• Les beautées de la mer

    Étoile de mer

    Ophiure

    L’étoile de mer est un animal fascinant dont les formes et les couleurs peuvent être très variées. Il existe en effet environ 1 600 espèces dans la classe des astéroïdes qui mesurent entre 5 cm et un mètre de diamètre.

    Les fonds marins sont souvent très peuplés. Oursins, anémones de mer et ophiures se disputent quelques centimètres carrés. Tous sont des échinodermes, animaux exclusivement marins, dont il ne reste que cinq groupes principaux : les étoiles de mer, les oursins, les crinoïdes, les holothuries et les ophiures.

    Il en existait beaucoup plus au Paléozoïque mais un changement brutal des conditions de vie a provoqué l’extinction de plus de 96% des espèces, vivants de cette sorte.

      

      

    Anatomie de l’étoile de mer

    L’étoile de mer fait partie des échinodermes ((à la peau épineuse) et à la classe des astéroïdes. Les étoiles de mer vivent sur ou sous le sable, ou sur les rochers.
    Elles sont présentes dans toutes les mers et océans du monde et pratiquement à toutes les profondeurs.

    Etoile de mer

    L'étoile de mer est un invertébré marin. By Chef jancris

    Elle a généralement 5 bras (symétrie radiaire à 5 branches) mais certaines espèces en ont 24 et même 50 pour des espèces d’Amérique du Nord.

    Etoile de mer

    Etoile de mer . Licence 

    Si une étoile de mer vient à perdre un de ses membres, elle peut le régénérer sans grands dommages.

    Etoile de mer

    Les membres de l'étoile de mer se régénèrent en cas d'accident. By Sushla

    Chaque bras est couvert sur sa face inférieure de centaines de minuscules pieds ambulacraires (ou podions).
    Ils sont généralement pourvus d’une ventouse et c’est grâce à eux qu’une étoile se déplace.

    Etoile de mer

    Gros plan sur un bras. By Eecue. com

    Cet animal n’a ni tête, ni cerveau.

    L’étoile de mer se déplace très lentement. Elle peut parcourir entre 5 cm et 2 m par minute. Certaines ne parcourent pas plus de 1 km durant toute leur vie.
    En effet, les étoiles de mer se trouvent toujours là où il y a de la nourriture. Elles peuvent donc être grégaires et se retrouvent souvent en populations très denses.

    Etoile de mer

    L'étoile de mer n’a ni tête, ni cerveau. By Palestrina 55

    Les étoiles de mer peuvent causer de graves dégâts dans les élevages de moules ou d’huîtres.

    La plus grande étoile de mer est Midgardia xandaras qui atteint 1,30 m à près de 1,40 m pour les plus grands spécimens. Elle est originaire du Golfe du Mexique.

    L’étoile de mer que l’on peut souvent apercevoir dans les fonds peu profonds est bien moins pacifique qu’il n’y parait. En effet, l’étoile de mer est un véritable prédateur notamment pour le corail.

    Dans nos contrées, on rencontre essentiellement l'étoile de mer commune (Asterias rubens) qui ne dépasse pas 50 cm.

    Alimentation de l’étoile de mer

    Certaines étoiles se nourrissent de coraux, d’autres d’éponges, mais le plus souvent elles raffolent de coquillages.

    Etoile de mer

    L'étoile de mer raffole de coquillages. By Enkai

    Elle a une méthode très originale pour les manger. Elle peut sortir une partie de son estomac par sa bouche et l’introduire entre les valves du coquillage. Auparavant, elle a écarté les valves à la force de ses bras et de ses podions.

    Etoile de mer

    By Sushla

    Elle commence donc à digérer la proie à l’extérieur de son corps. Une fois, le coquillage prédigéré, elle « récupère » son estomac avec la nourriture.

    Etoile de mer

    L'étoile de mer peut sortir une partie de son estomac par sa bouche. By Enkai

    La bouche de l’étoile de mer est située au centre, sur la face antérieure.

