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    Octopus marginatus. « Coconut octopus »

     

    Octopus marginatus n’est pas un poulpe comme les autres. Cette petite pieuvre d’environ 15 cm présente des comportements qui en font une exception.
    En effet, Octopus marginatus avait déjà surpris les scientifiques en 2005 en adoptant une démarche bipède.
    En 2009, le poulpe a démontré qu’il était capable d’utiliser des outils. Cette pieuvre devient donc le premier invertébré capable d’un raisonnement aussi complexe.

     

    Portrait d’ Octopus marginatus

    Le corps de cette pieuvre mesure environ 8 cm et elle atteint 15 cm avec ses tentacules.

    Les lignes sombres ramifiées qu’elle arbore  rappelant des veines lui ont valu l’appellation anglaise de Veined Octopus.
    Son autre appellation « Coconut octopus » lui vient de son habitude d’utiliser des noix de coco pour se confectionner un abri.

    Octopus marginatus

    Octopus marginatus. By prilfish

     

    Elle évolue sur les fonds sableux des baies et lagons d’Indonésie. Elle se nourrit de crevettes, de crabes et  de coquillages.

    Octopus marginatus et la bipédie

    En 2005, des chercheurs à l'université de Berkeley (Californie) avaient eu la surprise de filmer cette pieuvre alors qu’elle fuyait en adoptant une démarche bipède.

    De la part d’un invertébré qui possède 8 bras, c’est un véritable exploit. Pour y arriver, le poulpe plie 6 de ses tentacules autour de sa tête  et se sert des deux bras restant pour s’enfuir rapidement, une noix de coco sur la tête.

    Octopus marginatus

    Octopus marginatus. (Capture d'écran vidéo Victoria Museum)

    Pour les prédateurs, le leurre est parfait. Ils ont l’impression de détecter une simple coquille vide qui dérive au gré des courants.

    Une autre espèce, originaire d’Australie, utilise la même méthode pour éviter les prédateurs. Il s‘agit d’ Octopus aculeatus qui a pu être observé dans un aquarium public.

    Les travaux avaient été publiés dans la revue Science.

    Octopus marginatus utilise des outils

    Cette pieuvre, filmée dans son environnement naturel, est véritablement exceptionnelle. Elle manipule et porte des coquilles vides de noix de coco sur des distances de plus de 20 m afin de se confectionner un abri.

    Mais, elle ne se contente pas simplement de les porter. Elle les désensable, les vide, les nettoie en projetant de l’eau à l’intérieur de la coquille puis les transporte.
    Afin de les transporter, elle pratique la bipédie.

    Octopus marginatus

    Octopus marginatus. By prilfish

    Cette suite d’actions prouve qu’Octopus marginatus est capable d’avoir un raisonnement très complexe.
    Cette pieuvre n’agit pas du tout au hasard ou par simple opportunisme.

    Peut-être qu’au départ, ce poulpe se contentait-il d’utiliser quelques coquilles pour s’abriter. Avec la présence humaine, ce comportement est devenu beaucoup plus sophistiqué.
    Les populations locales rejettent de nombreuses coquilles de noix de coco qui viennent s’échouer sur les fonds marins.

    Cette profusion de coquilles a modifié le comportement de cette pieuvre qui peu à peu a appris à s’en servir de manière régulière.

    Octopus marginatus

    Octopus marginatus. (Capture d'écran vidéo Victoria Museum)

    C’est actuellement la seule espèce connue parmi les invertébrés qui est capable d’utiliser des outils.

    En observant cette pieuvre, on pense immédiatement au bernard-l’hermite qui utilise toujours une coquille vide pour se protéger.
    Cependant, Octopus marginatus fait preuve d’un comportement beaucoup plus complexe. Cette pieuvre ne réutilise pas toujours la même coquille comme le fait le bernard-l’hermite. Elle stocke des coquilles pour de futures utilisations.

    Ces différents transports n’ont donc pas pour objectif de se protéger mais bien de stocker.

    Octopus marginatus

    Octopus marginatus. (Capture d'écran vidéo Victoria Museum)

    Ce comportement est unique.

    L’observation d’ Octopus marginatus a commencé dès 1998 et s’est poursuivie jusqu’en 2008. Les dernières observations ont fait l’objet d’un rapport dans la revue Current Biology de décembre 2009.

