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    Kilauea

     

    Les Volcans d’Hawaï

     

    Parmi les volcans, le Kilauea est considéré comme l'un des plus dangereux. Ce volcan, toujours actif, constitue une menace permanente.

    Parmi les volcans les plus actifs de la planète, le Mauna Loa est également en bonne position avec une quarantaine d’éruptions depuis la seconde moitié du 19e siècle. Cependant, ce volcan d’Hawaï est largement dépassé par son voisin, le Kilauea qui a connu des éruptions continues depuis le début du 20e siècle.
    Ces deux volcans font partie du parc national d’Hawaï, fondé en 1916.

     

    Hawaï

    Les îles hawaïennes s’étendent sur 2 000 km à travers l’océan Pacifique, depuis l’île d’Hawaï elle-même jusqu’à l’île de Kure.
    Le Mauna Loa et le Kilauea sont les plus connus des cinq grands volcans qu’abrite l’île d’Hawaï.

    Littoral près du Kilauea

    Littoral qui s'étend en dessous du Kilauea. By Sarah Kim

    Pendant longtemps, les volcans d’Hawaï demeurèrent une énigme pour les géologues. Pourquoi se dressaient-ils là, si loin des continents ?

    Aujourd’hui, nous savons que la lave provient d’un point chaud, situé à presque 300 kilomètres en dessous de la surface de la Terre.
    Le matériau fondu est projeté vers le haut et atteint la surface à travers un « tuyau » fixe qui traverse les deux manteaux épais et semi-liquides, puis la croûte terrestre solide, relativement plus fine.

     

    Cratere Pu'u O'o

    Le cratère Pu'u O'o le long de la zone de rift est du Kilauea est l'une des fissures les plus actives de ces dernières années. By Steve Navarro

    Lorsque le magma atteint les fonds marins, il forme un volcan sous-marin sur la plaque océanique.
    Etant donné que celle-ci se déplace d’environ 10 cm par an vers le nord-ouest, le volcan s’écarte lentement du point chaud en même temps qu’il s’élève sur l’île. La connexion finit par être rompue et la coulée de lave devient inactive.

     

    Lave du Kilauea

    Coulée de lave du Kilauea. By David Dagalvan

     

    Le mouvement actuel de la plaque pacifique est estimé à 9 cm par an. L’apparition d’un nouvel édifice sous-marin, appelé Loih au sud-est d’Hawaï, indique que la plaque est toujours en mouvement et que le point chaud est toujours actif.

     

    Volcan Kilauea

    Paysage surnaturel près du Kilauea. By Shchukin

     

    Seuls quelques volcans actifs dans le monde ont été formés et se sont éteints de cette manière. C’est le cas du Loihi, enfoui sous la mer à 30 km, et qui donnera naissance à une nouvelle île dans 200 000 ans environ.

    Lorsque James Cook débarqua à Hawaï en 1778, il découvrit un pays inconnu peuplé par les Polynésiens depuis des millénaires.

    Hawaï a beaucoup changé depuis 1778. © Emme Interactive

    Les éruptions de type hawaïen sont rarement du type explosif. Elles se caractérisent par un flux continu de lave qui s’échappe souvent d’un flanc du volcan.
    Au cours des millénaires, ces flux de magma fluides ont déposé les couches de lave qui ont créé l’incroyable paysage volcanique de l’île d’Hawaï.

    Un flux continu de lave. © Emme Interactive

    Les laves de l’île de Kure ont environ 27,7 millions d’années. Mais, la plupart des laves de l’île d’Hawaï ont moins de 400 000 ans.

    Le volcan du Mauna Loa

    Le botaniste Archibald Menzies a été le premier à atteindre le sommet de ce volcan. Il évalua sa hauteur à 4 134 mètres.
    Depuis, l’observatoire fondé en 1912, par la Commission géologique des Etats-Unis, a établi que le volcan occupant la moitié sud-ouest de l’île d’Hawaï, culmine à 4 169 mètres.

    Mauna Loa

    La caldera du Mauna Loa. By Paxsimius

    Mais, si l’on considère que la base du volcan se trouve à 5 000 mètres au fond de la mer et que le fond de la dépression née de sa poussée se situe 8 000 mètres plus bas, on obtient une hauteur totale de 17 000 mètres, presque deux fois l’Everest.

    Cratere du Mauna Loa

    Cratère Halemq'uma'u. By Jon Caves

    On peut donc considérer que le Mauna Loa est la plus haute montagne du monde. C’est également la plus volumineuse :

    • 80 000 kilomètres cubes de roches volcaniques pour une superficie émergée de 5 271 kilomètres carrés

    Mauna Loa couvre près de la moitié de l’île d’Hawaï.

    La dernière éruption du Mauna Loa en 1984 a failli engloutir Hilo, la plus grande ville de l’île, sous la lave.

    En raison de son altitude, le Mauna Loa attire d’abondantes précipitations qui arrosent la forêt subtropicale. De larges fougères aux allures d’arbres confèrent à la végétation une allure primitive, un genre « Jurassic Park ».

    Foret d'Hawai

    By Spartanjoe

    Le Kilauea

    La première éruption du 20e siècle du Kilauea s’est produite en 1907, pour reprendre en 1983. L’éruption actuelle ne donne toujours aucun signe de vouloir s’arrêter.

    Video Eruption du Kilauea

    L’éruption permanente du Kilauea est une attraction touristique depuis 1840. La lave qui jaillit sans interruption du volcan se jette dans l’océan Pacifique en produisant de grands jets de vapeur.

    Lave du Kilauea

    La lave du Kilauea tombe dans la mer du haut d'une falaise. By Hawaiian Sea

    L’origine du Kilauea remonte à une période comprise entre il y a 300 000 et 600 000 ans.

    Kilauea

    Eruption permanente du Kilauea. By Casch 52

    Le Kilauea qui s’élève à 1 248 mètres est un volcan hyperactif orné d’un cratère ovale. Au fond, on distingue un autre cratère appelé Halemaumau qui, selon la légende locale, est la demeure de la déesse du feu Pele.
    Les Polynésiens érigèrent un temple de pierre en son honneur et, dans le lac bouillonnant qui occupait autrefois le cratère, des hommes étaient sacrifiés.

    Volcan Kilauea

    By Matt Searle

    En 1983, les coulées de lave percèrent un nouveau trou à une vingtaine de kilomètres du cratère du Kilauea.
    Au cours de cette période de constante éruption, les coulées ont recouvert plus de 100 km² et détruit plus de 200 maisons.

