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    de la revue La Semaine

    Santé:  L'herbe n'est pas plus verte chez le voisin!

     

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    Parents manipulateurs: Sauve qui peut!

     

    Entretien avec la spécialiste de la question, Isabelle Nazare-Aga.

     

    28 avr. 2014 Par Corinne Fréchette-Lessard du magazine Chatelaine

     

    Sappington Todd / Getty Images

    Sappington Todd / Getty Images

     

    Manœuvrer pour que les enfants sautent dans le bain, ça passe. Mais les rabaisser, les mépriser, les culpabiliser ? C’est pourtant ce que font les parents manipulateurs. Et les conséquences sont désastreuses.

     

    Nous avons toutes déjà croisé un manipulateur sur notre route – de 2 % à 3 % des gens en sont. Une personne toxique qui nous fait sentir prise au piège. Mais qu’arrive-t-il quand il s’agit d’un de nos propres parents ?

     

    La psychothérapeute française Isabelle Nazare-Aga a étudié le phénomène et livre ses conclusions dans Les parents manipulateurs. À partir de dizaines de témoignages, elle décrit les comportements de ces égocentriques qui empoisonnent la vie de leur progéniture. Pour leurs enfants, il n’y a pas un « avant » et un « après » : la relation avec le manipulateur fait partie intégrante de leur identité. Ils grandissent avec une carence affective et beaucoup de culpabilité. Pour s’en sortir, la meilleure solution est souvent d’arrêter de fréquenter leur père ou leur mère.

     

    Vous avez déjà écrit sur les manipulateurs en général et en amour, pourquoi porter votre attention sur les parents ?

    Tous partagent les mêmes caractéristiques, qu’ils soient parents ou non (voir « Reconnaître un parent manipulateur », en fin d’article). Mais grandir avec l’un d’entre eux – parfois deux – est différent d’en avoir un comme conjoint, ami ou collègue.

    Le parent manipulateur est un narcissique qui a besoin de se sentir supérieur à ses enfants. Pour y arriver, il les dénigre et nuit à la construction de leur estime de soi. Il se place en situation de compétition avec eux et voit leurs succès comme une menace. Ses victimes grandissent en se sentant coupables et dévalorisées et n’ont pas confiance en elles.

    Souvent, les plus introvertis achèteront la paix en évitant l’affrontement. Ils courent le risque de devenir taciturnes, anxieux et dépressifs. Les extravertis se rebelleront davantage. Certains vont quitter le foyer et atteindront l’autonomie très jeunes, dès 15 ou 16 ans. Mais s’ils n’ont pas de plan, ils finiront dans la rue.

     

    De façon concrète, comment le parent manipulateur se comporte-t-il ?

    C’est un spécialiste de la phrase assassine. Une femme m’a raconté que sa mère lui disait : « N’avoir qu’une fille, et une fille comme toi », alors qu’elle était devenue médecin !

    Dans ces familles, les fêtes et les réunions sont tendues. Même si tout le monde marche sur des œufs, le manipulateur trouve une raison pour faire une crise et ramener l’attention sur lui. Également, il réagit mal aux bonnes nouvelles. Si son fils décroche un diplôme, il s’exclame : « Il était temps », au lieu de le féliciter. S’il a plus d’un enfant, il les traite de manière inéquitable. Il fait des confidences et accorde des privilèges à l’un et pas à l’autre, ce qui crée des tensions dans la fratrie.

    Le parent manipulateur est souvent radin, même s’il parle beaucoup d’argent. Quand il offre des cadeaux, ils sont inadaptés à l’âge ou aux intérêts de son enfant, même adulte. Sa contribution financière est toujours conditionnelle. Par exemple, il accepte de payer les études de son enfant seulement si celui-ci continue à vivre à la maison.

     

    Vous allez jusqu’à dire que son amour est conditionnel…

    C’est dur, mais c’est vrai. Un tel parent n’aime sa progéniture que si elle lui est soumise, le fait se sentir indispensable et lui prouve son amour.

     

    L’individualisme ambiant exacerbe-t-il ces attitudes ?

    Non. On trouve d’ailleurs des manipulateurs dans des sociétés plus axées sur la collectivité, comme le Japon. Ce n’est ni un reflet des valeurs sociales ni un trait de caractère, c’est une maladie psychiatrique. Cette nuance est capitale pour une victime. Une fois qu’elle comprend cela, elle peut cesser de se sentir coupable : elle n’est pas la cause des comportements malsains et elle ne peut pas espérer de changement.

