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    Je suis ma pire ennemie

     


    Si j’étais plus indulgente pour moi-même, mon existence serait pas mal plus douce et celle de ma famille aussi, écrit Geneviève Pettersen.


    Geneviève Pettersen du magazine Chatelaine

     


    Il est 3h de l’après-midi. Assise devant mon portable, je tente d’écrire ma chronique malgré une grippe qui me fait frissonner et un cerveau en compote. Au passage, je souligne que ladite chronique devait être remise bien avant aujourd’hui.

     


    Je fixe mon écran et je me trouve «ordinaire». Ordinaire de devoir rendre mon texte très en retard sans aucune excuse valable sauf celle d’avoir perdu le fil des dates de tombée. Quand la rédactrice en chef adjointe m’a gentiment rappelé que mon papier était dû depuis un petit bout, j’ai été catastrophée. Je me suis sentie vraiment mal.

     

    Santé-Psycho:  Je suis ma pire ennemie

    Photo: Stocksy

     

    J’ai trois enfants et un horaire un brin insensé, mais je devrais tout de même être en mesure d’écrire un texte de 600 mots entre une visite chez le doc et l’une de mes innombrables tâches professionnelles et ménagères. Même que je devrais pouvoir le faire dans la salle d’attente du médecin. Vous vous dites sûrement que c’est dingue de penser comme ça. Et vous avez raison. Sauf que moi, je ne le vois pas, que c’est complètement fou d’exiger sans cesse de moi-même la perfection. À la place, je me dis que je devrais être capable de tout faire de façon impeccable tout le temps. Au lieu de me donner un petit break, je me trouve nullissime de parfois faillir à la tâche. Après tout, Janette Bertrand a souvent répété qu’elle écrivait ses scénarios de télé assise au bout du quai, pendant que ses enfants s’épivardaient dans l’eau. Pourquoi ne pourrais-je pas en faire autant?

     

    Si j’étais plus indulgente pour moi-même, mon existence serait pas mal plus douce et celle de ma famille aussi. C’est que mon obsession de la perfection rejaillit sur elle. Oui, je suis exigeante envers moi ET envers mes proches. Pour être honnête, j’en ai plutôt assez de vivre dans l’angoisse de ne pas tout réussir à la perfection. Je suis tannée de me demander d’être une mère formidable, une blonde extraordinaire et une travailleuse infatigable. Surtout, j’en ai marre de mettre ce culte de la performance sur le dos des autres. Malgré la culture du «toujours plus haut» et du «toujours plus loin» dans laquelle je baigne depuis la tendre enfance, il est grand temps de m’avouer que ma pire critique, c’est moi. Je n’ai pas besoin des autres pour voir mes défauts, me traiter de paresseuse ou dresser la liste des aspects de mon existence que je pourrais changer pour être une meilleure personne. Je n’en ai pas besoin non plus pour me traiter d’épaisse, me trouver grosse ou inadéquate. Non, tout ça, je le fais très bien. Inutile de me soumettre à des bilans annuels ou de me regarder dans le miroir. Lorsqu’il s’agit de m’évaluer, je suis très créative. Je sais faire preuve d’une cruauté sans nom.


    Je suis ma pire ennemie. Voilà, c’est dit. Et je pense ne pas être la seule de ma gang à s’autoflageller à longueur de journée. Il serait grand temps de m’aimer un peu plus et d’appliquer toute ma faculté de compassion et d’ouverture envers autrui à ma propre personne. Je ne dis pas que je vais devenir ma meilleure amie, loin de là. Mais il me semble que je dépense beaucoup trop d’énergie à me détester.

     

     

    Santé-Psycho:  Je suis ma pire ennemie

     

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    Peur d’avoir peur

     

    La peur est humaine, écrit Johanne Lauzon. Elle s’est incrustée dans notre cerveau dès la nuit des temps.

