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    Fascinante île de Man

     

    Le village de Cregneash, conservé tel qu'il était... (PHOTO PIERRE-MARC DURIVAGE, LA PRESSE)

     

    Le village de Cregneash, conservé tel qu'il était au début du XXe siècle, est un musée à ciel ouvert entretenu par l'association Manx National Heritage.

    PHOTO PIERRE-MARC DURIVAGE, LA PRESSE

     
    CREGNEASHÎLE DE MAN
    La Presse
     

    Située dans la mer d'Irlande, au milieu des îles britanniques, toute l'île de Man est reconnue au sein de la réserve de la biosphère de l'UNESCO. Et pour cause. C'est un concentré unique d'histoire, de curiosités et de paysages naturels aussi variés qu'étonnants qui valent le détour.

     

    Belle et rebelle

    Au sommet du mont Snaefell, par beau temps, on dit qu'il est possible d'apercevoir sept royaumes: l'île de Man, l'Angleterre, l'Écosse, le pays de Galles, l'Irlande, le ciel et la mer. L'île de Man est en effet plantée en plein coeur des îles Britanniques. Jalousement indépendante, elle est aussi joyeusement accueillante.

    «On veut mettre au premier plan notre patrimoine, notre culture et notre langue ancestrale, nous confie Helen Ashcroft, qui nous a guidés à la découverte des attraits principaux du sud de l'île. C'est ce qui nous distingue de l'Angleterre. En fait, les gens s'attendent à ce que ce soit semblable, mais c'est réellement différent.»

     

    C'est en effet bien différent. D'abord parce que l'île de Man est autonome. Elle n'est pas assujettie au Parlement du Royaume-Uni, mais relève directement de la Couronne, qui lui a conféré une large autonomie politique et économique. Elle possède notamment sa propre monnaie - attention si vous pensez faire escale en Angleterre après un séjour dans l'île de Man, car les livres mannoises ne sont pas toujours acceptées dans les commerces britanniques. Elle possède aussi des politiques fiscales très avantageuses qui attirent de nombreuses entreprises étrangères. Autre caractéristique étonnante, il n'y a pas de limite de vitesse nationale dans l'île de Man - sauf contre-indication, dans les villes et villages, notamment.

    C'est dans cet esprit très libertaire que l'île de Man en est venue à accueillir plusieurs courses de motos disputées sur les routes publiques. La plus connue est l'Isle of Man Tourist Trophy (TT), qui a lieu chaque année depuis 1907 de la fin de mai au début de juin. C'est l'évènement qui attire le plus de touristes dans l'île, près de 40 000, dont bon nombre de motocyclistes. «Je crois que le TT est formidable, dit Helen Ashcroft. Accueillir autant de visiteurs apporte de l'action comme jamais, c'est un véritable festival pour l'île. Oui, il s'agit d'une course qui peut être dangereuse, mais nous avons nos propres règles. C'est certainement une manifestation de notre indépendance. Et ça nous fait connaître.»

    On essaie toutefois d'amener cette manne de visiteurs à profiter des activités de plein air et à visiter les nombreux attraits de l'île. «Depuis quatre ans, pendant le TT, on vend une épinglette qui donne accès aux différents musées et lieux de l'île. On sent de plus en plus que les amateurs de course s'engagent dans la découverte de l'île, au-delà du seul fait de rouler sur le circuit de Snaefell Mountain», soutient Mme Ashcroft, qui travaille au Manx National Heritage, organisme chargé de la protection et de la valorisation du patrimoine culturel et historique de l'île.

     

    Cregneash, berceau mannois

    C'est dans le village de Cregneash que le patrimoine culturel de l'île s'exprime probablement le mieux. Il s'agit en fait d'un musée à ciel ouvert, créé il y a 80 ans sous l'impulsion du linguiste norvégien Carl Marstrander - il s'agissait alors du premier établissement du genre dans les îles Britanniques. L'organisme Manx National Heritage a d'abord acheté la maison de Harry Kelly quelques années après sa mort, puis a fait de même avec la plupart des autres bâtiments du village. Beaucoup de meubles que l'on trouve dans les maisons ouvertes aux touristes étaient donc déjà sur place à l'époque. «Harry était un célibataire endurci qui résistait au changement, voilà pourquoi sa maison est restée inchangée si longtemps, nous explique Helen Ashcroft. On a toutefois choisi de faire quelques ajouts pour montrer comment les familles vivaient à l'époque, notamment en réaménageant la mezzanine, où tous les enfants dormaient.»

    Les remarquables toits de chaume caractérisent aussi ces maisons vieilles de plus 300 ans à l'architecture vernaculaire de l'île de Man. «Ils sont faits de tourbe et de paille, le tout retenu en place par des filets de pêche attachés à des pierres qui sortent de la structure de la maison, nous explique Mme Ashcroft, exemple à l'appui. Un toit de chaume peut durer de trois à cinq ans avant qu'on lui en superpose un nouveau. Après quelques cycles de remplacement, on recommence à neuf.» Quant au bois utilisé pour la structure à l'époque à Cregneash, il provenait bien souvent d'épaves.

    Enfin, c'est aussi grâce à Cregneash que la langue mannoise vit actuellement une renaissance dans l'île. En 2009, l'UNESCO l'avait pourtant déclarée officiellement éteinte. Aujourd'hui, l'école Bunscoill, à St. John's, offre un enseignement exclusivement en mannois à une soixantaine d'enfants, alors que les rudiments de la langue d'origine gaélique sont de plus en plus abordés dans les autres écoles insulaires. «On a conservé des enregistrements d'époque réalisés à Cregneash par le professeur Marstrander, nous apprend Mme Ashcroft. On a pu s'appuyer là-dessus pour littéralement faire renaître la langue.» Aujourd'hui, plus de 1800 personnes parlent le mannois dans l'île de Man.

     

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    Les ruines de la cathédrale de Saint-Germain, au coeur du château de Peel.

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    Sur les traces des Celtes et des Vikings

    Avec son emplacement stratégique au coeur de la mer d'Irlande, l'île de Man a été exposée à diverses influences au fil de son histoire. Elles puisent ses traditions tant chez les Celtes que chez les Vikings et les Britanniques, qui se sont succédé sur ce territoire de 53 km de long sur 21 km de large - pas beaucoup plus grand que l'île de Montréal. Les traces les plus marquantes sont certainement les châteaux de Peel et Rushen, aussi remarquables que différents. Visite guidée.

    Château de Peel

    «Je suis vraiment excitée de savoir que des Vikings ont vécu ici. C'est une période de l'histoire qui possède un caractère dramatique, et ici, on marche dans les traces des Norses.»

    Notre guide Suzy Walker a la chair de poule pendant que nous parcourons l'île St. Patrick, sur laquelle se trouve l'enceinte des majestueuses ruines du château de Peel. Les plus anciennes - une tour et une église - ont été construites au Xe siècle par des Celtes chrétiens qui avaient commencé à occuper l'île dès la fin du VIIe siècle. Mais c'est aux Vikings que l'on doit la partie de la ruine la plus spectaculaire, la cathédrale Saint-Germain, construite à partir du début du XIIIe siècle. À cette époque, l'île de Man était la capitale du royaume de Man et des Îles, qui englobait aussi les Hébrides, les Orcades et les Shetlands, archipels situés au nord et à l'ouest de l'Écosse.

    L'importance du château de Peel peut notamment s'observer grâce à la découverte de la tombe de la «Dame païenne», l'une des plus richement dotées hors de la Scandinavie - son collier, serti de pierres provenant d'un peu partout dans le monde viking de l'époque, est exposé au Manx Museum, à Douglas.

    La cathédrale a été renforcée par la suite alors que de vastes remparts ont été érigés tout autour de l'île, qui a été le théâtre de plusieurs affrontements, notamment en raison des rivalités entre Anglais et Écossais jusqu'au milieu du XVe siècle.

