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    En bref : cancer cérébral chez l’enfant, enfin un espoir

     

     

    Grâce au séquençage complet d’une tumeur cérébrale mortelle chez l’enfant, des chercheurs ont pu identifier une mutation impliquée dans le développement de cette maladie. Cette découverte pourrait être le point de départ de nouveaux traitements.

     
     

    Les cancers du cerveau sont relativement rares, mais ils sont souvent mortels. Les tumeurs malignes cérébrales les plus courantes sont les gliomes, dans lesquels des cellules dites névrogliques, qui sont des cellules de soutien des cellules nerveuses, deviennent cancéreuses. Une nouvelle piste pour soigner les gliomes chez l’enfant vient d’être découverte. © jj_judes, Flickr, cc by nc nd 2.0

    Les cancers du cerveau sont relativement rares, mais ils sont souvent mortels. Les tumeurs malignes cérébrales les plus courantes sont les gliomes, dans lesquels des cellules dites névrogliques, qui sont des cellules de soutien des cellules nerveuses, deviennent cancéreuses. Une nouvelle piste pour soigner les gliomes chez l’enfant vient d’être découverte. © jj_judes, Flickr, cc by nc nd 2.0

     
     

    Les gliomes du tronc cérébral sont la première cause de mortalité par cancer du cerveau chez l’enfant. Ils se trouvent à la jonction du cerveau et de la moelle épinière, où se situent de nombreuses fonctions importantes comme la vision, l’équilibre, la force motrice, la déglutition ou encore laparole. Entre 30 à 40 nouveaux cas sont recensés chaque année en France chez des enfants de cinq à huit ans. Cependant, ils ne sont pas opérables, car la tumeur infiltre le tissu cérébral. Le seul traitement actuel repose sur la radiothérapie, mais la plupart des patients décèdent dans les deux ans. Depuis plus de 40 ans, aucun progrès thérapeutique n’a été observé.

    Cela pourrait bientôt changer. En effet, une équipe franco-britannique vient de réaliser le séquençage complet d’une tumeur avant qu’elles soient altérées par la radiothérapie et a récolté des informations précieuses sur cette maladie. Les résultats prometteurs sont publiés dans la revue Nature Genetics.

    Plusieurs mutations du gène Acvr1 ont été mises en évidence. Des modifications dans ce gène ont été retrouvées dans la maladie de l’homme de pierre, une pathologie qui enferme progressivement le corps humain dans un second squelette et empêche rapidement les patients de se mouvoir. Mais c’est la première fois que de telles mutations sont retrouvées pour un cancer. Ce gène constitue donc une nouvelle cible thérapeutique pour laquelle des inhibiteurs spécifiques sont en cours de développement. « C’est une étape importante pour les enfants atteints par cette terrible maladie, explique Jacques Grill, l’un des auteurs. Elle donne l’espoir de mettre en place de nouveaux traitements plus efficaces. »

     

    Santé:  cancer cérébral chez l’enfant, enfin un espoir

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    Les bienfaits des œufs pour la santé

     

    par Vicki Karigiannis
     

    publié le 14 avril 2014 

    Dégustez-les au déjeuner, jusqu’au souper!


    Les œufs sont délicieux au déjeuner, en plus d’être un ingrédient versatile. Mais sont-ils bons pour la santé? Plusieurs se le demandent. On a donc discuté avec Kim Kesseler, agente de nutrition chez les Producteurs d’œufs du Canada, qui nous a expliqué pourquoi la portion quotidienne recommandée par le Guide alimentaire canadien fait partie d’un régime équilibré. Et on vous offre trois recettes uniques qui vous feront assurément craquer!



    Les œufs et votre santé


    Ces dernières années, les œufs ont eu mauvaise réputation. C’est qu’ils contiennent du cholestérol, tout comme les autres sources de protéines animales. Par contre, Kesseler souligne que «les recherches démontrent que le cholestérol alimentaire, comme celui qu’on retrouve dans les œufs, a très peu d’effet sur le taux de cholestérol dans le sang.» Donc, pour un adulte en santé, les œufs peuvent être dégustés au quotidien sans craindre d’augmenter les risques de maladies cardiaques.

