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    Laissez-vous surprendre par

    Saint-Brieuc

     

    Par Aurélie Tiercin
     

    Saint-Brieuc, chef-lieu des Côtes d’Armor, n’a pas le rayonnement de ses consœurs des autres départements bretons. Pourtant, nichée dans une baie aussi sublime que méconnue, elle offre de belles surprises quand on prend le temps de s’y arrêter et d’ouvrir l’œil !

     

    La capitale de la gastronomie armoricaine

    gastronomie_saint-brieuc.jpgDe nombreux chefs étoilés officient à Saint-Brieuc.

    En venant à Saint-Brieuc, il faut faire fi des traditionnelles recettes bretonnes et se laisser porter par les quelques chefs étoilés qui honorent la ville et émerveillent les papilles briochines de leurs mets raffinés en mettant à l’honneur les produits locaux principalement issus de la mer, avec originalité et raffinement.  

    • Chez Mathieu Aumont (Aux Pesked), dégustez l'ormeau rôti, bouillon de pot-au-feu, et fois gras poché ou le pigeon aux girolles, courges de chez Jean-Luc à Plérin, jus de betteraves...
    • Chez Jean-Marie Baudic (Youpala Bistrot), régalez-vous de produits de la mer et de légumes.
    • Chez Nicolas Adam (La Vieille Tour), savourez les Saint-Jacques à la plancha, homard et cèpes ; le filet de canette et gnocchis de pommes de terre... et bien d'autres plats délicieux.

    Ces trois grands chefs sont également à l’origine du collectif Rock’n Toques, un concept qui allie musique et gastronomie à destination du grand public, qui compte aujourd'hui 10 chefs venus de toute la Baie, ainsi que des maîtres pâtissiers, des artisans crêpier et glacier, un producteur de cidre et de jus de pommes bio...

     

    L'or blanc de la baie

    coquille saint-jacques Baie de Saint-BrieucPêche de la Coquille Saint-Jacques en Baie de Saint-Brieuc.

    Comment venir à Saint-Brieuc et ne pas goûter la célèbre coquille Saint-Jacques ? Ce trésor gourmand de la baie de Saint-Brieuc est une institution et sa chair tendre attire de nombreux amateurs de novembre à mars. Le gisement naturel de la baie permet à cette dernière d’être la zone la plus productive de France. Depuis 1988, la Confrérie des Chevaliers de la Coquille Saint-Jacques, avec l’appui du département, valorise à travers leur association ce produit ainsi que les richesses des Côtes d’Armor.

     

    Une cité festive et dynamique

    festival_photoreporter_saint-brieuc_0_0.jpgFestival PhotoReporter 2015

    • Tout le monde connait la Bretagne pour ses nombreuses fêtes et festivals qui animent la région, mais ce que l’on sait moins, c’est que la discrète ville de Saint-Brieuc accueille diverses expositions et festivals tout au long de l’année.
    • De Art Rock en juin, festival pluridisciplinaire qui accueille, entre autres, de grands noms de la scène internationale au Festival Photo Reporter qui fait la part belle au photojournalisme durant tout le mois d’octobre, la cité briochine affiche une véritable volonté de diversité et d’ouverture artistique.
    • Toute l'année, la ville vibre au rythme des différentes manifestations qui mettent les arts à l'honneur comme avec Bulles à Croquer en juillet qui mêle bandes dessinées et dégustations gastronomiques (avec le collectif Rocn'n Toques), ou encore La Nuit des Feux durant laquelle les arts du feux embrasent Saint-Brieuc en passant par la Foire Saint-Michel, rendez-vous incontournable pour chiner et faire de bonnes affaires, en septembre.

    Un passé industriel imposant

    viaduc_de_toupin_saint-brieuc_0_0.jpgLe viaduc de Toupin a été construit de 1902 à 1904. Au départ, il permettait aux trains de traverser la vallée ; il est aujourd'hui réservé à la circulation routière.

    L’arrivée du train à la fin du XIXe siècle va bouleverser Saint-Brieuc. En développant les lignes départementales dès 1905, l’ingénieur Harel de la Noë va contribuer à modifier l’urbanisme de la ville en édifiant des ponts qui traverseront les deux vallées de la cité.

