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    Stone, le monde est stone? Pas au Québec!

     

    Le «pot» sera légal au pays sous peu. Mais au Québec, cette nouvelle réalité est partie de travers…


    Marilyse Hamelin de la revue Châtelaine

     

    Société 3:  Stone, le monde est stone? Pas au Québec!

    Photo: Unsplash/Thought Catalog


    On pourra bientôt acheter et fumer du pot en toute quiétude au pays. Ce sera chose faite au plus tard cet automne, peut-être même avant, le projet de loi C-45 étant à l’étude par le Sénat en vue de son adoption.

    Or le Québec est très en retard dans le développement de son industrie, lui qui ne compte que sept producteurs sur 104 au pays. Avec moins de patients consommant du pot thérapeutique et moins de médecins qui acceptent d’en prescrire, il fait bande à part. (Tout ça, je l’ai appris en suivant le blogue d’Annabelle Blais du Journal de Montréal, qui se spécialise dans les enjeux entourant la légalisation du cannabis.)

    D’ailleurs, jusqu’à tout récemment, le Québec était la seule province à vouloir interdire la culture de la marijuana à domicile, contre la volonté d’Ottawa (le Manitoba vient d’adopter la même position). Simple prudence ou circonspection tirant sur la méfiance?


    Il est vrai, la culture du cannabis nécessite de grandes quantités d’eau et cela peut engendrer beaucoup d’humidité à l’intérieur d’un appartement si on n’en contrôle pas le taux à l’aide d’un déshumidificateur, mais n’y a-t-il pas lieu de faire de l’éducation et de la sensibilisation plutôt que d’interdire complètement?


    Sans compter qu’il serait tout à fait possible de permettre la culture à l’extérieur durant la belle saison, par exemple sur son balcon ou dans son jardin. Et pourquoi permettre aux gens de brasser leur propre bière, mais pas de cultiver leur cannabis? Le gouvernement se montre ici bien paternaliste…

    Comme l’estime Sandhia Vadlamudy, directrice générale de CACTUS Montréal, un organisme oeuvrant auprès de personnes toxicomanes, le fait de cultiver son propre pot — de surcroît lorsqu’il s’agit d’un besoin thérapeutique — coûte bien moins cher que d’aller l’acheter au magasin. C’est une question d’accès et d’équité sociale pour les moins nantis.


    Prévenir sans diaboliser

    À l’occasion d’un panel que j’ai animé dans le cadre des Assises de l’Union des municipalités du Québec (UMQ) à Gatineau il y a deux semaines, Mme Vadlamudy a rappelé que si le cannabis est un produit comportant des risques, il ne faut pas «le diaboliser» pour autant ni «stigmatiser les usagers». Elle préconise plutôt une éducation «à la consommation sécuritaire».

    Je suis bien d’accord. Bien sûr qu’il faudra faire un travail de sensibilisation pour prévenir les dépendances, particulièrement auprès des jeunes. Mais souvenons-nous aussi que plusieurs d’entre eux ne sont jamais privés de consommer du pot, légal ou non.

    Et puis je trouve risible le deux poids deux mesures avec lequel on traite le cannabis et l’alcool. Comme si ce dernier était inoffensif… L’alcool engendre une foule de problèmes sociaux — alcoolisme, violence conjugale, morts sur les routes, coma éthylique chez des mineurs et j’en passe —, ce qui n’empêche pas une société d’État de célébrer sa consommation comme un art de vivre dans un magazine qu’elle commandite et sur ses réseaux sociaux, notamment.

    Loin de moi l’idée de bannir l’alcool, mais le temps est peut-être venu d’arrêter de jouer les vierges offensées dès qu’il est question de cannabis et de plutôt envisager une éducation à la consommation responsable.

     

    Conditions à la baisse

    Cette frilosité du gouvernement québécois face au cannabis se traduit jusque dans la structure de la nouvelle société d’État responsable de la vente aux particuliers, la Société québécoise du cannabis (SQDC), où les employés auront des conditions de travail inférieures à celles de leurs homologues de la Société des alcools du Québec (SAQ).

