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    Granville, la grande rivale de

    Saint-Malo

     

    Par Tuul Morandi
     
    source : Détours en France n°223
     
     

    Gardienne de la baie du Mont-Saint-Michel, Granville se dresse face aux flots, invincible sur son éperon rocheux. Tour à tour cité corsaire, port morutier et cité balnéaire, la « Monaco du Nord », comme on la surnomme, offre toute la mer sur un plateau. Et de multiples facettes qui ne demandent qu’à être découvertes.

     
     
    Granville vue du ciel

    « Figurez-vous que ce sont les Anglais qui ont, en 1439, fondé une cité militaire sur ce promontoire schisteux. C’était durant la guerre de Cent Ans et leur objectif était de conquérir le mont Saint-Michel », nous apprend Valérie Coupel, guide-conférencière à l’office de tourisme. Une fois les Anglais chassés, le roi Charles VII fera de Granville une place défensive, dominant la mer et l’arrière-pays. Toutefois, ce sont les terre-neuvas, dès le XVIe siècle, puis les corsaires, qui feront la renommée de la grande rivale de Saint-Malo. Pêcheurs, armateurs, mais aussi banquiers et artisans, tous liés aux activités portuaires, peuplaient alors la « Haute-Ville ».

     

    Le temps des pêcheurs-corsaires

     

    La Haute-Ville, le cœur historique de Granville

    Pour accéder à l’ancienne cité perchée sur son rocher aux allures de forteresse avec ses murailles, nous empruntons la rue des Juifs qui mène à la Grand’Porte. Depuis les hauteurs, nous avons une belle vue plongeante sur le port. « Pendant quatre siècles, les marins partaient vers Terre-Neuve, au large du Canada, pour pêcher la morue. Un voyage difficile et long : il durait plus de six mois, commente Valérie Coupel. C’est parmi les meilleurs marins rompus aux navigations exigeantes qu’étaient sélectionnés les corsaires du roi, en temps de guerre. Ceux de Granville étaient grandement réputés. » Parmi eux : Georges-René Pléville Le Pelley, affublé d’une jambe de bois. La statue érigée en son honneur, sabre au clair, semble encore vouloir défendre la ville. Le port morutier est devenu depuis la première place coquillière de France grâce au bulot, la principale espèce à y être débarquée : 6 000 tonnes chaque année.

     

     Le port de Granville

     

    Une église née de la mer

     

    l'église Notre-Dame-du-Cap-Lihou à Granville

    Nous franchissons le pont-levis et la Grand’ Porte, et nous sommes alors transportés au Moyen Âge, dans des ruelles pavées et désertes, à l’abri des hauts murs des bâtisses en granit et où seules les mouettes rieuses se font entendre. En prenant à gauche sur le chemin de ronde, impossible de ne pas remarquer la maison du Guet, un manoir à l’étrange architecture mêlant style normand à colombages et tourelles parées d’ardoise. « Elle a l’air très ancienne mais, en réalité, elle date du XXe siècle », nous confie Valérie Coupel. En face, Notre- Dame-du-Cap-Lihou (XVIIe-XVIIIe siècles), édifiée sur un ancien site de pèlerinage, domine la ville depuis son parvis légèrement surélevé. « Cette église est résolument tournée vers la mer, avec ses deux chapelles consacrées à la Vierge et à saint Clément. Son existence même viendrait d’une statue de la Vierge remontée dans le filet d’un pêcheur ! » À l’intérieur, trois maquettes de bateaux : des ex-voto témoignant de la gratitude des marins réchappés d’un naufrage. Des vitraux aux couleurs éclatantes, réalisés par le maître verrier Jacques Le Chevallier (1896-1987), illuminent la nef.

     

    Une ville commerçante

     

    La Haute-Ville, le café Rafale sur la place Cambernon

    Depuis l’église, descendons la rue Notre-Dame pour pénétrer dans la Haute-Ville. Les rues Notre-Dame et Saint-Jean, les deux artères principales, coupent le secteur d’ouest en est, des venelles les traversent du nord au sud. Au numéro 8, Valérie Coupel nous montre une ancienne échoppe « que l’on reconnaît à sa pierre d’étal, sur laquelle étaient allongés les volets de la maison pour servir de présentoirs. Les boutiquiers agrandissaient ainsi leur espace. » À Granville, les rues du Marché : au-Pain, aux-Cuirs, au-Blé…, disent tout des commerces qu’elles accueillaient autrefois. Sur la place Cambernon, le bar La Rafale, qui fut le lieu de rendez-vous des pêcheurs, constitue un point de repère pour les visiteurs. De là, ils doivent prendre la direction des remparts Nord par la rue de l’Égout. Le nez au vent, l’archipel de Chausey pour horizon, nous longeons le littoral jusqu’au cap Lihou. Nous pourrions marcher des heures ainsi, enveloppé dans le souffle de la mer.