     

    ancienne_gare_saint-brieuc_.jpgL'ancienne gare centrale fermée par une verrière est inscrite au titre des monuments historiques en 2014.

    Aujourd’hui subsistent les traces de ce passé important à travers l'ancienne gare centrale, devenue restaurant universitaire, et quelques ponts restants (inscrits aux Monuments Historiques et préservés par une association très active après la démolition de nombre d'entre eux) notamment le Viaduc de Toupin récemment restauré, qui enjambe la vallée de Gouëdic.

     

     

    cite_baby_saint-brieuc_0_0.jpgUne seconde vie a été donnée aux anciens wagons de la Cité Baby, sur la plage du Valais, par des retraités de la SNCF. Depuis, ces derniers sont devenus les cabanons des résidences estivales de nombreux bretons qui viennent profiter du bord de mer. Une curiosité !

     

    Une architecture entre art médiéval et art déco

    maison_a_pans_de_bois_saint-brieuc_0_0.jpgMaison à pans de bois, rue Fardel.

    Comme nombre de villes bretonnes, la capitale costarmoricaine conserve quelques vestiges médiévaux. Peu nombreux mais parfaitement conservés, on les découvre en flânant dans la Rue Fardel ou encore sur la Place au Lin, véritable cœur historique de la cité avec ces demeures à pans de bois et encorbellement. Mais Saint-Brieuc réserve bien d’autres surprises comme ces quelques façades Art Déco datant des années 1920 qui, par leur architecture unique et leurs couleurs chatoyantes, offrent de belles découvertes dans les rues de la ville. Le point d’orgue de cette curiosité est la chapelle de l’ancien séminaire Saint-Yves, ouverte à la visite sur autorisation, véritable joyau Art Déco. 

    Découvrez le projet de transformation de la Maison Saint-Yves
     

    art_deco_saint-brieuc_1.jpgFaçade Art Déco, rue de la Corderie

    L'Office de Tourisme de la Baie de Saint-Brieuc propose de nombreuses visites guidées à travers les différentes architectures qui habillent le centre-ville.
    Pour tous renseignements : 
    www.baiedesaintbrieuc.com
     

    Un poumon vert au cœur de la ville

    vallee_du_gouedic_saint-brieuc.jpgLe Gouédic traverse Saint-Brieuc.

    Si la ville apporte de nombreux attraits, elle propose également en plein cœur de la ville de nombreuses échappées belles naturelles comme avec la Vallée du Gouédic grande étendue de verdure qui offre un instant de répit dans la trépidation citadine. En suivant le Gouédic, le cours d’eau qui traverse cette coulée verte, les pas du promeneur le mèneront au Port du Légué. Ce port de plaisance et de pêche s’ouvre sur la baie et les nombreux sentiers de douaniers qui longent la côte, mais permet également une agréable balade au gré des maisons d'armateurs, symboles du faste passé commercial de ce port, et des façades colorées des restaurants.   

    Saint-Brieuc sait surprendre et charmer par son caractère atypique, et pour cela il faut juste se laisser tenter!

     

    Photos-Villes du Monde:  Laissez-vous surprendre par Saint-Brieuc

     

     

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    10 bonnes raisons de visiter Moulins

    Par Léa Billon
    Publié le 22/05/2015

    À 2h30 de Paris, Moulins se prête aux escapades culturelles. Vivier de collections en tous genres, la ville est le témoignage de plusieurs siècles d’Histoire de France, des Ducs de Bourbon à nos jours. De Louis Mantin en passant par les plus grands costumes scéniques et le musée de la Visitation…

    1 - Remonter le temps dans le coeur médiéval

    Vue générale de MoulinsLa ville doit probablement son nom aux nombreux moulins présents dans la région mais une légende raconte qu’Archambaud, sire de Bourbon, perdu au cours d’une chasse se réfugia dans un moulin pour la nuit. Il tomba amoureux de la jeune et jolie meunière et érigea un pavillon de chasse. Le pavillon de chasse devint château et la ville naquit tout autour ! Classée ville d’Art et d’Histoire, Moulins s’illustre par un riche patrimoine hérité du Moyen-Âge et de la Renaissance. Les petites rues étroites et pavées, bordées de belles maisons à pans de bois, les hôtels particuliers aux façades de briques roses et noires losangées, le Jacquemart ou la Chapelle de la Visitation offrent aux regards curieux de nombreux édifices chargés d’histoire.