    Voilà encore une entourloupe à courte vue de ce gouvernement qui ne s’en prive pas depuis son élection en 2014. Or ce tour de passe-passe visant à économiser pourrait au contraire s’avérer coûteux en raison du roulement de personnel à prévoir, comme le souligne judicieusement Philippe Hurteau, chercheur à l’IRIS dans cette vidéo. Et ce, sans compter les problèmes associés à du personnel inexpérimenté…


    Nouveau climat social

    Ce malaise diffus entourant la légalisation du cannabis n’est qu’une illustration parmi d’autres du vent de conservatisme social soufflant sur notre «belle province»; une illustration néanmoins saisissante, vu la valeur symbolique et culturelle du pot. Elle semble bien loin l’époque du Québec peace and love, vous ne trouvez pas?

    Et tout cela s’inscrit sur une toile de fond où les deux partis qui semblent pouvoir l’emporter en octobre (le PLQ et la CAQ) promettent d’en finir avec «l’État providence» — le fameux modèle québécois.

    On peut le dire, le Québec a vieilli et il s’est ringardisé.

     

     

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    Le français qui s’efface

     

    Comment se porte le français au Québec?
    Ou plutôt, qui s’en préoccupe encore, pour vrai?


    Josée Boileau de la revue Châtelaine

     

    Société 3:  Le français qui s’efface

    Photo: iStock.com/Oko_SwanOmurphy


    Il y a quelques jours, je participais à une conférence qui posait une question troublante – pour moi, du moins: «La langue a-t-elle besoin d’un second souffle?».

    Il était question de l’état du français au Québec. La discussion, qui réunissait des passionnés de ce dossier, s’appuyait sur un rapport de quatre chercheurs de l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Historiens et sociologues, ils se sont penchés sur l’évolution de l’Office québécois de la langue française (le titre du rapport le dit bien : Brève histoire de l’OLF/OQLF : mobilisation, incitation, contrainte, accompagnement) dont la première mouture fut mise en place dès 1961 et dont les pouvoirs ont été renforcés lors de l’adoption de la loi 101, en 1977.

    Le rapport se concentre donc sur un organisme-phare de la protection du français au Québec, mais l’arrière-scène qui est mis en lumière est plus vaste. Au fond, ce dont il est question, c’est de l’attachement de la collectivité à la défense du français. Comme les chercheurs l’écrivent : « pas d’avancée significative de la francisation sans un appui de la société civile ».

    Or le sujet n’agite plus les foules, et ce depuis un bon moment. Ou plutôt, on s’entend sur l’importance du français comme valeur commune au Québec, mais de là à agir en conséquence, c’est autre chose! Les paradoxes sont légion.

    Par exemple, il semblerait que 94,5% des Québécois sont capables de soutenir une conversation en français. C’est bien la preuve, n’est-ce pas, que nous avons triomphé des tensions linguistiques des années 1960!

    Fort bien, mais pourquoi alors certains élus montréalais, maire ou mairesse en tête, se sentent-ils tenus de s’exprimer en français et en anglais quand ils s’adressent à leurs concitoyens? Ou encore : pourquoi tenir un débat des chefs en anglais dans le cadre des prochaines élections québécoises si quasiment tous les Québécois comprennent le français? Tous les chefs de partis ont pourtant répondu « présent » avec empressement!

    Autre exemple : le gala Artis célébrait récemment la production télévisuelle québécoise. La télé d’ici est depuis longtemps la démonstration même de l’effervescence de la culture en français au Québec, une véritable réussite. La fête, pourtant, n’a pas pu se passer de l’anglais. C’est sous l’insigne du « love » que le gala se déroulait et c’est une chanson américaine qu’a entonnée Ariane Moffatt – à qui l’on doit tant de splendides chansons – pour rendre hommage aux femmes artistes.

    À dire vrai, ce n’était même pas un faux pas. De nos jours, l’inspiration et les préférences musicales des uns et des autres sont nettement anglophones. Suffit de voir ce que répondent les personnalités en tout genre quand elles sont interviewées sur leurs chansons préférées. Jamais n’est-il question de chansons en français, qu’elles soient d’ici ou de France : elles ne sont plus ni des choix spontanés, ni des références.

