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    Mystérieux aluminium

    L’aluminium est un métal de faible densité, résistant et inaltérable. C’est le métal le plus employé aujourd’hui, après le fer. On ne le trouve pas à l’état pur dans la nature.
    En effet, dans la nature, on le trouve sous forme d’oxyde. Officiellement, l’aluminium n’a été isolé qu’en 1852 et sa fabrication industrielle n’a commencé qu’en 1886 (métallurgie par électrolyse).
    Le procédé industriel est très complexe. Très schématiquement, la métallurgie de l’aluminium est fondée sur la réduction électrolytique de l’alumine obtenue à partir de la bauxite.

     

    De l’aluminium sous l’empereur Tibère

    On dit qu'un jour, au Ier, siècle de notre ère, un obscur artisan offrit une timbale à l'empereur romain Tibère (14-37 de notre ère). Si la beauté de l'objet n'avait rien de remarquable, ses propriétés étaient réellement extraordinaires.
    Le gobelet paraissait d'argent, mais il était léger et extrêmement résistant : lorsque l'artisan le jeta sur les dalles du sol, il ne se brisa pas. Il se bossela, tout comme du bronze, et un léger martelage suffit à le redresser. L'empereur n'en croyait pas ses yeux.
    L'histoire de cet orfèvre et de son étonnant cadeau fut rapportée quelques années après la mort de Tibère en 37 par Pétrone et le naturaliste Pline l'Ancien.

    Tandis que, selon le premier, la timbale était faite « d'une sorte de verre incassable », pour le second, elle était constituée « d'un mélange vitreux très malléable ».

    Alors de quoi était-elle faite ? Pétrone et Pline semblent eux-mêmes assez perplexes. D'après les conclusions auxquelles ont été amenés les spécialistes, fondées sur les allégations des deux auteurs romains, la timbale aurait été en aluminium. Ce métal a en effet l'apparence de l'argent, mais il est plus léger. Relativement malléable, il se travaille facilement. En outre, l'artisan déclara à Tibère que le métal en question était tiré de l'argile - ce qui est justement le cas de l'aluminium.

    Tibere

    Tibère. By thisisbossi

    Si la timbale était en aluminium, l'orfèvre était en avance de plusieurs siècles sur son temps. Bien que composé de substances courantes, l'aluminium métallique est fabriqué à partir de procédés électriques et chimiques d'une grande complexité, sans aucun rapport avec les méthodes de fabrication utilisées il y a 2 000 ans.

    Malheureusement, l'empereur veilla à ce que le mystère de la timbale ne fût jamais éclairci. Craignant que ce nouveau métal n'entraînât une dévalorisation de l'or et de l'argent, Tibère usa de grands moyens pour préserver le secret : il fit décapiter le généreux donateur, abandonnant aux divinités la clé de l'énigme.

    De l’aluminium au IIIe siècle en Chine

    L'orfèvre qui fabriqua à l'intention de Tibère une mystérieuse timbale eut peut-être tort de croire que seuls les dieux partageaient son secret.
    En 1956, des archéologues travaillant sur un site funéraire du IIIe siècle, dans la province chinoise de Jiangsu, exhumèrent une vingtaine d'ornements de ceintures : certains étaient composés de 85 % d'aluminium, allié à du manganèse et à du cuivre. L'alliage se révéla d'une pureté exceptionnelle.

    Aluminium

    Aujourd'hui, l'aluminium est entré dans notre vie quotidienne. By Esparta (Site de l'auteur)

    Pour certains spécialistes, cet alliage serait le fruit du hasard, né d'un incident survenu au cours du processus de fonte. Pour d'autres, cependant, les Chinois pourraient avoir découvert un procédé spécial de raffinage de l'aluminium ne nécessitant pas la formidable énergie engloutie par les fonderies modernes.

    V.Battaglia (12.10.2006

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    Mesa Verde . Chaco Canyon

    La culture Anasazi

    Le parc national de Mesa Verde, dans le Colorado, aux Etats-Unis, a abrité pendant des siècles les Indiens Anasazi.
    On ignore le nom qu’ils portaient à l’origine mais dans la langue des Navajos ou Navahos, on les appelle Anasazis.
    Dans cette région, on a retrouvé de nombreux vestiges de ce peuple, notamment une fabuleuse cité de pierres nichée dans le creux d’une falaise.
    Les Anasazis sont cependant très méconnus et nous ne savons pratiquement rien de ceux qui ont édifié ces pueblos.
    A Chaco Canyon, au Nouveau-Mexique, des peintures et des pétroglyphes semblent démontrer que le peuple Anasazi était de bons astronomes.

     

    Mesa Verde : des palais de pierre

    C’est en 1888 que trois éleveurs partis à la recherche de bêtes qui s’étaient échappées découvrirent Sun Point et plusieurs habitations.
    La découverte de Cliff Palace, cette cité en pierres, date de cette époque.

    Les recherches se poursuivirent grâce à un jeune explorateur suédois, Gustav Nordenskjöld, qui souhaita réaliser une véritable étude archéologique.

    Mesa verde

    Vue panoramique de Cliff Palace. © dinosoria

    Il explora les deux collines appelées Wetherill Mesa et Chapin Mesa. En 1906, Mesa Verde « Table verte », reçut le statut de parc national.
    A partir de cette date, les fouilles archéologiques s’intensifièrent.

    En 1959, le professeur J.S Newberry entreprit une expédition pour le compte de l’armée américaine.

    Mesa verde

    La Spruce Tree House doit son nom au grand pin de Douglas planté devant elle. Construite entre 1200 et 1276, elle comprend 140 pièces et 9 kivas ou lieux de culte

    Il fallut encore attendre 15 ans pour qu’un photographe de l’U.S Geological Survey découvre le premier abri troglodytique dissimulé derrière le vaste plateau.

