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    Les plus beaux villages de Normandie

     

    Par Clio Bayle
     
     
     

    Une région, la Normandie ? Non, une muse ! Y a-t-il un autre territoire en France pouvant revendiquer autant d'œuvres produites, autant d'artistes inspirés ? Outre sa nature grandiose, ses côtes sauvages, ses bocages, la Normandie collectionne également les villages de charme, que caractérisent une architecture souvent marquée par le granit ou par les colombages. Découvrez la sélection Détours des 10 plus beaux bourgs normands.

     
     

    Barfleur, humeurs de mer (Manche)

     

    Barfleur et son port à marée basse
     
     

    « Filets plein d’histoires / Qui fleurent le bar / Casiers de mémoire / Flotteurs de rêve / Chants des filins / Palabre des mouettes / Humeurs de mer / Et mots du ciel / Barfleur sans fin raconte. », écrivait le poète et romancier cherbourgeois Michel Besnie. Voilà qui résume joliment l'esprit de ce charmant petit port de pêche situé à l'extrémité nord-est du Cotentin. Avec ses maisons de granit et son port qui se vide et se remplit au rythme métronomique de la marée,  Barfleur, dans le Val de Saire, est classé parmi les plus beaux villages de France. Jadis havre prisé des Romains, puis des Vikings, avant de devenir le plus important port du Cotentin au Moyen Âge, le bourg se partage aujourd’hui entre une activité touristique et une vocation de pêche.

     

     

    Veules-les-roses, le charme personnifié  (Seine-Maritime)

     

    Veules-les-roses

     

    Niché au creux d’une valleuse de la côte d'Albâtre, à quelques kilomètres à l'ouest de Dieppe, Veules-les-roses semble tout droit sortie de l'imagination d'un peintre. Le bourg, lui aussi classé parmi les plus beaux villages de France, a d'ailleurs séduit bien des artistes ! Chaumières coquettes, fleuve miniature, vieux moulins à eau, cressonnières à profusion : le bourg fait jalousement collection de ses charmes. Cette station balnéaire doit sa réputation au fait qu’elle est traversée par le plus petit fleuve de France : la Veules, 1 194 mètres ! Si son débit l'apparente plus à un ruisseau, il s'agit bien pourtant d'un cousin de la Seine ou de la Loire, puisque la Veule se jette dans la mer. 

     

     

    Varengeville-sur-Mer, un bourg unique (Seine-Maritime)

     

    Varenville-sur-mer
     
     

    Varengeville-sur-Mer ne ressemble pas aux autres villages classés parmi les plus beaux de France. Tout en longueur, il ne possède pas de centre-ville, mais des maisons cossues et atypiques longeant la falaise dans un écrin boisé. Monet, Pissarro, Braque, Cocteau, Breton, Prévert... La liste des artistes tombés sous son charme est longue et prestigieuse. Avec son église et son cimetière marin accrochés à la falaise, Varengeville constitue l’un des sites les plus emblématiques de la côte d’Albâtre.

     

     

    Saint-Céneri-le-Gérei, la muse de Normandie (Orne)

     

     

    Encore un village-muse ! Situé au cœur des verdoyantes Alpes mancelles, lové dans un méandre de la Sarthe, Saint-Céneri a inspiré plus d'un peintre. Courbet, Corot, Buffet... Ils sont nombreux à être tombés sous le charme de son église romane perchée, de ses vieilles maisons bâties en pierre de « roussard », de ses ponts, et de ses jardins en bord de rivière. Des roches, de l’eau, de la végétation, des monuments...  Tout est réuni pour que les artistes aient une envie irrésistible d'y poser leur chevalet. 

     

     

    Le Bec-Hellouin, la Normandie sacrée (Eure)

     

    Le Bec-Hellouin
     
     

    Maisons à pans de bois colorés, balcons fleuris, ruisseaux, prairies, bocages... Niché au creux d’un vallon, le Bec-Hellouin collectionne les atouts typiquement normands. Si le Bec-Hellouin doit son rayonnement à sa prestigieuse abbaye bénédictine du XIe siècle, son bourg aussi mérite largement qu'on le célèbre. De l'ancienne abbatiale subsiste une imposante tour carrée, la tour Saint-Nicolas, datant de la fin du XVe siècle. Il ne faut pas non plus rater le cloître, l'un des premiers d'inspiration classique en France avec terrasse à l'italienne.

