•  

    Toutes les bonnes raisons de découvrir

    la Ria d'Étel

     

    Par Emmanuelle Saporta
     

    Direction le sud du Morbihan, entre Vannes et Lorient, à la découverte de ce bras de mer qui entre dans les terres. Paysages variés, îlots, petits bois et parcs ostréicoles constituent le décor de ce lieu sauvage et préservé. Magique !

     

    ria d'Etel

    L'entrée dans la ria d'Etel, au loin, la commune d'Etel.

    Qu'est-ce que la Ria d'Étel ?

    La chronique d'Emmanuelle Saporta, rédactrice en chef web de Campagnes TV

     

    Ici, même les locaux vous parleront tantôt de ria, tantôt de rivière. "On peut dire les deux", répondent-ils quand on leur pose la question. Dans ce bras de mer qui s'enfonce dans les terres sur une vingtaine de kilomètres, l'eau est salée.  

     

    Découvrir la barre d'Étel à l'entrée de la Ria

     

    embouchure etel

    De l'autre côté de la rive, depuis le sémaphore, Josiane guide les bateaux qui souhaitent passer le banc de sable.

    A l'embouchure de la Ria, se trouve un banc de sable sous-marin en perpétuel mouvement. Il se forme et se déplace au gré des courants et des vents changeants.  Cela provoque parfois l’apparition de grandes vagues de fond ou de déferlantes.  Ce banc de sable est visible partiellement à basse mer. La navigation y est difficile,  parfois impossible, quand le courant de jusant est fort (mer descendante) ou quand il y a un vent contraire au contact d’un haut fond (banc de sable).

    La légende raconte qu’une femme qui faisait beaucoup de bien aux habitants d’Etel, aurait été kidnappée par des pirates sans obtenir de l’aide des villageois. Elle aurait voulu se venger en jetant une poignée de sable qui aurait formé la barre d’Etel.

    Le sémaphore d'Étel, un lieu unique à plus d'un titre

    Ce sémaphore est unique parce que c’est le seul sémaphore civil de France (les autres sémaphores sont gérés par les militaires). Il était auparavant  géré par la commune (Compagnie du port du Morbihan).

    Ce sémaphore est également unique  parce qu’il est tenu par une femme : Josiane Péné, 65 ans. Josiane a pris son poste au début des années 80 quand son mari est décédé. A l’époque il y avait principalement des chalutiers. À partir de 1982, la création d’un port de plaisance à Étel a entraîné l'augmentation du nombre de voiliers.

    Une surveillance soutenue

    Lorsqu'elle est en poste, Josiane surveille les bancs de sable qui se forment et se déplacent. Elle observe du haut du sémaphore, à la jumelle.  Elle s’aide aussi de piquets fixés au balcon pour repérer les hauteurs d’eau dans les passes. Elle s’aide aussi du radar et travaille en collaboration avec le CROSS. Josiane guide les bateaux qui veulent passer la barre d’Etel. Les pêcheurs la connaissent bien et les plaisanciers qui souhaitent passer la contactent. Ils utilisent pour cela le téléphone ou le canal VHF 13. Elle leur indique alors l’emplacement de la passe du jour. Elle assure aussi la coordination avec le CROSSA Etel en cas de problème. En cas de besoin, un canot de sauvetage prêt à sortir.  Entre 10 et 30 bateaux passent chaque jour la barre d'Étel, avec des  pointes en été. 

    Possibilité de visiter le sémaphore : renseignements et inscription auprès du syndicat d’initiative d’Etel.

    Un peu d'histoire

    A la fin des années 1850, le passage est de plus en plus utilisé du fait du développement de la pêche à la sardine. Un premier feu est installé le 15 août 1859. En 1867 un mât (mât Fenoux donc, ou mât-pilote) adossé à une cabane en pierre permet d'implanter en hauteur une grande flèche indiquant l'endroit de la passe. La maison sémaphore est mise en service en 1961.