     

    manipulateurs-livre

    Y a-t-il davantage de pères ou de mères manipulateurs ?

    On les retrouve en proportions à peu près égales. En revanche, j’ai reçu cinq fois plus de témoignages au sujet de mères que de pères. À mon avis, cette manière d’agir choque plus chez la mère. L’idée qu’une maman traite ses enfants ainsi est dure à avaler.

    Les pères et les mères manipulent de la même façon, à quelques différences près. Par exemple, une mère utilise davantage la ­maladie, l’obésité ou le handicap pour susciter de la culpabilité et accaparer l’attention. Si son enfant lui donne les clés de sa maison (ce qu’il ne faut pas faire !), toutes les raisons sont bonnes pour s’y introduire sans prévenir : laver les rideaux, récupérer un objet oublié. Le père, lui, est souvent un tyran de l’éducation. Il traite son enfant de « débile » ou de « con » s’il est incapable de terminer un devoir de mathématiques, par exemple.


    Faut-il les confronter ?

    Surtout pas ! L’enfant qui reconnaît la maladie chez son parent a un avantage : il gagne du recul. Grâce à ce détachement, si son père ou sa mère lui lance une phrase aberrante (« T’es nul, t’as jamais rien fait de bien dans la vie »), il peut lui répondre (« C’est ton avis ») ou se rassurer intérieurement (« Je t’ai reconnu, tu ne m’auras plus »). Il peut aussi s’autoriser à espacer les rencontres avec ce parent ou à carrément couper les ponts.


    Est-ce la meilleure solution ?

    Ça dépend. Certains réussissent à minimiser les dégâts en voyant leur parent quelques fois par année seulement et jamais seul à seul, par exemple. Si c’est impossible et que le parent est très destructeur, couper les ponts est une solution. Oui, le parent sera choqué et l’enfant vivra de la culpabilité. Mais il en ressent déjà. Aussi bien sauver sa peau.


    Les enfants de parents manipulateurs risquent-ils de reproduire ces comportements à leur tour ?

    Non. Le parent était manipulateur avant de devenir parent. Ce n’est pas la fonction qui l’a rendu ainsi. Au contraire, les personnes qui ont grandi dans ces circonstances font preuve de beaucoup d’empathie avec leurs propres enfants.


    Reconnaître un parent manipulateur

    Pour être considéré comme un manipulateur, un parent doit présenter au moins 14 des 30 caractéristiques définies par Isabelle Nazare-Aga. En voici quelques-unes :

    • Il culpabilise les autres au nom du lien familial;
    • Il met en doute les qualités, la compétence, la personnalité des autres : il critique sans en avoir l’air, dévalorise et juge;
    • Il est jaloux;
    • Il ment;
    • Il se pose en victime pour qu’on le plaigne;
    • Il sème la zizanie et crée la suspicion, divise pour mieux régner et peut provoquer la rupture d’un couple;
    • Il est égocentrique;
    • Il utilise des menaces déguisées ou un chantage ouvert;
    • Il ne supporte pas la critique et nie les évidences;
    • Il suscite chez l’autre un état de malaise ou le sentiment d’être pris au piège;
    • Il contraint les autres à faire des choses qu’ils n’auraient pas exécutées de leur plein gré;
    • Il est constamment l’objet de discussions, même en son absence.

     

     

     

    isabelle-nazare-aga
    Qui est Isabelle Nazare-Aga ?

     

    Cette spécialiste de la thérapie comportementale et cognitive pratique à Paris depuis près de 25 ans. Ses deux ouvrages précédents, Les manipulateurs sont parmi nous etLes manipulateurs et l’amour, ont beaucoup fait réagir.

     

    « Des centaines de milliers de gens se sont reconnus immédiatement dans la description d’une relation aussi toxique que destructrice », écrit-elle. Avec Les parents manipulateurs (Les Éditions de l’Homme), elle espère aider des adolescents et des adultes à mettre des mots sur ce qu’ils vivent depuis toujours.

     

    Isabelle Nazare-Aga donnera à Montréal une conférence intitulée Les manipulateurs, les repérer et s’en protéger le jeudi 17 avril, à 19 h, au Centre St-Pierre, à Montréal. Elle animera également un séminaire de trois jours intitulé Faire face aux manipulateurs à la fin avril et à la fin mai, au même endroit. Pour info : isanazareaga@gmail.com

     

    Santé-Psycho:  Parents manipulateurs: Sauve qui peut!

