plausible est un paysan de Wakefield, dans le Yorkshire, qui a probablement pris part à un soulèvement contre le duc de Lancastre en 1322. Les archives de la ville mentionnent un Robert Hood, condamné pour avoir transgressé « les lois de la forêt «, résisté au seigneur du lieu, et pour ne pas avoir pris part à la guerre contre les Ecossais.


    Il semble également que la maison de Robert Hood ait été confisquée pour cette raison, ce qui expliquerait que cet homme se soit réfugié dans la forêt.

     

    Robin des Bois, prince des voleurs

    Robin des Bois, prince des voleurs, en 1991, avec Kevin Costner et Morgan Freeman

     

    Cela situerait la légende au cours du règne d’Edouard II qui, lui-même, a eu un valet nommé Robert Hood.

     

    Beaucoup d’autres rebelles et hors-la-loi ont été identifiés à Robin des Bois. Parmi eux, Robert Thwing, qui a pillé les monastères pour distribuer du grain aux pauvres. Il y a également Robert Fitzooth dont les dates de naissance et de décès, 1160-1247, correspondraient à celles de Robin des Bois.


    Du moins, c’est ce que prétend un document retrouvé.

     

    Un héros national

     

    Les œuvres littéraires ont tellement transformé les éléments historiques qu’il devient impossible de retrouver les traces originales d’un Robert Hood.

     

    Marianne, la belle dont tombe amoureux Robin, n’est par exemple apparue qu’au XVIe siècle, tout comme le frère Tuck.


    Il est probable que l’un des conteurs a dû estimer qu’il manquait une dimension sentimentale à cette légende.

     

    Marianne et Robin des Bois

    Marianne et Robin des Bois. Illustration du peintre américain N.C Wyeth

     

    Selon les versions, Robin est un défenseur des pauvres et des opprimés ou un héros national qui combat les envahisseurs normands aux côtés des Anglo-Saxons.

     

    Peu importe finalement que le personnage ait vraiment existé ou non. Cette légende est presque universelle.


    On y valorise l’amour de la justice, le courage et l’honnêteté. Savoir que de tels héros ont pu ou pourraient exister nous rassure sur la nature humaine.


    La réalité était cependant certainement moins distrayante que les héros qu’elle a engendrés.

     

    V.Battaglia (14.05.2006)

    Références bibliographiques

    Encyclopédie Larousse 2005 ; Les plus célèbres mystères de l’histoire, sélection du Reader’s Digest

    Énigmes Historiques:  Légende de Robin des Bois

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    Le Roi Arthur et les chevaliers de la

    Table ronde

     

    Camelot et Avalon

     

    Héros de la résistance celte à l’invasion anglo-saxonne, le roi Arthur est le personnage qui inspire les plus beaux récits des poètes médiévaux.


    Arthur, Merlin l’enchanteur, Lancelot, les chevaliers de la Table ronde, Tristan ou Perceval évoquent un monde chevaleresque où l’honneur est primordial.


    Mais le grand roi qui aurait tranché des têtes d’un revers de son épée Excalibur n’est-il qu’une légende ?


    Arthur a-t-il réellement existé ? Quel est l’antique secret du Graal ?

     
     
     

     

    La légende d’Arthur

     

    Quelque temps après que les Romains ont quitté la Grande-Bretagne, les Celtes, livrés à eux-mêmes, s’organisent en une multitude de petits royaumes qui, rapidement, se querellent. L’un de ces États est dirigé, nous disent les conteurs, par le roi Uther Pendragon.

     

    Grâce à une ruse de son druide Merlin, Uther parvient à abuser de la femme de l’un de ses ennemis, la belle Igraine.


    L’enfant qui naît, Arthur, est élevé par Merlin.

     

    Adolescent, Arthur révèle son sang royal en parvenant sans peine à dégager d’un rocher l’épée merveilleuse Excalibur.