    Dès lors cette région suscita la curiosité. On y découvrit de nombreux vestiges de ceux qu’on baptisa Anasazi, mot qui signifie dans la langue navajo « les anciens ».

    Mesa Verde

    Le Cliff Palace. Les premiers Indiens Pueblos bâtirent ces villages troglodytes complexes (cliff-dwellings) entre le XIe et le XIIIe siècle. © dinosoria

    Cliff Palace est une structure en briques d’argile et de boue, qui compte plus de 200 pièces. On y dénombre 23 lieux de culte ou kivas, des chambres et des magasins pour stocker les récoltes.

    Selon les archéologues, Cliff Palace, construit vers la fin du XIIe siècle, pouvait abriter environ 250 personnes.

    Mesa Verde. Cliff Palace

    Cliff Palace. © dinosoria

    A Mesa Verde, on a identifié environ 3 900 sites dont plus de 600 habitations troglodytiques.

    La culture Anasazi

    Pendant de nombreux siècles, les Indiens Anasazi ont vécu sur les plateaux du sud de l’Utah et du Colorado et sur ceux de l’Arizona et du Nouveau-Mexique.

    Petroglyphes Anasazi

    Pétroglyphes Anasazi. By John Harwood . (CC BY-SA 3.0)

    L’histoire du peuplement de Mesa Verde dans les premiers siècles de notre ère reste encore très mystérieuse.
    Au stade actuel de nos connaissances, on dénombre quatre périodes successives d’occupation du site :

    • Environ 450 à 700 de notre ère : période Basket Maker III, l'agriculture se généralise (maïs, courges), associée à la chasse et à la cueillette ; outillage lithique, travail de l'os ; développement de la céramique et de la vannerie ; maisons-fosses avec foyers centraux.
      (Certains ouvrages avancent les dates de 200 avant notre ère à 700 de notre ère)
    • Entre 700 et 900 : période Pueblo I : apparition de villages de maisons rectangulaires aux murs de pierre ; kivas cérémonielles
    • Entre 900 et 1100 : période Pueblo II
    • Entre 1100 et 1300 : période Pueblo III qui correspond à la construction de grands complexes architecturaux comme Mesa Verde et également au travail de l'argent et de la turquoise

    Vivant de l’élevage et de la chasse, les premiers habitants de ces lieux se sédentarisèrent pour pratiquer l’agriculture. Ils maîtrisaient déjà la céramique et fabriquaient des vanneries d’où le nom de Basket Makers « fabricants de paniers ».

    Mesa Verde. Culture Anasazi

    Pétroglyphes Anasazi. By Caitlyn Willows . Licence

    Appelées « jacal », leurs maisons primitives étaient de simples puits étayés par des poteaux en bois. Rapidement, ils formèrent de petits villages, d'abord situés au pied des éperons rocheux, puis en hauteur, sur les « mesas ».

    Vers 500 de notre ère, ils fabriquaient des céramiques, des arcs et des flèches et se mirent à élever des dindes.

    Mesa Verde. Structure Anasazi

    Une des 5 grandes kivas sur le site de Far View House que les Anasazis fondèrent à partir du XIIe siècle. By jennlynndesign . (CC BY-SA 3.0)

    A partir de la phase Pueblo II, le peuple Anasazi a changé ses habitudes en matière d’habitation. Ils commencèrent à construire de véritables habitations à la surface du plateau.

    Les maisons se transformèrent en villages que les Espagnols appelleront « pueblos ».
    Au fil des siècles, les villages se transformèrent en villes et vers 1100, le plateau du Colorado connut une croissance démographique.

    Mesa Verde

    Pueblos de Mesa Verde. © dinosoria

    Les kivas étaient de vastes structures souterraines de plan circulaire réservées aux cérémonies et au culte.
    Dans de nombreux cas, les kivas étaient reliées à des structures analogues à des donjons dont la fonction n’est pas vraiment connue.

    On a également retrouvé un complexe monumental entouré d’un double mur d’enceinte, peut-être un temple, baptisé le « Temple du Soleil ».

    On pense que les Anasazis ont construit ces troglodytes pour se protéger. La difficulté d’accès empêchait tout intrus de les attaquer.

    Mesa Verde

    Kivas de Mesa Verde. By Caitlyn Willows . (CC BY-SA 3.0)

    A partir de 1300 de notre ère, les Anasazis abandonnèrent les lieux. Cet abandon est-il dû à la sécheresse et donc la disette ?

    Plus récemment, les autorités locales ont décidé de substituer au terme Anasazi, une appellation plus générale « les anciens habitants du pueblo ».
    Actuellement, plus de 23 tribus, en plus des Navajos, peuvent prétendre être les descendantes de ceux qui ont édifié les constructions de Mesa Verde.
    Ces tribus ont toutes des ancêtres qui ont habité des pueblos semblables dans le Nouveau-Mexique. Cependant, aucun autre édifice n’a égalé la splendeur de Mesa Verde.

    Chaco Canyon: Le mystère Anasazi

    Les plateaux rocheux aux tons ocrés semblent indiquer que les Anasazis s’intéressaient à l’astronomie. D’après certains archéostronomes, ces roches présenteraient un certain nombre de signes tendant à prouver que ce peuple possédait des connaissances développées en astronomie.

    Chaco Canyon

    Chaco Canyon. © dinosoria

    Sur une saillie, à quelques mètres d’une butte très élevée du Chaco Canyon au Nouveau-Mexique, trois imposants blocs de grès déterminaient une fente à travers laquelle le soleil dardait ses rayons, qui atteignaient deux spirales gravées à même la roche.