    Kilauea. Eruption 1974

    Eruption du Kilauea en 1974. National Park Service. By Image Editor

    La dernière éruption importante a eu lieu en 2003.

    Il arrive souvent que la surface d’une coulée de lave se refroidisse suffisamment pour qu’une croûte se forme. La surface ressemble à une tôle ondulée qui est appelée pahoéhoé. Les laves de type pahoéhoé donnent naissance à des formes tortueuses.

    Lave du Kilauea

    Coulée de lave refroidie. By Eagleapex

    Les coulées de lave dont la surface se brise en blocs sont appelées « aa ».

    Le parc national des volcans d’Hawaï

    Créé pour protéger le paysage façonné en 70 millions d’années d’évolution géologique, le parc est le refuge de nombreuses espèces animales et végétales. Il se situe sur la plus grande île de l’archipel.

    L’Akaka Falls est l’une des plus majestueuses cascades d’Hawaï. Elle fait un saut de 135 mètres dans un précipice tapissé de mousse.

    Akaka Falls. Hawai

    Akaka Falls . By Prob 1 t

    Les îles Hawaï ont été conquises par la vie en plusieurs étapes, distantes entre elles de plusieurs millénaires.
    Véhiculées de temps en temps par l’océan, par les vents et surtout par les oiseaux, les nombreuses espèces endémiques ont pu s’épanouir.

    Les derniers arrivés sont les hommes, venus en plusieurs vagues, probablement des îles Marquises.

    L’unique mammifère indigène d’Hawaï est Lasiurus cinereus, la chauve-souris la plus répandue en Amérique.

    Chauve-souris. Hawai

    Lasiurus cinereus. By Jumpingspider

    Les oiseaux sont pour la plupart endémiques à l’île et très menacés. Parmi les espèces, on trouve notamment, l’akepa (Loxops coccineus) ou loxopse d’Hawaï, le pétrel d’Hawaï (Pterodroma phaeopygia) ou l’ixi (Vestiaria coccinea).

    Mais, les espèces introduites par l’homme, comme le cochon sauvage, la chèvre, le chat ou le chien ont détruit une grande partie des plantes indigènes et de la faune animale.
    Par exemple, l’haleakala (Argyroxiphium sandwicense subsp. macrocephalum) est une des plantes les plus caractéristiques d’Hawaï mais est menacée comme 90% des plantes à fleurs endémiques par les espèces introduites.

    Haleakala

    Haleakala. By Kuma Sawa

    Les mangoustes, elles, ont décimé les reptiles.

    La bernache néné (Branta sandvicensis), la dernière espèce d’oie sauvage d’Hawaï, a été élevée au rang de symbole de la protection de la nature hawaïenne.

    Bernache néné

    Branta sandvicensis. By Photos of Nature's Calm

    Sa survie dépend du programme de repeuplement mis en place depuis les années 1970.

    V.Battaglia (10.03.2006) M.à.J 04.2008

     

    Références et crédit photographique

    Sanctuaires sauvages, Claes Grundsten et Peter Hanneberg, Editions Artemis
    Volcans, Peter Clarkson, Editions Nathan
    Les sites naturels, Marco Cattaneo et Jasmina Trifoni, Editions Gründ

    Toutes les photos, sauf mention contraire, étaient sous Licence creative commons Attribution-Non Commercial-No Derivs 3.0 Unported au moment de la mise en ligne de ce dossier et proviennent du site FlickR

     

    Réserves Naturelles:  Kilauea - Les Volcans d’Hawaï

     

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    Mesa Verde . Chaco Canyon

     

    La culture Anasazi

     

    Le parc national de Mesa Verde, dans le Colorado, aux Etats-Unis, a abrité pendant des siècles les Indiens Anasazi.
    On ignore le nom qu’ils portaient à l’origine mais dans la langue des Navajos ou Navahos, on les appelle Anasazis.
    Dans cette région, on a retrouvé de nombreux vestiges de ce peuple, notamment une fabuleuse cité de pierres nichée dans le creux d’une falaise.
    Les Anasazis sont cependant très méconnus et nous ne savons pratiquement rien de ceux qui ont édifié ces pueblos.
    A Chaco Canyon, au Nouveau-Mexique, des peintures et des pétroglyphes semblent démontrer que le peuple Anasazi était de bons astronomes.

     

     

    Mesa Verde : des palais de pierre

    C’est en 1888 que trois éleveurs partis à la recherche de bêtes qui s’étaient échappées découvrirent Sun Point et plusieurs habitations.
    La découverte de Cliff Palace, cette cité en pierres, date de cette époque.

    Les recherches se poursuivirent grâce à un jeune explorateur suédois, Gustav Nordenskjöld, qui souhaita réaliser une véritable étude archéologique.

    Mesa verde

    Vue panoramique de Cliff Palace. © dinosoria

    Il explora les deux collines appelées Wetherill Mesa et Chapin Mesa. En 1906, Mesa Verde « Table verte », reçut le statut de parc national.
    A partir de cette date, les fouilles archéologiques s’intensifièrent.

    En 1959, le professeur J.S Newberry entreprit une expédition pour le compte de l’armée américaine.

    Mesa verde

    La Spruce Tree House doit son nom au grand pin de Douglas planté devant elle. Construite entre 1200 et 1276, elle comprend 140 pièces et 9 kivas ou lieux de culte

    Il fallut encore attendre 15 ans pour qu’un photographe de l’U.S Geological Survey découvre le premier abri troglodytique dissimulé derrière le vaste plateau.

    Dès lors cette région suscita la curiosité. On y découvrit de nombreux vestiges de ceux qu’on baptisa Anasazi, mot qui signifie dans la langue navajo « les anciens ».

    Mesa Verde

    Le Cliff Palace. Les premiers Indiens Pueblos bâtirent ces villages troglodytes complexes (cliff-dwellings) entre le XIe et le XIIIe siècle. © dinosoria

    Cliff Palace est une structure en briques d’argile et de boue, qui compte plus de 200 pièces. On y dénombre 23 lieux de culte ou kivas, des chambres et des magasins pour stocker les récoltes.

    Selon les archéologues, Cliff Palace, construit vers la fin du XIIe siècle, pouvait abriter environ 250 personnes.

    Mesa Verde. Cliff Palace

    Cliff Palace. © dinosoria

    A Mesa Verde, on a identifié environ 3 900 sites dont plus de 600 habitations troglodytiques.

    La culture Anasazi

    Pendant de nombreux siècles, les Indiens Anasazi ont vécu sur les plateaux du sud de l’Utah et du Colorado et sur ceux de l’Arizona et du Nouveau-Mexique.

