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    Le canot-camping, un passeport

    vers la sainte paix

     

    Le canot-camping est sans aucun doute la solution... (photo fournie par Canot-camping La Vérendrye)

     

    Le canot-camping est sans aucun doute la solution rêvée pour ceux qui désirent avoir la sainte paix en camping.

    PHOTO FOURNIE PAR CANOT-CAMPING LA VÉRENDRYE

     
     

    Si vous êtes nostalgique du temps où on pouvait avoir la sainte paix en camping et que vous aimeriez retrouver un sentiment de quiétude et d'isolement lorsque vous montez votre tente, le canot-camping est sans aucun doute la solution rêvée pour vous.

     

    À l'aventure!

    Le nombre d'adeptes du camping ne cesse d'augmenter. Logiquement, le nombre d'endroits où l'on peut avoir la sainte paix diminue d'autant. Si vous fuyez la cohue des «villages de tentes», le canot-camping est la voie qu'il vous faut emprunter.

    Mais avant de vous lancer, il serait avisé d'acquérir certaines connaissances de base. 

    «Les Québécois ont tendance à penser qu'en naissant, ils reçoivent le "vaccin du canot" qui fait qu'on sait en faire instinctivement. Mais dans les faits, bien peu de gens savent canoter», souligne Pierre Chevrier, copropriétaire de l'entreprise Au Canot volant située à Saint-Côme, dans Lanaudière. Celle-ci offre les formations de canotage, de sauvetage et de secourisme de la Fédération québécoise du canot et du kayak (FQCK) et propose diverses activités guidées ou autonomes.

    Bernard Hugonnier, directeur technique et responsable formation, sécurité et expertise technique à la FQCK, abonde dans le même sens. «La plupart des gens, à un moment donné, ont embarqué dans un canot, ont donné un coup de pagaie à gauche et un autre à droite et sont parvenus à se rendre à destination. Mais de là à dire qu'on va faire une activité de canot-camping et que ce sera plaisant, il y a toute une marge.»

    Ici, la préparation et la planification jouent un rôle capital. «Si la préparation n'est pas adéquate dans chacune des phases, le taux de risque augmente inévitablement, explique M. Hugonnier. Mais au-delà du taux de risque, c'est surtout le taux de déplaisir et d'insatisfaction qui résulte d'une mauvaise formation et d'un manque de préparation.»

    En effet, une fois dans l'arrière-pays, vous devrez être complètement autonome. Si vous êtes mal équipé, mal habillé et mal préparé, l'aventure peut rapidement tourner au cauchemar. Dessaler (chavirer) dans l'eau glaciale, perdre ses bagages et être incapable de récupérer son embarcation peut s'avérer dramatique.

    «Une excursion qui tourne au cauchemar, c'est parce qu'il y a accumulation de plein de petits manques.»

     

    Minimiser les risques, optimiser le plaisir

    «Les premiers dangers qui guettent les canoteurs sont l'eau froide et l'eau haute, explique M. Chevrier. Il faut avoir un minimum de connaissances pour connaître les débits des rivières. Une succession de rapides, même faciles, peut être problématique en période d'eau haute. Si on chavire, ça peut rapidement devenir un grave problème.»

    Mais le canot-camping n'implique pas nécessairement de l'eau vive et la descente de rapides. Il est tout à fait possible de faire des expéditions en lac. Ou de descendre des rivières tout en portageant aux rapides plutôt que de les naviguer.

    Toutefois, une réalité demeure: il faut acquérir une bonne base en canotage. «Tout passe par la formation, précise M. Chevrier. Si les gens ont la formation, la suite sera facile.»

    Le cours Canotage 1, du programme de formation de la FQCK, permet d'acquérir cette base. D'une durée de deux jours, il est offert par les moniteurs certifiés de la Fédération par le truchement des divers camps, écoles, entreprises de tourisme d'aventure, associations et clubs de plein air ou directement par des enseignants accrédités à la pige. Il permet d'apprendre les coups de pagaie de base tant à l'avant qu'à l'arrière du canot, les règles de sécurité, comment transporter le canot et, surtout, comment récupérer son embarcation en cas de dessalage.

    «Ça peut paraître anodin, mais quand on est sur un lac à 2 km de la rive, savoir comment réintégrer ou récupérer son embarcation est capital», explique M. Chevrier.

    Pour ceux qui veulent s'aventurer en rivière, M. Chevrier recommande de suivre ensuite le cours Eau vive II, premier cours d'initiation à la rivière. «C'est un superbe atout pour pouvoir manoeuvrer dans les rapides. C'est sûr que quand tout va bien, tout va bien. Descendre les rapides, les rivières, c'est plutôt facile. Mais quand on doit s'arrêter parce qu'il y a une chute ou un portage ou qu'on doit aider quelqu'un, avoir suivi ce cours représente à ce moment un sérieux atout.»

     

    Partir À l'Aventure:  Le canot-camping, un passeport vers la sainte paix

    Pour une aventure en pleine autonomie réussie, il est essentiel de planifier tous les détails de l'expédition avant de partir.

    PHOTO FOURNIE PAR CANOT-CAMPING LA VÉRENDRYE

     

    Et le camping dans tout ça?

    Une fois que vous aurez acquis une bonne base dans la pratique du canotage, vous devrez aussi considérer l'autre aspect de l'activité: le camping. Tout le monde peut camper à côté de sa voiture. Mais le canot-camping exige que vous transportiez tout votre équipement et votre nourriture dans le canot. Et ça, c'est une autre histoire.

    «Il faut réviser nos façons de faire. Qu'est-ce qu'on apporte et comment on l'apporte? Dans la progression, c'est là qu'il y a des apprentissages à faire.»

    Très populaires par le passé, les cours de canot-camping sont progressivement disparus du paysage. «Pendant des années, les gens ont été très tournés vers l'eau vive, la descente de rapides, l'adrénaline. Mais aujourd'hui, il y a un retour de balancier et on assiste à un renouveau du canot-camping», poursuit-il.

    La FQCK a donc conçu un nouveau cours de canot-camping revu et corrigé. Offert par l'intermédiaire de ses moniteurs certifiés, ce cours vise uniquement la planification, la préparation et l'organisation d'une sortie de canot-camping.

    Plusieurs entreprises de tourisme d'aventure proposent également des expéditions guidées et des activités découvertes qui peuvent aider à apprendre les rudiments du canot-camping.

    Un canot peut vous permettre d'atteindre un sentiment de liberté et d'aventure inégalé et vous transporter là où vous n'aviez jamais pensé pouvoir poser... la pagaie. À vous de vous donner les outils pour en profiter pleinement.

     

    Conseils d'experts

    Commencez par la base

    La première étape est d'acquérir une formation de base en canotage. «Avec cette formation, vous apprendrez l'essentiel pour être fonctionnel, explique M. Hugonnier. Vous ne serez pas encore en pleine autonomie, mais vous aurez les connaissances de base et la compétence viendra ensuite avec la pratique.»

    Apprenez l'eau vive

    Vous voulez faire de l'eau vive et descendre des rapides? Ajoutez le cours Eau vive II à votre formation. «Le plus grand danger en eau vive, c'est la route pour s'y rendre, ironise M. Chevrier. Descendre des rapides n'est pas dangereux. Il faut juste bien faire les choses et une fois qu'on travaille avec et non contre la rivière, on aura énormément de plaisir.»

    Développez votre autonomie en camping

    Évaluez vos habiletés en camping et profitez de vos sorties de canot pour les développer progressivement. «Pour développer votre autonomie, pratiquez le canot-camping avec assistance, c'est-à-dire que votre camping sera fixe, et qu'après votre journée de canot, vous reviendrez à votre emplacement de camping, à votre tente, à votre voiture. Vous faites les deux activités, mais un peu en parallèle.»

    Enfin l'autonomie!

    La dernière étape est l'aventure en pleine autonomie. Vous aurez alors à planifier minutieusement tous les détails de votre expédition pour vous assurer que tout se passe bien. «Faire du canot-camping, c'est faire du canot, mais c'est aussi faire du camping, précise M. Hugonnier. Et par-dessus tout, c'est faire tout ça de façon à avoir du plaisir.»