    Pendant peut-être 1000 ans, ces rayons de soleil indiquaient précisément les solstices d’été et d’hiver, les équinoxes de mars et de septembre ainsi que les jours de l’année où le jour et la nuit ont la même durée.
    Les spécialistes pensent que cet étrange phénomène, auquel on a donné le nom de Dague Solaire, est un calendrier anasazi.

    La mort d’une étoile

    Les rochers du Chaco Canyon semblent indiquer que les Anasazis assistèrent à la mort d’une étoile. En effet, une falaise comporte un rocher qui est orné de trois peintures : un croissant, un disque nimbé de rayons et une main.

    Juste en dessous, un point entouré de deux cercles représente le Soleil.

    Anasazi. Chaco Canyon

    Hansen Planetarium, Salt Lake City. © G. Rownon

    Découverts en 1972, ces symboles apparaissent en d’autres endroits des territoires indiens. Ils illustrent une conjonction astrale occasionnelle : le rapprochement de Vénus et de la Lune.
    Cependant, certains astronomes pensent que ces peintures commémorent un phénomène céleste. Le disque nimbé de rayons pourrait représenter l’explosion d’une étoile.

    Les symboles du Chaco Canyon datent de l’époque où des astronomes chinois enregistraient sur leurs cartes l’apparition d’une étoile, résultant vraisemblablement de l’explosion d’une supernova.
    Cette étoile hôte est apparue le 5 juillet 1054. Le rémanent de cette étoile forme la nébuleuse du Crabe, dans la constellation du Taureau.
    Les pictogrammes anasazis dépeignent-ils cette explosion cataclysmique ?

    Mesa Verde

    Mesa Verde. By John Harwood . (CC BY-SA 3.0)

    En 1979, un astronome de la NASA a reconstitué la voûte céleste de cette nuit de juillet 1054. Cette nuit-là, la Lune, croissant inversé, se trouvait à deux degrés à peine de la nébuleuse du Crabe.

    Des routes sans issue

    Les routes des Indiens anasazis du Nouveau-Mexique sont loin d’être de simples sentiers. Elles constituaient un réseau de 800 km de chaussées très bien conçues.

    Aujourd’hui, ces routes ont presque totalement disparu. Certaines ont 10 m de large et traversaient le désert, tout droit, quelle que soit la configuration du terrain.

    Les Anasazis ne reculèrent devant rien pour tracer des artères rectilignes, n’hésitant pas à creuser la falaise ou à construire des rampes.

    La plupart de ces routes reliaient Chaco Canyon aux communautés. Mais, le plus mystérieux c’est que certaines routes débouchent en pleine nature. A certains endroits, il y a non pas une mais deux routes strictement parallèles.
    La route dite du Grand Nord aboutit sur une butte. Elle ne mène nulle part et par endroits, est jonchée de débris de poterie.

    Pourquoi se donner autant de mal pour construire une route sans issue ? De nombreuses légendes anasazis mentionnent des pèlerinages rituels vers des montagnes sacrées.
    Ces longues routes rectilignes menaient peut-être à des sipapu, orifices à partir desquels il était possible de communiquer avec l’au-delà.
    Peut-être que ces magnifiques chaussées servaient exclusivement à relier Chaco Canyon à quelque monde invisible.

    V.Battaglia (23.05.2006

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    Lascaux

     

    Le réveil de la chevauchée fantastique

     

     

    Depuis sa découverte, la grotte de Lascaux a pris place parmi les plus anciens et plus admirables chefs-d'oeuvre de l'humanité.

    C'est le jeudi 12 septembre 1940, après 17.000 ans de sommeil, qu'elle a retrouvé la lumière grâce à la curiosité d'un chien.

    Ce jour-là, près du village de Montignac, au-dessus de la Vézère, au coeur du Périgord noir, quatre garçons de 13 ans poursuivent leur chien dans une faille de rocher. Ils débouchent dans une grotte et découvrent à la lueur d'une lampe de fortune la chevauchée fantastique de taureaux et chevaux multimillénaires.

    Prévenu, leur instituteur Léon Laval alerte à son tour très vite le «Pape de la Préhistoire», l'abbé Henri Breuil. Celui-ci se rend rapidement sur le site, appelé Lascaux, et au terme de patients relevés, à la lueur d'une bougie, il identifie des peintures rupestres vieilles de 18.000 ans. Le site est classé monument historique dès le 27 décembre suivant.

    Lascaux est sans doute le plus grand ensemble pictural préhistorique connu à ce jour. Ce n'est pas, et de loin, le plus ancien...

    Isabelle Grégor

     

    Plus vrai que nature

    Les peintures de Lascaux ayant été altérées par l'afflux de visiteurs, le site a été fermé au public en 1963. En guise de compensation, on lança la création d'un fac-similé de la grotte à proximité de celle-ci.

    Le projet, sous l'égide du préhistorien André Leroi-Gourhan, a été confié au peintre Monique Peytral et au sculpteur Pierre Weber, qui avaient déjà réalisé des peintures volumiques. Pour la reconstitution au plus juste de la grotte, ils ont utilisé le relevé de stéréophotogrammétrie réalisé par l'Institut Géographique National. 

    Lascaux II a pu être ouvert au public en août 1983, avec 200 mètres de galeries sur 17 mètres de haut  qui représentent 90% des peintures originelles (la rotonde des taureaux et le diverticule axial).

    D'une beauté saisissante, cette reconstitution nous offre une vision tridimensionnelle de l'ensemble pictural, ce qu'aucune photographie ni même la visite de la grotte véritable avec une simple lampe ne peuvent nous apporter.

    L'art pariétal paléolithique

    Bien avant Lascaux, d'autres découvertes ont révélé la richesse de l'art pariétal de l'homme de Cro-Magnon, notre ancêtre. La première remonte à 1879, à Altamira, près de Santander (nord-ouest de l'Espagne).