    Classification: Animalia. Mollusca. Cephalopoda. Octopoda. Octopodidae. Amphioctopus

    V. Battaglia (19.12.2009)

     

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    Pieuvre

     

    La pieuvre ou poulpe (Genre Octopus) est l’un des mollusques les plus intelligents de son espèce. Apparue au Cambrien, la pieuvre n’a pratiquement pas changé depuis des centaines de millions d’années.

    Contrairement à la majorité des espèces, aucune extinction de masse n’a eu raison d’elle. Superbe réussite d’une longue évolution de plus de 500 millions d’années, la pieuvre est un mollusque apparenté à la seiche et au calmar, de bien étranges animaux aux bras multiples directement rattachés à la tête : les céphalopodes.

     

    Métamorphose de la pieuvre

    Très attachée à son territoire, la pieuvre vit en solitaire. Elle aime s’installer dans des massifs de coraux et n’en sort que pour chasser.
    Elle est capable de changer radicalement d’aspect en quelques secondes. Elle peut par exemple se fondre dans son environnement ; son corps se hérisse alors pour prendre l’apparence d’un rocher.

    Pieuvre. Octopus vulgaris

    Octopus vulgaris accrochée à son rocher et cherchant à se confondre avec lui . By Laszlo-photo

    La pieuvre peut également changer de couleur. Elle peut devenir sombre, du noir au rouge-brun ; claire jusqu’au jaune pâle ou encore réfléchir les couleurs vertes et bleues de son environnement.
    Cette faculté chromatique est liée à trois types de cellules du derme : les chromatophores, les iridophores et les leucophores.

    Les changements de couleur, mais également les altérations de texture, sont contrôlés par le système nerveux.

    Portrait de la pieuvre

    Il y a environ 500 millions d’années, la pieuvre était un mollusque à coquille. On pense que c’est pour mieux fuir les prédateurs qu’elle a peu à peu abandonné sa lourde coquille. La famille des Octopodidae regroupe 23 genres et environ 197 espèces.

    Le genre Octopus est le plus répandu avec environ 115 espèces. De l’obscurité des grands fonds à la chaleur des mers tropicales, les pieuvres se sont adaptées à des biotopes très diversifiés. Elles ont réussi à coloniser l’ensemble des fonds marins.

    Pieuvre

    Le corps de la pieuvre est mou. By Ryan Wick

    Le corps de la pieuvre est mou. Octopus vulgaris, la pieuvre commune ou poulpe, du mot grec « polupous » (pied multiple) ne conserve en guise de squelette que deux petits bâtonnets allongés situés dans son enveloppe externe, le manteau.

    Pieuvre. Le corps de la pieuvre est mou

    Il y a environ 500 millions d’années, la pieuvre était un mollusque à coquille. © dinosoria.com

    Grâce à ce corps mou, elle peut fuir avec plus d’agilité et se dissimuler dans des trous.
    D’ailleurs, non seulement, elle peut s’enfouir mais elle est aussi capable de reboucher le trou avec un petit caillou.
    Ses mensurations bien qu’impressionnantes sont loin d’être aussi gigantesques que les récits des marins le laissaient supposer.

    Pieuvre

    La pieuvre est sourde et muette. By Mike Fats

    Enteroctopus dofleini (synonyme: Octopus dofleini) est la plus grande pieuvre du monde. En moyenne, elle mesure 4 à 5 m pour 50 kilos. Mais, un monstre de 272 kilos, dont l’envergure des bras atteignait 9 mètres a déjà été repêché !

    La pieuvre est sourde et muette. Par contre, sa vue est excellente et elle dispose de papilles gustatives jusque sous les ventouses de ses bras.

    La pieuvre ne discerne pas les couleurs mais accommode bien sa vue aux variations de distance et de luminosité.

    Pieuvre

    La pieuvre a une excellente vue qui lui permet de repérer ses proies dans les eaux sombres . By regueifeiro

    Les ventouses sont constituées d’une chambre adhésive entourée d’un anneau strié. Chaque bras porte 240 ventouses qui peuvent être articulées une à une.

    Les bras ont le pouvoir de se régénérer. Sectionnés, ils cicatrisent et repoussent. La force des ventouses a été mesurée en laboratoire. Une pieuvre commune de 1,3 à 2,5 kg peut tracter une proie de 18 kg !