    Embarquez pour une croisière sur la Ria au départ d'Étel. Les croisières commentées ont lieu d’avril à septembre. 1h30 de croisière à la découverte de la ria d‘Etel.

    Découvrez les parcs ostréicoles de la ria d'Étel

    ria intérieur Etel

    L'activité ostréicole est importante, avec des parcs à huîtres installés tout au long de la ria. Le syndicat ostréicole fédère une quarantaine d’adhérents.

    Le parcours est balisé avec des grands tuyaux verts et rouges afin de faciliter la navigation des plaisanciers et préserver les parcs (les premières installations ont été réalisées au printemps 2014). Il arrivait que les hélices des bateaux éventrent les poches d’huîtres. Pour mieux se repérer : quand on remonte la Ria, la balise rouge est sur la gauche, la balise verte sur la droite.

    Une longue tradition de pêche au thon

    voilier thonier

    Le Morbihan a été un pôle très important pour la pêche au thon, surtout au début du XXème siècle et jusqu’à la seconde guerre mondiale. La pêche a commencé à se développer à Étel à la fin du XIXème siècle avec un gros boom dans les années 1920. A tel point qu’Etel a même supplanté Groix dans les années 30. 'Il y a eu jusqu’à 230 bateaux de pêche immatriculés dans la rivière d’Etel à la grande époque", relate Grégory Nabat, animateur au musée des thoniers. Les pêcheurs utilisaient alors des bateaux bien spécifiques - des voiliers thoniers - baptisés les dundées.

    Le thon était pêché de juin à fin septembre-début octobre et la sardine du printemps à l’automne. En hiver, bon nombre de pêcheurs se convertissaient en paysans. Seuls 40 % allaient pêcher du côté de la Rochelle.

    Les bateaux à moteur ont fait leur apparition après la seconde guerre mondiale. On a alors enregistré un regain d’activité avec le développement de la pêche d’espèces nobles : (sole, merlu, limande). Puis les pêcheurs se sont tournés progressivement vers des ports plus importants comme celui de Lorient tout proche. A la fin des années 60 plus aucun bateau de pêche ne vient vendre à Etel. Aujourd’hui, Etel est devenu un petit port de plaisance tranquille. Quelques pêcheurs encore sur la ria (pêche à la dérive), mais plus d’activité économique liée à la pêche.

    Visitez le musée des thoniers

    Inauguré en 2001, ce musée a remplacé l'ancienne maison du patrimoine, née de la mobilisation de passionnés de la région. Ce musée retrace l'histoire de la pêche et la vie des pêcheurs dans la région. Des maquettes des paysages de la région y sont présentées. A Noël, le musée attire les foules avec ses crèches maritimes. En 2016, elles auront lieu du 13 décembre au 10 janvier.

    Faites étape à Saint-Cado

    Saint Cado

    Une petite île à deux pas du village de Belz : Saint-Cado est célèbre pour sa chapelle, sa fontaine et ses peintres.

    Partez pour une rando au départ de Locoal-Mendon

    Rando locoal mendon

    Empruntez le chemin de Cadoual qui s’enfonce dans les sous-bois : il vous permettra d’apercevoir les eaux vives de la ria puis de longer la pointe sud de la presqu’île. Ce lieu est légendaire : il aurait abrité Cadoual, le chouan et ses compagnons. Empruntez un chemin bordé de murets de pierres. Puis avancez dans une clairière avant de suivre le chemin côtier : vous pouvez même  suivre le bord de l’eau si la marée le permet.

    Où dormir ?

    A la petite presqu’île, à Locoal-Mendon

    Petite presquile Locoal Mendon

    C'est un éco-gîte, à mi-chemin entre le gîte traditionnel et les chambres d’hôtes, situé sur les rives de la Ria d’Etel. Le bâtiment principal est construit avec des matériaux naturels (ossature bois, chaudière granulés, panneaux solaires). Six chambres sont ouvertes à la réservation. L'accueil d'Alain et Nadine  est très chaleureux.