    Le Triptyque du Maître de Moulins

    Incontournable, la cathédrale renferme le fameux Triptyque du Maître de Moulins. Ce tableau, qui a su traverser cinq siècles sans restauration, est souvent qualifié comme étant un des chefs-d’oeuvre de la peinture de la fin du Moyen-Âge. Niché dans la Chapelle des Evêques, le triptyque représente une Vierge en gloire entourée du Duc Pierre II, de la duchesse Anne, fille de Louis XI et de leur fille Suzanne. De renommée internationale, il garde tout son mystère quant à l’identité exacte de son créateur !

    2 - Se laisser surprendre par la Maison Mantin

    maison_mantinIl était une fois, à la fin du XIXe siècle, un riche bourgeois, Louis Mantin, qui se fit construire une imposante demeure aussi cosmopolite que cossue. Se sachant malade, il rédigea un testament selon lequel il souhaitait que sa maison soit ouverte au public cent ans après sa mort de façon à montrer aux visiteurs "un spécimen d’habitation d’un bourgeois du XIXe siècle". Le voeu, de l’excentrique donateur, fut excaucé : après plus d’un siècle de sommeil, la Maison Mantin est aujourd’hui un véritable cabinet de curiosités avec un goût prononcé pour la rareté, l’insolite, l’éclectisme et l’exotique. Des serpents dans du formol, des portraits drolatiques et effrayants, des pictogrammes étranges, des indices maçonniques, des bouddhas, des vitraux codés d’idéogrammes ou de démons, des mosaïques, des faïences, des animaux empaillés et des oeuvres d’art… La richesse des collections de cette étonnante bâtisse lui confère un caractère unique, miroir original d’un passionné et d’une époque : le XIXe siècle. 

    3 - Découvrir les racines de l'Allier (Musée Anne de Beaujeu)

    museue_anne_de_beaujeuRéunion des musées municipal et départemental, le musée Anne de Beaujeu doit beaucoup aux dernières volontés du Moulinois et collectionneur Louis Mantin. Au début du XXe siècle, ce dernier légua sa maison, ses collections et une somme d’argent aux pouvoirs publics pour la création d’un musée rassemblant les deux collections dans le pavillon Anne de Beaujeu à la condition que celui-ci soit ouvert au public dans les cinq ans suivants sa mort. C’est ainsi que le nouveau musée ouvrit ses portes le 5 juin 1910. Le musée Anne de Beaujeu constitue l’un des premiers exemples d’architecture et de décor Renaissance construit en France. Il se compose d’un portique à l’italienne dans lequel s’ouvre une tour percée de trois arcades déclinant tout le registre ornemental de l’époque. Constituées de dons, d’achats et de dépôts de l’Etat, les collections du musée regroupent quelques 20 000 objets d’art, d’archéologie et d’histoire naturelle dont une partie seulement est présentée dans les salles d’exposition. 

    4 - Marcher sur les pas de Coco Chanel…

    coco_et_adrienne_1906_23_ans

    Saviez-vous que c’est à Moulins que Gabrielle est devenue Coco… ? En 1900, une jeune fille pauvre de 18 ans débarque à Moulins, fraîchement admise à l’Institution Notre-Dame pour y apprendre la couture. Nul ne se doute alors que le destin extraordinaire de Coco Chanel est en train de s’écrire ! Tracée par le service patrimoine de l’Office du Tourisme, la visite guidée "Sur les pas de Coco Chanel", de 1,5 km, permet d’écumer la douzaine de lieux et institutions moulinoises où Gabrielle Chanel avait ses habitudes.

    Coco Chanel et sa tante Andrienne en 1906.

    5 - Découvrir le génie des visitandines à l’ombre des cloîtres (Musée de la Visitation)

    musee_de_la_visitationFaçonné par la passion de Gérard Picaud, l’homme de confiance des soeurs, le Musée de la Visitation, créé en 1991, est né du désir de 89 monastères de faire connaître leur Institut, leur spiritualité et leur Histoire dans la ville où est décédée leur fondatrice, Sainte-Jeanne de Chantal Frémyot. Unique au Monde, il permet de découvrir un patrimoine inédit composé de près 10 000 pièces sur cinq siècles d’art. Depuis plusieurs années, le musée met l’accent sur le génie et la qualité des travaux d’aiguilles via des expositions thématiques consacrées à la collection textile.