    Cela a d’ailleurs des échos dans la littérature. Pour des raisons professionnelles, je lis beaucoup, beaucoup d’auteurs québécois. Or ceux-ci, particulièrement les jeunes, aiment bien illustrer les états d’âme de leurs personnages en s’appuyant sur des extraits de chansons… en anglais. Comme si la langue de l’intime ne pouvait plus correspondre à la langue maternelle (phénomène constaté aussi dans le choix musical de bien des séries télé du Québec).

    À quoi s’ajoute le fait que dans ces mêmes romans québécois, on trouve régulièrement des échanges en anglais entre les personnages. Ça se voit aussi dans des romans édités en France, mais alors tant les dialogues que les mots anglais sont traduits en note de bas de page. Ici, jamais. Les éditeurs laissent passer, tenant pour acquis que tout le Québec est bilingue. Comme s’ils ne mesuraient pas la portée symbolique de mettre sur le même pied anglais et français comme langue commune du Québec.

    Évidemment, ce dont je parle ne relève pas du champ de la loi ou des attributions d’un organisme comme l’OQLF. Et pourtant, j’y vois un lien. C’est comme si au Québec, une fois adoptée la loi 101 et la mise en place des organisations chargées de l’appliquer, on a estimé que le défi linguistique était réglé. Il y a bien quelques sursauts de temps en temps, face au « bonjour-hi » des commerces du centre-ville montréalais par exemple. Mais la prise de conscience que la bilinguisation du Québec s’étend ne dure jamais longtemps.

    Pourtant, nous en avons des attentes en matière de triomphe du français au Québec. Mais alors notre regard se tourne vers les… immigrants. Le français c’est dorénavant leur affaire, pas la nôtre.

    Un récent sondage Léger indique que 73% des Québécois (79% des francophones) estiment que connaître minimalement le français « devrait être une condition obligatoire pour demeurer au Québec ». Encore plus de Québécois croient que les cours de français devraient être obligatoires pour les nouveaux arrivants.

    Surtout, pour 85% des francophones (et 76% des Québécois dans leur ensemble), la francisation des immigrants apparaît comme un « enjeu vital pour l’avenir du Québec ». Il semblerait même que ce souci devienne un enjeu électoral, si on en croit les discours politiques ces derniers temps.

    Mais que fait-on dans la réalité? On persiste au jour le jour à s’adresser en anglais aux nouveaux arrivants – ce qui inclut nos échanges personnels, le comportement de bien des élus et la correspondance avec l’administration publique. De même, il est toujours plus facile pour un unilingue anglophone que pour un unilingue francophone de se trouver un emploi à Montréal. Depuis des décennies (j’ai fait des reportages sur ce sujet au tout début des années 1990), des immigrants nous ont souligné cette hypocrisie d’un Québec qui s’affiche français mais qui dans les faits, s’en passe facilement.

    Dans le rapport des chercheurs de l’UQAM, on lit que l’OQLF a atteint un stade de routinisation et que son action est dorénavant marquée par le pragmatisme : compromis et négociation sont à l’ordre du jour plutôt que de chercher le respect intégral de la loi 101. Tout le monde est content : ça évite les confrontations.

    Je trouve que c’est à l’image de notre rapport collectif au français : bien des compromis, de plus en plus de renonciations. Ouf! on évite les chicanes! Mais que ça rapetisse le champ d’utilisation du français. Que ça fait doucement s’effacer la grande spécificité du Québec sur ce continent.

    Et alors, est-ce si grave? disent de plus en plus de gens, non pas dans les sondages mais lorsqu’ils en parlent dans la vraie vie. Moi, je réponds encore oui… Mais sommes-nous si nombreux de mon camp?

     

     

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    Devrait-on demander aux gens leurs origines?

     

    S’enquérir des origines de quelqu’un, ce n’est pas tabou, ni raciste ! Du moins tant que ce n’est pas la seule chose qui nous intéresse…


    Manal Drissi de la revue Châtelaine

     

    Société 3:  Devrait-on demander aux gens leurs origines?


    Photo: Maude Chauvin


    La première fois que j’ai entendu le slam de Queen KA, poétesse québécoise aux origines tunisiennes, sur les enfants d’immigrants, c’est comme si un silement dont je n’avais pas conscience s’interrompait. Comme si je découvrais le silence apaisant et me rendais soudain compte du bruit sourd qui jusque-là m’habitait. Nous avons, comme elle le dit si justement, le cul entre deux chaises.