     

     

    Saint-Vaast-la-Hougue, village préféré des Français 2019 (Manche)

     

    Saint-Vaast-la-Hougue (Manche)
     
     

    Dans ce port de pêche de la pointe nord-est du Cotentin, ce qu’il faut voir se trouve davantage à l’écart du village, à la pointe de la Hougue. Par une petite route à cheval entre marais et mer, on atteint d'imposantes tours défensives signées Vauban. Elles s’avancent sur la Manche devant les parcs à huîtres. Au loin, on aperçoit l’île de Tatihou, accessible à pied lorsque la marée est basse et en bateau aux heures de pleine mer.

     

     

    Beuvron-en-Auge, un décor de carte postale (Calvados)

     

    Beuvron-en-Auge (Calvados)
     
     

    Réputé pour son aspect bucolique et la renommée de ses produits, le Pays d'Auge accueille en son cœur l'un des plus beaux villages de France. Beuvron-en-Auge, véritable décor de carte postale avec ses maisons à pans de bois restaurées avec soin, ses halles et sa campagne piquée de manoirs vaut largement le détour. Le bourg est traversée par la route du cidre, qui s’étend sur 40 km et fédère une vingtaine de producteurs. 

     

     

    Lyons-la-Forêt (Eure)

     

    Lyon-la-forêt, vue aérienne
     
     

    Perdue entre des lambeaux de l'une des plus belles forêts de France, à 40 km de la capitale normande, Rouen, Lyons-la-Forêt fait lui-aussi partie des plus beaux villages de France. Maisons à colombages, torchis et briques... Et au beau milieu du village, de majestueuses halles du XVIIIème siècle, parmi les plus beaux spécimens de France. 

     

     

    Le Mont-Saint-Michel, l'îlot merveilleux (Manche)

     

    L'abbaye du Mont-Saint-Michel vue du ciel, Normandie
     
     

    Ce joyau unique au monde, inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, fait figure d'ovni dans ce classement. Son statut de Merveille de l'Occident nous aurait presque fait oublier que c'est également une commune, et qu'à ce titre, elle trouve parfaitement sa place ici. Chef-d’œuvre d’ingéniosité et d’architecture, le Mont-Saint-Michel fascine le monde entier. Indissociable de sa baie, immensité sauvage soumise au rythme des marées, ce joyau est entouré d'une aura de mystère qui exerce sur les quelque 3 millions de visiteurs qui s'y rendent chaque année un pouvoir d'attraction irrésistible. 

     

     

    Étretat, majestueuses falaises  (Seine-Maritime)

     

    Étretat vue des hauteurs
     
     

    Si le rayonnement du village d'Étretat dépasse aujourd'hui largement les frontières françaises, c'est pour les colosses de craie blanche qui l'enserrent telles deux vigies protectrices. Taillées par la mer et les siècles, les falaises d'Étretat offrent sans équivoque l'un des plus beaux paysages naturels de France. C'est une constante en Normandie, le lieu a sans surprise attiré de nombreux artistes, des peintres comme Monet, Corot, ou encore Boudin..., mais aussi des cinéastes et écrivains comme Maupassant et Maurice Leblanc....

     

    Photos-Villes du Monde 5:  Les plus beaux villages de Normandie

     

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    Les plus beaux villages d'Alsace à visiter

     

    Par Marine Guiffray
     
     
     

    Aussi charmants en hiver qu’au printemps, les villages d’Alsace sont nombreux à cumuler les titres de noblesse : « Plus beaux villages de France », Village Préféré des Français… Plébiscitées pour leur richesse historique et leur allure pittoresque, ces bourgades typiques de la région séduisent même au-delà de nos frontières. Voici notre top 7 !

     

    Mittelbergheim, charmant village autour de Strasbourg

     

    Le vignoble de Mittelbergheim, en Alsace

    Les plus beaux villages d’Alsace ne se trouvent pas tout à fait dans la périphérie de Strasbourg. Toutefois, si vous souhaitez partir en excursion une journée dans une charmante bourgade, Mittelbergheim est l’une des plus proches de la capitale alsacienne. Labellisé « Les plus beaux villages de France », le joli bourg se trouve au pied du célèbre mont Saint-Odile. Étape incontournable sur la route des vins d’Alsace, il dévoile sur la colline de Zotzenberg un vignoble classé « Grand Cru » !