     

    L'essor des bains de mer

     

    Des plages adossées aux falaises de Granville

    « Sous le ciel de Méditerranée, Granville serait un autre Monaco », a écrit en 1885 le géographe et écrivain Élisée Reclus. Lorsqu’en 1870, est inaugurée la ligne Paris-Granville, la foule se presse à bord des « trains de plaisir ». Le tourisme de bains de mer est en plein essor et l’ancien port de pêche se mue peu à peu en élégante cité de villégiature, où il faut aller pour voir et être vu. « Frank Jay Gould, un milliardaire et philanthrope américain, qui connaissait bien la principauté de Monaco, a eu le premier l’idée de fonder ici une station balnéaire », éclaire Françoise Mouchel, auteure d’ouvrages sur la ville. En 1881, est ouvert l’hôtel des Bains au style anglo-normand. Suivent l’inauguration du casino aux tours symétriques inspiré de celui de Monaco, en 1911, et, dans la foulée, celle de l’hôtel Normandy. La promenade du Plat Gousset où s’alignent aujourd’hui les cabines de plage, voyait alors défiler « le beau monde ». Port paisible le reste de l’année, Granville était, « pendant les trois mois d’été, un quartier élégant de Paris », comme l’a souligné Christian Dior, l’enfant du pays, dans son autobiographie publiée en 1956. « Sous l’impulsion d’industriels qui veulent tous posséder leur maison de rêve, des villas bourgeoises, de différents styles, rivalisant d’originalité, se dressent sur la falaise qui surplombe la plage, nous précise Françoise Mouchel. La famille Dior a été la première à acquérir une villa sur les hauteurs du Plat Gousset. »

     

    La promenade du Plat Gousset à Granville
     
     

    La villa Dior, le souvenir d'un grand Granvillais

     

    La villa Les Rhumbs à Granville

    Dans ses mémoires Christian Dior et moi, au sujet de sa demeure familiale, le couturier écrivait : « Ma vie et mon style doivent presque tout à sa situation et à son architecture ». Le manoir de son enfance, son jardin, et Granville même, ont été ses grandes sources d’inspiration. « Le rose doux de sa maison et le gris des cieux granvillais, sont deux couleurs de prédilection dans ses créations », confirme Brigitte Richart, directrice du musée. Comme Christian Dior avant elle, elle aime s’attarder sur la terrasse du jardin face à la mer. « À peu de chose près, c’est d’ici qu’il contemplait le paysage, à la fois le même et toujours changeant, en perpétuel mouvement. Il aimait observer toutes les nuances de gris entre le ciel et la mer. » Quelle meilleure idée qu’une promenade longeant la pergola, le miroir d’eau et la roseraie, dessinés par le jeune Christian et sa mère Madeleine, pour terminer en douceur cette journée granvillaise ?

     

    Patrimoine français - 2:  Granville, la grande rivale de Saint-Malo

     

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    Les meilleures stations balnéaires

    de France

    Par Clio Bayle
     
     

    Le littoral français compte parmi les plus beaux et les plus composites du monde. Pour en profiter, direction ces cités de bord de mer où farniente et grand air sont les maitres-mots. Tour d'horizon des plus belles stations balnéaires de France.

     

    Le Crotoy (Hauts-de-France, Somme)

     

    Le Crotoy

    Situé sur le rivage nord de la baie de Somme, Le Crotoy était autrefois l'un des ports de pêche les plus importants de la Manche. Du fait notamment de l’ensablement de cette gigantesque échancrure dans la côte Picarde, la cité s’est reconvertie en station balnéaire de charme. Prisée pour son extraordinaire environnement naturel, elle l’est aussi pour ses belles maisons de pêcheurs et sa longue plage de sable fin exposée plein sud.

     

    Wissant (Hauts-de-France, Pas-de-Calais)

     

    Wissant, vue depuis les dunes

    Wissant est un joyau enserré au creux d’une baie gigantesque gardée par deux colosses de craie, les cap Blanc-Nez (133 mètres) et Gris-Nez (45 m). De cet écrin, Victor Hugo disait qu’il présente les « plus beaux paysages du monde ». De village de pêcheur, cette « perle sauvage » est devenue l’une des stations balnéaires les plus cotées de la Côte d’Opale.

     

    Étretat (Normandie, Seine-Maritime)

     

    Plage d'Etretat

    L’époustouflante beauté des falaises qui enlacent la cité d’Étretat est connue dans le monde entier. Quel spectacle que celui de ces murailles de craie gigantesques percées d’arches majestueuses ! Il faut s’être promené au moins une fois dans sa vie au cœur de ce tableau vertigineux.

     

    Arromanches-les-Bains (Normandie, Calvados)

     

    Arromanches-les-bains

    Histoire et villégiature… Inutile de choisir quand on va à Arromanches. Cette petite cité de bord de mer, bordée de majestueuses falaises de craie, est restée célèbre pour son rôle dans le débarquement de Normandie. Les Britanniques y construisirent un port artificiel – nom de code Mulberry –, qui permit de débarquer 9000 hommes et 22 000 tonnes de matériel.

     

    Houlgate (Normandie, Calvados)

     

    Station balnéaire d'Houlgate

    Réputée pour son architecture balnéaire typique de la Belle époque, Houlgate est l’un des joyaux de la Côte Fleurie. Comme ses voisines Cabourg et Villers-sur-mer, cette station balnéaire située à moins de deux heures de Paris n’était qu’un modeste village de pêcheurs jusqu’à l’avènement des bains de mer, dans la deuxième moitié du XIXe siècle.