    L’étoile de mer a peu de prédateurs, à part d’autres étoiles de mer ou des gastéropodes, pour L’Acanthaster planci (étoile noire).
    Leur peau contient des substances qui ressemblent au savon et qui lui donnent un goût désagréable.
    D’autres espèces, pour se protéger, sont recouvertes de piquants venimeux.

    Reproduction de l’étoile de mer

    Chez la plupart des espèces, la femelle émet ses œufs dans l’eau et ses derniers sont ensuite fécondés au gré des courants par les spermatozoïdes que les mâles émettent.

    Etoile de mer

    By Michael Aston

    Les larves se développent généralement en eau libre. Elles dérivent au gré des courants pendant environ 2 mois.
    A la fin de la vie larvaire, elles coulent, tombent sur le fond et subissent une métamorphose qui les transforme en petite étoile.

    Certaines étoiles se reproduisent de façon asexuée. Un de leurs bras se coupe et régénère une nouvelle étoile complète.

    Etoile de mer

    By Phil Harmania

    D’autres espèces incubent leurs œufs dans des poches spécialisées ou couvent les œufs, comme l’ophiure commune, entre leurs bras. La progéniture trouve la nourriture sur ces bras et est à l’abri des prédateurs.

    L’étoile noire : un danger pour le corail

    Acanthaster planci est une grosse étoile de mer, couverte d’épines et mesurant 60 cm de diamètre.
    Elle est appelée couronne d’épines ou l’étoile noire. C’est une véritable tueuse de coraux. Son seul ennemi naturel est le triton [Charonia tritonis] qui est un gros gastéropode.
    Malheureusement, le triton est chassé à outrance pour sa jolie coquille.

    Acanthaster planci  . Etoile noire

    Une étoile noire en train de manger le corail . By Mattwright.com

    Cette étoile de mer porte jusqu’à 17 bras, couverts d’épines venimeuses. C’est à ses épines qu’elle doit son surnom de « coussin de belle-mère ».

    Elle dissout les polypes du corail grâce à des sucs digestifs et s’en nourrit par succion.

    Etoile noire

    Les bras de l'étoile noire sont couverts d’épines venimeuses. By Stompy

    Une étoile détruit 6 m² de récif par an mais, le problème, c’est que ses attaques sont collectives.
    On a trouvé dans le Pacifique jusqu’à 20 000 étoiles noires sur une bande de 2 km.

    Etoile noire qui se fait dévorer

    Une couronne d'épines qui se fait dévorer. By Nemo's great uncle

    Privé de vie, le squelette du corail se recouvre d’algues, d’éponges ou de coraux non récifaux. Le récif peut mettre des années avant de retrouver son aspect.

    Ophiure

    Les ophiures (Ophiuroidea) sont également des échinodermes, proches des étoiles de mer. Ils sont très friands de jeunes mollusques.

    Les ophiures sont présents dans toutes les mers et évoluent aussi bien à très faible profondeur que jusqu'à 4 000 m de profondeur.

    L'ophiure possède cinq très longs bras articulés en exosquelette à plaques. Très fragiles, ses bras se cassent fréquemment.

    Ophiure

    Ophiure. By Estherase

    Mais, contrairement à l’étoile de mer, l'ophiure se déplace vite grâce à ses bras très souples. Comme les étoiles de mer, les bras peuvent se régénérer en cas d’amputation ou se ramifier.
    Ces ramifications donnent l’illusion d’un entrelacs de racines. Ce mimétisme est très utile pour se protéger des prédateurs.

    Ophiure

    Ophiure. By Laszlo-photo

    L'ophiure commune (Ophiura ophiura) est une espèce envahissante. Les colonies atteignent plusieurs milliers d’individus au m².

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  •  Étoiles De Mer 

     

    Photo: Golden sea star draped on a rock
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    Calmar géant contre Cachalot

     

    Prédateur de taille gigantesque, le cachalot (Physeter macrocephalus) possède un appétit pantagruélique. Sa quête de nourriture l’entraîne dans de titanesques combats avec le calmar géant.

