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    La grâce des brigands

    de Véronique Olvadé

     

    Livre:  La grâce des brigands de Véronique Olvadé

     

    L’histoire d’une écrivaine qui « aurait probablement aimé être une femme scandaleuse ».

     

    31 juil. 2013 par Monique Roy de la revue Chatelaine

     

    L’amorce

     

    Une narratrice retrace le parcours de Maria Christina Väätonen : enfance triste dans une ville du Nord canadien, rupture avec sa famille à l’adolescence et arrivée en 1969 dans une Californie où tout est possible, amours avec un vieil écrivain aigri, parution d’un premier roman (fortement autobiographique) qui lui apportera célébrité et fortune à 17 ans grâce à sa « petite gueule triste et glamour ». On suit Maria Christina dans les dédales de sa vie mouvementée jusqu’en janvier 1994, alors qu’un tremblement de terre ébranle Los Angeles.

     

    Les thèmes

     

    Désir d’émancipation. Douloureuse relation mère-fille. Présence floue du père. Revers de la célébrité. Charme des mauvais garçons, ces « brigands ».

     

    Les points forts

     

    Véronique Ovaldé a l’art de brosser des portraits de femmes irréductibles. Impossible de résister. Dès le début, on est emportée par le ton vif et inventif du roman, qui captive jusqu’à la dernière page.

     

    Un court extrait

     

    Elle est fascinée par les fruits qui ne sont pas de la bonne taille. En Californie, les tomates sont grosses comme des melons et les melons aussi gros que des pastèques. Elle a l’impression d’être dans un vieux film de science-fiction.

     

    Éditions de l’oliVier, 288 pages. En librairie le 19 août.

     

    Livre:  La grâce des brigands de Véronique Olvadé

    Crédit : Christian Kettiger

     

    Véronique Ovaldé

     

    Naissance en 1972 en France dans une « petite ville sans grâce ». Déjà, toute jeune, Véronique rêve d’écrire. Un travail dans l’édition la rapproche du but. En 2000 paraît un premier roman, Le sommeil des poissons. C’est avec le touchant Déloger l’animal (2005) que le public et la critique la découvrent. Et mon cœur transparent (2008), son cinquième, est primé et le septième, Ce que je sais de Vera Candida, remporte le Renaudot des lycéens 2009, le prix France Télévisions 2009 et celui des lectrices de Elle 2010. Suivent Des vies d’oiseaux (2011) et La grâce des brigands, auquel Châtelaine prédit une place de choix dans la course aux prix d’automne. Ces romans, dont plusieurs se déroulent dans des contrées imaginaires, sont traduits en une vingtaine de langues.

     

    Éditrice au Seuil – collection « Points » –, maman de trois enfants (15 à 3 ans), l’auteure a-t-elle quelque ressemblance avec cette Maria Christina ?

     

    « Nous avons des choses en commun », reconnaît-elle dans un entretien par courriel. « Une certaine opiniâtreté, un grand sens du désordre, des petits fragments d’enfance, la conviction que les livres sauvent des familles asphyxiantes, mais elle conduit une Mustang, ce qui n’est pas mon cas.» 

     

    Bonne lecture...

     

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  • L'auteure coup de coeur :

    Marina Lewycka

     

     

    Tendresse pour ses semblables et humour irrésistible.

     

    18 juil. 2013 Par Monique Roy de Chatelaine 

     

    Le premier roman de cette Britannique d’origine ukrainienne, Une brève histoire du tracteur en Ukraine, a été refusé 36 fois avant de devenir, en 2005, un best-seller international. Depuis, l’auteure nous régale de ses histoires fabuleuses aux titres insolites, dont le tout récent Traders, hippies et hamsters. Avec comme toile de fond la crise économique de 2008, elle oppose les valeurs peace and love des années 1960 à celles d’aujourd’hui, où l’élite a « pour unique nation l’argent ». Loin de sermonner, la romancière fourbit ses armes : tendresse pour ses semblables et humour irrésistible. Doro et Marcus, des vieux hippies, ont élevé leurs enfants dans une commune. Ceux-ci – Serge, trader à la City de Londres, Clara, professeure dans une école pour enfants défavorisés, et Oolie, trisomique –, devenus adultes, sont ballottés entre leurs désirs et leurs principes… Impossible de résumer ce gros pavé que j’ai dévoré en deux jours (et deux nuits). Un pur bonheur !

     

    Alto, 616 pages

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  • 4 livres pour (re)découvrir

    la Ville Lumière

     

     

    26 juil. 2013 par Luc Bouchard de la revue Chatelaine

     

    4 livres pour (re)découvrir la Ville Lumière

     

    Le titre : Paris est une fête

     

    L’auteur : Ernest Hemingway

     

    L’histoire : Hemingway nous fait vivre sa jeunesse parisienne dans les années 1920, où il apprit le métier d’écrivain et croisa de nombreuses légendes (Gertrude Stein, Ezra Pound, James Joyce, le couple Fitzgerald). Plus qu’une simple réédition, cette nouvelle version de Paris est une fête présente huit courts textes inédits et serait plus fidèle à l’esprit de l’auteur que l’édition originale, publiée en 1964 à titre posthume… Elle a été revisitée par le dernier des fils Hemingway encore en vie, Patrick, ainsi que Sean, petit-fils d’Ernest et neveu de Patrick.

     

    L’univers : Cette série de nouvelles est une œuvre d’imagination, le récit de souvenirs lointains façonné par un imaginaire fertile... « À partir des choses qui vous sont arrivées et à partir de toutes les choses que vous connaissez et de toutes celles que vous ne connaissez pas, vous fabriquez, grâce à votre imagination, quelque chose qui n’est pas une représentation de ce qui a été, mais une chose tout à fait nouvelle, plus vraie encore que tout ce qui est vrai et vivant », explique l’auteur au magazine Paris Review, en 1958.