     

    Saint-Briac-sur-mer (Bretagne, Ille-et-Vilaine)

     

    Saint-Briac-sur-mer

    Ce ravissant village balnéaire offre un véritable décor de carte postale. Petites plages, cabines de bain, coquettes villas et manoirs élégants… Saint-Briac-sur-mer a su garder tout son charme d’antan.

     

    Saint-Malo (Bretagne, Ille-et-Vilaine)

     

    La vieille ville fortifiée de Saint-Malo, en Bretagne

    Comment ne pas mentionner la cité corsaire parmi les plus belles stations balnéaires de France ! Une ville forteresse cernée par les eaux… Saint-Malo et ses stupéfiants remparts Vauban sont situés le long de l’un des plus beaux littoraux du monde, la Côte d’Émeraude. Sur ce trait de côte, entre le cap Fréhel et la baie du Mont-Saint-Michel, les joyaux se succèdent à un rythme étourdissant.

     

    Carantec (Bretagne, Finistère)

     

    La plage de Carantec

    Se promener le long du sentier des Douaniers aux abords de Carantec permet d’apprécier toute la beauté de la baie de Morlaix, vaste échancrure piquetée de multiples îlots. De nombreuses plages bordent cette portion de côte, toutes plus charmantes les unes que les autres : le Cosmeur, le Kélenn, la Grève de Pors-Pol, la Grève-Blanche, la plage du Port, la Grande Grève…

     

    Le Croisic (Pays de la Loire, Loire-Atlantique)

     

    Le Croisic

    Station balnéaire et premier port de pêche de la crevette rose de France ! À l’exception de l’isthme étroit qui le sépare de Batz-sur-Mer, Le Croisic est entièrement cerné par les eaux. Situé à l'extrême pointe de la presqu'île de Guérande, aux portes des côtes bretonnes, cette cité de caractère bénéficie d’un environnement exceptionnel et de nombreuses plages et criques aux eaux cristallines.

     

    Pornic (Pays de la Loire, Loire-Atlantique)

     

    Pornic

    Quel ravissant vieux port que celui de Pornic ! Ses bateaux de pêche, ses voiliers traditionnels, son château du XIIIe siècle… La cité, devenue station balnéaire dans la première moitié du XIXe siècle, est aussi une station thermale qui attire les curistes. De nombreuses personnalités l’ont fréquentée dont Emile Littré, Ernest Renan, Charles Garnier, Jules Michelet…

     

    Arcachon (Nouvelle Aquitaine, Gironde)

     

    Arcachon

    Nul besoin de faire la réputation d’Arcachon : son parfum inimitable de vacances, ses villas Belle époque, ses senteurs de pins et d’embruns, ses longues plages de sable fin, ses quartiers baptisés du nom des saisons… La station balnéaire s’ouvre sur l’un des paysages les plus spectaculaires du littoral Atlantique, son sublime bassin, une mer intérieure de près de 150 km2

     

    Hossegor (Nouvelle Aquitaine, Landes)

     

    La plage d'Hossegor

    Autoproclamée capitale européenne du surf, Soorts-Hossegor est la station balnéaire la plus tendance de la Côte d’Argent. Coincée entre l’Atlantique et la forêt des Landes, elle a bien des atouts dans sa manche. Outre ses belles plages océanes – la Gravière notamment –, la cité se démarque aussi par le charme de ses villas basco-landaises et par son vaste lac marin relié à l’océan par un canal.

     

    Saint-Jean-de-Luz (Nouvelle Aquitaine, Pays Basque)

     

    Le front de mer de Saint-Jean-de-Luz

    La baie de Saint-Jean-de-Luz est considérée comme l’une des plus belles de France. Entre mer et montagne, la cité s’étire dans un décor digne d’un rêve. De port de pêche ancestral, d’où les marins partaient pêcher la morue au XVe siècle et chasser la baleine vers les bancs de Terre Neuve, Saint-Jean-de-Luz est devenu station balnéaire à la fin du XIXe siècle. Aujourd’hui encore, la cité conserve une identité maritime très forte, alliant harmonieusement activité halieutique et fréquentation touristique chic.

     

    Le Grau-du-Roi, Port Camargue (Occitanie, Gard)

     

    Le Grau-du-Roi

    La cité doit son nom au passage – « grau » en occitan –, construit en 1724 à travers la ville pour relier la mer aux étangs auxquels elle est adossée. Devenu 2ème port de pêche de Méditerranée française, Le Grau-du-Roi conserve néanmoins le charme d’un bourg plus modeste. Située à quelques kilomètres d’Aigues-Mortes, la ville jouxte la Petite Camargue et bénéficie d’un environnement naturel exceptionnel, fait de dunes et de longues plages de sable fin. Son port de plaisance, Port Camargue, l'un des plus beaux de France, est quasiment une ville sur l'eau ! Construit en 1969, il accueille près de 5 000 bateaux à l'année !