    La semaine dernière, la plateforme Rad publiait à son tour des témoignages de Québécois portant une double identité, dont Queen KA, Sarahmée Ouellet, Dalila Awada, Mehdi Bousaidan, Karim Ouellet et Richardson Zéphir.

    Il se passe quelque chose, me suis-je dit. Nous prenons la parole. Nous prenons la scène et les ondes et, la tête haute, nous défrichons une place plurielle dans l’imaginaire collectif.

    Une phrase de Queen KA, prononcée dans le slam et reprise dans la vidéo de Rad, m’a toutefois semblé faire particulièrement réagir les commentateurs : « Je préfèrerais qu’on me demande où je vais, plutôt que de me demander d’où je viens ».

    Demander les origines de quelqu’un est-il entré au palmarès des sensibilités de la gauche épidermique? La curiosité est-elle à présent une branche du racisme? Le genre est rendu fluide et les origines taboues! Qu’on m’apporte vite un Sharpie, je sens monter en moi les slogans de manif!

    Un instant. (Sur un air connu) Enwèye embarque, ma belle, je t’emmène… en zone grise.

    Étant white passing, c’est-à-dire que ma mère a légué son teint basané seulement à ma sœur (je consulte pour ça), je passe souvent inaperçue comme immigrante, souvent même davantage que ma sœur qui porte un prénom commun et qui est née ici. C’est mon nom qui fait céder le barrage d’interrogations: « C’est de quelle origine, ça, Manal?/T’es née ici?/T’es arrivée à quel âge?/Comment ça se fait que t’as pas d’accent? ».

    À la banque, au garage pour un changement de pneu, en faisant une réservation, ce refrain se répète presque systématiquement quand je rencontre de nouvelles personnes. Je ne m’en formalise pas; j’ai l’habitude. L’échange se déroule en général sans heurts et mène parfois à des discussions intéressantes.

    La question est cependant bien plus large.

    Il est rare qu’on me demande mon signe astrologique. Et quand ça arrive, je trouve amusant qu’on tente de prêter aux astres un rôle dans mon identité. Ah bon? Je suis plus têtue, distraite ou généreuse parce que je suis née telle date? Fabuleux.

    Si toutefois, au quotidien, la première information dont les gens s’enquéraient après mon nom, c’était mon signe astrologique; si, en grand nombre, des gens associaient ma réponse à des préjugés défavorables; si être poisson diminuait de moitié mes chances d’être convoquée en entrevue d’emploi ; si mon signe astrologique était instrumentalisé pendant les campagnes électorales, si j’étais régulièrement réduite à un cliché, mon amusement se dissiperait certainement.

    Ceux qui posent la question candidement oublient qu’elle existe en dehors d’eux, sur différents tons, sous différents prétextes, et qu’elle traîne parfois à sa remorque de l’ignorance, de l’intolérance ou de la haine.

    Je peux certes rire d’un « T’es marocaine? Ma belle-sœur a marié un Libanais! », mais c’est moins drôle quand une dame refuse de me vendre un miroir sur Kijiji, puis accepte quand je la contacte sous un nom fictif plus commun. C’est moins drôle quand la première chose qu’on me demande sur Tinder, c’est mon origine et ma religion parce que « je sors pas avec des musulmanes, elles veulent nous convertir ». C’est moins drôle quand les critiques de mon travail public, dans mon inbox, se concluent par « si t’es pas contente, retourne dans ton pays ».

    Ces expériences négatives, bien que plus courantes dans le climat actuel, demeurent rares. Elles sont néanmoins marquantes, s’inscrivent dans une expérience commune et, additionnées à toutes les questions bienveillantes mais redondantes, peuvent causer un sentiment de lassitude. Insidieusement, à toujours être ramené à ses racines, on finit par se sentir étranger chez soi.

    Non, il n’est pas raciste de s’enquérir des origines de quelqu’un. La question n’est pas à proscrire, ni taboue. La plupart des gens sont fiers de partager leur héritage. Est-il pour autant normal que la question des origines soit posée si souvent, si rapidement, dans tous les contextes, aux mêmes personnes, avec l’attente implicite d’une réponse complète et courtoise? L’on devrait pouvoir parler de ces choses-là sans polariser la question.