     

    La voix : « Ce qu’il faut, c’est écrire une seule phrase vraie. Écris la phrase la plus vraie que tu connaisses », dicte-t-il dans Paris est une fête.

     

    Extrait de la nouvelle Un bon café sur la place Saint-Michel : « Et puis, il y avait la mauvaise saison. Elle pouvait faire son apparition du jour au lendemain, à la fin de l’automne. Il fallait alors fermer les fenêtres, la nuit, pour empêcher la pluie d’entrer, et le vent froid arrachait les feuilles des arbres, sur la place de la Contrescarpe. Les feuilles gisaient, détrempées, sous la pluie, et le vent cinglait de pluie les gros autobus verts, au terminus, et le café des Amateurs était bondé derrière ses vitres embuées par la chaleur et la fumée. C’était un café triste et mal tenu, où les ivrognes du quartier s’agglutinaient, et j’en étais toujours écarté par l’odeur de corps mal lavés et la senteur aigre de soulerie qui y régnaient. »

     

    La raison de le lire : Encore plus agréable qu’une coupe de champagne rosé à La Closerie des Lilas.

     

    En un mot : Délice.

     

    Éditeur : Folio Herman – 346 pages.

     

     

    4 livres pour (re)découvrir la Ville Lumière

     

    Le titre : Dans le café de la jeunesse perdue 

     

    L’auteur : Patrick Modiano

     

    L’histoire : Le triste destin de Louki, qui a fui son domicile conjugal, et de ceux qui ont croisé sa route dans le Paris des années 1960.

     

    L’univers : Modiano entraîne ses personnages (et ses lecteurs) de l’Odéon à Pigalle, de la rive gauche à la rive droite. Au fil du temps, on a parfois l’impression qu’il réécrit le même livre. C’est un peu vrai, mais sa capacité à transposer ses souvenirs de jeunesse en fiction est toujours fascinante...

     

    La voix : Des phrases simples, mais travaillées, une écriture tout en pudeur. Le charme poétique de Modiano repose sur un curieux mélange : une extrême précision géographique couplée à une chronologie quelque peu décousue.

     

    Extrait : « Elle ne venait pas à une heure régulière. Vous la trouviez assise là très tôt le matin. Ou alors, elle apparaissait vers minuit et restait jusqu’au moment de la fermeture. C’était le café qui fermait le plus tard dans le quartier avec Le Bouquet et La Pergola, et celui dont la clientèle était la plus étrange. Je me demande, avec le temps, si ce n’était pas sa seule présence qui donnait à ce lieu et à ces gens leur étrangeté, comme si elle les avait imprégnés tous de son parfum. »

     

    La raison de le lire : Parce que Modiano exprime avec brio l’envie d’être ailleurs et l’espoir d’une autre vie.

     

    En trois mots : Mélancolie du souvenir.

     

    Éditeur : Folio – 160 pages.

     

    4 livres pour (re)découvrir la Ville Lumière

     

    Le titre : Paris au pied de la lettre : un guide littéraire

     

    Les auteurs : Collectif. Dans le désordre : Verlaine, Balzac, Aragon, Zola, Hemingway, Proust, Breton, et cetera.

     

    L’histoire : Paris raconté par de grands écrivains. Un voyage dans le temps sans nostalgie, entre vieilles pierres et bistros de quartier.

     

    L’univers : Hétéroclite puisque multiple. À chaque page, comme au détour de chaque ruelle qui ricoche sur la Seine, apparaît un nouveau point de vue sur la ville.

     

    La voix : Bigarrée. Un livre choral démontrant combien Paris exerce depuis toujours une fascination sur les hommes de lettres.

     

    Extrait Du côté de chez Swann de Marcel Proust : « Ainsi c’était la saison où le bois de Boulogne trahit le plus d’essences diverses et juxtapose le plus de parties distinctes en un assemblage composite. Et c’était aussi l’heure. Dans les endroits où les arbres gardaient encore leurs feuilles, ils semblaient subir une altération de leur matière à partir du point où ils étaient touchés par la lumière du soleil, presque horizontale le matin comme elle le redeviendrait quelques heures plus tard au moment où dans le crépuscule commençant, elle s’allume comme une lampe, projette à distance sur le feuillage un reflet artificiel et chaud, et fait flamber les suprêmes feuilles d’un arbre qui reste le candélabre incombustible et terne de son faîte incendié. »

     

    La raison de le lire : Parce que la Ville Lumière respire du souffle de ceux qui la décrivent.

     

    En un mot : Littéraire.

     

    Éditeur : Éditions Inculte – 218 pages.

     

     

    4 livres pour (re)découvrir la Ville Lumière

     

    Le titre : Suite à un accident grave de voyageur

     

    L’auteur : Éric Fottorino

     

    L’histoire : En septembre 2012, trois inconnus se suicident en se jetant sous une rame de métro que fréquente quasi quotidiennement le journaliste et écrivain Éric Fottorino. Ce sera l’occasion pour lui de poursuivre la réflexion sur le suicide, entamée dans L’homme qui m’aimait tout bas, où il relatait son expérience face à la mort volontaire de son père adoptif…

     

    L’univers : En une soixantaine de pages, Fottorino dénonce l’indifférence collective devant les suicides d’inconnus dans le métro. Dans les médias, zéro information sur les suicidés, alors qu’on y détaille les retards et les « trafics perturbés ». « L’expression trafic perturbé m’est apparue dans toute sa froideur, écrit-il. Officiellement, aucun être humain n’avait été perturbé. Le trafic, juste le trafic. Des trains avaient eu du retard. »

     

    La voix : Tranchante. « Le suicide sur les voies n’est pas une vie perdue, c’est du temps perdu », dixit l’ancien directeur du Monde.