    Ventouses d'une pieuvre

    Les bras de la pieuvre ont le pouvoir de se régénérer. © Dinosoria.com

    Le corps de l’animal est appelé « manteau ». Les tentacules sont au nombre de huit. Chez le mâle, le troisième bras dorsal ou hectocotyle, s’est différencié en organe copulateur.

    La Pieuvre : primitive mais intelligente

    Adepte des profondeurs, cette étrange créature a révélé une remarquable intelligence.

    Pieuvre

    Enfermée dans un aquarium transparent, cette pieuvre essaye de s'échapper par un orifice de 8 cm. Elle y parvient en 12 mn en modifiant son corps de 2,50 m d'envergure.

    Replacée dans les mêmes conditions, il lui faudra seulement une minute pour retrouver le chemin de la sortie.

    Montage photo effectué à partir du documentaire "Octopus" diffusé sur Arte

    Techniques de chasse et de fuite

    La pieuvre chasse de préférence à la tombée de la nuit ou au lever du jour. Elle se nourrit essentiellement de crustacés et de petits mollusques. Les pieuvres de grande taille n'hésitent pas à s'attaquer à des requins.

    Sa technique est simple et toujours identique. Elle repère une proie tout en évoluant tranquillement sur le fond marin. Elle change alors immédiatement de couleur pour devenir invisible. Dès que la proie est à sa portée, elle jette ses huit bras dessus puis ramène son dîner à l’aide de ses ventouses dans son abri.

    pieuvre

    La pieuvre chasse à l'affût. © dinosoria.com

    Sa bouche est située au centre de ses bras. Elle est dotée d’une musculature qui actionne deux mandibules appelées « bec de perroquet ». C’est à l’aide de ce bec qu’elle déchiquette la victime avant de l’avaler.

    Comme le ferait un reptile, elle paralyse sa proie à l’aide d’un poison, le cephalotoxin, et un enzyme aide à la prédigestion.
    Il lui faut environ 12 h pour digérer totalement. Elle ne mange que la chair des crustacés et rejette hors de son terrier les débris.

    Pieuvre

    La pieuvre paralyse sa proie avec un poison. By jpslim

    Octopus vulgaris est dotée d’une poche dite « du noir ». Cette poche est commune à la plupart des céphalopodes mais n’a pas été retrouvée sur les espèces des grandes profondeurs. Probablement parce qu’elle n’était plus utile dans le noir total.
    Cette poche contient une glande qui sécrète de la mélanine. La pieuvre l’utilise, mélangée au mucus, pour envoyer des jets d’encre en cas d’attaque.

    La reproduction

    Le bras hectocotyle est, chez le mâle, le troisième bras dorsal. L’extrémité de ce bras s’est modifiée en organe copulateur. 
    Les pieuvres ont une vie assez brève et pour compenser les femelles se dévouent à leurs œufs jusqu’à la mort.

    Le cycle de vie de la pieuvre dépend du biotope. Dans les mers tropicales, la reproduction s’effectue toute l’année. Dans les mers tempérées, les femelles pondent uniquement au printemps.

    Octopus vulgaris

    Octopus vulgaris . By Philippe Guillaume

    L’espérance de vie varie de 12 à 14 mois pour les femelles à 24 mois pour les mâles.

    En guise de parade nuptiale, le mâle exhibe ses ventouses. Il étend ensuite son bras copulateur afin que se déclenche le transfert des gamètes. Le pénis s’avance dans l’entonnoir et expulse des spermatophores qui sont acheminés le long de la gouttière du bras copulateur.

    Ventouses d'une pieuvre

    Deux rangées de ventouses puissantes sur chaque bras. By Sarae

    La pieuvre pond ses œufs dans son abri. Cette ponte dure de 15 à 30 jours. En effet, selon sa taille et l’espèce, le nombre d’œufs qui sortent en cordon est très variable. C’est une mère très attentionnée.
    Elle nettoie et irrigue ses œufs sans s’alimenter. Son instinct maternel va jusqu’à mourir d’épuisement peu de temps après l’éclosion.

    Pieuvre

    La pieuvre est une mère attentionnée. By Allie Caulfield

    Dès leur naissance, les petites pieuvres adoptent les comportements typiques de leur espèce pour survivre.
    La femelle d'’Octopus vulgaris ne se reproduit qu’une fois dans sa vie. Les cordons contiennent chacun 2 000 à 3 000 œufs. Elle peut se libérer de près de 500 000 œufs après 30 jours de ponte.
    L’incubation dure entre 4 et 6 semaines. Grâce à tous les soins que la femelle apporte à ses oeufs, le taux de mortalité est inférieur à 10%. Mais, elle paie de sa vie tous ses efforts et meurt généralement de dénutrition et d’épuisement dès le début de l’été.