    Aujourd'hui, plus de 28 000 personnes visitent chaque année le château de Peel et des ateliers pédagogiques s'y déroulent régulièrement. On laisse délibérément les ruines se couvrir de végétaux, de façon à les préserver des intempéries. Il n'est donc pas question de restaurer la forteresse, abandonnée depuis la moitié du XVIIIe siècle. «Certains souhaitent qu'on installe des toits sur les ruines principales, nous informe Suzy Walker, qui travaille pour l'association Manx National Heritage. Des analyses ont été entreprises pour déterminer si c'était possible, mais la structure s'est révélée trop fragile.» La crypte, située sous la cathédrale, est la seule partie dont le plafond subsiste; elle a longtemps servi de prison ecclésiastique.

    Malgré son passé militaire, l'endroit inspire la paix. On pourrait y flâner pendant des heures, piqueniquer sur la pelouse verdoyante qui enveloppe les ruines sur plus de trois hectares ou faire une randonnée autour de l'enceinte. De là, on peut monter sur la colline de Peel et longer la côte pour se rendre jusqu'à la Corrin's Tower, 2 km plus loin.


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    Le château Rushen, à Castletown, est l'un des mieux préservés d'Europe.

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    Château Rushen

    À l'opposé de la forteresse de Peel, le château Rushen est l'un des ouvrages défensifs médiévaux les mieux préservés d'Europe. Utilisé sans interruption depuis 800 ans, il a d'abord servi à la cour des rois vikings avant de devenir le siège des comtes de Derby, dynastie très proche de la Couronne d'Angleterre qui a régné sur l'île de Man pendant près de 300 ans, jusqu'en 1738. C'est ensuite devenu une caserne militaire et plus tard une prison, avant de conserver des fonctions administratives - on y a notamment frappé la monnaie de l'île.

    Le château a toutefois pris son allure actuelle au milieu du XIVe siècle, comme en témoignent les démarcations sur les murs. C'est le siège du roi d'Écosse Robert Bruce, qui a combattu auprès du patriote William Wallace - le fameux Braveheart personnifié au cinéma par Mel Gibson - qui a motivé ces travaux. «Robert Bruce était probablement le plus habile conquérant de forteresses de son temps, nous explique Edmund Southworth, directeur du Manx National Heritage, tandis que nous traversons la cour de l'impressionnante citadelle. Le château est donc passé sous contrôle écossais jusqu'en 1333 avant de repasser sous le giron anglais. C'est alors qu'ont été entrepris l'agrandissement et le renforcement du château, de 1350 à 1390.»

    Plusieurs modifications ont par la suite été faites, mais toujours dans un souci de conservation. D'importants travaux de restauration ont été réalisés de 1907 à 1910. On en a alors profité pour faire des travaux d'excavation qui ont permis de réhabiliter les douves. Lors de notre passage, on achevait une nouvelle série de travaux qui ont notamment permis d'améliorer les installations d'accueil - «il ne faut pas oublier que ce genre d'endroit était conçu pour garder les gens à l'extérieur!», nous fait remarquer M. Southworth en riant. Ainsi, la boutique d'accueil dispose maintenant de portes automatiques installées là où se trouvait la première herse, alors qu'une passerelle neuve a été aménagée là où s'abaissait à l'origine le pont-levis. Tous ces équipements ont été conçus avec des matériaux destinés à se marier à l'environnement historique.

    En tout, le château comprend 40 pièces, la plupart décorées avec du mobilier rappelant l'époque. Toutefois, l'utilisation de personnages de plâtre aurait avantage à être revisitée. Il est néanmoins intéressant de voir de quelle façon la disposition des pièces était conçue pour désorienter les gens - la salle du trésor étant naturellement la plus difficile d'accès, passé les quartiers du roi. Inutile de dire qu'il a fallu suivre notre guide pas à pas pour sortir de là!

     

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    La Loch Promenade, dans la capitale Douglas, est bordée de chics maisons victoriennes.

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    Concentré de plaisirs

    Au-delà de la richesse de son histoire et de son patrimoine, l'île de Man offre une impressionnante variété d'activités et de découvertes à moins d'une heure de route l'une de l'autre. Sélection.

    Douglas

    La capitale Douglas assume pleinement son passé victorien et ça lui va très bien. D'un côté, la Loch Promenade s'ouvre sur la mer d'Irlande alors que de l'autre, on trouve une enfilade de chics maisons construites à la fin du XIXe siècle. «L'île était une destination très populaire pendant la période victorienne, nous a raconté la guide Helen Ashcroft. Ça s'est généralement maintenu au cours du XXe siècle, mais l'avènement des vols au rabais a tourné l'attention des touristes britanniques vers d'autres destinations européennes, notamment l'Espagne et l'Italie.» La tendance s'est toutefois renversée au cours des dernières années et Douglas se fait accueillant avec sa marina, ses bars et des restaurants de fort belle tenue.

    Laxey Wheel

    Avec ses 22 m de diamètre, c'est la plus grande roue hydraulique encore en fonction au monde. Mais, non content d'avoir réalisé une roue si grande, l'ingénieur mannois Robert Casement caressait l'idée d'en faire un véritable monument. La roue, d'un rouge écarlate, est inaugurée en septembre 1854. On lui donne le nom de Lady Isabella en l'honneur de la femme du lieutenant-gouverneur Charles Hope. Propulsée grâce à l'eau canalisée des collines avoisinantes, elle sert à pomper l'eau à l'extérieur de la mine de plomb et de nickel, en activité depuis 1790. La mine a été fermée en 1930, mais on a sauvé Lady Isabella. Lubrifiée tous les vendredis, elle tourne toujours, un bel exemple du génie de l'époque victorienne.

    Calf of Man

    À l'extrémité sud de l'île de Man se trouve la réserve naturelle de Calf of Man, îlot rocheux fréquenté par les oiseaux et par un grand troupeau de moutons Loaghtan - le seul non exploité commercialement. On peut y loger, mais les rares chambres sont réservées plusieurs mois d'avance. Même si on ne peut pas traverser le périlleux bras de mer qui sépare Calf of Man de l'île principale, un arrêt d'impose à The Sound, joli restaurant circulaire qui offre une vue imprenable sur l'îlot. On peut aussi s'y rendre en kayak à partir de Port Saint Mary, mais il faut le faire par beau temps et à marée basse: la vitesse de la marée montante peut atteindre 9 noeuds.

    Randonnées

    Les possibilités de randonnée sont innombrables à l'île de Man. Le sentier le plus connu est sans doute «La voie du goéland», «Raad Ny Foillan» en mannois; il suit la côte sur près de 160 km pour faire le tour complet de l'île en 12 sections. En tout, il y a plus de 40 sentiers différents qui traversent l'île de part en part. Aussi, l'étonnant réseau de transports en commun permet une grande flexibilité dans le choix d'itinéraires; avec notre guide Chris Callow, d'Island Heritage Tours, nous avons monté en tramway au sommet du mont Snaefell pour ensuite redescendre vers Laxey, une randonnée dépaysante de près de 7 km.

    Trains pour tous

    L'île de Man attire aussi son lot de touristes charmés par l'étonnant cocktail de moyens de transport toujours en service. Le tramway électrique, qui fête ses 125 ans, relie la capitale Douglas à la ville de Ramsey, dans le nord-est de l'île, en offrant de saisissants panoramas. Une correspondance à Laxey permet par ailleurs de monter au sommet du mont Snaefell. Vers le sud, c'est le plus vieux train à vapeur à voie étroite des îles britanniques qui relie la capitale à Port Erin. On trouve aussi à Douglas un tram tiré par des chevaux qui fait le lien entre le terminal maritime et la gare du tramway électrique. Sans compter les trains miniatures de Great Laxey Mine et Groudle Glen.

    House of Manannan

    «En 1997, Peel vivait des heures sombres, le secteur de la pêche était au ralenti, nous a expliqué la guide Suzy Walker. On estime que le musée House of Manannan, construit autour de l'ancienne gare, a contribué à la relance de la ville.» L'établissement est nommé en l'honneur du Dieu celte protecteur de l'île de Man grâce à sa cape de brouillard. L'histoire de l'île y est habilement reconstituée avec des décors grandeur nature évoquant notamment une maison ronde celtique, une maison longue viking, un drakkar ainsi qu'une rue du port de Peel à l'apogée du commerce de la pêche, au début du XXe siècle.