     

     

    Eguisheim, un village pittoresque autour de Colmar

     

    La place Saint-Léon, dans le village d'Eguisheim (Alsace)

    Situé à moins de 10 kilomètres de Colmar, le village fleuri d’Éguisheim vaut le détour pour son architecture pittoresque datant des XVIe et XVIIe siècles. Élu « Village préféré des Français » en 2013 et labellisé « Les plus beaux villages de France », il étonne par sa structure en cercles concentriques qui mène naturellement les visiteurs jusqu’à sa place centrale. Ces derniers peuvent y admirer la grande fontaine Saint-Léon et le château médiéval des Comtes d’Éguisheim.

     

    Kaysersberg, un village typique d'Alsace

     

    Maisons traditionnelles au bord de la rivière Weiss, à Kaysersberg (Alsace)

    Niché lui-aussi au cœur des vignes alsaciennes, le village très touristique de Kaysersberg égaye le paysage de ses couleurs vives. En 2017, ses maisons à colombages typiques de la région ont d’ailleurs séduit les téléspectateurs de France 2, qui l’ont élu « Village préféré des Français ». En plus du charme de ses rues pavées, Kaysersberg attire pour ses trois monuments emblématiques : le pont fortifié au-dessus de la rivière Weiss, l’église Sainte-Croix et le château impérial de Schlossberg.

     

    Ferrette, aux portes du Jura alsacien

     

    Le village de Ferrette, en Alsace

    Moins connu que les étapes de la route des vins, le village de Ferrette se situe à l’extrémité sud de l’Alsace, dans le pays du Sundgau, à une dizaine de kilomètres seulement de la frontière suisse. Village médiéval construit à flanc de colline, il est surmonté des ruines d’un château du XIIe siècle ayant appartenu à la lignée des comtes de Ferrette, facilement accessible à pied. Ne rechignez pas à grimper car au sommet, la vue sur le village est incroyable.

     

    Ribeauvillé, généreux et festif

     

    Le village de Ribeauvillé, en Alsace

    Situé dans le massif des Vosges, Ribeauvillé est un autre village mythique de la route des vins d’Alsace, proche voisin de Riquewihr. L’église Saint-Grégoire, les trois châteaux – le Saint-Ulrich, le Ribeaupierre et le Girsberg –, la Tour des Bouchers du XIIIe siècle, l’hôtel de ville du XVIIIe… Il y a beaucoup à voir ! Et en prime, tous les premiers week-ends de septembre, la cité médiévale s’anime à l’occasion de la fête des Ménétriers (« Pfifferdaj » en alsacien). À partir du XIVe siècle, ces troubadours ont eu pour coutume de se réunir dans le village qui, depuis, perpétue la tradition en musique. Danse, chants et défilés costumés sont au programme.

     

    Hunawihr, l'un des plus beaux villages de France

     

    Le village d'Hunawihr, en Alsace

    Encore une commune qui peut brandir fièrement son label « Les plus beaux villages de France » ! L'Alsace en compte quatre en tout ; nous en sommes donc à trois. Cerné par les vignes, le petit village d’Hunawihr n’usurpe pas son titre. Il est reconnaissable à son église fortifiée datant du XVe siècle, dont le clocher domine la plaine.

     

    Riquewihr, une véritable cité médiévale

     

    La cité médiévale de Riquewihr, en Alsace

    Et de quatre. Dernier village de notre sélection – et pas des moindres –, également labellisé « Les plus beaux villages de France », Riquewihr regorge de bâtiments historiques remarquables. Outre les diverses demeures Renaissance, ne manquez pas d’admirer l’ancienne prison aujourd’hui baptisée Tour des voleurs, le musée Hansi ou encore la Tour du Dolder, emblème du village. Anecdote amusante : en  2016, Riquewihr a même été élu plus beau village de France par l’association des agences de voyages et tour-opérateurs japonais.