    Après avoir nié leur existence, la communauté scientifique a bien dû admettre l’existence de calmars aux proportions inimaginables. On ne sait d’ailleurs toujours pas où s’arrête la taille du genre Architeuthis.
    Par contre, faute de pouvoir les filmer, les cachalots sont de bons auxiliaires pour permettre aux experts d’étudier le calmar géant.

     

    Le calmar géant : invisible et pourtant nombreux

    On sait de façon certaine que la population de calmars géants du genre Architeuthis est très importante. Depuis que la chasse au cachalot est réglementée, leur population a fait l’objet d’études précises.
    On estime que le menu d’un cachalot est constitué à 80% par l’Architeuthis. Le cachalot peut avaler jusqu’à 200 kilos de nourriture en un seul repas. Par ses quatre repas quotidiens, il avale une pitance journalière de près de 2,5 tonnes pour les plus grands spécimens.
    On comprend mieux pourquoi le calmar géant est sa proie favorite.

    Crâne d'un cachalot

    Crâne d'un cachalot. By Ryan Somma

    Pour survivre, la population mondiale doit consommer environ 100 millions de tonnes de calmars par an.
    Ce serait donc entre 20 et 30 milliards de calmars qui onduleraient dans l’obscurité des fonds marins.

    Sur ce nombre, il y a sûrement plusieurs millions de géants qui pèsent plusieurs tonnes.

    Calmar

    Calmar. © dinosoria.com

    Malgré cette impressionnante estimation, nous ne sommes certains de leur existence que depuis la fin du 19e siècle et nous possédons peu de renseignements sur ces créatures.

    A la recherche du calmar géant

    Malgré la rencontre de l’Alectron avec un calmar géant en 1861, cet animal n’était toujours pas reconnu. Mais depuis, de nombreux calmars ont pu être étudiés et en 2005 puis en 2009, des calmars géants ont été photographiés.

    En 1871, on recueillit le cadavre d’un calmar dont le corps mesurait 4,60 m de long et les bras environ 3 m.

    En 1872, on retrouva un calmar échoué à Terre-Neuve. Il possédait encore l’un de ses deux bras préhensiles qui mesurait environ 13 m.

    En 1873, toujours à Terre Neuve, quatre pêcheurs ramenèrent un calmar entier qu’ils avaient trouvé agonisant dans leurs filets. Sa longueur totale était de 10 m. C’est ce spécimen qui fut baptisé Architeuthis harveyi.

    Jusqu’en 1881, une dizaine de calmars géants s’échouèrent sur les côtes de Terre Neuve. Le plus gros avait un corps de 6 m et des bras préhensiles de 11 m.
    A partir de 1881, les échouages cessèrent. On a su depuis que tous les 80-90 ans environ, certaines branches du courant du Labrador changent de direction. Un courant glacial perturbe le métabolisme des calmars qui, affaiblis, s’échouent.
    C’est ainsi qu’entre 1964 et 1982, il y eut 15 nouveaux échouages. La prochaine perturbation est programmée entre 2040 et 2060.

    En février 2002, un calmar géant a été découvert au Japon, sur les plages de Kyoto. Il était encore en vie mais pour peu de temps.

    En avril 2003, un calmar qualifié de colossal a été repêché dans les eaux de l’Antarctique.

    Calmar

    Calmar repêché dans les eaux de l’Antarctique. ( Source Internet)

    Ce spécimen de Mesonychoteuthis hamiltoni était intact. Cette espèce a été identifiée en 1925 d’après les restes découverts dans l’estomac d’un cachalot.

    En septembre 2005, des scientifiques ont photographié pour la première fois un calmar géant vivant à 900 mètres de profondeur. 

    En novembre 2009, dans le Pacifique, près des îles d'Ogasawara, une femelle cachalot accompagnée de son petit a été photographiée en train de dévorer un calmar géant d'environ 9 mètres. Les photos montrent la mère avec des lambeaux de chair dans la gueule.

    Le cachalot : un auxiliaire précieux

    C’est le Prince Albert Ier de Monaco qui fut l’instigateur d’une étude scientifique sur le rapport proie-prédateur entre le cachalot et le calmar géant. Cette étude débuta en 1895.