     

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    Douze phares sont construits tout autour de l'île de Man, dont celui de Maughold Head, érigé en 1914 à l'extrémité est de l'île.

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    Carnet de notes

    Comment s'y rendre

    Près de 90 % des touristes qui visitent l'île de Man arrivent de Grande-Bretagne. L'accès se fait donc essentiellement à partir des îles Britanniques, par traversier ou par avion. Du Québec, le trajet implique généralement deux escales - l'exception étant Air Transat, qui offre l'été trois vols par semaine vers l'aéroport de Londres-Gatwick, d'où il est possible de voler vers l'île de Man avec easyJet. Sinon, il faut d'abord voler vers Liverpool, Manchester ou Dublin, par exemple. Dans tous les cas, il faut acheter son billet vers l'île de Man séparément auprès des transporteurs locaux qui la desservent - Flybe offre le plus de liaisons. Il faut par ailleurs noter qu'il n'y a pas de vol entre l'aéroport du Ronaldsway et Londres-Heathrow.

    Hébergement

    L'île de Man ne manque pas d'hôtels et compte même un bon nombre de gîtes et d'auberges. En revanche, pendant les deux semaines de la course de motos Isle of Man Tourist Trophy, de la fin de mai au début de juin, il faut s'y prendre d'avance pour réserver sa chambre. Bon à savoir: l'organisation de la course s'est entendue avec des résidants qui proposent des chambres dans le cadre du programme Homestay TT. L'affluence est aussi plus importante en août lors du Manx Grand Prix, mais on reste loin de la cohue suscitée par la venue de près de 40 000 visiteurs dans une île qui compte à peine 85 000 habitants.

    Produits locaux

    Depuis l'an dernier, le programme «Product of Isle of Man» est mis en valeur pour le bonheur des gourmands. Savoureuse crème glacée, beignets maison, agneau et boeuf élevés en pâturage libre, fruits de mer frais, on mange bien à l'île de Man. Il faut d'ailleurs goûter les «queenies», petits pétoncles qui font la fierté des Mannois. Mais il ne faudrait pas passer sous silence un autre plat typique de l'île, le «chips, cheese and gravy». Vous aviez bien lu, il s'agit bel et bien d'une poutine, faite avec du fromage râpé. Pas mal, mais pas bonne comme la nôtre, l'originale!

    Transport

    L'île est très bien desservie par les transports en commun - autobus, trains et tramway - , qui offrent une belle fréquence de service. Il est toutefois plus facile de découvrir les secrets de l'île en voiture. Des entreprises de location sont présentes à l'aéroport, mais on suggère de faire affaire avec les entreprises locales, beaucoup plus abordables.

     

    Infos utiles

    > Langue parlée: anglais

    > Monnaie: livre mannoise (au pair avec la livre sterling, qui est aussi acceptée partout)

    > Décalage avec le Québec: 5 heures

     

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    Par Philippe Bourget
     
     
     

    À l'extrême sud-ouest de la Grande-Bretagne, règnent les paysages de bocage aux prairies vert gazon, aux haies immenses et les ports blottis le long d'estuaires cachés. Bienvenue en Cornouailles, illustrés par la beauté du cap Lizard, de St. Michael's Mount et de havres minuscules, sans oublier, tradition anglaise oblige, un détour par d’incroyables jardins.

     
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    Proche des falaises du cap Lizard, la plage de Kinance Cove. On y accède par le South West Coast Path, sentier de randonnée qui longe le littoral des Cornouailles

     

    Polperro, un port joliment encaissé au fond d’un vallon maritime sur la côte sud des Cornouailles. Des maisons pieds dans l’eau ; une minuscule criée, à l’image de ce village de poupée ; un ruisseau discret glissant à l’arrière des cottages ; des mouettes criardes et voraces... Coup de cœur pour ce port intime, incarnation du rivage de cette région anglaise où se succèdent, invisibles depuis les terres, des escales côtières entretenues comme des reliques patrimoniales. Il faut compter au moins trois jours pour profiter du territoire. Le granit de la pointe sud-ouest du Royaume-Uni est découpé en tellement de baies, anses et estuaires que suivre le trait de côte prend un peu de temps... D’autant que les routes sont à l’unisson. Ah ! les routes. Il n’y a que les Britanniques qui savent fondre ainsi les signes du progrès dans des paysages ancestraux. Imaginez. Un carroyage de prairies ondulantes couturées de haies, un damier jaune-vert-brun glissant jusqu’au bord des falaises. Là, enfouies entre les talus de séparation, des routes étroites et invisibles. Le dépassement y est impossible, le croisement délicat mais toujours courtois, civilité british oblige. La végétation est parfois si dense que la route glisse dans un tunnel boisé. Autant dire que la vitesse est proscrite. D’autant que le parcours est parfois stoppé net au bord d’un estuaire. Il faut alors embarquer sur un bac, comme à Polruan ou à St. Mawes, l’occasion d’observer un voilier filant tranquillement vers une marina – la plaisance chic est ici dans son royaume.

     

    Un essaim de villages côtiers

    Impossible de raconter tous les villages. Sur l’itinéraire de Looe à Boscastle, qui englobe toute la pointe des Cornouailles, les bonnes surprises sont trop nombreuses. Résumons. Looe se love sur les versants de la rivière éponyme. Ce port de pêche actif, aux ruelles bordées de vieilles maisons chaulées, est très touristique. Les deux rives sont reliées par un esthétique pont de pierre à sept arches. The Old Lifeboat Station (1866-1930) trône au bout du quai. Fowey, lui, fait face à Polruan, posé autour de l’église anglicane St. Fimbarrus et de sa tour-clocher à pinacles. À la sortie de la messe, on y croise des old ladies en jupes longues et cheveux blancs permanentés. Le port, tout en longueur, est fort animé, bercé notamment par le souvenir de la romancière Daphné du Maurier, qui vécut au bord de l’estuaire. Mevagissey entre dans notre « top 3 ». Nous sommes tombés sous le charme de ce bassin « double » quasi fortifié, l’avant et l’arrière-port, seulement séparés par une jetée juste assez large pour accueillir la criée. À marée basse, les petits chalutiers et les barques de pêche reposent sur la vase verte, au-dessous de quelques maisons peintes de couleurs vives. Une carte postale. Quant à St. Ives, c’est un peu le Deauville des Cornouailles. Où plutôt son Pont-Aven. La ville (11 000 habitants) est devenue célèbre grâce aux peintres, séduits par la beauté des plages, la lumière atlantique et les ruelles bordées de maisons à pans d’ardoises et bow-windows. La foule, dense sur les quais aux beaux jours, s’y délecte de hamburgers, d’ice-creams et de sundaes. Des familles pique-niquent sur la plage principale, entre ondées et rais de lumière, protégées des bourrasques par des pare-vents piqués dans le sable. Symboles de la fibre artistique de St. Ives, maintes galeries ainsi qu’un Tate Museum, bâtiment en béton dressé face à la plage de Porthmeor, se sont installés.

     

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    À une heure de voiture à peine de Plymouth, le port de Looe, toujours très actif, est la
    première étape de cette escapade en Cornouailles
     

    Boscastle et Port Isaac, les ports du bout du monde

    Sur la côte nord, deux « villages miniatures » méritent aussi la visite : Boscastle et Port Isaac. Le premier apparaît après une longue route tortueuse dans un vallon forestier. L’expression « bout du monde » lui va bien. L’unique rue, en pente, encadrée de maisons de granit, est prolongée par une rivière et un bras d’estuaire serpentin, au point que l’océan reste caché à la vue du village. Une pépite ! Le second village résume à lui seul l’architecture littorale des Cornouailles : un port de poche, des maisons du XVIe siècle à touche-touche, une petite plage et un hangar curieusement fortifié, occupé par des mareyeurs qui trient des soles et cassent des pinces de crabes au marteau. Le tout fréquenté par la marée des touristes et dominé par un joli manoir-hôtel.

