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    Que faire ? Ou comment vivre avec le déclin de l’Europe…

     

    Ce petit livre n’est pas un manuel survivaliste ou un traité de collapsologie. Il ne vise pas le retrait, ni la fuite mais propose au contraire de faire face en s’adaptant sans compromission au monde qui vient.

     
     
     
    Que faire ? Ou comment vivre avec le déclin de l’Europe…
     
     

    Que faire ? Face au spectre menaçant du suicide de notre civilisation, cette question taraude aujourd’hui tous les Européens encore lucides, conscients du gouffre vers lequel nous semblons nous précipiter… L’historien et écrivain David Engels, à travers un petit livre enlevé, tente de répondre à cette question. L’image de la flèche de la cathédrale Notre Dame de Paris prise par les flammes qui orne sa couverture illustre l’urgence et la gravité de la situation que le sous-titre du livre fixe par une simple et sombre phrase : « vivre avec le déclin de l’Europe ».

     

    Vers les âges sombres

    Le ton est donné, volontairement pessimiste. Pour l’auteur « il faut être réaliste mais surmonter le désespoir ». Alors justement, que faire ? Dans les âges sombres qui approchent, il y a deux réponses possibles, si l’une est collective et politique, l’autre est purement personnelle. C’est à celle-ci que s’attache le livre de David Engels. Comme il le souligne dans sa préface, l’objet « n’est pas de sauver la société elle-même, vouée de toute manière à l’échec, mais plutôt d’assurer la survie des idéaux qui l’ont animée. »

    Pour l’auteur, il n’y a en effet pas d’issue possible à la crise identitaire, politique, morale, économique, démographique que traverse l’Europe, qui va continuer et s’amplifier pendant des années, voire des décennies encore. « Oui, assène-t-il, nous allons droit dans le mur – et après ce sera le début des guerres civiles. »

    Mais attention, ce petit livre n’est pas un manuel survivaliste ou un traité de collapsologie. Il ne vise pas le retrait, ni la fuite mais propose au contraire de faire face en s’adaptant sans compromission au monde qui vient. Il expose pour cela « quelques idées et encouragements pour rester fidèles à notre histoire et à notre être au monde » en s’appuyant sur des valeurs de « courage, de persévérance, de fidélité et d’espoir ».

     

    L’État contre le peuple

    Dans un conflit, il est essentiel de distinguer amis et ennemis. David Engels constate froidement que l’État est désormais face à nous. « Ils ne sont plus les vôtres et ne méritent plus votre allégeance » écrit-il ainsi à l’intention des naïfs. Abandonnant les Européens autochtones à leur sort, l’appareil étatique, pris dans une dérive autoritaire, utilise sa force pour surveiller étroitement et réprimer durement toute velléité de révolte, comme le démontrent les dérives liberticides, la surveillance généralisée ou la sévère répression des Gilets jaunes. Nulle solution politique à espérer à court terme non plus à travers les partis et mouvements populistes qui n’ont, d’après l’auteur, ni les soutiens, ni la cohérence doctrinale nécessaire pour renverser le cours des choses, d’autant plus que la crise dont souffre l’Europe dépasse désormais amplement le cadre politique.

     

    Former nos communautés

    La seule solution viable pour David Engels est celle de la communautarisation des Européens. C’est sans doute la leçon la plus radicale et essentielle de son livre. Face à un jeu faussé, nous conduisant inéluctablement à la disparition, il faut faire sécession. Une sécession politique, sociale, économique, géographique. Comment ? En créant des poches de résistance au déclin afin de « viser l’autarcie matérielle et la qualité éthique de notre style de vie ». Pour cela, l’auteur nous enjoint à quitter les grandes métropoles, appelées à devenir des enfers dans les temps à venir, et prône le retour à la terre en s’installant à la campagne ou dans de petites cités encore préservées. Les principes sont simples et déjà connus : posséder de la terre, viser l’autarcie alimentaire, favoriser les circuits courts, privilégier les solidarités traditionnelles. Le livre offre ainsi une série de conseils concrets et réalistes permettant à chacun, selon ses moyens et possibilités, de réaménager sa vie quotidienne pour continuer à vivre selon nos traditions.