    Johanne Lauzon du magazine Chatelaine


    Enfant, j’ai appris à nager à la dure. Mon père m’a prise et m’a lancée au bout de ses bras. Qu’à cela ne tienne, j’ai émergé du fond du lac en criant: «Encore!» J’ai aimé l’eau à partir de ce jour-là. Chaque fois que je pique une tête, j’ai une pensée pour papa qui ne s’embarrassait pas trop de la portée pédagogique de ses gestes. Sans être une grande nageuse, je me débrouille. Sans crainte. Toujours ça de pris.

     

    Santé-Psycho:

    Photo: Getty


    Mon paternel n’a toutefois pas pu m’aider à vaincre toutes les appréhensions qui ont surgi sur ma route. Comment pouvait-il en être autrement? La peur est humaine. Elle s’est incrustée dans notre cerveau – les structures reptilienne et limbique – dès la nuit des temps. C’est ce qui a permis à Cro-Magnon et à ses successeurs de sauver leur peau. Devant le danger, le corps produit des réactions chimiques complexes qui commandent de jouer des poings ou de prendre ses jambes à son cou. Lutter ou battre en retraite.

     

    Et quelles sont aujourd’hui les peurs les plus courantes que nous devons affronter (ou fuir, bien entendu)? Des chercheurs de l’Université Chapman, en Californie, ont mené en avril 2015 une enquête auprès de 1 500 Américains. Signe des temps, nos voisins du Sud craignent surtout les catastrophes d’origine humaine, comme les attaques terroristes, puis la technologie, y compris l’exploitation de données personnelles au profit des entreprises et des États. Suivent, dans l’ordre, la corruption des gouvernements, la dégradation de l’environnement, l’incertitude de leur avenir – notamment le fait de manquer d’argent – et les désastres naturels…


    On est bien loin de la peur de l’eau, n’est-ce pas? (Les phobies du genre se retrouvent en 8e position sur 10.)


    Selon une autre étude américaine, nous, citoyens, penserions plus souvent au risque de survenue d’un assaut terroriste que d’une hospitalisation – pourtant, la dernière éventualité est plus probable que la première.


    Toutes ces données en disent long sur l’état d’esprit des Nord-Américains. Et sur ce climat de paranoïa et de peur de l’autre. Le pire peut arriver, bien sûr. Et tant pis. Aimer sans retenue, créer (ou procréer) de même que voyager sont les meilleurs antidotes aux angoisses inutiles. Se jeter à l’eau, aussi.

     

     

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    Trop tard pour une psychothérapie?

     

    Qu’on se le dise: il n’est jamais trop tard pour entreprendre une psychothérapie et se faire du bien. N'attendez pas d’être au bord du gouffre. Si vous en ressentez le besoin, foncez!

     

    Trop tard pour une psychothérapie?

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    Pourquoi entreprendre une psychothérapie

    Physiquement, pas de problème. Psychologiquement, ça va couci-couça. L’idée de consulter un psychologue vous a traversé l’esprit, mais toutes les raisons sont bonnes pour vous en dissuader: «Je suis trop vieux pour ça!... Qu’est-ce que les autres vont dire?... À mon âge, il est trop tard pour changer... Déterrer les choses du passé, ça ne me tente pas... On va me juger»... Eh bien, vous avez tout faux. Au contraire, toutes les raisons sont bonnes pour que vous vous lanciez. 

     

     

    «Il n’est jamais trop tard pour entreprendre une psychothérapie, assure la psychologue Nathalie Aubut. Il nous arrive à tous de vivre des difficultés, des angoisses et des remises en question qui n’ont rien à voir avec l’âge. Sans compter que, plus on vieillit, plus on traverse des moments charnières et des bouleversements, pas toujours faciles à vivre. Que ce soit en raison du départ des enfants de la maison, de la retraite, de problèmes de santé plus fréquents ou de deuils (parents, conjoint, proches, amis), on peut ressentir un mal-être parfois compliqué à gérer seul. Et se confier à ses proches ne suffit pas toujours.» 