    Petroglyphes Anasazi

    Pétroglyphes Anasazi. By John Harwood . (CC BY-SA 3.0)

    L’histoire du peuplement de Mesa Verde dans les premiers siècles de notre ère reste encore très mystérieuse.
    Au stade actuel de nos connaissances, on dénombre quatre périodes successives d’occupation du site :

    • Environ 450 à 700 de notre ère : période Basket Maker III, l'agriculture se généralise (maïs, courges), associée à la chasse et à la cueillette ; outillage lithique, travail de l'os ; développement de la céramique et de la vannerie ; maisons-fosses avec foyers centraux.
      (Certains ouvrages avancent les dates de 200 avant notre ère à 700 de notre ère)
    • Entre 700 et 900 : période Pueblo I : apparition de villages de maisons rectangulaires aux murs de pierre ; kivas cérémonielles
    • Entre 900 et 1100 : période Pueblo II
    • Entre 1100 et 1300 : période Pueblo III qui correspond à la construction de grands complexes architecturaux comme Mesa Verde et également au travail de l'argent et de la turquoise

    Vivant de l’élevage et de la chasse, les premiers habitants de ces lieux se sédentarisèrent pour pratiquer l’agriculture. Ils maîtrisaient déjà la céramique et fabriquaient des vanneries d’où le nom de Basket Makers « fabricants de paniers ».

    Mesa Verde. Culture Anasazi

    Pétroglyphes Anasazi. By Caitlyn Willows . Licence

    Appelées « jacal », leurs maisons primitives étaient de simples puits étayés par des poteaux en bois. Rapidement, ils formèrent de petits villages, d'abord situés au pied des éperons rocheux, puis en hauteur, sur les « mesas ».

    Vers 500 de notre ère, ils fabriquaient des céramiques, des arcs et des flèches et se mirent à élever des dindes.

    Mesa Verde. Structure Anasazi

    Une des 5 grandes kivas sur le site de Far View House que les Anasazis fondèrent à partir du XIIe siècle. By jennlynndesign . (CC BY-SA 3.0)

    A partir de la phase Pueblo II, le peuple Anasazi a changé ses habitudes en matière d’habitation. Ils commencèrent à construire de véritables habitations à la surface du plateau.

    Les maisons se transformèrent en villages que les Espagnols appelleront « pueblos ».
    Au fil des siècles, les villages se transformèrent en villes et vers 1100, le plateau du Colorado connut une croissance démographique.

    Mesa Verde

    Pueblos de Mesa Verde. © dinosoria

    Les kivas étaient de vastes structures souterraines de plan circulaire réservées aux cérémonies et au culte.
    Dans de nombreux cas, les kivas étaient reliées à des structures analogues à des donjons dont la fonction n’est pas vraiment connue.

    On a également retrouvé un complexe monumental entouré d’un double mur d’enceinte, peut-être un temple, baptisé le « Temple du Soleil ».

    On pense que les Anasazis ont construit ces troglodytes pour se protéger. La difficulté d’accès empêchait tout intrus de les attaquer.

    Mesa Verde

    Kivas de Mesa Verde. By Caitlyn Willows . (CC BY-SA 3.0)

    A partir de 1300 de notre ère, les Anasazis abandonnèrent les lieux. Cet abandon est-il dû à la sécheresse et donc la disette ?

    Plus récemment, les autorités locales ont décidé de substituer au terme Anasazi, une appellation plus générale « les anciens habitants du pueblo ».
    Actuellement, plus de 23 tribus, en plus des Navajos, peuvent prétendre être les descendantes de ceux qui ont édifié les constructions de Mesa Verde.
    Ces tribus ont toutes des ancêtres qui ont habité des pueblos semblables dans le Nouveau-Mexique. Cependant, aucun autre édifice n’a égalé la splendeur de Mesa Verde.

    Chaco Canyon: Le mystère Anasazi

    Les plateaux rocheux aux tons ocrés semblent indiquer que les Anasazis s’intéressaient à l’astronomie. D’après certains archéostronomes, ces roches présenteraient un certain nombre de signes tendant à prouver que ce peuple possédait des connaissances développées en astronomie.

    Chaco Canyon

    Chaco Canyon. © dinosoria

    Sur une saillie, à quelques mètres d’une butte très élevée du Chaco Canyon au Nouveau-Mexique, trois imposants blocs de grès déterminaient une fente à travers laquelle le soleil dardait ses rayons, qui atteignaient deux spirales gravées à même la roche.

    Pendant peut-être 1000 ans, ces rayons de soleil indiquaient précisément les solstices d’été et d’hiver, les équinoxes de mars et de septembre ainsi que les jours de l’année où le jour et la nuit ont la même durée.
    Les spécialistes pensent que cet étrange phénomène, auquel on a donné le nom de Dague Solaire, est un calendrier anasazi.

    La mort d’une étoile

    Les rochers du Chaco Canyon semblent indiquer que les Anasazis assistèrent à la mort d’une étoile. En effet, une falaise comporte un rocher qui est orné de trois peintures : un croissant, un disque nimbé de rayons et une main.

    Juste en dessous, un point entouré de deux cercles représente le Soleil.

    Anasazi. Chaco Canyon

    Hansen Planetarium, Salt Lake City. © G. Rownon

    Découverts en 1972, ces symboles apparaissent en d’autres endroits des territoires indiens. Ils illustrent une conjonction astrale occasionnelle : le rapprochement de Vénus et de la Lune.
    Cependant, certains astronomes pensent que ces peintures commémorent un phénomène céleste. Le disque nimbé de rayons pourrait représenter l’explosion d’une étoile.

    Les symboles du Chaco Canyon datent de l’époque où des astronomes chinois enregistraient sur leurs cartes l’apparition d’une étoile, résultant vraisemblablement de l’explosion d’une supernova.
    Cette étoile hôte est apparue le 5 juillet 1054. Le rémanent de cette étoile forme la nébuleuse du Crabe, dans la constellation du Taureau.
    Les pictogrammes anasazis dépeignent-ils cette explosion cataclysmique ?

    Mesa Verde

    Mesa Verde. By John Harwood . (CC BY-SA 3.0)

    En 1979, un astronome de la NASA a reconstitué la voûte céleste de cette nuit de juillet 1054. Cette nuit-là, la Lune, croissant inversé, se trouvait à deux degrés à peine de la nébuleuse du Crabe.

    Des routes sans issue

    Les routes des Indiens anasazis du Nouveau-Mexique sont loin d’être de simples sentiers. Elles constituaient un réseau de 800 km de chaussées très bien conçues.