     

    En effet, Merlin organisa un rassemblement de toute la noblesse. Dans un pré, se trouvait une magnifique épée fichée dans une enclume. Sur la pierre était inscrit : »Celui qui retirera l’épée de cette pierre et de cette enclume sera roi de toute l’Angleterre. »

     

    On cria au miracle quand le jeune Arthur libéra l’épée de l’enclume. L’Angleterre avait trouvé son roi.

     

    Le roi Arthur

    Le roi Arthur écoutant les doléances de l'un de ses sujets (Bibliothèque nationale de France, Paris). © dinosoria.com

     

    Il fédère les royaumes d’Angleterre et repousse l’envahisseur saxon. Il règne, son épouse Guenièvre à ses côtés, dans sa brillante cité de Camelot où il réunit autour d’une immense table ronde de preux chevaliers : Gauvain, Kay, Perceval, Lancelot, Tristan …

     

    Couronnement du roi Arthur

    Couronnement du roi Arthur (Extrait d'un manuscrit du XIVe siècle, Bibliothèque nationale de France, Paris). © dinosoria.com

     

    Mais, Arthur a de nombreux ennemis dont Loth de Lothian. Ce dernier envoie sa femme, Morgane, comme ambassadrice. Arthur la séduit et un enfant est conçu, Mordred. Ce qu’ignore Arthur c’est que Morgane est sa demi-sœur.


    Merlin prédit que Mordred amènera la ruine du royaume.

     

    Le roi Arthur et ses chevaliers

    Le roi Arthur et ses chevaliers (Gravure de Gustave Doré). Licence

     

    En cadeau de mariage, Arthur a reçu une magnifique table ronde. Lorsque les chevaliers prennent placent autour, une place reste vide. Elle est réservée à celui qui ramènera le Saint- Graal, une des reliques les plus sacrées de la chrétienté.

     

    Lancelot

    Lancelot, manuscrit enluminé du XVe siècle. En haut, naissance et éducation de Lancelot par la Dame du Lac; en bas, à gauche, Lancelot participant à un tournoi; à droite, sa vision du Graal. (DP)

     

    L’amour tient une grande place dans la légende arthurienne. Lancelot et Guenièvre s’aiment. Poussé par Mordred, Arthur accuse le couple d’adultère et de trahison. Lancelot s’enfuit alors sur le continent avec sa bien-aimée et de nombreux chevaliers.


    Arthur part à leur poursuite. Le combat mettra fin à l’esprit de la Table ronde. L’honneur perdu et prisonniers de leurs passions, les chevaliers se précipitent vers la catastrophe finale.

     

    Profitant de l’absence d’Arthur, Mordred lève une armée et s’empare du trône. Lors de la bataille de Camlann, Arthur tue Mordred mais est mortellement blessé.

     

    Combat final entre Arthur et Mordred

    Combat final entre Arthur et Mordred (Peinture de W.Hatherall). (DP)

     

    Arthur, agonisant, fait jeter son épée dans un lac : la lame magique est rendue à la fée Viviane, la « Dame du lac », qui éleva Lancelot et envoûta Merlin.

     

    Selon la légende, Bédivère installe le roi mourant dans une barque qui emmène le roi vers l’île magique d’Avalon.


    Il est également dit que le roi Arthur reviendra car, sur sa tombe, est écrit : »Hic Iacet Arthurus Rex Quondam Rex futurus « (Ici gît le grand roi Arthur, celui qui fut et qui sera).

     

    Voilà le résumé de la vie du roi Arthur. Mais quelle est l’origine de cette belle légende ?

     

     

    La diffusion de la légende arthurienne

     

    L’existence d’Arthur est fixée à la fin du Ve siècle et au début du VIe siècle de notre ère. Le premier auteur à évoquer le roi est l’historien Nennius, dans son histoire des Bretons, rédigée en 826, mais qui s’inspire d’un récit remontant à une époque bien antérieure.

     

    L’histoire d’Arthur est en fait une collection de récits qui ont été ensuite rattachés à un seul héros et à une seule histoire. Cette dernière a été enrichie au cours des siècles.