    Pieuvre. Octopus vulgaris

    La femelle d'’Octopus vulgaris ne se reproduit qu’une fois dans sa vie. © dinosoria.com

    Toutes les espèces n’ont pas le même comportement au moment de la reproduction. Par exemple, Octopus cyanea est connu pour sa parade sexuelle très colorée et le mâle étreint sa partenaire dans ses bras pour s’accoupler.

    Mythes et réalités

    Les hommes ont toujours été fascinés par la pieuvre. Animal mythique, les marins lui attribuaient des capacités extraordinaires et des dimensions gigantesques.

    Octopus marginatus

    Octopus marginatus. By Nick Hobgood

    Les légendes scandinaves rapportent qu'il existe au fond des mers un redoutable monstre, le Kraken, dont les multiples bras peuvent faire sombrer un navire.

    Toutes les pieuvres ne sont pas grandes. La pieuvre pygmée du genre Octopus qui vit dans les eaux du Pacifique est minuscule ce qui l'a rend vulnérable face aux prédateurs.

    Certaines espèces minuscules ont un manteau dont la longueur ne dépasse pas 13 mm. Octopus joubini est l'une des plus petites pieuvres.

    Pieuvre

    Petite pieuvre en balade. By Nick Hobgood

    En réalité, la pieuvre, quelle que soit sa taille, est totalement inoffensive et les plongeurs peuvent s’en approcher sans risque.
    L’encre noire qu’elle projette lors de sa fuite n’est pas nocive. C’est un écran qui lui sert de diversion et à se dissimuler.
    Néanmoins, nous connaissons très mal les grands fonds. Rien ne dit qu’il n’existe pas des pieuvres de tailles gigantesques.

    Cependant, il est plus probable que les "monstres" repérés par les marins étaient des calmars géants.

    La pieuvre et l’homme

    Les pieuvres jouent un rôle essentiel dans l’écologie des fonds marins. Comme d’autres céphalopodes, elles font l’objet d’une pêche intensive.

    Octopus vulgaris. Pieuvre commune

    Pieuvre commune. © dinosoria.com

    Dans les régions de pêche côtière ou d’ostréiculture, les pieuvres sont considérées comme des fléaux. Certaines épidémies de pieuvres sont restées célèbres. En 1899, les poulpes ont envahi les côtes de la Manche, saccageant les élevages d’huîtres et les bancs de poissons.
    Ce phénomène s’est reproduit en 1922, 1950 et 1951. Ces épidémies se sont toujours déroulées après un hiver très doux.
    On pouvait alors dénombrer près de 70 pieuvres sur une distance de 200 mètres, ravageant les populations locales de mollusques et de crustacés.

    Pieuvre

    La pieuvre fait l'objet d'une pêche intensive. By Nick Hobgood

    Si la pieuvre est bien un carnivore actif à l’appétit proportionnel à son poids, sa longévité très courte n’a que peu d’influence sur son environnement.
    Les populations sont en réalité très fragiles. Un hiver rigoureux peut affecter la reproduction et donc le renouvellement des populations.

    De plus, la pieuvre fait l’objet d’une exploitation commerciale à grande échelle. Avec 100 à 200 000 tonnes par an, l’Octopus vulgaris est l’espèce la plus pêchée, notamment par les Espagnols et les Japonais.

    Pieuvre

    La pieuvre est inoffensive. © dinosoria.com

    Bien que les populations mondiales soient stables, la vigilance est de rigueur. En effet, la pêche industrielle s’oriente aujourd’hui vers les espèces de grande profondeur dont le cycle de vie est très mal connu.

    Classification pieuvre commune: Animalia. Mollusca. Cephalopoda. Octopoda. Incirrina. Octopodidae. Octopodinae. Octopus

    V.Battaglia (05.2004) . M.à.J 05.2008

     

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    Une pieuvre avec 96 tentacules

     

    C’est en décembre 1998, dans la baie de Matoya, au Japon, qu’une étrange pieuvre a été découverte.
    Capturée vivante, cette incroyable pieuvre possédait 96 tentacules.

     

    Il s’agissait d’une pieuvre commune (Octopus vulgaris) qui possédait bien les 8 tentacules habituels mais chacune s’était ramifiée en une multitude de tentacules supplémentaires.