    Dans les œufs, on retrouve 6 g de protéines de grande qualité et 14 vitamines et minéraux, comme les vitamines A, B12, D, le fer, l’acide folique et la choline, laquelle stimule le développement du cerveau. De plus, Kesseler nous explique que «la moitié des éléments nutritifs de l’œuf se retrouve dans le jaune.» Donc si vous êtes de celles qui jetez le jaune de vos œufs à la coq, ou qui préfèrez les omelettes faites avec les blancs d’œuf uniquement, sachez que vous vous débarassez alors de vitamines et minéraux importants précieux.

    Voici quelques suggestions offertes par notre experte pour apprêter les œufs sans y ajouter du gras: préparer des œufs pochés, cuits durs, brouillés ou frits dans une poêle antiadhésive. Kesseler recommande également de ne pas utiliser de sel et de plutôt les assaisonner «avec des herbes fraîches et vos épices préférées.»



    Choisir l’œuf parfait


    Même si la variété d’œufs offerts en supermarché semble très vaste, rassurez-vous: «ils sont tous produits selon les mêmes standards de qualité.»

    Tous les œufs canadiens sont frais et produits localement; Kesseler suggère de rechercher le symbole de la feuille d’érable sur laquelle figure la lettre «A» à l’intérieur du carton. «Ce symbole indique qu’il s’agit d’œufs canadiens de la plus haute qualité», explique-t-elle. De plus, «la date de péremption étampée sur le carton indique pendant combien de temps les œufs maintiendront cette qualité maximale.»



    Recettes eggsquises



    Préparation


    Chauffer l'huile à feu moyen dans une poêle antiadhésive. Ajouter les oignons verts et l'ail; cuire, en remuant fréquemment, jusqu'à ce qu'ils soient tendres mais non brunis. Ajouter les carottes; cuire jusqu'à ce qu'elles soient tendres mais croustillantes, environ 2 minutes de plus. Retirer du feu.

    Dans un grand bol, fouetter les œufs. Ajouter le fromage, la semoule de maïs, le basilic, la muscade et le poivre dans un grand bol; battre au fouet pour bien mélanger. Incorporer la préparation aux carottes.

    Vaporiser d'aérosol de cuisson 12* ou 24 moules à muffins de 1 1/2 po (4 cm). Déposer environ 1 c. à table (15 ml) de la préparation aux carottes dans chaque moule à muffins. Cuire au four préchauffé à 325 °F (160 °C) jusqu'à ce que pris, environ 15 minutes.

    Laisser tiédir 2 minutes. Démouler. Servir chaud.

    *Si vous n'avez qu'un moule à muffins de format mini, faire cuire que la moitié de la préparation à la fois et conserver l'autre moitié au réfrigérateur. 



    Préparation


    Dans un bol moyen, bien mélanger les œufs, le céleri, la mayonnaise et le poivre.

    Placer un petit morceau de laitue sur la partie inférieure de chaque pain et garnir ensuite de salade aux œufs, en la divisant en huit parts égales.

    Couronner la salade aux œufs d'une tranche de fromage, de tomates et de cornichons. Ajouter l'autre moitié du pain pour former un burger.

    Servir avec du ketchup et de la relish, si désiré.



    Préparation


    Couper les œufs en deux sur la longueur. Retirer les jaunes et les mettre dans un bol moyen; mettre les blancs d'œufs de côté.

    Écraser les jaunes à la fourchette; incorporer le saumon, la mayonnaise, l'aneth, les câpres, la dijonnaise, le jus de citron et le poivre. À l'aide d'une cuillère ou d'une poche à glaçage, farcir les moitiés de blancs de la préparation de jaunes. Garnir de saumon fumé et/ou d'aneth, si désiré.