     

     

    Les bouleversements physiques et psychologiques liés à la ménopause, les problèmes relationnels avec les enfants ou les parents vieillissants, la solitude, un traumatisme, un mal de vivre, une dépendance ou encore les blessures du passé représentent d’autres motifs de consultation. 

     

    «Plus on vieillit, plus on réalise que le temps file et plus on sent l’urgence de régler certaines choses pour se réconcilier avec soi-même et les autres et pouvoir, enfin, profiter pleinement de la vie, souligne le psychologue Jacques Lamarre. En vieillissant, on va davantage à l’essentiel, à ce qui est important pour nous.» 

     

     

    Même en fin de vie, il peut être bon de consulter pour traverser cette étape difficile. «La peur de la mort génère beaucoup d’angoisse chez la plupart des gens, affirme Nathalie Aubut. Avoir quelqu’un à qui en parler ouvertement aide à apprivoiser cette étape, à gérer ses émotions et à donner un sens à sa vie. Être en paix avec soi-même et les autres permet d’affronter l’avenir plus sereinement.» 

     

     

    Mais quelle que soit la raison, la décision de suivre une psychothérapie devrait être sérieusement envisagée si les difficultés vous paraissent insurmontables, si vous êtes mal dans votre peau, si vous souffrez d’anxiété, si vos malaises persistent et finissent par peser lourd sur vos épaules ou si vos problèmes entraînent des répercussions sur votre santé physique ou psychologique, ainsi que sur votre vie personnelle, professionnelle et financière. Dans de tels cas, manifestement, vous avez des choses à régler. 

     

    À une époque pas si lointaine, il était plutôt mal vu de consulter un psychologue ou un psychothérapeute. On croyait, à tort, que la psychothérapie était réservée aux individus atteints de graves problèmes de santé mentale. Le sujet était, bien sûr, tabou. Heureusement, les choses ont changé. Mais certaines personnes entretiennent encore des préjugés tenaces. Vivement un coup d’oeil sur les principales croyances et appréhensions pour les faire tomber. 

     

     

    Je suis trop vieux pour changer. 

     

    Il n’y a pas d’âge pour chercher à s’améliorer et s’offrir une meilleure qualité de vie. Il suffit simplement d’être motivé. «Pour bien vieillir, il faut d’abord régler les choses avec soi-même, puis apprendre à pardonner, dit Nathalie Aubut. Plus on vieillit, plus ça devient important.» 

     

     

    Je parle peu. 

     

    Vous êtes plutôt du type silencieux. Vous avez du mal à confier vos émotions. Alors, vous vous demandez bien ce que vous iriez faire dans le bureau d’un psy. Vous redoutez, évidemment, les fameux silences. Pourtant, il n’y a pas lieu de vous en faire. Le psychologue s’adapte aux différentes personnalités. Contrairement à ce que l’on croit, il dispose de plus d’une façon d’établir le contact. Il questionne, explique, guide et aide ses clients à se raconter. «Certaines personnes vont s’ouvrir très rapidement, alors que, pour d’autres, c’est plus long, confie Nathalie Aubut. Elles présentent les faits, mais n’arrivent pas à faire un travail d’introspection. C’est notre rôle de briser leurs défenses pour les amener à se connecter à leur vécu émotionnel. Toutes y arrivent, finalement.» 

     

     

    Il va me juger. 

     

    La peur d’être jugé vous empêche de faire le saut? Retenez que le psychologue n’est pas là pour vous juger, mais pour vous aider à comprendre le malaise qui vous habite, à dédramatiser la situation et à trouver avec vous des solutions. Dites-vous qu’il en a vu bien d’autres. Rien n’est tabou en psychothérapie. 

     

     

    Il va raconter mon histoire à d’autres personnes. 