     

    Le retour à la tradition

    Encore faut-il perpétuer notre monde et ne pas s’enfermer dans un égoïsme stérile. Voilà pourquoi il faut fonder des familles, ce qui représente au XXIe siècle « un acte aussi contestataire et révolutionnaire que l’était jadis l’amour “libre” », et faire des enfants en étant conscient de cette « guerre de la fertilité » qui menace l’Europe. Cela passe également par le refus des idéologies déconstructivistes comme la théorie du genre ou les délires féministes.

    La sécession que prône David Engels doit aussi être culturelle en retirant nos enfants des établissements scolaires infestés par la racaille et en favorisant les petites structures encore homogènes voire les écoles hors-contrat ou l’enseignement à la maison.

    Contre ce monde moderne qui représente « une forme de conspiration contre toute forme de vie intérieure » (Bernanos), ce « Que faire » n’est pas sans rappeler sous certains aspects les conseils pratiques développés par Dominique Venner dans son livre-testament Le Samouraï d’Occident. En prônant le retour à la Nature, la nécessité de faire son devoir, la quête d’une beauté simple et sans artifice, l’invitation au recueillement, à la lecture utile, à la méditation quotidienne, c’est l’idéal de l’honnête homme européen que David Engels propose.

     

    Se réapproprier l’Europe

    Confronté à une crise civilisationnelle sans précédent, menacé d’invasion par des populations radicalement autres, l’heure n’est plus au repli sur soi des nations. À l’heure où toute l’Europe est assiégée, David Engels rappelle avec raison que « la véritable frontière à défendre coûte que coûte n’est pas située sur le Rhin face à l’Allemagne, ni dans les Alpes mais aux portes du Bosphore qui sépare l’Occident du monde musulman. » Face à la crise que traverse notre civilisation, « la clef d’une réforme fondamentale de notre société se trouve non au niveau national mais au niveau européen. » Il ne s’agit pas pour autant de souscrire à l’actuelle Union européenne. L’Europe puissance qu’il appelle de ses vœux devra « s’inscrire non pas dans un jargon humaniste ou universaliste, mais historique ». Ce retour civilisationnel européen passe un refus de la culpabilisation et une réappropriation de la légitime fierté de notre Histoire

    *

    Si l’on peut regretter parfois un peu de naïveté (sur la fondation d’un « islam tolérant ») ou de fatalisme (sur le caractère définitif de l’installation des populations extra-européennes…), le Que Faire ? de David Engels est un livre concret, prônant un réenracinement qui ne soit pas seulement intellectuel et abstrait mais aussi vécu en nous invitant à « devenir nous-même ». Il relève ainsi d’une inspiration stoïcienne pour la conduite de nos vies – ce qui dépend de nous – préalable indispensable avant d’engager toute Renovatio Europae (titre d’un prochain livre de David Engels) ou Reconquista, sur lesquelles nous n’avons pas prise à ce jour. À nous donc de faire de nos fidélités des citadelles dans l’attente de l’heure, comme le chantait le poète Hofmansthal, « où se rencontrent ceux qui ont su veiller pendant la longue nuit et ceux qui apparaîtront bientôt dans le matin nouveau. »

    BCT

    David Engels, Que faire ? Vivre avec le déclin de l’Europe, 122 pages, 19,50 € – éditions Blauwe Tijger

     

    Lives à Lire 2:  Que faire ? Ou comment vivre avec le déclin de l’Europe…

     

     

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    Naomi Klein: luttons contre la crise climatique!

     

    Naomi Klein, l’activiste altermondialiste des premières heures, parle de l’urgence de la crise climatique, de son rejet d’Instagram et de la responsabilité personnelle de réduire sa consommation.


    Courtney Shea du magazine Châtelaine

     

    Livres à Lire 2:  Naomi Klein: luttons contre la crise climatique!

    Photo: Kourosh-Keshiri


    Il y a quatre ans, le manifeste Un bond vers l’avant, que vous avez cosigné, proposait un plan de lutte contre les changements climatiques au Canada. Un cycle électoral plus tard, qu’avons-nous fait?

    Je dirais que nous n’avons toujours pas commencé à parler franchement des changements climatiques. Jusqu’à maintenant, le Parti libéral actuellement au pouvoir et certains des gouvernements NPD provinciaux se sont contentés de dire: «Nous allons faire certaines choses pour réduire les émissions, mais pas trop et pas trop vite.» Avec pour résultat que les gens ne comprennent pas bien et manquent de motivation, et que le Canada n’atteint même pas les cibles, pourtant inadéquates, qui ont été fixées sous l’administration Harper. Entretemps, les changements climatiques sont devenus une réalité plus visible pour un nombre croissant de Canadiens: pour ceux qui vivent sur la côte ouest, pour qui l’été est devenu la saison des feux de forêt, le changement climatique n’est plus cette abstraction qui inquiète quand on pense aux enfants à naître; le changement est déjà là.