     

    Collioure (Occitanie, Pyrénées-Orientales)

     

    Collioure

    Signac, Matisse, Derain, Max Jacob, Dufy… Nombreux sont les artistes à être tombés sous le charme tout méditerranéen de ce village aux tons pastel. Ses subjugantes couleurs inspirèrent tant et si bien Matisse et Derain qu’ils y inventèrent le fauvisme en 1905. Enserré dans une petite baie, Collioure se démarque aussi par la silhouette du château royal autour duquel elle est construite, ainsi que par son ancien phare fortifié transformé en église, devenu le monument le plus emblématique de la Côte Vermeille.

     

    Cassis (PACA, Bouches-du-Rhône)

     

    Le port de Cassis

    Blotti entre les calanques d'un côté, le cap Canaille (363 m) de l'autre (l’une des plus hautes falaises maritimes d’Europe), le petit village de Cassis est serti dans l’un des plus merveilleux écrins de la côte méditerranéenne. Pas de bronzette facile ici ! Pour profiter de la mer, il faut grimper, crapahuter sous un soleil de plomb… Mais à l’arrivée, quelle récompense que ce décor de calcaire échancré de couloirs d’eau cristalline en camaïeu de bleus.

     

    Saint-Tropez (PACA, Var)

     

    Saint-Tropez

    Pour découvrir le Saint-Tropez véritable, celui qui se cache derrière l’excentrique et ostentatoire Saint-Trop’, mieux vaut y aller hors saison. Presque miraculeusement, le petit port de pêche varois y retrouve un charme authentique et discret. Ses plages mythiques – Pampelonne, Tahiti, les Canoubiers, les Salins… –, désertées de la foule touristique, retrouvent toute leur beauté originelle.

     

    Saint-Jean-Cap-Ferrat (PACA, Alpes-Maritimes)

     

    Saint-Jean-Cap-Ferrat


    Encore un ancien village de pêcheurs devenu station balnéaire star. Saint-Jean-Cap-Ferrat est certainement le plus opulent des lieux de villégiature français. On y trouverait même le mètre carré le plus cher du monde ! Il faut dire que cette presqu’île fermant les rades de Villefranche-sur-Mer et de Beaulieu-sur-Mer est l’un des plus beaux sites de la Côte d’Azur. Le sentier du littoral permet d’accéder à plusieurs petites criques absolument sublimes et d’admirer les quelques villas de rêve qui s’y nichent.
     

    Porto-Vecchio (Corse du Sud)

     

    Le port de Porto-Vecchio en Corse

    Cala Rossa, Palombaggia, Rondinara, Santa Giulia... Les plages des environs de Porto-Vecchio comptent parmi les plus belles de l’île de Beauté et de la France toute entière. Celle que l’on surnomme la cité du sel pour ses anciens marais salants séduit aussi pour son impressionnant arrière-pays, l’Alta Rocca.

     

    Saint-Florent (Haute Corse)

     

    Saint-Florent en Corse

    Située dans la région de Bastia, au Nord-Ouest de la Corse, cette cité romaine antique est nichée au fond d’un des plus beaux golfes de Méditerranée. Son superbe port, peuplé de « pointus », donne accès aux très sauvages plages des Agriates, auxquelles on ne peut accéder que par la mer ou au terme de plusieurs heures de marche par le sentier des Douaniers.

     

    Patrimoine français - 2:  Les meilleures stations balnéaires de France

     

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    Que faire à Basse-Terre, en Guadeloupe ?

     

    Par Philippe Bourget
     
     

    L’île volcanique de la Guadeloupe a plus d’un tour dans son sac ! Moins prisée que Grande-Terre pour les séjours balnéaires – sauf Deshaies -, elle offre pourtant des spots côtiers de premier rang, ainsi que des activités outdoor inédites. Cascades, canyoning, randonnées, plongée, route d’altitude, villages et sites touristiques… son relief montagneux et sous-marin livre un arsenal de visites magistrales.

     

    Une cascade, des chutes d’eau !

     

    Cascade de Basse-Terre, en Guadeloupe
     
     

    Lorsque la chaleur tropicale devient trop pesante, il existe une solution en Guadeloupe : s’échapper dans les hauts de Basse-Terre, à la recherche des cascades et rivières les plus rafraîchissantes.

     

    Les Chutes du Carbet

    Les Chutes du Carbet sont les plus connues. Elles sont au nombre de trois. La première exige une éprouvante marche en montagne et la troisième est devenue inaccessible, à la suite d’éboulements. Reste la seconde, qui conserve tous ses attributs. Perdue dans la forêt, elle est diablement spectaculaire. L’idéal est de s’y rendre à l’heure où les visiteurs repartent. C'est-à-dire dans cet intervalle entre chien et loup où le jour déclinant est rapidement pris en otage par la nuit tropicale. Cela se joue entre 17h30 et 18h30. Une fois grimpés en voiture les quelques kilomètres de route rejoignant le parking de la seconde chute, il reste encore 15 à 20 mn de marche. A cette heure déjà tardive, le sentier est plutôt désert. Bien aménagés sous la frondaison, escaliers, passerelles et pont conduisent jusqu’à trente mètres environ du pied de la cascade et de son bassin, qui surgissent soudain au milieu de la sylve. Vous voilà seuls au monde et admiratifs de cette nature tropicale exubérante qui fait le charme des Antilles.