     

    Roi Arthur

    Le roi Arthur représenté dans une fresque italienne du XIIe siècle. La légende a été rapportée en Italie par l'invasion normande. (DP)

     

    Les exploits d’Arthur ont été vraiment développés par Geoffroi de Monmouth, auteur d’une Histoire des rois de la Grande Bretagne (Historia regum Britanniae), écrite en 1136. C’est lui qui rassembla tous les récits en y mêlant un peu d’histoire vraie et beaucoup de fiction.
    Il fait d’Arthur un roi et créé le personnage de Merlin.

     

    Joute en présence du roi Arthur

    Manuscrit flamand du début du XVe siècle montrant une joute en présence du roi Arthur. (DP)

     

    D’autres auteurs ont écrit des ouvrages sur le roi Arthur dont Sir Thomas Mallory (la Mort d’Arthur), Lord Tennyson (Les Idylles du roi) et T.H White (The once and futur king).

     

    Ce sont deux auteurs français qui ont diffusé la légende arthurienne. Vers 1154, Robert Wace traduit l’Historia en un poème, le Roman de Brut.


    On y voit pour la première fois les chevaliers prendre place autour d’une table ronde.

     

    film Excalibur

    Le film Excalibur (1981) s'attache à l'esprit du mythe

     

    Chrétien de Troyes a écrit plusieurs romans (1170 à 1182) retraçant la légende d’Arthur. On lui doit notamment Tristan et Iseut (poème perdu), Lancelot. C’est lui qui introduit le thème de l’amour passion.

     

    Le thème de la quête du Graal n’apparaît qu’en 1215 avec la parution de poèmes français. L’origine du Graal se perd dans la nuit des temps. Attribut païen, puis chaudron magique des Celtes, il fut transformé au Moyen Age en un symbole chrétien.

     

     

    Les preuves de l’existence du roi Arthur

     

    Les ruines du château de Tintagel où, d’après la légende Arthur est né, existent toujours. Il se dresse sur une pointe de terre fichée dans l’Océan, au nord des Cornouailles. L’édifice date sans aucun doute de la période concernée.

     

    Une table ronde nous est parvenue. C’est un disque de chêne de six mètres de diamètre, exposé au château de Winchester.


    Mais, les analyses ont montré que la table date en fait du XIIIe siècle.

     

    Le roi Arthur et la liste des royaumes conquis

    Le roi Arthur et la liste des royaumes conquis (document de la Chronicle of England, datée de 1300)

     

    En 1191, les moines de l’abbaye de Glastonbury déclarèrent avoir découvert les corps d’Arthur et de Guenièvre.


    Le lieu s’accorde avec la légende qui fait de Glastonbury l’île d’Avalon.


    Le supposé souverain eut droit à de nouvelles funérailles grandioses. Mais, comment les moines ont-ils identifié les ossements du roi, cinq siècles après sa mort ? « A sa noble stature », répondent-ils.


    Cette réponse est loin de garantir l’authenticité des cadavres.

     

    Cependant, nous disposons de quatre récits de cette exhumation. Tous se rejoignent sur deux points
    essentiels :

     

    • La tombe était protégée par deux pyramides de pierre
    • Sous le cercueil, on trouva une croix sur laquelle étaient inscrits les mots suivants : Ici gît le grand roi Arthur, et Guenièvre, sa seconde femme, enterrés dans l’île d’Avalon

     

    Cette croix a été perdue. On en possède une reproduction dans la sixième édition du Britannia de Camden.

     

    L’analyse épigraphique a révélé que la croix n’était pas du VIe siècle (siècle de la mort d’Arthur) mais du Xe siècle.

     

    Reproduction de la croix Roi Arthur

    Reproduction de la croix

     

    En 1962, des archéologues firent des fouilles sur l’emplacement présumé de la tombe d’Arthur. Ils trouvèrent un puits, d’où un monument en pierre aurait pu être retiré, ainsi qu’un grand trou qui avait été comblé entre 1180 et 1191.


