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    Pour sortir de l’humiliation

     

    Je lisais en ne cessant de m’interroger: qu’est-ce qui me fascinait tant dans ce roman cruel qu’est La mort de Roi? Qu’est-ce qui se cache sous la vengeance d’une femme?

     

    de Josée Boileau de la revue Châtelaine

     

     

    Société - 3:  Pour sortir de l’humiliation

    Photo: Unsplash/Miguel Bruna


    La mort de Roi est le premier livre de la journaliste Gabrielle Lisa Collard. Il met en scène une narratrice, Max, pas vraiment sympathique. Adolescente, elle passe des heures à observer les gens et à s’introduire en douce dans les maisons de son quartier. Et elle se tient dans une farouche solitude.

    Il faut dire que son physique même la met à l’écart: elle est grosse, ce qui dès l’enfance vient avec son lot de moqueries, qui ne cesseront pas en vieillissant. De quoi développer une colère vengeresse qui ira jusqu’aux meurtres.

    Et moi, sans sourciller, phrase après phrase, je restais aux côtés de cette jeune femme-là. Pourquoi donc?

    Je me posais la question parce que je n’aime pas la violence, encore moins crûment exposée. Vous dire le nombre de films à la mode que je ne vois pas! Dans les romans, c’est plus facile, je saute les pages. À la télé, je lève les yeux au ciel chaque fois que la violence se fait complaisante: «C’tu vraiment nécessaire?!».

    En plus, je publierai sous peu un ouvrage qui revient sur l’attentat contre les femmes à Polytechnique il y a maintenant 30 ans, et qui me fait encore frémir après toutes ces années. Non, aucune cause, aucune lubie ne peut justifier un assassinat.

    Mais cette Max tueuse du roman venait chercher quelque chose en moi. Que j’ai finalement identifié dans la dernière partie de ce court récit de 133 pages. Quelques lignes qui vont comme suit:

    «Il s’est retourné vers moi et m’a fait signe d’entrer. Son regard innocent de gars qui n’avait jamais eu à se méfier des inconnus m’a donné envie de rire. Je l’enviais. Quel luxe c’était, de ne pas être conscient qu’on peut à tout moment devenir une proie.»

    C’était ça la réponse: la grande coupure entre les hommes et les femmes nettement dessinée. Comme un concentré du Boys Club de Martine Delvaux qui vient de paraître (éd. du Remue-ménage) et qui décortique sans concession un monde dominé par les hommes.

    Plein de «mais» et de contre-exemples m’étaient pourtant venus en tête en lisant Delvaux, cherchant des brèches pour me laisser respirer face à son implacable démonstration. Tout comme, en repensant à la Max de Collard, je sais aussi qu’il y a des circonstances dans la vie où les hommes ont peur. Dans certains lieux, à certains moments, ne pas avoir la bonne couleur de peau, ne pas avoir le look baraqué, avoir l’air faible ou isolé met en danger face à d’autres hommes.

    Mais pour les femmes, se tenir sur ses gardes est une constante de leur vie et le renversement des rôles ne vient jamais. Elles ne dominent pas, ne suscitent pas la peur, même pas la méfiance.

    Enfin, un peu semble-t-il depuis le mouvement #MoiAussi: dans les milieux de travail, des gars évitent de se retrouver seuls avec elles par crainte que ce soit mal interprété. La comparaison est toutefois boiteuse: les hommes anticipent ce qui pourrait arriver… et ce sont leurs gestes à eux qui sont en cause; les femmes, elles, endurent des situations réelles qu’elles ne contrôlent pas!

    C’est le gars qui te suit dans la rue pour s’amuser à te faire peur, comme l’a dénoncé il y a quelques jours Catherine Éthier, humoriste qui ne l’a vraiment pas trouvé drôle. Ou cet imbécile, pur inconnu, qui, dans un ascenseur bondé, te fait une invitation grossière après une conférence que tu viens de donner et dont tu étais très fière, comme l’a raconté sur Facebook la spécialiste du numérique Nellie Brière.

    Même en dénonçant, ça n’efface pas l’humiliation vécue sur le coup. Et pendant ce temps le Monsieur, lui, ne doute même pas de son droit à la condescendance et à la supériorité de son sexe, qu’avalise souvent le silence de ses pairs.

    Alors Max qui se venge de ceux qui l’ont ridiculisée, tripotée et qui voit la peur qui traverse enfin leur regard, ça nous fait une belle métaphore de la colère retenue des femmes – d’autant que Gabrielle Lisa Collard nous présente ça plus finement qu’un Rambo féminin!