     

    ria d'Etel

    Profitez d'un grand jardin  face à la rivière.

    Nature en Images 3:  Toutes les bonnes raisons de découvrir la Ria d'Étel + vidéo

     

     

    Pin It

    votre commentaire
  •  

    Les secrets de la forêt d'Huelgoat

     

    Par Hughes Derouard
    source : Hors série - France sauvage
     

    Rivière d’Argent, camp d’Artus, Roche Tremblante, moulin du Chaos… S’enfoncer dans la forêt d’Huelgoat, vestige occidental de l’ancienne sylve de Brocéliande, qui recouvrait jusqu’au XVIe siècle une majeure partie de la région, c’est glisser ses pas dans un monde où l’imaginaire a planté durablement ses racines. Balade entre deux mondes…

     

    la forêt d'Huelgoat

    La forêt d’Huelgoat est un ensemble forestier domanial de plus de 1 000 hectares. Si ce paysage s’explique par un lent travail d’érosion, c’est à la légende que notre préférence peut aller. Ainsi, dit-on pas que ce serait Gargantua, courroucé de la « mauvaise bectance » offerte par la population, qui aurait accompli sa vengeance en bombardant la sylve armoricaine de cailloux colossaux. Pour accéder au Ménage de la Vierge et ses excavations creusées par l’érosion dans la roche, il faut descendre au creux du vallon...

    Tout commence à L’ Autre Rive. Un lieu que les citadins pensent forcément improbable. Songez, un cybercafé-librairie planté quasiment au milieu de nulle part, soit au hameau de Restiniou Vraz, près de Berrien ! C’est pourtant accoudé au bar, une tentante blonde Tantad (brassée par An Alarc’h à Huelgoat) face à moi, que j’engage la conversation avec Tugdual. Un fondu de photo, qui a quadrillé la forêt en quelques milliers de clichés. Les mystères de la forêt d’Huelgoat ? Rendez-vous est fixé au lendemain pour une découverte qui flirte avec l’initiation.

     

    Le Chaos

    Le Chaos le long de l'Allée Violette.

     

    Au petit matin, une brume gorgée d’humidité insuffle au moulin du Chaos une dimension on ne peut plus dramatique. Au pied du moulin (1339), la rivière d’Argent (nommée ainsi en raison des mines argentifères exploitées localement jusqu’à la fin du XIXesiècle), refuge des princesses celtes et des druidesses, jaillit du lac en une cataracte assourdissante. J’emboîte le pas de mon mentor ès légendes sur l’étroit, abrupt et glissant sentier courant sur la rive droite du cours d’eau, entre un amoncellement de blocs granitiques paraissant en équilibre précaire. Fermement cramponnés à la rambarde de l’escalier s’enfonçant au cœur de la grotte du Diable, nous progressons sur la « route des auberges ». Une balade qui n’a rien de festif puisqu’on raconte que quatre-vingt-dix-neuf affriolantes serveuses soumettaient à la tentation les pauvres mortels de passage. Y succomber était déjà mettre un pied dans l’autre monde…

     

    La roche tremblante

    Par un théâtre de verdure en surplomb se découvre la Roche Tremblante. Un mastodonte de granit jaugeant plus de cent tonnes, long de sept mètres de haut et haut de trois. Tugdual me met au défi de la faire bouger d’un simple coup d’épaule. Le point très précis trouvé, le roc géant oscille. Toujours impressionnant.