    La croix a très certainement été rajoutée par l’évêque Dunstan, au cours de travaux, au Xe siècle.

     

    Stonehenge

    Les ruines de Stonehenge. Selon la légende, Merlin en aurait été le bâtisseur. Bien que ce soit faux, Stonehenge joue un rôle non négligeable dans le cycle arthurien. By qalinx. (CC BY-SA 3.0)

     

    Les historiens ont cherché à situer Camelot, la capitale d’Arthur, dont le nom vient probablement de Camulos, dieu celtique de la Guerre.


    Les archéologues ont retrouvé dans le Devonshire, à Cadbury, les vestiges de puissantes fortifications circulaires. Une place forte importante existait là au Ve siècle. Il est logique de penser que si un roi luttait contre les envahisseurs, Cadbury devait être sa capitale.

     

    Il est certain qu’à la fin du Ve et au début du VIe siècle, les envahisseurs saxons, ont été repoussés pour un temps.


    Cette victoire a forcement nécessité une alliance des nombreux rois celtes. Cette alliance devait avoir un chef, sans doute un ancien officier romain, rompu à la stratégie et l’art de la guerre.
    Pourquoi ne se serait-il pas appelé Arthur ?

     

    D’autres historiens pensent que Arthur n’était qu’un chef de clan ordinaire qui guerroyait près de la frontière écossaise. Vers 500, les Bretons remportèrent la bataille de Badon. Cette bataille importante assura la paix pendant 50 ans. L’artisan de cette victoire s’appelait Arthur.

     

    V.Battaglia (08.05.2006)

     

    Références bibliographiques

    La légende du roi Arthur, éditions Atlas. A la découverte du véritable roi Arthur, éditions Atlas. Arthur a t-il existé ?, éditions Larousse

     

     

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    Le cheval de Troie

     

    La Guerre de Troie a-t-elle eu lieu ?

     

    L’Iliade, où Homère fait le récit de la guerre de Troie, est l’une des plus importantes épopées antiques. Des générations d’écoliers ont été captivées par ces héros, des combats sanglants et une ruse historique qui a donné la victoire aux Grecs sur les Troyens.


    C’est une œuvre magistrale, mais se fonde-t-elle sur la réalité ?

     

    Un archéologue amateur a découvert la cité de Troie, mais y a-t-il le moindre indice qu’une bataille ait eu lieu ?


    L’histoire du cheval de Troie appartient à la culture occidentale, mais semble assez éloignée de la réalité historique.


    À partir de 1 450 avant notre ère, en mer Égée, la puissance mycénienne domine celle de la Crète. Les Achéens, héros de l’Iliade et de l’Odyssée, parlent grec, édifient d’imprenables forteresses et vivent une histoire légendaire et mouvementée.


    L’Iliade et l’Odyssée décrivent des événements qui se seraient déroulés en 1 200 avant notre ère.

     
     
     

     

    Les origines de la guerre de Troie

     

    Pâris, fils du roi de Troie, Priam, est à l’origine du conflit. Appelé à juger de la beauté des déesses de l’Olympe, il élit Aphrodite, divinité de l’amour, qui lui a promis la plus belle femme de la Grèce, Hélène, épouse de Ménélas, roi de Sparte.

     

    Pâris conquiert Hélène. Elle abandonne pour le suivre sa cité, son mari et sa fille. Pour venger son frère bafoué, Agamemnon, le puissant roi de Mycènes, organise alors une expédition destinée à détruire Troie.

     

    Vestiges du palais d'Agamemnon à Mycenes

    Mycènes. Vestiges du palais d'Agamemnon. By Arkntina

     

    Cette légende relève plus de la mythologie que de l’histoire. Les historiens grecs du Ve siècle avant notre ère ont apporté à la tradition homérique des explications historiques et politiques.

     

    Pour certains, les Troyens représentent les éternels ennemis de la Grèce. Pour d’autres, le conflit décrit par Homère symbolise la première tentative de rassemblement des Grecs en vue d’une conquête.