    Exposition temporaire "Nous, visitandines de Moulins"

    Découvrez les liens urbanistiques et sociaux tissés entre les visitandines et la ville qui les accueille depuis 400 ans, au travers de pièces d’archives, d’œuvres d’art inédites et de souvenirs bourbonnais émouvants (du 5 mai au 24 décembre 2015). 

    6 - Faire une pause au grand café

    le_grand_cafe à moulinsLe Grand Café, café-brasserie sur la place d'Allier, est l'un des plus beaux de France. Inscrit à l'Inventaire des Monuments Historiques, il a conservé sa décoration de 1899. De style Art-Déco, sa devanture de boiseries, ses murs habillés de miroirs dont les reliefs combinés déploient l'espace à l'infini, sa pendule et son baromètre sont formidablement conservés. 

    7 - Assister à un lever de rideau unique sur les coulisses des spectacles

    centre_national_du_costumeOuvert en 2006, Le Centre national du costume de scène (CNCS) est un des premiers musées au monde dédié aux costumes et décors de scène. Issues de dons et des collections de la Bibliothèque nationale de France, de la Comédie-Française et de l’Opéra national de Paris, il rassemble plus de 10 000 pièces uniques. Fleuron muséographique de la ville, situé dans l’ancienne caserne de cavalerie du XVIIIe siècle, le CNCS s’attache à redonner une seconde vie au patrimoine matériel des spectacles. Les plus grands costumes y sont conservés : celui de Maria Callas dans Norma en 1964, l’armure de Jean Marais dans Britannicus en 1952 ou encore les tutus de Christian Lacroix pour Les Anges ternis en 1987.

    Dans les pas chassés de Rudolf Noureev

    En dehors des expositions temporaires, le Centre abrite également la collection Noureev avec une scénographie qui commémore la carrière du danseur étoile le plus célèbre du XXe siècle. Costumes, tableaux, sculptures, gravures, estampes, meubles, instruments de musique, photographies personnelles ainsi qu’une reconstitution de son appartement Quai Voltaire à Paris saluent cette immense personnalité de la danse. 

    8 - Déguster un Palet d'Or

    facade_les_palets_dor à Moulins
    Créé à Moulins à la fin du siècle dernier par Bernard Sérardy, le Palet d'Or est sans conteste la spécialité sucrée de la capitale historique du Bourbonnais. Ce chocolat mi-amer, composé d'une ganache faite à partir d'un mélange de chocolat et de crème fraîche, et légèrement parfumé au café, possède la particularité d'être recouvert par quelques paillettes d'or fin. Ce petit plaisir fut un tel succès à l'époque qu'il sera copié de nombreuses fois, un chocolatier de Saint-Germain-en-Laye déposa même un brevet à son nom. Après des années de procès, l'appellation Palets d'Or fut rendu à son créateur, et par la même occasion aux Moulinois, ravis de pouvoir retrouver ce qu'ils considèrent comme leur patrimoine local.
     

    9 - Retomber en enfance (Musée de l’illustration jeunesse)

    musee_de_lillustration_jeunesseUnique lieu en Europe dédié à l’illustration du livre de jeunesse, le Musée de l'illustration jeunesse (Mij) conserve plus de 3 400 planches originales de styles et de courants variés et une collection de plus de 11 500 albums illustrés, du XIXe siècle à nos jours. De la gravure au pop-up, de Gustave Doré à Grégoire Solotareff, le musée met l’accent sur les milliers d’images qui fascinent les enfants depuis 200 ans. Installé dans le prestigieux hôtel de Mora, autrefois siège des célèbres imprimeries Desrosiers, le Mij couvre 350 m2 d’exposition sur deux étages et possède une aile réservée aux ateliers et animations.

    10 - Prendre du bon temps à l’hôtel de Paris

    spa-hotel de paris à MoulinsHôtel de caractère et demeure de style XIXe bâtie en 1834, l'hôtel de Paris est aujourd'hui un élégant complexe hôtelierer grand luxe, classé 4 étoiles. Ghislaine et Philippe Boismenu, les propriétaires des lieux, ouvrent les portes de cette  étape incontournable de la mythique Nationale 7, véritable écrin de quiétude situé en plein coeur du centre historique de Moulins. 