    L'art pariétal européen s'est développé dans des grottes généralement très difficiles d'accès pendant plus de 20.000 ans, essentiellement aux époques glaciaires ! Notons que ces grottes inhospitalières n'ont jamais servi d'habitat aux hommes, qui leur préféraient les abris sous roche ou les huttes. Tout au plus accueillaient-elles des ours des cavernes pendant la période d'hibernation.

    L'art pariétal a débuté vers 32.000 BP, à l'époque de l'Aurignacien, du nom d'une localité du Comminges (Pyrénées françaises), et décliné à la fin du Paléolithique, vers 8.000 avant JC.

    De la première époque témoigne la grotte Chauvet, à une demi-heure de marche de Vallon-Pont-d'Arc (Ardèche). Elle a été découverte en 1994 par Henri Chauvet et étudiée de fond en comble par Jean Clottes. Les figures animales de cette grotte, d'une grande beauté stylistique, montrent que cet art a atteint dès ses débuts un très haut niveau de raffinement artistique.

    Très ancienne également, la grotte Cosquer, aujourd'hui sous les eaux, dans une calanque proche de Marseille, a été révélée en 1991 par son découvreur Henri Cosquer. Ses peintures (mains et animaux) ont été réalisées entre 27.000 et 19000 BP.

    Dans la grotte d'Altamira, on retrouve des représentations animales presque aussi anciennes que celles de Lascaux. Les peintures d'Altamira ont été datées au carbone 14 du Magdalénien inférieur, autrement dit d'environ 15.000 BP (15.000 ans Before Present).

    Le Madgalénien, duquel relèvent les peintures de Lascaux, est une époque du Paléolithique qui s'est étendue entre 17.000 et 11.500 BP et doit son nom à l'abri de la Madeleine (Tursac, Dordogne). Au début du XXe siècle, on a découvert bien d'autres sites magdaléniens, par exemple en Ariège (Pyrénées françaises) les grottes de Niaux, des Trois-Frères et du Mas-d'Azil.

    Sachant que l'homme de Cro-Magnon est présent en Europe depuis 45.000 BP, il n'est pas exclu que l'on découvre des grottes encore plus anciennes. Il n'est pas exclu non plus que l'on en découvre hors du continent européen...

    Lascaux, chef d'oeuvre de la Préhistoire

    Depuis plus de 60 ans, scientifiques, amateurs d'art et grand public se pressent aux portes de Lascaux pour tenter d'en approcher les mystères. Le site n'a cessé de fasciner, tant par sa qualité artistique que par les questions qu'il pose sur l'évolution de l'Homme.

    On peut retrouver une très belle description de la grotte de Lascaux sur le site du ministère français de la Culture.

    Lascaux, la Rotonde des taureaux (photo du ministère français de la culture, DR)

    Qualifiée de «Sixtine de la préhistoire», en référence au chef-d'oeuvre de Michel-Ange, elle émerveille par l'harmonie de ses couleurs et le mouvement donné aux représentations : dès la première salle dite «Rotonde des Taureaux», une ronde d'aurochs et de chevaux, menée par une sorte de licorne, environne le visiteur.

    Dans différentes «salles» qui s'étirent sur 250 mètres de galeries et un dénivelé de 30 mètres, ce sont plus de mille figures que des artistes anonymes ont alignées ou superposées en s'inspirant de chaque irrégularité de la roche, à l'aide de lampes et d'échafaudages.

    Pour les couleurs (noir, ocre, rouge), ils ont utilisé des oxydes de manganèse et de fer, broyés et mélangés à de la graisse animale, puis appliqués au doigt, à la sarbacane ou au crachis ! Ils ont ainsi fait preuve d'un savoir-faire et d'une ambition qui nous obligent à nous poser des questions sur l'objectif d'une telle entreprise.

    En suivant le «Passage», on accède à la «Nef» ou «Rotonde des Taureaux», où se croisent bouquetins, cerfs et bisons. Nous voici dans le «Diverticule axial» ou «Diverticule des Félins», où domine la gravure. En revenant sur ses pas, on peut rejoindre l'«Abside» aux centaines de gravures, en majorité chevaux et aurochs. Enfin, après quelques mètres de descente, on atteint le «Puits» pour découvrir la fameuse représentation d'un chasseur qui semble succomber à l'attaque d'un bison. C'est, soulignons-le, la seule représentation humaine que compte Lascaux.

    Pourquoi Lascaux nous est indispensable

    La théorie de «l'art pour l'art», du plaisir de peindre uniquement pour «faire joli» a été écartée par les scientifiques. Aurait-on choisi pour cela des lieux aussi inhospitaliers que ces cavernes sombres, dangereuses et humides ? Les scientifiques préfèrent évoquer un but rituel, peut-être lié à la chasse... Mais il est à noter que les animaux représentés sur les parois ne sont pas de ceux que consommait Cro-Magnon. Le seul gros gibier que consommait celui-ci était le renne, qui est absent de la grotte.

    Selon une autre hypothèse, les peintures seraient le reflet de pratiques chamanistes, c'est-à-dire permettant à des «prêtres» d'entrer en contact avec les esprits sous forme d'hallucinations, reproduites ensuite sur les parois. Représentation d'une pensée symbolique, support du mythe de la fécondité ou lieu caché d'opérations magiques ? Lascaux a réussi jusque-là à préserver ses secrets.

    Mais si cette caverne continue à nous passionner aujourd'hui, c'est aussi parce qu'elle reste le symbole de la naissance de l'art dans le monde. Avec cette découverte, on réalise que les âges préhistoriques avaient eux aussi leurs artistes, capables d'imaginer des œuvres qui répondent à un idéal de perfection et d'harmonie.