    Il faut descendre plus profond au creux du vallon pour que le Ménage de la Vierge et ses excavations creusées par l’érosion dans la roche se révèlent. Les plus imaginatifs disent y voir l’empreinte du berceau où reposait, auprès de sa mère, l’Enfant Jésus… Mais c’est une autre figure qui hante le Chaos d’Huelgoat : Dahut, la princesse d’Ys et fille du roi Gradlon. Ici, en sa demeure de Kastel-Guidel, elle menait une vie de débauche. Ses amants « consommés », Dahut chargeait son âme damnée, l’Homme noir, de les précipiter dans les abîmes du gouffre. Ce dernier existe bel et bien, et la rivière d’Argent y caracole en cascade écumeuse.

    Nous nous écartons du légendaire pour rejoindre la stèle dressée en hommage à Victor Segalen, mort mystérieusement dans cette profondeur forestière. L’archéologue qu’il était devait être intéressé par le camp d’Artus. En 1938, l’archéologue anglais Sir Christopher Wheeler exhume des traces de foyers et de fondations d’un habitat de l’époque gauloise ; situé au sommet d’une haute motte artificielle, le camp n’est autre qu’un puissant oppidum celtique (de type murus gallicus) d’une superficie d’une trentaine d’hectares, véritable forteresse défendue par une enceinte fortifiée. Là, vivait le peuple gaulois des Osismes. Jusqu’au milieu du XIXe siècle, les Huelgoatains refusaient de s’y aventurer, assurés que des êtres démoniaques veillant sur un trésor secret y rôdaient…

    Victor Segalen, la fôret pour linceul

    Médecin et grand voyageur explorateur, fin connaisseur de l’Océanie et de la Chine, où il dirige des expéditions archéologiques et géographiques, le Brestois Victor Segalen (1878-1919) revient s’installer en France en 1918, après avoir travaillé sur des sépultures dans la région de Nankin. Il séjourne alors à Huelgoat. Sa santé s’est subitement détériorée : « Je n’ai aucune maladie connue, reçue, décelable. Et cependant tout se passe comme si j’étais gravement atteint. Je ne me pèse plus. Je ne m’occupe plus de remèdes. Je constate simplement que la vie s’éloigne de moi. » Est-il victime d’une dépression profonde… Pour tromper l’ennui, ce promeneur solitaire parcourt les coins et recoins de la forêt et de ses chaos rocheux. Il y est retrouvé mort le 23 mai 1919, au pied d’un arbre, un exemplaire d’Hamlet de Shakespeare à ses côtés. Sa jambe est entaillée d’une blessure profonde et un garrot de fortune y est posé. Les circonstances de sa disparition ne seront jamais clairement établies. À lire : Les Immémoriaux, Terre Humaine/ Plon ; Équipée, L’Imaginaire/Gallimard ; Stèles, Éditions Chatelain-Julien.

     

    Nature en Images 3:  Les secrets de la forêt d'Huelgoat

     

     

    Pin It

    votre commentaire
  •  

    Le Mont-Saint-Michel redevient une île

     

    Par Clio Bayle
     
     

    Après deux ans de travaux, le pont-passerelle du Mont a ouvert au public ce matin. Ce nouvel accès est l’un des points d’orgue des grands ouvrages initiés en 1995 pour restaurer le caractère maritime du Rocher. Les travaux de démolition de l'ancienne digue-route en bitume vont pouvoir débuter.

    Le pont passerelle

     

    Le nouvel accès est désormais le seul lien entre le continent et le monument historique. Plus respectueux de l’environnement de la baie, il permet également au monument de retrouver son insularité une vingtaine de jours par an. Un phénomène qui ne s’était pas produit depuis la construction de la route-digue en 1880. La destruction de cette dernière va permettre d'observer d'avantage de marées : soit une centaine par an.

     

    Les remparts du Mont-Saint-Michel


    La passerelle se termine à 300 m du Mont par une esplanade submersible qui rend une partie de ses remparts au monument. À certains endroits (comme à gauche sur la photo), des meurtrières sont à nouveau visibles.