    Ses deux restaurants : "La Cave à viande" (brasserie) et son restaurant gastronomique "Le 1834" vous invitent à découvrir une cuisine du terroir. Le Spa, abrité dans les cryptes de la chapelle, est un sanctuaire dédié au bien-être et à la beauté.

     

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    Rochefort-en-Terre, village fleuri

    de Bretagne

     

    Par Philippe Bourget (Texte original) ; Céline Fion (adaptation web)
     

    Beauté bretonne, épanouie entre ravins et forêts, Rochefort-en-Terre combine le cachet des maisons de granit et colombages, la délicatesse d’un village hautement fleuri et l’attrait d’un patrimoine culturel unique. 

     

    Hortensias sur la place du Puits à Rochefort-en-Terre

    La place du Puits est l’un des lieux les plus charmants du bourg. Vous y trouverez l’office du Tourisme. 

     

    C’est au XIIe siècle qu’un seigneur eu la judicieuse idée d'ériger une forteresse sur un éperon schisteux de la vallée du Gueuzon, nommé Roche Forte. Situé sur la route du sel, le village prospéra jusqu’à l’annexion de la Bretagne par le Royaume de France qui aboutit à la destruction des biens des alliés du duc de Bretagne. Fort heureusement pour le village, le seigneur local Jean IV de Rieux-Rochefort, fut tuteur d’Anne de Bretagne, devenue reine. Elle fit don de 100 000 écus d’or au seigneur qui entreprit de reconstruire son château mais aussi d’embellir les zones en contrebas.

     

    Ruines médiévales de Rochefort-en-Terre

    A côté des ruines médiévales, le singulier Naia Museum a vu le jour. Il est dédié aux arts de l’imaginaire fantastique. 

     

    Balade dans les ruelles

    En descendant du château, l’on peut admirer les beaux logis de granit percés de fenêtre Renaissance, que firent construire les notables, gens d’épée et classes intermédiaires du clergé. En poursuivant la découverte vers le bas du bourg, ce sont les habitations plus modestes, autrefois utilisées par la marchands et artisans, qui s’offrent à la vue. Une étonnante église est aussi située dans la partie basse. Elle fut construite à l’endroit où une bergère trouva, au XIIe siècle, une vierge de bois qui aurait été cachée deux siècles plus tôt par un prêtre. Construit sans fondations, l'édifice a perdu sa verticalité. Il surprend aussi par son allure romano-gothico-Renaissance, fruit de divers embellissements à travers les siècles.  

     

    Château de Rochefort-en-Terre

    Mélange de vestiges médiévaux et d’un corps de logis du XXe siècle, le château et son parc appartiennent désormais à la commune.

     

    Village d'artistes

    Rochefort-en-terre doit en grande partie son visage actuel au peintre américain Alfred Klots. Tombé sous le charme du village, au début du XXe siècle, il racheta les ruines du château et y investit sa fortune. L’artiste avait pris l’habitude de convier ses amis dans son coin de paradis. Il impulsa de nombreuses activités touristiques et fut à l’origine du premier concours de fenêtres fleuries, en 1911. Aujourd’hui, la cité morbihanaise peut s’enorgueillir de quatre fleurs dans la classification « villages fleuris ». Si le printemps pare Rochefort-en-terre de mille couleurs et parfums, l’hiver charme tout autant avec un festival d’illuminations de toute beauté qui rassemblent chaque année des milliers de visiteurs. Et, des années après Alfred Klots, la tradition des arts et de l'artisanat est toujours très présentes dans les ruelles de la cité. 

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    Barfleur, une vigie à l'extrême

    du Cotentin

     

    Par Détours en France
    source : Hors Série - Les plus beaux villages de nos régions 2012, p.72
     
     
     

    Dans le Val de Saire, Barfleur, est devenu un havre de charme face à une Manche des plus toniques. Ce bourg a épousé la mer avec ses côtes, jalonnées de ports.

