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    Pour parler, les humains ont-ils imité les oiseaux et les singes ?

     

    Des linguistes du Massachusetts Institute of Technology suggèrent que les humains ont créé le langage en associant des sons de primates (pour le sens) et des sons émis par les oiseaux (pour l’expression). Mais difficile de savoir exactement ce qui s’est passé il y a 100.000 ans…

     

     
     

    La création du langage reste un mystère de l’évolution d’Homo sapiens. © M. Garde, Wikimedia Commons, cc by sa 3.0

    La création du langage reste un mystère de l’évolution d’Homo sapiens. © M. Garde, Wikimedia Commons, cc by sa 3.0

     
     
     

    Certains animaux copient le langage humain, comme les perroquets. Et si l’inverse était vrai ? Dans un article paru dans Frontiers in Psychology, des chercheurs du MIT (Massachusetts Institute of Technology) émettent l'hypothèse que l’Homme a copié les autres primates mais aussi les oiseaux pour inventer le langage. La façon dont le langage humain est né reste un mystère de l’évolution d’Homo sapiens. Une théorie linguistique, appeléeMerge (Fusion), explique comment les humains construisent des structures de langage en combinant deux items différents, ce qui distingue son langage des autres.

     

    Ici, les auteurs décrivent dans leur hypothèse dite « intégrative » deux composantes du langage humain : une partie appelée « expressive » (E), liée à la structure des phrases, et une partie dite « lexicale » où se trouve la signification de la phrase (L). Par exemple, dans la phrase « est-ce que Sophie a mangé des fraises ? », la partie lexicale comprend les mots Sophiemanger et fraises. Les termes est-ce que et a indiquent qu’il s’agit d’une question sur un événement passé : c’est la partie expressive de la phrase. Or ces deux composantes E et L du langage humain existent dans la nature.

     

    Le gibbon argenté de Java sait chanter, ce qui reste assez rare chez les primates.
    Le gibbon argenté de Java sait chanter, ce qui reste assez rare chez les primates. © Lip Kee, flickr, cc by sa 2.0

     

    L’Homme aurait copié les primates et les oiseaux

     

    La partie E du langage se trouve dans le chant des oiseaux, par exemple dans les chants qui servent à la reproduction. Les oiseaux ont des profils types de chants mais pas de mots : ils posséderaient la syntaxe sans le sens. Cette composante E du langage exprime l’état interne du chanteur.

     

    En parallèle, la partie L du langage existe dans les cris d’alarme des singes. La plupart des primates non humains ne chantent pas. Cependant, il existe une exception : le gibbon, de la famille des Hylobatidés, ou primates sans queue. Les gibbons chantent des chansons à la fois complexes et longues pour marquer leur territoire, attirer un partenaire ou renforcer des liens familiaux. Ceci rappelle le chant des oiseaux car ces chants expriment l’état intérieur du chanteur. Chez la plupart des espèces de gibbons, les chants du mâle varient sur des notes. Par exemple, dans l’espèce du gibbon argenté de JavaHylobates moloch, 14 notes distinctes peuvent être assemblées dans des ordres différents.

     

    Selon cette hypothèse intégrative, l’Homme, ce primate, aurait donc ajouté à ces éléments de langage la composante expressive du chant des oiseaux, s'inspirant déjà de la nature, en quelque sorte...

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    En vidéo : une étrange créature au fond du golfe du Mexique

     

    Un engin sous-marin a surpris par hasard un curieux animal de couleur violette, d’espèce indéterminée dans le fond du golfe du Mexique. Il s’agit d’un siphonophore, un groupe bien curieux où une colonie d’individus très spécialisés forme ce qui ressemble à un animal mais qui n’en est pas vraiment un.