    Dans le cheminement qui a conduit à la formation de l'homme moderne, Lascaux représente ainsi une des étapes les plus importantes : l'apparition du sens artistique. C'est pourquoi, au-delà de sa beauté et du témoignage qu'elle apporte sur nos ancêtres, elle est aussi le symbole de l'évolution de l'humanité.

    Chef-d'oeuvre en péril ?

    Classée Monument historique dès 1940, la grotte de Lascaux a fait partie en 1978, avec l'ensemble de la vallée de la Vézère, des premiers sites inscrits sur la liste du Patrimoine mondial établie par l'UNESCO.

    Mais elle en est aussi un des plus fragiles : l'aménagement de l'entrée de la grotte, après la guerre, a permis aux visites de se multiplier (jusqu'à 1.800 personnes par jour !) mais avec un excès de gaz carbonique dangereux pour les peintures : «maladie blanche» (formation de calcite sur les peintures) et «maladie verte» (apparition de microorganismes).

    En conséquence, en 1963, le ministre des Affaires culturelles André Malraux a fermé le site au public...

    Cette précaution n'a pas suffi cependant à sauver la grotte. L'installation en 1999-2000 d'une trop puissante machine de conditionnement d'air a détruit son équilibre climatique et biologique. Les traitements qui ont suivi n'ont rien arrangé. Des moisissures, sous forme de taches noires, sont venues dégrader les peintures, au point que l'UNESCO a envisagé de déclarer le site «chef-d'œuvre en péril»

     

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    Pierres d'Ica. Figurines d'Acambaro

    En 1976, Robert Charroux a publié un livre « L’énigme des Andes » dans lequel il retrace notamment sa rencontre avec le Dr Cabrera et les pierres d’Ica. Ces pierres gravées constituent selon ses propres termes une véritable « bibliothèque préhistorique ». Combats entre hommes et dinosaures ou interventions chirurgicales nous sont comptés.

    En 1945, W. Julsrud découvre à Acambaro, au Mexique, 32 000 poteries et figurines intactes qui, elles aussi, relatent des scènes de cohabitation entre hommes et dinosaures.

    Pierre Tréand, archéologue reconnu, découvre en 1986 au cours de fouilles à Serre-de-Brigoule (sud de la Drôme en France) des silex qui portent les traces d’une intervention humaine. Le sédiment, daté du Burdigalien donc de l’ère tertiaire, a été authentifié. Là encore, des représentations de dinosaures apparaissent.

    Étant pragmatique, j’ai abordé avec prudence, mais sans à priori les découvertes énumérées ci-dessus.

    Il ne s’agit pas dans ce dossier de retracer chaque découverte dans leurs détails. Des liens sont fournis pour ceux qui souhaitent connaître chaque étape.

    Mon objectif est d’analyser les faits et d’essayer de fournir des réponses qui ne relèvent pas de la pure fantaisie.

     

    Les pierres d’Ica

    Il ne s’agit pas de quelques pierres, mais de milliers de pierres gravées. Une grande partie de ces pierres est visible au Musée privé du Dr Cabrera, mais également au Musée régional d’Ica.
    Au premier abord, ces pierres peuvent être comparées à une gigantesque bande dessinée. Cette dernière retrace la vie d’animaux disparus bien avant l’apparition de l’homme comme les dinosaures.
    Elles ressuscitent également en images une civilisation qui possédait de toute évidence de grandes connaissances en médecine, en astronomie ou en géographie.

    Le Dr Cabrera a rassemblé une incroyable collection de galets arrondis, de pierres plates et de blocs rocheux d’andésite. Certaines pierres pèsent 200 kg.
    Il est à noter que le Docteur Javier Cabrera Darquea était chirurgien, Professeur à l’Université d’Ica et une personnalité de l’élite scientifique du Pérou.
    Il a attendu une partie de sa vie que la communauté scientifique vienne analyser sa découverte. Attente vaine d’ailleurs.

    Sur ces pierres, on peut lire une histoire qui se déroulait il y a plusieurs millions d’années. Des animaux parfaitement dessinés apparaissent : dinosaures et ptérosaures par exemple. On peut également y voir des hommes qui chassent des dinosaures.

    Il est impossible de décrire toutes les scènes tant les pierres sont nombreuses. Les plus significatives représentent :

    Des hommes qui utilisent une loupe

    Pierre d'Ica

    Pierre d'Ica. Un homme qui utilise une loupe. Zoom image

    Des astronomes qui observent le ciel avec un télescope

    Pierre d'Ica. Astronome

    Astronome. Zoom image

    Des chirurgiens qui pratiquent une césarienne sous anesthésie, mais également une greffe du cœur qui semble avoir réussi (l'ensemble de l'opération est décrit sur une vingtaine de pierres)

    Pierre d'Ica. Operation chirurgicale

    Zoom image (fin de la transplantation cardiaque; le médecin coud la paroi abdominale)

    Des cartes de la Terre telle qu'elle était il y a 13 millions d'années

    Pierre d'Ica. Carte de la Terre

    Zoom image

    Officiellement, il s’agit de faux. Ce rejet en bloc a été effectué sans la moindre étude sérieuse sur le terrain.

    S’il s’agissait de quelques pierres, je serais la première à approuver cette affirmation. Mais, nous parlons de milliers de pierres trouvées dans une région habitée par des paysans péruviens.

    Je ne vois pas comment ces villageois auraient pu retranscrire avec autant de précision des animaux préhistoriques et encore moins des opérations chirurgicales.

    Je ne pense pas que la paléontologie soit enseignée dans ces régions agricoles. Et d’ailleurs, je ne vois pas dans quel but ces gens l’auraient fait. Il faudrait des dizaines d’années pour mettre en œuvre un tel travail.