     

    Les psychologues membres de l’Ordre des psychologues du Québec sont tenus de respecter un code de déontologie rigoureux. Si le psychologue désire transmettre de l’information à un autre thérapeute ou à un médecin, il doit d’abord vous faire signer un formulaire d’acceptation. Seules deux situations peuvent occasionner un bris de confidentialité: l’abus d’enfant et le risque pour la vie du client ou d’autrui. 

     

     

    Je vais être obligé de révéler des secrets. 

     

    Vous êtes complètement libre de transmettre des renseignements au thérapeute. Et vous n’avez aucune obligation de répondre à ses questions. Toutefois, plus vous vous ouvrirez durant la thérapie, plus vous avancerez dans votre démarche. 

     

     

    Mon problème ne vaut pas la peine que je consulte.

     

    Il n’y a pas de petits ou de gros cas. Plutôt des situations qui méritent d’être regardées de près si elles sont récurrentes et nuisent à la qualité de vie, ou encore si elles font souffrir. Comme exemple, Jacques Lamarre mentionne les pertes de mémoire. «En vieillissant, la plupart des gens éprouvent des problèmes de mémoire et de concentration non pathologiques. Cela crée, chez certains individus, beaucoup d’anxiété. Notre rôle, c’est de les aider à diminuer leur anxiété et à trouver des stratégies efficaces pour améliorer leur qualité de vie. Autre exemple: les gens atteints de maladie ou de douleur chronique. On ne soulage pas leur douleur physique, bien sûr. Mais on peut les aider à modifier leur approche face à la douleur, à diminuer leur stress, à mieux gérer leurs émotions et à s’investir dans ce qui est important pour eux afin que la douleur ne prenne pas toute la place. Bref, ça vaut toujours la peine de consulter si l’objectif est d’améliorer sa condition.» 

     

     

    Qu’est-ce que les autres vont penser? 

     

    Vous craignez les jugements, les critiques et les qu’en-dira-t-on dans votre entourage? Si cela vous angoisse, n’en parlez pas. Point. 

     

    Les tarifs d’un psychologue ou d’un psychothérapeute du secteur privé varient généralement de 80$ à 120$ l’heure. Ces frais sont en partie remboursables par les assurances collectives. Si votre budget est serré, vous pouvez toujours tenter de négocier un arrangement. Attention: faites affaire avec un professionnel membre de l’Ordre des psychologues du Québec. Pour connaître la liste de ceux qui pratiquent dans votre région ou votre quartier, consultez le service de référence en ligne (www.ordrepsy. qc.ca) ou téléphonique (514 738-1223 ou 1 800 561-1223) de l’Ordre. Vous pouvez aussi demander des références à votre médecin de famille. 

     

     

    Si votre budget ne vous permet pas d’aller en cabinet privé, vous pouvez bénéficier gratuitement des services d’un professionnel en milieu hospitalier ou en CLSC. Seul hic: il se peut qu’on vous place sur une liste d’attente. Par ailleurs, certains employeurs disposent d’un programme d’aide aux employés qui offre la possibilité de consulter un psychologue ou un psychothérapeute gratuitement pour un nombre de séances déterminé. Informez-vous auprès du responsable des ressources humaines de votre entreprise. 

     

    Normal, surtout si vous ne savez pas à quoi vous attendre. «La première séance sert principalement à établir le contact, explique Nathalie Aubut. C’est l’occasion pour le client d’évaluer s’il a des atomes crochus avec le psychologue. En fait, la relation de confiance est primordiale pour que la démarche soit bénéfique. On considère que le succès d’une psychothérapie repose à près de 60% sur la qualité de la relation. Un client à l’aise sera prêt à investir temps et effort. D’où l’importance de prendre le temps de bien choisir celui ou celle qui nous accompagnera.» 