     

     
     

    Un bien étrange animal au fond du golfe du Mexique. Les biologistes qui l'ont rencontré, par ROV interposé, ne savent pas lui donner un nom mais y reconnaissent un siphonophore. La partie avant, à gauche sur l'image, est formée d'individus chargés de la natation. À droite, cette masse plissée et garnie de filaments regroupent des gastrozoïdes, qui capturent les proies. © Nautilus Live

    Un bien étrange animal au fond du golfe du Mexique. Les biologistes qui l'ont rencontré, par ROV interposé, ne savent pas lui donner un nom mais y reconnaissent un siphonophore. La partie avant, à gauche sur l'image, est formée d'individus chargés de la natation. À droite, cette masse plissée et garnie de filaments regroupent des gastrozoïdes, qui capturent les proies. © Nautilus Live

     
      
     
     

    Dans le golfe du Mexique, l’expédition Nautilus Live mène une série de campagnes avec des objectifs variés. L’une d’elles, Ecogic (Ecosystem Impacts of Oil and Gas Inputs into the Gulf of Mexico), consiste à explorer les fonds, entre 900 et 1.600 m sous la surface, pour y estimer l’impact de la catastrophe de la plateforme pétrolière Deepwater Horizon, le 20 avril 2010. Fin juin, Hercules le ROV (pour Remote Operated Vehicle), engin télécommandé muni d’une caméra, a filmé un bien étrange animal, qui a suscité des commentaires émerveillés de la part des deux scientifiques qui contrôlaient l’appareil depuis le navire Nautilus.

     

    De couleur violette, l’animal présente une forme complexe, plutôt longue (mais la taille n’est pas précisée), sans tête ni membres, arborant des clochettes à la partie antérieure et un massif de fanfreluches à l’arrière. Il nage tout près du fond sableux et ne semble prêter aucune attention à Hercules.

     

    Ce magnifique siphonophore s’est laissé surprendre par la caméra du ROV. Les commentateurs parlent anglais mais, au-delà des « waouh » et des « my God », le discours n’est pas précis. Ni la taille estimée de l’animal ni la profondeur ne sont indiquées, et sa traduction n’apporterait pas grand-chose. Les deux scientifiques ne peuvent indiquer l’espèce, seulement affirmer qu’il s’agit à coup sûr d’un siphonophore, ce curieux groupe d’animaux où les organes sont en fait des regroupements d’individus spécialisés mais indépendants. © Nautilus Live

     

    Les siphonophores, des colonies ambulantes

     

    Comme l’indique la biologiste commentant les images, il s’agit d’un siphonophore. Ce groupe d’animaux est classé parmi les cnidaires, aux côtés des méduses, des anémones de mer et des coraux. Ces animaux existent sous deux formes, celle de la méduse, mobile, et celle du polype, fixée. Les deux peuvent alterner dans le cycle de vie mais les siphonophores font mieux en faisant coexister les deux dans une même colonie.

     

    Car cet être nageur n’est pas un animal au sens habituel du terme mais une colonie. Des individus indépendants et réunis autour d’un stolon, les zoïdes, se partagent les tâches. Les uns, plutôt méduses, assurent le mouvement et entraînent la colonie. Ce sont les nectophores. D’autres, plutôt polypes et nommés gastrozoïdes, capturent des proies avec leurs cellules urticantes réparties sur de longs filaments pêcheurs. La reproduction sexuée est assurée par une autre catégorie d’individus, les gonozoïdes.

     

    Les zoïdes (ici, les gastrozoïdes pêcheurs) s'accrochent sur une tige centrale, le stolon. On remarque, par leur couleur plus claire, des individus luminescents, un savoir-faire connu chez d'autres siphonophores. © Nautilus Live

    Les zoïdes (ici, les gastrozoïdes pêcheurs) s'accrochent sur une tige centrale, le stolon. On remarque, par leur couleur plus claire, des individus luminescents, un savoir-faire connu chez d'autres siphonophores. © Nautilus Live

     

    Les siphonophores font partie du plancton

     

    Tous ces zoïdes ne se sont pas rencontrés par hasard. Ils sont nés par bourgeonnement d’un premier individu et ils possèdent donc le même génome. Chacun s’est ensuite fortement spécialisé et, s’il est indépendant, n’en est pas pour autant autonome. S’il quittait la colonie, il ne survivrait pas. Cette organisation ressemble à celle des animaux avec des cellules spécialisées réunies en organes mais elle est l’aboutissement d’un chemin différent de l’évolution.

