• La montagne Bourbonnaise : contes et légendes d'Auvergne

    Par Sophie Bogrow
    source : Détours en France n°174, p. 71
    Publié le 23/09/2014

    De vallées encaissées en landes mélancoliques, de frais bocages en forêts drues et sombres, de cascades pétillantes en rocs taillés par l’érosion, ce petit massif granitique à l'est de Vichy, recèle d’innombrables balades qui dévoilent une nature authentique et préservée.

    Vue sur le puy de Montoncel
    Depuis le sommet du rocher Saint- Vincent, entre Ferrières-sur- Sichon et Lavoine, profitez de la vue sur le puy de Montoncel,
 point culminant de l’Allier.

    C’est à peine une montagne, qui ne dépasse guère les 1 000 mètres, sinon au sud, où les pentes à sapins des Bois Noirs culminent au puy de Montoncel (1 287 m), et à l’est, dans les monts de la Madeleine, où quatre remonte-pentes font de la Loge des Gardes (1 175 m) une station de ski miniature. Les curistes de Vichy y venaient en excursion, avant guerre, profiter de la fraîcheur. Un petit train à voie étroite, le Tacot, mis en service en 1910, mettait des heures à les conduire de Vichy à Lavoine et Laprugne en passant par Cusset, Le Mayet-de-Montagne et Ferrières : 38 kilomètres, 13 stations... Pour ceux de la Montagne, c’était le seul moyen d’exporter leurs productions. La ligne a fermé en 1949, mais son tracé demeure, qu’on repère ici et là à la présence d’un viaduc (telle l’arche de béton de Ferrières) ou à une maisonnette typique des gares.

    Le pont du Moulin Neuf
    Édifié en 
1910 près de Ferrières-sur-Sichon, le pont du Moulin Neuf est un vestige 
de l’ancienne ligne de chemin de fer du Tacot. Son arche de plus de 50 mètres 
a été conçue 
en béton armé.

    Une atmosphère de mystère

    Entre-temps, on est passé d’une douce houle céréalière à des collines herbues, secouées de plissements, puis aux pentes abruptes des vallées où la forêt l’emporte. Tout ici est propice aux légendes : les blocs de granit moussus, que les fées ou les druides, c’est certain, ont creusés de cupules rondes, à l’image des Pierres du Jour à Laprugne ; les hêtres que des siècles de taille ont transformés en tortueux décor pour conte fantastique, près de Saint-Nicolas-des-Biefs.

    Les Bois noirs
    Dans les Bois noirs, proches
de Saint-Nicolas- des-Biefs, 
des hêtres tortueux âgés de 400 ans bordent un chemin de randonnée,
 l’allée des Géants, lui donnant un
 air de décor pour conte de fées.

    Même le brouillard, qui se lève souvent sur le dédale des bois et des haies, contribue à créer le mystère. De tous ces mystères, le plus passionnant est l’énigme de Glozel. En 1924, le jeune Émile Fradin, alors qu’il labourait, tomba sur une fosse enfouie qui regorgeait d’ossements, de poteries, de galets gravés, d’objets en os, et surtout de tablettes couvertes de signes inconnus. Les plus grandes sommités s’accordant à dater du néo- lithique la moisson recueillie par le docteur Morlet, on spécula sur l’existence d’une écriture antérieure aux Phéniciens. Mais en 1927, un de ces messieurs, auteur d’une autre théorie sur la question, décida de disqualifier la concurrence en criant à la fraude et une commission officielle décréta le jeune paysan, armé de son certificat d’études, coupable d’une gigantesque falsification qui eût exigé une thèse en anthropologie... Quand, après des années de procès, les tribunaux eurent fini de blanchir Fradin, le mal était fait. Son honneur était terni.

    Le bourg de Ferrières
    Le bourg de Ferrières, traversé par le Sichon, était autrefois prospère. En témoignent les sept foires annuelles qui rythmaient la vie des villageois. Au fond, le clocher de l’église Saint-Désir.

    Le château de Chappes
    Entouré
 de douves alimentées par un canal, le château de Chappes à Ferrières- sur-Sichon (XVe siècle)
a abrité de prestigieux personnages de l’histoire de France. 
Il est classé Monument historique depuis 1992.