    En étudiant à la loupe une image qui représente un dinosaure attaqué par des hommes, j’ai eu une révélation. Ce détail me fait dire, aujourd’hui, que ces pierres sont bien authentiques.

    Le titanosaure d’Ica

    Dans son livre, P.Charroux, parle du combat d’hommes avec un brachiosaure ou un sauropelta. Il se trompait.
    En examinant la photo, j’ai effectivement reconnu un sauropode, mais pas n’importe quel sauropode : il s’agit sans aucun doute d’un titanosaure.

    Pierre d'Ica. Dinosaure

    Dinosaure sauropode. Zoom image

    Quand le livre a été publié, les paléontologues venaient à peine de découvrir quelques fossiles fragmentaires de ce groupe totalement inconnu jusqu’alors. Saltasaurus a été découvert en 1970.

    Très schématiquement, les titanosauridés avaient une structure similaire à celle d’un diplodocus, mais avec un cou plus court et un crâne haut perché.
    Mais, surtout, ce sont les seuls sauropodes à posséder une cuirasse osseuse.

    Fragments de la cuirasse osseuse de Saltasaurus

    Fragments de la cuirasse osseuse de Saltasaurus

    Des dinosaures titanosauridés possédaient une armure à plaques. Comme vous pouvez le voir sur la photo, la structure de la tête, du cou et de la queue est bien celle d’un sauropode. Mais, l’animal porte sur le dos des plaques osseuses.

    Fait surprenant, beaucoup de titanosauridés vivaient en Amérique du Sud. D’après les fossiles, ils étaient les dinosaures herbivores dominants de ce continent de la fin du Crétacé.

    Crâne de titanosaure

    Crâne de titanosaure

    Il est à noter que les paléontologues ont cru pendant longtemps que tous les sauropodes n’avaient pas d’armures. Par exemple, les huit fragments d’une cuirasse osseuse trouvés près d’un squelette de Saltasaurus avaient d’abord été attribués à un ankylosaure. C’est d’ailleurs pour cette raison que R.Charroux fait référence au sauropelta. Mais, l’animal représenté n’a rien d’un ankylosauridé.

    Ce n’est qu’en 1996 que Ruben Martinez a trouvé un crâne complet de titanosaure. Il est très proche dans sa forme de celui des diplodocidés ou brachiosauridés.

    Quand un faussaire s’amuse à monter un canular, il s‘arrange en principe pour que ce soit cohérent. Un petit plaisantin n’aurait pas dessiné un dinosaure totalement inconnu, mais plutôt un dinosaure officiellement reconnu.
    Si cette représentation a semblé impossible à l’époque, c’est simplement parce que nous n’avions pas encore connaissance de ce groupe spécifique de sauropodes.

    D’autres dinosaures impossibles

    À 30 km de Bakou, en Azerbaïdjan, se dresse un rocher taillé en forme de dinosaure. Les géologues ont exclu l’hypothèse de l’érosion naturelle et pensent qu’il s’agit d’une œuvre humaine remontant à environ 10 000 ans avant notre ère.

    Des dessins rupestres de dinosaures ont été trouvés sur des roches de la vallée de l’Amazone en Amérique.

    Le 9 février 1856, The Illustred London News, a rapporté une étrange découverte faite en France : » En creusant un tunnel de chemin de fer entre St-Dizier et Nancy, on a trouvé une chauve-souris géante de 3,22 m d’envergure. L’animal était noir, il poussa des cris et mourut. Un savant local l’identifia comme un ptérodactyle préhistorique.

    Les roches où l’animal fut découvert dateraient de plus d’un million d’années. Un creux dans la roche correspondait exactement au corps de l’animal. En 1964, une hypothèse fut formulée : « il s’agirait peut-être d’un cas d’hibernation d’un animal se nourrissant de l’eau-mère des roches ».

    Pierre Tréand découvre en 1986 au cours de fouilles à Serre-de-Brigoule (sud de la Drôme en France) des silex qui portent les traces d’une intervention humaine. Voir Les Dinosaures de l'impossible

    Les figurines d’Acambaro

    Ces figurines, découvertes en 1945, au Mexique, représentent des dinosaures, des reptiles, des serpents, des chameaux et des personnages.

    figurines d’Acambaro

    Une femme face à un reptile

    Toutes les céramiques ont été découvertes sur une aire d’environ ½ hectare dans le mont du Toro.

    figurine d’Acambaro

    Un étrange reptile qui semble étouffer un homme

    Comme d’habitude, les préhistoriens ont affirmé que cette affaire n’était qu’une fraude. Manque de chance pour eux, en 1972, trois figurines ont été analysées par la méthode de la thermoluminescence dans les laboratoires du Pensylvania Muséum (USA). Les résultats sont les suivants : les figurines datent d’au moins 2 500 ans avant notre ère. Acambaro a ainsi été authentifié.

    figurine d’Acambaro

    Cette figure d'Acambaro ressemble sans aucun doute à un dinosaure sauropode

    Odilon Tinajero et ses deux fils qui ont récolté les 32 000 figurines pour le compte de Julrud savaient tout juste lire et écrire.

    figurine d’Acambaro

    En 1945, on ne savait quasiment rien des dinosaures et de la faune préhistorique. Il est donc absurde de penser que ces gens-là avaient pu sculpter ces figurines.

    Et la roue dans tout ça ?

    Il y a une chose qui frappe quand on regarde les pierres d’Ica ou les figurines d’Acambaro, c’est l’absence de représentation de la roue.
    Pierre Charroux y fait rapidement allusion dans son ouvrage. Il l’explique en avançant l’hypothèse que cette civilisation avancée a pu suivre un autre chemin d’évolution.