     

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    Sur la côte nord des Cornouailles, Boscastle se love au fond d'un vallon si profond qu'on ne voit pas la mer depuis le village. Un long chemin mène au port. À visiter, un étonnant musée de la Sorcellerie

    Passages vertigineux de la côte nord

    Cette enfilade de ports-abris pourrait laisser croire que la côte est monotone. Erreur ! Les paysages sont changeants. La partie sud, dentelée et dense, fait place au nord à de vastes espaces de champs et de landes. Land’s End en est l’exemple parfait, plateau désolé fréquemment noyé dans la brume. On y croise de rares fermes grises, des pubs dans des hameaux et quelques gentlemen farmers bottés, casquettes anglaises sur la tête. Le St. Agnes Beacon, 192 mètres au dessus de l’océan, livre aussi, entre St. Ives et Newquay, son large mamelon, juste recouvert d’un tapis de bruyère violet ouvert à tous les vents. Les randonneurs sont aux anges. Une portion du Cornwall Coast Path suit la ligne de côte de Plymouth à Bude, avec des passages ici spectaculaires (460 kilomètres). « Nous surveillons les marcheurs et les vététistes mais aussi les parapentistes et les pêcheurs », sourit Anthea Philips, jumelles pendues sur sa chemisette blanche à épaulettes, installée dans sa cabane-radio tapissée d’une grande carte marine et surmontée de l’Union Jack. Volontaire au sein de la National Coastwatch Institution, elle assure des vacations pour surveiller les activités humaines. Car cette côte présente parfois des aspects vertigineux.

     

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    Port Isaac avec ses maisons de poupée du XVIIIe siècle, est un village de pêcheurs où se croisent vacanciers et mareyeurs

    Tintagel ou la légende du roi Arthur

    À St. Agnes, par exemple, petite anse pour surfeurs de la côte nord, les falaises blanches plongent dans l’océan. Le port a été reconstruit six fois, laminé par les tempêtes et les éboulements rocheux. À Tintagel, village fameux associé au roi Arthur – la légende dit qu’il serait né ici –, on imagine aisément que son prétendu château, ruine au-dessus de falaises cisaillées, a pu subir sans répit les assauts de la houle et du vent. Le cap Lizard symbolise cette confrontation violente entre terre et océan. Pointe la plus au sud du Royaume-Uni, célèbre ligne d’arrivée de courses transatlantiques, il offre ses murailles noires et grises aux vagues bruyantes de l’English Channel. Miracle de la nature, ce cap en dents de scie, prisé par les touristes britanniques, cache aussi l’une des plus belles et secrètes plages du Royaume-Uni : Kynance Cove, sidérante de sable blanc à marée basse.

     

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    À Tintagel, haut lieu des légendes arthuriennes, le chemin qui descend vers les ruines du château du XIIIe siècle offre des vues vertigineuses sur les falaises plongeant dans la mer Celtique

    St. Michael's Mount, une autre "Merveille"

    Reste à parler de St. Michael’s Mount. Sa ressemblance avec la Merveille ne tient pas seulement à l’homonymie. Normal, cet îlot rocheux de la pointe des Cornouailles a été doté au XIIIe siècle d’un monastère et d’une église... par les moines bénédictins venus de « notre » Mont-Saint-Michel ! L’allure est plus modeste et le monastère, démantelé au XVIIe siècle, est devenu château, propriété de lord St Aubyn. Pas de digue comme en Normandie : on s’y rend à pied à marée basse, par une chaussée (causeway) submersible ; et en canot à marée haute. Trente personnes vivent à l'année au bas de ce caillou seigneurial, dans de petites maisons accolées à cours fermées. Elles sont employées à l'intendance du château, qui se visite. Lors de notre passage, une maman et son jeune fils, cravate et pull en V aux armes de son école, embarquaient sur une navette chargés de sacs, apparemment habitués à cette logistique quotidienne. Nous avons même aperçu l'épouse du lord refermant la porte du jardin du château, une fois le dernier visiteur parti. L'ultime image d'une Angleterre singulière, prompte à préserver ses traditions et à garder intacts ses trésors de nature.

     

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    Entre le Cap Lizard et Land's End, une curiosité : St. Michael's Mount, un Mont-Saint-Michel en réduction. Le causeway (chaussée submersible) permet d'accéder à marée basse à cet îlot escarpé où des moines bénédictins s'installèrent au XIIIe siècle
     

    Dans les Cornouailles, deux étonnants jardins

    Sous le ciel gris, les dômes blancs en nid d’abeille où sont abritées les plantes exotiques ont un air irréel. Le sentiment est renforcé par la tyrolienne géante qui survole le site et sur laquelle glissent des météores humains. Eden Project est le résultat d’une idée folle : protéger la biodiversité du monde en conservant sous cloche des milliers d’espèces. Résultat ? « 90 000 visiteurs par jour en période de pointe », nous confirme une responsable à l’accueil. Il n’est qu’à voir la taille des parkings pour comprendre le succès du lieu...

     

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    Installé sur le site d'une ancienne carrière, le parc Eden Project est né de la volonté de son concepteur, Tim Smit, de démontrer la capacité de la nature à régénérer un site détérioré par l'activité humaine

    Eden Project, un laboratoire de la biodiversité

    Eden Project est à la hauteur du défi, lancé il y a une quinzaine d’années par Sir Tim Smit, né au Pays-Bas, ancien compositeur et producteur de musique de rock et d’opéra. Aménagés dans une carrière de kaolin désaffectée près de St. Austell, les dômes jumelés géants (jusqu’à 45 mètres de hauteur) accueillent des plantes tropicales d'un côté, des essences méditerranéennes de l'autre. Côté "pays chauds", le bluff est complet : reproduction de forêts humides d'Amérique de Sud, Asie du Sud-Est, d'Afrique de l'ouest et des îles tropicales. Cascades, huttes de bambous, maison de paysans malaisiens, arbres fruitiers tropicaux (manguiers, bananiers...) s'observent à partir de passerelles aériennes sur la canopée... Il fait plus de 31 °C sur la plateforme sommitale aménagée 30 mètres au-dessus du sol (un peu mouvante, sensibles au vertige s’abstenir !), d’où l’on domine l’ensemble de l’écosystème. Il ne manque que la faune pour se croire téléporté à Bornéo ou à Manaus... Le dôme méditerranéen, avec son verger d’agrumes et son oliveraie, en revanche, est nettement moins réussi, un peu artificiel, trop académique.

     

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    Conçues par L'architecte Nicholas Grimshaw avec les matériaux les plus innovants, les serres d'Eden Project se visitent à 30 mètres de hauteur, en cheminant sur le Canopy Walkway (passerelle de la canopée). Ces biomes - écosystèmes caractéristiques d'une aire géographique - abritent des environnements contrôlés : climat chaud tempéré du bassin méditerranéen, et forêt humide tropicale

    Les étranges créatures végétales des jardins perdus de Heligan

    Nous sommes arrivés aux jardins perdus de Heligan, près de Mevagissey, assez tard en fin d’après-midi, au moment où les visiteurs commençaient à regagner la sortie. Résultat : le bonheur rare d’arpenter un domaine végétal en touristes VIP, seuls ou presque dans cet immense maelström de verdure. The Lost Gardens of Heligan ont été aménagés aux XVIIIe et XIXe siècles par la famille Tremayne et relancés par leurs héritiers au tournant des années 1990, après une longue période d’abandon. Imaginez : un domaine courant presque jusqu’à la mer, une jungle valley perdue au fond d’un vallon, avec pont de singe, étangs et plantes tropicales géantes, des prairies à moutons, vaches et émeus, des palmiers et des fougères géantes, des chênes et des cèdres antédiluviens sur les branches desquelles courent des écureuils, un potager clos, des jardins d’agrément, une maison de maître aux grounds (pelouses) taillées au ciseau, une ferme..., le tout dans un silence de cathédrale. En prime, la surprise de découvrir des sculptures arbustives : une femme couchée au sol, épaules et hanches couvertes de lierre, un gnome aux yeux bleus à tête végétale... Un vrai bonheur.