    Au pays des Verriers

    Pourtant, à partir des années 1970, de nouvelles analyses, confirmées vers 1995, ont permis de préciser certaines datations. Ainsi, bien que les tablettes gravées affichent entre 3 000 et 7 000 ans (sauf une part de copies médiévales), Glozel aurait été un site funéraire et cultuel de l’époque gauloise et romaine, réinvesti au Moyen Âge pour servir peut-être de four à des verriers. La forme ovale de ses tombes pourrait être liée à ces inexplicables souterrains annulaires creusés en nombre (au moins 34) dans la région.

    La tourbière du plateau de la VerrerieLa tourbière
 du plateau
 de la Verrerie.
 Ce milieu protégé se découvre en suivant les pontons de bois, au ras des sphaignes et des droséras.

    Quant aux verriers, ils étaient nombreux entre autres vers Saint-Nicolas-des-Biefs, fondant le sable des rivières grâce aux hêtres des forêts. En 150 ans, avant la Révolution, ils ont ainsi entièrement dénudé le bien nommé plateau de la Verrerie. Restent 60 hectares de lande mauves de callunes, myrtilles et genêts, gardés par des chèvres et moutons, et de tourbière avec vue plongeante sur la plaine de Roanne.

    Notre-Dame de Châtel-Montagne
    Dominant 
la vallée 
de la Besbre, l’imposante église Notre-Dame de Châtel-Montagne (1095-1216).

     

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    Compostelle : de Saugues à Les Faux

    Par Hugues Dérouard
    source : Hors-série Compostelle
    Publié le 01/12/2014

    Traversez la Margeride avec le témoignage d'un pèlerin de la via Podiensis. Les sautes d'humeur rendent parfois cette étape redoutable et la traversée des bois réveille le mythe de la bête du Gévaudan. 

    La Margeride, vaste plateau granitique ondulant à 1000 mètres d'altitude.
    La Margeride, vaste plateau granitique ondulant à 1000 mètres d'altitude. 
    Le réveil sonne, à l’aube. Dehors, il fait quasiment nuit et il pleut! Il en faut du courage pour reprendre la route! Le groupe de pèlerins picards est déjà prêt. De la fenêtre de l’auberge, je les aperçois, solides, souriants, s’encourageant mutuellement en fredonnant des chants religieux et des odes à la nature. Ils ont sorti coupe-vent, gants et bonnets. Mieux vaut se couvrir : aujourd’hui c’est une longue traversée de la Margeride, un vaste plateau granitique ondulant à 1 000 mètres d’altitude, qui attend le marcheur. Les sautes d’humeur du climat local la rendent parfois redoutable, dit-on.

    Avez-vous entendu ce bruit cette nuit ? C'était une sorte de hurlement... Un loup, peut-être...

    Je rejoins assez rapide
ment le petit groupe. Un pèlerin s’amuse de la naïveté de son ami. Et c’est savoureux : «Avez-vous entendu ce bruit cette nuit ? – Quel bruit ? – Une sorte de hurle- ment... – Comme un loup ? – Oui.– Ah bon, je croyais qu’il n’y en avait plus depuis longtemps par ici, depuis qu’on a tué la bête du Gévaudan!»
 Après Saugues, austère et sombre ce matin- là, nous parvenons vers des herbages verts et des forêts de résineux. Le granit affleure çà et là en jolis chaos. Ces dômes verts sont sauvages et rustiques. Un brun lugubre sous le couvert de cette météo impossible. Mais malgré tout, les collines se succèdent sans violence.

    La traversée des bois de la Margeride

    Ce n’est pas au hameau de La Clauze que l’on trouvera du réconfort. Les antiques bâtiments sont imposants comme pour résister aux intempéries. Massives et granitiques, les maisons traditionnelles, assombries parfois par la présence du basalte, semblent intégrées au décor minéral qui les entoure. Les murs sont très épais pour pouvoir supporter cette lourde toiture en lauze. On a l’impression que ce bourg n’a pas beaucoup changé depuis des décennies. Une vieille femme, entière- ment vêtue de noir, va chercher de l’eau à la fontaine, sans un regard, ni un bonjour en direction des marcheurs. Comme si l’on n’existait pas. Juste à côté, l’impressionnante tour de la Clauze, du XIIe siècle, est perchée sur un bloc de granit. C’est l’unique vestige d’une forteresse qui joua son rôle dans les guerres de Religion.