    Cette pieuvre a survécu environ 5 mois en aquarium et s’est reproduite. Les œufs ont donné des petites pieuvres tout à fait normales.

    Après son décès, le spécimen a été conservé et nous pouvons observer cette étrange créature sur une affiche de l’aquarium Shima Marineland.

    Pieuvre avec 96 tentacules capturée en 1998

    Mais, ce n’est pas la première fois qu’une pieuvre de ce type a été capturée. En 1957, également au Japon, un spécimen qui possédait 85 tentacules.

    Les spécialistes ne savent pas pourquoi une ramification anarchique se produit parfois. Ils supposent que cette anomalie peut se produire lors du processus de régénération lorsqu’un tentacule est coupé.
    Cependant, la cause exacte est inconnue.

    La pieuvre repêchée en 1998 a été inscrite dans le Guinness World Records.

    V. Battaglia (05.03.2012)

     

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    Seiche

     

    Comme la pieuvre ou le calmar, la seiche est un mollusque de la classe des céphalopodes. Cet animal étrange fait preuve d’une grande curiosité et l’on peut facilement l’apprivoiser. Si on compare le cerveau d’une seiche à celui de la plupart des vertébrés, on se rend compte qu’il est très développé.
    La seiche, comme la pieuvre, fait montre d’une grande intelligence. Nous connaissons bien la seiche commune (Sepia officinalis) qui vit près de nos côtes.

    Portrait de la seiche

    La seiche est un décapode c’est-à-dire qu’elle a dix bras dont deux spécialisés dans la prédation et qui sont plus longs. Les seiches se déplacent souvent en bancs, comme les calmars, et cela sur d’énormes distances.
    Il existe 116 espèces de seiches qui vivent dans les eaux côtières, riches en nourriture.

    Seiche

    La seiche est un décapode. © dinosoria.com

    C’est en 1982 que la première seiche baptisée Sepia latimanus a été vue par des plongeurs. Ce spécimen était une femelle qui s’apprêtait à pondre ses œufs.
    Les oeufs furent récupérés et étudiés en laboratoire.
    A leur naissance, on a habitué les petites seiches à entretenir des relations avec les hommes. Très rapidement, on a pu leur donner à manger à la main.

    Os de seiche

    Os de seiche. By Paul J. Morris

    La seiche possède une coquille interne, l’os. C’est en fait sa coquille bien qu’elle soit interne. Cette coquille « l’os de seiche » est remplie d’air et permet à ce céphalopode de flotter sans effort à n’importe quelle profondeur, sans être obligé de nager en permanence.

    Seiche

    L'os de seiche est la coquille interne. © dinosoria.com

    La coquille contribuant à la flottabilité, les Coléoïdés (pieuvres, seiches, calmars) ont développé un moyen de locomotion unique dans le règne animal : la propulsion à réaction.
    En effet, ces céphalopodes nagent en expulsant par un étroit tuyau, appelé l’entonnoir, l’eau qu’ils aspirent dans une cavité de leur manteau pour alimenter les branchies en oxygène.

    Seiche

    Seiche photographiée en Australie. By The Lightworks

    La seiche comme tous les céphalopodes ne distingue pas les couleurs. Cependant, ses deux grands yeux très perfectionnés sont similaires à ceux des vertébrés. Elle possède une excellente vue, y compris dans l’obscurité.

    Seiche

    La seiche possède une excellente vue. By Jenny Huang

    La seiche porte sur ses tentacules des ventouses renforcées par un anneau rigide, en corne. Cette caractéristique lui permet de maintenir fermement ses proies.
    La seiche se nourrit de crustacés et de poissons osseux ainsi que d’autres mollusques. Elle est surtout active à la tombée de la nuit.

    Elle repère ses proies à vue, s’approche de la victime puis déploie brusquement ses tentacules. Son bec corné lui permet de déchiqueter la proie et de l’avaler par petits morceaux.

    Seiche

    La seiche possède un bec corné très puissant. © dinosoria.com

    La taille des seiches varie selon les espèces et peut atteindre plus d'un mètre de long (tentacules compris) pour la seiche géante d'Australie, la plus imposante espèce au monde. La seiche commune n'excède pas 45 cm de long pour les plus grands spécimens.