    L’inauguration de la route tombe à point puisque deux grandes marées se produiront le 20 février et le 21 mars 2015. Avec un très fort coefficient de 119 pour la deuxième, un tel spectacle ne se reproduira pas avant 2073 ! Le Mont offre sans conteste l’un des meilleurs belvédères pour observer les marées, mais les dégradations et la sédimentation subits par le lieu au cours du XXe siècle avaient diminué leur splendeur.

     

    Le Mont-Saint-Michel et sa nouvelle passerelle de nuit.

    Les différents ouvrages réalisés pour rendre au Mont son visage du XIXe siècle touchent désormais à leur fin. La démolition de la route en bitume et des derniers hectares de stationnement devrait être terminée à l’été 2015. À l’horizon 2025, le fleuve Couesnon devrait avoir reformé un large estuaire dans la baie.

     

    Nature en Images 3:  Le Mont-Saint-Michel redevient une île

     

    Pin It

    votre commentaire
  •  

    Les marais du Cotentin et du Bessin:

    une Camargue normande

     

     

    Par Hughes Derouard
    source : Hors série - France sauvage
     

    Au carrefour des départements de la Manche et du Calvados, entre terre et mer, s’étend l’une des zones humides les plus secrètes de France : les marais du Cotentin et du Bessin. Cette fascinante Camargue normande est sillonnée par une multitude de rivières, canaux et fossés.

    le domaine de Beauguillot

    Hormis les oiseaux nicheurs qui apprécient les biotopes qu'induisent les mares (réserve naturelle de Beauguillot...), fossées, tourbières (Baupte...) et rosilières, le marais représente une escale de choix pour 20 000 limicoles en hivernage.

     

    Rencontre avec une amoureuse de la Camargue normande

    Yveline, auxiliaire de vie sociale, s'est installée il y a un peu plus de dix ans à Liesville-sur-Douve, un peu au nord de Carentan. Elle ne se voit désormais plus vivre ailleurs. Sa saison préférée ? D'aucuns répondraient le printemps, mais Yveline aime l'hiver sur le marais, lorsqu'on le dit "blanc", lorsque les fleuves, parfois en dessous du niveau de la mer - la Douve, la Taute, la Vire, l'Autre... - débordent et forment un vaste paysage aquatique. Des étendues d’eau à perte de vue masquent les repères habituels : clôtures submergées, arbres presque noyés, routes parfois inondées… Ajoutez à la beauté aquatique du paysage les groupes d’oiseaux par centaines sondant la vase de leur bec pointu, le calme immense, vous comprendrez que le marais séduise en hiver. Les anciens distinguent le « haut pé » du « bas pé » : le haut pays est le bocage « sec » et le bas pays, la partie susceptible d’être recouverte par les crues hivernales, où jadis les paysans se déplaçaient en gabare.

     

    marais du Cotentin et du Bessin

    Le marais est quadrillé de petits canaux, dénommés localement des « limes ». Les emprunter avec un canoë est l’assurance d’approcher l’avifaune très discrètement.

     

    Un paysage entièrement créé par l'homme

    Au printemps, les fleuves retrouvent leur lit et ce sont les bovins, après les ancestrales fêtes de la mise au marais, qui investissent les prés libérés de l’eau. L’atmosphère est différente, peut-être un peu moins sauvage, mais tout aussi nature. « Nature oui, naturel, non ! C’est un paysage totalement créé par l’homme, qui a modelé ce territoire marécageux. Aujourd’hui encore, l’agriculture, avec la fauche et le pâturage, est indispensable à son bon équilibre » rappelle un guide du parc naturel régional des Marais du Cotentin et du Bessin. C’est au XVIIe siècle que l’on commença à vraiment aménager ces vastes et hostiles terres assaillies par la mer. En 1712 furent construites les premières portes à flots, ces portes qui se ferment automatiquement lorsque la marée monte et s’ouvrent quand elle se retire, puis des vannes et tout un réseau de canaux et fossés quadrillant les prairies.