    Je ne le rejoins pas sur ce point. En effet, la roue est à la base de toute progression d’une civilisation dite « primitive » vers une civilisation dite « technologique ».
    Sans cette géniale invention, nul moyen de transport ni agriculture moderne.

    Ce qui m’a également intrigué c’est qu’en parallèle de cette absence de représentation de la roue, on peut voir par contre un homme chevauchant un animal dans les airs.

    La logique me fait dire que les artistes qui ont dessiné les scènes n’appartenaient pas à une civilisation technologiquement avancée. S’ils avaient voulu reproduire un avion ou un engin spatial, ils auraient tout simplement dessiné ces engins de manière réaliste.
    S’ils n’ont pas dessiné la roue, c’est probablement parce qu’elle leur était inconnue.

    Partant de ce principe, je pense que ces artistes n’ont fait que reproduire avec des symboles des choses qu’ils ont vues ou qu’on leur a retranscrites oralement sans vraiment les comprendre.

    L’autre scène qui me fait dire que ceux qui ont gravé ces pierres avaient peu de connaissances est la retranscription de l’opération de la greffe du cœur.

    Pierre d'Ica. Opération à coeur ouvert

    Zoom image (Pierre d'Ica. Extraction du coeur)

    Nous avons en effet d’un côté une opération chirurgicale à cœur ouvert reproduite dans ses moindres détails, mais de l’autre un homme qui extrait des serpents du cerveau d’un patient.

    Pierre d'Ica. Des serpents sont extraits de la tête d'un patient

    Pierre d'Ica. Des serpents sont extraits de la tête d'un patient. Zoom Image

    Cette scène est typique des superstitions liées aux maladies inconnues.

    Quelques pistes

    Les géologues ont apporté la preuve qu’un ou plusieurs grands cataclysmes planétaires se sont produits dans le passé.
    Le mythe du Déluge n’est aujourd’hui plus un mythe sauf pour les scientifiques les plus bornés.

    Nous avons retrouvé à travers le monde entier des objets qui n’auraient jamais dû exister : mécanisme d’anticythère, modèles réduits d’avions, accumulateurs à piles sèches, cartes anciennes reproduisant le monde bien avant la dernière glaciation…
    Sans parler des nombreux vestiges archéologiques dont la construction reste une énigme et dont certains, comme le Sphinx de Gizeh, sont datés à une époque où l’homme dit "civilisé" n’était pas censé exister.

    Alors, que doit-on en conclure ? Certaines civilisations anciennes étaient-elles technologiquement plus avancées qu'on ne le croit ?

    Ou manque-t-il un élément fondamental dans ce puzzle qui nous permettrait de comprendre ces incohérences ?

    Les indices accumulés sont nombreux et disséminés dans le monde entier. Il faudrait pouvoir rassembler tous les éléments qui viennent en contradiction avec les théories officielles.

    En effet, seule une analyse globale des éléments nous permettra d’établir une théorie cohérente.

    V.Battaglia (04. 2005)

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  • La disparition de l’homme de Neandertal

    Pendant environ 200 000 ans, l'homme de Neandertal (Homo neanderthalensis) a occupé paisiblement toute l'Eurasie. Mais, il y a environ 28 000 ans, il a subitement et mystérieusement disparu.
    Plusieurs théories ont été élaborées pour expliquer cette disparition. L’hypothèse qui était la mieux étayée mettait en cause les trop fortes variations climatiques auxquelles n’aurait pas su s’adapter l’homme de Neandertal.
    Mais, il semble aujourd’hui certain, au vu des dernières découvertes, que la thèse climatique ne s’applique pas pour toutes les zones occupées par les néandertaliens.

    En 2012, Michaël Barton, Université de l'Arizona, a proposé une nouvelle théorie, appuyant la thèse déjà proposée sur une disparition qui serait tout simplement due à un métissage entre les deux espèces.

     

    Les différentes théories sur la disparition d'Homo neanderthalensis

    On perd toute trace des Néandertaliens à partir de 28 000 ans. Les dernières traces ont été découvertes dans la grotte de Gorham située sur le rocher de Gibraltar.
    Il est fort probable cependant que des petites poches de populations ont survécu après cette date, mais nous n’en avons pas la preuve pour le moment.

    Crane homme de Neandertal

    Crâne d'un Homo neanderthalensis provenant de Dordogne. © dinosoria.com

    Il est à souligner que la date exacte de la disparition des néandertaliens reste un sujet controversé. Plusieurs dates ont été proposées. Les chronologies s’appuient en grande partie sur les datations au carbone 14.

    Il faut se rendre à l'évidence : l'espèce s'éteint à peine en quelques milliers d'années, peu de temps après qu'une autre espèce, Homo sapiens, le premier homme moderne et notre ancêtre immédiat, a commencé à peupler l'Europe à son tour. 

    Les deux espèces ont bien coexisté pendant plusieurs dizaines de milliers d'années, notamment sur le territoire de l'actuel Israël, et pendant au moins cinq mille ans en France. D'où l'interrogation des scientifiques.

    Homme de Neandertal

    Reconstitution d'un homme de Neandertal d'après les fossiles. Cleveland Museum of Natural History). By Hairymuseummatt

    L'homme moderne aurait-il contribué à éliminer un rival gênant ?
    La thèse du génocide est contredite par la durée de la cohabitation, d'autant qu'aucune trace de massacre n'a encore été décelée.
    Cette thèse a été définitivement abandonnée par les scientifiques. Il semblerait que les deux espèces se sont plutôt ignorées.

    L’épidémie a également été évoquée. On sait très bien qu’une espèce est toujours fragilisée par une faible démographie.
    Mais, nous ne détenons aucune preuve qui pourrait appuyer cette théorie.