     

     

    La rencontre sert aussi à définir les motifs de la consultation, la nature ou l’origine du problème, les manifestations qui affectent le fonctionnement du client ainsi que ses attentes afin qu’une stratégie thérapeutique adaptée à ses besoins puisse être élaborée. C’est également l’occasion pour le client de poser toutes les questions concernant l’approche préconisée, la durée de la psychothérapie, les coûts, etc. Au cours des prochains rendez-vous, le psychologue passe en mode interactif. Il amène le client à parler de son expérience, de son vécu, de ses émotions. Il tient le rôle de guide. Certaines techniques, comme des exercices de relaxation, de respiration et de visualisation, peuvent être utilisées au cours des séances. «En somme, la thérapie vise à faire tomber les blocages, à déterminer les forces et les zones de vulnérabilité, à affronter les difficultés plutôt qu‘à les éviter et à développer des outils pour faciliter la prise de décisions et améliorer la qualité de vie», rappelle Jacques Lamarre. 

     

    Autrement dit, la thérapie sera faite sur mesure pour vous. 

     

    Santé-Psycho:  Trop tard pour une psychothérapie?

     

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    Je parle trop

     

    «J’aurais donc dû me taire! J’ai encore trop parlé!» Ces commentaires pourraient être les vôtres? Vivement quelques bons conseils pour mieux doser vos paroles et éviter les gaffes.

     

    Je parle trop

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    C’est plus fort que vous, vous répondez à une simple question en racontant en long et en large le comment et le pourquoi, vous prenez 10 minutes pour expliquer votre point de vue, vous coupez la parole... Attention! Les gens qui parlent trop ont souvent le don de se mettre les pieds dans les plats et de blesser les autres avec leurs propos. Plus encore, ils exaspèrent leurs interlocuteurs qui n’ont qu’un souhait: prendre leurs jambes à leur cou! 

     

    «Mes amies me téléphonaient de moins en moins, raconte Marthe. Et lorsque je les appelais, elles prétextaient souvent une tâche à terminer ou un appel sur une autre ligne pour couper court. J’ai fini par m’en plaindre à l’une d’elles. Elle m’a alors avoué qu’elles n’en pouvaient plus des conversations à sens unique. Selon elle, je ne les laissais pas placer un mot, je parlais en même temps qu’elles ou, pire, je ramenais tout à moi. Si une personne me disait être allée à tel endroit, j’enchaînais aussitôt en racontant ma propre histoire, sans me préoccuper de ce que l’autre voulait me dire. Bref, mes copines ne se sentaient pas écoutées. Même si la vérité m’a blessée, j’ai réalisé qu’on disait vrai. J’ai aussi compris que je devais changer si je ne voulais pas perdre mes amies. Il m’arrive de rechuter, mais je m’en rends compte maintenant. Je ris et je m’excuse.» 

     

    Selon Camillo Zacchia, psychologue et conseiller à l’Institut universitaire en santé mentale Douglas, les gens qui parlent trop sont souvent inconscients de l’effet qu’ils produisent chez les autres. Pire, ils sont généralement les derniers à s’en apercevoir. «Même s’ils sont excédés, la plupart de leurs interlocuteurs ne veulent pas les blesser ou paraître impolis, dit-il. Alors, ils se taisent. Il arrive toutefois que la frustration l’emporte et que ça dérape.» 

     

    Mais qu’est-ce qui pousse les gens à trop parler? C’est le plus souvent une question de personnalité, mais aussi de circonstances. «Certaines personnes peuvent avoir énormément confiance en elles au travail, par exemple, mais perdre tous leurs moyens face à un individu qu’elles admirent, déclare Camillo Zacchia. La nervosité les entraîne alors dans un flot de paroles. D’autres personnes font tout vite: marcher, manger, travailler et… parler! D’autres encore coupent la parole afin de ne pas oublier leurs idées. Ou encore elles agissent par impulsivité, comme si leurs paroles allaient plus rapidement que leurs pensées. Mais quand on parle sans avoir suffisamment réfléchi, on risque de heurter les gens. Parfois aussi, c’est par narcissisme qu’on parle trop.» 