     

    Extrait : « Ces rapides font un vacarme d’enfer quand leur souffle balaie les quais. Un fracas de métal qui vous transperce les nerfs jusqu’aux os. Par réflexe, il m’arrive de me boucher les oreilles. Je serre les dents et ferme les yeux en attendant que la déflagration s’estompe. Ce ne sont pas des choses à dire quand on est adulte. J’ai gardé cette peur d’enfant qui me prenait jadis dans les gares. La peur de me perdre, de perdre mes parents, de perdre la vie. La peur d’être abandonné ou que quelqu’un me pousse dans le dos. C’est une frayeur irrépressible. À la différence des trains, elle n’est jamais en retard. »

     

    La raison de le lire : Pour son style percutant qui cherche à nous extraire de notre indifférence.

     

    En un mot : Déconcertant.

     

    Éditeur : Gallimard – 64 pages.

     

    Bonne Lecture!!!

     

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  • 24 livres à mettre dans

    votre pile de lecture 

     

     

    10 ROMANS QUÉBÉCOIS ET CANADIENS

     

     

     

    Quand les guêpes se taisent, par Stéphanie Pelletier

     

    Un jeune couple bat de l'aile, vaincu par une communication déficiente. Deux enfants jouent avec des chiens abandonnés sous l'oeil amusé de leur mère. Un père fait des révélations étonnantes à sa fille lors d'une randonnée en raquettes. Ce sont quelques-unes des histoires qui composent le premier livre de cette auteure de 32 ans, née à Métis-sur-Mer. Le sens du détail, la poésie, une langue crue mais mesurée sont les points forts de ce recueil de nouvelles (Leméac, 2012, 144 p., 18,95$). Pascale Navarro

     

    Minuscule, par Andrew Kaufman

     

    Au départ: un cambrioleur et treize victimes à qui il dérobe 51% de leur âme. Comment cet événement les transformera-t-il? À partir de ce moment-pivot, l'auteur nous délecte de son délire sympathique: une femme au tatouage de lion qui prend vie, une autre qui se change en bonbon et, surtout, la femme du narrateur, Stacey, qui se met à rapetisser jusqu'à devenir minuscule. À la fois drôle et touchant (Alto, 2012, 128 p., 17,95$, 11,95$ en format ePub). Julie Roy

     

    La Table des autres, par Michael Ondaatje

     

    Un garçon de 11 ans quitte le Sri Lanka et s'embarque seul pour l'Angleterre, où l'attend sa mère. Durant les trois semaines de la traversée, il vivra une foule de péripéties avec deux copains de son âge, connaîtra son premier émoi amoureux, rencontrera une foule de personnages intrigants et sera témoin d'événements tantôt cocasses, tantôt graves. Se basant sur ses souvenirs (il a fait la même traversée, enfant), Ondaatje nous propose un roman rempli autant de rebondissements que de fines réflexions sur l'âme humaine (Boréal, 264 p., 22,95$). Claudine St-Germain 

     

    La Trilogie coréenne, par Ook Chung 

     

    «Il y a trois générations, mes ancêtres coréens vivaient au Pays du Matin calme. Que s'est-il passé pour que moi, leur descendant, je me retrouve à l'autre bout de la terre, comme dans un univers parallèle et improbable?» Chung raconte dans ce roman en trois parties la vie de sa famille, dans une écriture sensible et ultra élégante. On lit ce livre comme un album photo dont le propriétaire tournerait les pages, en vous présentant le destin de chacun des membres de son arbre généalogique. Du grand art! (Boréal, 2012, 448 p., 29,95$) Pascale Navarro 

     

    Le juste retour des choses, par David Gilmour

     

    Par hasard ou de façon délibérée, un homme retourne sur des lieux où il a vécu des moments difficiles: l'endroit où il s'est fait larguer par sa première copine; des hôtels où des histoires d'amour ont connu une fin abrupte; la maison de vacances où son père a succombé à ses démons... Avec ce roman largement inspiré de sa propre vie, David Gilmour (auteur de L'École des films) explore des thèmes comme la résilience, le passage de l'adolescence à l'âge adulte et le couple. Finement écrit et teinté d'humour, ce livre fait réfléchir au sens qu'on donne à notre vie. (Leméac, 2012, 205 p., 22,95$.) Claudine St-Germain 

     

    Javotte, par Simon Boulerice

     

    Celles qui ont lu Cendrillon se rappelleront ses deux méchantes soeurs, Anastasie et Javotte. L'écrivain et comédien Simon Boulerice leur a inventé une histoire, en s'attardant particulièrement à la seconde. Adolescente aux prises avec ses complexes, ses broches et sa puberté, Javotte vit dans sa bulle, parle à Josée Di Stasio en cuisinant, pratique des autopsies sur ses Barbies, prend un amant de trois fois son âge et prépare son bal de finissants. Un roman un brin provocant qui plaira aux jeunes filles et à leurs mères. (Leméac, 2012, 182 p., 20,95$.) Pascale Navarro 

     

    Tout ce que j'aurais voulu te dire, par Annie Loiselle

     

    Le titre le dit: tous les personnages de ce roman poétique gardent un secret amer. Le secret de l'amour d'Éléna Cohen pour son amant Julien, le frère de... son mari Maxime. Mais Éléna va mourir et elle voudrait faire la lumière sur cette relation destructrice qui écorche ses proches au passage. Au fil des chapitres, cinq narrateurs se relaient pour tenter d'éclaircir ce qui reste d'Éléna après sa mort. Un premier roman sombre, mais tout en finesse (Stanké, 2013, 216 p., 22,95$). Andrée-Anne Guénette

     

    On ne rentre jamais à la maison, de Stefani Meunier

     

    Il suffit de quelques paragraphes pour entrer dans le passé de Pierre-Paul, et quand on y entre, on n'en sort plus, comme de cette maison de la rue Lorne où il a passé son enfance et qu'il a quittée avec tristesse. Quel secret recelait-elle? Que cachait-elle dans cette cave et ce grenier, derrière la porte de bois orangée où il jouait avec Charlie, sa meilleure amie? Réflexion sur le passage à la vie adulte, une lecture qui laisse des traces indélébiles en nous et nous rappelle à quel point les enfants voient tout, ressentent tout. Un bijou (Boréal, 2013, 153 p., 20,95$). Pascale Navarro 