     

    La Cascade aux Écrevisses

    Plus familiale est la Cascade aux Écrevisses. Vous ne risquez pas de la manquer. Par la Route de la Traversée, qui coupe Basse-Terre d’est en ouest par la montagne (voir plus loin), on y tombe presque dessus… enfin, sur le parking très encombré qui la dessert. Le week-end, c’est l’affluence : les familles guadeloupéennes viennent s’y rafraichir et « déjeuner sur l’herbe ». 5 mn de marche depuis la route suffisent à rejoindre cette petite cascade agréable et son bassin, dont les abords sont envahis de baigneurs.

     

    La rivière d'Acomat

    Vous aimez les environnements plus sauvages ? Cap sur Mahaut et la rivière d’Acomat. Depuis la côte, une route pentue grimpe dans la montagne. 3 à 4 km plus haut et l’on se gare comme on peut, au bord d’un chemin. Reste à dévaler un raide sentier le long d’un petit torrent pour rejoindre le lit de la rivière. Sur la gauche, des rochers lisses, une vasque bleue et une cascade en forme de toboggan : le site est splendide. Vous n’y serez pas seuls mais un peu plus à l’aise qu’à la Cascade aux Ecrevisses. Basse-Terre recèle bien d’autres chutes d’eau. Le Parc national de Guadeloupe saura vous indiquer les plus spectaculaires, tels le Saut de la Lézarde.

     

    De glissades en rappels, cap sur le canyoning

    Avec ses nombreux torrents de montagne, Basse-Terre se prête à la pratique de cette discipline. Rigoureusement encadrée, elle n’est pas autorisée sur toutes les rivières mais il en reste suffisamment pour passer une demi-journée vivifiante en famille ou en tribu. C’est le cas de la rivière Bourceau, à Bouillante. Dévalant des contreforts des montagnes de Basse-Terre, ce petit cours d’eau sauvage se mérite. En véhicule, avec le prestataire spécialisé, il faut d’abord grimper dans les hauts du hameau de Pigeon, puis marcher dans la forêt humide durant une dizaine de minutes. Vous croyez pouvoir vous mettre à l’eau sur le champ ? Impossible, il faut d’abord dévaler en rappel une « falaise » d’une vingtaine de mètres ! Première épreuve…

     

    Canyoning sur les rivières de Basse-Terre, en Guadeloupe
     
     

    Une fois dans le lit de la rivière, les obstacles s’enchainent : petite glissade en toboggan (facile), nouveau rappel dans une cascade (éclaboussant !), premier saut de 3 à 4 m (sans souci)… jusqu’au Graal de la descente : un saut de 8 m dans une profonde vasque. La « planche d’élan » est une vire rocheuse que l’on rejoint encordé et un peu tremblant. C’est l’heure de décrocher son dernier mousqueton… Ira, ira pas ? Ira ! Le saut est long, très long… avant de traverser pieds en avant le miroir d’eau et remonter à la surface, oreilles sifflantes, essoufflé mais soulagé. Ca, c’est fait ! Reste alors à profiter du paysage, 100% végétal. On est ici au cœur de la forêt tropicale, les plages et les foules sont décidément très loin. Plus bas, un rocher ruisselant d’eau fraîche permet d’étancher sa soif. Toujours casqué et en combinaison, vient l’heure de la remontée. Elle s’effectue par un torrent adjacent, à l’aide de cordes. Une courte randonnée tonique, bonne pour le cœur ! Ainsi s’achève une expérience qui dévoile la grande nature exubérante de Basse-Terre.

     

    Gravir la Soufrière, un symbole

    Pour les randonneurs invétérés, c’est un objectif. Plus haut sommet des Petites Antilles, La Soufrière, à 1 467 m d’altitude, domine le paysage de Basse-Terre. Enfin… elle le domine lorsque les conditions météorologiques sont favorables, car le sommet est le plus souvent encapuchonné de nuages. Il n’empêche que le sentier d’accès reste un itinéraire très prisé. Pour le rejoindre, il faut grimper en voiture jusqu’au village de Saint-Claude, puis poursuivre vers Morne Houël, par la D11. Passée l’aire de pique-nique de Beausoleil, la route continue jusqu’au parking des Bains Jaunes. Arrêt obligatoire, la route menant plus haut à La Savane à Mulets étant fermée depuis le séisme de 2004.

     

    Le volcan de la Soufrière à Basse-Terre, en Guadeloupe
     
     

    Le parcours pédestre commence, un aller-retour qui prendra environ 4h30 à 5h, avec un dénivelé positif de 513 m. En milieu tropical, cette randonnée est considérée comme « difficile » pour les marcheurs peu ou moyennement entrainés. Au long de l’itinéraire, il faut suivre le balisage jaune, agrémenté de panneaux d’information disposés par le Parc national de Guadeloupe. Depuis le parking, par le Sentier du Roy (pavé), on rejoint La Savane à Mulets, au pied du volcan. Le sentier devient dès lors caillouteux, au milieu d’une végétation plus rase. Il se raidit encore à la Grande Faille, ultime effort pour gagner le plateau et le sommet « La Découverte », où se trouve un abri. Ici, pas de cratère gigantesque comme sur d’autres volcans. En revanche, les fumerolles sont d’autant plus nombreuses que la Soufrière présente des signes d’augmentation d’activité volcanique depuis 2018. Ainsi, un nouveau périmètre de sécurité a été mis en place (barrières) pour rester à l’écart d’émanations soufrées pouvant être toxiques. Cette randonnée est à privilégier par beau temps et tôt le matin, histoire d’avoir une chance, une fois au sommet, de profiter de la vue exceptionnelle sur tout l’archipel.