    La seiche : un véritable caméléon

    Il ne lui faut que quelques secondes pour changer de couleur ou d’apparence. Les chromatophores sont des milliers de cellules cutanées pigmentées qui peuvent se contracter ou se dilater par action musculaire.
    Elles recouvrent des éléments réflecteurs, les leucophores, qu’elles cachent ou découvrent, permettant des changements de couleur.

    Seiche qui change de couleur

    La seiche change de couleur selon ses humeurs. © dinosoria.com

    La seiche peut également tordre ses bras dans tous les sens. Sa peau se hérisse alors en lui donnant une apparence terrifiante pour ses proies ou ses prédateurs.

    Seiche hérissée

    Seiche hérissée pour paraître plus impressionnante. By Jenny Huang

    Parfois, un caléidoscope de couleur brillante semble irradier de son corps. Les scientifiques pensent que ces signaux forment la base du langage visuel des seiches que nous commençons à peine à interpréter.

    Le jet d’encre

    Pour se défendre contre ses prédateurs, la seiche n’a qu’une seule issue : la fuite. Mais, elle dispose d’un organe spécial, la poche du noir, qui est constitué d’une glande sécrétant de la mélanine et d’un réservoir.
    La mélanine, mélangée au mucus, forme de l’encre. En s’enfuyant, la seiche envoie dans la figure de son adversaire ce nuage d’encre ce qui la dissimule le temps de se cacher.
    Cette encre contient de plus des enzymes qui inhibent l’olfaction de l’agresseur.

    Seiche géante d'Australie

    Seiche géante d'Australie. © dinosoria.com

    Les céphalopodes ont longtemps été recherchés pour leur poche du noir. Le pigment que la seiche sécrète sert de base à la fabrication de la sépia (encre de Chine), utilisée dans le dessin au lavis.
    De couleur rouge sombre, la sépia doit son nom à la seiche, Sepia officinalis.

    La sépia naturelle de seiche était déjà commercialisée dans l’Antiquité et l’a été jusqu’au milieu du 19e siècle.

    Lorsque Cuvier publie, en 1817, ses études sur l’anatomie des mollusques, ses illustrations sont réalisées avec l’encre des céphalopodes qu’il a disséqués.

    Reproduction et Migration

    Ovipare, la seiche pond entre 200 et 300 œufs qu’elle dépose près des côtes. A leur naissance, les petits (seichons ou sépions) mesurent environ 12 mm. Ils disposent d’une réserve alimentaire sous forme d’un sac vitellin interne.

    Accouplement de seiches

    Accouplement de la seiche commune. (Sepia officinalis). By rakfb

    Il leur faut quelques mois pour passer au stade adulte.

    Généralement, le mâle meurt peu de temps après l'accouplement et la femelle peu après la ponte. La longévité d'une seiche varie d'un à deux ans maximum.

    Mythes sur la seiche

    Comme le calmar ou la pieuvre, la seiche a fait l'objet de nombreux mythes et superstitions. Autrefois, au Japon, les pêcheurs pensaient qu'il existait des sèches géantes, assimilées à des monstres marins.
    Une légende est née lors de la guerre de l'Indépendance américaine. La destruction du navire Ville-de-Paris, pris par les Anglais, était due, selon les marins, à un groupe de seiches géantes.

    Classification: Animalia. Mollusca. Cephalopoda. Coleoidea. Decabrachia. Sepiida

    V.Battaglia (06.2004) M.à.J 03.2008

     

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    Seiche géante

     

    Oubliez la petite sèche commune qui n’excède pas 45 cm de long ! La seiche géante d’Australie est le poids lourd du genre Sepia.
    En effet,  Sepia apama peut mesurer plus d’un mètre de long, tentacules comprises, ce qui en fait la plus grande seiche au monde.
    Assez paradoxalement, la seiche géante est restée méconnue des scientifiques pendant très longtemps. Sepia apama n’est vraiment étudiée que depuis une quinzaine d’années.

     

    Portrait de la sèche géante

    Morphologiquement, Sepia apama est une version géante de la sèche commune. Comme toutes ses cousines, elle a dix bras dont deux spécialisés dans la prédation et qui sont plus longs.
    Par contre, elle se différencie par son poids. Les plus gros spécimens atteignent les 10 kg. Le corps mesure environ 50 cm.

    Cette seiche est originaire d’Australie. Elle évolue jusqu’à 100 m de profondeur entre le Queensland et les côtes de l'Australie-Méridionale.