    En quoi le projet de New Deal vert des démocrates américains et votre « bond vers l’avant » diffèrent-ils des précédentes stratégies pour le climat?

    Pour commencer, ils sont tous deux imprégnés d’une mission. Depuis qu’il est question de changement climatique, on estime pouvoir y remédier dans le cadre d’une économie de marché, à l’aide de demi-mesures inspirées du marché comme une taxe sur le carbone ou un système de quotas d’émission. Le New Deal vert envisage un nouveau cadre – un plan d’infrastructures qui va changer le squelette de notre économie [dépendante des émissions de carbone]. Il s’agit de transformer les transports et la façon d’obtenir des sources d’énergie – en fait, de changer notre mode de vie. Les gens s’inquiètent pour certains emplois; mais le New Deal vert permettra aussi la création de nouveaux emplois. Ainsi, le travailleur des sables bitumineux passera du pétrole et du gaz aux énergies renouvelables. Au bout du compte, notre plus gros problème pourrait être une pénurie de main-d’œuvre.


    Qu’est-ce qui est le plus efficace, l’optimisme ou les prédictions apocalyptiques?

    Une combinaison des deux. Si on veut que les gens fassent un bond vers l’avant, il faut leur indiquer où atterrir; sinon, ils ne feront que sauter sur place. Alors, à quoi ressemble l’action? Trop de Canadiens associent l’action climatique à une augmentation du prix de l’électricité ou du carburant. Ils n’y voient que des pertes. Or, les avantages sont réels. Et honnêtement, qui est satisfait du statu quo? Sommes-nous satisfaits du niveau d’inégalité dans le monde? Et que tant de collectivités boivent de l’eau contaminée et voient leurs droits constamment bafoués?


    Selon vous, le changement climatique est non seulement une crise économique, mais aussi une crise spirituelle. Que voulez-vous dire?

    L’histoire qu’on nous a racontée à propos de notre place sur la planète est un mensonge, une illusion selon laquelle nous serions séparés de la nature. Tous les habitants de Porto Rico vous le diraient: nous ne maîtrisons pas la nature et nous ne sommes pas séparés d’elle. Le charbon nous a faussement fait croire que nous pourrions maîtriser le climat et abolir les distances, mais ce faisant, nous libérons du carbone dans l’atmosphère. Et quelques centaines d’années plus tard, la réaction est violente et nous remet à notre place.


    Les détracteurs du New Deal vert disent que c’est un projet chimérique difficilement applicable. Que leur répondez-vous?

    Je leur dirais: quel projet proposez-vous, alors? Il nous faut une stratégie et elle doit s’appuyer sur nos connaissances scientifiques les plus fiables. Beaucoup des grands patrons en savent plus long sur la politique que sur la science climatique. Ils ont l’air sérieux parce qu’ils portent tous des vestons-cravates, mais ils participent à une vraie farce.


    Dans l’un des essais de votre nouveau livre, La maison brûle, vous dites que l’action climatique est incompatible avec notre culture actuelle de l’« éternel présent ». Pourquoi donc?

    Il semble que la crise climatique ait mal choisi son moment pour apparaître sur le radar de l’humanité, car nous sommes tous en train de nous perdre dans nos écrans. Cette absorption dans le virtuel affecte notre capacité de concentration et d’interaction avec notre milieu. Si on regarde en arrière, le New Deal de Roosevelt, qui venait en réaction à la Grande Dépression, privilégiait d’envoyer les enfants à l’extérieur, pour travailler en forêt et dans les fermes à la conservation du sol et à la plantation d’arbres. Ces enfants ont appris à aimer la nature. Il faut rétablir ce lien.


    Attendez, êtes-vous en train de dire qu’on pourrait profiter de la nature sans en afficher des photos sur Instagram?

    Ce n’est pas possible, d’après vous? Bon, d’accord, on passerait moins de temps à faire des égoportraits, mais on en aurait plus pour reconstituer les milieux humides.


    Vous n’êtes pas sur Instagram. Est-ce pour vous protéger?