     

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    Mathieu Boucher (à droite) en compagnie de son frère Jonathan

    PHOTO FOURNIE PAR MATHIEU BOUCHER

     

    Paroles de passionnés

    Vous songez à tenter l'expérience du canot-camping? Trois passionnés expliquent pourquoi ils l'ont fait et pourquoi vous devriez le faire aussi.

    Qu'est-ce qui vous a amené au canot-camping?

    «J'ai commencé avec mon frère qui est cinq ans plus vieux que moi. On a commencé sur des lacs, puis on s'est ensuite intéressés aux rivières. On a suivi des cours et ça a déboulé. Tous les étés, je faisais des expéditions. Depuis que j'ai 18 ans, je suis moi-même guide.»

    «Quand nos enfants étaient petits, ça nous permettait de les emmener avec nous, ce qu'on ne pouvait pas faire avec la randonnée, par exemple. Le canot permet de tout transporter facilement. On pouvait donc être complètement autonomes et continuer à faire une activité de plein air en famille, loin des grands centres.»

    «À l'origine, ma conjointe avait décidé que c'était une belle activité de couple à faire. Comme j'ai toujours aimé l'eau et le plein air, ça m'a tout de suite attiré. On s'est joint au club de canot-camping Pierre-Radisson où on a trouvé un bon groupe de gens.»

    Qu'est-ce que vous aimez dans le canot-camping?

    «En canot-camping, tu peux partir plus longtemps. Après deux ou trois jours, tu entres dans un mode de vie complètement différent. Tu perds le fil et tu oublies tout le reste. J'ai fait du trekking, mais même après huit jours, je ne suis jamais entré dans un mode comme ça.»

    «C'est une activité qui nous plonge vraiment dans la nature. On est complètement isolés, ce qui permet de vraiment reconnecter avec l'essentiel. C'est un sentiment très fort. Et pas besoin d'être un athlète pour faire du canot-camping. C'est accessible à tous.»

    «J'aime l'aspect social des sorties organisées par le club. On part pour le week-end, on descend la rivière, on campe, on s'amuse dans l'eau, on soupe ensemble, on fait des feux, on se raconte des histoires, etc.»

    Quels sont vos endroits préférés?

    La Gaspésie est pas mal mon coin favori. Mais j'aime aussi les grands réservoirs du Nord comme le Gouin et le Baskatong et les rivières aux alentours, ainsi que la rivière Gatineau, qui est superbe. »

    «Les rivières de l'Outaouais sont celles qu'on fréquente le plus. Elles sont assez près de notre domicile pour qu'on puisse partir le samedi et revenir le dimanche ou le lundi. Parmi nos rivières préférées, il y a la rivière Noire et la rivière Coulonge, où des pourvoyeurs offrent des services de navette très pratiques.»

    «Comme le club est dans l'Outaouais, on fréquente surtout les rivières aux alentours comme la rivière Noire, la Coulonge et la Dumoine. Mais parfois, on se rend aussi sur la rivière Rouge ou la Gatineau ou même sur la rivière Petawawa, en Ontario.»

    Quel est votre conseil à ceux qui veulent se lancer?

    «Contactez des clubs de canot et faites-vous recommander des rivières ou des plans d'eau plus faciles pour commencer. Ou partez d'abord avec un guide pour prendre de l'expérience progressivement. Il est bon aussi de varier les expériences pour voir ce qu'on aime le plus comme type d'expédition.»

    «Soyez sécuritaires! Joignez-vous à un club ou allez-y avec des gens qui ont de l'expérience. Ne vous lancez pas dans quelque chose qui n'est pas de votre niveau. Soyez sûr de ce que vous faites et d'où vous allez. Et planifiez bien vos sorties, c'est l'aspect le plus important.»

    «Faites-le! C'est une expérience incroyable qui procure une grande détente, qui permet de se changer les idées et qui donne la chance d'admirer des paysages que très peu de gens ont la chance de voir.»

     

    Partir À l'Aventure:  Le canot-camping, un passeport vers la sainte paix

    Pour cuisiner à l'aide d'un réchaud, plusieurs options s'offrent à vous. Les bonbonnes de propane ou de butane sont pratiques, compactes, mais elles fonctionnent moins bien par temps froid.

    PHOTO FOURNIE PAR CANOT-CAMPING LA VÉRENDRYE

     

    Bien équipé

    Il est facile d'être étourdi par tout le choix qui s'offre à nous lorsque nous mettons les pieds chez un détaillant d'articles de plein air. Voici quelques conseils pour vous guider dans l'achat de l'équipement de base.

    Le canot

    «Pour le canot-camping, la référence est un canot d'une longueur de 15 ou 16 pi, indique Philippe Radermaker, gérant de la boutique SAIL de Québec. Il est plus rapide, on peut y mettre plus d'équipement et sa longueur l'aide à garder le cap en ligne droite.» Par contre, pour de courts séjours ou si vous faites beaucoup de rapides, un canot de 14 pi, plus manoeuvrable en eau vive et plus léger, pourrait convenir. Évitez les canots en fibre, plus fragiles lors de frictions avec des roches. «Si votre canot est en fibre de verre, renforcez l'étrave avec un protecteur en kevlar», suggère M. Radermaker.

    Les pagaies

    Pour les débutants ou les plus négligents, les pagaies avec un manche d'aluminium et une pale en plastique sont les plus robustes et les moins chères, mais aussi les plus lourdes. Une variante plus légère, mais plus chère, combine la pale de plastique avec un manche en graphite ou en fibre de carbone. Finalement, le bois reste une valeur sûre. Elle est agréable en main et légère, mais la pale doit absolument être renforcée de résine, puisqu'elle sera souvent en contact avec les roches et le sable lors des accostages ou au moment de quitter la rive.

    Le vêtement de flottaison individuel (VFI)

    Choisissez un VFI conçu pour le canot ou le kayak. Ces modèles sont plus dégagés au niveau des épaules pour ne pas gêner les mouvements. Ils sont également plus courts, ce qui les empêche de remonter dans la gorge quand vous vous assoyez. Les vestes autogonflantes ne sont pas du tout recommandées. «En canot et en kayak, on peut se retrouver souvent à l'eau, par exemple en chavirant dans un rapide. Une fois la veste [autogonflante] déclenchée, elle devient complètement inefficace et ne sert plus à rien pour le reste du voyage», prévient M. Radermaker.

    Les sacs étanches et les barils

    Afin de protéger votre équipement de l'eau, placez-le dans des sacs étanches et des barils. Certains de ces sacs sont munis de bretelles, ce qui les rend parfaits pour les portages. «Mettez vos vêtements et votre sac de couchage dans des sacs étanches de compression en nylon, qui seront ensuite placés dans vos sacs ou barils. Arrivés au campement, s'il pleut, vous pourrez simplement et rapidement sortir ces sacs et les lancer dans la tente», conseille M. Radermaker. Les barils sont très solides et, en plus, ils servent de sièges et de tables au campement.

    Le sac de couchage

    La vieille règle voulant qu'on évite les sacs de duvet en canot-camping - parce qu'une fois mouillés, ils perdent leurs propriétés isolantes - ne tient plus. «Avec les tentes d'aujourd'hui et les sacs étanches, il n'y a plus de raison que votre duvet soit mouillé», indique M. Radermaker. De plus, il existe maintenant des duvets hydrophobes qui repoussent l'eau. Ils sont ultralégers et compacts, mais ils coûtent cher. Les sacs synthétiques sont plus abordables et restent chauds même mouillés, mais ils sont plus lourds et encombrants. Choisissez toujours un sac qui est coté de 5 à 7 °C de moins que la température attendue pour parer à toutes les situations.