    Seiche géante d'Australie

    Seiche géante d'Australie (Sepia apama). © dinosoria.com

    Sa coquille interne, « l’os de seiche », remplie d’air est bien sûr beaucoup plus imposante que celles des petites espèces.

    La plupart des seiches sont surtout actives à la tombée de la nuit. Ce n’est pas le cas de la seiche géante qui est principalement diurne.

    Sepia apama

    Sepia apama est la plus grosse seiche au monde. © dinosoria.com

    Elle passe la plus grande partie de la journée  camouflée dans les fissures des rochers, se protégeant ainsi des prédateurs.
    Elle ne s’éloigne guère de son abri que pour s’alimenter. Elle se nourrit de crustacés et de poissons osseux ainsi que d’autres mollusques.

    La seiche repère ses proies à vue, s’approche rapidement puis déploie brusquement ses tentacules. Grâce à son bec corné, elle déchiquète la proie puis l’avale par petits morceaux.

    Sepia apama . Seiche geante

    La seiche géante est active le jour. © dinosoria.com

    Elle est elle-même la proie d’autres prédateurs. A cet égard, des scientifiques ont observé un comportement très singulier chez certains dauphins. Quelques individus, observés dans le Golfe Spencer, ne se contentent pas de tuer les seiches et de les avaler tout cru.
    Ils assomment violemment leur victime puis la secouent pour la vider de son encre. Ensuite, ils frottent énergiquement la seiche sur le fond marin afin de dégager l’os de seiche. Suite à ce rituel « culinaire », ils peuvent commencer leur repas.
    D’après les chercheurs, le fait de retirer l’encre facilite la digestion.

    Seiche géante d'Australie

    Sepia apama passe une grande partie de la journée camouflée dans les rochers. © dinosoria.com

    Du point de vue comportemental, la seiche géante est beaucoup moins timorée que ses petites cousines. Très territoriale, elle ne se laisse pas impressionner par les intrus, y compris l’homme.
    En principe, la seiche fuit rapidement dans un jet d’encre face à des plongeurs. La seiche géante a démontré une plus grande assurance comme on a pu l’observer dans plusieurs documentaires, en n'hésitant pas à effectuer des manœuvres d’intimidation.

    Il ne s’agit pas d’agression mais plutôt de faire valoir ses droits de propriété sur son territoire.

    Seiche geante d'Australie

    Couleur vive d'intimidation pour cette seiche géante. © dinosoria.com

    Il ne lui faut que quelques secondes pour changer de couleur ou d’apparence ce qui traduit chez elle un changement d’humeur.
    Quand un intrus est un peu trop insistant, son corps se hérisse et prend des couleurs vives, afin de la faire paraître encore plus impressionnant.

    En dehors de la période de reproduction, c’est une espèce solitaire.

    Reproduction

    Les accouplements s’effectuent en hiver (période qui correspond à l’été dans notre hémisphère).

    Il existe dans le Golfe Spencer une zone de grands rassemblements de seiches pendant cette période de reproduction. On peut notamment les observer près de Whyalla, en Australie-Méridionale.
    C’est d’ailleurs l’occasion pour les scientifiques de pouvoir les étudier.

    Seiche géante d'Australie

    Un mâle se pare de couleurs lumineuses pour attirer une femelle. © dinosoria.com

    Il est d’ailleurs intéressant de souligner que cette espèce est aujourd’hui protégée durant sa reproduction sur ces côtes. A partir des années 1990, les pêcheurs avaient pris l’habitude de se rendre sur ce site mais les prélèvements excessifs ont mis l’espèce en danger.
    Aujourd’hui, les touristes peuvent observer ces milliers d’individus se reproduire en toute tranquillité.

    Les mâles arborent leurs plus belles couleurs pour attirer les femelles. Une livrée spécifique est destinée à repousser les rivaux.

    Seiche géante

    Elégance d'une seiche géante. © dinosoria.com

    Durant l’accouplement, le mâle libère son sperme dans un spermatophore et le transfère grâce à un bras modifié dans la cavité palléale de la femelle.

    Comme pour toutes les seiches, son espérance de vie est courte, un an en moyenne à deux ans maximum.

    En effet, les mâles meurent généralement peu après l’accouplement, et les femelles, après la ponte.

    Classification: Animalia. Mollusca. Cephalopoda. Sepiida. Sepiidae. Sepia

    V. Battaglia (04.11.2009)

     

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