     

    Les trouvailles archéologiques ne semblent pas du tout confirmer cette « réalité historique “.

     

     

    La guerre de Troie a-t-elle eu lieu ?

     

    Longtemps, la plupart des auteurs ont affirmé son authenticité. Le grand historien grec Thucydide soutient qu’il y a eu une guerre de Troie, mais il est né en 460 avant notre ère, soit plus de 800 ans après les événements supposés.

     

    Homère demeure donc notre seule véritable source. Le problème c’est que personne ne sait qui il était, d’où il venait, ni par quel biais il connaissait les détails de cette histoire.

     

    Si Homère a vraiment existé, le poète vivait entre 900 et 700 avant notre ère, c’est-à-dire au moins quatre siècles après les faits qu’il relate.


    On sait en fait peu de choses sur le plus grand poète de l’Antiquité. Certains érudits contestent d’ailleurs à Homère la paternité de l’Odyssée, le récit du périple d’Ulysse après la guerre de Troie.

     

    Homere. Buste

    Buste d'Homère exposé à Rome. © dinosoria.com

     

    Les historiens se sont donc demandé si la cité de Troie n’était pas elle-même un mythe. En effet, personne ne savait où elle se trouvait, et beaucoup la soupçonnaient de n’être que le fruit de l’imagination des Grecs, un symbole destiné à glorifier la puissance d’Athènes.

     

     

    La découverte de la cité de Troie

     

    Un homme d’affaires allemand est à l’origine de l’une des plus fabuleuses découvertes archéologiques de tous les temps.


    Après avoir amassé une fortune considérable, Heinrich Schliemann s’emploie à trouver les preuves qui établiraient la véracité de l’épopée homérique. Cet homme rêve de Troie depuis qu’il a reçu pour ses huit ans ‘l’Histoire universelle pour les enfants’, un livre illustré où sont représentés les héros de l’Iliade.

     

    En six semaines seulement, il apprend par cœur les 25 000 vers de l’Iliade et l’Odyssée.

     

    Il recherche d’abord le palais d’Ulysse, puis la cité de Troie.

     

    Ancienne cité de Troie

    Vestiges de la cité de Troie. By myhsu

     

    En 1871, utilisant les textes grecs pour guider ses fouilles et aidé par une centaine d’ouvriers, il commence à dégager la colline d’Hissarlik, sur la côte turque de la mer Égée.


    Il découvre alors les superposées de sept cités, dont la plus ancienne remonte à la fin de l’âge du bronze, vers 2 500 avant notre ère. La seconde est recouverte d’une épaisse couche de cendres.

     

    Le 14 juin 1873, il met au jour près de 8 700 coupes, anneaux, bracelets d’or et pierreries. Il l’appelle le trésor de Priam, du nom du roi de Troie que met en scène l’Iliade. En réalité, la couche dans laquelle le trésor est enfoui correspond à une époque antérieure de près d’un millénaire à celle de Priam.

     

    Cette découverte a cependant montré de manière convaincante qu’une ville a effectivement existé sur le site de Troie.

     

    Ruines de la cité de Troie

    Vestiges de la cité de Troie. By myhsu

     

    Les archéologues ont baptisé la petite bourgade découverte du nom de Troie VII d'après l'ordre des couches archéologiques. Les vestiges la montrent si petite et si pauvre que l’on ne comprend pas pourquoi les Grecs auraient levé une telle armée contre cette ville. Le site date de périodes antérieures à celles supposées de la guerre de Troie.

     

    En 1876, il fouille le site de Mycènes et trouve des trésors qu’il attribue aux Atrides. Donc, à l’inverse, la ville du roi Agamemnon était riche.

     

    Masque d'Agamemnon

    Masque dit "d'Agamemnon". XVIe siècle avant notre ère. Musée archéologique d'Athènes. By Feuillu

     

    Reste que la présence d’une ville ne prouve pas qu’elle ait été en guerre contre les Grecs.