     

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    Le domaine de Heligan, qui appartient à la famille Tremayne depuis le XVIe siècle, a été laissé à l'abandon après la Première Guerre mondiale. Reconstitué d'après les plans d'origine, il renaît en 1990.

     

    Voyager en Images 4:  Découvrez la Bretagne version britannique

     

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    Californie: Napa et Sonoma

    après les incendies

     

    Rene Byck se tient sur les ruines des... (Photo Karyne Duplessis Piché, La Presse)

     

    Rene Byck se tient sur les ruines des bâtiments de son domaine, Paradise Ridge. Tous les bâtiments ont flambé, mais la vigne a résisté.

    PHOTO KARYNE DUPLESSIS PICHÉ, LA PRESSE

     
    KARYNE DUPLESSIS PICHÉ

    Collaboration spéciale

    La Presse
     

    (SANTA ROSA, Californie) Les images de la Californie ravagée par les flammes l'automne dernier ont fait le tour du monde. Les incendies d'une ampleur historique ont anéanti des milliers d'hectares de forêt, tué plusieurs personnes, détruit des centaines de maisons et menacé les vignobles de Napa et de Sonoma. Six mois plus tard, la vie a repris son cours, mais la région porte encore les cicatrices des incendies, a constaté La Presse sur place.


    Voyager en Images 4:  Californie: Napa et Sonoma après les incendies

    Paradise Ridge Winery est l'un des rares domaines viticoles de la région de Sonoma à avoir brûlé l'automne dernier. Les flammes n'ont épargné aucune installation...

    PHOTO KARYNE DUPLESSIS PICHÉ, COLLABORATION SPÉCIALE

     

    Voyager en Images 4:  Californie: Napa et Sonoma après les incendies

    Photo aérienne des dégâts causés par le feu au domaine Signorello

    PHOTO FOURNIE PAR DOMAINE SIGNORELLO

     

    Rene Byck a le coeur gros. Son vignoble Paradise Ridge Winery, en banlieue de Santa Rosa, est habituellement très achalandé au début du mois de mai. Mais pas cette année. Le producteur a perdu la majorité de ses installations et de sa production de vin le 9 octobre dernier.

    Les collines verdoyantes qui entourent le vignoble ont gardé peu de traces des feux. Quelques arbres calcinés témoignent timidement des immenses incendies de l'automne. Les dommages sont pourtant bien réels.

    Au milieu des quelques vestiges des bâtiments calcinés, Rene Byck raconte avec émotion la nuit où son entreprise, construite avec son père il y a 25 ans, est partie en fumée. « J'habite tout près, dit le propriétaire. Je voyais le feu au vignoble, mais j'étais davantage préoccupé pour la sécurité de mes enfants et de ma famille. Je n'étais pas émotif à l'époque. Maintenant, oui. »

     

    QU'EN EST-IL DE LA VIGNE ?

    Paradise Ridge Winery est l'un des rares domaines viticoles de la région de Sonoma à avoir brûlé l'automne dernier. Les flammes n'ont épargné aucune installation. Heureusement, elles ont laissé les vignes intactes.

    « On dit que les vignes bloquent le feu, ajoute Rene Byck. Comme les branches sont jeunes et vertes, elles sont souvent épargnées. »

     

    Son voisin Ken Moholt-Siebert n'a pas eu cette chance. Les vignes de son vignoble, Ancient Oak Cellar, font partie des rares qui ont été touchées. Dans le champ, les piquets de métal placés dans les rangées ont tordu sous la chaleur des flammes et donnent un aspect fantomatique à l'endroit. Depuis le drame de l'automne, la nature a repris ses droits. L'herbe est haute et, étonnamment, quelques feuilles vertes ont poussé au bout des tiges noircies.

    « Il y a encore un peu de vie, mais ce n'est pas viable. Il faut tout arracher et recommencer », décrit-il.

    Selon les chiffres déclarés au Commissaire à l'agriculture, 50 hectares de vignes ont brûlé à Napa et 37 à Sonoma, soit moins de 1 % de la superficie totale des vignobles de chacune des deux régions.

     

    LE VIN ET LE FEU

    La route Petrified Forest Road zigzague à travers la forêt des monts Mayacamas reliant les villes de Santa Rosa et Calistoga, dans la vallée de Napa. Le décor donne froid dans le dos. Sur le bord du chemin, des séquoias, des chênes et des pins, noircis par le feu, ont été coupés et attendent d'être ramassés.

    Le chemin se rend jusqu'au mythique Château Montelena. Dans le panorama verdi par le printemps, on décèle tout près des taches noires et brunes, signe de la végétation brûlée.

    Le domaine n'a pas perdu de vignes, mais il a perdu des raisins.

    « La fumée était si intense, explique l'oenologue Ken Moholt-Siebert, on savait que ça ne donnerait pas un bon résultat. On n'a pas récolté la parcelle. On ne voulait pas vendre quelque chose de mauvais à nos clients. »

     

    FAIRE DU VIN AVEC SON TÉLÉPHONE

    Comme de nombreux autres vignobles, le Château Montelena a été évacué pendant les incendies en plein milieu des fermentations, un moment crucial pour la production de vin. Afin de sauver la récolte et d'éviter tout contact avec la fumée, l'édifice a été scellé et le système de climatisation arrêté. Le domaine possède une génératrice et des installations de vinification très modernes. L'oenologue a donc pu contrôler les fermentations avec son téléphone, chez lui, à Napa.

    Sur la Silverado Trail, le scénario a été bien différent pour Pierre Birebent. OEnologue au domaine Signorello, il a combattu les flammes toute la nuit. En vain. Le bâtiment qui servait d'accueil aux visiteurs a brûlé.

     

    QUAND LE VIN SE FAIT TOUT SEUL

    Avant de quitter les lieux, M. Birebent a arrosé une dernière fois les cuves d'acier inoxydable situées à quelques mètres de l'édifice dans l'espoir de repousser les flammes. Par miracle, elles n'ont pas été touchées et le jus a fermenté.

    « Le vin s'est fait sans moi », raconte-t-il, souriant.

    Selon l'oenologue d'origine française, installé dans la vallée de Napa depuis 33 ans, le millésime 2017 est l'un des meilleurs des cinq dernières années. M. Birebent appréhende cependant que les consommateurs ne soient pas au rendez-vous, s'ils craignent que les vins « goûtent la fumée ».

     

    VISITEURS SOLIDAIRES

    Alors que le soleil de mai brille sur Napa, l'autoroute 29 qui traverse la vallée est très achalandée, comme d'habitude. Mais la situation était différente après les incendies.

    Inger Shiffler accueille les visiteurs depuis 20 ans au domaine Robert Mondavi. Alors que le mois d'octobre est normalement très occupé, elle a vu les réservations s'annuler les unes après les autres.

    « Les mois de novembre et de décembre ont été très tranquilles, mais ça reprend doucement. Les gens qui avaient annulé nous rappellent et reviennent. »

    Non loin, sur la terrasse du domaine Signorello, deux chaises, une table et un parasol semblent attendre le retour des touristes. Ils devront être patients. La reconstruction est prévue pour 2020.

    Les frais de transport ont été payés par le domaine Robert Mondavi - où la journaliste se rendait pour une formation -, organisation qui n'a exercé aucun droit de regard sur le contenu du reportage.

     

    Visiter ou pas?

    Est-ce que les touristes peuvent visiter les vignobles de Napa et Sonoma malgré les incendies de l'automne ?

    Oui. La majorité des domaines des deux régions viticoles sont ouverts au public comme à l'habitude. Selon l'Association des vignerons de la vallée de Napa, 90 % des vignerons n'ont pas été touchés par les incendies. La situation est similaire à Sonoma.