     

     

    D’après la psychologue Stéphanie Léonard, ce comportement se remarque également chez les individus ayant peu confiance en eux ou souffrant d’anxiété sociale. «Chez plusieurs personnes, le moindre inconfort se traduit par une montagne de mots. Par exemple, le fait de rencontrer quelqu’un de nouveau peut les inciter à trop parler et à trop se dévoiler, pour tenter un rapprochement. Le risque, c’est évidemment d’ennuyer les autres ou de faire des gaffes. Souvent aussi, il s’agit de personnes qui tolèrent mal les silences dans une conversation. Elles parlent pour combler ceux-ci, même si ce n’est pas nécessaire. Les silences durent rarement plus de quelques secondes et permettent souvent aux gens de restructurer leurs pensées.» 

     

     

    Mais un fait demeure: plus on parle, plus on risque de parler à tort et à travers et de dire des choses qu’il aurait été préférable de taire. 

     

    Trop parler pour meubler des silences ou parce qu’on a trop à dire, c’est une chose. Mais avoir des propos blessants, volontairement ou non, c’est une tout autre histoire. 

     

    C’est ce qui est arrivé à Luc. «Un copain a tenu devant moi des propos désobligeants au sujet d’un ami commun, raconte-t-il. Lors d’une rencontre avec ce dernier, je n’ai pu m’empêcher de tout lui rapporter, en sachant que ça le blesserait. J’aurais dû me taire. La relation entre nous trois n’a plus jamais été la même. Nous nous sommes éloignés peu à peu. Je crois aujourd’hui avoir agi par jalousie, et je n’en suis pas fier.» 

     

    Toute vérité n’est pas bonne à dire, c’est connu. «Certaines personnes ont de la difficulté à distinguer l’information qui doit rester confidentielle de celle qu’elles peuvent divulguer, explique Stéphanie Léonard. D’autres sont incapables de garder un secret ou encore veulent ainsi se donner de l’importance. D’autres encore disent tout révéler par loyauté. Mais qu’importe le motif, c’est généralement la proximité avec la personne qui détermine jusqu’où l’on peut aller. S’il s’agit de quelqu’un avec qui l’on partage un lien émotionnel important, on peut sans doute lui dire: “Écoute, telle personne a parlé de toi de façon négative. Je tenais à te le dire.” Mais on peut aussi se demander si l’on aimerait soi-même savoir que quelqu’un a parlé dans notre dos... Pour les personnes plus ou moins proches, mieux vaut parfois se taire.» 

     

    Vous avez blessé quelqu’un par vos propos? Il n’est jamais trop tard pour faire amende honorable. Si vous réalisez que vous êtes allé trop loin, la meilleure façon de réparer, c’est de dire que votre intention n’était vraiment de blesser cette personne, puis de vous excuser. Et clarifiez les choses, au besoin. Toutefois, si cette situation vous arrive fréquemment, vous avez sans doute intérêt à vous interroger sur votre impulsivité ou sur votre façon d’agir avec les autres. 

     

    Savez-vous qu’il existe des moyens simples de savoir si vous faites partie de ceux qui parlent trop? «La plupart du temps, les gens ne sont pas conscients qu’ils parlent plus que les autres, mais certains indices ne trompent pas, assure Camillo Zacchia. C’est le cas quand on se fait dire fréquemment: “Laisse-moi finir, s’il te plaît!”, “Pas besoin de me donner autant de détails” ou “Je regrette mais je n’ai pas le temps de t’écouter”. Ou encore quand des proches nous suggèrent de prendre le temps de respirer!»  

     

    «Autre piste: notre interlocuteur ne pose pas de questions et ne donne pas son opinion, répond par oui ou non ou hoche seulement la tête. Lorsque les gens s’intéressent à une conversation, ils demandent des détails parce qu’ils veulent en apprendre davantage, et ils émettent des avis. Si l’interlocuteur change de sujet ou s’il regarde souvent sa montre, c’est là aussi mauvais signe.» 