    En effet. Twitter est assez nuisible comme ça. J’ai déjà l’algorithme de la haine, je n’ai pas besoin de celui de la jalousie.


    Votre ouvrage phare sorti il y a 20 ans, No Logo, a déclenché certaines des premières conversations sur le développement durable et l’image de marque éthique. Êtes-vous fière?

    Il y a maintenant des marques éthiques et une vraie transparence, ce qui est formidable, mais c’est encore un marché de niche, en fait. Le capitalisme est un système incroyablement résilient. Nous esquivons encore la question fondamentale: notre consommation excessive. Selon moi, le changement le plus important, c’est le développement de la récupération, de la consignation, quel que soit le mot actuellement à la mode. Tout le monde connaît les trois R, mais le recyclage est le seul qui a tenu le coup parce que c’est le seul qui nous permet de continuer à consommer sans fin. Or, nous frappons un mur. Et la Chine nous dit: « Nous ne voulons plus de vos déchets! » Cette consommation effrénée n’est tout simplement plus défendable. Réparer est un autre Rimportant. Et refuser.


    Quelles mesures prenez-vous pour réduire votre propre empreinte carbone?

    D’abord, je voudrais dire que l’idée selon laquelle nous pourrions rétablir le climat par notre action individuelle fait, en quelque sorte, partie du problème. Il faut une organisation politique pour obtenir des changements majeurs dans la réglementation, dans la législation. Ce qui ne signifie pas que je ne fais aucun effort. L’une des raisons qui m’ont poussée à accepter le poste de première titulaire de la chaire Gloria Steinem à l’université Rutgers (au New Jersey), c’est mon mode de vie incroyablement coûteux en carbone à cause de mes conférences partout dans le monde. À présent, je prends moins l’avion et j’y pense à deux fois avant de le faire. Je ne mange pas de produits laitiers et je suis végétarienne. Je me triture l’esprit pour savoir si j’ai vraiment besoin d’acheter telle chose ou si je suis simplement mal dans ma peau ce jour-là. Et puis, je suis mère: beaucoup des gestes que je pose au quotidien sont dictés par le fait que j’élève un être humain qui aime passionnément la planète.


    Des conseils à donner aux parents qui tentent de faire la même chose?

    Je ne pense pas qu’il faille exposer les très jeunes enfants aux aspects les plus effrayants de la crise environnementale. Oui, je parle de pollution à mon fils. Mais il faut vraiment éviter que les premiers contacts des enfants avec le monde naturel soient traumatisants; je m’inquiète du fait que beaucoup de jeunes personnes découvrent en même temps les animaux et leur extinction, si bien que la nature elle-même devient un lieu de perte et de danger. Selon moi, ce que nous pouvons faire de plus important pour nos enfants, c’est de les aider à entrer en contact avec la nature et à s’émerveiller. Nous ne nous battons pour protéger que ce que nous aimons.

    La maison brûle – Plaidoyer pour un New Deal vert, par Naomi Klein, Lux Éditeur, 312 pages

     

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    Livre: Ce qu'elles disent, le nouveau roman de Miriam Toews


    Miriam Toews dévoile les propos de mères, filles et sœurs dans un roman vibrant.

    Monique Roy de la revue Châtelaine

     

     

    Livre À Lire 2: Ce qu'elles disent, le nouveau roman de Miriam Toews

    Photo: Stocksy / Melanie DeFazio

     

    L’histoire

    En 2011, huit hommes d’une communauté mennonite de Bolivie ont été condamnés à de lourdes peines d’emprisonnement, après avoir été reconnus coupables d’agressions sexuelles sur de nombreuses femmes et petites filles entre 2005 et 2009. Ces maris, frères ou fils plongeaient leurs victimes dans l’inconscience à l’aide d’un anesthésiant vétérinaire et, au matin, celles-ci, meurtries, ignoraient ce qui leur était arrivé. On avait vite fait de les accuser de mentir, d’être la proie de démons, de fantômes, ou encore d’imaginer tout ceci. En écho à ces faits réels, Miriam Toews a écrit une fiction offrant à ces femmes l’occasion de décider de la suite des choses. Réunissant quelques-unes d’entre elles dans un grenier à foin, elle leur laisse la parole dans Ce qu’elles disent.