     

    C'était moins drôle à Valcartier, par Grégory Lemay

     

    Le narrateur achève son secondaire et, avec son copain Benoît, il a une idée hilarante: ils vont s'engager dans l'armée! Une belle job d'été qu'il suffira de lâcher, l'automne venu, et qui leur fournira des arguments pour leurs idéaux antimilitaristes. Une fois à Valcartier, c'est évidemment moins drôle, surtout quand Benoît se fond au groupe et le laisse seul à méditer sur sa farce plate. Entre les séances de push-ups et les exercices en forêt, il aiguise silencieusement son humour dévastateur et, mine de rien, passe de l'adolescence à l'âge adulte. Un roman plein d'ironie sur l'armée, mais aussi sur ce moment de la vie où on se pense plus fin qu'on ne l'est vraiment... (Héliotrope, 2013, 160 p., 21,95$) Claudine St-Germain 

     

    L'Oreille absolue, par Mathieu Boutin

     

    David est un jeune violoniste qui enfile les petits boulots: mariages, baptêmes, etc. Lorsque son instrument est malencontreusement brisé, il rencontre Robert, la cinquantaine, violoniste à l'orchestre symphonique. Autour de ces deux hommes que tout oppose, gravite un noyau de personnages où chacun cherche sa place. L'auteur, passionné de musique, glisse au fil de l'histoire une foule d'informations intéressantes à propos du violon. À lire en écoutant la musicographie bien touffue qu'on retrouve à la fin du livre. (Druide, 2013, 264 p., 22,95$.) Julie Roy 

     

     

    10 ROMANS ÉTRANGERS

     

    La Survivance, par Claudie Hunzinger

     

    Sils et Jenny, libraires, se retrouvent sans le sou, avec pour seul bagage les livres qu'ils ont pu préserver de leur faillite. Ils se réfugient en montagne, dans une cabane sans toit baptisée La Survivance. Les deux sexagénaires, spécialistes des livres anciens, n'en reviennent pas de devoir, à leur âge, tout recommencer. Pour la première fois, ils cultivent un potager, reconstruisent leur maison et se tournent vers les livres pour les aider dans cette épreuve. La littérature les aidera-t-elle à vivre? Un roman plein de verve et de sensibilité que dévoreront celles qui aiment les livres (Grasset, 2012, 278 p., 29,95$). Pascale Navarro

     

    L'Embellie, par Audur Ava Ólafsdóttir 

     

    Son mari l'a quittée et elle vient de gagner un chalet à l'autre bout du pays. Plus rien ne la retient à Reykjavik, et elle s'apprête à prendre la route quand sa meilleure amie lui confie la garde de son fils de 4 ans. Qu'à cela ne tienne, elle l'emmène dans son périple dans la campagne islandaise en pleine noirceur de novembre. Entre cette réfractaire à la maternité et ce petit garçon pas comme les autres va se nouer un lien fort et touchant, qu'on prend plaisir à voir grandir (Zulma, 2012, 395 p., 29,95$). Claudine St-Germain

     

     

    La lettre qui allait changer le destin d'Harold Fry arriva le mardi..., par Rachel Joyce

     

    Retraité, Harold Fry habite avec une femme qui l'indiffère totalement et un fils absent. Un matin, arrive une lettre d'une ancienne collègue qui lui annonce sa mort prochaine. Pour une fois dans sa vie, Harold prend une décision totalement farfelue: il ira l'accompagner pour ses derniers moments, à 1 000 kilomètres de chez lui. À pied. Ce pèlerinage sera l'occasion pour lui de faire un bilan de sa vie tout en côtoyant des gens uniques. Un roman qui fait du bien. (XO Editions, 2012, 368 p., 29,95$) Julie Roy 

     

    Les Deux Messieurs de Bruxelles, par Éric-Emmanuel Schmitt

     

    Dans les cinq nouvelles composant ce recueil, il y a des secrets, des sentiments enfouis, des forces inconscientes qui guident malgré eux les personnages. C'est ce qui explique qu'un homme lègue tous ses biens à une femme qui ne le connaît pas; qu'un autre s'enlève la vie suite à la mort de son chien; qu'un couple heureux en vienne à ne plus s'adresser la parole. Chaque fois, l'intrigue nous happe et la finale fait mouche. Si on aime se faire raconter des histoires, ces nouvelles sont pour nous. (Albin Michel, 2012, 281 p., 29,95$) Claudine St-Germain 

     

    Dans la peau de Meryl Streep, par Mia March

     

    Et si une soirée de cinéma apportait toutes les réponses? Chaque semaine, à l'auberge de tante Lolly, la projection d'un film mettant en vedette Meryl Streep fait jaser. Trois jeunes femmes y trouveront le prétexte idéal pour faire le point sur leur vie amoureuse. On l'avoue, l'histoire est plutôt prévisible, mais, si on a besoin de se remonter le moral dans la grisaille de l'hiver, ce bouquin nous fera sourire et nous donnera envie de louer Sur la route de Madison! (Presses de la cité, 2012, 368 p., 29,95$.) Julie Roy

     

    Nous étions faits pour être heureux,

    par Véronique Olmi

     

    C'est l'histoire presque banale d'un coup de foudre improbable entre Serge, un homme qui vivote sous le poids des secrets, et Lucie, qui accorde des pianos sans jamais en jouer. On assiste aux premiers émois et à tout ce qui suit, le beau comme le moins beau. On nous raconte cette rencontre d'un seul souffle et c'est ainsi qu'on a envie de lire ce livre tellement la relation est intrigante. Un beau roman triste aux couleurs bien réelles. (Albin Michel, 2012, 240 p., 27,95$.) Julie Roy 

     

    Si tu passes la rivière, par Geneviève Damas

     