    Les méthodes de cuisson

    La méthode la plus simple est de cuisiner sur un feu avec une simple grille. C'est plus long, mais ça évite d'avoir à traîner du carburant et, en plus, «la fumée aide à chasser les insectes piqueurs», souligne M. Radermaker. Si vous préférez un réchaud, toutes les options sont bonnes. Certains sont très compacts et s'imbriquent dans leurs propres gamelles. Les bonbonnes de propane ou de butane sont pratiques, compactes, mais elles fonctionnent moins bien par temps froid. Le naphte, quant à lui, convient surtout aux longues expéditions, puisqu'il est plus facile de trimballer des bidons de naphte qu'une grande quantité de petites bonbonnes.

    Rendre l'eau potable

    La méthode la plus simple pour rendre l'eau potable est de la faire bouillir une dizaine de minutes. Si vous utilisez plutôt des filtres, privilégiez un système sans pompage ni piles qui fonctionne par gravité. Ne puisez jamais votre eau là où elle est stagnante. Et ne la puisez pas trop près du rivage non plus. «Si vous êtes en rivière, l'idéal est de la puiser dans le bouillon blanc d'un rapide», précise M. Radermaker. Pour la recueillir, utilisez des contenants d'eau transparents qui permettent de voir s'il y a des matières en suspension dans l'eau. Dans ce cas, filtrez la avant de la faire bouillir.

    La tente

    N'importe quelle tente convient, mais procurez-vous une tente de qualité, avec un double toit qui descend près du sol. «Des vestibules sont très pratiques pour protéger l'équipement des intempéries», souligne M. Radermaker. Pour la même raison, prenez une tente un peu plus grande que vos besoins. Vous aurez ainsi plus de rangement et plus d'espace. Mettez toujours un tapis de sol sous la tente pour protéger le plancher des déchirures et des perforations.

    Bâche

    Prévoyez une bâche pour vous protéger des intempéries ou du soleil ou vous permettre de monter votre tente sous la pluie. Certaines, comme les bâches Backpacker d'Eureka (deux formats offerts), sont très légères et prennent moins de place qu'un sac de couchage. Ces bâches peuvent aussi être équipées d'une moustiquaire, ce qui les rend idéales durant la saison des moustiques et des mouches noires. Elles peuvent être attachées à des arbres ou montées avec des poteaux d'aluminium télescopiques. Et n'oubliez surtout pas de la cordelette, de type paracorde, en très grande quantité. Comme le souligne M. Radermaker, «de la cordelette, on s'en sert pour tout en camping: tendre une corde à linge, attacher son équipement, tendre une bâche, etc.»

     

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    La province est un immense terrain de jeu qui offre aux amateurs de canot-camping une multitude de possibilités.

    PHOTO FOURNIE PAR LA SEPAQ

     

    Un immense terrain de jeu

    Avec près de 3,6 millions de plans d'eau douce et des millions de kilomètres de rivières, le Québec offre un éventail de possibilités quasi illimité pour pratiquer le canot-camping. Voici quelques pistes à explorer.

    Le réseau des zec

    Les ZEC (zones d'exploitation contrôlée) sont facilement accessibles et très abordables. Plusieurs d'entre elles proposent des circuits balisés et entretenus, la location de canots et de pagaies ainsi que des services de navettes. Mais un des grands avantages des ZEC est que vous pouvez y créer votre propre parcours de canot-camping hors des circuits balisés et camper où vous voulez et quand vous voulez. C'est la solution idéale pour être isolé et fuir toutes contraintes. Si vous choisissez ce type d'expédition, informez-vous auprès du personnel de la ZEC que vous visiterez au sujet de l'état et de l'accessibilité du territoire que vous désirez explorer.

    www.reseauzec.com

     

    Parcs et réserves fauniques

    Le réseau de parcs et de réserves fauniques de la Société des établissements de plein air du Québec (SEPAQ) de même que les parcs nationaux de Parcs Canada offrent de nombreuses possibilités pour le canot-camping. Vous y trouverez de superbes circuits balisés et des paysages à couper le souffle. Vous pourrez y louer canots, pagaies et vêtements de flottaison individuels (VFI), et vous y trouverez des services de navettes. Ici, contrairement aux ZEC, vous devrez vous en tenir exclusivement aux circuits et emplacements de camping prévus et réservés à l'avance, et respecter bon nombre de règlements destinés à assurer la quiétude de tous et la protection de l'environnement.

    SEPAQ, parcs nationaux et réserves fauniques: www.sepaq.com

    Parcs nationaux (Parcs Canada): www.pc.gc.ca/fr/pn-np

     

    Canot-camping La Vérendrye

    Issu d'un partenariat entre la Fédération québécoise du canot et du kayak (FQCK) et la SEPAQ, Canot-camping La Vérendrye offre un réseau de plus de 800 km composé d'une vingtaine de circuits en lacs ou en rivières dans la réserve La Vérendrye. Un service de navette est offert sur tout le territoire. Des sorties d'initiation au canot-camping et des ateliers de canotage sont également proposés. La grande particularité de cette destination est que vous pouvez vous y rendre en autobus et louer tout l'équipement nécessaire pour votre expédition directement sur place. Difficile à battre comme accessibilité!

    www.canot-camping.ca/index.html

     

    Entreprises de tourisme d'aventure

    De nombreuses entreprises de tourisme d'aventure offrent des expéditions guidées ou autonomes aux quatre coins du Québec. La formule guidée, bien que plus chère, permet de s'initier ou de pratiquer le canot-camping en toute quiétude avec un minimum d'organisation, de connaissances et d'équipement, tout en bénéficiant du savoir-faire et des conseils d'un guide qualifié et expérimenté. Si vous préférez vous aventurer en totale autonomie, plusieurs de ces entreprises offrent la location de canots, de pagaies et de VFI, ainsi qu'un service de navette. Une simple recherche sur l'internet vous permettra d'en trouver une bonne quantité. En voici quelques-unes.

    > Aventuraid: Rivières Mistassini, Ouasiemsca et Mistassibi, www.aventuraid.qc.ca/index.html

    > Au Canot Volant: Rivière L'Assomption, www.canotvolant.ca/index.htm

    > CIME Aventures: Rivière Bonaventure, cimeaventures.com/

    > Aventure Vent et Rivière: Rivière Saint-Maurice, ventetriviere.com/excursions/

    > Aventure Quatre Saisons: Rivière Rouge, www.aventurequatresaisons.com/fr/laurentides/riviere-rouge/canot

     

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    Virée design à SoHo

     

    De SoHo émergent les tendances.... (photo Gary Hershorn, reuters)

     

    De SoHo émergent les tendances.

    PHOTO GARY HERSHORN, REUTERS

     
    MURIEL FRANÇOISE

    Collaboration spéciale

    La Presse
     

    Élégant et époustouflant, SoHo est le quartier à ne pas manquer pour les amateurs de belles choses lors d'un voyage à New York. C'est là, à l'ombre des grandes enseignes de mode, qu'émergent les tendances et se dénichent curiosités et idées. Suivez notre parcours déco pour revenir inspiré.

     

    Magasins-Divers:  Virée design à SoHo (New York)

    Impossible de repartir les mains vides de chez MUJI.

    PHOTO MURIEL FRANÇOISE, COLLABORATION SPÉCIALE

     

    Design japonais chez MUJI

    L'espace de la marque japonaise MUJI, rue Broadway, vient de rouvrir après de longs mois de transformations qui saluent les 10 ans de présence de l'enseigne aux États-Unis.

    On trouve sur ces 7000 pi2répartis sur deux niveaux des meubles, accessoires de rangement et textiles pour la maison avec une esthétique minimaliste à des prix abordables.

     

    Housses de coussin en jean, bols en bois, théières en porcelaine, trousses de voyage, diffuseurs d'huiles essentielles, réveils zen ou jolis stylos, impossible de repartir les mains vides.

    455 Broadway

    muji.com/us

     


    Magasins-Divers:  Virée design à SoHo (New York)

    La Roman and Williams Guild, au pied de SoHo, met en scène, à la façon d'un cabinet de curiosités, des objets choisis avec soin, essentiellement bruts ou patinés.