     

    Photos-Villes du Monde 5:  Les plus beaux villages d'Alsace à visiter

     

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    Hunspach, en Alsace, élu «village préféré

    des Français» 2020

     

    Par Sophie Denis
     
    source : Détours en France HS 12 - Les villages préférés de nos régions
     
     
     

    L’Alsace de l’Outre-Forêt est moins connue que celle des vins, dont elle est séparée par la forêt de Haguenau. Elle recèle pourtant des joyaux, comme Hunspach, dans le canton de Wissembourg, élu «village préféré des Français» 2020 dans l'émission de Stéphane Bern. Avec ses maisons cossues, ses rues pimpantes et fleuries, son accueil charmant, Hunspach mérite bien le coup de cœur des spectateurs tant son architecture est homogène. Avec en prime, un monument hors du commun aux portes de la forêt voisine…

     

     

    Vue d'ensemble de Hunspach
     
     

    Nul château, abbaye ou musée pour séduire le visiteur, juste un village alsacien, dans tout l’éclat de son authenticité affirmée. Hunspach a le charme sincère, pas du tout racoleur. Son plan est facile à dessiner : la rue Principale, une artère parallèle, la rue des Vosges, et quelques chemins de traverse entre les deux, aux noms bucoliques, rue des Moutons, rue des Champs, rue du Moulin et même une rue de l’Ange. Impossible de s’y perdre ? À voir : le village présente une telle unité architecturale qu’il peut être difficile d’y trouver ses repères !

     

    Maisons de Hunspach
     
     

    Imaginez des rues larges, taillées à angle presque droit, obéissant à une logique, sinon militaire, du moins de l’Est. Les maisons sont cossues, coiffées de lourdes toitures à pans coupés. Aux couleurs éclatantes qu’arborent leurs homologues de la route des vins, elles préfèrent se parer de crépi blanc ; le seul maquillage autorisé ici est le colombage brun rouge ou noir, qui ponctue les façades, comme les lourds volets de bois (quelques-unes osent le vert, mais elles sont rares). Et partout, des géraniums pour souligner le bord des fenêtres. À les regarder, elles paraissent donc toutes soeurs, voire jumelles, conçues par le même architecte, presque dupliquées à l’infini. À croire qu’elles sont l’oeuvre de lutins facétieux, tout droit sortis de la forêt de Haguenau ! Qu’a-t-il bien pu se passer pour qu’Hunspach affiche une telle homogénéité dans son architecture ? Son destin est étonnant, même si son histoire reste plutôt anonyme jusqu’au XVIIe siècle. On trouve tout juste une mention de son existence dans un texte du XIIIe siècle.

     

    Quand survient la Réforme, Hunspach devient protestant, comme l’Alsace. Pendant la guerre de Trente Ans, tous les belligérants de ce conflit européen passent par l’Alsace et y commettent des exactions. Cela vaut à Hunspach d’être rayé de la carte, ses maisons entièrement rasées par les troupes catholiques en 1633. Ce n’est qu’à la fin du XVIIe siècle que Louis XIV décide de faire rebâtir le village, bien décidé à repeupler l’Alsace. Hunspach devient une ville nouvelle, avec de nouveaux habitants, pour la plupart venus… de Suisse ! Ceci explique sans doute cela, l’ordonnancement symétrique des rues et des maisons. Leur période de reconstruction court du début du XVIIIe à la fin du XIXe siècle. Quelquefois, une date est d’ailleurs mentionnée sur la façade, accompagnée du nom du propriétaire.

     

    De typiques maisons alsaciennes

     

    Maison à colombages à Hunspach
     
     

    À bien y regarder, certaines sont quand même plus cossues que d’autres. De grosses fermes articulées autour d’une cour, propriétés des riches paysans du XIXe siècle, occupent le centre du village. L’entrée dans la maison se fait par une porte latérale, et la pièce de vie donne sur la rue. En périphérie du village, l’habitat se fait plus modeste : c’est là que résidaient les ouvriers agricoles. Quand l’ensemble est aussi rassurant à force d’être homogène, on peut se concentrer sur les détails, qui deviennent tout le sel de la visite ! Ici, remarquez un coq de faîtage, des tuiles à bout arrondi, dites « à queue de castor », là un pignon orné de losanges, plus loin une enseigne traditionnelle qui signale l’existence d’une auberge ou de gîtes chez l’habitant.