     

    Pour voir et comprendre ces animaux des plus originaux, on peut se tourner vers Christian Sardet, biologiste spécialiste (et passionné) du plancton qui a réalisé une galerie pour Futura-Sciences et qui nourrit les Chroniques du plancton sur le Web. Rappelons que le terme plancton désigne tous les organismes qui ne nagent pas suffisamment puissamment pour surmonter les courants et se déplacent avec eux. Les siphonophores en font donc partie.

     

    Dans ce groupe de cnidaires (qui appartient à la classe des hydrozoaires), on rencontre des célébrités, comme la très venimeuse physalie (dont le flotteur lui permet de rester en surface) et l’organisme vivant le plus long du monde,Praya dubia, qui peut dépasser 40 m. Comme le prouve cette rencontre inopinée, bien des espèces restent à décrire.

     

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    L'Homme est-il un superprédateur du

    requin ? Réponse en 10 chiffres

     

     

    Du requin ou de l'Homme, qui est le prédateur, qui est la proie ? Tour d'horizon pour comprendre la situation mondiale des populations de squales soumises à une forte pression anthropique. S'il reste difficile de protéger les requins dans les eaux internationales, certains États, certaines populations et certains acteurs économiques interdisent la pêche au requin, cessent leur vente et leur consommation ou créent des zones refuges.

     

     

    Si l'Homme est la première menace qui pèse sur les requins, ceux-ci peuvent aussi être victimes de leurs propres congénères, à l'instar d'un requin blanc (Carcharodon carcharias) de 3 mètres de long, équipé d'une balise GPS, récemment et brusquement disparu à 600 mètres de profondeur. Hypothèse la plus probable : il a été dévoré par un autre requin blanc long de... 5 mètres. © Pterantula (Terry Goss), Wikimedia Commons, cc by sa 2.5

    Si l'Homme est la première menace qui pèse sur les requins, ceux-ci peuvent aussi être victimes de leurs propres congénères, à l'instar d'un requin blanc (Carcharodon carcharias) de 3 mètres de long, équipé d'une balise GPS, récemment et brusquement disparu à 600 mètres de profondeur. Hypothèse la plus probable : il a été dévoré par un autre requin blanc long de... 5 mètres. © Pterantula (Terry Goss), Wikimedia Commons, cc by sa 2.5

     
     
     

    34 millions d'années d'existence

     

    On distingue les requins modernes, tels que nous les connaissons actuellement et apparus il y a 34 millions d'années, et leurs premiers ancêtres vieux de 430 millions d'années. Autant dire que ces animaux ne datent pas d'hier. L'espèce humaine n'existe sur Terre, quant à elle, que depuis 200.000 ans.

     

    6 % des espèces de requins sont dangereuses

     

    Officiellement, une trentaine d'espèces de squales sur les 500 répertoriées sur la planète, soit 6 %, s'avèrent dangereuses pour l'Homme.

     

    5 décès humains chaque année

     

    Dans le monde, environ 5 accidents mortels par an, suite à une attaque de requin, sont recensés. À titre de comparaison, les éléphants, les tigres et les méduses causent la mort d'une centaine de personnes et les hippopotames font 3.000 victimes.

     

    40 millions de requins tués par an

     

    Les Hommes tuent de 40 à 100 millions des squales des océans par an pour les consommer ou pour d'autres usages, maroquinerie, cosmétique notamment. Ils sont parfois aussi maintenus en captivité, pris accidentellement dans les filets de pêche ou bien victimes d'opérations d'extermination de leur espèce.

     

    95 % de la chair de l'animal gaspillée

     

    Le shark finning, pêche aux ailerons en anglais, s'intéresse à récupérer cet appendice. Il ne représente que 5 % de son corps, les 95 % restants, jugés inintéressants, étant rejetés en mer. Parfois, l'animal amputé mais encore vivant coule à pic et subit une longue agonie.

     

    Nombreuses sont les espèces de requins de plus de 1,5 m de longueur victimes du shark finning, une technique de pêche qui consiste à ne leur prélever que l'aileron et à les rejeter en mer encore vivants. Plus de 85 pays, développés ou en développement, exportent des ailerons séchés, la plupart transitent par les États-Unis pour être envoyés vers le marché chinois. © Cloneofsnake, Wikimedia Commons, cc by sa 2.0
    Nombreuses sont les espèces de requins de plus de 1,5 m de longueur victimes du shark finning, une technique de pêche qui consiste à ne leur prélever que l'aileron et à les rejeter en mer encore vivants. Plus de 85 pays, développés ou en développement, exportent des ailerons séchés, la plupart transitent par les États-Unis pour être envoyés vers le marché chinois. © Cloneofsnake, Wikimedia Commons, cc by sa 2.0

     

    75 euros pour un bol de soupe d’ailerons à Hong Kong

     

    Le prix du kilo d’aileron de requin peut atteindre 350 euros et sa soupe près de 75 euros (100 dollars). Traditionnellement, les Chinois accordent à l'aileron de requin de nombreuses vertus thérapeutiques, non démontrées scientifiquement.

     

    80 % au moins de diminution d'effectifs dans les populations

     

    La plupart des stocks de squales connus ont diminué de 80 à 99 % depuis les débuts de la pêche industrielle, au milieu du XXe siècle. Par exemple, les populations des requins-marteaux dans l’Atlantique nord-ouest ont chuté de 98 %.

     

    Premier sanctuaire de requin en Micronésie

     

    La République des Palaos, petit pays d'Océanie situé à l'est des Philippines, est le premier endroit au monde à avoir exclu le commerce issu de la pêche aux requins, déclarant son territoire de 620.000 km2 refuge pour 137 espèces de requins et de raies menacées d’extinction ou vulnérables. Bien d'autres espèces marines bénéficient de cette décision. L'archipel fait ainsi le pari que le manque à gagner de la pêche sera couvert par une hausse du nombre de touristes attirés par sa biodioversité marine reconstituée.

     

    2.150 tonnes de saumonette achetées par les Français

     

    En 2012, les Français ont acheté 2.150 tonnes de saumonette, un terme plus commercial et préféré à celui de requin. Cette dénomination ne désigne en rien une espèce ou un quelconque rang taxonomique et il est donc impossible d’aller plus dans le détail des espèces concernées, qu’elles soient menacées ou non. En grande surface ou au restaurant, il est extrêmement difficile de savoir ce que les consommateurs achètent. « La méthode d’approvisionnement la plus fiable reste le rapport direct avec le producteur, à la criée », préconise une enquête de Shark Alliance publiée cette année.

     

    Un premier hypermarché français cesse de commercialiser du requin

     

    En 2009, le groupe Auchan décide de ne plus vendre de requin dans les 12 pays où l'enseigne est présente. Il s’agit du requin-taupe, de l’aiguillat, du siki, notamment, vendus au rayon marée ou surgelé en filets sous le nom de roussette ou saumonette. Il reste difficile de savoir clairement quelles autres grandes marques de distribution ont depuis suivi le mouvement.

     

    Zoologie:  L'Homme est-il un superprédateur du requin ?

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    Bigfoot : génétiquement, le yéti serait un

    ours

     

     

    Des chercheurs ont analysé une série d'échantillons de poils d'animaux attribués au yéti en provenance de plusieurs pays où la légende perdure. Résultat : une fois écartés les fibres de verre et les restes de vaches, de ratons laveurs ou même d'êtres humains, il reste deux génomes qui ressemblent à celui d'un ours polaire... fossile.

     

     
     

    Partout dans le monde, des légendes décrivent un être mi-homme mi-animal, couvert de poils hirsutes, marchant sur deux jambes et mesurant entre 1,50 et 3,75 m. Son nom varie selon les localités : yéti au Népal et au Tibet, Mande barung en Inde, Bigfoot aux États-Unis, Sasquatch au Canada, Almasty ou Kaptar dans le Caucase, Yowie en Australie, Mapinguari au Brésil, Sajarang gigi en Indonésie ou encore Basajaun au Pays basque. © Wanida.w, Wikimedia Commons, cc by sa 3.0

    Partout dans le monde, des légendes décrivent un être mi-homme mi-animal, couvert de poils hirsutes, marchant sur deux jambes et mesurant entre 1,50 et 3,75 m. Son nom varie selon les localités : yéti au Népal et au Tibet, Mande barung en Inde, Bigfoot aux États-Unis, Sasquatch au Canada, Almasty ou Kaptar dans le Caucase, Yowie en Australie, Mapinguari au Brésil, Sajarang gigi en Indonésie ou encore Basajaun au Pays basque. © Wanida.w, Wikimedia Commons, cc by sa 3.0

     
     

    L'abominable homme des neiges, l'autre nom donné au yéti, pourrait être un ours. C'est ce que concluent des chercheurs dans une sérieuse étude parue dans le journal Proceedings of The Royal Society B. Habitant de l'Himalaya, ce mystérieux animal résiderait aussi — ou alors serait-ce des cousins — dans d'autres régions du monde sous le nom de Bigfoot en Amérique du Nord et d’Almasty ou de Kaptar dans le Caucase. Les témoignages abondent un peu partout sur la planète, mais laissent les scientifiques de marbre : ce primate humanoïde énigmatique reste considéré comme un être légendaire devant le manque flagrant de preuve matérielle incontestable.

     

    Depuis 2012, Bryan Sykes, généticien à l'université d'Oxford au Royaume-Uni, et ses collègues se sont lancés dans l'analyse des échantillons de poils et de cheveux en provenance de différents pays du Globe. Les résultats confirment ce que nous avions annoncé en octobre 2013 : le génome du yéti serait celui d'un ours polaire. Parmi les 57 échantillons issus de musées et de collections privées, deux présentent une séquence génétique qui correspond « à 100 % à l'ADN d'un fossile d'ours polaire (Ursus maritimus) âgé de plus de 40.000 ans, mais pas avec des spécimens modernes de cette espèce », concluent-ils.

     

    Or, l'un de ces deux échantillons proviendrait d'un animal du Ladakh, en Inde, qui se serait montré particulièrement agressif et qui aurait été abattu par un chasseur expérimenté, il y a 40 ans. L'autre spécimen à qui appartiendraient les poils serait originaire d'une forêt de bambous, à 3.500 m d'altitude, dans une région du Bhoutan réputée pour être le nid d'un Migyhur, la version bhoutanaise du yéti.

     

    Le yéti, ours rocheux tibétain, logerait notamment sur l'Everest, montagne située dans la chaîne de l'Himalaya, à la frontière entre le Népal et le Tibet. Le naturaliste britannique B. H. Hodgson est le premier Européen à faire référence explicitement à la créature dans son récit Rencontre avec le yéti, paru en 1832 dans le Journal de la société asiatique du Bengale. © R. Hyland, Wikimedia Commons, cc by sa 3.0
    Le yéti, ours rocheux tibétain, logerait notamment sur l'Everest, montagne située dans la chaîne de l'Himalaya, à la frontière entre le Népal et le Tibet. Le naturaliste britannique B. H. Hodgson est le premier Européen à faire référence explicitement à la créature dans son récit Rencontre avec le yéti, paru en 1832 dans le Journal de la société asiatique du Bengale. © R. Hyland, Wikimedia Commons, cc by sa 3.0

     

    Il n'y aurait pas un, mais des yétis

     

    Pour les auteurs de l'article scientifique, les deux échantillons pourraient appartenir à une espèce d'ours inconnue jusqu'alors ou bien à un ours polaire qui aurait un pelage brun, ou encore à une espèce hybride d'ours polaire (Ursus maritimus) et d'ours brun (Ursus arctos). En prenant cette dernière hypothèse, les deux spécimens, bouthanais et indien, pourraient être les descendants d'une « souche apparue au tout début de la différenciation entre l'ours brun et l'ours polaire », supposent les chercheurs. Si elle était répandue et que le comportement agressif observé sur l'animal indien était représentatif de l'espèce, ce nouveau mammifère expliquerait la persistance de la légende du yéti. Avant toute conclusion, les chercheurs souhaitent poursuivre leurs investigations.

     

    Qu'en est-il des 55 autres échantillons ? Après avoir écarté ceux qui n'étaient pas de la matière organique animale — l'un d'eux était composé de fibres de verre —, l'équipe en a expertisé 34 autres. Vaches, chevaux, ratons laveurs, humains, cerfs, coyotes et même un tapir de Malaisie : les espèces à qui on a fait jouer le rôle de l'animal mystère étaient variées. Mais aucun des échantillons n'a révélé une nouvelle espèce de primate bipède.

     

    Ce résultat ne découragera pas les « pro-yéti » ou plutôt les « pro-Bigfoot », affirme le psychologue Rhettman Mullis, co-auteur de l'article scientifique... et qui en est un lui-même. Convaincu de la réalité de cet être communément connu sous le nom de Sasquatch ou de Bigfoot aux États-Unis et qu'il dit avoir croisé de nombreuses fois, il est aussi responsable du site Bigfootology consacré au phénomène Bigfoot. Pour lui, certes, le yéti décrit dans l'Himalaya est un ours mais l'étude ne démontre pas que Bigfoot n'existe pas...

    Zoologie:  Bigfoot : génétiquement, le yéti serait un ours

     

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    En vidéo : de rares images du lynx, ce

    prédateur si farouche

     

    Pour la dixième étape de la Grande boucle, le Tour de France de la biodiversité, organisé par le Muséum national d’histoire naturelle, nous fait découvrir le plus farouche des mammifères européens : le lynx.

     

     
     


    Le lynx boréal est sans doute le plus discret des chasseurs. Ce gros chat de 1,35 m de longueur a été protégé et parfois réintroduit dans plusieurs pays d'Europe. En France, il est présent dans le Jura et les Vosges. Il s'attaque à toutes sortes de proies, avec une préférence pour le lapin mais peut aussi s'en prendre à des animaux d'élevage. © Muséum national d'histoire naturelle

     
     
     

    Ce 14 juillet 2014, les coureurs du Tour de France, partis de Mulhouse, se sont lancés à l’assaut de leur première montagne : les Vosges, avec une arrivée au sommet de La Planche des Belles Filles, à 1.148 m d’altitude. C’est là, et dans le Jura, qu’a été réintroduit à partir des années 1970 un des rares grands mammifères prédateurs français, le lynx boréal. C'est le héros du jour du Tour de France de la biodiversité, une série de documentaires proposés par le Muséum national d'histoire naturelle.

     

    Ce puissant félin, reconnaissable à sa hauteur (75 cm au garrot), à ses pattes arrière puissantes, bien commodes pour marcher dans la neige profonde et, bien sûr, aux touffes de poils qui prolongent ses oreilles, est présent dans une large partie de l’hémisphère nord, de la Sibérie à l’Amérique en passant par l’Europe, partout où il y a de grandes forêts. Cette vaste population est composée de plusieurs espèces, regroupées dans le genre Lynx, distinct de Felis auquel appartiennent la plupart des autres félins.

     

    Le déclin des lynx semble enrayé

     

    En Europe, le lynx boréal (Lynx lynx) avait presque disparu au XXe siècle, essentiellement à cause de la régression de son espace vital. Car cet animal solitaire a besoin de vastes territoires, un seul mâle pouvant s’approprier une réserve de chasse de 150 à 200 km2. Le déclin semble enrayé car dans de nombreux pays, il a été suffisamment protégé pour éviter l’extinction. En France, il en existerait de 100 à 150 (chiffres 2012), selon Éric Marboutin, chef de projet à l’Office national de la chasse et de la faune sauvage.

     

    Ce chasseur, qui sait nager, saute très bien et court très vite (mais pas longtemps), s’attaque à de nombreuses proies. Grand amateur de lapins, il s’intéresse aussi au chamois ou au chevreuil, et parfois à des animaux d’élevage. Farouche, encore plus discret que le blaireau, ce grand félin de plus de 1,30 m de longueur se laisse difficilement observer. Et il est bien rare d’en voir un dans la nature. Pour estimer les effectifs, les spécialistes doivent installer des pièges photographiques pour les identifier grâce à leur pelage, les taches étant spécifiques à chaque individu.

     

    Un lynx boréal sur son territoire. Avec sa vision excellente, il surveille les alentours. Discret, il saura se cacher si un humain vient à passer. Chasseur efficace, il repérera une proie possible pour s'en approcher silencieusement avant de fondre sur elle en une course brève. © Muséum national d'histoire naturelle

    Un lynx boréal sur son territoire. Avec sa vision excellente, il surveille les alentours. Discret, il saura se cacher si un humain vient à passer. Chasseur efficace, il repérera une proie possible pour s'en approcher silencieusement avant de fondre sur elle en une course brève. © Muséum national d'histoire naturelle

     

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