    Les routes les plus fréquentées par les touristes, l'autoroute 29, la Silverado Trail à Napa et l'autoroute 12 à Sonoma, sont ouvertes. La végétation brûlée passe d'ailleurs souvent inaperçue dans les collines qui bordent la voie.

     

    Quelle est la zone la plus touchée ?

    La ville de Santa Rosa, dans la région de Sonoma, se remet tranquillement des incendies de l'automne. Les flammes ont rasé des quartiers entiers, dont plus de 1000 maisons dans celui de Coffey Park ainsi que plusieurs hôtels. Les principaux lieux sont désormais accessibles. Les débris ont été enlevés. Les voitures calcinées aussi.

    « Les gens avaient jusqu'au début avril pour tout nettoyer », explique le vigneron Darek Trowbridge, dont le domaine Old World Winery se situe à deux rues de Coffey Park.

    Toujours à Santa Rosa, les dommages sont encore évidents dans le quartier Fountainegrove. Cela n'empêche pas les golfeurs de s'élancer sur le terrain situé dans le quartier huppé.

    Le nettoyage est fait, mais la reconstruction reprend lentement. Selon Darek Trowbridge, plusieurs résidants n'avaient pas ou peu d'assurance.

     

    Peut-on goûter les vins de la vendange 2017 ?

    Oui. Plusieurs vignobles servent déjà des blancs et des rosés produits avec les raisins de la vendange 2017. C'est le cas du domaine Honig à Rutherford où le plus récent sauvignon blanc est servi aux visiteurs.

    Quant aux vins rouges, il faudra attendre au minimum une ou deux années avant qu'ils terminent leur élevage en barrique et qu'ils soient mis en vente.

     

    Est-ce que les vins de la Californie goûteront la fumée ?

    C'est peu probable. La vendange de l'automne dernier a été précoce, soit une dizaine de jours plus tôt qu'en 2016. L'Association des vignerons de la vallée de Napa estime que 90 % des raisins étaient récoltés lorsque les incendies ont commencé.

    Tous les vignerons rencontrés ont affirmé avoir une ou deux parcelles, en majorité du cabernet sauvignon, qui n'étaient pas encore rentrées au moment des incendies La plupart ont récolté les raisins malgré la fumée et les ont vinifiés séparément.

    OEnologue vedette chez Alpha Omega, Jean Hoefliger raconte avoir vendu à une distillerie des raisins de malbec « couverts de cendre » après les feux. Les fruits seront sans doute utilisés pour produire de l'alcool. Plusieurs autres vignerons ont fait de même avec leur vin présentant un goût de fumée.

    Les cuvées 2017 ont été dégustées aux vignobles Inglenook et Robert Mondavi. Dans les deux cas, les vins ne présentaient pas de trace de fumée. Les rouges étaient denses et très fruités.

     

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    Aquaventure: parc aquatique à la

    bahamienne

     

    Avec une superficie qui équivaut à plus de 100 terrains de football, le parc... (PHOTO YANNICK FLEURY, LA PRESSE)

     

    PHOTO YANNICK FLEURY, LA PRESSE

     
     

    Avec une superficie qui équivaut à plus de 100 terrains de football, le parc aquatique Aquaventure du complexe Atlantis, aux Bahamas, est l'un des plus vastes du monde. Ici, les attractions nautiques et les nombreux restaurants attirent une clientèle triée sur le volet. Car n'entre pas qui veut dans ce parc, où l'accès pour la journée coûte autour de 200 $ par personne. Explications et visite guidée.

     

    Partout, des requins

    Ce sont les vedettes incontestables d'Aquaventure. On peut les observer sous toutes leurs coutures dans le long tunnel sous-marin qui traverse le Lagon des prédateurs. Surtout, on peut se faire une frayeur en dévalant deux glissades à haut indice d'adrénaline - Leap of Faith et Serpent Slide - pour aboutir dans un bassin rempli de requins. Un tube d'acrylique nous sépare des squales, Dieu merci, mais les palpitations restent élevées quand on se retrouve entouré d'ailerons... Les six autres glissades du site sont plus classiques : beaucoup nous plongent en pleine noirceur dans des tuyaux sombres, certaines font des tire-bouchons, une nous permet de faire une compétition de vitesse avec un adversaire. Rien de très extravagant toutefois.

     

    Piscines (avec un s)

     

    Onze. C'est le nombre de piscines que compte le parc d'Aquaventure. Chacune a son ambiance, son décor... et sa trame sonore. Certaines sont pensées pour les enfants, qui peuvent jouer dans les jets d'eau et y patauger à satiété, vêtus d'une veste de flottaison (fournie). D'autres sont davantage destinées aux adultes. Entre la musique lounge et la pop des années 80, le décor maya ou les mosaïques marines, difficile de ne pas trouver un espace qui nous plaît pour poser sa serviette (fournie aussi!). À noter: il n'y a pas de piscine à vagues artificielles. Pas besoin. La mer est juste là et le site comprend une longue plage privée de sable fin.

     

    Voyager en Images 4:  Aquaventure: parc aquatique à la bahamienne

    PHOTO YANNICK FLEURY, LA PRESSE

     

    Rivière paresseuse

    Les anglophones ont un nom pour désigner ces rivières qu'on descend plus ou moins tranquillement, au gré du courant, assis sur une chambre à air: Lazy River. La rivière paresseuse. Celle d'Aquaventure est longue de 1,6 km et sert de voie de transport pour passer d'une glissade à l'autre. Contrairement à certaines attractions du genre (comme la rivière Amazone du Village Vacances Valcartier), le courant est assez tranquille ici. Pas de grosses chutes d'eau froide ni de rapides trop mouvementés pour glacer le sang. Plutôt pépère, la rivière...

     

    Sous l'eau

    L'une des grandes particularités d'Aquaventure est son immense réseau d'aquariums souterrains dont la décoration évoque la quête d'Atlantis. On suit des tunnels sinueux pour aboutir devant des bassins où nagent des poissons colorés, des homards gigantesques, des méduses vaporeuses... et parfois des clients venus faire de l'apnée en milieu protégé! La rumeur veut qu'on puisse observer ici quelque 200 espèces de poissons dans ce qui serait le plus grand aquarium à ciel ouvert du globe. Le clou du spectacle reste toutefois le Lagon des prédateurs, avec ses poissons pélagiques qu'on peut observer à partir d'un tunnel sous-marin ou d'un pont de cordes suspendu.

     

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    PHOTO YANNICK FLEURY, LA PRESSE

     

    Saveurs bahamiennes

    Le parc compte près de 25 restaurants extérieurs. La plupart servent des menus américanisés plutôt convenus composés de burgers au boeuf, hot-dogs et autres pizzas. Mais il y a des perles cachées. Sip Sip est l'une d'elles: on sert ici quelques plats locaux revisités, comme le chili aux conques, le burger au poisson ou les quesadillas au homard. L'autre coup de coeur gourmand de la visite est situé à l'intérieur de l'hôtel Coral Towers: le comptoir Sun & Ice qui vend de la crème glacée artisanale inspirée de parfums bahamiens: bananes caramélisées, noix rôties, rhum et ananas...

     

    Accès limité

    Il faut savoir qu'à Aquaventure, tous les touristes ne sont pas bienvenus. Depuis mai 2017, seuls sont admis ceux qui logent au complexe hôtelier Atlantis, qui sont clients dans un des 16 hôtels partenaires ou encore qui sont passagers de certaines sociétés de croisières. Une preuve est d'ailleurs exigée à l'achat du billet. Les autres? Ils sont refoulés, à moins de passer au moins une nuit à l'hôtel Atlantis... C'est une solution à considérer, puisque les clients du vaste complexe hôtelier ont accès gratuitement au parc aquatique. Les chambres n'y sont pas données, mais pour une famille, il peut être judicieux de payer une nuitée à 400 $, disons, quand on sait que l'entrée d'une journée au parc est de 200 $ environ pour les 13 ans et plus et de 125 $ pour les 4 à 12 ans. Repas et casier non compris.