     

    Les plus malins vont développer des stratégies pour fuir les moulins à paroles. Il suffit de les observer. France a une collègue qui parle trop. «Plus personne ne veut travailler avec elle, confie France. Elle nous déconcentre avec son bavardage incessant. Quand on la voit venir, on essaie de l’éviter. Sinon, on prétexte un dossier urgent pour déguerpir.» 

     

    Michel, lui, imagine une envie soudaine. «C’est le meilleur truc pour filer subito presto lorsque je ne supporte plus une conversation, avoue-t-il. Personne ne cherche à me retenir lorsque j’invoque cette raison!» 

    Pas question, évidemment, de devenir muet comme une taupe pour laisser toute la place à vos interlocuteurs. Apprenez simplement à doser. 

     

    Observez-vous. 

    L’auto-observation est la meilleure façon de repérer les situations où vous risquez de trop parler, mais également vos manies (couper la parole, par exemple). Interrogez aussi vos proches en leur demandant d’être honnêtes. Soyez toutefois réceptif à leurs commentaires, positifs ou négatifs. 

     

    Évaluez vos performances. 

    Selon Camillo Zacchia, cette stratégie se révèle particulièrement utile quand on y a recours après une conversation et non pendant celle-ci. «Pour l’expliquer, je donne souvent l’exemple du joueur de hockey, note-t-il. Dans le feu de l’action, il ne peut analyser de façon réfléchie chacun de ses gestes. Ce n’est que plus tard, en visionnant le match, qu’il peut relever toutes ses erreurs. C’est la même chose pour la personne qui parle trop. Le soir venu, elle peut se demander : “Dans quelles circonstances ai-je trop parlé? Est-ce que mes propos étaient appropriés ? Qu’est-ce que j’aurais pu dire ou ne pas dire?”» 

     

    Préparez des scénarios. 

    En notant vos erreurs, vous pourrez non seulement apporter des correctifs, mais aussi imaginer de nouvelles façons d’agir. «Lorsqu’on se trouve dans une situation qui déclenche habituellement nos bavardages, on a intérêt à respirer lentement et profondément, mentionne Stéphanie Léonard. On répète ensuite mentalement ce que l’on veut dire avant de le faire à haute voix, tout en restant connecté avec ce que l’autre personne raconte. Ce temps de réflexion entre le moment où l’on veut exprimer quelque chose et celui où on le dit aide à juger de la pertinence de nos propos et évite de couper la parole.» 

     

    Soyez à l’écoute. 

    Est-ce que votre interlocuteur parle autant que vous, ou presque? Est-ce qu’il vous raconte des choses et vous pose des questions ? Est-ce que vous écoutez autant que vous parlez? Sinon, faites l’effort d’être plus à son écoute. Montrez-vous intéressé. Formulez des questions pour créer un échange. Soyez attentif au langage non verbal: un regard qui balaie la pièce, un balancement d’un pied à l’autre, un pianotage des doigts sur la table, un regard éteint… 

     

    Informez-vous de l’intérêt de votre interlocuteur. 

    Au cours de la conversation, demandez-lui: «Est-ce que je t’ennuie avec mon histoire?», «Trouves-tu que je parle trop?» Cela évite de tomber dans un monologue sans fin. 

     

    Dénichez un complice. 

    Proposez à une personne que vous aimez de vous aider dans votre démarche. Par exemple, convenez d’un signe particulier qu’elle pourrait vous faire lorsque vous retombez dans vos vilaines habitudes. 

     

    Santé-Psycho:  Je parle trop

     

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    Comment reconnaître un menteur?

     

    Vanessa Hauguel du site Sympatico
     
    Homme croisant ses doigts derrière son dos

    Crédit photo: Zoran Zeremski - Thinkstock

     

    Comment reconnaître un menteur? Si certains sont passés maîtres dans l’art de mentir, d’autres ont développés quelques tactiques pour les déjouer...Voici quelques-uns des signes à observer afin de détecter un menteur.