    PHOTO FOURNIE PAR ROMAN AND WILLIAMS

     

    Déco chic et brute

    Les décorateurs vedettes Robin Standefer et Stephen Alesh, derrière la griffe Roman and Williams, ainsi que plusieurs hôtels et restaurants new-yorkais, ont fini par concrétiser leur rêve: ouvrir une boutique-concept, en décembre dernier.

    La Roman and Williams Guild, au pied de SoHo, met en scène, à la façon d'un cabinet de curiosités, des objets choisis avec soin, essentiellement bruts ou patinés.

    On y trouve également des meubles et luminaires créés par le couple. Un charmant café français, à côté d'une fleuriste, permet de se poser entre deux boutiques.

    53 Howard Street

    rwguild.com

     

    Magasins-Divers:  Virée design à SoHo (New York)

    The Apartment by The Line est l'un des premiers appartements-boutiques servant d'écrin à une sélection d'objets et de parfums pour la maison, vêtements, souliers et bijoux de fantaisie.

    PHOTO MURIEL FRANÇOISE, COLLABORATION SPÉCIALE

     

    Ambiance feutrée

    On accède à cette adresse confidentielle par un ascenseur qui aboutit à un salon.

    The Apartment by The Line, ouvert en 2013, est l'un des premiers appartements-boutiques servant d'écrin à une sélection d'objets et de parfums pour la maison, ainsi que de vêtements, de souliers et de bijoux.

    Sous l'oeil avisé de professionnels, on y bénéficie d'une leçon de style, un peu comme si on entrait dans un magazine de décoration.

    Si l'on ne repart pas avec les pièces les plus exclusives, on y pioche des idées pour rehausser son intérieur avec audace.

    76 Greene Street

    theline.com/pages/the-apartment-new-york

     

     

    Magasins-Divers:  Virée design à SoHo (New York)

    De Maria une adresse à trois minutes à pied de SoHo, qui se refile pour son profil, hautement «instagrammable».

    PHOTO NICOLE FRANZEN

     

    Assiette artistique chez De Maria

    C'est l'adresse, à trois minutes à pied de SoHo, qui se refile pour son profil, hautement «instagrammable», et l'expérience culinaire qui attend les gourmets.

    Les designers de MP Shift ont conçu ce lieu industriel comme un atelier d'artiste en hommage au sculpteur et illustrateur américain Walter De Maria et au SoHo des années 70.

    Ici, le chaï latte arrive dans une céramique d'un artisan de Brooklyn. Dans l'assiette, les ingrédients se disputent la vedette par leurs parfums, couleurs et textures.

    La chef, Adriana Urbina, s'inspire de son enfance au Venezuela pour imaginer ses plats inoubliables.

    19 Kenmare Street

    demarianyc.com

     


    Magasins-Divers:  Virée design à SoHo (New York)

    L'artiste Donald Judd a aménagé sa maison dans un bâtiment en fonte de cinq étages, de façon radicale. On peut le visiter, en prenant rendez-vous plusieurs semaines ou mois à l'avance.

    PHOTO FOURNIE PAR CHARLIE RUBIN JUDD FOUNDATION

     

    Maison Radicale

    L'artiste Donald Judd, disparu en 1994, avait aménagé sa maison et son studio dans un bâtiment en fonte de cinq étages, à sa façon minimaliste, voire radicale.

    On peut le visiter, depuis cinq ans, en prenant rendez-vous plusieurs semaines ou mois à l'avance.

    Ce moment hors du temps avec une vue privilégiée sur SoHo s'accompagne d'une réflexion sur l'habitat entre meubles dessinés par l'artiste ou de marques iconiques, comme Thonet ou Artek.

    La société Donald Judd Furniture édite toujours les créations de l'artiste, dont son lit de jour, pièce centrale de l'espace de vie familial, particulièrement tendance.

    101 Spring Street

    juddfoundation.org

     


    Magasins-Divers:  Virée design à SoHo (New York)

    Les tables et étagères de cette adresse sont garnies de choses délicates aux formes singulières qui rehaussent la déco.

    PHOTO MURIEL FRANÇOISE, COLLABORATION SPÉCIALE

     

    Céramiques fines

    Pour embellir le quotidien par petites touches, direction The Primary Essentials.

    Lauren Snyder, ancienne styliste et maîtresse des lieux dessinés par son mari architecte, ratisse le monde à la recherche de l'objet rare, mais utile, d'artisans et de designers indépendants.

    Les tables et étagères de cette adresse «lifestyle» ouverte l'automne dernier sont garnies de choses délicates aux formes singulières qui rehaussent illico la déco.

    Parmi les coups de coeur: les tasses en céramique striée de Natalie Weinberger, les sculptures tortueuses de Paola Paronetto ou encore les vases romains d'Object & Totem.

    3 Centre Market Place

    theprimaryessentials.com

     

     

    Magasins-Divers:  Virée design à SoHo (New York)

     

     

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    Des montagnes pour s'évader au 

    New Hampshire

     

    Tout près du Québec, les montagnes Blanches, dans... (Photo Audrey Ruel-Manseau, La Presse)

     

    Tout près du Québec, les montagnes Blanches, dans le New Hamphire, constituent un magnifique terrain de jeu, tant pour les aventuriers aguerris que pour les simples amateurs de plein air.

    PHOTO AUDREY RUEL-MANSEAU, LA PRESSE

     
     

    Pour quiconque aime les montagnes, le New Hampshire est une destination de prédilection. Avec 48 sommets de plus de 1200 m d'altitude, des points de vue à couper le souffle et des randonnées tant faciles que quasi insurmontables, même les plus aguerris trouveront leur compte dans les montagnes Blanches. Tour d'horizon pour un week-end loin des klaxons, à quelques heures de Montréal.

     

    Partir à l'Aventure:  Des montagnes pour s'évader au New Hampshire

    Photo prise par Jean-Pierre Danvoye lors d'excursions dans les White Mountains.

    PHOTO FOURNIE PAR JEAN-PIERRE DANVOYE

     

    De la chambre noire aux montagnes blanches

    Népal, Argentine, Pakistan... Jean-Pierre Danvoye ne compte plus les étampes à son passeport. Le guide de montagne parcourt le monde pour ses plus hauts sommets. Même lorsqu'il rentre au pays, il n'y reste pas bien longtemps, son terrain de jeu se trouvant tout juste de l'autre côté de la frontière. Si l'on mettait bout à bout chacune des journées que le Québécois a passées dans les montagnes Blanches, il y a probablement vécu l'équivalent d'un an. Confidences d'un passionné. 

    «Je suis guide de montagne et j'amène des gens partout dans le monde. Mais les Whites, c'est là que je vais me promener et courir. J'aime qu'il n'y ait pas tellement de contraintes: pas de paiement, pas de restrictions d'heures. On a une grande liberté. On peut y aller la nuit, l'hiver, l'été...» 

     

    Jean-Pierre Danvoye habite un appartement de Saint-Bruno entouré d'arbres et situé non loin de la petite montagne, il va sans dire. Son quartier général, comme il l'appelle. Au salon, une armoire vitrée contient des souvenirs achetés ici et là, au fil des ans: des moulins à prières bouddhistes, un piolet antique en bois lourd comme une masse. 

     

    Le photographe 

    En face du divan, il n'y a pas de téléviseur, mais une bibliothèque pleine à craquer, essentiellement des livres sur les voyages. Des recueils de photos de Steve McCurry, d'Ella Maillart, A Short Walk in the Hindu Kush d'Eric Newby, quelques Guillaume Musso. 

    «Les livres me donnent beaucoup d'idées et d'énergie», lance l'aventurier de métier en regardant l'étalage de savoir qui se dresse devant lui. «Mon père me faisait lire pas mal. C'était un sportif de bibliothèque!» 

    Son paternel lui a offert sa première vraie lecture: Premier de cordée, de Roger Frison-Roche. «C'est un des premiers livres qu'il m'a donnés», dit le Belge d'origine en feuilletant le roman aux pages jaunies par le temps. «C'est l'histoire d'un grimpeur dans les Alpes. Ça doit être ça qui m'a fait aller vers la montagne...» 