     

    Les personnages

    Elles sont huit, de tous les âges, assises sur des seaux à lait. Greta et Agata, les aînées; leurs filles et petites-filles, Mariche (souvent battue par son mari), Mejal, Autje; Ona (lumineuse malgré la narfa, dépression nerveuse, enceinte à la suite d’un viol), sa sœur Salomé (explosive, bien décidée à modifier, sinon à fuir les lois moyenâgeuses de la colonie), sa nièce Neitje, dont la mère, de désespoir et de honte, s’est suicidée.

    August Epp, instituteur, amoureux d’Ona depuis l’enfance, seul homme accepté dans cette assemblée, doit transcrire les débats de ces femmes analphabètes et rendre compte de la décision qui en ressortira: ne rien faire, rester et se battre, ou partir.

     

    On le lit

    Parce que l’univers sombre et douloureux de cette histoire est éclairé par l’énergie vitale de ces femmes mennonites, rejetant le climat d’obscurantisme dans lequel elles vivent depuis toujours, n’acceptant plus la défaite imposée par la loi de l’homme, qu’il tiendrait de Dieu. Bien qu’analphabètes, elles possèdent un savoir et une puissance, le sens de la justice et de la parole donnée, la force de l’entraide. Margaret Atwood a vu dans ce roman une parenté avec La servante écarlate.

     

    Livre À Lire 2: Ce qu'elles disent, le nouveau roman de Miriam Toews


    Ce qu’elles disent, Boréal, 264 pages, traduction par Lori Saint-Martin et Paul Gagné.


    L’autrice

    Miriam Toews

    Naissance en 1964 à Steinbach (Manitoba), dans une communauté mennonite qu’elle quittera à 18 ans. Études aux universités du Manitoba et de King’s College à Halifax. En 1996, mère de deux jeunes enfants, elle publie un premier roman, Summer of My Amazing Luck (non traduit), tout en travaillant comme journaliste pigiste.

    En 2004, Drôle de tendresse remporte le Prix du Gouverneur général (œuvre de fiction en anglais) et se classe en tête des succès de librairie au pays, conférant une soudaine notoriété à son autrice. Jamais je ne t’oublierai (2013) et Pauvres petits chagrins (2015) racontent le suicide de son père en 1998 et celui de sa sœur en 2010.

    Miriam Toews «mêle le rire et les larmes pour concocter un élixir qui est l’essence même de la vie», a écrit Ron Charles, critique littéraire au Washington Post.

    Miriam Toews vit à Toronto avec son compagnon l’écrivain Erik Rutherford, près de ses enfants, ses petits-enfants et sa mère.

     

    Livre À Lire 2: Ce qu'elles disent, le nouveau roman de Miriam Toews


    Miriam Toews (Photo: Carol Loewen)

     

    Livre À Lire 2: Ce qu'elles disent, le nouveau roman de Miriam Toews

     

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    3 coups de coeur littéraires du mois

     

    PAR  du magazine Coup de Pouce
     

    Trois romans à dévorer ce mois-ci.

    Homo Sapienne

    Livres à Lire 2:  3 coups de coeur littéraires du mois

     

    Cinq jeunes s’aiment, se séparent, se transforment et se découvrent dans un roman éclaté où se côtoient textos, dialogues et confessions, en français, en anglais, mais aussi en danois et en groenlandais, première langue de l’auteure. Leurs histoires sont touchantes, mais aussi fort révélatrices d’une époque où savoir qui on est (et qui on aime!) s’avère parfois bien complexe.

    Homo Sapienne par Niviaq Korneliussen - Peuplade, 2017, 232 p., 24,95 $.

     

    JOHNNY

     

    Livres à Lire 2:  3 coups de coeur littéraires du mois

    Johnny

    Photographe: Boréal

     

    C’est l’amour fou entre Johnny, un jeune Abénaquis qui cache bien ses origines, et Valentine, une blonde de Ville-Émard. Mais entre les contrats que Johnny exécute pour la pègre locale et l’arrivée des petits, Valentine étouffe. Elle partira loin avec les enfants, tentant de trouver un peu de paix dans les vagues du fleuve. Un premier roman où la réconciliation avec soi-même, avec ses origines et son passé agit comme un baume pour les jours gris.

    Johnny par Catherine Eve Groleau - Boréal, 2017, 208 p., 20,95 $.