     

    Les maisons en terre crue

    une maison en terre crue

    Spécificité des marais du Cotentin : la maison en terre crue, aussi appelée en « bauge ». Mélange de terre argileuse, d’eau et de fibres végétales, cette matière aux tons ocre ou bruns, disponible sur place, fut très utilisée du XVIe au XIXe siècle, aussi bien pour le bâti de certains manoirs que pour de modestes maisons de paysan. Le parc naturel régional des Marais du Cotentin soutient la restauration et l’entretien de ces maisons écologiques et économiques. « La bauge possède aussi une grande inertie thermique et fait office de régulateur hygrométrique », note-t-on au parc naturel régional.

     

    Marais du Cotentin et du Bessin

     

    Si la régulation du marais est mécaniquement réglée, la nature reprend ses droits chaque hiver pour former un envoûtant paysage de 30 000 hectares de zones humides, paradis pour les oiseaux. C’est à la réserve naturelle de Beauguillot, à deux pas de l’extrémité sud d’Utah Beach, près de la baie des Veys, que vous pourrez le mieux observer les centaines d’espèces sédentaires ou migratrices, parmi lesquelles un nombre impressionnant de canards, d’oies sauvages et d’échassiers. Du port de plaisance de Carentan, une petite route mène jusqu’à cette baie où les fleuves du marais terminent leur course avant de se noyer dans la Manche. Elle s’arrête brutalement le long de la digue, sur les polders de la pointe de Brévands, où peut-être aurez-vous la chance d’apercevoir des veaux marins.

     

    Un bout du monde discret et superbe

    marais du Cotentin et du Bessin

     

    À l’extrême limite ouest du parc naturel régional des Marais du Cotentin et du Bessin, le havre de Lessay est l’un des huit havres échancrant la côte occidentale de la presqu’île du Cotentin. Biotope prospérant entre immersions salées des marées et afflux d’eau douce, le havre est un milieu très sensible où ne peuvent survivre que les végétaux et animaux ayant une grande faculté d’adaptation.

    C’est une impression de bout du monde qui se dégage ici, mais un bout du monde qui n’aurait pas le charme immédiat de la pointe du Raz ou du cap de la Hague. Un bout du monde discret, calme, sans remous : à marée basse, la mer est tellement loin – jusqu’à cinq kilomètres – qu’elle en devient à peine perceptible, accentuant ainsi encore la sensation d’infini.

     

    Nature en Images 3:  Les marais du Cotentin et du Bessin: une Camargue normande

     

     

    Pin It

    votre commentaire
  •  

    Flâneries dans les jardins suspendus

    de Marqueyssac

     

    Par Détours en France
     
     

    Avec pour fond de décor des châteaux et des villages parmi les plus beaux de France, les Jardins suspendus de Marqueyssac offrent plus de 6 kilomètres de promenades ombragées et un dédale de 150 000 buis centenaires taillés à la main.

     

    Panorama

    Le jardin et son histoire

    Comme un immense paquebot recouvert de verdure échoué sur la Dordogne, le site de Marqueyssac trône au coeur d’un paysage qui mêle accents méditerranéens et souffles atlantiques. La dalle de calcaire de couleur jaune doré sur laquelle repose le jardin confère au lieu une hydrologie particulière qui se traduit dans la végétation qui le couvre : le versant sud est peuplé de chênes verts, d’érables de Montpellier et d’arbousiers typiques de la région méditerranéenne et remarquablement adaptés à la sécheresse.

     

    Jardin

     

    Le versant nord, plus humide, est colonisé de charmes, d’érables champêtres et de chênes. Mais la marque unique de ce lieu, qui lui imprime une touche ronde et romantique, ce sont les milliers de buis – on en compterait 150 000 –, la plupart plantés au XIXesiècle et qui constituent le fil conducteur de la promenade.