    Oui, il y a un malin plaisir de voir un Monsieur qui plane au-dessus de la gente féminine ramené brutalement sur terre.

    C’est bien pourquoi je garde en tête un incident bien anodin – on n’en ferait pas un roman! – auquel j’ai assisté cet automne dans le centre-ville montréalais: un piéton quinquagénaire qui lance une vulgarité à une cycliste qui passe à ses côtés. La jeune femme ne s’est pas arrêtée pour l’enguirlander, n’a pas non plus filé sans mot dire, n’a même pas répliqué en se moquant. Elle a juste fait un «Ah, ta yeule » d’un ton si las qu’il ramenait la scène à toute son insignifiance. Laissé en plan avec sa provoc’ sans prise, l’autre a paru décontenancé. J’ai largement souri.

    Ç’a ravivé en moi un souvenir d’un tout autre ordre. La fois où, dans un repas d’affaires avec un membre patenté du boys club, la condescendance à mon endroit était si forte que mon orgueil a fini par avoir le dessus: sans égard aux conséquences, je l’ai planté là, au milieu du repas. Et à son air ahuri, j’ai compris que c’était la première fois qu’il vivait un tel renversement de rôle: cet homme fort ne dominait plus la situation. Je l’avoue, ça m’a fait jubiler!

    Et je me dis que ces moments-là de fierté retrouvée, aussi courts soient-ils, sont aussi à recenser.

    ***

    Journaliste depuis plus de 30 ans, Josée Boileau a travaillé dans les plus importants médias du Québec, dont au quotidien Le Devoir où elle a été éditorialiste et rédactrice en chef. Aujourd’hui, elle chronique, commente, anime, et signe des livres. En 2019, elle a publié J’ai refait le plus beau voyage (éd. Somme toute) et sortira sous peu l’ouvrage Ce jour-là, Parce qu’elles étaient des femmes (éd. La Presse) soulignant les 30 ans de la tuerie de Polytechnique.

    Les opinions émises dans cet article n’engagent que l’auteure et ne reflètent pas nécessairement celles de Châtelaine.

     

     

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    Janet Werner, une peintre montréalaise à découvrir

     

    Elle est une figure majeure de la peinture contemporaine et est exposée dans des dizaines de galeries d’art partout au pays.


    Anne-Frédérique Hébert-Dolbec de la revue Châtelaine

     

    Art et Culture 3:  Janet Werner, une peintre montréalaise à découvrir


    Janet Werner (Photo : Paul Litherland)

     

    Peu connaissent le travail audacieux de la peintre montréalaise Janet Werner.

    Cela risque toutefois de changer au cours des prochains mois, alors que le MAC consacre une exposition à la dernière décennie de sa carrière. L’artiste s’est surtout fait remarquer pour ses portraits fictifs uniques, dont plusieurs sont réalisés à la manière d’un «cadavre exquis».

    «J’utilise des photographies trouvées dans les magazines de mode, dit-elle. Au départ, ces photos ne sont que des coquilles vides, destinées à vendre. C’est une idée unilatérale de la beauté qui nous consume constamment. Le collage me permet de transformer ce vide en personnages plus intéressants, qui représentent la complexité de la condition humaine.»

    Dans ces figures composites se côtoient la séduction et la destruction, l’humour et la réflexion, la culture populaire et l’imaginaire. «Je veux que mes personnages conservent une certaine beauté qui attire le regard. Cependant, en les extirpant de leur contexte original, je peux me permettre de poser des questions.»

     

     

    Art et Culture 3:  Janet Werner, une peintre montréalaise à découvrir


    Janet Werner, Folding Woman, 2009, Huile sur toile, 167,5 x 134,5 cm, Collection particulière (Photo: Paul Litherland)

     

    Art et Culture 3:  Janet Werner, une peintre montréalaise à découvrir

    Janet Werner, Hover (The Distance Between Here and There), 2017, Huile sur toile, 188 x 152,5 cm, Collection Banque Nationale (Photo: Guy L’Heureux)

     

    Art et Culture 3:  Janet Werner, une peintre montréalaise à découvrir

    Janet Werner, Untitled (Gallery), 2017, Huile sur toile, 223,5 x 170 cm, Collection Banque Nationale(Photo: Guy L’Heureux)


    Janet Werner. Jusqu’au 5 janvier au Musée d’art contemporain de Montréal.

