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    FERROVIAIRES

     

    Photos-Villes du Monde:  MONTRÉAL, 375 ANS D’HISTOIRE

    Outre les ponts Laurier et Victoria déjà nommés, on compte plusieurs autres ponts ferroviaires autour de l’île de Montréal. Ce sont les ponts Saint-Laurent (1886), du Canadien Pacifique (1893) et du Canadien National (1854) à Sainte-Anne-de-Bellevue, Bordeaux (1876) et de l’île Bigras (1882).

    EXPLORATEURS

    Comme nous l’avons vu, les explorateurs Jacques Cartier et Samuel de Champlain ont donné leur nom aux deux ponts routiers enjambant le Saint-Laurent vers la Rive-Sud. À noter qu’à côté du pont Champlain existe l’estacade construite en 1965 afin d’éviter des embâcles printaniers imputables à la construction et à l’élargissement des îles d’Expo 67.

    POLITICIENS

    Outre les trois ponts nommés pour rendre hommage à des premiers ministres, deux autres portent le nom de politiciens. Il s’agit du pont Médéric-Martin, du nom du maire de Montréal de 1914 à 1924 et de 1926 à 1928, ainsi que du pont Galipeault menant à l’île Perreault. Antonin Galipeault fut ministre québécois sous Louis-Alexandre Taschereau.

    PREMIERS MINISTRES 

    Trois ponts autour de Montréal ont été baptisés du nom de premiers ministres. En 1904, Wilfrid Laurier, alors premier ministre du Canada, a l’honneur de voir son nom attribué à un pont ferroviaire à Pointe-aux-Trembles. En 1934 est inauguré le premier segment du pont Honoré-Mercier, du nom du premier ministre du Québec de 1887 à 1891. Le pont-tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine (1967) salue l’ancien premier ministre du Canada-Est.

    COLONS

    Pierre Le Gardeur, premier seigneur de L’Assomption, a donné son nom à un pont jeté sur la rivière des Prairies. Le pont de l’île Bizard tient son nom de Jacques Bizard, militaire suisse et premier seigneur des lieux. Quant au premier habitant de l’île Jésus, Olivier Charbonneau, il a lui aussi son pont.

    DIRIGEANTS ÉTRANGERS

    Trois dirigeants étrangers ont vu leur nom être associé à un pont de l’île de Montréal. Le pont routier et ferroviaire Victoria (1860) est nommé en honneur de celle qui fut la reine du Royaume-Uni et du Canada de 1837 jusqu’à sa mort en 1901. Le pont Pie-IX renvoie au 255e pape de l’Église catholique, qui a régné 31 ans, de 1846 à 1878. Plus près de nous, le pont Charles-De Gaulle (1985) rappelle la mémoire de celui qui a été président de la France de 1958 à 1969.

    AUTRES

    Le pont de la Concorde, construit pour Expo 67, est nommé selon la devise de Montréal : Concordia salus. Celui de l’Île-aux-Tourtes enjambe l’île du même nom. Trois hypothèses sont associées au pont Viau, selon la Commission de toponymie du Québec. À Montréal, on l’appelle aussi pont Ahuntsic, du nom d’un jeune Huron s’étant noyé dans la rivière des Prairies. Trois autres structures traversent les eaux entourant l’île de Montréal : les lignes de métro jaune et orange ainsi que la centrale hydroélectrique de Rivière-des-Prairies.

    CIVILS

    Quelques civils ayant fait leur marque dans différents métiers sont aussi honorés dans la toponymie des ponts. C’est le cas de Pascal Persillier-Lachapelle (pont Lachapelle), tanneur et marchand de Côte-des-Neiges. Le nom du pont Louis-Bisson nous vient d’un aviateur. Le pont Papineau-Leblanc rend hommage à l’agent seigneurial Joseph Papineau (père de Louis-Joseph) et à Alpha Leblanc, membre d’une vieille famille de Laval.