    Si certains voient dans cette phrase de la slammeuse Queen KA un rejet de la curiosité et de la bienveillance, j’y vois pour ma part un appel à s’intéresser au moins autant au chemin que l’on défriche qu’à celui que l’on a parcouru. J’y vois un rappel qu’à trop fouiller sous terre, on oublie que l’apport des racines s’observe surtout dans le feuillage qu’elles ont nourri de leur sève.

     

    Société 3:  Devrait-on demander aux gens leurs origines?

     

     

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    10 bonnes raisons de détester Noël

     

    Noël : ses chants, ses cadeaux, ses téléfilms, ses repas interminables et ses décorations kitschs... Tout un programme. Quitte à passer pour des trouble-fêtes et se faire enguirlander, voici 10 preuves que Noël, ça sent le sapin.

     

    10 bonnes raisons de détester Noël© Giphy

     

    Chaque année, vos collègues et vos proches sont surexcités à l'idée de fêter Noël. Sauf qu'accrocher des guirlandes sur un arbre qui pique, dépenser tout votre salaire en cadeaux pour ceux que vous aimez (et ceux que vous aimez moins), ou réécouter "All I Want For Christmas is You" de Mariah Carey, ça vous fout les boules. Rassurez-vous : vous n'êtes pas seul(e). Voici 10 bonnes raisons de détester cette fête, 100% anti-esprit de Noël et pleines de mauvaise foi.

     

    1. C'est dangereux

    Entre ceux qui s'ouvrent la main au lieu des huîtres (alors qu'il y a une technique toute simple), ceux qui veulent se faire mousser en sabrant le champagne (en envoyant le bouchon dans l'œil de Gégé), ceux qui raffolent des fruits de mer (et qui finissent le repas aux WC), ou encore ceux qui voient leur sapin prendre feu, sachez qu'en ne fêtant pas Noël, vous ne courez aucun de ces risques. Néanmoins, il y a quelques conseils que vous pourrez prodiguer à vos proches. En leur rappelant que c'est grâce à vous qu'ils n'ont pas fini aux urgences.

     

    2. La famille, ce n'est pas toujours formidable

    On déteste toujours autant tonton José qui nous prend pour une dinde et on doit tout de même se le farcir tous les ans. Sans oublier la sempiternelle dispute entre notre mère et mamie Jacqueline sur la cuisson du chapon, les commentaires désobligeants de tatie Geneviève sur notre vie (amoureuse, professionnelle et même vestimentaire) et nos cousins bizarres, avec lesquels on n'aurait jamais traîné en temps normal (mais que l'on a appris à accepter apprécier avec le temps). La famille, c'est sacré et sacrément chiant parfois.

     

    3. Ce n'est jamais le bon cadeau

    Feindre l'euphorie lorsque l'on reçoit un moule à œuf carré, une gomme en forme de cactus ou du scotch décoratif, c'est épuisant. Puisque c'est le geste qui compte, on ne nous en tiendra pas rigueur lorsque le présent sera revendu sur un site marchand pour pouvoir acheter ce bloc-notes en forme de salami que l'on voulait tant, hein ?

     

    4. Les boutiques sont prises d'assaut

    S'il y a bien un moment pendant lequel on ne peut pas faire son shopping tranquillement, c'est bien à l'approche des fêtes de Noël. Et ça, notre âme de dépensière compulsive apprécie moyen. Entre les files d'attentes interminables, les gens qui vous bousculent à tout va, les étals inaccessibles (et mal rangés) parce qu'il y a trop de monde et les vendeurs à la limite du burn-out, on ne peut même plus claquer paisiblement tout l'argent que l'on n'a pas.

     

    5. Ce n'est pas écologique (sauf Noël Mamère)

    Les rues sont éclairées de kilomètres de guirlandes électriques. Sans compter celles de nos voisins dont le salon ressemble à une discothèque de mauvais goût depuis qu'ils ont installé leurs décorations. En 2010, l'Ademe a évalué la puissance nécessaire aux illuminations de Noël en France à 1.300 MW, soit presque l'équivalent de celle d'une centrale nucléaire. Faut-il ajouter à cela les pauvres sapins déracinés qui ne seront pas replantés ?