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    Comment cesser de se culpabiliser?

     

    On est en retard à cause d’un bouchon de circulation, on brise un vase par accident, et on se sent terriblement coupable. D’où vient donc cette manie? Comment cesser de se culpabiliser? Explications.

     

    Comment cesser de se culpabiliser?

    iStockphoto.com

     

    Culpabilité inutile et mal placée? 

    «Je savais qu’une de mes collègues avait le béguin pour un confrère, mais elle n’avait jamais osé le lui avouer, raconte Mélanie. Or, dans la matinée précédant un dîner d’équipe, on s’est disputées sur la façon de traiter un dossier. Encore en colère au moment du repas, j’ai dit son secret au principal intéressé. Après, je me suis sentie coupable, très coupable. J’ai admis mon erreur. Mais le mal était fait. La prochaine fois, je vais tourner ma langue sept fois dans ma bouche avant de parler.»

     

    Mélanie a raison de se sentir coupable. Et le fait d’avoir agi sous l’impulsion du moment ne diminue en rien l’importance de son geste. Elle éprouve ce qu’on appelle une saine culpabilité: celle que l’on ressent quand on fait quelque chose qui va l’encontre de nos valeurs. «À la base, le sentiment de culpabilité est nécessaire au développement du jugement moral, explique Marc Therrien, psychologue. C’est grâce à lui notamment qu’on est capable d’avoir des regrets, de l’empathie et du respect pour les autres. Les psychopathes et les tueurs en série, eux, n’ont pas cette faculté de ressentir de la culpabilité, d’où leur incapacité à se mettre à la place de leurs victimes et d’imaginer qu’ils les font souffrir. Bien entendu, l’intensité du sentiment doit tout de même être proportionnelle à la faute. Logiquement, on devrait se sentir plus mal à l’aise d’avoir trompé son conjoint que d’avoir dit à une copine que sa coiffure lui allait à ravir alors qu’on pensait le contraire.»

     

    Très souvent, aussi, on ressent de la culpabilité pour des motifs qui ne tiennent pas la route. «Les trois quarts du temps, on n’a aucune raison de se sentir coupable, tout simplement parce qu’on n’est pas responsable, estime la psychologue Louise Descoteaux. C’est l’intention de nuire volontairement à quelqu’un qui doit éveiller en nous de la culpabilité. Dans le cas contraire, on peut se sentir désolé, malheureux, impuissant devant la tournure de certains événements, mais pas coupable.» Des exemples de sentiment de culpabilité inutile et mal placé? On a mis son enfant à la garderie alors qu’on n’a pas le choix, on est en santé alors qu’un proche est très malade, on a oublié l’anniversaire d’une copine, on peut partir en voyage sans les enfants... Eh oui, la liste est longue.

     

    On a tous, à un moment ou à un autre, ressenti de la culpabilité. Normal. Mais chez certaines personnes, ce sentiment est omniprésent et leur gâche la vie. Véronique en sait quelque chose. «Si quelque chose ne fonctionne pas, je pense tout de suite que c’est ma faute, dit-elle. Je suis comme ça depuis que je suis toute petite. Hier, par exemple, il n’y avait plus de feuilles dans l’imprimante. Le patron a demandé pourquoi personne n’en avait remis. Ce n’est pas nécessairement à moi que revient cette tâche, mais je me suis immédiatement sentie très coupable. Je me sens ensuite coupable de m’être sentie coupable!» Certains individus sont plus susceptibles que d’autres de ressentir fréquemment de la culpabilité. Les hypersensibles, les perfectionnistes, les timides ainsi que les personnes ayant une faible estime d’elles-mêmes en font partie.

    «Émotivement fragiles, ces personnes sont très sensibles à ce que les autres pensent d’elles, souligne Claire Leduc, travailleuse sociale et thérapeute conjugale et familiale. Elles se culpabilisent très facilement pour tout et rien. Elles sont aussi du genre à s’excuser mille et une fois pour avoir, par exemple, sali involontairement le parquet... même si elles ont pris soin de bien essuyer après.»

    Les gens soumis sont également enclins à vivre de la culpabilité. «Ils éprouvent une peur intense d’être abandonnés, commente Marc Therrien. Dans le but de se faire aimer, ils deviennent extrêmement gentils ou, au contraire, réagissent avec agressivité, puis se sentent terriblement coupables ensuite.»