     

     

    Art et Culture 3:  Janet Werner, une peintre montréalaise à découvrir

     

     

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    Citations et Proverbes 3 - Tout en soi - Dr Joseph Murphy

     

    Tout en soi

     

    Tout est en nous:  l'ombre comme la lumière,

    la peur et la guerre comme l'amour et la paix.

    Tant de graines prêtes à éclore...

     

    C'est en choisissant ce que nous laissons

    germer à l'intérieur de nous que nous déterminons

    ce que nous deviendrons et ce que nous

    accomplirons.  Ainsi, nous nous créons

    constamment.

     

    Mon engagement aujourd'hui

     

    Je  laisse mourir les parties de moi qui me

    nuisent;  j'ai le droit de changer et de me

    redéfinir.

     

    Merci infiniment de vos visites

    sur mon blog et 

    Revenez me voir...

    Gros bisous de Frawsy

     

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    Les 15 plus belles plages de Corse

     

    Par Marine Guiffray
     
     

    De la pointe du Cap corse à Bonifacio, à l’extrémité sud, l’île de Beauté se dévoile tout en reliefs et en villages perchés. Autour de cette forteresse naturelle, les plages d’exception se succèdent sur près de 1 000 kilomètres de côtes… Des grandes baies prisées des vacanciers aux criques dissimulées entre les rochers, voici notre classement des plus belles plages de Corse.

     

    Les plus belles plages de Haute-Corse

    La plage paradisiaque de Saleccia 

     

    La plage de Saleccia, en Haute-Corse
     

    Si vous rêvez d’eau turquoise et de sable fin, soyez sûrs d’être séduits par la plage de Saleccia. Située dans le désert des Agriates, elle est accessible à pied par le magnifique sentier du littoral. Si vous comptez vous aventurer en voiture dans cette région sauvage, en revanche, mieux vaut prévoir le 4x4. Pour ceux qui n’oseraient pas, il existe un système de navettes en mer depuis Saint-Florent et par la route depuis le hameau de Casta.

     

    La plage d’Ostriconi 

     

    La plage d'Ostriconi, en Haute-Corse
     
     

    Située entre le désert des Agriates et la région de Balagne, sur la commune de Palasca, l’embouchure du fleuve d’Ostriconi est un véritable paysage de carte postale : verdure, bassin naturel, sable blanc et eau transparente se succèdent ici sur fond de montagnes rocheuses.

     

    La plage de Nonza sur la presqu’île du Cap Corse

     

    La plage de Nonza en Haute-Corse, célèbre pour son sable noir et ses galets gris.
     
     

    En contrebas du village de Nonza, perdue dans une terre encore sauvage de montagnes rocheuses – le désert des Agriates –, la désormais célèbre plage de galets et de sable noir s’étend sur plus d’un kilomètre, offrant aux curieux les plus téméraires – on accède à la plage par un long escalier – un paysage exotique unique en France.

     

    La plage de Bodri 

     La plage de Bodri, en Haute-Corse

     

    A quelques minutes seulement du centre-ville d’Ile Rousse – qui, contrairement à ce que son nom indique, n’est pas une île ! – et à moins d’une demi-heure de Calvi, la plage de Bodri est l’une des plus belles de Haute-Corse. A noter qu’elle est aussi prisée des naturistes, qui occupent la partie nord de la plage.

     

    Les plus belles plages de Corse-du-Sud

    La plage de Rondinara

     

    La plage de Rondinara, en Corse-du-Sud
     
     

    La plus belle plage de Corse-du-Sud est sans doute celle de Rondinara. Idéalement située entre Porto-Vecchio et Bonifacio, elle est bordée de roches rouges contrastant délicatement avec ses eaux turquoise et son sable blanc. Un paysage idyllique qui lui fait souvent remporter tous les suffrages, mais attention, succès oblige, ce n’est pas la plage la plus tranquille de l’île…

     

    La plage de Palombaggia, à Porto Vecchio 

     La plage de Palombaggia, en Corse-du-Sud

     

    Avec ses pins centenaires et ses dunes de sable fin, la plage de Palombaggia est l’une des plus prisées de la Corse-du-Sud. Un lieu de baignade et de farniente où l’on jouit d’une vue panoramique sur les îles Cerbicale, et qui s’anime à l’arrivée des beaux jours. Au programme : ski nautique, voile, kayak, plongée sous-marine et déjeuner sous des paillottes éphémères.

