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Vous sucrez-vous le bec

sans le savoir?

 

Par Benoîte Labrosse

Mise en ligne : 13 juin 2013

 

 

Grignoteurs, prenez garde à vos collations: certaines contiennent plus de sucre ajouté que trois repas quotidiens combinés!

 

Vous avez pour habitude de consommer des pâtisseries, des produits laitiers sucrés ou des boissons gazeuses comme collation?

 

Sachez que 40 % à 70 % de votre consommation quotidienne totale d’aliments sucrés pourrait provenir de ces grignotages. C’est l’un des constats auxquels en arrive une étude (PDF) réalisée pour l’Université de Montréal par l’anthropologue Jean-Claude Moubarac, aujourd’hui chercheur postdoctoral en santé publique et nutrition à l’Université de Sao Paolo, au Brésil.

 

Les collations sucrées en quelques chiffres

.Les adultes québécois consomment en moyenne 2,8 collations par jour, selon Santé Canada.

.Près de 71 % de la crème glacée et des tablettes de chocolat sont consommées entre les repas, principalement en après-midi et en soirée, révèle l’étude de Jean-Claude Moubarac.

.Plus de 72 % des yogourts (autres que nature) et 77 % des muffins sont consommés entre le déjeuner et le dîner.

 

Beaucoup trop de calories! 

«Les gens qui ont l’habitude de grignoter consomment en moyenne 30 grammes de sucre de plus par jour, soit l’équivalent d’une cannette de boisson gazeuse ou de huit biscuits au chocolat», constate Jean-Claude Moubarac. D’autres recherches (PDF) ont également démontré que les collations, sucrées ou non, comptent pour 23 % des calories consommées quotidiennement par les Canadiens; c’est 5 % de plus que le nombre de calories consommées au petit-déjeuner.

 

La proportion de sucre consommé sous forme de collation «surprend et inquiète» Judith Blucheau, nutritionniste-conseil spécialisée en promotion de la santé et conférencière en entreprises. «C’est inquiétant de constater que ce genre d’aliments fournit autant de calories dans une journée!» D’autant plus que les grignotines sucrées sont des aliments qui renferment généralement beaucoup de matières grasses et peu de vitamines et de minéraux, déplore-t-elle.

 

Le fait que les groupes d’aliments qui contribuent le plus à la consommation de sucre soient les grignotines et les liquides sucrés étonne toutefois moins. «Une boisson gazeuse contient beaucoup de calories, mais ne rassasie pas, car elle ne contient aucun nutriment susceptible de provoquer un sentiment de satiété, illustre-t-elle. On va donc l’accompagner d’un gâteau, d’un biscuit ou d’un muffin du commerce. Ce sont des calories qui s’additionnent facilement.»

 

Saines fringales

La nutritionniste Judith Blucheau n’a rien contre les collations, «si elles sont composées d’aliments sains, comme une pomme et un morceau de fromage». Le problème, c’est qu’en plus du sucre, la nourriture facilement accessible dans les tours de bureaux contient généralement beaucoup de matières grasses, tout en ayant une faible teneur en fibres et en vitamines.

 

Une solution pour les travailleurs? Prévoir une réserve de collations saines. «Il faut planifier les collations comme on le fait pour les repas, rappelle-t-elle. Ce n’est pas compliqué de garder dans un tiroir des noix, des amandes, des raisins secs, des dattes ou des canneberges séchées, par exemple.»

 

Contrairement aux grignotines sucrées, ces aliments contiennent des nutriments et ont un effet rassasiant, ce qui permet de se contenter de petites portions. «Dans certains cas, le nombre de calories de ces collations sera le même, mais, au moins, elles apporteront de l’énergie et des bienfaits pour la santé», fait valoir Judith Blucheau.

 

Une enquête montréalaise

L’enquête a été menée entre 2007 et 2010 auprès de 254 personnes membres de la communauté montréalaise originaire du Moyen-Orient, «mais les résultats sont représentatifs des habitudes des Québécois urbains en général», assure Jean-Claude Moubarac. Leur consommation quotidienne de sucre, qui représente 20,3 % de l’énergie totale absorbée, est semblable à celle des Québécois et des Canadiens auparavant mesurée par Statistique Canada. «Traditionnellement, au Moyen-Orient, le sucre a une place limitée. C’était donc intéressant de voir comment, dans l’environnement de vie québécois, leur consommation de produits sucrés est passée d’occasionnelle à quotidienne», explique le chercheur.

 

L’étude de Jean-Claude Moubarac a porté exclusivement sur les aliments qui contiennent des sucres ajoutés. Les fruits, qui ne renferment que des sucres naturels, n’ont pas été pris en compte.

 

du site Protégez-Vous.ca

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