    6. Ça fait grossir

    C'est toujours la même rengaine : après les fêtes, notre balance affiche toujours "+ 3 kilos" que l'on met un an à perdre... et que l'on récupère au Noël suivant. Néanmoins, on attend qu'une chose à chaque fin d'année : s'empiffrer d'amuse-gueules, de saumon fumé, de foie gras, de dinde, de marrons et d'autres mets festifs, en faisant passer le tout avec beaucoup de champagne.

    7. Ce n'est pas très fashion

    Parce que les pulls, chaussettes, bonnets, grenouillères et autres vêtements de Noël sont certes rigolos, mais ne seront jamais tendance. Et ce n'est pas la famille royale britannique, même immortalisée en statue de cire, qui dira le contraire.


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    8. Sur le petit écran, ce n'est pas glorieux

    Chaque mois de décembre, Noël bouscule la grille des programmes télé. Pire encore : TF1 a osé déprogrammer l'année dernière Les feux de l'amour pour diffuser des téléfilms mielleux et des classiques du grand-écran que l'on a vu 3.000 fois et qu'on n'a justement pas envie de revoir (BeethovenLove actually, ou La Course au jouet, pour ne citer qu'eux). Seul Le Grinch mériterait de passer en boucle (bon, Maman j'ai raté l'avion, aussi).

    9. Nos oreilles saignent

    Les chansons de Noël sont l'œuvre d'artistes américains qui n'avaient pas d'inspiration et qui ont profité des fêtes pour se faire plein d'argent tout en torturant nos tympans. De plus, si les grelots étaient un instrument de musique, ça se saurait.

    10. Le Père Noël est une ordure

    Et ça, c'est la meilleure des preuves. Joyeuses fêtes quand même.

    Société 3:  10 bonnes raisons de détester Noël

     

     

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    #MoiAussi: au-delà des vedettes…

     

    #MoiAussi a accompli ce qu’#AgressionNonDénoncée n’avait pas permis de faire: démontrer l’ampleur du problème du harcèlement sexuel.


    Marilyse Hamelin du magazine Châtelaine

     

     

    Société 3:  #MoiAussi: au-delà des vedettes…

     

    La preuve n’est plus à faire quant à l’utilité de la campagne #MoiAussi (#MeToo) sur les réseaux sociaux. Au moment où j’écris ces lignes, les gestes de plusieurs hommes influents ont été dénoncés. La vague #MoiAussi, c’est une prise de conscience collective assortie de gestes d’éducation populaire, comme un guide pour démystifier les agressions et le harcèlement sexuel au travail, publié par Le Journal de Montréal.


    Ainsi, #MoiAussi a accompli ce qu’#AgressionNonDénoncée n’avait pas permis de faire: démontrer l’ampleur du problème du harcèlement sexuel. Si l’affaire Aubut a été une forme de prologue, cette fois, on sent que ça ne passe plus.


    Mais au-delà du «déboulonnage de vedettes», bien avant que La Presse ne publie son enquête sur Éric Salvail, j’avais déjà pu mesurer l’utilité de la campagne en raison de la prise de conscience de nombreux hommes «ordinaires». Certains ont publiquement utilisé les mots-clics #ihave #itwasme ou #ididit sur les réseaux sociaux. D’autres sont tour à tour débarqués dans ma boîte de réception privée sur Facebook, au point où j’ai dû dire à chacun qu’il n’était «pas le seul à passer à la confesse».


    Qu’ils aient eux-mêmes commis du harcèlement sexuel par le passé ou qu’ils en aient été les témoins silencieux, ces hommes-là ont non seulement compris quelque chose grâce à #MoiAussi, mais ils ont senti le besoin d’exprimer des regrets. Ce n’est pas rien.


    Mieux vaut tard…

    Sur une note plus personnelle, j’ai reçu des excuses de la part d’un homme qui était au courant du harcèlement sexuel que j’ai subi en emploi au tournant des années 2010 et qui ne m’en avait jamais parlé.