     

     

    LE POTAGER

     

    Livres à Lire 2:  3 coups de coeur littéraires du mois

    Le potager

    Photographe: Québec Amérique

     

    Caroline, qui souffre déjà d’anxiété, voit son stress quotidien grimper en flèche quand un virus menace la santé de tous, incluant ses deux jeunes garçons et son amoureux, Samuel. Comment survivre quand tout est rationné et qu’on ne sort plus sans masque ni gants protecteurs? Un roman qui se lit en rafale où on peut aller loin pour tout protéger... même son potager!

    Le potager par Marilyne Fortin - Québec Amérique, 2017, 344 p., 26,95 $.

     

     

    Livres à Lire 2:  3 coups de coeur littéraires du mois

     

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    Le clitoris, la clé pour une vie sexuelle améliorée?

     

    Dans son livre Becoming Cliterate, la Dre Laurie Mintz explique comment la sexualité axée sur la pénétration prive la femme du plaisir recherché.

     

    par Katie Underwood de la revue Châtelaine

     

    Livres à Lire 2:  Le clitoris, la clé pour une vie sexuelle améliorée?

     


    Quels sont les mythes perpétués par notre culture dans le domaine de la sexualité? On pourrait en parler pendant des heures!

    Dans son livre Becoming Cliterate, la Dre Laurie Mintz, professeure de sexualité humaine à l’Université de Floride, s’attaque à une croyance, sans doute la plus insidieuse de toutes: celle voulant que le coït soit le moyen par excellence d’atteindre l’orgasme.

    Dans les faits, plus de la moitié des femmes rapportent avoir régulièrement du mal à atteindre l’orgasme avec un partenaire masculin. Mais encore? Une proportion de 64 % des femmes (comparé à 91 % des hommes) disent avoir eu un orgasme lors de leur dernière relation sexuelle. Quel est le problème? Nous avons discuté avec la Dre Mintz des avantages de la sexualité queer, des connotations négatives entourant le mot «préliminaires» et de la clé pour combler le fossé qui existe entre le plaisir de l’homme et celui de la femme.


    Qu’est-ce que «l’inégalité des orgasmes»?

    En bref, c’est le fait que les hommes aient plus d’orgasmes que les femmes, même si en théorie, d’un point de vue biologique, la possibilité existe autant pour un sexe que pour l’autre. L’égalité des orgasmes signifie recevoir ce dont on a besoin pour atteindre l’orgasme lors d’une relation sexuelle, peu importe à quel sexe on appartient.

    Dans votre livre, vous insistez sur le fait que dans notre culture, on nous enseigne que la sexualité est une affaire de pénis et de vagin, et que tout le reste est accessoire. Cependant, la majorité des femmes n’atteignent pas l’orgasme par le coït.

    Dans le cadre d’études récentes, on leur a posé la question clairement: «Pouvez-vous atteindre l’orgasme uniquement grâce au mouvement du pénis, sans stimulation clitoridienne?» Seulement 15 % des femmes ont répondu par l’affirmative. Quand je demande à mes étudiantes: «Quelle est pour vous la façon la plus sure d’avoir un orgasme?», seules 4 % disent y arriver par le seul mouvement du pénis. Il me paraît ahurissant que ce soit pourtant notre façon de concevoir la sexualité.

    Quand on prend conscience de cette aberration, on ne peut plus lire certaines choses qui se disent en ligne sans se mettre en colère – comme tous les articles sur «les meilleures positions». C’est tellement ancré dans notre culture, jusque dans les cours d’éducation sexuelle, que ni les hommes ni les femmes ne remettent quoi que ce soit en question. Par conséquent, la plupart des femmes pensent qu’elles ne sont pas normales.

    On voit aussi la relation sexuelle comme un enchaînement de gestes convenus, prévisibles: préliminaires, pénétration, coït, orgasme de l’homme. Non seulement c’est routinier et ennuyant, mais c’est aussi typiquement hétéro.

    Les femmes qui ont des partenaires féminines n’ont pas les mêmes problèmes d’orgasme, elles savent s’y prendre. Mais notre société ne définit même pas leurs pratiques comme de véritables relations sexuelles, malgré le fait qu’elles en retirent beaucoup plus de plaisir que les couples hétéros. Nous sommes dans une situation déplorable: les femmes hétéros passent le plus souvent à côté de l’orgasme, ou finissent par le feindre. Les personnes queer ne voient pas leurs pratiques sexuelles reconnues, ni par la société ni par la recherche. Les hommes sont également perdants, parce qu’ils subissent l’énorme pression, irréaliste, d’amener la femme à l’orgasme en maintenant leur érection longtemps. Ils ne retirent pas autant de plaisir qu’ils le pourraient, eux non plus, concentrés comme ils le sont sur leur performance.