    Quatre magnifiques photos habillent le mur principal du salon. Deux figent l'immensité de l'Himalaya, une troisième illustre la beauté d'une Népalaise, et la dernière montre la lumière au sommet du Kilimandjaro, en Tanzanie. Dans sa première vie, Jean-Pierre était photographe. Puis, son sujet est devenu son deuxième métier quand il a convergé vers l'organisation de voyages guidés en montagne dans les années 90. 

     

    L'appel des montagnes 

    «J'adore ça! J'aime les paysages, les montagnes. Même si je retourne plusieurs fois à la même place, c'est toujours avec des gens différents, et la température joue sur tout. C'est comme le mont Washington. Il n'y a pas une journée où c'est pareil», dit-il avant de regarder à nouveau la météo prévue au plus haut sommet du nord-est de l'Amérique pour le week-end. 

    C'est la veille du congé de la fête des Patriotes. Tout juste revenu d'Argentine, Jean-Pierre s'apprête à partir pour le New Hampshire avec ses deux adolescents et prépare ses essentiels. 

    «Il y a le massif du mont Washington et si tu ajoutes les neuf sommets, ça fait un chemin d'environ 35 km», explique-t-il en saisissant une carte sur laquelle son parcours favori est surligné en jaune et en rose. 

    «Là-dedans, on choisit les chemins qu'on veut. Il y a des centaines de sentiers là-bas. C'est mon terrain de jeu favori, dit-il, les yeux brillants. Oui, il y a le mont Washington. C'est comme si tu vas à Paris, tu vas aller à la tour Eiffel. Mais il y a plein d'autres sommets!» 

     

    La liberté

    Le randonneur expérimenté y est allé des dizaines et des dizaines de fois. Il se perd dans ses anecdotes. Comme cette fois, en hiver, lorsqu'une rafale d'une centaine de kilomètres/heure l'a soulevé à un mètre du sol sur une distance de cinq mètres entre les monts Monroe et Franklin. Une expérimentation de l'effet Venturi qu'il admet avoir trouvé «un peu dangereuse», mais qui ne freinera pas ses ardeurs pour autant. 

    «Pour moi, la montagne, c'est la liberté. On ne veut pas de contraintes de largeur de route, de longueur de trottoir... Et en même temps, ça nous apprend à nous rendre responsables. On ne peut pas, quand ça ne va plus, appeler les secours en pleurant», raconte Jean-Pierre, avant de s'agenouiller près de son sac d'où il sort une trousse de premiers soins. 

    Son départ est imminent. Il vérifie le reste du contenu de son sac: lampe frontale, passeport, souliers imperméables, doudoune, chandails à manches longues et à manches courtes, crème solaire «pour éviter la peau de crocodile», canif, bâtons de marche... 

    «Je ne suis pas encore blasé. Je ne vais jamais aux montagnes Blanches pour travailler. Si j'y vais, c'est pour moi ou avec des amis. J'aime me promener dans le bois. Les épinettes, oui, ça sent bon, c'est beau, mais ça me prend la vue, admet-il. Quand on dépasse la ligne des arbres et qu'on a la vue, l'horizon, le panorama, c'est un grand sentiment de liberté.»

     

    Partir à l'Aventure:  Des montagnes pour s'évader au New Hampshire

    La fin de semaine, le sommet, partagé avec une station de ski, peut devenir très achalandé puisqu'un tramway aérien permet aux visiteurs d'y accéder en quelques minutes.

    PHOTO AUDREY RUEL-MANSEAU, LA PRESSE

     

    Bottines, bâtons et ascension

    La frontière américaine est à peine franchie que le paysage devient de plus en plus vert, touffu, sauvage. Les villages sont espacés, et le signal radio perd de sa netteté. 

    On sort à peine du Vermont que les pics commencent à apparaître et annoncent le début du New Hampshire. Et en moins de temps qu'il n'en faut pour finir son café, elles se dressent de part et d'autre de l'Interstate 93 dans toute leur immensité. Bienvenue aux montagnes Blanches, mieux connues sous leur appellation anglophone: les White Mountains.

    C'est le début de la Franconia Notch, un col de montagnes dominé par les 1600 m du mont Lafayette à l'est et les 1240 m du mont Cannon à l'ouest. En haute saison, les voitures commencent à apparaître sur la 93, garées en bordure de l'autoroute, alors que le stationnement du mont Lafayette ne contient pas les véhicules des randonneurs, trop nombreux. Aujourd'hui, on prend à droite: direction le lac Lonesome et le sommet du mont Cannon.

    Les deux premiers kilomètres du sentier Hi-Cannon s'étaient parcourus jusqu'alors au son des mésanges, le vent venant de temps à autre traverser les branches des érables et des bouleaux pour souffler jusqu'aux oreilles des randonneurs. Jusqu'à ce que des rires se rapprochent en sens inverse.

    Au beau milieu de l'ascension du mont Cannon, un groupe d'adolescents surgit du sentier luxuriant. La vigueur des jeunes de 13 ans ne laisse en rien transparaître le niveau de difficulté élevé de cette section de parcours abrupte et glissante un lendemain de pluies abondantes. Un adulte mène la marche, fermée par deux autres chaperons. Trois parents accompagnent la classe verte de 13 élèves du Meadowbrook Waldorf School, au Rhode Island. Le groupe a atteint le sommet plus tôt en journée et redescend, alors qu'un couple dans la cinquantaine faisant le chemin inverse le croise. 

    «Gang, collez-vous! Faites de la place pour les gens qui passent», avertit le meneur, Dan Crocker, avant de saluer le couple. «C'est encore loin avant le sommet?», lui demande l'homme. «Environ 0,6 mile. Ça devient bientôt plus plat et plus facile, vous verrez!», leur assure-t-il. C'est que la randonnée n'est pas de tout repos. Le jeune Asher Henry, au sourire flanqué de broches bleu royal, lance sans hésiter que «c'est la randonnée la plus difficile qu'il ait faite!», mais aussi «la plus l'fun», ajoute sans tarder son ami Adrien Kranz.

    «Comment est l'échelle?», demande au couple le papa bénévole, sachant qu'il vient à peine de traverser l'obstacle emblème de cette randonnée. «Les jeunes ont vraiment hâte! Ça fait six heures qu'ils en parlent!» 

    «Pas si pire, répond la femme. Vous arrivez bientôt!» 

     

    La randonnée 

    La randonnée s'amorce dans le camping du mont Lafayette. Le sentier est large, sablonneux, un brin rocailleux. La première section est à peine inclinée, et la traversée de deux petits ponts enjambant un ruisseau donne le ton au parcours bucolique pénétrant cette forêt sempervirente. Après 500 m, une première fourche impose un choix entre les deux options de parcours: la version, disons, de plaisance et la version sportive!  

     

    L'option grand public 

    En prenant à gauche, les randonneurs s'engagent dans le sentier du lac Lonesome. Un parcours aller-retour de cinq kilomètres idéal pour l'initiation à la randonnée - juste assez incliné pour faire augmenter les pulsations cardiaques - qui mène les marcheurs autour du lac. Au bout de l'étendue d'eau se trouve une hutte aux diverses vocations gérée par l'Appalachian Mountain Club (AMC). À la fois un gîte et un centre d'interprétation, elle offre surtout un point de vue unique sur le mont Lafayette. Une belle option pour admirer la populaire montagne autrement que par la route, d'où le coup d'oeil ne rend pas justice à sa portée. De là, les randonneurs plus expérimentés peuvent aussi poursuivre leur chemin jusqu'au sommet par un sentier à l'inclinaison très prononcée. 

     

    L'option intense 

    L'embranchement à droite, lui, mène vers le sommet en gardant la section la plus à pic pour la descente. L'ascension reste quand même sportive. Le sentier Hi-Cannon, classé intermédiaire en comparaison du niveau de difficulté des autres sentiers du parc national, est honnêtement difficile. Il gagne rapidement en étroitesse et en inclinaison. Le sol rocailleux laisse place à des cailloux, puis à des roches de plus en plus imposantes. De randonnée, les marcheurs passent pratiquement au scrambling, un mélange de randonnée et d'escalade: c'est-à-dire qu'ils doivent souvent s'aider de leurs mains pour gagner du terrain. À preuve, après environ une heure et demie de montée, le sentier se scinde en deux et est relié par la fameuse échelle de bois. 