    Évidemment, son message a ravivé chez moi de douloureux souvenirs, enfouis. Je n’ai jamais été aussi dysfonctionnelle et incompétente que durant ces mois passés à endurer les agissements et paroles déplacées de mon ex-patron à mon endroit. À cette époque, je suis allée chez la coututière à quelques reprises pour faire ajouter des boutons aux cols de mes chemisiers et me suis mise à porter des foulards et des pulls amples. La jeune femme naïve que j’étais a cru que cela pourrait la protéger.


    (Âmes sensibles, s’abstenir de lire le paragraphe suivant, qui relate ce que j’ai vécu.)


    Je me souviens de ma surprise la première fois où, en route vers une réunion, en voiture, mon patron m’interroge sur mes positions préférées au lit. Ces questions reviendront à plusieurs reprises durant les mois suivants. Je me souviens du sentiment de peur qui s’installe chez moi à l’idée de me retrouver seule avec lui au bureau, parce qu’il arrive souvent par derrière, au moment où je m’y attends le moins, pour me susurrer des paroles à l’oreille ou pour renifler l’odeur de ma nuque. Je me souviens de sa manière de m’enlacer par la taille, de mettre sa main sur le creux de mes reins lorsque je suis à l’ordinateur, de sa façon de me regarder dans les yeux et de mimer un cunnilingus avec ses doigts et sa langue, alors que sa conjointe est dans la même pièce, de dos. Je me souviens de sa manière de me faire sentir que je suis son employée et que je lui appartiens. Je me souviens de mes collègues et supérieurs – à qui je me plains de la situation – qui relativisent ce que je vis («Il fait ça pour rire»; «Il est comme ça, que veux-tu»; «Ignore-le»).


    J’ai fini par démissionner. Je me suis arrangée, toute seule.


    Je n’attendais plus rien, après toutes ces années… J’ai d’abord versé quelques larmes en lisant ce message d’excuses, mais il m’a fait grand bien. C’est également ça, la vague #MoiAussi.


    Évolution des mentalités

    Je comprends, en tout respect, celles qui sont à la fois lasses et en colère, qui ne voient aucune utilité à ce mouvement à long terme, mais il ne faut pas céder au cynisme ou au découragement. Les changements de mentalité sont une chose difficile à quantifier. Or c’est souvent à l’aune de ceux-ci qu’on mesure l’évolution des sociétés.


    Dans son livre Le féminisme québécois raconté à Camille, l’historienne Micheline Dumont rappelle que le 12 mai 1982, la première fois qu’il a été question à la Chambre des communes de la violence faite au femmes, ces messieurs parlementaires ont éclaté de rire. Il faut dire qu’à l’époque, l’air du temps faisant en sorte que certains se sentaient bien à l’aise de parodier une vieille annonce de bière (Labatt, n’y a rien qui la batte!), en lançant à la cantonade, suivi d’un gros rire gras: À place de la battre, débouche-toi donc une Labatt! Hilarant, n’est-ce pas?


    De nos jours, grâce à une législation plus adaptée, mais aussi au travail de fond des groupes de femmes et aux campagnes publiques de sensibilisation, la violence conjugale n’est plus acceptable socialement. (D’ailleurs, je me souviens comme si c’était hier de cette publicité qui a marqué mon enfance.)


    Bien que le problème du harcèlement sexuel ne disparaîtra pas comme par magie, nous venons de faire un sapré pas en avant sur cette question. Ce n’est plus aux victimes de ressentir de la honte et de la culpabilité. Non seulement les fautifs devront réfléchir, mais j’ose espérer que les témoins ne se tairont plus.


    Je sais, j’espère beaucoup, mais on avance, indéniablement. Et il faut continuer, parce que le monde, on est vraiment en train de le changer.


    Chroniqueuse du mois

    Journaliste indépendante, conférencière et auteure, Marilyse Hamelin dirige le blogue féministe La semaine rose. Son premier essai, Maternité, la face cachée du sexisme, vient tout juste de sortir en librairie.

     

    Note de Frawsy:

    N'ayez pas peur de dénoncer ces

    agressions sexuelles au Service de Police.

     

    Société 3:  #MoiAussi: au-delà des vedettes…

     

     

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