    UNE ÎLE ET SES PONTS

     

    Photos-Villes du Monde:  MONTRÉAL, 375 ANS D’HISTOIRE

    Chaque dimanche de l’année, un pan de l’histoire de Montréal vous est conté. Aujourd’hui, les ponts Jacques-Cartier et Victoria.

    Une scène comme celle montrée ci-dessus rappelle que, Montréal étant une île, les ponts sont essentiels dans tous les aspects de son essor.

    C’était vrai au XIXe siècle lorsque les premiers ponts ferroviaires et routiers ont été construits tant sur les flancs nord que sud de l’île. C’était vrai à la fin des années 20, au moment où a été prise cette photo du pont Jacques-Cartier en devenir – qui était alors appelé pont du Havre. Et ça reste tout aussi vrai de nos jours.

    Les deux premiers ponts ayant permis de relier Montréal au reste du continent étaient routiers et ont été aménagés sur la couronne Nord, donc avec l’île Jésus (aujourd’hui Laval) : les ponts Lachapelle (1836) et Viau (1847). Mais très vite, l’expansion des chemins de fer amène la construction de plusieurs ponts ferroviaires au-dessus du fleuve Saint-Laurent, de la rivière des Prairies et du lac des Deux Montagnes. Le pont Victoria, inauguré par le prince de Galles – le futur roi Édouard VII – le 25 août 1860, en est le meilleur exemple.

    Quelques décennies plus tard, avec l’accroissement géographique et l’essor fulgurant de l’industrie automobile, la construction de nouveaux ponts routiers se fait pressante. Ainsi naît le projet du pont Jacques-Cartier.

    PONT VICTORIA

    Au milieu du XIXe siècle, Montréal est la ville la plus prospère du pays. « La ville se révèle une véritable plaque tournante pour le commerce et le transport, dit l’historien Martin Landry, de Montréal en histoires. Sa position géographique enviable fait de l’île de Montréal un arrêt incontournable pour les navires de marchandises qui sillonnent le fleuve et qui pénètrent le continent, notamment grâce au canal de Lachine qui relie le Saint-Laurent aux Grands Lacs. »

    Le port de Montréal est alors très sollicité. En parallèle, le chemin de fer est un moyen de transport en expansion. Comme certains tracés ferroviaires commencent à s’éloigner des grandes artères navigables, le train fait de plus en plus concurrence aux navires pour le déplacement des individus et l’expédition de marchandises.

    Les autorités canadiennes, conscientes de cette situation, envisagent d’exploiter un chemin de fer reliant Montréal à Toronto. Cela mènera à la création de la compagnie du Grand-Tronc en 1852. Le projet sera concrétisé en quelques années, notamment avec l’inauguration (1854) d’un premier pont ferroviaire reliant Sainte-Anne-de-Bellevue à Vaudreuil en traversant l’île Perrot. Mais on en veut plus. La compagnie du Grand-Tronc souhaite un accès aux États-Unis et à la mer au moyen d’un autre chemin de fer, au sud de Montréal. D’ailleurs, dès 1846, des commissaires du port de Montréal comme des politiciens (George-Étienne Cartier, John A. Macdonald) formulent le même désir, indique Martin Landry.

    C’est ainsi que les travaux de construction du pont Victoria s’amorcent le 24 mai 1854. Cinq ans et demi plus tard, le 12 décembre 1859, les ouvriers posent la dernière travée et le pont est ouvert à la circulation le 17 décembre. Avec ses 2,7 km, le pont Victoria devient alors le plus long du monde !

    PONT DU HAVRE (JACQUES-CARTIER)

    Le projet de construction d’un pont routier entre Montréal et la rive sud répond à un autre enjeu : la pression démographique couplée à l’émergence de l’automobile. « En 1920, la voie réservée aux automobiles du pont Victoria étant partiellement détruite par un incendie, le besoin d’un nouveau pont devient pressant », écrit Martin Landry.