     

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    Guadeloupe: l'archipel fantastique

     

    La plage de Petite Anse dans l'île de... (Photo David Boily, La Presse)

     

    La plage de Petite Anse dans l'île de Basse-Terre, en Guadeloupe

    PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE

     
     
     

    Plages magnifiques, paysages sauvages à couper le souffle, gastronomie relevée et étonnante richesse culturelle... La Guadeloupe figure au plus récent palmarès des endroits à visiter selon National Geographic. En prime, comme l'archipel antillais se trouve en territoire français, pas besoin d'interprète!

     

    Des plages pour tous les goûts

    On trouve dans les îles de Guadeloupe certaines des plus belles plages des Antilles. Un peu moins accessibles, celles des îles de Marie-Galante, de la Désirade et de Terre-de-Bas valent le détour pour leur beauté sauvage. Quant à celles de Grande-Terre et Basse-Terre, elles regorgent d'endroits magnifiques pour se prélasser au soleil.

     

    PLAGES DE GRANDE TERRE

    Plage de la Caravelle

    C'est la plage du Club Med. La zone la plus près du club est très calme, les eaux peu profondes sont parfaites pour les jeunes familles. Des chaises longues sont offertes en location auprès du Club Med pour 10 euros par jour. On offre aussi l'accès aux douches et une boisson non alcoolisée. La zone face à la mer est quant à elle propice aux sports nautiques, comme le kitesurf et la planche à voile. On peut en louer sur place. Depuis le stationnement, on doit marcher une dizaine de minutes pour se rendre à la zone familiale. Il y a quelques commerçants et cantines mobiles à proximité du stationnement.

     

    Plage de la Datcha

    Située au coeur de la ville de Gosier, cette plage est animée et très fréquentée par les gens du coin. Pour une expérience aux antipodes, on s'y rend après le coucher du soleil: la jolie plage est alors éclairée par de puissants projecteurs. L'ambiance est résolument à la fête, les jeunes jouent au soccer ou au volleyball, pendant que les plus vieux profitent des terrasses avec accès direct à la plage. Des camions de cuisine de rue s'installent dans le stationnement pour ajouter à l'offre de restauration.

     

    Plage du bourg de Sainte-Anne

    Jolie plage urbaine au coeur du village de Sainte-Anne. Très familiale, elle compte des jeux aquatiques gonflables ainsi qu'une piscine flottante amarrée près de la plage. Il ne faut pas manquer le marché public, ouvert tous les jours jusqu'à 17 h. C'est coloré et parfumé, merci aux nombreuses échoppes d'épices. On trouve aussi un grand choix de souvenirs, de même que plusieurs choix de jus maison - les vendeuses se gardent bien de révéler les secrets de leurs mélanges de goyave, ananas, banane, papaye, carambole ou corossol. Il y a aussi plusieurs restos avec des terrasses sur la plage.

     

    Plage de la Porte d'Enfer

    Un petit endroit tout simplement paradisiaque à l'extrémité nord de Grande-Terre, à quelques kilomètres de Pointe-de-la-Vigie. La plage est lovée au creux d'un lagon qui s'étend sur quelques centaines de mètres. L'eau turquoise est calme, très peu profonde, idéale pour les enfants. C'est ici que commence le sentier des Douaniers, randonnée de 4,8 km qui se rend à la pointe des Souffleurs en longeant les impressionnantes falaises de calcaire donnant sur l'océan Atlantique. À faire en matinée, quand le temps est plus frais, parce que l'endroit est exposé au soleil.

     

    PLAGES DE BASSE-TERRE

    La plage de Grande Anse

    Elle est considérée à juste titre comme l'une des plus belles plages de Guadeloupe. Elle s'étend sur plusieurs kilomètres, son sable est superbe, très propre, elle est profonde et offre de nombreux endroits à l'ombre. Elle profite aussi d'aménagements et de services (toilettes, douches, restaurants, boutiques, etc.). On peut aussi y louer pédalos, planches à pagaie ou kayaks pour partir dans la mangrove, qui s'arrête directement sur la plage. La plongée en apnée est aussi possible à partir de la plage; masques, tuba et palmes sont offerts en location.

     

    La plage Leroux

    Belle petite plage de sable doré parfait enclavée au creux de la côte escarpée. Le point de vue est superbe. La mer est généralement assez clémente, très propice à la baignade, on recommande même d'apporter masque et tuba pour y faire l'observation de poissons dans les coraux tout près. Hormis un restaurant situé près de la route, il n'y a pas de service sur la plage Leroux et le petit et étroit stationnement est très rapidement rempli au maximum de sa capacité. On trouve quelques zones à l'ombre, mais elles sont un peu en retrait de la plage.

     

    La plage de Grande Anse

    Elle porte le même nom que la grande plage de Deshaies, mais celle-ci est située à l'ouest de Trois-Rivières, à la pointe sud de Basse-Terre. Belle plage de sable noir fin, elle fait plus de 1 km de long. On y croise plusieurs sportifs qui viennent s'y entraîner en matinée. Près du stationnement se trouvent quelques abris avec des tables de pique-nique. La mer y est plus agitée, mais la baignade est surveillée, ce qui n'est pas nécessairement commun en Guadeloupe. Pour la restauration et l'hébergement, la zone portuaire de Trois-Rivières est à une dizaine de minutes de la plage de Grande Anse. Le Fetou Kreyol ne paye pas de mine, mais ça vaut le détour.

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    Une partie des frais de voyage de ce reportage a été payée par le Comité du tourisme des îles de Guadeloupe au Canada.

     


    Voyager en Images 4:  Guadeloupe: l'archipel fantastique

    Les chutes du Carbet dans le parc national de la Guadeloupe

    PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE

     

    Un pays de contrastes

    On peut très bien se contenter de faire le farniente sur la plage. Mais si on a envie de bouger, la Guadeloupe a beaucoup à offrir, notamment des randonnées où les paysages sont à couper le souffle. Découvertes.

     

    La Soufrière

    Si l'île de Basse-Terre est si différente de celle de Grande-Terre, c'est la faute de la «Vieille dame». Le volcan La Soufrière est le plus haut sommet des Petites Antilles. Ses 1467 m d'altitude bloquent l'alizé soufflant du sud, les nuages s'accrochent ainsi au sommet, qui reçoit en moyenne 10 m de pluie par année. Les montagnes de Basse-Terre sont donc couvertes d'une riche forêt tropicale, entrecoupée de 55 cours d'eau permanents, qui se gonflent allègrement quand les pluies sont particulièrement intenses. Regroupé dans le parc national de la Guadeloupe, l'endroit figure au sein de la réserve de la biosphère mondiale de l'UNESCO depuis 1992.

     

    Les chutes du Carbet

    Le Grand Carbet dévale la pente orientale de La Soufrière en faisant trois sauts vertigineux, dont un premier de près de 115 m. La deuxième chute, avec ses 110 m de haut, est non moins spectaculaire, mais elle a l'avantage d'être la plus accessible. Une petite randonnée de près de 750 m permet d'atteindre la zone d'observation, un peu en retrait de la base pour des raisons sécuritaires. Si on veut aller voir la première chute de plus près, il faut savoir qu'il s'agit d'une randonnée de 4,7 km avec des sections relativement escarpées.

     

    Le bassin Paradise

    En revenant des chutes du Carbet, il faut s'arrêter au bassin Paradise, surtout par temps chaud. L'accès n'est pas indiqué, mais il se trouve quelques centaines de mètres avant le stationnement du pavillon d'accueil, à la hauteur du passage piétonnier. Il faut prévoir une quinzaine de minutes pour atteindre le bassin d'eau limpide formé par les cascades de la rivière Grosse Corde. Attention, l'escalier de bois est abrupt et les marches peuvent être glissantes dans les heures suivant une averse.