    Aujourd’hui, ces routes ont presque totalement disparu. Certaines ont 10 m de large et traversaient le désert, tout droit, quelle que soit la configuration du terrain.

    Les Anasazis ne reculèrent devant rien pour tracer des artères rectilignes, n’hésitant pas à creuser la falaise ou à construire des rampes.

    La plupart de ces routes reliaient Chaco Canyon aux communautés. Mais, le plus mystérieux c’est que certaines routes débouchent en pleine nature. A certains endroits, il y a non pas une mais deux routes strictement parallèles.
    La route dite du Grand Nord aboutit sur une butte. Elle ne mène nulle part et par endroits, est jonchée de débris de poterie.

    Pourquoi se donner autant de mal pour construire une route sans issue ? De nombreuses légendes anasazis mentionnent des pèlerinages rituels vers des montagnes sacrées.
    Ces longues routes rectilignes menaient peut-être à des sipapu, orifices à partir desquels il était possible de communiquer avec l’au-delà.
    Peut-être que ces magnifiques chaussées servaient exclusivement à relier Chaco Canyon à quelque monde invisible.

    V.Battaglia (23.05.2006)

     

    Références

    Les sites archéologiques, éditions Gründ. 2004
    Splendeurs des civilisations perdues, éditions Gründ. 1998
    La sagesse des anciennes civilisations, Editions Time Life. 1990

     

    Réserves Naturelles:  Mesa Verde - Chaco Canyon - La culture Anasazi

     

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    New York

     

    New York (New York City) constitue l’une des plus grandes métropoles du monde par sa population, sa production industrielle et surtout par sa puissance financière dont Wall Street est un symbole.
    New York, surnommée Big Apple « La Grosse Pomme », est un centre décisionnel majeur. Ville très touristique, New York regroupe de nombreux centres culturels dont le Metropolitan Museum of Art.

    Grâce à sa position géographique stratégique, New York a connu une activité commerciale florissante, qui contribue à faire de cette mégapole l’un des centres financiers et industriels majeurs de la planète, et l’incarnation du rêve américain.

     

     

    Situation géographique de New York

    New York City est constituée d’une mosaïque d’îles situées à l’embouchure de l’Hudson et de l’East River. Baignée par l’océan Atlantique, la ville possède un port important.

    La ville fait partie de l'État de New York, situé entre la frontière canadienne et la Pennsylvanie.

    new york

    New York. (Crédit photo)

    Les différentes îles sont :

    • Manhattan
    • Staten Island
    • Long Island
    • Ellis Island
    • Liberty Island
    • Governors Island
    • Roosevelt Island
    • Wards Island
    • Randalls Island
    • Rikers Island
    • Pralis Island

    New York a une superficie de 1 214 km² dont 785 km² de terres émergées pour une population globale, agglomération comprise, de 18,6 millions d’habitants.

    new york

    New York et ses Twin Towers avant l'attentat du 11 septembre. (Crédit photo)

    La mégapole comporte cinq divisions administratives appelées boroughs dont l'île de Manhattan est le coeur économique et culturel :

    • Manhattan (ou Comté de New York) qui est le quartier le plus riche de la ville
    • Bronx (ou Comté de Bronx) qui est l’un des quartiers les plus pauvres
    • Brooklyn (ou Comté de Kings) très peuplé et surtout résidentiel
    • Queens (ou Comté de Queens), quartier résidentiel et industriel
    • Staten Island (ou Comté de Richmond), relié à Brooklyn par le Verrazano Narrows
    • Bridge, l'un des ponts suspendus les plus longs du monde

    drapeau new york

    Drapeau de New York

    Sur fond du drapeau des Pays-Bas, se découpe le blason illustré par un marin et un Indien. Les Indiens Algonquins sont les premiers habitants de la ville.

    Les districts de la ville sont constitués d'une pléiade d'îles imbriquées dans la baie de New York. Seul le Bronx se situe sur la terre ferme.

    Histoire et économie de la ville de New York

    Un navigateur italien au service du roi de France, Giovanni da Verrazzano (ou Verrazano), découvre la baie en 1524.

    Mais ce sont les Hollandais qui, en 1626, achètent aux Indiens pour 24 dollars l’île de Manhattan et y construisent une bourgade, La Nouvelle-Amsterdam. Elle compte vers 1660 un millier d'habitants.

    Les Anglais s’emparent de la place en 1664 et lui donnent son nom actuel en hommage au duc d’York, frère de Charles II.

    Madison square garden

    Madison Square Garden en 1901. (crédit photo)

    Le port favorise les échanges. Le blé, des fourrures, des porcs et des bœufs sont expédiés en Angleterre.
    À la veille de la Révolution, la ville abrite 25 000 habitants. Bien que la cité progresse constamment, son expansion est limitée par les territoires indiens.
    La rupture avec la Grande-Bretagne intervient avec l’indépendance. La ville devient alors la capitale provisoire des jeunes États-Unis.

    Metropolitan Museum Of Art en 1903

    Metropolitan Museum Of Art en 1903. (crédit photo)

    Pendant la guette d’Indépendance, l’armée américaine ne parvient pas à chasser les Anglais. George Washington est obligé de se retirer. La ville reste sous contrôle britannique durant tout le conflit, de 1776 à 1783. Il faudra attendre la signature du traité de Paris, mettant fin au conflit le 3 septembre 1783, pour que New York devienne indépendante.

    statue de la Liberté

    Statue de la Liberté.(photo prise en août 2001. On voit les Twin Towers en arrière-plan). By Marvin PA

    Une forte activité commerciale se met en place avec l’Europe pour vendre du coton.
    En 1825, l’ouverture du canal de l’Érié fait de New York le centre d’exportation des blés du Middle West.

    En 1817, le Stock Exchange s'ouvre ; en l'espace d'une vingtaine d'années, il accapare la plus grande partie du marché national des titres.

    Wall Street

    Wall Street. By wilhelmja

    À partir de 1850, les chemins de fer confèrent à New York un atout de plus. Le commerce se diversifie ainsi que de nombreuses autres activités : Assurances, industrie textile, métallurgie, raffinage du sucre, brasseries.

    C’est l’aristocratie new-yorkaise qui exigea la création d’un grand espace vert au cœur de New York. C’est ainsi qu’est né Central Park.

    Central Park . New York

    Central Park, le poumon de la ville. By gbaku

    En 1860, les constructions s’étendent dans Manhattan jusqu’à la limite sud de Central Park. La population continue d’être cosmopolite ; des immigrants de toutes origines, en particulier des Allemands et des Irlandais, s’y installent.
    De l’autre côté de l’East River, Brooklyn forme une commune indépendante. Dans l’ensemble de l’agglomération, les Noirs constituent une très petite minorité, à peine 2 %.