    Il accompagna les baleiniers qui chassaient le cachalot et obtint l’autorisation de faire examiner le contenu des estomacs et intestins de nombreux spécimens.
    Les précieuses reliques furent analysées par le Professeur Louis Joubin, célèbre zoologiste de l’époque.

    Cachalot

    Cachalot photographié en 1913. By Michael Heilemann

    Voilà ce qu’il trouva notamment :

    • Plusieurs bras d’un calmar armé, Cucioteuthis ungulata, garnis chacun d’une centaine de griffes acérées aussi grosses que celles d’un tigre
    • Plusieurs spécimens d’Histioteuthis ruppelli, un calmar abyssal au corps couvert d’organes luminescents
    • Deux nouveaux calmars géants inconnus recouverts d’écailles que l’on baptisa Lipidoteuthis grimaldii en l’honneur du Prince. Les écailles étaient en fait des papilles cornées
    • Une cinquantaine de becs cornés dépassant les 10 cm de long

    La découverte de 5 000 à 7 000 becs de calmars dans l’estomac d’un seul cachalot n’est pas rare.

    Un scientifique soviétique compta 28 000 mandibules dans un seul estomac ! Cela signifie que ce cachalot a englouti 14 000 calmars.

     

    Le cachalot : l’ogre des profondeurs

    Comment le cachalot fait-il pour capturer dans les profondeurs une telle quantité de calmars ? Ces animaux sont pourtant rapides ; le cachalot, lui, ne dépasse pas les 40 km/h en surface. De plus, un calmar peut fuir dans n’importe quelle direction en quelques secondes.
    On imagine mal notre géant se contorsionner dans tous les sens pour attraper sa proie.

    Squelette d'un cachalot

    Squelette d'un cachalot. By megnut

     

    Deux théories ont été avancées :

    Les dents en ivoire de la mâchoire inférieure du cachalot serviraient de leurres. Dans l’obscurité, l’éclat des dents attirerait les calmars. Le cachalot n’aurait plus qu’à les aspirer. Cela expliquerait que la plupart des calmars sont retrouvés intacts dans les estomacs.

    Le cachalot peut émettre des ultrasons et infrasons. Par écholocation, il repèrerait l’approche d’un banc de calmars. Il bombarderait alors ses proies d’ultrasons. Etourdis, les calmars ne pourraient plus fuir.
    Cette deuxième théorie s’appuie sur le fait que des études menées ont prouvé que les cachalots ayant des dents abîmées, voire une mâchoire brisée, se nourrissaient autant que les autres.
    De plus, on sait que le cachalot peut émettre des ondes sonores qui créent un champ de haute-pression. Une proie confrontée à une telle pression est temporairement paralysée. Son cerveau peut même exploser si elle est de petite taille.
    Il ne reste plus au cachalot qu’à attraper la victime avec ses dents très pointues qui peuvent mesurer jusqu’à 25 cm.

    Dents de cachalot

    Dents de cachalot. By KyedquestLicence

     

    Les dents ne jouent sûrement pas un grand rôle dans la chasse au calmar. Il est plus probable que le cachalot utilise la technique de l’aspirateur. En effet, leurs puissants muscles cervicaux peuvent créer un fort appel d’eau en contractant puis relâchant les voies stomacales. Ce procédé d’aspiration est également utilisé par le narval.

    Combat entre un cachalot et un calmar

    Peu de gens ont pu observer en surface un tel combat. En 1887, le Prince Albert Ier de Monaco fut témoin de cet incroyable spectacle.
    Alors qu’il faisait route vers les Açores, en plein Atlantique, des projections d’eau attirèrent les marins.
    Ils virent un être colossal dont la tête et le corps se dressaient au-dessus de l’eau. Mais, le voilier ne put arriver à temps. Ils ne trouvèrent plus qu’une tête coupée de calmar.

    En 1898, des baleiniers purent assister à un autre combat.