     

    Cascade aux Écrevisses

    Un autre endroit qui autorise la baignade - avec prudence, il va sans dire, car l'endroit n'est pas plus surveillé que le bassin Paradise - est la cascade aux Écrevisses. À seulement 10 minutes du stationnement situé en bordure de la D23 - seule route qui traverse l'île de Basse-Terre -, la cascade est très facile d'accès, même pour les personnes à mobilité réduite. Le coup d'oeil vaut à lui seul le petit détour.

     

    Le parc des Mamelles

    Peu de temps après s'être rafraîchi à la cascade aux Écrevisses, on arrive au Zoo de Guadeloupe, au parc des Mamelles, situé dans le parc national de la Guadeloupe. Le parc s'étend sur quatre hectares, en pleine forêt tropicale. On y trouve 450 animaux appartenant à 85 espèces de la Caraïbe et de la Guyane, répartis dans de vastes enclos qui se fondent à l'environnement immédiat. Fort d'un investissement récent de 2,5 millions d'euros, le parc des Mamelles s'est taillé une place au sein de l'Association européenne des zoos et aquariums, le plus grand regroupement professionnel de zoos dans le monde.


    Voyager en Images 4:  Guadeloupe: l'archipel fantastique

    PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE

     

    Créatures marines

    La Guadeloupe, c'est aussi d'impressionnantes côtes escarpées, de riches fonds marins ou une vaste mangrove formant un véritable labyrinthe naturel. Voilà autant de raisons de découvrir un panorama maritime étonnant, mais aussi très accessible.

     

    La Réserve naturelle Cousteau

    Sur la côte ouest de Basse-Terre, à quelques kilomètres du parc des Mamelles, se trouve la commune de Bouillante, dont le petit havre naturel de Malendure est la base des expéditions de plongée de la Réserve naturelle Cousteau. Faisant partie intégrante du parc national de la Guadeloupe, la réserve est constituée de 1000 hectares de fonds marins protégés avec en son coeur les îlots Pigeon, explorés pour la première fois en 1959 par le commandant Jacques-Yves Cousteau. Dès le premier mètre de profondeur, on peut y observer coraux, poissons tropicaux et tortues. L'endroit est d'ailleurs idéal pour y vivre son baptême de plongée sous-marine: les prix sont concurrentiels et le site est magnifique, à l'abri des vagues. Pour les plus expérimentés, il est aussi possible d'explorer trois épaves qui ont été coulées à proximité.

     

    La pointe des Châteaux

    De retour sur Grande-Terre, il faut voir les oeuvres que la mer a sculptées dans le calcaire. Complètement à l'est, la pointe des Châteaux vaut le détour. On accède au sommet de la pointe par un sentier bien aménagé. Comme il faut gravir une centaine de marches en pierre, mieux vaut être prudent par grande chaleur. Par beau temps, on distingue clairement l'île de la Désirade, à l'est, alors que l'on aperçoit un peu plus au sud les plages blanches de Petite-Terre.

     

    La Douche

    Avant d'arriver à la pointe des Châteaux, 7 km après avoir quitté Saint-François, on s'arrête à la Douche, accessible à partir d'un court sentier qui pénètre dans les palétuviers. Lors de notre passage, un camion de crème glacée apparemment garé au beau milieu de nulle part indiquait clairement l'entrée. La Douche est en fait un tout petit bassin formé par les éclats d'eau qui jaillissent en frappant les rochers en contrebas. On s'assoit et on s'amuse à se faire doucher par l'eau de mer. On peut aussi se prélasser sur la plage d'une petite anse située juste à côté, mais on ne peut pas s'y baigner, le fond de l'eau étant peu profond et particulièrement rocailleux.

     

    Pointe de la Vigie

    Point le plus septentrional de la Guadeloupe, la pointe de la Vigie offre un panorama exceptionnel, même s'il est moins spectaculaire que celui de la pointe des Châteaux. C'est l'endroit idéal où voir les immenses falaises formées par l'érosion du calcaire, particulièrement du côté est, où les falaises sont visibles à perte de vue.

     

    En kayak dans le Cul-de-sac marin

    Réserve naturelle sous la juridiction du parc national de la Guadeloupe, le Grand Cul-de-sac marin est au creux des deux ailes de papillon que forment Grande-Terre et Basse-Terre. La zone est protégée derrière un récif corallien de 39 km, le plus long des Petites Antilles. Au total, la baie s'étend sur 24 500 hectares, elle est bordée par des mangroves, des forêts marécageuses et des marais herbacés. On peut découvrir une partie de cet habitat remarquable en kayak, guidé par Pascal de l'entreprise Yalodé. La balade qui se termine avec un conte au coucher de soleil vaut certainement le coup, mais on aurait aimé être davantage informé sur cette forêt qui s'étend sur plus de 5000 hectares et qui prend des allures de labyrinthe maritime.


    Voyager en Images 4:  Guadeloupe: l'archipel fantastique

    La Guadeloupe ne figure pas sur la liste des destinations qui offrent des forfaits tout compris, il faut donc faire un peu plus d'efforts pour y séjourner. Mais le jeu en vaut franchement la chandelle, d'autant plus qu'avec un peu de préparation, l'expérience s'avère plutôt simple.

    PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE

     

    Guide pratique

    La Guadeloupe ne figure pas sur la liste des destinations qui offrent des forfaits tout compris, il faut donc faire un peu plus d'efforts pour y séjourner. Mais le jeu en vaut franchement la chandelle, d'autant plus qu'avec un peu de préparation, l'expérience s'avère plutôt simple. Conseils.

     

    Vol

    À partir de Montréal, seul Air Canada offre une liaison directe avec Pointe-à-Pitre pendant toute l'année. On parle généralement de deux vols par semaine, la fréquence passe à trois de janvier à mars ainsi qu'en été. Il n'y a toutefois qu'un seul vol hebdomadaire de la mi-septembre à la fin d'octobre. De son côté, Air Transat propose deux vols directs par semaine, de la fin de décembre au début d'avril. Il est bon de savoir que le transporteur au rabais Norwegian Airlines assure aussi la liaison avec l'aéroport John F. Kennedy de décembre à mars, mais il faut d'abord se rendre à New York.

     

    Hébergement

    La diversité de l'archipel guadeloupéen invite à la découverte. Ne cherchez pas un hôtel en formule tout compris (sauf pour le Club Med). Air Transat propose des forfaits vol et hôtel, mais la plupart sont en plan européen (les repas ne sont pas inclus). Sinon, il existe plusieurs petits établissements charmants, mais il faut y mettre le prix, d'autant plus que la facture est en euros. Une option plus économique est d'explorer des sites de location (par exemple, Airbnb), qui offrent un choix fort convenable. Nos hôtes nous ont même reçus avec un délicieux jus maison accompagné de mangues fraîchement cueillies!

     

    Transport

    La découverte de la Guadeloupe se fait en voiture, c'est inévitable. Heureusement, toutes les principales entreprises de location ont des bureaux à l'aéroport international de Pointe-à-Pitre, à Goyave. On peut trouver une sous-compacte pour moins de 300 $ pour la semaine. Quant au stationnement, ce n'est généralement pas un problème, c'est gratuit à peu près partout sauf quand il faut garer la voiture pour une période prolongée, notamment quand on monte à bord des navettes maritimes qui assurent la liaison avec les Saintes, la Désirade et Marie-Galante.

     

    Nourriture

    Grâce à son statut de territoire outre-mer de la France, la Guadeloupe bénéficie de l'appui de la mère patrie. Pas d'inquiétude à avoir question nourriture ou eau potable. On mange bien, et on n'hésite pas à goûter aux spécialités locales: les bokits, pitas frits garnis à souhait, les agoulous, sandwichs plats au poisson ou au poulet, les acras de poisson ou les ouassous, des écrevisses d'eau douce grillées. Bien sûr, on arrose le tout avec un fameux Ti-Punch ou un cocktail maison aromatisé - chaque restaurateur a sa propre recette, ou presque!

     

    Voyager en Images 4:  Guadeloupe: l'archipel fantastique

     

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