    Pont de Brooklyn

    Pont de Brooklyn. By See-ming Lee

    De 1860 à la fin du siècle, une croissance extraordinaire se manifeste dans tous les domaines. Des industries apparaissent ou se développent. C'est le cas de la confection avec l'arrivée massive des Juifs, surtout à partir de 1880, et celui des industries de biens de consommation comme l'ameublement et la fabrication d'articles en cuir.

    L’immigration ne fait que croître à la fin du 19e siècle avec l’arrivée massive de Slaves et de Méditerranéens. L’agglomération, qui rassemblait 2 800 000 habitants en 1880, en a 5 050 000 en 1900.
    La ville s’étend en conséquence. Les immigrants de la première génération s’établissent par quartiers ethniques à Manhattan, tandis que les Américains de plus vieille date préfèrent les quartiers résidentiels de Brooklyn (relié à Manhattan par le « pont de Brooklyn » depuis 1883) et de Queens.

    Manhattan et l'Empire State Building

    Manhattan et l'Empire State Building. By ajagendorf25

    L’avènement du métro souterrain en 1904 et 1905, qui complète et remplace partiellement l’Elevated (lignes de tramways surélevées), marque le début d’une ère nouvelle.

    L’immigration, d’Europe orientale et méditerranéenne principalement, se poursuit jusqu’en 1914. Des foules misérables de Juifs russes, d’Italiens du Sud, de sujets de l’empire d’Autriche-Hongrie débarquent à Ellis Island. Elles constituent la main-d’œuvre à bon marché dont a besoin l’industrie. Ces immigrants, plus difficilement assimilables que les Germains et les Scandinaves dans le creuset anglo-saxon, s’entassent dans le Lower East Side et d’autres ghettos de Manhattan progressivement transformés en taudis.

    Le Bronx

    Le Bronx. By PhillipC

    Entre les deux guerres mondiales arrivent des Noirs du Sud et, après la seconde, des Portoricains.

    L’extension démographique et industrielle de la ville n’est pas sans contrepartie : difficultés de circulation, d’alimentation en eau, problèmes de pollution, délinquance et tensions sociales et raciales liées au chômage, à la constitution de ghettos ethniques (Noirs, Portoricains).

    Nouvel An chinois à Chinatown

    Nouvel An chinois à Chinatown. By Global Jet

    Le début du XXe siècle marqua l’avènement de l’ère des gratte-ciels. La ville a connu une grande prospérité tant économique que financière durant tout le XXe siècle.

    Entre 1989 et 1993, New York a été victime de la crise économique. 400 000 personnes se sont retrouvées sans emploi. David Dinkins, premier maire noir de la ville, a été battu par le républicain Rudolph Giuliani qui a permis à la ville de retrouver sa prospérité en faisant, notamment, baisser la très forte délinquance.

    taxi new-yorkais

    Célèbre taxi new-yorkais. By pixagraphic

    Le port de New York occupe la 15e place mondiale. L'activité industrielle porte surtout sur la chimie, l'agroalimentaire, l'électronique et le textile.

    New York est également la 2e ville la plus touristique au monde. Chaque année, près de 40 millions de personnes viennent visiter la ville.

    Population et principaux bâtiments

    Cette cité cosmopolite brasse une population originaire de tous les continents. Les communautés se répartissent par quartiers et cultivent leurs particularités.

    Parmi ces quartiers, on trouve notamment la communauté hispanique à El Barrio , les Italiens à Little Italy, les Chinois dans Chinatown, les Coréens à Chelsea, les Afro-américains à Harlem et les Juifs à Lower East Side.

    Chinatown . New York

    Rue de Chinatown. By moriza

    Les deux rues les plus célèbres de New York sont :

    • La Ve avenue qui offre, au centre de Manhattan, une profusion de boutiques. S’y dresse la Trump Power, haute de 283 m
    • Wall Street, où siège la société New York Stock Exchange et qui constitue la place boursière majeure de la planète

    Plusieurs quartiers de New York sont devenus célèbres :

    • Soho qui est le quartier des artisans plasticiens
    • Broadway qui abrite de nombreuses salles de spectacles
    • Greenwich Village qui conserve un charme rural. Ce quartier est particulièrement apprécié des écrivains

    Greenwich Village . New York

    Rue de Greenwich Village. By dougtone

    • Chelsea est le quartier du vêtement
    • Le Financial district est le quartier des affaires

    Depuis la disparition du World Trade Center, l’Empire State Building est redevenu le gratte-ciel le plus haut de la ville avec ses 381 m de haut.

    Empire State Building

    Empire State Building. By bropho

    L’autre monument célèbre est bien sur la statue de la Liberté, offerte par la France en 1886. Elle se dresse dans la baie de New York.

    Enfin, le pont de Brooklyn, suspendu entre Manhattan et Brooklyn, s’étire sur 1,8 km de long.

    pont de Brooklyn

    Pont de Brooklyn. (Crédit photo)

    C'est à New York que se situe l'ONU dont l'immeuble de 39 étages atteint 154 m de hauteur. Son siège se situe sur un territoire international de 9 ha bordant l'East River.

    D'une superficie de 340 ha, Central Park est une oasis de verdure en plein centre-ville. Ce park abrite d'ailleurs une faune assez variée.

    Depuis l'attentat du 11 septembre 2001, le visage de la ville a changé. À l'emplacement des Twin Towers, une vaste esplanade s'étend. Ce lieu de mémoire a été baptisé « Ground Zero ».

    V.Battaglia (14.10.2007)

     

    Références et liens externes

    François Weil, Histoire de New York, Paris, Fayard, 2005 . Atlas géographique, éditions Atlas 2005

     

    Réserves Naturelles:  New York

     

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    La Nouvelle-Orléans

     

     

    Colonie française fondée en 1718 par Le Moyne de Bienville, la Nouvelle-Orléans (en anglais New Orleans)  tient son nom du régent Philippe II d’Orléans.
    Capitale de la Louisiane, la Nouvelle-Orléans a été successivement française, espagnole, à nouveau française puis américaine.
    Rachetée à Napoléon par les Etats-Unis en 1803,  la ville qui est à la tête du delta du Mississippi, est le premier port américain (155 Mt par an).

     

    Géographie de la Nouvelle-Orléans

    Etablie en longueur sur la rive nord du Mississippi à 180 km de son embouchure, la ville est encadrée par les lacs Pontchartrain, au nord, et Borgne, à l’est, ce dernier débouchant sur le golfe du Mexique.