    Il y a aussi le mot «préliminaires», qui laisse entendre que tout ce qui a lieu avant la pénétration n’est qu’un prélude à l’acte lui-même.

    Oui, un peu comme l’entrée avant le plat principal. Je trouve ce vocabulaire tellement éloquent! Ce mot réduit notre plaisir à un échauffement avant l’événement important plutôt que d’en faire l’événement important.


    On a souvent l’impression qu’il y a un objectif à atteindre dans une relation sexuelle, comme si on devait marquer un but, et qu’autrement ça ne compte pas. Comment pourrait-on en arriver à rechercher le plaisir, plutôt que l’orgasme?

    J’essaie de pousser les femmes à atteindre l’orgasme, mais le vieux réflexe de se dire «Il faut que j’y arrive, il le faut» risque à tout moment de leur nuire. Selon moi, la clé des rapports sexuels dépourvus de but est la pleine conscience: on doit se laisser submerger par les sensations du moment et ressentir le plaisir sans se dire: «Il faut que je jouisse, il faut que je le (la) fasse jouir.» Ne pas se concentrer sur le but est la meilleure façon de l’atteindre, dans ce cas-ci.


    J’ai ri en lisant le passage dans lequel vous parlez du nouvel engouement pour la «méditation orgasmique», qui consiste en fait à caresser le clitoris de sa partenaire pendant 15 minutes. Les femmes non hétéros se demandent: «Mais qu’est-ce qu’il y a de nouveau là-dedans?»

    Je sais! J’ai une très bonne amie lesbienne qui m’a dit, après avoir lu ça: « Je ne peux m’empêcher d’être fière de moi! Comment se fait-il qu’il y a encore des gens qui ne savent pas ça?» C’est parce que, dès que le pénis entre en scène, on lui accorde la priorité, encore une fois à cause de la définition de la sexualité dans notre culture.


    Croyez-vous que cela ait à voir avec la dynamique de pouvoir entre les sexes?

    À mon avis, oui. Je crois que notre approche de la sexualité reflète la répartition du pouvoir dans la société. Certains diront: «Mais non, c’est simplement parce que ce type de sexualité est celui qui assure la procréation!» C’est en partie vrai, mais ça n’explique pas que l’orgasme féminin ait été négligé à ce point.


    Il existe une sorte de nouvelle école de pensée féministe autour de l’égalité des orgasmes. Je pense au commentaire d’Amy Schumer dans le magazine Glamour, où elle rapportait avoir demandé à certains partenaires: «Connais-tu mon clitoris?» Mais n’y a-t-il pas un effet pervers à ce que tous se mettent à réclamer un orgasme?

    Je crois honnêtement que dans une situation idéale, il ne devrait pas être nécessaire de réclamer quoi que ce soit. Personne n’aura avantage à ce que les femmes se mettent à exiger et à s’attendre à des orgasmes de la même façon que les hommes l’ont toujours fait. Tout le monde y gagnera si nous nous entendons sur l’idée que la sexualité consiste à donner et à recevoir autant de plaisir – et que chaque personne est responsable d’exprimer ses besoins en ce sens.


    Vous enseignez à l’université. Quelles sont les idées les plus erronées que se font vos étudiantes quant à la sexualité?

    Il y en a tellement! J’ai l’impression que mon cours ne sert qu’à déboulonner des mythes. Les deux principales sont a) qu’on devrait normalement avoir un orgasme au cours d’un rapport sexuel; et b) qu’on est une mauvaise fille si on a des relations sexuelles ou qu’on y prend plaisir. Si nous pouvions tous être plus à l’aise pour parler de sexualité et élargir notre conception de ce qu’est réellement la sexualité, toutes les inégalités – et toutes les inquiétudes à savoir si on est une personne normale – disparaîtraient.

     

    Livres à Lire 2:  Le clitoris, la clé pour une vie sexuelle améliorée?

     

    Et on arriverait peut-être à atteindre l’orgasme?

    Exactement!

     

     

    Livres à Lire 2:  Le clitoris, la clé pour une vie sexuelle améliorée?

     

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