    La chapelle Saint-Roch
    La chapelle Saint-Roch. 

    Le domaine du Sauvage

    Le chemin humide serpente à travers une superbe hêtraie pour nous mener au domaine du Sauvage (1 292 mètres). Isolé en pleine Margeride, il comporte d’immenses bâtiments en pierre de taille : un ancien monastère de templiers qui accueillaient les pèlerins en ces sommets désolés. Le domaine du Sauvage a été récemment aménagé en deux gîtes d’étape de 21 places chacun (tél. 04 71 74 40 30). Au plus haut du parcours, quelques flocons
 se mettent à tomber ! À 1300 mètres d’altitude, battu par les vents, recouvert de neige plusieurs mois par an, le col de la Margeride était un redoutable obstacle à franchir. C’est pourquoi, en 1198, on fit édifier sur ces lieux un hôpital,
« L’Hospitalet » et une chapelle dédiée à saint Roch. La fine neige a cessé. C’est au hameau des Faux, juste avant Saint-Alban-sur-Limagnole,
que l’on s’arrête pour la nuit.

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    Compostelle : de Saint-Privat-d'Allier à Saugues

    Par Hughes Derouard
    source : Hors-série Compostelle
    Publié le 26/11/2014

    Sur le chemin de Compostelle, parcourez le pays de la Bête, tout près du plateau du Gévaudan. Marchez dans les pas d'un pélerin.

    Compostelle, sur le chemin du VelaySur le chemin du Velay, en route pour Compostelle.

    Mal aux jambes au réveil. «La première journée de marche est la plus diff icile, commente René, un Picard bien équipé. «Pensez à faire des étirements à la fin de la journée. » Il dispose d’un petit outil électronique dont il n’est pas peu fier : il permet de calculer le dénivelé, la vitesse à laquelle il marche et dispose d’un enregistreur du nombre de pas alignés !

    Le nid d’aigle de Rochegude surgit à la verticale peu après le départ. De son château, il ne reste aujourd’hui que des ruines çà et là ainsi qu’une charmante petite chapelle Saint-Jacques, accrochée à son rocher, d’où la vue sur les gorges de l’Allier est sublime. Le chemin s’engage ensuite dans une sente très escarpée, glissante sur des grosses roches. Il nous mène à Monistrol d’Allier, au coeur des gorges sauvages de la rivière. Halte à l’unique épicerie du village pour un pique-nique improvisé au bord du bruyant cours d’eau. Ici l’art roman (l’église est un ancien prieuré qui dépendait de l’abbaye de La Chaise-Dieu) côtoie une usine électrique.

    Après Monistrol-d’Allier, à 619 mètres d’altitude, la montée pour rejoindre Montaure, à 1022 mètres, sur le rebord du plateau du Gévaudan, est impressionnante. L’ascension est tuante, elle appelle quelques pauses réparatrices qui nous permettent de contempler les falaises de prismes basaltiques. Nous faisons une courte halte sur les marches de l’étonnante chapelle troglodytique dédiée à sainte Madeleine, dont la façade, du XVIIe siècle, ferme une grotte préhistorique. Et la route continue à grimper. Le soleil donne l’impression de taper fort pour cette fin du mois d’octobre. Antoine, qui a entrepris avec un groupe d’amis une randonnée sur les chemins de Compostelle jusqu’à Aumont-Aubrac, semble perdu. Il marche seul, titubant devant son petit groupe. À la pause, il s’allonge sans prononcer une seule parole. Il est épuisé. Ailleurs. Sa femme lui reproche de fumer. René va dans une ferme qui propose des bâtons de pèlerin à dix euros. « Cela devrait l’aider », dit-il ; c’est décidément monsieur Bons Conseils.