     

    Plonger à Malendure, sur les traces de Cousteau

    Attention, site mythique ! Depuis que le Commandant Cousteau y est venu dans les années soixante, déclarant que le site devait être protégé, il a pris abusivement le nom de « Réserve Cousteau ». C’est en réalité une réserve naturelle marine, intégrée au Parc national de Guadeloupe. Elle est composée de l’îlet Pigeon et de 1 000 ha de fonds sous-marins, riches de quelques coraux mais surtout de poissons multicolores et de tortues. Un lieu idéal pour un baptême de plongée, les fonds étant facilement accessibles.

     

    La plage de Malendure, à Bouillante, en Guadeloupe
     
     

    À Malendure, plage de sable noir située sur la commune de Bouillante, la plongée règne en maître, le nombre de clubs est là pour le prouver. Parmi eux, Les Heures Saines, sur le rocher de Malendure, est l’un des plus anciens et réputés. Après une séance d’équipement (combinaison, palmes, masque…), cap sur l’îlet en bateau. Bouteilles sur le dos et dernière recommandations écoutées, il est temps de basculer dans l’eau, histoire de tester la respiration dans son détendeur. Ce n’est pas si difficile, il suffit d’inspirer avec calme. Un moniteur vous guide dans la descente, c’est l’heure d’équilibrer la pression dans ses oreilles, en se pinçant le nez. Après quelques hésitations, on trouve assez facilement une posture qui permet, enfin, de profiter du spectacle. Dans une eau claire et dès les premiers mètres, vous pourrez apercevoir quantité de poissons arc en ciel, des coraux et même… le buste du Commandant Cousteau, immergé par 12 m de fond. Plusieurs sites autour de l’îlet garantissent des plongées de tous niveaux. Revenu au club, il sera temps de récupérer votre certificat de baptême. Vous l’aurez obtenu dans l’un des sites les plus réputés des Antilles, ce n’est pas rien !

     

    Visiter les villages créoles

    Saint-Rose

    Tout au long des côtes de Basse-Terre (et parfois même à l’intérieur des terres), s’égrènent des villages où le temps semble s’être figé dans la torpeur tropicale. Au nord-est, Sainte-Rose en fait partie. Ce n’est pas le village le plus touristique de Guadeloupe mais il conserve une double vocation maritime et agricole. Le Grand-Cul-de-Sac marin qui lui fait face, vaste lagon à mangrove, est l’occasion de balades environnementales en bateau. Dans les hauteurs, la canne à sucre est reine et des distilleries de rhum se visitent. Au nord-ouest, voici Deshaies. Le village aligne ses maisons colorées le long de la mer des Caraïbes. Petit port de pêche tourné vers l’île de Montserrat, c’est aussi une terre agricole où pousse vanille, café et cacao. Allez-y au coucher du soleil, quand les derniers rayons embrasent la côte.

     

    Vieux-Fort

    En descendant la côte ouest jusqu’à l’extrême sud, la route bute sur Vieux-Fort. Le bout du monde ! Face à l’archipel des Saintes, la commune égrène ses maisons sur des coteaux pentus et verdoyants, dominant le plus vieux clocher de l’île. A l’extrémité ultime du village, se dresse un phare et un petit port, aux premières loges pour voir les véliplanchistes et les kite-surfeurs affronter courageusement la mer des Caraïbes.

     

    Saint-Claude

    Un petit retour en arrière s’impose pour grimper jusqu’à Saint-Claude, située sous le volcan de la Soufrière. Principale commune d’altitude de Guadeloupe (à 580 m), plus fraîche, elle livre de belles maisons créoles et quelques bâtiments historiques.

     

    Capesterre Belle Eau

     

    Le village de Capesterre Belle Eau, à Basse-Terre, en Guadeloupe
     
     
    L'allée Dumanoir, à Capesterre Belle Eau.

     

    Sur la côte sud-est, Capesterre Belle Eau mérite une longue visite. C’est ici, en novembre 1493, au lieu-dit Sainte-Marie, qu’a débarqué Christophe Colomb. Sans doute lui avait-on parlé alors des chutes du Carbet, situées sur le territoire de la commune… Capesterre Belle Eau est aujourd’hui un terroir agricole. La banane y est reine, on peut visiter des exploitations. Deux autres raisons motivent l’arrêt : l’Allée Dumanoir, splendide route rectiligne encadrée de palmiers royaux, plantés au milieu du 19ème siècle ; le temple hindou de Changy, au bord de la route, témoin de la présence de cette communauté sur l’île et de leur arrivée au 19ème siècle pour remplacer les esclaves.

     

    Petit-Bourg

    De retour vers Pointe-à-Pitre, Petit-Bourg séduira les amateurs d’architecture. La ville abrite en effet plusieurs bâtiments d’Ali Tur, architecte français d’origine tunisienne missionné pour la reconstruction d’édifices publics, après le passage d’un ouragan en 1928.