     

    Vue aérienne de la Nouvelle-Orléans

    Vue aérienne de la Nouvelle-Orléans en février 2007. By Kla 4067 .

    Une grande partie de la ville est située en dessous du niveau de la mer.

    A partir de son établissement initial, la ville s’est étendue vers l’est. Elle était protégée par des digues qui ont cédé lors du passage du cyclone Katrina en août 2005.

    Architecture coloniale de la Nouvelle-Orléans

    Architecture coloniale de la Nouvelle-Orléans. (The Louisiana Photograph Collection. ST Blessing) . Library of Congress

    La Nouvelle-Orléans est presque une île qui est soumise à de terribles intempéries.

    Avant cette catastrophe, la Nouvelle-Orléans était la destination touristique préférée des américains.

    Histoire de la Nouvelle-Orléans

    La ville a été fondée par les Français à partir de 1718 et cela non sans difficulté. Effectivement, la Nouvelle-Orléans a toujours subi de nombreuses catastrophes. Déjà en 1722, un cyclone dévasta une partie de la ville.

    Pour peupler cette nouvelle colonie lointaine, la royauté française ne s’embarrassa pas de scrupules. Elle déporta tout simplement ceux dont elle ne voulait pas et notamment de nombreuses prostituées.

    Saint Charles Hôtel. Nouvelle Orléans

    Saint Charles Hôtel. (The Louisiana Photograph Collection. W.H Leeson) . Library of Congress

    Epidémies et mauvaises conditions d’hygiène firent des ravages au sein des colons. Les Indiens se mêlèrent à cette population ce qui fit de la Nouvelle-Orléans une ville cosmopolite aux mœurs très libres pour l’époque.

    La Nouvelle-Orléans devint la capitale de Louisiane française en 1722.

    En 1763, la colonie est vendue aux Espagnols qui ne se sont jamais véritablement implantés là-bas.

    Décidément malchanceuse, la ville subit plusieurs incendies dont l’un le jour de Pâques 1788.
    Suite au second incendie de 1794, le bois est remplacé par la brique et des règles d’urbanisme sont imposées.

    Nouvelle Orléans. Quartier français

    Quartier français en 2007. By Old Shoe Woman . (CC BY-NC-ND 3.0)

    C’est en 1800 que la Nouvelle-Orléans redevient française mais pour peu de temps puisque Napoléon revend la ville aux Etats-Unis en 1803 pour 80 millions de francs.

    Il est à noter que jusqu’en 1803, le français était la langue officielle à laquelle se rajoutait le créole pour la population noire.

    Malgré les épidémies, la population augmente très rapidement. La Nouvelle-Orléans a toujours été une ville très peuplée. Avant août 2005, elle hébergeait un dixième des habitants de la Louisiane soit environ 783 000 habitants (intra-muros + agglomération).

    Drapeau de la Nouvelle-Orléans

    Drapeau de la Nouvelle-Orléans. Licence

    Le fond blanc exprime l'honnêteté du gouvernement, une bande rouge symbolise la fraternité, une bande bleue la liberté. Les couleurs rappellent les couleurs des drapeaux américains et français. Les trois fleurs de lis or sont là en souvenir de l'origine française.

    A une époque où la traite des Noirs était une véritable économie, le port de la Nouvelle-Orléans servait de plaque-tournante pour ce trafic d’êtres humains.

    La ville fut prise très tôt par les Nordistes au début de la guerre de  Sécession sans combat, ni destruction.

    Economie de la Nouvelle-Orléans et tourisme

    C’est l’un des plus importants ports américains et le premier pour le caoutchouc. C’est également un grand centre chimique (pétrole, sel, soufre).
    Cependant, l’industrie est secondaire par rapport au tourisme. En effet, l’activité industrielle a beaucoup décliné au XXe siècle.

    Cathédrale Saint-Louis

    Cathédrale Saint-Louis. C'est la plus ancienne cathédrale des Etats-Unis. By Little Koshka

    En effet, c’est à la Nouvelle-Orléans qu’est né le jazz. Cosmopolite, la ville mélange diverses traditions.

    Le New Orleans Carnival culmine le Fat Tuesday (Mardi gras) avec la Rex Parade. 500 manifestations et festivals sont organisés chaque année.

    Jazz à la Nouvelle Orléans

    Jazz à la Nouvelle-Orléans en 1989. By Brenda Anderson . (CC BY-NC-ND 3.0)

    Mais, le tourisme et les activités culturelles ont surtout profité aux Blancs.

    Parmi les quartiers et rues célèbres, on trouve le Vieux carré ou Quartier français ainsi que Bourbon street qui est la principale artère commerçante et touristique.

    Bourbon street. Nouvelle Orléans

    Bourbon street. By Old Shoe Woman . (CC BY-NC-ND 3.0)

    La ville héberge également le Metairie Cemetery qui est un cimetière datant de la guerre de Sécession.
    Le Confederate Civil War Museum est lui consacré à la guerre de Sécession.

    Cimetière de la guerre de Sécession. Nouvelle Orléans

    Metairie Cemetery. By Dystopos . (CC BY-NC-ND 3.0)

    Les 2,2% d’Hawaïens qui vivaient dans cette ville ont apporté avec eux leurs croyances et notamment le Vaudou.
    L’Historic Voodoo Museum retrace la culture et l’histoire du Vaudou.

    masque rituel vaudou

    Masque rituel vaudou (Historic Voodoo Museum). By Max Sparber. (CC BY-NC-ND 3.0)

    Bien sûr, le jazz est omniprésent avec un Musée qui lui est consacré : le Old US Mint

    De grandes inégalités au sein de la population

    Au XXe siècle, la population intra-muros a décliné au profit de banlieues résidentielles. Les Blancs s’y sont installés tandis que les Noirs occupent les quartiers défavorisés centraux.

    En 2004, la population était constituée de 67,9% de Noirs et seulement 28% de Blancs. C’était également l’une des villes les plus pauvres des Etats-Unis.

    Nouvelle Orléans

    Quartiers réservés aux Noirs avant août 2005. By Patriarca 12 . (CC BY-NC-ND 3.0)

    La catastrophe due au passage du cyclone Katrina le 29 août 2005 n’a fait que souligner ces inégalités.
    En effet, la rupture des digues a entraîné l’inondation de 80% de la ville mais ce sont les quartiers Noirs qui ont été les plus touchés.