    Servir immédiatement ou garder au réfrigérateur, dans un récipient couvert. Servir en moins de deux jours.

    Ces recettes sont offertes par les Producteurs d’œufs du Canada

     

     

    Santé:  Les bienfaits des œufs pour la santé

     

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    L'hormonothérapie, efficace et sécuritaire

     

    L'hormonothérapie est efficace et sécuritaire pour diminuer les bouffées de chaleur et les problèmes associés à la perte hormonale. Et plus l’hormonothérapie est commencée tôt, plus elle procure des bénéfices.

     

    L'hormonothérapie, efficace et sécuritaire

    iStockphoto.com

     

    Pour pallier les effets de la perte hormonale liée à la ménopause et atténuer les symptômes, les médecins recommandent habituellement l’hormonothérapie de remplacement (HTR), qui consiste en l’administration d’oestrogène et de progestérone sous diverses formes. 

    Le hic: depuis que l’étude américaine Women’s Health Initiative (WHI) a conclu, en 2002, que l’HTR pouvait augmenter les risques de cancer du sein et causer des accidents cardiovasculaires, les femmes hésitent à y recourir. À tort. «L’étude a créé un vent de panique, explique la Dre Sylvie Demers, qui est aussi biologiste, chercheuse, fondatrice du Centre ménopause-andropause Outaouais et auteure du livre Hormones au féminin: repensez votre santé. Pourtant, après analyse, on se rend compte qu’il n’y a rien d’alarmant. D’abord, il faut savoir que plus de 60% des participantes avaient au-delà de 60 ans au début de l’étude, et qu’elles présentaient des problèmes de santé. De plus, la dose d’hormones prescrite était relativement forte, ce qui n’est pas le cas dans la réalité. 

     

    Enfin, l’étude a démontré que ce sont les progestines provera, des substances artificielles, et non les oestrogènes, qui augmentaient le risque de cancer du sein. L’acétate de médroxyprogestérone était aussi dommageable, ce qu’on savait déjà. Il faut donc simplement choisir les bonnes hormones pour éviter les effets nocifs. En ce domaine, les hormones féminines bio-identiques se démarquent. Il s’agit de l’oestradiol-17 beta transdermique et de la progestérone micronisée administrée par voie orale.

     

    Produites à partir des stérols de la fève de soja, elles ont la même formule chimique que celles d’origine humaine et, par ricochet, se comportent de la même façon dans l’organisme. Bien dosées, elles sont très efficaces pour diminuer non seulement les bouffées de chaleur, mais aussi les problèmes associés à la perte hormonale, et ce, de façon sécuritaire. Sans compter que les formules transdermiques minimisent grandement les risques. Des études cliniques ont en effet démontré que l’oestradiol-17B transdermique à doses d’hormonothérapie n’accroît pas le risque de thrombo-embolie veineuse, même chez des femmes ayant une prédisposition génétique, comme le font les oestrogènes pris par voie orale.» 

    Autre bonne raison de ne pas lever le nez sur l’HTR: son effet sur la longévité. «L’an dernier, des chercheurs japonais ont obtenu des résultats stupéfiants: de vieilles souris auxquelles on avait greffé des ovaires de jeunes souris adultes se sont mises à rajeunir et ont vécu plus de 40% plus longtemps que les souris témoins, raconte la Dre Demers. Or, on sait que l’ablation des ovaires, pour des raisons autres que le cancer des ovaires, diminue de façon significative l’espérance de vie si les femmes ne prennent pas d’hormones, peu importe l’âge auquel l’intervention est effectuée, même chez les femmes ménopausées. Plus l’ablation est précoce, plus l’espérance de vie est réduite. Les hormones ont donc un effet positif sur la durée de vie.» 