     

    Barfleur

    Morte-eau dans le port d’échouage. Les bateaux de pêche professionnels reposent sur leurs béquilles, tandis que les plus petites unités sont couchées sur le flanc.

    Le poète et romancier cherbourgeois Michel Besnier tire le portrait de Barfleur en une caravane de mots simples et aux senteurs maritimes : « Filets plein d’histoires / Qui fleurent le bar / Casiers de mémoire / Flotteurs de rêve/Chants des filins / Palabre des mouettes / Humeurs de mer / Et mots du ciel / Barfleur sans fin raconte. » Découvrez le village en lui faisant face. Pour cela, rendez-vous de l’autre coté du bassin, au pied du phare miniature tout blanc du Krako.

     

    Un pays de pêche

    À Barfleur, le quai Henri-Chardon est à l’image du port d’échouage qu’il borde : il se vide et se remplit au rythme métronomique de la marée. La fin d’après-midi s’étire sur le port, le bassin commence à se vider, les chalutiers, dans quelques dizaines de minutes, seront sur le flanc (ou sur de frêles béquilles), ressemblant alors à des cétacés colorés échoués dans la vase plutôt qu’à d’alertes bateaux défiant la houle mauvaise et les courants traîtres du raz de Barfleur.

     

    Port

     

    Le comptoir du Café de France vibre des commentaires de la « débarque ». La marée ne semble pas avoir été mauvaise, les mominettes, les cosaques et les blancs limés donnent de la voix aux marins pêcheurs. Pascal et Stéphane, deux patrons pêcheurs barfleurais, ont une spécialité : ils draguent la « blonde… de Barfleur », moule sauvage, uniquement, quand certains de leurs collègues s’intéressent plus aux « demoiselles de Cherbourg », petit homard goûteux.

     

    Port

    Le bivalve provient de gisements sauvages, une petite moule iodée à la chair jaune safranée, « supérieure à la bouchot », a-t-on l’habitude d’entendre. Jérôme, photographe de mer, est venu en voisin, passant à l’improviste, à l’heure de l’apéro. Sa galerie, Lumières marines, est juste à côté.

     

    Pêcheurs et plaisanciers se croisent

    Jadis havre prisé des Romains, puis des Vikings, avant de devenir le plus important port du Cotentin au Moyen Âge – grâce aux ducs de Normandie, alors possesseurs du royaume d’Angleterre –, Barfleur se partage aujourd’hui entre une activité touristique et une vocation de pêche. Les « mouliers » et les caseyeurs voisinent avec les plaisanciers.

    Une lande qui inspire

    Paul Signac, peintre impressionniste et père du pointillisme, séjourna ici, fasciné par le flux et le reflux de marées souvent spectaculaires. Les ciels, réinventant sont cesse les couleurs de la pierre, réjouissaient également cet artiste anticonformiste et assoiffé d’évasion.

     

    Plage

     

    Du passé médiéval ne demeure presque rien, excepté des pierres d’un ancien sanctuaire roman réutilisées dans la maçonnerie de l’ensemble des bâtiments constituant la cour Sainte-Catherine (XVIe siècle). Cette placette offre des vestiges disparates : fenêtres à meneaux, entrée cochère en arc surbaissé, linteaux ornés, escalier extérieur. Poursuivez jusqu’à la rue Saint-Thomas en longeant les murs arrière de l’hôtel Le Conquérant, bel exemple d’hôtel particulier du XVIIIe siècle.

     

    Baie

     

    Dédiée à saint Thomas Becket, l’archevêque de Cantorbéry, l’artère principale du bourg est bordée de maisons anciennes formant une élégante unité architecturale. L’alignement des façades en granit, le rythme des toits couverts de schiste bleuté ou d’épaisses ardoises grises dessinent une belle perspective fuyant vers le port. Le couvent des Augustins, accessible par la cour de la mairie, est, avec ses bâtiments conventuels de 1739, un point fort de cette rue Saint-Thomas.

     

    Son architecture

    Canalisé par de massifs quais construits sous Napoléon III, le quartier situé sur la pointe de Barfleur épouse, tout en courbe douce, le rivage. Ici, le schiste et le granit de chaque maison révèlent un jeu de construction recherché, tempérant la rigueur des physionomies. Soyez attentif aux toitures, elles dévoilent une richesse aussi discrète qu’originale : lauses lustrées, épis avec godrons, abouts de faîteau ornés d’oiseaux, « taffêtes » (tuiles de faîtage) ornées de boutons ou de dentelle, signature des potiers de Sauxemesnil (Val de Saire), très productifs jusque dans les années 1920.