    Squelette d'un Homme de neandertal

    Squelette d'un homme de Neandertal. By Ideonexus

    Par contre, la population totale des néandertaliens n’a jamais été très importante. Les scientifiques estiment qu’elle n’a jamais dépassé les 15 000 individus. C’est un point important qui n’est sûrement pas étranger à leur disparition.

    Un métissage avec Homo sapiens ?

    Aujourd'hui, les anthropologues ont acquis une connaissance plus fine du temps nécessaire pour qu'une mutation génétique s'accomplisse.
    Du point de vue de l'évolution, 10 000 ans ne sont rien. Si, il y a 100 000 ans, est intervenu quelque chose qui a abouti à l'apparition d'un hominidé mieux adapté à la survie que l'homme de Neandertal, cela ne peut être qu'un changement physiologique mineur.

    Illustration de l'homme de Neandertal

    Représentation classique des néandertaliens. By Purevizhun

    Mais, dans le même temps, ce changement aurait eu de tels effets sur la résistance de l'espèce que celle -ci a pu supplanter l'homme de Neandertal.

    Depuis cinquante ans, les spécialistes ont aussi découvert à quel point les barrières peuvent être infranchissables entre les espèces. Nous savons désormais que les êtres vivants ne peuvent pas s'accoupler avec des êtres d'une autre espèce, même très proche, pour donner une descendance qui puisse elle-même se reproduire.

    Neandertal et Cro-Magnon

    Comparatif entre Neandertal et l'homme de Cro-Magon (Homo sapiens). © dinosoria.com

    Cependant, cela ne semble pas non plus s’appliquer à l’homme de Neandertal. En effet, les derniers tests ADN montrent que les néandertaliens étaient très proches d’Homo sapiens.

    Sur le plan génétique, les néandertaliens sont identiques aux Hommes modernes à 99,5 %.

    En mai 2010, une étude effectuée par Svante Pääbo, de l'Institut Max-Planck (Allemagne) a démontré que 1 à 4 % de notre génome provient de l'Homme de Neandertal.
    Il y a donc bien eu une reproduction entre les deux espèces. La descendance a transmis ce patrimoine génétique de génération en génération jusqu'à nous.

    Sepulture Homme de Neandertal

    Sépulture trouvée dans la grotte de Shanidar, au Kurdistan. (Source Internet. Auteur non communiqué)

    L’homme de Neandertal n’aurait donc pas disparu, mais aurait été absorbé. Michaël Barton et son équipe ont effectué des simulations des déplacements de Sapiens et Neandertal en Europe. Il y a 60 000 ans, les deux populations ne se côtoyaient pas. Par contre, il y a 30 000 ans, sous l'influence de l'âge glaciaire, les deux populations cohabitent sur les mêmes territoires.
    D'après cet anthropologue, le métissage a pu s'effectuer en 1500 générations.

    Les études ont fait l'objet de publications dans les revues Human Ecology et Advances in Complex Systems.

    La population des néandertaliens n'a jamais été très nombreuse alors que celle de Sapiens n'a cessé d'augmenter. Le génome de Sapiens a donc pu envahir celui de Neandertal et le faire disparaître.
    Cette théorie ne fait pas encore l’unanimité et des scientifiques pensent que même si quelques accouplements ont eu lieu, ils restent très minoritaires et sans grande incidence.

    Ensemble de facteurs qui ont pu causer la disparition de l’homme de Neandertal

    On ne peut pas vraiment dire que la disparition des néandertaliens a été résolue. Cependant, les dernières recherches permettent de mieux comprendre ce qui a pu causer cette extinction.

    Liste des causes entrant en jeu :

    • L’homme de Neandertal vivait au sein d’une structure familiale élargie et non au sein d’un groupe important
    • Manque d’interactions sociales entre les clans
    • Maturité sexuelle précoce, mais apprentissage moins long
    • Faible transmission des connaissances entre les différentes générations
    • La population totale n’a jamais été très importante et disséminée sur un vaste territoire
    • Le taux de mortalité était très important, car il n’y avait pas de répartition des tâches. Hommes, femmes et enfants chassaient
    • L’homme de Neandertal était dépendant quasi-exclusivement de la chasse des mammifères, car leur alimentation n’était pas très variée

    L’arrivée de l’Homme moderne n’a pas bousculé la vie des néandertaliens. Si on compare les deux espèces, on se rend compte que quelques détails peuvent expliquer la survie de l’Homme moderne et l’extinction progressive de l’homme de Neandertal.

    Liste des facteurs qui ont favorisé l’Homme moderne :

    • L’Homme moderne vivait au sein de groupes assez importants
    • L’interaction sociale était favorisée
    • Maturité sexuelle plus tardive, mais apprentissage plus long
    • Meilleure transmission des connaissances entre les générations
    • Population totale qui n’a cessé de croître
    • Alimentation plus variée
    • Répartition des tâches au sein de la structure sociale : les hommes chassaient le gros gibier tandis que les femmes et les enfants s’occupaient du petit gibier et de la récolte des végétaux
    • La répartition des tâches permet de diminuer les risques et donc permet un taux de mortalité moins important

    Bien que la disparition de l’homme de Neandertal reste un sujet ouvert aux débats et aux controverses, nous savons maintenant que le climat n’est pas en cause et que ce n’est donc pas un problème d’adaptation à l’environnement.

    L’homme de Neandertal était-il tout simplement arrivé au terme de son évolution biologique, comme le suggère Marylène Patou-Mathis, auteur de Neandertal, une autre humanité ?

    C’est possible, mais il semblerait plutôt que la structure sociale ait joué un rôle important dans l’extinction de l’homme de Neandertal.

    Les prochaines découvertes nous permettront d’en savoir plus et sans doute de résoudre cette disparition.

    V. Battaglia (02.2004). M.à.J 07.2012

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