     

    Le plus difficile au début, c’est de trouver le bon dosage. Mais on y arrive. Et plus l’hormonothérapie est commencée tôt – idéalement en périménopause –, plus elle procure des bénéfices. Cela dit, il n’est jamais trop tard pour s’y mettre. Parlez-en à votre médecin. Il vous aidera à prendre une décision éclairée. Enfin, sachez que la prise d’hormones n’est plus limitée à 5 ans comme auparavant. On connaît mieux ces substances et on les prescrit à des doses beaucoup plus faibles qu’autrefois, ce qui réduit les risques. Un bon suivi médical fera le reste. 

     

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    Premier succès du clonage thérapeutique humain chez des adultes

     

    En mai 2013, des scientifiques avaient réussi à créer des cellules souches embryonnaires par clonage thérapeutique, mais uniquement depuis des cellules d’un nouveau-né. Cette fois, des concurrents ont réussi la même performance, avec deux hommes de 35 et 75 ans, en changeant légèrement le protocole.

     

     

    Les cellules souches embryonnaires constituent l’un des outils majeurs de la médecine régénérative, qui sera probablement en mesure de réparer les organes malades, voire d’en faire pousser intégralement en laboratoire. Désormais, les scientifiques savent les obtenir à partir de cellules de la peau par des techniques de clonage thérapeutique. © Eugene Russo, Plos One, cc by 2.5

    Les cellules souches embryonnaires constituent l’un des outils majeurs de la médecine régénérative, qui sera probablement en mesure de réparer les organes malades, voire d’en faire pousser intégralement en laboratoire. Désormais, les scientifiques savent les obtenir à partir de cellules de la peau par des techniques de clonage thérapeutique. © Eugene Russo, Plos One, cc by 2.5

     
     
     

    Certains en ont douté, mais ils l’avaient bel et bien fait. Il y a un an, en mai 2013, une étude menée par Shoukhrat Mitalipov, de l’université de la santé et des sciences de l’Oregon (OHSU, États-Unis) aboutissait aux premières cellules souches embryonnaires obtenues par clonage thérapeutique, à partir de cellules provenant d'un nouveau-né de huit mois. Une petite révolution qui avait été doucement contestée, puisqu’un anonyme avait repéré quelques anomalies dans les figures. Le premier concerné se défendait de toute fraude scientifique, dans un domaine de recherche qui n’en est pas exempt : il n’y a qu’à se rappeler de l’annonce des membres raëliens de Clonaid en 2002, pour laquelle aucun élément probant n’a été apporté, ou de la duperie avérée du chercheur coréen Hwang Woo-suk en 2004.

    Se posait alors une question : pourquoi réussir avec un bébé et toujours échouer avec des adultes ? La qualité cellulaire déclinant avec le temps, certains scientifiques pensaient que seules les cellules les plus jeunespouvaient supporter la manipulation. Mais c’était avant que Robert Lanza, responsable scientifique de la société Advanced Cell Technology et épaulé par des chercheurs de l’université de Séoul (Corée du Sud), réussisse cette performance, confirmant ainsi le bien-fondé des résultats de Shoukhrat Mitalipov et allant même un peu plus loin, comme montré dans la revue Cell Stem Cell.

     

    Des embryons obtenus depuis des cellules adultes

    Le principe est simple à comprendre, mais difficile à mettre en place. Des cellules de la peau sont prélevées chez des volontaires. Le noyau est retiré et inséré dans un ovocyte préalablement énucléé issu d’une donneuse. On obtient donc un genre d’embryon, non issu de la fusion de deux gamètes, dont il est malgré tout possible de provoquer les divisions par stimulationvia un courant électrique. Reprenant la subtilité du protocole de Shoukhrat Mitalipov, un supplément de caféine est ajouté afin de mieux stabiliser le système biologique.