     

    Mi-parcours 

    L'échelle marque une transition intéressante puisque le terrain offre par la suite quelques points de vue à flanc de montagne donnant un avant-goût de ce que le sommet réserve. Mais ce n'est pas encore gagné. La montée comporte ensuite des sections plus techniques, et le sentier incliné est traversé par de larges roches planes sur lesquelles de nombreuses rayures ont été laissées par le glissement de bâtons de randonnée et de crampons. L'odeur des pins blancs et le chant des parulines aident à mettre l'accent sur autre chose que les brûlures qui engourdissent les cuisses, alors que la montée d'environ un kilomètre et demi tire à sa fin avec le sentier de la crête Kinsman. 

     

    Le sommet 

    Puis, 718 m plus haut: la récompense. Déjà qu'on est à bout de souffle, la vue au sommet coupe le peu qu'il en reste. Par une journée dégagée, les monts Lafayette, Kinsman, Liberté et Flume habillent le paysage, truffé d'autres montagnes à perte de vue. Du côté ouest de la boucle qui ceinture la cime, le spectacle s'admire parfaitement à partir d'un plateau de roche où il fait bon prendre une pause dîner et savourer l'accomplissement de la montée. Le point culminant s'atteint en gagnant la tour d'observation qui offre un panorama à 360 degrés. La fin de semaine, le sommet, partagé avec une station de ski, peut devenir très achalandé puisqu'un tramway aérien permet aux visiteurs d'y accéder en quelques minutes. Il s'agit toutefois d'une bonne option pour donner rendez-vous à quelqu'un aux aptitudes sportives moins développées en mi-journée. 

     

    La descente 

    Le ventre rempli, c'est le temps de redescendre. Par le sentier de la crête Kinsman puis celui du lac Lonesome, la descente est agressive - sans compter quelques plaques de glace encore présentes à la fin de mai. Le paysage reste magnifique. Ici, la mousse recouvre le roc imposant, là, les champignons prolifèrent du pied à la cime d'un arbre. La forêt est verdoyante, et les randonneurs la traversent en suivant la rivière jusqu'au lac, puis finalement jusqu'au camping, où ils rentrent avec huit kilomètres dans les jambes, les hanches et les fesses.

     

    Le retour au bercail 

    Certains dormiront sur place, d'autres, dans les gîtes avoisinants ou, encore, rentreront au bercail. Dans le stationnement, les plaques d'immatriculation de partout au pays - et beaucoup du Québec - témoignent de la popularité des montagnes Blanches. Scott Menefee est venu d'aussi loin que le Texas pour quelques jours de randonnée. 

    «Je suis surpris de la taille des montagnes ici. Ça donne l'impression d'être dans les Rocheuses, constate l'Américain, qui a visité l'ouest du pays l'an dernier. Ironiquement, c'est beaucoup plus rocheux ici, par exemple! Mais on a l'esprit tranquille parce qu'on n'a pas à se soucier des grizzlys», compare-t-il. 

    Il est déçu, toutefois, de ne pas avoir croisé d'orignal. «Tu sais, pour moi, ç'aurait été vraiment impressionnant de voir cette bête-là!», de dire le Texan de 48 ans, non sans avoir apprécié son épopée en Nouvelle-Angleterre.

     

    Partir à l'Aventure:  Des montagnes pour s'évader au New Hampshire

    Vue des White Mountains depuis la boucle de la crête de Franconia.

    PHOTO AUDREY RUEL-MANSEAU, LA PRESSE

     

    Cinq randonnées à essayer

    Que ce soit pour quelques heures en famille ou une fin de semaine d'aventure, il y en a pour tous les types de randonneurs au New Hampshire. Le site internet et l'application AllTrails vous aideront à évaluer vos options parmi les centaines de kilomètres de sentiers des montagnes Blanches. En voici cinq classées parmi les plus populaires par les utilisateurs de la plateforme

     

    Mont Lafayette et Boucle de la crête Franconia

    Classée difficile

    Distance: 13,6 km 

    Gain d'altitude: 1159 m 

    Ce parcours deux en un permet d'admirer le New Hampshire à partir de l'un de ses plus hauts sommets, le mont Lafayette, puis de traverser par la crête Franconia pour la possibilité de suivre un trajet circulaire sans revenir sur ses pas. Il s'agit d'une magnifique randonnée d'une journée, conseillée aux randonneurs expérimentés.

     

    Chutes Arethusa et Falaise Frankenstein 

    Classée difficile 

    Distance: 6,7 km 

    Gain d'altitude: 468 m

    Cette randonnée se divise aisément en deux, selon le niveau des randonneurs. La première partie du trajet - un peu plus de 2 km - est relativement facile et progressive. Le sentier, peu accidenté, longe la rivière plus ou moins bruyante selon la saison et vous mène jusqu'aux somptueuses chutes Arethusa.

     

    Boucle Welch et Dickey

    Classée intermédiaire

    Distance: 6,3 km

    Gain d'altitude: 534 m

    Cette randonnée plaira à plusieurs types d'amoureux du plein air: randonneurs, marcheurs, contemplateurs, ornithologues amateurs, etc. Durant la randonnée d'environ trois heures, portez une attention particulière aux nombreuses fleurs sauvages. Le niveau de difficulté varie selon le temps de l'année et certains passages, lorsqu'ils sont glacés, peuvent représenter un petit défi.

     

    Chutes Champney

    Classée intermédiaire 

    Distance: 5 km 

    Gain d'altitude: 207 m 

    Les débutants peuvent accomplir sans trop de difficulté la randonnée des chutes Champney, bien qu'elle soit classée intermédiaire, car le sentier est bien identifié et entretenu. Les chutes offrent un paysage bucolique et sont évidemment plus puissantes au printemps et au début de l'été, ou après de fortes pluies. Une option pour s'éloigner de la foule parfois nombreuse: la boucle du mont Chocorua.

     

    Les bains de Diana

    Classée facile

    Distance: 2 km

    Gain d'altitude: 34 m

    Randonnée facile, parfaite pour les enfants, les débutants ou les lendemains plus difficiles lors d'une fin de semaine au chalet. Situé près de North Conway, ce parcours simple n'en est pas moins enchanteur pour autant. Les chutes et les bains naturels ont de quoi ravir les randonneurs. Pensez apporter une serviette, si la température permet une saucette! Stationnement payant.

     

    Partir à l'Aventure:  Des montagnes pour s'évader au New Hampshire

    Les montagnes Blanches, qui font partie des Appalaches, recouvrent près du quart du New Hampshire et s'étendent en partie jusqu'au Maine et au Québec. On y trouve 48 pics de plus de 1200 m d'altitude.

    PHOTO AUDREY RUEL-MANSEAU, LA PRESSE

     

    Carnet de notes

    Comment s'y rendre? 

    Le chemin le plus simple et le plus rapide pour se rendre dans les montagnes Blanches est d'emprunter l'autoroute 55, en Estrie, et de traverser la frontière au poste de Stanstead. Une fois aux États-Unis, il suffit de continuer sur l'Interstate 91, puis sur l'Interstate 93 à partir de Saint-Johnsbury jusqu'au village Littleton. De là, votre itinéraire dépend de votre destination finale: soit vous prenez la route 302 pour aller vers la chaîne des Présidents et le mont Washington, soit vous restez sur l'I93 pour aller vers la chaîne Franconia et le mont Lafayette.