    Nouvelle Orleans en septembre 2005

    Vue aérienne de la Nouvelle-Orléans inondée le 2/09/2005. By Ross Mayfield . (CC BY-NC-ND 3.0)

    Le bilan humain a été très lourd avec 700 morts et 2000 disparus.
    Aujourd’hui, la survie de la ville est toujours en jeu. Un an après les évènements, seul un tiers de la population était revenue.
    6 entreprises sur 7 ont fermé leurs portes.
    En outre, les polémiques ont fait rage sur la volonté de la municipalité d’exclure les plus pauvres de la reconstruction.
    Certains politiques semblent rêver d’une nouvelle ville de Blancs aux revenus aisés.

    Enfin, le débat, aux Etats-Unis, n’est pas clos quant à savoir pourquoi l’Etat a ignoré cette catastrophe si prévisible et programmé par les experts.

    V.Battaglia (12.10.2007)

     

    Références et liens externes

    La Nouvelle-Orléans, Atlas en carte, éditions Atlas 2006
    Encyclopédie Larousse, 2006

    Site officiel de la Nouvelle Orléans (en anglais)
    L'histoire de la Nouvelle-Orléans (en anglais)

     

    Réserves Naturelles:  La Nouvelle-Orléans

     

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    Les Everglades
     
     

    Région marécageuse de 10 000 km², située à la pointe sud de la Floride, les Everglades étaient autrefois un paradis pour la faune et la flore tropicales.
    Alternant prairies et marais, les Everglades comptent une myriade de petites îles. Ce parc national est surtout connu pour son hôte peu accueillant : l’alligator du Mississippi. Bien qu’il ait failli disparaître, il reste le plus grand prédateur des Everglades.

     

     

     

    Présentation des Everglades

     

    Les tribus Miccosukee et Seminole, qui peuplaient la région, avaient baptisé leur terre Pa-may-okee « fleuve d’herbe ».

     

    « Il n’existe rien d’équivalent aux Everglades dans le monde », affirmait Marjory Stoneman Douglas en 1947, année de l’inauguration du site en tant que parc national.
    Dans son ouvrage The Everglades : River of Grass, elle décrit avec respect et tendresse ce remarquable phénomène du sud de la Floride, qui n’est pas un fleuve au vrai sens du terme.

     

    Everglades

    Une partie du Parc des Everglades. © Emme Interactive

     

    Le « Fleuve d’Herbe » est un cour d’eau peu profond qui s’écoule sur 200 km entre le lac Okeechobee et la baie de Floride. Il peut atteindre une largeur de 80 km et c’est l’unique écosystème tropical d’Amérique du Nord.
    Le Fleuve d’Herbe avance de 30 mètres par jour avec une profondeur maximum de 3 mètres au centre.

     

    Everglades

    Les Everglades possèdent un écosystème unique au monde. © dinosoria.com

     

    Cette région est riche d’une végétation tropicale où poussent palmiers, pins, chênes ainsi qu’un épais tapis de graminées pouvant atteindre 5 mètres de haut. L’ensemble forme un enchevêtrement inextricable.
    En bordure des Everglades se trouvent également de vastes mangroves, où les racines aériennes des arbres semblent sortir directement de la vase.

     

    Ces mangroves produisent de fantastiques masses de détritus organiques, près de 30 tonnes par an et par hectare, qui sont à la base d’un nombre important de chaînes alimentaires.


    De fait, la Floride abrite des milliers d’espèces animales et plus de 300 espèces d’oiseaux y ont déjà été observées.

     

    Les Everglades

    Plus de 300 espèces d'oiseaux habitent aux Everglades. By Mark A. Vargas . (CC BY-SA 3.0)

     

    Les Everglades abritent l’un des plus riches éventails d’animaux qui soient au monde. Certaines espèces, extrêmement rares, sont endémiques à cette région.

     

    Du centre d’accueil de Royal Palms, une promenade de passerelles en bois, connue sous le nom d’Anhinga Trail, traverse l’étendue herbeuse au-dessus de l’eau.
    Des poissons nagent autour des pierres, des alligators guettent les tortues d’eau douce et des hérons se tiennent à l’affût prêts à fondre sur les poissons.

     

    Jeune alligator du Mississippi

    Jeune alligator du Mississippi . © dinosoria.com

     

    Lors d’une excursion en bateau de Flamingo aux marécages de Whitewater Bay, on peut se frayer un passage à travers les racines enchevêtrées des palétuviers.
    La mangrove protège contre l’érosion et constitue une zone de frai. Sur chaque langue de plage, crocodiles et alligators paressent nonchalamment.

     

    Le déclin des Everglades

     

    Paradoxalement, le moment où l’on a reconnu l’importance des Everglades a coïncidé avec son inexorable déclin.
    En 1947, lors de la création du parc, le sud de la Floride comptait 500 000 habitants.

     

    Quand les autorités de l’Etat ont lancé un cri d’alarme en 1985, la région en comptait 6 millions et l’industrialisation avait déjà exercé des ravages.

     

    Les Everglades avaient alors réduit d’un cinquième, 14 espèces animales risquaient de s’éteindre et toute la faune aquatique était contaminée par le mercure.

     

    Everglades

    L'équilibre des Everglades est très fragile. © dinosoria.com

     

    L’inscription des Everglades sur la Liste du patrimoine mondial en péril en 1993 a permis d’allouer des dizaines de millions de dollars à l’un des plus grands projets de restauration écologique du monde.
    Cependant, la situation est toujours compromise.

     

    On rencontre encore environ 800 espèces animales, aquatiques et terrestres. C’est le destin des lamantins qui cause le plus de préoccupation.


    La situation de nombreux échassiers est grave : leur population a diminué de 93% au cours des cinquante dernières années.

     

    Everglades

    La situation des Everglades est toujours compromise. By minds-eye . (CC BY-SA 3.0)

     

    La situation des reptiles et amphibiens est bien meilleure. Le roi incontesté des Everglades est bien sur l’alligator américain.


    Mais, en réalité, les touristes ont bien plus à craindre de l’assaut des 43 espèces de moustiques qui prolifèrent en pondant chaque été 100 000 œufs au mètre carré.
    Eux aussi sont protégés, au grand désespoir des visiteurs, car ils constituent un maillon fondamental de la chaîne alimentaire.

     

    Le puma de Floride

     

    Autrefois, d’importantes populations d’une sous-espèce spécifique de pumas, Felis concolor coryi, habitaient les Everglades.


    L’animal, baptisé « panthère de Floride » a été protégé à partir de 1958 et élevé au rang d’animal officiel de la Floride en 1982.


    Malheureusement, la protection est intervenue trop tard. Il ne reste qu’une petite population de 30 individus dont la moitié est munie de colliers émetteurs.