     

     

    Maisons à colombages et puit à balancier à Hunspach
     
     

    Regardez bien ces fenêtres : leurs vitres ne vous paraissent-elles pas étranges ? En fait leurs verres – anciens – sont bombés : une technique astucieuse d’autrefois, pour voir ce qui se passait dans la rue, sans être vu ! Et plus besoin de rideau… Rue de l’Ange, une curieuse façade attire l’oeil, ornée de rectangles blancs percés de trous, semblables des dés à jouer. Il s’agit de l’arrière d’une porcherie, dont les ouvertures dans le mur servent d’aération. Rue de la Gare, un puits à balancier, ici appelé schwenkelbrunnen, d’un modèle peu courant en Alsace, avec un système de contrepoids et une auge en pierre qui servait d’abreuvoir aux bêtes. Autre curiosité du village, qu’on découvre plutôt dans la périphérie, des bancs en grès à deux niveaux. Les femmes se reposaient sur le niveau inférieur et posaient leur panier sur celui du dessus.

     

     

    L'intérieur de l'église protestante à Hunspach
     
     
     
    Allez jeter un oeil à l’église protestante, construite en 1757, toute simple sous son crépi blanchi à la chaux. Le clocher-tour de style roman, qui date de 1874, a remplacé un clocher en bois.

    Le combat d'un ministre

    Il voulait construire des murs de béton, « qui coûtent moins cher que des murs de poitrines », aimait-il à dire. Pour avoir fait la guerre en 1914 – comme simple soldat, alors qu’il était déjà sous-secrétaire d’État – André Maginot en connaissait le prix. C’est donc par souci d’humanité que ce petit-fils de Lorrain, plusieurs fois ministre de la Guerre, lança la France dans l’édification de la ligne qui porte son nom. Démarrée dès 1928, elle devait protéger l’Alsace du nord au sud sur 200 kilomètres, face à la ligne Siegfried du côté allemand. André Maginot se battit pour débloquer les fonds nécessaires, mais ne vit pas la fin des travaux : il mourut en 1932 d’une fièvre typhoïde.

     

     

    Le plus gros ouvrage de la ligne Maginot  

     

    Le fort Shoenenbourg à Hunspach
     
     

    Hors village, la rue Principale devient départementale et conduit les visiteurs 3 kilomètres plus à l’ouest à un monument exceptionnel de la région, le fort de Schoenenbourg, le plus grand ouvrage de la ligne Maginot. Construit entre 1931 et 1935, il a aussi été le plus bombardé, puisqu’entre le début de la Seconde Guerre mondiale et l’armistice de juin 1940, il a reçu 50 obus d’une tonne chacun et a lui-même envoyé 17 000 obus. Les Allemands n’ont pas réussi à le prendre, mais l’ont contourné et le fort s’est rendu le 1er juillet, six jours après l’armistice, sur ordre du haut commandement, mais toujours invaincu. L’association des amis de la ligne Maginot d’Alsace a réhabilité cet ouvrage incroyable et a permis qu’il soit ouvert à la visite.

     

     

    Le fort Shoenensbourg sur la ligne Maginot à Hunspach
     
     

    Imaginez 3 kilomètres de galeries reliant huit blocs (infanterie, artillerie, transmission, caserne, etc.) à 30 mètres sous terre, protégés par des murs de béton de plus de 3 mètres d’épaisseur. 630 hommes y vivaient en totale autarcie, comme à bord d’un sous-marin, dans des conditions très dures, souvent plusieurs semaines sans voir le jour. La visite est un peu oppressante, en découvrant les chambres de troupe, où les hommes vivaient à 36, douze couchettes sur trois étages, l’infirmerie, l’antenne radio, la cuisine tout électrique, seul grand luxe de l’ouvrage. Et le plus étonnant, c’est que toutes les machineries fonctionnent encore ! Une visite en tout point passionnante, qui ne s’adresse pas qu’aux fans de l’art militaire. Et qui offre un singulier contraste avec la douceur tranquille qui règne dans les rues si pimpantes de Hunspach !

     

    Photos-Villes du Monde 5:  Hunspach, en Alsace, élu «village préféré des Français» 2020

     

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