    « Un énorme cachalot livrait une lutte à mort à un gigantesque calmar, presque aussi gros que lui. Les tentacules l’enlaçaient. Le cachalot avait saisi entre ses mâchoires le tronc du mollusque et essayait de le scier en deux. Les yeux immenses du calmar se détachaient sur la peau livide de la tête.
    Les alentours grouillaient de requins qui attendaient l’issue du combat »

    Extrait de La croisière du cachalot de Franck Bullen

    Si le calmar avait emmailloté la tête du cachalot avec ses tentacules, c’est parce qu’il espérait pouvoir obturer l’évent. Chez les cachalots, l’évent se situe un peu à gauche sur la tête, caractéristique unique chez les cétacés.

    Calmar géant contre un cachalot

    Reconstitution d'un combat. By William Hartz

    Quand il « souffle » en refaisant surface, le jet de vapeur est propulsé suivant un angle de 45°. Si cet évent est obstrué, le cachalot peut se noyer donc il préfèrera lâcher prise.

    On sait que ce sont les cachalots qui chassent les calmars et non l’inverse. Peut-être que seuls les cachalots sont suffisamment puissants pour venir à bout des calmars géants ? Aucune trace de blessures n’a été retrouvée sur d’autres types de cétacés.
    Il est vrai que le cachalot macrocéphale mâle est le géant de la famille. Il peut atteindre 20 m de long pour un poids de 70 tonnes.

    Des calmars gigantesques ?

    On a retrouvé des cicatrices aussi grosses qu’une soupière. Si on applique une règle de proportionnalité, cela voudrait dire que certains spécimens mesurent entre 45 et 50 m de long !
    C’est en tout cas l’avis du Professeur Frederick Aldrich, l’un des meilleurs spécialistes du genre Architeuthis.

    La plus grosse cicatrice circulaire trouvée sur la peau d’un cachalot mesurait 45 cm de diamètre. Pour certains, le calmar devait approcher les 66 m.
    Difficile d’imaginer un tel monstre !

    Certains spécialistes pensent que les géants Architeuthis seraient des animaux pacifiques et lents. Cela est loin d’être évident car les calmars de Humboldt (Dosidicus gigas) se sont montrés dans leur environnement comme des prédateurs agiles et très agressifs.

    Deux attaques de calmars contre des hommes ont été authentifiées.

    L’une s’est déroulée en mars 1941 alors que le Britannia venait d’être coulé par un sous-marin allemand.
    Cette tragédie s’est passée en plein Atlantique tropical. A tour de rôle les rescapés montaient sur un petit radeau car six personnes pouvaient y monter en même temps.
    Les autres se relayaient dans l’eau. Quelque chose de souple et de glacé vint s’enrouler autour de la jambe de l’un des naufragés entraînant des souffrances atroces.
    La bête lâcha prise aussi rapidement qu’elle avait attaqué. L’officier en fut quitte pour de vilaines blessures cutanées. Celles –ci furent examinées et les experts conclurent à une attaque de calmar.
    La nuit précédente, un soldat avait été arraché du radeau comme un fétu de paille par un « monstre » inconnu qui l’avait entraîné dans les profondeurs.

    L’autre s’est produite en 1992 alors que l’opérateur sous-marin Howard Hall et son assistant avaient décidé de plonger pour filmer les calmars géants sur la côte Pacifique du Mexique. Heureusement, aucun mort ne fut à déplorer.

    Nul ne sait combien d’attaques se sont réellement produites.

    Malgré toute notre technologie, nous ne savons que bien peu de choses sur les calmars géants qui hantent les profondeurs. Par contre, avec la miniaturisation des caméras, peut-être qu’un jour nous pourrons fixer un équipement spécialisé sur la tête d’un cachalot.
    Aujourd’hui, nous n’avons plus besoin de tuer ces superbes prédateurs pour étudier les calmars.
    Je vous laisse imaginer la lutte entre ces deux titans que nous pourrions vivre en direct.