     

    Les gestes qui en disent long

    Plusieurs éléments du langage non-verbal peuvent nous aider à repérer un mensonge ou un menteur; du regard, en passant par les mouvements et la posture, certains gestes peuvent trahir un mensonge.

     

    Déjà, la position de la tête peut vous renseigner sur l’honnêteté de votre interlocuteur. Si la tête penchée est reconnue pour être un signe d'ouverture, l’inverse, une tête droite et rigide, est un signe de fermeture pouvant indiquer un ''autocontrôle''. Si le ton de la voix est changée ou encore que la personne bouge souvent ou se détourne de vous, il y a également de bonnes chances qu’elle essaie, encore une fois, de maintenir le contrôle, afin de paraître crédible. Dans le doute, jeter un regard ''soupçonneux'' à cette personne, si celle-ci baisse la tête ou encore dirige ou balance son corps vers l’arrière, il y a peut-être anguille sous roche...

     

    Un autre signe auquel il faut rester attentif: le regard qui va droit dans les yeux. Si l'on pourrait croire que cela dénote de la franchise, ce n'est pas toujours le cas. Comme explique Eric Goulard, auteur du livre "Les mensonges en action", à topsanté.com, "les menteurs produisent plus de contacts visuels pour s'assurer qu'ils sont crus". Par contre, si la personne ne vous regarde pas dans les yeux et a le regard fuyant, alors qu’habituellement c'est plutôt l'inverse, il y a sans doute matière à vous poser des questions. Finalement, on retient qu'un langage corporel ou comportemental inhabituel est généralement, de mauvais augure.

     

    Parmi les autres signes pouvant dévoiler un mensonge, on note également des ''démangeaisons'' au niveau du cou, un frottement des mains et des micro-contacts chez l'interlocuteur. Dans le même ordre, se lécher les lèvres ou encore manipuler ses vêtements peuvent également traduire un besoin de se ''rassurer'' chez l'interlocuteur, soit par manque de confiance en soi...ou par culpabilité.

     

    Image représentant le mensonge pris dans le sac

    Crédit photo: Wildpixel - Thinkstock

     

    Si ces éléments laissent toujours planer un doute, vous pouvez lui demander de répéter son histoire, non pas à partir du début. Ayant mémoriser son histoire du début à la fin, il pourrait perdre ses repères.

     

    Si son histoire ou ses réponses contiennent trop de détails, c’est possiblement le signe qu’il tente de la rendre plus crédible. Prenez garde aussi à ne pas confondre assurance et cohérence. En effet, si l’interlocuteur raconte son histoire avec assurance, elle n’est peut-être pas cohérente pour autant; usez de votre jugement plutôt que de vos émotions pour y voir clair.

     

    Des chercheurs de l’université du Michigan ont récemment identifé certaines mimiques associés aux menteurs. D’après leurs résultats, les menteurs étaient plus susceptibles de froncer les sourcils, de bouger les deux mains et de jeter des regards à leur interlocuteur de façon inattendue. A contrario, les individus qui disaient la vérité, étaient plus susceptibles d’hausser les sourcils, d'hocher la tête et de fermer les yeux... 

     

     

    Bon menteur, ne veut pas dire bon acteur

     

    Si certains individus peuvent être de bons menteurs, ils ne sont pas nécessairement de bons comédiens. Une émotion telle que la colère, la joie ou la tristesse, lorsqu’elle n’est pas ressentie, sonnera sans doute faux ou forcée et ne saura pas berner votre intuition. Certains détails dans les expressions faciales ou ''micro-expressions'', parfois très rapides, pourraient également vous aider à détecter un mensonge.  

     

    La clé? Être plus attentif au comportement et aux mouvements de la personne et user de son bon jugement, ainsi que de son intuition (elle a bien souvent raison)

     

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