     

    La plage d’Argent, à Sartène 

     

    La plage d'Argent en Corse-du-Sud
     
     

    La plage de Cala Barbaria, dite d’Argent, se cache entre les rochers du Golfe de Murtoli. Pour l’atteindre, le plus simple est de vous garer sur le parking de la plage de Tralicetu, sa voisine, puis de la longer jusqu’à son extrémité sud. Contournez la pointe, et vous y êtes !

     

    La plage du petit Spérone à Bonifacio 

     

    La plage du petit Sperone, en Corse-du-Sud
     
     

    La plage du petit Spérone se trouve à seulement 7 km de Bonifacio, sur la côte est de l’île. Plus étroite et abritée que sa grande sœur – la plage du grand Spérone, orientée au sud –, elle offre une vue magique sur l’île de Piana et est facilement accessible depuis Piantarella, où vous pouvez vous garer.

     

    La plage de Bussaglia, dans le golfe de Porto

     

    La plage de Bussaglia dans le golfe de Porto
     
     

    Plage de galets nichée dans le golfe de Porto, Bussaglia se prête davantage à la promenade qu’au farniente. Les falaises qui s’arquent autour d’elle plongent dans la mer profonde en nous invitant à faire de même… Difficile de résister !

     

    La plage de Ficajola, dans les calanques de Piana

     

    La plage de Ficajola, en Corse-du-Sud
     
     

    Toujours dans le golfe de Porto, à mi-chemin entre Calvi et Ajaccio, la plage de Ficajola est la seule crique des calanques de Piana accessible à pied. Au coucher du soleil, ses rochers rouges recouverts d’une douce lumière du soir offrent aux marcheurs les plus courageux – ou aux navigateurs chanceux – un tableau aux couleurs magiques.

     

    Les plages des îles Lavezzi

     

    Une plage des îles Lavezzi, cimetière d'Acciarino
     
     
    Sur l’îlot d’Acciarino, un cimetière du même nom accueille les sépultures des naufragés de la Sémillante, frégate française qui a sombré en mer en 1855.

    L’archipel des îles Lavezzi se trouve à l’extrémité sud-est de la Corse et de la France métropolitaine. Accessibles en bateau depuis Bonifacio – dont elles dépendent –, les îles de l’archipel offrent plages de sable fin, sentiers de randonnée et fonds marins extraordinaires aux nombreux touristes qui s’y rendent.

     

    La plage de Capitello

     

    La plage de Capitello, en Corse-du-Sud
     
     

    A deux pas de l’aéroport Napoléon Bonaparte, sur le golfe d’Ajaccio, la plage de Capitello donne le ton dès votre arrivée : eau turquoise, rochers de granit, sable blanc, tour génoise héritée de nos voisins italiens et emblématique du paysage corse… Pas de doute, vous êtes bien sur l’île de beauté !

     

    La plage de la Tour de Fautea, à Zonza

     

    La plage de la Tour de Fautea en Corse-du-Sud
     
     

    Sous la surveillance bienveillante d’une tour génoise perchée au sommet des rochers depuis le XVIe siècle, la plage dite « de la Tour de Fautea » a l’avantage de ne pas être excessivement fréquentée, malgré sa proximité avec Porto-Vecchio. Elle est accessible par un sentier piéton depuis la Nationale 198.

     

    La plage de Focaghia Osani dans le golfe de Girolata

     

    La plage de Focaghia Osani dans le golfe de Girolata
     
     
    On aperçoit à l'arrière-plan la tour génoise carrée du fort de Girolata.

    Au cœur du golfe de Girolata, le petit port d’Osani et sa plage de galets nous donnent des envies de balades. Le village ne se rejoint d’ailleurs qu’en bateau ou au terme d’une longue marche, récompensée à l’arrivée par les nombreux restaurants et buvettes installés le long de la plage.

     

    La plage de Capizzolu à Cargèse

     

    La plage de Capizzolu à Cargèse, en Corse-du-Sud
     
     

    Située sur la côte ouest de la Corse et facilement accessible en voiture depuis Cargèse, Capizzolu est une plage de sable fin encore sauvage et peu connue. Ne vous y trompez pas : son eau vire au turquoise dès les premiers rayons de soleil.

     

    Nature en Images 4:  Les 15 plus belles plages de Corse

     

     

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    Citations et Proverbes 3 - Citation du 29 septembre 2019

     

    Merci infiniment de vos belles

    visites sur mon blog et

    Revenez me voir

    Bonne journée

     

     

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