    François, qui ne sait ni lire ni écrire, n'a jamais connu sa mère. Il mène une vie austère à la ferme avec son père et ses deux frères, et n'est près de personne, sauf de sa truie, Hyménée, à qui il confie tout. Dans ce long monologue, il raconte son quotidien et sa quête pour retrouver celle qui l'a mis au monde. Une histoire sans fioriture qui se lit d'une traite. (Septentrion, 2013, 156 p., 17,95$) Julie Roy

     

    Indigo, par Catherine Cusset

     

    Un festival culturel rassemble dans le sud de l'Inde des Français qui ne se connaissent pas: Charlotte, cinéaste exilée à New York qui porte le deuil d'une amie disparue; Roland, intellectuel habitué de passer d'une femme à l'autre; Raphaël, artiste tourmenté aux abords antipathiques; et Géraldine, organisatrice de l'événement, qui verra sa vie chamboulée par une rencontre inattendue. On prend plaisir à les suivre pendant huit jours, à les voir confrontés à eux-mêmes et, au passage, à découvrir un autre visage de l'Inde. (Gallimard, 2013, 307 p., 31,95$) Claudine St-Germain 

     

    Le Passeur du temps, par Mitch Albom

     

    Si on aime les contes inspirants, ce nouveau bouquin de cet auteur américain risque de nous plaire. L'histoire commence il y a très longtemps, au moment où on invente la première horloge. Quel effet cela aura-t-il sur les humains? On comprend un peu mieux quand on revient au moment présent, où se croisent les destins de deux victimes du temps qui passe. L'histoire est un peu mince, mais le message est clair: à quoi devrions-nous consacrer notre temps? Un livre qui continuera à nous faire réfléchir longtemps après qu'on l'aura refermé. (Kero, 2013, 232 p., 26,95$.) Julie Roy 

     

    Bernadette a disparu, par Maria Semple

     

    En récompense pour un bulletin exemplaire, Bee a obtenu de ses parents un voyage famillial dans l'Antarctique. Mais trois jours avant le départ, sa mère disparaît. Où est passée Bernadette? À l'aide de courriels, de fax et de rapports officiels, Bee se lance sur les traces de sa mère, la découvrant encore plus tourmentée, imparfaite et géniale qu'elle le pensait. Un roman à la forme originale, mettant en vedette une mère et sa fille aussi attachantes l'une que l'autre. (Plon, 2013, 381 p., 37,95$.) Claudine St-Germain 

     

     

    1 ROMAN POLICIER 

     

     

    Les Morsures du passé, par Lisa Gardner

     

    Un père entre la vie et la mort et toute sa famille décimée en une seule nuit... On croit d'abord au geste désespéré d'un homme au bord de la faillite, mais quand une deuxième famille subit le même sort, on commence à trouver d'étranges similitudes. Un excellent polar qui nous fait aussi découvrir une unité de pédopsychiatrie où des passionnés tentent d'aider des enfants malmenés par la vie. Complexe... et bouleversant! (Albin Michel, 2012 , 420 p., 29,95$.) Julie Roy

     

     

    1 ALBUM

     

    Le Guide du mauvais père, de Guy Delisle

     

    Après l'immense succès de ses Chroniques de Jérusalem, le bédéiste Guy Delisle s'est offert une petite récréation. Délaissant les portraits de villes qui ont fait sa renommée, il s'est concentré sur sa vie de famille, en y injectant une bonne dose d'humour grinçant. Distrait, paresseux, un brin égoïste, son personnage de père est indigne dans tous les sens du terme! Très rigolo (Shampooing, 2013, 191 p., 15,95$).  Claudine St-Germain 

     

     

    1 ROMAN DE SCIENCE-FICTION

     

    L'Âge des miracles, par Karen Thompson Walker

     

     

     

    Un jour, on constate que la rotation de la Terre a ralenti et que les journées s'allongent. Pour certains, c'est une catastrophe qui annonce la fin du monde; pour d'autres, c'est le prétexte idéal pour se mettre en phase avec un nouveau cycle naturel. Julia, une ado bourrée de complexes et de doutes, y voit un appel au changement qui entraîne chez elle une profonde réflexion. Mais elle reste une ado: elle a le béguin pour un garçon, des amis la trahissent, ses parents ne la comprennent pas... Un livre lumineux sur notre capacité d'adaptation (Presse de la Cité, 2012, 331 p., 29,95$). Julie Roy 

     

     

    1 ESSAI QUÉBÉCOIS

     

    Brève histoire des femmes au Québec,

    par Denyse Baillargeon

     

    De Marie Rollet et Jeanne Mance à Pauline Marois, en passant par les filles du Roy, Idola St-Jean, Thérèse Casgrain et Lise Payette, on voit défiler l'histoire du Québec à travers la vie des femmes, assignées depuis toujours à prendre soin des autres. Des débuts de la colonie jusqu'à l'ère des réseaux sociaux, ce survol, enrichi par la réflexion personnelle de l'auteure, professeure à l'Université de Montréal, offre un réel plaisir de lecture. Incontournable. Pascale Navarro

     

    Bonne Lecture!!!!

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  • 15 super livres à moins de 15$

     



     

    1 No et moi, de Delphine de Vigan. Le livre de poche, 256 pages, 11,95 $

     

    Première phrase : – Mademoiselle Bertignac, je ne vois pas votre nom sur la liste des exposés. L’histoire : Lou Bertignac, terrifiée à l’idée de lire son texte devant la classe, répond au hasard : elle traitera des sans-abri. Dans une gare, elle croise Nolwenn – No – qui traîne son barda, fait la manche et semble n’aller nulle part. Lou a trouvé son « sujet ». Rapidement, entre la lycéenne et la fille abîmée va s’établir un lien très fort et Lou, son exposé terminé, va vouloir sauver No de la rue, coûte que coûte... Les personnages : Lou et No. Lou, 13 ans, surdouée, utopiste, vit avec ses parents qui se remettent difficilement de la mort subite de leur bébé. No, 18 ans, rejetée par sa mère, a été recueillie par ses grands-parents, puis placée en centre d’accueil, d’où elle s’est évadée. L’auteure : Delphine de Vigan aborde cette dure réalité contemporaine de la même écriture tremblante de vérité et de finesse qui a fait le succès du sublime Rien ne s’oppose à la nuit (prix Renaudot des lycéens 2011). No et moi, publié en 2007, a remporté le prix des Libraires 2008, le prix du Rotary International 2009, a été traduit en 20 langues et adapté au cinéma par Zabou Breitman.