     

    Un sommet en voiture

    Il est possible d'accéder au sommet du mont Washington en voiture. La route est tortueuse et parfois vertigineuse, mais le coup d'oeil vaut absolument le détour si vous ne voulez pas monter les 6288 pi à pied. Il en coûte 31 $US par véhicule (chauffeur inclus) et 9 $US par adulte supplémentaire. Le prix inclut un accès au modeste musée situé au sommet, où se trouvent aussi l'observatoire, une boutique et un restaurant. Monter prend une trentaine de minutes. La route, très étroite, a une inclinaison moyenne de 12 %. Assurez-vous que votre véhicule soit en bon état, surtout les freins et la transmission pour la descente!

    https://mtwashingtonautoroad.com/

     

    Cinq États 

    Les journées où le ciel est complètement dégagé au sommet du mont Washington - la plus haute montagne du nord-est de l'Amérique - sont rares; le sommet se retrouve dans le brouillard en moyenne 300 jours par année. Mais quand l'horizon est sans nuages, les visiteurs peuvent voir, littéralement, à plus de 100 milles à la ronde, où l'on remarque cinq États différents, en plus du Québec! Les montagnes Blanches recouvrent près du quart du New Hampshire et s'étendent en partie jusqu'au Maine et même jusqu'au Québec, avec le mont Gosford. Pas moins de 48 pics de plus de 1200 m d'altitude constituent la chaîne de montagnes, partie prenante des Appalaches.

     

    La météo l'été 

    Même si c'est l'été, on a parfois l'impression de traverser trois saisons entre le pied et le sommet d'une montagne de la hauteur de celles du New Hampshire. La température moyenne au sommet du mont Washington, l'été, est de 12 ºC le jour et 5,5 ºC la nuit. Il n'est pas rare que le mercure tombe sous le point de congélation. Prévoyez vous habiller en pelures d'oignon, avec un bon coupe-vent pour le sommet.

     

    Gare aux vents 

    Le plus fort vent jamais enregistré dans l'hémisphère Nord l'a été au sommet du mont Washington - qui est aussi un observatoire météorologique. En pleine tempête, le 12 avril 1934, les instruments ont capté un vent de 372 km/h! Ce moment précis est exceptionnel, mais n'empêche, les vents au sommet surpassent en puissance ceux d'un ouragan 104 jours par année. Ils ont tout de même de quoi nous décoiffer avec une moyenne de 40 km/h en été. D'ailleurs, certains sentiers sont à éviter lorsque le vent souffle trop, notamment ceux en crête de montagne. Par ailleurs, si vous montez au sommet du mont Washington en voiture, vérifiez la force du vent par une fenêtre avant d'ouvrir une portière, au risque qu'elle soit arrachée.

     

    Bon à savoir 

    Même avec un forfait de téléphonie mobile pour les États-Unis, le réseau cellulaire est capricieux dans les montagnes et risque d'être inaccessible lors de vos randonnées. Planifiez votre itinéraire et imprimez ou téléchargez à l'avance la carte de votre parcours dans votre téléphone. Même sans réseau, la version gratuite de l'application mobile AllTrails permet d'ouvrir une carte préalablement téléchargée et de suivre son positionnement GPS sur son téléphone durant l'excursion. Aussi, les randonneurs n'ont pas à s'inscrire à une guérite, alors mieux vaut informer vos proches de vos intentions. La vaste majorité des stationnements est gratuite, tout comme l'accès aux sentiers.

     

    Partir à l'Aventure:  Des montagnes pour s'évader au New Hampshire

     

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    Bons plans à Casablanca

     

    La mosquée Hassan II, achevée en 1993, accueille une... (Photo Sophie Lachance, collaboration spéciale)

     

    La mosquée Hassan II, achevée en 1993, accueille une salle de prière, une salle d'ablution, un hammam, une bibliothèque et un musée.

    PHOTO SOPHIE LACHANCE, COLLABORATION SPÉCIALE

     
    SOPHIE LACHANCE

    Collaboration spéciale

    La Presse
     
     

    Peu de voyageurs prennent le temps de poser leurs valises dans la ville blanche. Or, la capitale économique du Maroc promet à quiconque s'y attarde un parcours mémorable, entre modernité et tradition.


    Photos-Villes du Monde 4:  Bons plans à Casablanca

    Le restaurant Al Mounia, qui souligne ses 60 ans d'activités cette année, offre des plats basés sur la gastronomie marocaine traditionnelle.

    PHOTO SOPHIE LACHANCE, COLLABORATION SPÉCIALE

     

    Pour déguster un repas traditionnel: Al Mounia

    Ce restaurant typiquement marocain souligne ses 60 ans d'activités cette année. Au fil de ces années, ses tables ont vu défiler nombre de légendes telles que Bruce Springsteen, Sting et Jimmy Carter.

    On comprend pourquoi dès que l'on pénètre dans son jardin, où trône un énorme faux-poivrier garni de lumières, ainsi que des colonnes ornées de zellige (mosaïques).

     

    Les plats offerts, explique la propriétaire Aziza Berrada, se basent sur la gastronomie marocaine traditionnelle: couscous, brochettes et pastillas, le menu est resté identique depuis les débuts pour respecter cet esprit d'authenticité.

    On clôt le repas d'un thé à la menthe, adroitement versé par les serveurs à l'accoutrement tout aussi traditionnel.

    95, rue du Prince Moulay Abdellah

     


    Photos-Villes du Monde 4:  Bons plans à Casablanca

    La mosquée Hassan II, à Casablanca

    PHOTO SOPHIE LACHANCE, COLLABORATION SPÉCIALE

     

    Pour s'émerveiller devant l'art mauresque: Mosquée Hassan II

    Considérée comme l'un des plus beaux monuments religieux du monde, la mosquée Hassan II étonne d'abord par sa démesure.

    Puis, par son architecture détaillée de style arabo-mauresque marquée par la symétrie des éléments qui la composent.

    L'immense construction, achevée en 1993, accueille aujourd'hui une salle de prière, une salle d'ablution, un hammam, une bibliothèque et un musée.

    Surmontée d'un minaret de plus de 200 mètres, la mosquée qui borde les flots de l'océan Atlantique fait la fierté des Casablancais et s'impose indéniablement comme symbole de la ville.

    Ouverte aux non-musulmans. On visite les lieux moyennant 12 euros à l'entrée, entre 9 h et 16 h. 

    Boulevard de la Corniche

    www.mosquee-hassan2.com

     

    Photos-Villes du Monde 4:  Bons plans à Casablanca

    Le café Bondi est un pionnier dans le concept des cafés spécialisés.

    PHOTO SOPHIE LACHANCE, COLLABORATION SPÉCIALE

     

    Pour récolter sa dose quotidienne de caféine: Bondi Coffee Kitchen

    Voici une adresse sans prétention, pionnière dans le concept des cafés spécialisés, qui surfe sur la vague santé qui déferle aussi à Casablanca.

    Le couple maroco-australien derrière ce projet invite sa clientèle vraisemblablement cosmopolite à déguster son café bio, équitable et 100 % arabica à ses tables de bois, dans un espace convivial et épuré.

    Jus pressés, pain fait maison, salades à base d'ingrédients locaux, options végétaliennes ou sans gluten, la fraîcheur est à l'honneur du côté de l'assiette.

    Pour son service chaleureux, ses excellents cafés «flat white» et ses initiatives communautaires, notamment ses ateliers de yoga et ses soirées jazz, une visite s'impose. 

    31, rue Sebou, Quartier Gauthier

    www.facebook.com/bondicoffeekitchen

     


    Photos-Villes du Monde 4:  Bons plans à Casablanca

    Perché au 16e étage de l'hôtel Mövenpick, le restaurant Le 16e offre une vue panoramique sur Casablanca.

    PHOTO FOURNIE PAR LE RESTAURANT LE 16E

     

    Pour prendre un verre avec une vue imprenable sur la ville: Le 16e

    Perché au 16e étage de l'hôtel Mövenpick, ce restaurant et bar lounge offre une vue panoramique sur la ville blanche, avec La Rotonde pour point de mire.

    Comme il est en plein coeur du quartier des affaires, il n'est pas surprenant d'y retrouver une clientèle d'entreprises, cherchant refuge loin du brouhaha métropolitain.

    Grâce à sa piscine et au confort de ses installations aux allures contemporaines, il s'agit de l'endroit rêvé pour décompresser, un cocktail à la main.