    Ce schéma récapitule la méthode utilisée. Après énucléation (enucleation) de l’ovocyte (oocyte), on insère le noyau d’une cellule somatique (ici, cellule de peau adulte, fibroblast from elderly adult) dans le gamète féminin par les techniques de transfert nucléaire (SCNT). Après deux heures d’attente, les divisions cellulaires sont stimulées, jusqu’au stade blastocyste (blastocyst), à partir duquel on peut récupérer les cellules souches embryonnaires (NT-hESC), utiles pour réparer n’importe quel tissu de l’organisme.
    Ce schéma récapitule la méthode utilisée. Après énucléation (enucleation) de l’ovocyte (oocyte), on insère le noyau d’une cellule somatique (ici, cellule de peau adulte, fibroblast from elderly adult) dans le gamète féminin par les techniques de transfert nucléaire (SCNT). Après deux heures d’attente, les divisions cellulaires sont stimulées, jusqu’au stade blastocyste (blastocyst), à partir duquel on peut récupérer les cellules souches embryonnaires (NT-hESC), utiles pour réparer n’importe quel tissu de l’organisme. © Chung et al.Cell Stem Cell

    Mais une différence demeure malgré tout par rapport à l’expérience de leur collègue de l’Oregon. En tout, les manipulations ont été effectuées sur 77 ovocytes : 38 ont été stimulés 30 minutes après l’injection du noyau, et les 39 autres ont subi le choc deux heures après la mise en contact. Les auteurs ont supposé qu’augmenter les délais conférerait à l’ADN davantage de temps pour s’acclimater à son nouvel environnement et améliorerait ainsi l’efficacité de cette technique de clonage.

    Bingo ! Dans le premier cas de figure, aucune cellule n’a pu franchir les étapes souhaitées, jusqu’au stade blastocyste. En revanche, 2 embryons du groupe des 39 sont arrivés au terme du processus : l’un était issu d’une cellule de la peau d’un homme de 35 ans, l’autre provenait d’un senior de 75 ans, tandis que les deux ovocytes avaient été donnés par une même femme. Les scientifiques ont alors pu extraire les cellules souches embryonnaires, les seules cellules naturellement capables de se différencier en n’importe quel tissu.

     

    Le clonage thérapeutique, l’alternative aux cellules souches induites

    Certes, le taux de réussite (5 %) est faible, mais cette découverte révèle que le processus est faisable. Dans quel but ? C’est là que les inquiétudes surviennent. Pourra-t-on faire naître un être humain cloné ? La communauté scientifique se veut rassurante et estime que nous ne possédons pas encore les moyens techniques pour réussir une telle performance. Ainsi, de telles recherches permettent d’outrepasser les limites éthiques du prélèvement de cellules souches dans des embryons humains, impliquant la destruction de l’embryon. Et même mieux !

    Avec la médecine régénérative, les scientifiques espèrent réparer des organes défaillants directement à l’aide de ces cellules pluripotentes. La première technique validée, basée sur des fécondations in vitro, demeure imparfaite car le génome des cellules injectées est différent de celui du receveur. Or, par cette technique de clonage thérapeutique, les scientifiques pensent s’affranchir du problème de rejet, et ainsi offrir une alternative plus intéressante.

    Néanmoins, il faut rappeler qu’une autre voie suscite beaucoup d’espoir : celle des cellules souches pluripotentes induites, qui ont valu un prix Nobel de médecine à son instigateur, Shinya Yamanaka. Par quelques opérations génétiques, des cellules de la peau redeviennent pluripotentes. Cette technique va être testée grandeur nature chez des êtres humains et a donc un temps d’avance. Mais elle pourrait ne pas être exempte de risques, notamment de mutations induisant le cancer. Il est donc bienvenu de disposer d’une troisième solution.

     

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    Les lipides seraient des drogues pour le cerveau

     

    Pourquoi se lève-t-on beaucoup plus facilement pour combler une envie de chocolat que pour des légumes ? Selon des chercheurs français, les triglycérides seraient les responsables. Ces corps gras agiraient sur le circuit de la récompense du cerveau, celui-là même qui régit le phénomène de dépendance aux drogues.