     

    Profiter des plages

     

    La plage Grande-Anse, à Deshaies, en Guadeloupe

    Basse-Terre n’est pas avare de plages, dont la plus célèbre de Guadeloupe, Grande-Anse, à Deshaies, l'une des plus belles plages de Guadeloupe.

     

    Emprunter la Route de la Traversée

    Sur près de 25 km, elle coupe Basse-Terre en deux par la montagne. De la sortie de Baie-Mahault, à l’est, jusqu’à… Mahaut, à l’ouest, la D23 traverse des paysages luxuriants et frais, l’occasion de découvrir la richesse de l’écosystème guadeloupéen. L’itinéraire, ombragé et tortueux, passe à proximité de sites majeurs : le Saut de la Lézarde ; la Cascade aux Ecrevisses (voir plus haut) ; la Maison de la Forêt (Parc national de Guadeloupe) et le sentier de Bras-David (immersion sécurisée en forêt) ; le Parc des Mamelles (voir ci-dessous)… La route, inaugurée en 1967, a permis de désenclaver la côte ouest de Basse-Terre. Elle offre quelques points de vue intéressants sur la forêt, du côté du Gite des Mamelles. C’est une sortie à conseiller lorsque l’on veut échapper un temps au climat humide de la côte.

     

    Parc des Mamelles, observer la faune

     

    Le parc des Mamelles, à Basse-Terre, en Guadeloupe
     
     

    Drôle de nom pour un parc zoologique ! Situé sur la Route de la Traversée, à l’amorce de sa descente vers Mahaut, il tient son nom de deux éminences naturelles, la mamelle du Pigeon (768 m) et la mamelle de Petit-Bourg (716 m). Quoiqu’il en soit, c’est un zoo peu commun. Les animaux (oiseaux, reptiles, mammifères…) sont visibles dans des enclos aménagés au cœur de la forêt, recréant l’illusion d’un espace naturel. En prime, un parcours assez long en passerelles suspendues (facultatives, les personnes sensibles au vertige peuvent suivre de bout en bout l’itinéraire normal tracé en forêt) permet de survoler les animaux. Propre, bien conçu, le Parc des Mamelles est indiscutablement le lieu à privilégier lorsque l’on est en vacances en Guadeloupe avec de jeunes enfants.

     

    Jardin botanique de Deshaies, senteurs tropicales

     

    Le jardin botanique de Deshaie, à Basse-Terre, en Guadeloupe
     
     

    Voici encore un site conseillé en famille. Au dessus du village de Deshaies, ce jardin joliment conçu accumule les espèces végétales et constitue une passionnante leçon de botanique tropicale grandeur nature. Arbres, arbustes, fleurs… tout pousse dans ce parc qui abrite aussi une volière à loriquets, de petits perroquets multicolores venus non pas des Antilles mais… d’Australie. Ils ont beau ne pas être endémiques, leur présence ici n’est pas choquante, d’autant qu’ils font le bonheur des plus jeunes avec la délivrance (moyennant une piécette) de jus de sucre qui les attire aussitôt sur leurs épaules. On en profitera aussi pour apercevoir l’ancienne maison de Coluche, aujourd’hui un gîte privé louable pour des vacances. Une boutique bien achalandée complète la visite.

     
     

    Patrimoine français - 2:  Que faire à Basse-Terre, en Guadeloupe ?

     
     
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    Les plus belles cascades des Vosges

    Par Clio Bayle
     
     

    Frontière historique entre l’Alsace et la Lorraine, le Massif des Vosges est recouvert d'une immense couverture forestière. Sous la frondaison se cache un réseau dense de cours d'eau, troublé en quelques endroits magiques par des chutes d'eau abruptes. Découvrez notre liste des 5 cascades les plus belles des Vosges. 

     

    La grande et la petite cascades de Tendon (Tendon)

     

    La Petite et la Grande cascade de Tendon dans les Vosges
     

    Au sud de la ville de Tendon, située entre Gérardmer et Épinal, deux cascades troublent tour à tour le cours tranquille du Scouet, petit ruisseau prenant sa source au Tholy. La plus grande, en amont, divisée en trois sauts consécutifs, se jette d’une hauteur de 32 mètres. C'est la plus longue chute d’eau des Vosges. Sa petite sœur, plus modeste, lui est reliée par un agréable sentier forestier de 2 km. La Grande, comme la Petite cascade du Tendon, sont facilement accessibles en voiture.

     

    La cascade du Saut du Bouchot (Gerbamont)

     

    La cascade du Bouchot dans les Vosges
     

    Au cœur de la forêt de Rochesson, entre les communes de Sapois et de Gerbamont, le Bouchot fait une chute de 28 mètres au cœur d’un cirque de verdure, cerné de deux falaises. Un parking permet de stationner à proximité de la cascade.