     

    Eglise Saint-Nicolas

    L'église Saint-Nicolas est l'archétype du bâtiment médiéval, ses pierres et son "donjon" font son charme inconditionné.

     

    Figure de proue du promontoire que forme le village, l’église Saint-Nicolas (débutée au XVIIe siècle et achevée au XIXe siècle), à l’austérité presque militaire, veille sur son cimetière marin d’un côté et sur le bassin d’échouage de l’autre. Son plan cruciforme et sa tour clocher dénuée de flèche lui confèrent un aspect fortifié qui s’intègre au site.

     

    Panorama du bourg

    Pour bénéficier d’une vue large sur Barfleur, vous avez deux possibilités. Soit imiter Paul Signac, célèbre peintre paysagiste inventeur du pointillisme qui habita de 1932 à 1935 une solide maison de pays dans la petite rue Saint-Nicolas, et prendre le chemin de la Masse menant vers la pointe de Barfleur et le phare de Gatteville.

     

    Phare

     

    Soit partir de l’autre côté du bassin, rue Julie-Postel, pour rejoindre le phare miniature tout blanc du Krako. En arpentant le môle qui est dans son prolongement, on découvre le village, comme suspendu entre le bleu du ciel et l’outremer de la mer.

     

    Sauveteurs des mers

    Au bout du quai Henri-Chardon, au pied de la croix ancienne du cimetière, se trouve la première station de sauvetage en mer du littoral français. Créée en 1865 sur le modèle anglais, elle avait pour mission de secourir les marins en difficulté. Parmi les naufrages ayant marqué les esprits, celui de la Blanche-Nef en 1120, où périrent 193 personnes dont Guillaume Adelin, fils légitime du roi Henri Ier et héritier de la couronne d’Angleterre, a tissé la légende du raz de Barfleur.

     

    Barfleurs

     

    Si aujourd’hui, les canots sont modernes et dotés de puissants moteurs, tel l’Amiral de Tourville, les premiers étaient à rames et lancés à l’eau depuis les quais ! À l’intérieur de la station, l’ancien canot, le Crestey et Sauvé, est entouré de ses états de service : des dizaines de marins sauvés des eaux.

     

    Photos-Villes du Monde:  Barfleur, une vigie à l'extrême du Cotentin

     

     

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  • Blesle, un condensé de charme

    Par Dominique Roger - Hugues Derouard - Mélanie des Monstiers
    source : Hors série - Les plus beaux villages de nos régions 2013, p. 18
    Publié le 20/07/2015

    L’ancien château des Mercœur, les maisons à pans de bois, la « Tour aux vingt angles » ou celle du Massadou sont autant de monuments historiques qui éveillent l’intérêt du visiteur de Blesle, en Haute-Loire... avant de combler son appétit.

    det_hs_village_13_blesle_fli_konrad_hadener2.jpgBienvenue à « Bleira », un bourg auvergnat niché sur les confins du Cantal et du Puy- de-Dôme, au bord de la Voireuze. La tour du Massadou (XIIIe siècle) inspecte les environs du haut de son piton rocheux.

    Un charme pittoresque

    « Danse, danse fille d’Auvergne, avec les beaux gars d’chez nous ; danse, danse beau gars d’Auvergne, avec la brune aux yeux doux... » Toute l’année, un doux parfum d’allégresse enveloppe Blesle, et l’on s’y sent comme chez soi. Le charme pittoresque de ce village médiéval posté sur la route de Compostelle opère en un rien de temps. Pour preuve, celui-ci a aussi tapé dans l’œil de Christophe Barratier pour son film La Nouvelle Guerre des boutons, et Gérard Klein, l’enfant du pays, y a tourné deux téléfilms.

    det_hs_village_13_blesle_fli_konrad_hadener.jpgLe charme de ce village médiéval opère en un rien de temps.