     

    Puma de Floride

    Puma de Floride . By Monica R. (CC BY-SA 3.0)

     

    Cette quasi extinction résulte pour une bonne part de la politique d’assèchement des marais développée au 20è siècle afin de favoriser le développement du tourisme et de l’agriculture. L’équilibre écologique de vastes zones semble avoir été irrémédiablement affecté.

     

    Aujourd’hui, plusieurs actions de repeuplement de pumas et de jaguarondis sont en cours, sans que les résultats soient réellement probants.

     

     

    Le lamantin de Floride

     

    Ce lamantin (Trichechus manatus latirostris) vit à proximité de la péninsule de Floride. Cette péninsule s’enfonce sur 800 km dans l’océan Atlantique qu’elle sépare du Golfe du Mexique. Sur la côte ouest de la péninsule, sur le Crystal river, s’est créé un refuge pour lamantins.

     

    Discret, le lamantin attend souvent la tombée de la nuit avant d’entamer son dîner. Le qualificatif de « vache marine » s’applique parfaitement aux lamantins.
    Herbivores presque exclusifs, ils broutent les fonds marins.

     

    Un lamantin en Floride. By Naufragio . (CC BY-SA 3.0)

     

    L’appétit vorace des lamantins a suggéré aux scientifiques un emploi : le nettoyage des fonds marins.
    Coopératifs et dociles, les lamantins pouvaient effectivement, en théorie, être employés au nettoyage des rivières envahis par la végétation.

     

    En Guyane, à partir des années 1950, près de 200 lamantins en semi-captivité ont démontré dans cette tache une réussite incontestée.

     

    S’inspirant de cette méthode, Mexique et Etats-Unis décidèrent d’utiliser les lamantins comme « désherbants » de voies d’eaux……sans guère de succès.
    Ils avaient surestimé les capacités de ces animaux à supporter des eaux trop froides.

     

    Lamantin

    Lamantin. By Smudgie's Ghost . (CC BY-SA 3.0)

     

    En Floride, la température de l’eau est toujours au-dessus de 17°C. Le froid ne s’installe qu’à partir de janvier jusqu’en avril environ.

     


    Les lamantins migrent alors vers des eaux plus clémentes.

     

    Le lamantin d’Amérique du Nord n’a jamais été chassé pour sa viande comme les trois autres espèces.

     

    Par contre, son habitat ne cesse de se restreindre. De plus, on compte plus de 700 000 licences de bateaux à moteur en Floride. Les lamantins vivent en eau peu profonde. Leur peau est couverte de cicatrices dues aux hélices de bateaux.


    Les collisions sont de loin la principale cause de mortalité chez le lamantin de Floride.

     

    Lamantin

    Lamantin. © dinosoria.com

     

    Malgré ces conditions précaires, cette espèce est la plus protégée. Il y a une mobilisation générale pour sauver ce frileux et paisible mammifère.

     

    Les responsables des centrales électriques déversent en continu des eaux artificiellement chauffées, créant ainsi des refuges thermiques.

     

    D’année en année, les lamantins ont ainsi pris l’habitude de migrer vers ces sites. Au cours d’hivers rigoureux, des rassemblements de 200 animaux ne sont pas rares.

     

    La population de lamantins en Floride est estimée à environ 1 200 individus.

     

     L’alligator du Mississippi (Alligator mississippiensis)

     

    Cet alligator, également appelé alligator américain, est le crocodilien le mieux connu. C’est aussi un animal dont la préservation à l’état sauvage est une véritable réussite.
    Depuis que le braconnage et la chasse, où plutôt un massacre pour sa peau ont cessé, les effectifs ont remonté.

     

    Le record de longueur dépasse 5,80 m. Toutefois, aujourd’hui, les mâles atteignent rarement 4,30 m.

     

    Nouveau-né alligator du Mississippi

    Nouveau-né alligator du Mississippi. © dinosoria.com

     

    En Floride et en Louisiane, on trouve des fermes et des ranchs d’alligators à vocation commerciale. La peausserie qui est contrôlée génère plus de 10 millions de dollars de chiffre d’affaires par an.

     

    On peut contester cette pratique. Cependant, ces revenus importants sont la principale motivation pour préserver l’habitat de ces animaux, et à tolérer leur présence dans des zones habitées.

     

    Sans l’exploitation commerciale, l’alligator du Mississippi ne serait probablement plus là, tant la tuerie qui a culminé après la guerre de Sécession (1865) pour perdurer jusqu’au début du XXe siècle a été intensive.

     

    Alligator du Mississippi

    L'alligator est essentiel à l'équilibre des Everglades. © dinosoria.com

     

    L’alligator est essentiel à l’équilibre des Everglades. Lors de la saison sèche, il creuse dans la boue des marais des dépressions avec sa queue, son museau et ses pattes.

     

    Ces trous deviennent de petites mares pouvant avoir plus de 6 m de diamètre. Bientôt, avec le pourrissement de la végétation, les trous favorisent la croissance d’une végétation luxuriante. Avec le temps, le trou d’alligator devient le centre d’une île entourée d’arbres.

     

    Il offre un sanctuaire pour l’alligator et pour de nombreux animaux aquatiques, qui sans lui, risqueraient de mourir.
    La chaîne alimentaire, malgré la sécheresse, peut ainsi perdurer. Dès que la pluie revient, cette vie préservée, va pouvoir repeupler les marécages.

     

    C’est pour cela que l’alligator du Mississippi a été qualifié de gardien des Everglades.

     

    Les Everglades en sursis

     

    Les Américains revendiquent à juste titre un rôle de pionnier dans la politique de protection du patrimoine naturel.


    Les Everglades sont un poids sur leur conscience. Cette région extraordinaire n’a suscité leur intérêt que très tardivement.


    A leurs yeux, il s’agissait d’une région inhospitalière envahie de moustiques et de reptiles dangereux.

     

    Les Everglades

    Tourisme dans les Everglades. By turtlemom4bacon . (CC BY-SA 3.0)

     

    Aujourd’hui, la prise de conscience est réelle et le désir de sauver l’écosystème de ce parc de 600 000 hectares sincère.

     


    Cependant, c’est un écosystème fragile et malgré tous les efforts fournis, la situation est toujours préoccupante.

     

    V.Battaglia (30.03.2006)

     

    Références

    Les Sites naturels, éditions Gründ 2003. Sanctuaires sauvages, éditions Artémis 2002. Le Lamantin, collection Marshall Cavendish. Le Puma, collection Marshall Cavendish. Crocodiles et Alligators de John et Deborah Behler, éditions Nathan.

     

     

     

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