    Pelerin descendant vers SauguesPélerin descendant vers Saugues


    La suite du parcours n’est plus qu’un cheminement tranquille où d’agréables bosquets bordent les nombreuses prairies. La dernière descente vers Saugues, capitale du Gévaudan bâtie au bord de la Seuge, nous permet d’admirer ce gros bourg regroupé autour de la tour des Anglais – un donjon carré du XIIIe siècle – et de la collégiale Saint-Médard, qui a, dans son trésor, une des plus belles vierges romanes assises ainsi qu’une pietà du XVe siècle. Mais voilà que le jour commence à baisser. Les nuages se font nombreux. On frissonne. N’est-ce pas le pays de la Bête ?

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    Photos-Pays du Monde 2:  A la découverte de La Réunion, île éco-responsable

     

     

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  • Le sanctuaire du puy de Dôme : mercure au sommet

    Par Détours en France
    source : Hors Série - Secrets de lieux sacrés, 2012, p.56
    Publié le 11/08/2015

    Découvert à la fin du XIXe siècle, le sanctuaire de Mercure était l’un des plus importants temples de montagne de toute la Gaule romanisée. Les fouilles continuent d’y livrer une moisson de résultats.

    PanoramaOutre le magnifique paysage bocagé, nous pouvons distinguer au loin, juché sur son volcan en someil le sanctuaire de Mercure et son observatoire qui par son antenne de 73 mètres pique le ciel. Le puy de Dôme est inratable !

    La naissance du site

    En 1873, la guerre avec la Prusse n’étant plus qu’un mauvais souvenir, le positivisme et le rationalisme ayant recouvré leur empire, on lance un grand projet au sommet du puy de Dôme : la construction d’un observatoire météorologique. De cette éminence pelée, la science percera les secrets de la pluie et du beau temps… Le hasard est souvent l’allié des archéologues.

    TempleOn voit ici les vestiges du mur d’enceinte de ce temple de Mercure, grand comme un terrain de football et construit en terrasses pour épouser la courbe du point culminant de la chaîne des Puys. Parvenus au temple au terme d’une ascension éprouvante, les fidèles suivaient un cheminement jusqu’au « pronaos », une galerie devant la « cella », partie qui leur était interdite mais but du pèlerinage.

    Alors qu’ils préparent les fondations de ce temple dédié au dieu progrès, les ouvriers en trouvent un autre, son aîné de près de vingt siècles, voué à Mercure. Des éléments en domite (pierre volcanique exploitée au puy de Clerziou) et en arkose (un type de grès) attirent l’attention des spécialistes et le dossier ne traîne pas : l’incription au titre de monument historique est quasi immédiate (1875) et permet de protéger ces nouvelles reliques.

    L'observatoire du temple

    Le conseil général du Puy-de-Dôme, en collaboration avec l’université Blaise-Pascal de Clermont-Ferrand, a aménagé au chalet de l’Observatoire, au sommet du puy de Dôme, une salle pour décrypter les vestiges du temple de Mercure. Il s’agit d’un centre d’interprétation contenant des moulages d’ex-voto et de blocs de pierre.

    Il présente plusieurs restitutions possibles de ce monument spectaculaire, dont les parois scintillaient grâce à la présence de mica dans la domite et dont la couverture devait être constituée de plaques de plomb clouées. L’inauguration de ce lieu qui permet de vivre les avancées et interrogations quasiment en même temps que les chercheurs et archéologues est récente.
    puydedome.com

    On entame une vraie campagne de fouilles en 1875 et, dès 1878, on peut présenter avec fierté des reconstitutions aux millions de visiteurs de l’Exposition universelle de Paris : plans, dessins et aquarelles.

    Observatoire

    Qu’a-t-on donc déterré, à 1 435 mètres, à 30 mètres seulement de la cime balayée par les vents et par la pluie ? Sur une esplanade terminale, précédée de terrasses que relient des volées de marches, un temple est entouré d’un mur d’enceinte. Il est formé d’un centre, la « cella », où devait se trouver la statue de la divinité. Cette « cella » est bordée sur trois côtés d’une galerie et, sur le quatrième, du « pronaos », un portique à colonnes, son entrée.

    Temple gaulois ou romain ?