     

     
     

    Impossible de résister à l’appel du fondant au chocolat… Des chercheurs ont montré que les lipides agiraient de la même manière que les drogues dans le cerveau. © Pablo Monteagudo, Flickr, cc by nc sa 2.0

    Impossible de résister à l’appel du fondant au chocolat… Des chercheurs ont montré que les lipides agiraient de la même manière que les drogues dans le cerveau. © Pablo Monteagudo, Flickr, cc by nc sa 2.0

     
     

    Si l'acte de manger répond à un besoin biologique, il recouvre également une fonction culturelle et sociale essentielle. En effet, le repas est généralement associé à une forte notion de plaisir, un sentiment qui nous pousse vers la nourriture, parfois dangereusement. Ainsi, chaque année dans le monde, 2,8 millions de personnes meurent des conséquences de l'obésité. Cela est essentiellement dû à un déséquilibre entre le nombre de calories consommées et celles dépensées. La vie sédentaire associée à l'abondance de denrées sucrées et grasses offre un terrain fertile à cette maladie mortelle.

    L'organisme utilise les sucres et les graisses comme des sources d'énergie. Bien que le cerveau consomme uniquement du glucose, il possède une enzyme capable de décomposer les triglycérides, des lipides notamment issus de l'alimentation. Pourquoi ? C’est sur cette question que s'est penchée une équipe du CNRS dirigée par Serge Luquet. Les résultats, publiés dans la revue Molecular Psychiatry, mettent en évidence un lien entre les fluctuations de concentration de triglycérides et l'élaboration du circuit de la récompense dans le cerveau de souris.

    Cette image de microscopie à fluorescence représente une coupe de cerveau de souris au niveau du noyau accumbens, une région impliquée entre autres dans la récompense et la motivation. Le bleu correspond au noyau des cellules et le vert à une région cellulaire où l’enzyme responsable de la dégradation des lipides a été éliminée.
    Cette image de microscopie à fluorescence représente une coupe de cerveau de souris au niveau du noyau accumbens, une région impliquée entre autres dans la récompense et la motivation. Le bleu correspond au noyau des cellules et le vert à une région cellulaire où l’enzyme responsable de la dégradation des lipides a été éliminée. © Serge Luquet

    Pour simuler l'action d'un bon repas chez la souris, les chercheurs ont directement injecté de petites quantités de lipides dans leurs cerveaux. Ils ont alors observé une diminution de la motivation des rongeurs à actionner un levier pour obtenir une friandise et une diminution de l’activité physique de moitié. En temps normal, si le choix est possible, les souris préfèrent consommer une nourriture riche en graisses plutôt que des aliments plus simples. Mais les souris perfusées équilibrent leur alimentation entre les deux sources alimentaires proposées.

     

    L’obésité, des conditions idéales pour une prise de poids

    Les lipides injectés sont-ils vraiment responsables de la modification du comportement alimentaire des souris ? Pour s’en assurer, les scientifiques ont élaboré une souris mutante ne fabriquant plus l’enzyme capable d’utiliser les triglycérides dans le cerveau. Ils ont alors montré que ce rongeur génétiquement modifié conservait son comportement habituel vis-à-vis de la nourriture même si on lui injectait des lipides dans le cerveau : motivation accrue pour obtenir une récompense et préférence pour de la nourriture riche. L’ensemble de ces travaux vient faire écho à une étude précédente montrant qu’une diminution de l’enzyme utilisatrice de lipides dans l'hippocampe induisait un surpoids.

    En cas d’obésité, les taux de lipides dans le sang et dans le cerveau sont plus importants que la moyenne. Pourtant, l'obésité est souvent associée à des comportements de surconsommation d'aliments sucrés et gras. Comment expliquer ce paradoxe ? Selon les chercheurs, en cas de fortes et longues expositions aux triglycérides, la souris affiche une motivation en berne vis-à-vis d’une récompense, comme c’est le cas lors d’une injection de petites quantités de lipides. En revanche, l'attirance pour les aliments riches n'est pas éliminée. Les conditions idéales sont donc réunies pour la prise de poids. Ainsi, les lipides agiraient en quelque sorte comme des drogues dans le cerveau.

     

     

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