    Enfin, les personnes anxieuses ont aussi la culpabilité facile. Elles sont souvent très contrôlantes par souci de prévenir les situations angoissantes. Le problème, c’est que lorsqu’elles ne sont pas arrivées à imaginer ce qui est finalement arrivé, elles se culpabilisent, même s’il s’agit d’un déroulement qui était totalement imprévisible.

     

    Indépendamment de ces traits de personnalité, comment expliquer que certaines personnes se sentent coupables pour un tout ou pour un rien?

    «L’origine de ce sentiment de culpabilité remonte souvent très loin, affirme Louise Descoteaux. L’enfant vient au monde totalement impuissant. Si ses parents ne le nourrissent pas, il va mourir. Par contre, il se rend compte rapidement que lorsqu’il pleure, on lui apporte son biberon ou on vient changer sa couche. Il réalise inconsciemment qu’il a du pouvoir sur son entourage. Il ne se sent plus impuissant. Mais, parallèlement, se développe chez lui un sentiment de culpabilité: quand on ne répond pas toujours à ses besoins, il pense qu’il a probablement fait quelque chose de mal. De même, si la mère est fatiguée, déprimée, débordée, l’enfant risque de se sentir responsable de ses humeurs. D’où l’importance de la qualité du lien parental, particulièrement avec la mère, afin que l’enfant puisse tempérer ces émotions.»

    «Le sentiment de culpabilité est également lié à la peur de l’abandon durant l’enfance, ajoute Marc Therrien. L’enfant a besoin de se sentir aimé. Si les parents menacent de lui retirer leur amour dès qu’il commet une erreur, il grandira dans la crainte d’être abandonné. De là à se croire perpétuellement en faute et, par extension, coupable, il n’y a qu’un pas. L’enfant a besoin d’être encadré, dirigé, mais certainement pas dans un contexte de domination parentale. Il n’est pas étonnant d’entendre des adultes avouer: “Toute ma vie a été basée sur l’opinion des autres.” Ils ont grandi avec l’impression de ne jamais être à la hauteur.»

    «Le sentiment de culpabilité est également lié aux valeurs de la société dans laquelle on a grandi. En Occident, par exemple, l’éducation est marquée par les valeurs religieuses axées sur la faute et le sentiment de culpabilité.››

    Si on ne peut changer le passé, on peut à tout le moins améliorer le futur. Comment arriver à se débarrasser de ces sentiments de culpabilité qui nous empêchent souvent d’avancer? «Demandez-vous si vous avez raison de vous sentir coupable, conseille Louise Descoteaux. Aviez-vous délibérément le désir de faire mal à autrui? Quelle est votre part de responsabilité dans l’acte que vous vous reprochez? Si on est responsable, on assume. Sinon, il faut reconnaître et accepter qu’il y a des situations devant lesquelles on est impuissant. On n’a pas à se sentir coupable de ne pas terminer son repas quand on n’a plus faim même s’il y a des enfants dans le monde qui ne mangent pas à leur faim. On a certains pouvoirs, mais pas le pouvoir absolu. Si on est sensible à la faim dans le monde, on peut toujours choisir de venir en aide à un enfant démuni, par exemple. C’est plus utile que d’éprouver de la culpabilité! Et si, sans le faire exprès, on a fait du mal à quelqu’un, on s’excuse (une fois suffit!) et on passe à autre chose. Il faut apprendre à être plus tolérant avec soi-même, à se donner le droit de faire des erreurs.» 

    Selon Claire Leduc, les problèmes non réglés peuvent aussi accentuer ou entretenir un sentiment de culpabilité. «C’est le cas notamment d’une personne qui a été infidèle, mais qui n’ose pas en parler avec son conjoint ou sa conjointe. C’est peut-être mieux ainsi pour l’équilibre du couple. Reste qu’il est difficile de vivre, jour après jour, avec ce secret. Auparavant, la confession permettait de se libérer de sa culpabilité. Mais comme elle n’existe plus, il faut trouver quelqu’un à qui parler - un thérapeute par exemple – et qui pourra nous aider à faire la paix avec nous-même.»

    Il faut cependant assumer la responsabilité de ses actes. On a de plus en plus tendance dans nos sociétés à attribuer la faute aux autres plutôt qu’à soi-même. «Il faut prendre sa part de responsabilité, indique Marc Therrien. Être responsable, c’est mesurer la portée de ses actes et en assumer les conséquences. Pour y arriver, il faut cependant faire un bon travail sur soi.» Compris!

     

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