    Les pèlerins empruntaient le sentier des muletiers en se ménageant des pauses : pour ralentir leur rythme cardiaque et se recueillir sur les sanctuaires mineurs qui balisaient l’épuisante montée. Car le vrai sanctuaire était évidemment le dernier. Cette conclusion n’a pas été évidente à prononcer.

    Temple

    En effet, on s’est longtemps demandé si ce temple sommital correspondait à un lieu de culte autonome ou s’il était un but de pèlerinage. L’archéologie a récemment mis au jour un relais au col du Ceyssat (1 078 mètres). La présence de bâtiments secondaires près du temple et d’absides semi-circulaires à l’intérieur de celui-ci peut être décryptée : il s’agirait d’espaces destinés au repos des pèlerins.

    Sanctuaire puy de dome

    Mais alors, temple gaulois ou romain ? Cette autre question n’est pas déplacée tant les influences semblent imbriquées.

    Temple

    Si l’on peut supposer que les Gaulois avaient déjà leur propre temple ou « fanum » à cet emplacement, les Romains ont bien pris la suite. Pour eux, ce site était également exceptionnel : le sommet de la chaîne des puys dominait tous les oppidums de la région, symboles d’une puissance gauloise asservie mais à laquelle il fallait continuer d’en imposer. Cette fois, c’est l’épigraphie, ou étude des inscriptions, qui a apporté les confirmations attendues.

    Gravure

    • Première étape : l’exhumation, en 1874, d’une plaquette votive avec une dédicace sans ambiguïté : « Au dieu Mercure de Dôme ».
    • Deuxième étape : la statuette de bronze trouvée en 1906 du dieu des commerçants et ses voyageurs.
    • Troisième étape : une tête en domite et une stèle qui représentent de nouveau Mercure.
    • Quatrième et dernière étape : la découverte en 2003 d’un bloc de pierre avec une nouvelle dédicace au dieu, dont on suppose qu’elle constituait le socle d’une statue.

    Les sceptiques auront bien du mal à déloger Mercure de son temple… Sa présence aide à comprendre l’implantation romaine à Clermont-Ferrand, en contrebas du sanctuaire. Avant de se baptiser Clermont puis Clermont-Ferrand, la ville s’appelait Augustonemetum, ou « sanctuaire d’Auguste ». Elle fut un élément significatif du quadrillage du territoire arverne.

    Temple

    Après avoir définitivement vaincu les Gaulois à la bataille d’Alésia (52 avant J.-C.), les Romains durent s’atteler à une autre tâche : asseoir leur pouvoir civil. L’urbanisme et les grands travaux furent un moyen de choix, sous la poigne vigoureuse d’Agrippa, l’ami d’Octave (devenu empereur sous le nom d’Auguste en 27 av. J.-C.), il lance les différentes ramifications de la Via Agrippa depuis Lyon, dont un tronçon passe par Augustonemetum.

    Temple

    « La ville n’est pas riche en vestiges romains », explique Chantal Lamesch, conservateur chargé des collections archéologiques au musée Bargoin, où l’on peut voir une partie des vestiges trouvés sur le puy de Dôme. Bien peu de chose pour mesurer la grandeur passée de la ville. Comme l’écrivait en 1931 le professeur Auguste Audollent, épigraphiste et doyen de l’université de Clermont-Ferrand :

    « De somptueux monument publics, de confortables demeures privées devaient être la preuve matérielle de cette prospérité. Malheureusement, l’incurie ou la rapacité des hommes n’a rien laissé subsister à la surface du sol : il a fallu les efforts persévérants de l’archéologie pour en découvrir sous terre les vestiges. »

    Montagne

    Efforts qui ne connaissent pas de trêve : on a mis au jour, en 2006, près de l’ancienne gare routière, un pied colossal de statue en bronze, d’une finesse exceptionnelle. Il pourrait être dû au célèbre sculpteur Zénodore, dont parle Pline à propos de la réalisation du mythique Mercure des Arvernes, jamais retrouvé.
    Le chef-d’oeuvre révélé par ce fragment devait se trouver au centre du forum et était sans aucun doute l’objet d’un culte à l’empereur ou à une divinité.

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