    Les travaux de la nouvelle infrastructure s’amorcent officiellement le 26 mai 1925 et exigent la destruction de bâtiments du quartier Sainte-Marie. Or, dans le secteur, Hector Barsalou, propriétaire d’une entreprise de savon, refuse l’expropriation de son usine. C’est pour cette raison que le tracé du pont décline légèrement sur la gauche quand on entre dans Montréal.

    D’abord payant, le pont du Havre est ouvert à la circulation routière, cycliste et piétonne le 14 mai 1930 (la cérémonie officielle a lieu le 24 mai). Dans son numéro du 15 mai, La Presse rapporte que le premier piéton ayant traversé de la rive sud à Montréal était « un écolier qui se rendait à l’école Saint-Pierre ». Le premier automobiliste à se rendre sur la Rive-Sud s’appelait Henri Campeau et demeurait rue Champlain, ajoute le quotidien. Quatre ans plus tard, des pressions populaires, alimentées croit-on par les membres de l’Ordre de Jacques-Cartier, une société secrète composée pour la majorité de fonctionnaires fédéraux canadiens-français, exigeaient un nom francophone pour le pont, question de refléter l’héritage français du pays. Ça tombait bien, 1934 marquait le 400anniversaire de la découverte du Canada par Jacques-Cartier. Le 30 juin 1934, le pont du Havre devenait donc officiellement le pont Jacques-Cartier.

     

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    La Wallonie en couple : un week-end romantique à Namur

     

    Namur la romantique incite à la douceur, à la flânerie et à la décontraction. Une destination rêvée pour un break à deux au rythme lent de l’escargot, mascotte de la ville. Suivez notre leçon en 3 points pour un week-end namurois romantique et réussi.

     

    © WBT-JPRemy

     

    Règle n°1 :  Déambuler l'esprit léger

    Capitale de la Wallonie depuis 1986 et à quelques 60 km de Bruxelles, Namur - située au confluent de la Sambre et de la Meuse - cultive son charme tranquille et sème, au fil des ruelles, ses adresses plus ou moins confidentielles au pied de sa citadelle.

    Les plus célèbres d'entre-elles ? La place d'Armes, avec ses statues de Françwès et Djoseph – (idéales pour une photo souvenir), le musée Félicien Rops, situé dans un ancien hôtel de maître et dédiée à ce peintre et graveur belge, le beffroi érigé en 1388 et classé au Patrimoine mondial de l'Unesco, et les rues Saint Jacques et Emile Cuvelier, incontournables pour une virée shopping. Mais aussi l'église Saint Loup du XVIIe siècle et à l'inimitable style baroque (où se déroulent fréquemment concerts et expositions), ou encore le parc Louise-Marie, poumon de verdure et écrin de fraîcheur citadin.

    Tout, dans cette ville nimbée d'une douce atmosphère, incite à la flânerie... Que l'on soit à pieds, à vélo, en bateau ou en petit train touristique.

    © J.P.Remy

    Règle n°2 : Succomber au doux péché de gourmandise

    Outre ses nombreux plaisirs culturels, Namur propose d'autres repaires bien plus gourmands. Ceux de la Ferme du Vieux Tilleul notamment ; une ferme typique et traditionnelle où l'on découvre dans le magasin (ouvert toute l'année de 9h à 18h, sauf le dimanche) les escargots petit-gris. Entre le 1er mai et le 30 octobre, des visites (sur réservation) sont même prévues pour tout savoir sur le mode de vie et de cuisson de ces gastéropodes.

    Autre visite à booker ? Celle au Musée de la moutarderie Bister l'Impériale. Une entreprise familiale, créée en 1926 et qui depuis quelques années propose tout un parcours - en groupe ou de façon individuelle -  avec, au programme, dégustation, découverte de l'atelier de fabrication et parcours didactique. Sans oublier, une fois la visite terminée, le passage par la boutique-souvenir !