     

    Depuis, les archéologues ont découvert de hautes murailles tout autour de la cité qui suggèrent l’existence d’une société militaire. Mais, il n’y a aucun indice qu’une armée n’ait jamais campé à l’extérieur.


    Pourtant, Homère évoque des forces assiégeantes de près de 110 000 hommes. Mais, les historiens sont persuadés que, s’il y a eu une guerre, elle n’a pas pu durer 10 ans, comme l’affirme l’Iliade.

     

    Vestiges de la cité de Troie

    Vestiges de la cité de Troie. By Britrob

     

    Il s’agirait là des exagérations propres au genre épique, car, à cette époque, les armées comptaient tout au plus quelques milliers d’hommes, et les campagnes ne se prolongeaient pas au-delà de quelques mois.

     

     

    Et le cheval de Troie ?

     

    Il nous reste donc la célèbre légende du cheval de Troie, animal de bois gigantesque à l’intérieur duquel les Grecs s’étaient glissés et grâce auquel ils parvinrent à pénétrer dans la cité.

     

    Croyant qu’il s’agissait d’un don des dieux, les Troyens le firent entrer dans leurs murs.

     

    Reconstitution du Cheval de Troie

    Reconstitution du cheval de Troie. By Go Gap

     

    On n’a trouvé aucun vestige d’un tel engin lors des fouilles, et rien ne prouve que cette histoire se fonde sur un épisode réel.


    Elle peut toutefois s’inspirer de machines de siège monumentales, dont l’usage à l’époque de la guerre de Troie n’est pas exclu.

     

    Le rôle d’Hélène, la belle princesse grecque dont l’enlèvement par le prince troyen Pâris provoqua la guerre de Troie, est lui aussi sujet à caution.

     

    Cheval de Troie. Peinture de Tiepolo

    Le cheval de Troie, détail d'une peinture de Giambattista Tiepolo

     

    Selon Homère, sa beauté a suffi pour que des milliers de navires se lancent à sa recherche, mais aucun document historique de l’Antiquité ne mentionne son nom.

     

     

    Mythe ou réalité ?

     

    Les défenseurs du texte d’Homère estiment que la trame générale est exacte, même si certains évènements, recueillis par le poète au terme de plusieurs siècles de transmission orale, peuvent avoir été transformés.

     

    Les conteurs auraient progressivement modifié l’histoire, en l’adaptant aux thèmes et aux héros traditionnels qu’ils avaient à leur répertoire.

     

    Vestiges de l'amphithéatre de Troie

    Vestiges de l'amphithéatre de Troie. By Britrob

     

    Nous ne pouvons trancher avec certitude. Les découvertes archéologiques n’ont pas permis à ce jour, de confirmer ou d’infirmer, cette épopée.

     

    Il est fort probable que la cité de Troie ait bien existé. Il est également probable qu’une guerre ait eu lieu. Cependant, la bataille a certainement été largement embellie tant dans sa durée que dans les méthodes employées.


    La ruse du cheval de Troie a été très probablement inventée de toutes pièces par les Grecs.
    L’archéologie et les textes confirment l’existence d’un monde dirigé par des princes belliqueux.

     

    Cheval de Troie

    Cheval de Troie. By ccarlstead

     

    Si puissante et guerrière que soit la civilisation mycénienne, elle n’en sera pas moins détruite à son tour.


    Vers 1 200 avant notre ère, elle disparaît brusquement, peut-être sous le coup de nouveaux envahisseurs ou de révoltes intérieures.


    La Grèce a alors été plongée dans trois siècles d’obscurité.

     

    Il n’en reste pas moins, que vraie ou non, nous continuerons, comme les Grecs, d’être fascinés par l’un des plus fascinants récits de tous les temps. En effet, ce sont les Achéens qui ont transmis à la Grèce l’héritage crétois. Leur souvenir est demeuré dans les poèmes homériques et s’est transmis jusqu’à nos jours.

     

    V.Battaglia (8.11.2005)

     

     

     

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