     

    2 Seule Venise, de Claudie Gallay. J’ai lu, 253 pages, 11,95 $

     

    Premières phrases : Ça commence comme ça vous et moi, ce jour-là, en décembre 2002, bien avant de vous connaître. Je viens d’avoir quarante ans. L’histoire : Abandonnée par l’homme qu’elle a follement aimé, la narratrice de ce roman bouleversant décide de dilapider ses économies pour fuir à Venise, en plein hiver. Elle trouve refuge dans une pension pour touristes tenue par un homme austère mais bon, où vivent une jeune danseuse et son amoureux ainsi qu’un vieux prince russe confiné à son fauteuil roulant. Au détour d’une promenade, elle fait la rencontre d’un libraire qui la nourrit de livres comme on soigne un oiseau blessé. Le personnage : Jamais nommée, la femme qui nous confie son âme dans ces pages splendides trouvera la grâce en contribuant au bonheur de ceux qu’elle côtoie. L’auteure : Écrivaine française née en 1961, Claudie Gallay a une écriture épurée au pouvoir d’évocation rare. Elle est l’auteure de sept romans, dont Les déferlantes, qui lui a valu, notamment, le Grand Prix des lectrices de Elle en 2009.

     

    3 Volkswagen Blues, de Jacques Poulin. Babel, 328 pages, 14,95 $

     

    Premières phrases : Il fut réveillé par le miaulement d’un chat. Se redressant dans son sac de couchage, il écarta le rideau qui obstruait la fenêtre arrière du minibus Volkswagen… L’histoire : Jack n’a pas revu son frère Théo depuis des années. Le jour de ses 40 ans, il décide de partir à sa recherche avec, pour tout indice, une carte postale au texte illisible. En Gaspésie, il fait la rencontre de la Grande Sauterelle, une jeune Métisse perspicace qui voyage avec son chat. À bord d’un vieux minibus, ils rouleront jusqu’en Californie, suivant la piste de l’Oregon, dans un inoubliable road trip. Le personnage : Jack Waterman, alter ego de l’auteur, est un écrivain au cœur doux et bienveillant, un solitaire amoureux des chats et des livres. L’auteur : Né en Beauce en 1937, Jacques Poulin, considéré comme l’un de nos écrivains les plus importants, a écrit 13 romans qui lui ont valu de nombreux prix, dont le Gilles-Corbeil (le « Nobel québécois »).

     

     

     

     

    4 Betty, de Georges Simenon. Le livre de poche, 160 pages, 9,95 $

     

    Premières phrases : – Vous désirez manger quelque chose ? Elle fit non de la tête. L’histoire : Betty erre dans Paris, suivant le premier venu dans des hôtels miteux, carburant au whisky. Son mari, qui l’a surprise avec un étranger dans le lit conjugal, l’a chassée et obligée à abandonner ses droits à l’égard de leurs deux filles... Le personnage : Betty, 28 ans. À l’adolescence, elle est témoin d’une scène sexuelle violente entre son oncle et une domestique et se jure alors de ne jamais « subir ». Tout en ayant le désir d’être honnête, elle n’hésite pas à mordre les mains tendues vers elle... L’auteur : Georges Simenon (1903-1989) a vécu mille aventures et écrit presque autant de livres. En 1929, il rédige le premier roman mettant en scène Maigret, commissaire de police devenu légendaire – plus de 72 suivront. Viendront ensuite ses « romans durs », 110 titres parmi lesquels Betty (1961).

     

    5 L’art presque perdu de ne rien faire, de Dany Laferrière. Boréal Compact, 392 pages, 14,95 $

     

    Premières phrases : L’art de manger une mangue. On suppose que vous vous trouvez à ce moment quelque part au sud de la vie. Il faut attendre alors un midi de juillet... L’histoire : Recueil de chroniques formant « une autobiographie de mes idées », explique Laferrière, qui, avec sagesse et tendresse, indignation et gratitude, creuse en profondeur l’aventure humaine. Le personnage : Lui, l’écrivain, l’homme, le fils, le père... L’auteur : Présente-t-on Dany Laferrière ? Depuis si longtemps il nous accompagne, nous émeut, nous fait rire et réfléchir... Comment faire l’amour avec un Nègre sans se fatiguer (1989) est le premier opus d’une œuvre immense reliant Haïti, son pays d’origine, au Québec, son pays d’adoption. On lit et relit L’art presque perdu de ne rien faire (2011) avec le même bonheur...

     

    6 Spirales, de Tatiana de Rosnay. Le livre de poche, 192 pages, 11,95 $

     

    Premières phrases : Il n’a pas bougé. Il est toujours étendu à même le carrelage, les bras en croix, les jambes raides. Pas de bruit. Juste un robinet qui coule... L’histoire : Hélène, la cinquantaine rayonnante, Parisienne des beaux quartiers mariée à un éditeur à succès, se la coule douce entre bénévolat et dîners chics. Tout fout le camp le jour où elle croise un bel étranger. Il l’entraîne dans son lit, lui ouvre un monde de sensations inédites et la fait grimper aux rideaux. L’orgasme titanesque est suivi d’une chute brutale qui l’aspire, et nous avec elle, dans une effroyable spirale… Le personnage : Hélène, bien sûr. Tout le roman tourne autour d’elle. Épouse parfaite, mère dévouée, « sainte Hélène », comme la surnomme son fils moqueur, est le type de personne à qui jamais rien n’arrive. Normalement. L’auteure : Sur sa page d’accueil de Twitter, Tatiana de Rosnay se décrit comme « Franglaise with a zest of Russian ». Née à Paris dans une famille très glamour (mère fille d’un lord anglais, père – Joël de Rosnay – scientifique célèbre), Tatiana a été journaliste (pour Vanity Fair et Elle) avant de vendre neuf millions d’exemplaires d’Elle s’appelait Sarah, publié en 2006 (et superbement transposé au cinéma). Spirales, pour sa part, date de 2004.

     

    7 Le ravissement de Britney Spears, de Jean Rolin. Folio, 272 pages, 13,95 $

     

    Première phrase : Le dimanche 15 août 2010, lis-je sur l’écran de mon ordinateur, après avoir longuement attendu la connexion dont je dispose par intermittence dans le bureau de Shotemur… L’histoire : Un agent des services français est dépêché à Los Angeles pour soi-disant déjouer un complot islamiste contre Britney Spears. Ce policier atypique, qui ne conduit pas mais utilise les transports en commun, s’associe avec des paparazzis pour suivre les allées et venues de la starlette, découvrant au passage la vacuité de la vie de ces jeunes femmes aspirées vers les sommets, puis rejetées en lambeaux. Comme il a échoué dans sa mission (bidon ?), ses supérieurs l’expédient au Tadjikistan… Le personnage : Un agent mélancolique qui nous entraîne dans une Los Angeles inconnue des touristes. L’auteur : Né en 1949, Jean Rolin, journaliste et écrivain voyageur, a surtout bourlingué dans des contrées en guerre. Changement d’atmosphère dans Le ravissement de Britney Spears, parodie désopilante où derrière l’humour mordant se projettent les spasmes du monde. Publié en 2011, ce roman a été retenu dans la première sélection du Renaudot.

     

     

    8 Extrêmement fort et incroyablement près, de Jonathan Safran Foer. Points, 512 pages, 14,95 $

     

    Premières phrases : Pourquoi pas une bouilloire ? Pourquoi le bec ne s’ouvrirait et ne se fermerait-il pas au passage de la vapeur devenant ainsi une bouche... L’histoire : Oskar adore son père, qui, chaque soir, lui raconte des histoires qu’eux seuls décodent. Quand ce dernier meurt dans les attentats du World Trade Center, l’enfant de neuf ans cherche par tous les moyens à se rapprocher de lui. Trouvant une clé dissimulée dans un vase, il va quadriller New York afin de trouver la serrure lui correspondant... Le personnage : Oskar, inoubliable petit bonhomme courageux et déchirant de tristesse, qui se lance dans une quête extravagante dans les rues d’une ville meurtrie... L’auteur : Né en 1977, Jonathan Safran Foer forme avec sa femme, Nicole Krauss, un couple phare des lettres américaines. Il publie en 2003 Tout est illuminé, premier roman inspiré par sa famille, originaire d’Ukraine. Extrêmement fort et incroyablement près, paru en 2006, a été transposé en film avec Tom Hanks... mais le livre est bien meilleur.

     

    9 La vie est brève et le désir sans fin, de Patrick Lapeyre. Folio, 52 pages, 14,95 $

     

    Première phrase : Le soleil sans vent commence à brûler. L’histoire : Louis, un Français au début de la quarantaine qui agit souvent comme un ado, aime Nora, une superbe Anglaise, jeune, fragile et fantasque. Nora aime Louis, mais elle aime aussi Murphy, un Américain stationné à Londres. Nora quitte Louis, retrouve Murphy, revient à Paris, repart... Les personnages : Louis Blériot. Profession : traducteur, mais son vrai métier, c’est d’attendre, d’espérer Nora. Elle est comédienne, plus au quotidien que sur scène. Et Murphy ? Il travaille dans la finance et sert de banque personnelle à Nora. L’auteur : Une femme partagée entre deux hommes, on a lu ça cent fois, mais pas comme l’a écrit Patrick Lapeyre, avec finesse, humour et un sens de la phrase qui fait mouche et qui n’appartient qu’aux auteurs français. Prof à Paris, Lapeyre a écrit sept romans, dont celui-ci, prix Femina 2010 très mérité.

     

    10 Le soleil des Scorta, de Laurent Gaudé. J’ai lu, 256 pages, 11,95 $

     

    Premières phrases : La chaleur du soleil semblait fendre la terre. Pas un souffle de vent ne faisait frémir les oliviers. Tout était immobile. Le parfum des collines s’était évanoui. L’histoire : Montepuccio, au sud de l’Italie. À peine sorti de prison, un brigand viole une vieille fille avant d’être lapidé par les villageois. De cet incident scandaleux naîtra la lignée des Scorta, hommes et femmes vivant dans l’opprobre, conspués par les uns, jalousés par les autres, pauvres mais riches de leur fierté et des secrets qu’ils se lèguent de génération en génération. Le personnage : La belle Carmela, sœur de Giuseppe et de Domenico. C’est elle qui révèle au vieux curé de Montepuccio (et à nous) les secrets de sa famille, dans une confession intercalée entre les chapitres de ce roman éblouissant. L’auteur : Né à Paris en 1972, Laurent Gaudé a écrit du théâtre et des romans, dont le plus célèbre, Le soleil des Scorta, lui a valu le Goncourt en 2004.

     

    11 Paper money, de Ken Follett. Le livre de poche, 336 pages, 13,95 $

     

    Premières phrases : La plus belle nuit de ma vie ! C’est ce qui vint à l’esprit de Tim Fitzpeterson lorsqu’il ouvrit les yeux et la vit, encore endormie, dans le lit… L’histoire : Années 1970. Une journée dans la vie d’un quotidien londonien qui sera fertile en scandales, malversations et autres arnaques… Question du jour : Publier ou taire une nouvelle risquant de nuire à la carrière d’un homme politique, à la réputation d’un patron de presse ? Les personnages : Un ministre trop naïf, un mafieux insatiable, un journaliste consciencieux et son jeune collègue ambitieux, un grand éditeur ruiné, sa femme hésitant à le quitter, quelques ripoux... L’auteur : Ken Follett a écrit ce thriller en 1977 sous un pseudonyme (Zachary Stone), avant de connaître une renommée planétaire avec ses fresques historiques (Les piliers de la Terre, La chute des géants). La traduction française, qui paraît 35 ans après la publication originale, offre un « aperçu réaliste de Londres telle que je l’ai connue », dit Follett.

     

     

    12 Les jeux de l’amour et de la mort, de Fred Vargas. Masque Poche, 192 pages, 9,95 $

     

    Premières phrases : Continue comme ça, se dit Tom, et tu sais très bien comment ça va se terminer. Ça va se terminer mal, voilà comment ça va se terminer. L’histoire : Tom Soler est un artiste incompris. Lorsqu’on lui offre d’assister à une réception chez RS Gaylor, un peintre américain qu’il idolâtre, il se met en tête de l’aborder et de lui montrer ses toiles. Mais rien ne se passe comme prévu. En s’aventurant en catimini dans le bureau du maître, il fait la découverte d’un cadavre et s’enfuit. Évidemment, il sera le premier suspect sur la liste de la police. Le personnage : Archétype de l’artiste frustré, Tom Soler a toujours rêvé qu’on parle de lui. Son souhait se réalisera. Mais pas pour les raisons qu’il imaginait. L’auteure : Née à Paris en 1958, Frédérique Audoin-Rouzeau a emprunté son nom de plume au personnage d’Ava Gardner dans La comtesse aux pieds nus. Archéologue et médiéviste, elle est l’auteure de 13 romans policiers dont Pars vite et reviens tard (2006). Les jeux de l’amour et de la mort est son premier polar.

     

    13 La vie devant soi, de Romain Gary. Folio, 288 pages, 13,95 $

     

    Première phrase : La première chose que je peux vous dire c’est qu’on habitait au sixième à pied et que pour Madame Rosa, avec tous ces kilos qu’elle portait sur elle et seulement deux jambes, c’était une vraie source de vie quotidienne, avec tous les soucis et les peines. L’histoire : Paris, dans le quartier de Belleville. Une vieille prostituée juive, Madame Rosa, s’occupe « des enfants de putes », pour citer l’un d’eux, Mohammed, narrateur du récit. Les personnages : Mohammed, dit Momo. Il raconte sa vie avec une candeur enfantine : « Pendant longtemps, je n’ai pas su que j’étais arabe parce que personne ne m’insultait. » Madame Rosa, survivante d’Auschwitz, mélange de mère Courage et de maman adoptive. L’auteur : Héros de guerre, diplomate, marié à une star de cinéma (Jean Seberg, héroïne d’À bout de souffle), Romain Gary était un personnage de roman. À son suicide, en 1980, on a découvert qu’il était l’auteur de La vie devant soi, prix Goncourt 1975, qu’il avait écrit sous le pseudo d’Émile Ajar.

     

    14 Miséricorde, de Jussi Adler-Olsen. Le livre de poche, 528 pages, 13,95 $

     

    Première phrase : Avec le bout de ses doigts, elle gratta jusqu’au sang les murs lisses, elle frappa de ses poings fermés le verre épais des vitres jusqu’à ce qu’elle ne sente plus ses mains. L’histoire : Merete Lyyngaard, politicienne danoise, se rend à Berlin avec son frère à bord d’un bateau quand elle disparaît. Le corps ne sera jamais retrouvé. Cinq ans plus tard, Carl Mørck, de la police de Copenhague, enquêteur promu à la tête du tout nouveau Département V (qui ne compte que deux employés, dont lui !), spécialisé dans les affaires non élucidées, reprend l’enquête, avec l’aide de son assistant Assad. Les personnages : Carl Mørck et Hafez el Assad forment le plus improbable des duos. Le premier, policier brillant mais irascible, revient d’un congé imposé après une affaire qui a mal tourné. Le second, musulman qui traîne partout son tapis de prière et son thé à la menthe, joue à la fois les rôles de concierge, de chauffeur et de bras droit. À deux, leur efficacité est redoutable. L’auteur : Star du polar, Jussi Adler-Olsen, de son vrai nom Carl Valdemar, est né à Copenhague en 1950. Miséricorde (2011) est la première enquête de sa série Département V.

     

    15  Charlotte before Christ, d’Alexandre Soublière. Boréal Compact, 24 pages, 13,95 $

     

    Première phrase : Ah oui ! je ne l’ai pas encore mentionné, mais on a pris possession d’une maison pour la fin de semaine. L’histoire : Sacha et Charlotte s’aiment. À la folie, à la mort (« Ne pas se survivre l’un à l’autre », tel est leur credo). Ils sont jeunes, beaux, elle surtout, et montréalais. Ils parlent un français truffé de mots anglais (« Je prie, je crie, je chain-smoke. ») et décoré de références culturelles. Avec d’autres paumés, ils squattent des maisons vides, baisent, s’éclatent la tête. Les personnages : Sacha, fils de bonne famille, universitaire, atteint de la maladie de Still (arthrite chronique), déteste (entre autres choses) la pauvreté et la laideur. Charlotte, mystérieuse et évanescente, étudie la danse sans trop y croire, envoûte tout le monde, rend Sacha dingue. L’auteur : Quand on le voit sur YouTube lire une page de son roman, looké intello et plutôt fragile, on se dit : Sacha, c’est lui. Alexandre Soublière a 27 ans, un vrai talent d’auteur et une voix : il chante dans un groupe rock (Montoire). Des médias, emballés, l’ont sacré écrivain type de la génération Y. Un buzz amplifié quand Pierre Foglia lui a donné son aval, à sa façon : « C’est, et de loin, ce que j’ai lu de moins chiant depuis longtemps. »

     

    de la revue Chatelaine

    Bonne lecture

     

     

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