    Le salé, oui. Mais le sucré aussi ! Avec la Maison des desserts, dont la chocolaterie et la pâtisserie sortent, quotidiennement, de quoi régaler les papilles des amateurs de petites douceurs. Tout particulièrement les Biétrumés de Namur, ce caramel mou qui colle aussi bien aux dents qu'aux souvenirs.

    © Jacques Danzin

    Règle n°3 : surprendre, toujours

    Et pour créer la surprise, les choix ne manquent pas... On snobe voiture et vélo pour s'installer dans une namourette ou un petit bateau et profiter, bercés par les clapotis de l'eau, d'une croisière fluviale. L'occasion de découvrir la ville autrement.

    Revenus à terre, on se dirige ensuite vers le Théâtre royal de Namur ; superbe et imposant bâtiment érigé au XIXe siècle. Au casting de la saison 2016/2017 ? Le nouveau spectacle de James Thiérrée, la dernière création du cirque Eloize et des artistes célèbres à l'image de Josiane Balasko, Romane Bohringer ou encore Emmanuelle Devos.

    Pour clore la soirée : dîner dans l'un des restaurants les plus romantiques de la ville, L'Agathopède. Sous la houlette du chef Chef Carl Gillain, pluma ibérique, bœuf maturé, huîtres, salicorne et mozzarella belge s'animent, se (re)découvrent sous de nouvelles facettes... Et le bâtiment dans lequel s'est logé le restaurant fait même, bonne nouvelle, office d'hôtel…

     

    Infos Pratiques

    Evénements :

    11/2016 : Antica Namur - Salon d'antiquités de Namur
    05/2017 : Namur en mai - Festival des arts de la rue 
    07/2017 : Mindjî - Wallonia food festival & symposium 

    A ne pas rater :

    • Naviguer à bord d'une Namourette
    • Rougir devant une gravure de Rops
    • Faire du shopping sans se presser
    • Avoir le souffle coupé tout en haut de la citadelle

    Où dormir ? 
    Les Tanneurs de Namur
    NE5T Hôtel & Spa
    The Royal Snail Hotel
    Château de Namur
    Grand hôtel de Flandre
    Best Western New Hotel De Lives

    Où manger ? 
    L'Espièglerie et Le Grill des Tanneurs
    Le Temps des Cerises
    Brasserie François
    Fenêtre sur Cour
    Au Phil des Saveurs
    La Petite fugue
    Cuisinémoi 
    Le lodge

    Une halte sucrée :
    La Maison des desserts

     

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    Ys: à la recherche de la cité engloutie

     

    Par Dominique Le Brun
    source : Détours en France n°166, p. 54
     

    Pour situer la ville d’Ys, on a évoqué la baie du Mont-Saint-Michel mais aussi la baie des Trépassés, la baie d’Audierne, les environs de Penmarc’h. Autant de localisations où une ville importante aurait pu exister et… disparaître, engloutie par un violent raz-de-marée.

    Route menant à la baie des Trepassés


    Dévalez la route plongeant vers la baie des Trépassés. Vous rencontrerez, le crépuscule venu, des âmes errantes – les Krierien (les crieurs) – rôdant dans les solitudes venteuses des grèves et des landes… Ils processionnent par groupes de sept de chapelle en chapelle, avec à leur tête saint Jean-des-Grèves, criant désespérément.

    Le phare de la Vieille et la marmite de l'enfer

    Depuis le phare de la Vieille, un face-à-face avec la « marmite de l’enfer » de la baie des Trépassés : les courants violents forment un passage d'une extrême dangerosité entre la pointe du Raz à l’ouest et la pointe de Van au nord-ouest. Un lieu terrifiant où s’enracine la légende de la ville maudite d’Ys. La tradition orale y situe également la figure du Passeur et de la barque de la nuit (Bag-Noz ou ar Vag-Noz).

    La légende

    Ys était le lieu de résidence du roi Gradlon et de sa fille Dahud. C’est cette dernière qui aurait attiré les foudres divines à cause de ses péchés. Saint Guénolé avertit le roi que sa ville était condamnée et qu’il devait sacrifier sa fille, ce qu’il fit en fuyant en compagnie du saint.

    En 1756, 1824, 1896 et 1929, l'île de Sein se trouva recouverte par les flôts. Ce n'est pas une légende, mais la vérité historique. On sait aussi qu'en 709 (semble-t-il) la baie du Mont-saint-Michel et les parages de Saint-Malo furent complètement transformés par un raz de marée, ou par une succession de tempêtes.


    Le port de Penmar'ch


    Penmarc’h, port autrefois florissant du pays bigouden, est connu pour son phare d’Eckmühl. Mais savez-vous que là vivait March, le roi de Poulmarch, que Dahud aux cheveux d’or (ou Ahès) affubla des oreilles et de la crinière de son cheval Morvarch, pour le punir de l’avoir poursuivie arc en main ?


    Abbaye de Landévennec

    À l’embouchure de l’Aulne, les ruines de l’ancienne abbaye de Landévennec rappellent la légende dorée de saint Guénolé. Sur les ordres de l’apôtre saint Patrick, qui lui apparaît en songe, il part fonder son abbaye. En 490, Guénolé, tel un nouveau Moïse, ouvre miraculeusement le bras de mer séparant l’Hôpital-Camfrout et Landévennec, sur la rive opposée de l’estuaire. Saint Guénolé apparaît dans la légende de la ville d’Ys.

     

    La "Bae an Anaon"
    Entre les pointes du Raz et du Van, la « Bae an Anaon », la baie des âmes en peine, ou des Trépassés, voit déambuler sur la lande pelée, brûlée par le sel marin, le peuple des « Krierien »…

     

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    La presqu'île de Crozon : les sites

    à ne pas manquer

     

    Par Hughes Derouard
    source : Hors série - France sauvage
     

    L’extrémité de l’Armorique s’achève sur un promontoire en forme de croix, dont la pointe et les branches tombent à pic dans l’Atlantique. C’est la presqu’île de Crozon. Ici se trouve la véritable extrémité du bout du monde, le Finis Terrae, qui a donné son nom au département.

    Tas de Pois

    « Mer… veilleuse. À l’ultime pointe, derrière le gros Tas de Pois, qu’on nomme Pen Glas, elle passe des accords avec le ciel. Il l’a garde éclairante quand la terre s’assombrit. Puis, enfin libre, elle prend la veille » (Jean-Pierre Abraham). La presqu’île de Crozon cherche de sa tête de grès dur en forme de trident à batailler inexorablement contre les trains de houle érodant ses flancs. À l’extrême nord, gardienne du goulet de Brest, la pointe des Espagnols et ses falaises aux à-pics de 70 mètres de haut ; à l’opposé, le cap de la Chèvre où sommeille Kawr, le géant de la légende. Entre ces deux extrémités, une côte vierge, âpre et sauvage, hérissée de caps et de pointes : le Toulinguet, Pen-Hir, le Tas de Pois.

    Ce sont là des parages maritimes dangereux : rares sont les jours où une houle roulant depuis l’Amérique ne vient pas exploser en énormes paquets d’écume contre le granit des falaises. Pour découvrir ces lieux particulièrement sauvages, rien ne vaut un bon coup de vent, et c’est à l’extrémité de la croix, sur les pointes du Toulinguet et de Pen-Hir, que le spectacle est le plus dantesque. Sur Pen-Hir, à la fureur océane s’ajoutent les perspectives vertigineuses de la falaise, et le coup d’oeil stupéfiant sur les Tas de Pois, comme sont appelées les cinq masses de granit qui émergent des vagues dans le prolongement de la pointe. Les deux pointes encadrent une plage ourlée de dunes : Pen Hat, où les vagues déferlent en rouleaux interminables.

     

    château de Dinan

    Bienvenue au « château de Dinan »… Ici, ce sont des roches éboulées qui font songer au glacis d’un château fort, et le pontlevis serait une arche de pierre naturelle où s’engouffrent avec fracas les déferlantes océanes.

     

    alignements de quartzite de Lagatjar

    Les alignements de quartzite de Lagatjar se composent d’une soixantaine de pierres de taille inégale, alignées selon un plan géométrique ordonné. Il est permis de penser que Lagatjar fut un important centre religieux celtique.

    C’est de Camaret que vous accéderez le plus facilement à ces sites. Considéré comme l’antichambre de la rade de Brest, ce port arma une flotte de langoustiers qui pêchaient jusqu’en Mauritanie ! Aux temps de la voile, l’avant-port de Camaret accueillait aussi les caboteurs en attente de vents portants pour cingler vers le large, ou de courants favorables afin de passer la pointe de Bretagne. Entre Camaret et la plage de Pen Hat voisinent deux sites étranges. Le plus connu est un ensemble mégalithique : les alignements de Lagatjar, dont les rangées de pierres dressées feraient penser à un défilé ou à  une procession. Juste à côté, les curieuses tourelles qui se dressent sur la lande sont les ruines de Coecilian, la résidence néogothique où le poète Saint-Pol-Roux, dans les années 1930, recevait le Tout-Paris littéraire. Mais le manoir fut détruit pendant la guerre : n’hésitez pas à errer parmi les ruines, car un esprit de poésie y réside encore…

     

    Camaret, sentinelle de brest

    Camaret

    Au bout du Sillon, dressant ses murs percés de meurtrières, la tour Vauban contrôle l’entrée du port de Camaret, et fait partie des défenses de Brest, le grand port militaire. En effet, si l’étroit goulet bordé de falaises empêchait une flotte ennemie d’attaquer par la mer, le débarquement d’une armée à Camaret restait à craindre. Vauban conçut donc cette tour dont les batteries découragèrent vraiment une tentative d’attaque anglo-hollandaise en 1694. Il n’y en eut pas d’autre, ce qui montre la justesse des vues du génial architecte et stratège.

     

    la pointe des Espagnols

     

    Achevant l’extrémité de la branche nord de la croix dessinée par la presqu’île de Crozon, la pointe des Espagnols donne sur le goulet de Brest. Vous vous y rendrez depuis le village de Roscanvel par une route côtière qui ne manque pas de pittoresque. Elle s’achève sur le chemin qui mène au point de vue. D’ici, Brest se présente comme une ville toute blanche, étagée au-dessus d’une rade immense aux rivages très préservés. Et vous voyez distinctement les impressionnantes fortifcations qui, depuis Vauban jusqu’à l’armée allemande pendant la Seconde Guerre mondiale, furent édifées pour empêcher une attaque du port militaire de Brest par la mer.

    La branche sud de la croix correspond au cap de la Chèvre, qui sépare la mer d’Iroise et la baie de Douarnenez. À sa base, sur le côté exposé au large, se trouve la pointe de Dinan. On y accède du bourg de Crozon par une étroite route en cul-de-sac. Sur la gauche du parking, un chemin monte vers le haut de la falaise et suit le bord de cette dernière jusqu’à la pointe de Dinan. Grandiose, surtout par mauvais temps, la vue porte de la pointe de Pen-Hir et aux Tas de Pois (à droite) jusqu’au cap de la Chèvre (à gauche). Mais le plus beau reste le Château de Dinan, quelques centaines de mètres à droite de la pointe : un énorme rocher dont la silhouette évoque une forteresse.

     

    cap de la Chèvre

    Relier le cap de la Chèvre à la pointe de Dinan par le GR34 : inoubliable !

     

    L’extrémité du cap de la Chèvre donne à la fois sur la mer d’Iroise et sur la baie de Douarnenez. Atteignant 96 mètres de haut, voici un belvédère idéal sur la baie de Douarnenez que longe un sentier de randonnée magnifique. Il conduit à Morgat, paisible station balnéaire. De part et d’autre de sa superbe plage, des pointes rocheuses recèlent des grottes accessibles à marée basse. Sur le port de plaisance, un sentier côtier mène aux grottes Sainte-Marine et des Normands, accessibles à la basse mer des très grandes marées. À l’autre bout de la plage, au-delà de la pointe de Rulianec et de la plage du Portzic, vous pouvez pénétrer dans la grotte de l’Autel dès que le niveau de la mer permet de passer la pointe des Grottes. Une expérience magique !

    Le souvenir de l’histoire

    pointe de Pen Hir

    La pointe de Pen-Hir évoque de deux façons la Seconde Guerre mondiale. D’abord, la croix de Lorraine colossale dressée à l’extrémité de la pointe symbolise les Bretons qui répondirent à l’appel du général de Gaulle et traversèrent la Manche pour s’engager dans les Forces françaises libres. Ensuite, le musée de la Bataille de l’Atlantique rappelle le bras de fer qui opposa les meutes de sous-marins allemands et les convois de cargos qui ravitaillaient l’Angleterre depuis les États- Unis, et y livraient le matériel militaire et les troupes en prévision du Débarquement. Une évocation passionnante d’un aspect mal connu de l’Histoire : de cette longue bataille dépendit pourtant l’issue du conflit !

     

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    Locronan, une légende des siècles

     

    Par Dominique Roger - Hugues Derouard - Mélanie des Monstiers
    source : Hors série - Les plus beaux villages de nos régions 2013, p. 30
     

    Au pied de sa « montagne », Locronan, bourg de Bretagne, bourdonne toujours d’activité. Belle lurette que les tisserands ne tiennent plus le haut du pavé. 

     

    det_hs_village_13_locronan_rue_de_la_tour.jpg

    Granit, ardoise, hortensia, une trinité bretonne parfaitement respectée à Locronan.

     

    Un lieu animé 

    Ce bourg Breton, de sa célèbre Grand’Place aux ruelles bordées d’austères maisons Renaissance et jalonnées d’échoppes artisanales, s’anime toujours au rythme des hôtes de passage voulant faire un saut dans le passé et des pèlerins venant accomplir leur troménie. Ici, l'urbanisme est une notion héritée des siècles passés, ceux de la prospérité marchande et ceux de la ferveur religieuse.

    Vous n’avez jamais mis les pieds à Locronan mais vous jureriez pourtant connaître les lieux...

    Le saviez-vous ?

    La Grand’Place a été l’héroïne de nombre de films et de téléfilms au succès populaire. Rappelez-vous, entre autres, de Tess de Polanski avec la radieuse Nastassja Kinski ; Chouans ! avec Sophie Marceau ; Un long dimanche de fiançailles avec Audrey Tautou ou plus récemment la série télévisée L’Épervier adaptée de la bande dessinée de Patrice Pellerin.
    Grâce à l'un d'eux (Tess, de Roman Polanski) la municipalité a pu faire enterrer les lignes électriques en 1979, la production ayant financé une partie de ces coûteux travaux.

    Organisation du bourg

    Située au croisement de deux anciennes voies romaines, position stratégique qui facilitera l'essor commercial de Loc Ronan ("le lieu de Ronan") et le développement d'un important pèlerinage, la Grand'Place est bordée de maisons de granit sombre aux façades sévères et cossues.

     

    det_hs_village_13_locronan_place_aerienne.jpg

     

    Ces voies sont le fruit d'une prospérité marchande basée sur le négoce de toiles de chanvre et de lin aux XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles. A l'apogée de ce commerce, la petite cité produit plusieurs milliers de pièces de toile à voile -bandes de ris, prélarts et noyales- sorties des ateliers de tisserands qui sont renommés pour la solidité et la finesse de leurs "bretagnes".

     

    Pas de pollution !

    Ils sont 800 à résider dans la petite cité de Locronan, qui accueille chaque année 400 000 visiteurs qui se pressent sur cette place de l’Église. Et nulle voiture, elles sont strictement parquées en dehors du village, pour ne pas troubler l’atmosphère.

    Légende du village

    En bas de la place, le siège de la Compagnie des Indes avait pignon sur rue, tout comme le Bureau d'enregistrement royal des toiles. Avant de pousser les vantaux du vaste porche de l'église Saint-Ronan qui s'ouvre par un arc en plein cintre, penchez-vous comme tout visiteur à la margelle de puits.

    A ce point d'eau, le seul distribuant jadis de l'eau potable, est attachée une mystérieuse légende.

    Cette légende est rapportée avec un certain humour par l'écrivain Pierre-Jakez Helias. Un drôle de paroissien descendait régulièrement, botez-koad (sabot) aux pieds, au fond du puits. Y faisait-il pénitence ? Y entretenait-il quelques conversations avec les siens de l'autre monde ? Lorsque les villageois le remontaient à califourchon sur le seau, il restait muet...

     

    Charrette fleurie

    Son histoire religieuse

    Le sanctuaire édifié entre 1425 et 1480 par les seigneurs de Nevet, grâce aux donations des ducs de Bretagne (Jean V, Pierre II, François II), représente un bel ouvrage de l'art ogival flamboyant du XVe siècle, malheureusement amputé de sa haute flèche octogonale depuis 1808. Divisée en trois parties, la nef, éclairée par un chevet percé de trois baies flamboyantes, offre des dimensions de cathédrale (43 mètres de long), perspective encore allongée par la pente accentuée du pavage.

     

    Monument

    A l'intérieur, des retables, un baptistère à la cuve armoirée, une chaire (début XVIIIe siècle) décorée de médaillons sculptés retraçant la légende de Ronan, une grande verrière du XVe siècle figurant en dix-sept tableaux la Passion du Christ. Le tombeau du saint se trouve dans la chapelle communicante du Pénity.

    Bâtie au début du XVIe siècle par Pierre Le Goaraguer, maître d’œuvre de la cathédrale de Quimper, elle fut confortablement dotée par la duchesse Anne qui vint en pèlerinage à l’emplacement de l’église primitive, priant pour être féconde. Peu de temps après naîtra Renée de France, fille cadette de Louis XII. Reposant sur six ailes sculptées d’« anges-cariatides », le gisant en haut-relief de saint Ronan (début XVe siècle), abrite ses reliques.

     

    Vue aerienne

     

    Du parvis de l’église dévale la rue du Moal, étroite et pentue, menant au quartier autrefois populaire. Au XVIIIe siècle, on y comptait 250 maisons-ateliers de tisserands et logis sommaires appartenant aux marchands. En bas de la rue, le petit dôme de la chapelle Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle (Kelou Mad) émerge de la verdure.

    Le sanctuaire Breton

    De ses origines du XVe siècle, il ne reste que deux portes, le sanctuaire ayant été maintes fois remanié jusqu’à la fin du XVIIe siècle. Vous remarquerez le maître-autel et son retable à la Vierge allaitante, bijou sculpté par le Quimpérois Jean Mozin (1723).

    Ses vitraux méritent la plus grande attention, ils sont de la main du peintre et maître-verrier Alfred Manessier en 1985. 

    La chapelle est entourée d’une fontaine dédiée à Saint-Eutrope le Saintongeais, patron des hôpitaux, et d’un calvaire. La petite rue Lann vous mène au seuil du Prieuré, la maison où Yves Tanguy (1900-1950) passa son enfance. C’est ici qu’il construisit son imaginaire, qu’il réalisa ses premières œuvres. Cheville ouvrière du mouvement pictural sur-réaliste, aux côtes de Arp, Breton, Magritte, Ernst, il invita à Locronan ses amis Jacques Prévert, Marcel Duhamel ou Max Jacob. 

     

    Photos-Villes du Monde:  Locronan, une légende des siècles

     

     

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