    Bravant à la fois les caprices du temps et de l’érosion, Blesle a changé de visage au fil des ans. L’agriculture s’est marginalisée et les plan- tations d’arbres fruitiers (pommiers, poiriers, pruniers, cerisiers) ou de vignes en terrasses ont disparu au profit de coteaux boisés et de plateaux d’herbage. Mais les habitants, eux, se rient des métamor- phoses et continuent de cultiver leur joie de vivre... et les plaisirs simples de la vie ! La fête en fait partie, et ils s’y adonnent à toutes les occasions : fête du Pain, de la Peinture, foire de la Saint-Martin et festival annuel des Apéros musique.

    Festival des apéros musique de Blesle

    Depuis douze ans, la commune organise sur trois jours au mois d’août un festival de musique éclectique réunissant des groupes divers et variéPar ailleurs, à l’occasion de la journée Tremplin des Apéros musique, le festival offre l’opportunité aux chanteurs et musiciens en herbe de révéler leur talent sur la scène du village et même de se faire connaître au-delà. Et à ne pas manquer non plus : le concert de Printemps, chaque année au mois de mars.

    Renseignements : www.aperos-musique-blesle.com

    Les plaisirs de la table

    Allons faire un tour sur la place du Vallat, à La Bougnate. Ce jour-là, le restaurant qui a appartenu à Gérard Klein, acteur reconverti en maître de maison, propose des plats alléchants, tels qu’un carré d’agneau sauce morilles ou du bœuf à la ficelle... Décidément, à Blesle, on ne badine pas avec le terroir.

    Un patrimoine culturel

    L’histoire de la bourgade est liée à son abbaye bénédictine fondée au XIe siècle par Ermengarde d’Auvergne, la mère de Guillaume le Pieux, fondateur de l’ordre de Cluny. De cette ancienne abbaye, il ne subsiste que l’église romane Saint-Pierre, mais on remarque toutefois quelques façades de maisons portant le blason de famille des religieuses. À l’époque, il fallait en effet avoir du sang noble dans les veines pour entrer à l’abbaye.

    det_hs_village_13_blesle_montage_fli.jpgLes belles proportions de l'église romane Saint-Pierre rappellent qu’elle était réservée aux nobles et aux moniales de Blesle. De très récents travaux de restauration ont révélé des peintures murales intéressantes, et mit en valeur la richesse, et la rareté iconographique de son décor sculpté.

    L'héritage d'une dynastie

    La dynastie des Mercœur s’installe dans le village dès le XIIe siècle, avant que les Dauphins d’Auvergne puis la famille de Chavagnac ne reprennent possession de la seigneurie. Restauré dans un style classique, le château est devenu l’agréable foyer de personnes âgées.

    Parmi les autres curiosités figurent la « Tour aux vingt angles », située en face du monastère de femmes, et, à l’ouest, la tour du Massadou (XIIIe siècle) qui inspecte les environs du haut de son piton rocheux. Jusqu'au XVIIe siècle, la dextérité des tanneurs et des tisserands de toile de chanvre a beaucoup contribué à la prospérité des lieux. Pour s’en rendre compte, il suffit de s’immiscer dans les méandres du village et d’admirer les jolies maisons à pans de bois restaurées dans les années 1970. Celles-ci témoignent, avec les noms des rues, d’un florissant passé artisanal et commercial. Après une telle découverte, on entonnerait volontiers à tue-tête le refrain de tous les gens du coin : « Qu’elle est belle, mon Auvergne... »

    Les deux éminences de Blesles

    Ces deux tours se dressent l'une face à l'autre. Puissance divine contre puissance seigneuriale : la tour des Mercœur, dite aussi « Tour aux vingt angles » ; et le clocher Saint-Martin (XIVe siècle), seul vestige de l’église détruite en 1830, mais dont les pierres ont été utilisées pour la construction des maisons du village.

    Dans le cœur médiéval du bourg, vous avez visité l’église romane Saint-Pierre (XIe-XIIe siècles). Depuis la place de l’Église, vous gagnez, Saint-Martin, (XVe siècle). qui était le sanctuaire du peuple. Vendue à un particulier à la Révolution, ce dernier la rase, hormis son clocher portant l’horloge communale, puisque celui de l’abbatiale Saint- Pierre avait été détruit. Aussi, on retient que Blesle possède une église sans clocher et un clocher sans église !

     

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