    V.Battaglia (15.04.2005). M.à.J 11.2009

     

    Calmar géant contre Cachalot

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    Calmar de Humboldt

     

    Le calmar de Humboldt (Dosidicus gigas) ne doit pas être confondu avec le calmar géant (Architeuthis dux) qui est beaucoup plus grand. Cependant, ce calamar atteint quand même une longueur de près de 2 mètres.
    Ce calmar est également appelé diable rouge en référence à la couleur de son manteau mais également à son comportement.
    Agressif et vorace, le calmar de Humboldt virevolte, apparaît et disparaît à une vitesse fulgurante tel un véritable diable des mers.
    Cette espèce de calmar est encore très méconnue car difficile à observer dans son milieu naturel.

    Le calmar de Humboldt fait partie de la famille des Ommastrephidae. Cette famille comprend 21 espèces de calmars.

     

    Portrait du calmar de Humboldt

    Ce calmar peut mesurer 1,80 m bien que la moyenne soit plutôt d’1,60 m. Les populations évoluent dans les eaux du Pacifique, du nord de Tierra del Fuego à la Californie.
    Leur nom commun de Humboldt provient du courant marin du même nom. Le courant de Humboldt parcourt l'océan Pacifique. Il prend naissance près de l'Antarctique et longe les côtes du Chili et du Pérou.

    La tête est dotée de deux énormes yeux qui peuvent atteindre deux fois la taille des yeux humains. Leur acuité visuelle très sophistiquée en fait de redoutables prédateurs. Les yeux sont sensibles à la lumière polarisée ce qui améliore la détection des proies.
    L’homme ou les mammifères marins ne perçoivent pas la polarisation de la lumière.

    Etude polarisation

    Comme tous les calmars, il possède 8 bras et deux tentacules qui sont dispersés autour d’une bouche vorace dotée d’un bec très acéré.

    Vient ensuite la partie charnue : le manteau. Ce dernier est très musclé et protège les organes internes. 
    Le calmar nage en expulsant violemment l’eau de la cavité palléale par un entonnoir, mobile et orientable vers l’avant ou l’arrière, ce qui lui permet de nager en tous sens.

    Avec sa forme profilée, le calmer de Humboldt semble toujours en mouvement, virevoltant dans l’eau à très grande vitesse.
    D’une manière générale, les calmars peuvent se propulser par saccades à près de 40 km/h.

    Les deux nageoires triangulaires sont attachées au manteau et servent à « planer » et à manœuvrer.

    Calmar de Humbolt

    Les Céphalopodes peuvent changer de couleur. Le calmar de Humboldt envoie fréquemment des sortes de flash lumineux en changeant tout simplement la couleur de sa peau.
    On ne connaît pas avec précision la signification de ces flashs. Ils peuvent être émis de manière décalée ce qui provoque une illusion d’optique dérangeante.

    Peut-être est-ce un moyen de défense vis-à-vis des prédateurs ? Les scientifiques qui étudient les calamars sont persuadés que ces animaux communiquent entre eux. Les éclairs lumineux font peut-être partie de ce mode de communication dont nous ne savons rien.

    Calmar de Humbolt

    Calmar de Humboldt échoué sur une plage californienne. By drgflyorng

    Comme les autres Céphalopodes, ce calmar laisse une traînée d’encre derrière lui pour dissimuler sa fuite. Cette encre contient de la mélanine, un pigment semblable à celui qui teinte la peau humaine.

    Mode de vie

    Le mode de vie du calmar de Humboldt conserve de nombreux points d’interrogation. Il n’est pas possible de l’étudier en captivité car un individu captif meurt au bout de quelques jours.

    L’étudier dans son environnement naturel est très difficile car la plupart du temps, il évolue à des profondeurs inaccessibles pour un plongeur.

    Ces calmars voyagent en grandes colonies. La journée, ils restent à des profondeurs d’au minimum 200 m et descendent à environ 700 m. 
    La nuit, ils remontent à environ 60 m pour se nourrir de poissons, de mollusques et d’autres céphalopodes.

    Calmar

    Spécimens étudiés en 2007 en Californie. (Capture d'écran TV)

    C’est à ce moment là qu’ils peuvent être observés.