     

    Jardin

     

    On doit ce travail de Romain à un homme qui hérite du site en 1861, Julien de Cerval. Passionné de jardins, il va consacrer les trente dernières années de sa vie à embellir cet éperon de 800 mètres de long – entre le château et le belvédère - sur lequel les allées de promenade ne dessinent pas moins de 6 kilomètres.

     

    Le charme des villégiatures aristocratiques

    Édifiée à l’une des extrémités de l’éperon, plus demeure que château, la bâtisse de la fin du XVIIIe siècle, recouverte de lauzes, présente deux faces contrastées. Si l’extérieur, plus austère, est flanqué d’une tour qui abrite l’escalier monumental, la face interne, côté jardin d’agrément, est plus intimiste et rappelle les élégantes chartreuses de cette région .

     

    Jardinier

     

    Marqueyssac est le plus récent des châteaux que l’on découvre des différents points de vue du site grâce aux jumelles mises à la disposition des visiteurs. Dans un rayon de 10 kilomètres alentour, trois autres constructions (Beynac, Fayrac et Castelnaud) forment avec lui le quadrilatère le plus célèbre de la vallée de la Dordogne.

     

    Escalade et château

     

    À partir du château, la promenade peut commencer. Il y a autant de possibilités que de visiteurs qui peuvent suivre l’un des trois axes principaux (promenade des Falaises, promenade des Hauteurs et Grande Allée) et se perdre en suivant les nombreux petits sentiers qui s’en écartent, les relient et donnent accès aux différents belvédères et leurs vues sur la campagne et le fleuve en contrebas. Les curieux d’histoire et de nature pourront s’arrêter lire les messages qui content l’histoire de la Dordogne, la vie des habitants ou détaillent la faune et la flore.

     

    Marqueyssac de nuit

     

    La balade peut continuer ainsi une demi-journée entière, les plus sportifs et les moins sujets au vertige pouvant s’élancer en toute sécurité à l’assaut de la via ferrata et ses à-pics vertigineux ou connaître les frissons de l’escalade sur un parcours bien balisé et encadrés par des moniteurs.

     

    Buissons

     

    Pour les autres, un grand labyrinthe de buis offre ses dédales sinueux dans lesquels se perdent les enfants – pour lesquels deux espaces de jeux sont aménagés – alors qu’il fait bon profiter de la quiétude d’une terrasse pour prendre un verre sous une tonnelle, un moment qui, il faut l’avouer, fait partie intégrante du bonheur de la visite.

     

    Art topiaire, un enjeu de taille

    Les origines de l’art topiaire se trouvent dans la Grèce et la Rome antiques. Pline l’Ancien, dans son Histoire naturelle (Ier siècle après J.-C.), fait référence aux topiarus (mi-jardiniers mi-sculpteurs) qui embellissent de sculptures végétales (if, laurier, cyprès) les jardins des villas.

     

    Photo de nuit

     

    Au Moyen Âge, ce sont les moines qui reprennent à leur compte cette technique spécifique de taille… et qui sauvent cet art de sa disparition. À la Renaissance, les Italiens s’entichent du topiaire, que les créateurs de jardins utilisent en de véritables statues d’ornement ou en cloisons de labyrinthes.

     

    Jardinier

     

    Avec l’avènement du jardin à la française à la fin du XVIIe et surtout au XVIIIe siècle, les buis ont la particularité d’être en parterre. Les exemples les plus démonstratifs restent les « dentelles » d’André Le Nôtre à Versailles, Vaux-le-Vicomte ou Chantilly. À Marqueyssac, les jardins suspendus offrent des sculptures de buis âgés de 110 à 140 ans. Deux fois par an, ils connaissent la taille à la cisaille manuelle, garantie pour ne pas abîmer les jeunes tiges.

     

    Marqueyssac : un lieu idéal pour la chasse aux

    œufs de Pâques

    montage_marqueyssac_paques.jpg

     

    Nature en Images 3:  Flâneries dans les jardins suspendus de Marqueyssac

     

     

    Pin It

    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique