Excusez-moi mais j'ai un gros cas de conscience avec le « médicament homéopathique » Oscillococcinum.
Vous le savez, Santé Nature Innovation défend les médecines naturelles, parce qu'elles sont réellement efficaces.
Mais là, j'ai vraiment un problème... et c'est pourquoi je me permets de m'adresser à vous, fidèle lectrice ou lecteur, car peut-être pourrez-vous m'éclairer :
Les Laboratoires Boiron produisent un médicament homéopathique bien connu appelé Oscillococcinum, pour soigner les « états grippaux ».
De très nombreuses personnes en achètent, et beaucoup se disent satisfaites, à tel point que l'Oscillococcinum est un, sinon le produit le plus rentable de cette société, voire du marché de l'homéopathie.
Sur le site Internet de Boiron, on peut lire en toutes lettres :
Vous me connaissez, je suis ouvert d'esprit. Quand un traitement marche, je n'hésite pas à en parler y compris si les scientifiques n'ont pas encore trouvé le pourquoi du comment avec leur microscope. Le corps humain et la nature sont si compliqués qu'il me paraît absurde de rejeter une solution qui guérit sous prétexte que la « science dure » ne la comprend pas encore.
Et pourtant, avec l'Oscillococcinum, et malgré toutes les personnes qui me jurent que c'est efficace, j'ai beau tourner et retourner la chose, je ne vois pas comment défendre ce produit qui fait pourtant tant d'heureux.
Vous connaissez le principe de l'homéopathie : selon son inventeur, le médecin allemand Samuel Hahnemann, qui vécut sous la Révolution Française, les substances soignent selon le « principe de similitude » : une substance qui donne le mal de tête à une personne saine, sera capable de supprimer le mal de tête chez une personne malade.
D'autre part, le remède, toujours selon le Dr Hahnemann, serait d'autant plus efficace qu'il serait plus dilué. C'est l'autre grand principe de l'homéopathie. Dissous dans l'eau, le principe actif peut être dilué des centaines et des centaines de fois, jusqu'à ce qu'il n'en reste plus un seul atome, et cela augmenterait son efficacité.
Pour vous donner un ordre d'idée, la dilution de 12 K qui est considérée comme moyenne en homéopathie correspond à une dilution d’1cm3 de principe actif dans un volume d’eau équivalent à celui de tous les océans de la planète.
La dilution de l'Oscillococcinum, qui est à 200 K, est telle qu'il ne peut mathématiquement pas rester un seul atome de principe actif dans les granules (une dilution de 40 K « seulement » correspond à un seul atome dilué dans tout l'univers visible). Les granules sont faits d'eau, de sucre de table (saccharose) et de lactose (sucre du lait), sans autre ingrédient. (1) Mais l'explication de leur efficacité serait que l'état vibratoire des molécules d'eau aurait été modifié.
Hé bien même si l'on admet ces principes, bien peu évidents dans l'état actuel des connaissances scientifiques, l'Oscillococcinum continue de poser des problèmes qui me paraissent vraiment insolubles :
Fort bien, me dira-t-on, peut-être l'Oscillococcinum n'a-t-il aucune efficacité. Il a au moins le mérite d'être inoffensif et d'exercer, sur les patients qui y croient, un effet placebo.
Cela est vrai. Mais si on admet que l'Oscillococcinum n'est en fait pas un médicament mais de simples boules de sucres, la question est de savoir pourquoi les Laboratoires Boiron les vendent si cher. Une boîte standard de 30 doses d'Oscillococcinum coûte environ 25 euros, ce qui est selon un bulletin officiel de la Concurrence de la Consommation et de la Répression des Fraudes, 50 % plus cher que les autres médicaments anti-grippaux du marché. Est-ce honnête ?
Peut-être le fait de faire payer plus cher donne-t-il aux patients l'impression que c'est plus efficace, augmentant ainsi l'effet placebo ?
Si c'est cela, je dis « Bravo Boiron ». Mais à mes lecteurs, je dirais : la prochaine fois que vous sentez monter en vous les signes d'un « état grippal », faites-vous une bonne tisane de thym au miel et au gingembre. Mettez un bonnet et une écharpe ou, mieux, restez chez vous avec un bon livre. Et gardez vos sous dans votre porte-monnaie.
Mais vous, qu'en pensez-vous ? Vous pouvez m'écrire en répondant directement à ce message, ou en mettant un commentaire en bas de l'article sur notre site, ici.
A votre santé !
Jean-Marc Dupuis
Santé Nature Innovation
Sources :