     

    Les cascades de Faymont et du Géhard (Val-d‘Ajol)

     

    La cascade du Faymont dans les Vosges
      

    La commune du Val d’Ajol, dans les Vosges méridionales, compte de nombreux cours d’eau, et abrite notamment deux remarquables cascades, dont l’une, dit-on, était prisée de Napoléon III. Le pont qui se trouve en contrebas de la cascade du Géhard aurait, en effet, été construit à la demande de l’empereur, désireux d’admirer le spectacle de ses cinq sauts. Quant à la cascade de Faymont, formée par le ruisseau du Dréhart, elle aussi est constituée de plusieurs sauts, dont le dernier, d’une hauteur de 2,5 mètres, se jette dans un bassin qui servait jadis de reservoir pour l’alimentation de la machinerie hydraulique d’une scierie.

     

    La cascade de la Pissoire (Vagney)

     

    La cascade de la Passoire dans les Vosges
     

    C’est au départ de la paroisse du Haut du Tôt, à 827 mètres d’altitude, que débute le sentier qui mène à la cascade de la Pissoire, sur le ruisseau du même nom. 30 minutes de marche seront nécessaires pour rejoindre cette ravissante chute, dont l’eau glisse sur les pierres, plus qu’elle ne tombe. Nichée au cœur de la forêt, elle est entourée de petits ponts de bois qui permettent de l'admirer sous plusieurs angles.

     

    Patrimoine français - 2:  Les plus belles cascades des Vosges

     

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    Les plus belles photos de Bretagne

    de Ronan Follic

     

    Par Clio Bayle
     
     

    Fils de marin pêcheur finistérien, Ronan Follic, s’il n’a pas poursuivi le métier, c’est au contact de la mer qu’il a décidé de réaliser des images traduisant un « finis terrae » où l’homme côtoie souvent l’extrême. Regardez ses images comme on part en voyage. 

     

    Phare de la Vieille
    Phare de la Vieille, pointe du Raz (Finistère).

    Interview : Ronan Follic, photographe de mer

    Pourquoi la photographie et pourquoi les paysages bretons ?

    Brestois, j’ai vécu jusqu’à l’âge de 20 ans sur l’île de Sein, dans une famille de marins pêcheurs. Dès mon plus jeune âge, la mer m’aimantait mais n’ayant pas le pied marin, je n’ai pas eu envie de continuer le métier familial, qui plus est était sur le déclin. Je suis devenu gendarme mobile et pendant 30 ans, j'ai parcouru le monde, vu des paysages superbes, mais loin de mes origines. Je faisais de la photo amateur, un peu comme tout le monde. Une fois à la retraite, je suis retourné vivre dans mon Finistère natal, près de la pointe du Raz et ça a été comme un déclic. J'ai fait un stage d'une journée chez un ami photographe et j'étais lancé.

    En Bretagne, les paysages sont d’une telle force que nul besoin d’aller bien loin pour prendre une photo. En ouvrant mes volets le matin, les lumières, les couleurs me fascinent ! Tous les jours, elles sont différentes. Et puis, il y a la mer. Je ne peux pas m'en éloigner pour prendre des photos. J'ai grandi entouré d'hommes passionnés par le grand large. Ils m'ont refilé le virus.

     

    La photo dont vous êtes le plus fier ?

     

    Phare de la Jument

     

    J'ai tenté une sortie en hélicoptère lors de la tempête Ruzika, début février. La mer était complètement déchaînée et, avec un ami photographe du collectif Breizhscapes dont je fais partie, nous avons pris des photos magnifiques. Je suis tout particulièrement fier de celle du phare de la JumentDu haut de ses 45 mètres, il est presque entièrement englouti sous l'assaut des vagues. Les phares paraissent si frêles et si vulnérables face à la tempête, et pourtant, certains sont debout depuis plus de 100 ans. Nos ancêtres étaient vraiment de grands bâtisseurs.

     

    Je ne peux pas m'éloigner de la mer pour faire des photos. J'en ai besoin. Le matin, quand j'ouvre mes volets, je suis à chaque fois fasciné par la lumière. Tous les jours, c'est une expérience différente.

     

    Un conseil pour d'autres photographes ?

    Un conseil ? Je ne suis pas un fin technicien car, comme on dit, j’ai appris seul et "sur le tas". Je crois qu’il est primordial de suivre son intuition et surtout de photographier ce qui nous passionne. Depuis que je suis gamin, les phares m'émerveillent.

     

    Les photos de Bretagne de Ronan Follic

     

    Audierne
     
    Le port d'Audierne dans le Finistère.

     

     

    Phare du Millier
     
    Le phare du Millier, maison-phare sur le cap Sizun (Finistère).
     
     
     
    Ronan Follic

     

    Ronan fait partie du collectif Breizhscapes. Créé en 2012, il compte 5 autres photographes, tous spécialisés dans les photographies de Bretagne. Leur passion, il la partage dans le livre Regards croisés de Bretagne, auto-édité grâce au crowdfunding et disponible en ligne. Un voyage à travers la Bretagne à toutes les saisons, de Saint Malo, à Ploumanach, en passant par Ouessant, la Pointe du Raz, la baie de Quiberon, la forêt de Brocéliande...

     

    Phare de la Vieille
      
    Le phare de la Vielle dans la tempête (Finistère).

     

    Le phare de la Vieille depuis la plage.
      
    Le phare de la Vieille vu depuis la pointe du Raz (Finistère).
     
     

    Patrimoine français - 2:  Les plus belles photos de Bretagne de Ronan Follic

     
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