    En 2003, le National Geographic a réalisé un documentaire passionnant sur ce calmar. Bob Cranston, caméraman et photographe, a eu quelques frayeurs en essayant de les filmer. Ce type de plongée est très difficile et nécessite un matériel spécifique. Rien que la remontée prend environ une heure en respectant les paliers.

    On peut observer dans ce documentaire que le calmar de Humboldt porte bien son nom de diable rouge.
    Nullement impressionné par la présence humaine, il n’hésite pas à attaquer, s’accrochant au caméraman pour l’entraîner dans les profondeurs tout en essayant de lui arracher son masque.

    Ces calmars pratiquent le cannibalisme.

    Calmar de Humbolt

    Calmar de Humbolt en Californie. By drgflyorng

    Pendant la mission financée par le National Geographic, 1000 calmars ont été marqués afin d’en apprendre plus sur leur migration.
    Ce marquage s’est révélé très difficile car beaucoup d’individus sont arrivés sur le bateau à moitié dévorés par leurs congénères.

    Les déplacements des calmars de Humboldt restent à ce jour bien mystérieux. Les pêcheurs mexicains du golfe de Californie vivent de cette pêche qui s’avère cependant très aléatoire.
    En effet, les calmars disparaissent parfois pendant des années de ces eaux côtières.

    Nous savons qu’ils fréquentent la côte américaine du Pacifique depuis le nord de l’Oregon jusqu’au sud du Chili où nous perdons leurs traces.

    Les scientifiques ont constaté que les calmars migrent de plus en plus vers le Nord, jusqu’à l’Alaska.
    Peut-être est-ce dû à l’augmentation de la température des océans ou à la pêche excessive.

    La reproduction de cette espèce est très mal connue. Les accouplements se font très probablement à des profondeurs inaccessibles aux observateurs.

    Calmar de Humbolt

    La longévité de la plupart des céphalopodes est très courte, un an par exemple pour la seiche. La longévité des calmars est à peu près identique.
    Les partenaires ne s’accouplent qu’une fois dans leur vie. A part quelques rares exceptions, les mâles de céphalopodes meurent peu après l’accouplement et les femelles peu après la ponte.

    Le calmar de Humboldt et l’homme

    Ce calmar est pêché de manière industrielle par le Mexique. Pour ce pays, l’espèce a un poids économique important.

    La population mondiale n’est pas connue. On peut simplement constater que l’activité humaine a un impact sur leurs migrations.
    En 2007, ces calmars ont envahi les eaux californiennes attaquant toutes les proies passant à leur portée, y compris les plongeurs.

    Tentacules de calmar

    Gros plan sur les tentacules lors de l'invasion de 2007 en Californie. (capture d'écran TV)

    Cette invasion était très probablement due à la diminution de leurs principaux prédateurs, chassés eux-mêmes par l’homme ainsi qu’aux changements climatiques.

    Classification: Animalia. Mollusca. Cephalopoda. Teuthida. Ommastrephidae. Dosidicus

    V.Battaglia (03.05.2008)

     

    Mollusques:

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    Wheke, un calmar géant naturalisé

     

    C’est dans la grande galerie de l’évolution du Muséum d’Histoire Naturelle de Paris que le premier calmar géant, baptisé Wheke, a été naturalisé.
    Ce calmar avait été capturé au large de la Nouvelle-Zélande en 2000.

     

    Wheke est une jeune femelle âgée de moins de 4 ans qui mesure déjà plus de 6 m. C’est Steve O’Shea, spécialiste des calmars au NIWA (National Institut of Water and Atmospheric Research Limited) de Nouvelle-Zélande, qui a fait don il y a 8 ans de ce spécimen au muséum.

    Wheke, le calmar

    Wheke, le calmar géant

    Ce calmar a cependant été reconstitué en partie, notamment les yeux et plusieurs centaines de ventouses.

    C’est un laboratoire italien, spécialisé en plastination qui a travaillé pendant plus de deux ans sur la reconstitution du calmar.

    V.Battaglia (27.03.2008)

     

    Mollusques:  Wheke, un calmar géant naturalisé

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