    On y vapote également la shisha pour une trentaine de dollars, quelques pâtisseries en prime. 

    16e étage de l'hôtel Mövenpick, au Rond Point Hassan II 

    www.movenpick.com/fr/africa/morocco/casablanca/hotel-casablanca/restaurants/16eme-floor

     


    Photos-Villes du Monde 4:  Bons plans à Casablanca

    L'ancienne médina, avec ses airs de labyrinthe, abrite entre ses remparts les souks, des marchés traditionnels.

    PHOTO SOPHIE LACHANCE, COLLABORATION SPÉCIALE

     

    Pour faire le plein de souvenirs: Ancienne médina 

    Avec ses airs de labyrinthe, cette ancienne partie de la ville abrite entre ses remparts les souks, ces marchés traditionnels où s'exerce l'art du marchandage.

    S'aventurer dans ses dédales de ruelles, d'où s'élèvent des odeurs d'épices mêlées à celles des abats, constitue l'un des meilleurs moyens de s'immerger dans la culture locale et, par ricochet, d'en rapporter une partie à la maison.

    Parmi les plats colorés en terre cuite, les théières, les lampes et les tapis à la géométrie impressionnante se terre l'âme véritable de Casablanca.

    On y accède par l'arche de Bab Marrakech via le boulevard Tahar-El-Alaoui, près de la place des Nations unies.

     


    Photos-Villes du Monde 4:  Bons plans à Casablanca

    Le Rick's Café rappelle le décor du film culte Casablanca, sorti en 1942.

    PHOTO SOPHIE LACHANCE, COLLABORATION SPÉCIALE

     

    Pour revivre le légendaire film Casablanca: Rick's Café

    Si le Rick's Café est une reconstitution du cabaret érigé dans les studios hollywoodiens, il n'en demeure pas moins qu'on se sent projeté dans le film culte de 1942.

    La magie opère, notamment grâce à ses arcades, sa mezzanine, son atmosphère chic-classique et les accords de son piano à queue.

    Lorsque le pianiste Issam Chabaa n'est pas à l'oeuvre, on se laisse bercer par la voix d'Ella Fitzgerald, de Nat King Cole et autres grandes pointures du jazz américain.

    Pour ceux qui douteraient encore de la ressemblance, l'établissement ouvert depuis 2004 diffuse en boucle le film Casablanca à l'étage.

    Mélomanes et cinéphiles seront servis. 

    248, boulevard Sour Jdid, place du Jardin public

    www.rickscafe.ma

     

    Photos-Villes du Monde 4:  Bons plans à Casablanca

     

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    Strasbourg : la petite France

     

    Par Jean-Marie Steinlein et Dominique Roger
     
    source : Détours en France n°173, p. 32
     

    À Strasbourg, l’Ill est bien plus qu’une rivière, elle s’apparente à une « alma mater » qui enlace son cœur dans ses deux bras et lui procure la forme d’une île.

     

     

    Le quai de la Petite France à Strasbourg
     
     

    Parfaitement conservée, la pittoresque Petite France ne fut pas toujours un but de promenade où s’extasier devant tant de romantisme. Pêcheurs, tanneurs et meuniers y travaillèrent âprement, loin d’imaginer, qu’un jour, on se damnerait pour un café sur le quai de la Petite France.

     

    La passerelle de l'Abreuvoir à Strasbourg
     
     

    Sur les bords de l'Ill face au quai des Bateliers, la cathédrale et la passerelle de l'Abreuvoir. Une facette d'un Strasbourg intime.

     

    Petite France, drôle de nom pour « l’île strasbourgeoise ». Le quartier tire son nom du « mal français », la syphilis, que les mercenaires de Charles VIII venaient soigner à leur retour des campagnes d’Italie dans un hôpital proche. La Renaissance, tardive, débute en Alsace dans les années 1520-1525. Les plus anciennes maisons à pans de bois et encorbellements datent de la fin du XVIe siècle.

     

    Place Benjamin Zix à Strasbourg
     
     

    La place Benjamin- Zix, dessinateur de l’épopée napoléonienne. De vélos en canaux, on aime son petit air hollandais.

     

    Place Benjamin-Zix, la maison des Tanneurs – convertie en une bonne table, tabernacle dédié à la déesse choucroute ! – comporte des galeries, fermées au premier étage, ouvertes au second, qui étaient utilisées pour le séchage des peaux. C’est là que se réunissait la corporation des tanneurs. Longtemps, cette enclave parcourue par l’Ill fut extrêmement pauvre, et son urbanisme, laissé quelque peu à l’abandon. Il faut attendre les années 1970 pour que le quartier commence à sérieusement se transformer. L’interdiction à la circulation automobile donnera le feu vert à l’installation d’une petite « campagne en ville » où les Strasbourgeois viennent pour le charme romantique des petits jardins et pour y établir, dans les tavernes et les bonnes tables, leurs « stammtischs » (tables d’hôtes) dominicales (L’Ami Schutz, le Lohkas ou La Cambuse tenue depuis plus de trente ans par Babeth Lefebvre ...).

     

    Excursions sur l'Ill
     
     

    La Petite France se découvre lentement, au fil de l’eau. Les excursions sur l’Ill sont toujours instructives.
     

    Des histoires d'eaux

    L’emprise aquatique est très présente à la Petite France, et longtemps on pensait que c’était la Bruche qui ceinturait Strasbourg, et non l’Ill. La Bruche, qui vient du massif vosgien, était censée avoir un débit supérieur. C’est pourquoi l’on trouve encore aujourd’hui au pied des Ponts-Couverts... un quai de la Bruche. À l’entrée, l’Ill se divise en cinq bras, l’un partant vers le nord appelé canal du Faux-Rempart, et quatre autres bras qui vont se rejoindre à la sortie de la Petite France. L’eau a conditionné les activités de ce quartier de meuniers et de tanneurs. Ainsi qu’une troisième activité à laquelle on pense moins : les bains de vapeur. Rue du Bain-aux-Plantes, on prenait soin de son hygiène tout en se délassant. On se baignait dans des bains abrités, dans des cuveaux avec une eau améliorée parfois de soufre, de soude ou de plantes. Certains bains étaient à ciel ouvert. Avec le principe de précaution voulu par la municipalité, les bains Mathis, extérieurs, ont fermé à partir de 1957.

     

    Le passage Georges-Frankhauser à Strasbourg
     
     

    En face des Ponts-Couverts, le barrage Vauban (qui n’a pas été construit par Vauban) se traverse par le passage Georges-Frankhauser. Et comme l’art est partout à Strasbourg, pensez à jeter un œil derrière les grilles : une quarantaine de statues, dont des originaux en plâtre du palais des Rohan, sont exposées.

    L’ancien et l’actuel se côtoient

    Avec l’électricité, les glacières s’installent dans le quartier de la Petite France afin de bénéficier de la force hydraulique. Le bâtiment de l’une d’entre elles a été transformé en hôtel de luxe, le Régent Petite France, qui a conservé l’ancien appareillage restauré de ses glacières. En plein cœur du quartier, les Ponts-Couverts, trois ponts enjambant l’Ill et quatre tours fortifiées, et le barrage Vauban composent avec l’hôtel du Département et le musée d’Art moderne et contemporain un ensemble architectural où l’ancien et l’actuel se côtoient dans une belle harmonie. Les Ponts-Couverts ont constitué l’élément défensif qui a permis de protéger Strasbourg contre une éventuelle attaque fluviale. Louis XIV fera de la ville une place forte et d’importants travaux seront confiés par Vauban à son ingénieur général, Jacques Terrade. Les fermetures des vannes de ce barrage provoquaient l’inondation du sud de la ville, bloquant ainsi l’avancée de l’ennemi. Depuis les travaux de rénovation du barrage Vauban, il est possible d’accéder à nouveau à la terrasse panoramique : vue majestueuse sur la cathédrale et la « grande île », classée au patri- moine mondial de l’Unesco.

     

    Photos-Villes du Monde 4:  Strasbourg : la petite France

     

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