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    461 av. J.-C.

    Périclès à la tête d'Athènes

     

    du site herodote.net

     

    Au Ve siècle av. J.-C., les bords de la mer Égée se partagent entre différentes cités grecques, belliqueuses et jalouses de leur indépendance. L'une d'elles, Athènes, va se distinguer par ses victoires sur les puissantes armées de l'empire perse, dans les guerres médiques.

    Sous l'impulsion d'un dirigeant exceptionnel, le stratège Périclès, elle consolide son avantage sur les autres cités et, en deux générations, va porter à son apogée la culture et la pensée grecques. Aussi parle-t-on aujourd'hui du Ve siècle comme du « Siècle de Périclès ».

    Yseline Homant


    La ligue de Délos

    Au début du Ve siècle av. J.-C., le puissant empire perse entre en guerre contre les petites cités grecques de la mer Égée. Contre toute attente, l'armée et la flotte perses sont battues à Marathon (490 av. J.-C.) et Salamine (480 av. J.-C.). Le principal mérite de ces victoires revient à Athènes, capitale de l'Attique.

    En 479 av. J.-C., les Grecs coalisés remportent une nouvelle victoire navale sur les Perses au cap Mycale, en face de l'île de Samos.

    Pour ne pas se trouver à nouveau démunis face à la menace perse, les dirigeants athéniens Thémistocle et Aristide convoquent un grand congrès des cités grecques en 476 av. J.-C. C'est ainsi que se constitue la Ligue de Délos, du nom d'une île des Cyclades qui abrite un sanctuaire d'Apollon. La nouvelle ligue regroupe environ 200 cités maritimes de la mer Égée et de l'Asie mineure. Parmi les principaux absents figure Sparte, la grande cité du Péloponnèse rivale d'Athènes.

    Le conseil fédéral de la Ligue, présidé par Athènes, arbitre les éventuels litiges entre ses membres. Il a surtout pour objectif de collecter les fonds destinés à l'entretien d'une flotte de guerre permanente de 200 navires et de 40.000 hommes d'équipage.

    Athènes ayant la flotte la plus importante, elle obtient le commandement de la flotte et donc gère le budget qui lui est destiné. De nombreuses cités n’avayant pas de bateaux de qualité suffisante à apporter à la Ligue, elles versent en compensation un tribut à Athènes. En attendant d'être utilisé, ce trésor est pieusement conservé sur l'île sacrée de Délos, où nul humain n'a le droit de s'établir. Mais il s'ensuit bientôt qu'à l'exception d'Athènes, seules trois autres cités s'acquittent de leur contribution en bateaux, Samos, Chios et Lesbos...

    La Ligue de Délos consacre ainsi la prépondérance d'Athènes et va contribuer à diffuser le modèle politique athénien.


    Avènement de Périclès

     

    Histoire Ancienne 2: 461 av. J.-C. -  Périclès à la tête d'Athènes

    Buste de Périclès portant l'inscription : Périclès, fils de Xanthippe, Athénien, marbre, copie romaine d'après un original grec de 430 av. J.-C. environ, musée Pio-Clementino, Rome.

     

    En 461 av. J.-C., les Athéniens élisent Périclès à la fonction de stratège (une sorte de Premier ministre).

    Âgé de moins de 30 ans, le nouveau chef de la cité est le fils de Xanthippe, l'un des vainqueurs du cap Mycale. Par sa mère, il se rattache au législateur Clisthène.

    Représentant du parti populaire (en dépit de la répugnance que lui inspire le peuple), il sera réélu sans discontinuer au poste de stratège jusqu'en 431 av. J.-C.

    Sitôt au pouvoir, Périclès consolide les institutions démocratiques de la cité et facilite l'accès de tous les citoyens aux responsabilités. Il limite les pouvoirs de l'Aréopage, ouvre l'accès à l'archontat aux citoyens de troisième classe (les zeugites) et généralise le tirage au sort.

    Pour encourager les citoyens les plus pauvres à exercer les magistratures, il accorde des indemnités aux membres du conseil des Cinq-Cents, aux archontes, aux juges du tribunal des héliastes et aux stratèges.

    L'historien Thucydide (470 à 395 av. J.-C.), auteur de La guerre du Péloponnèse, lui attribue une belle définition de la démocratie : « L'État démocratique doit s'appliquer à servir le plus grand nombre ; procurer l'égalité de tous devant la loi ; faire découler la liberté des citoyens de la liberté publique. Il doit venir en aide à la faiblesse et appeler au premier rang le mérite. L'harmonieux équilibre entre l'intérêt de l'État et les intérêts des individus qui le composent assure l'essor politique, économique, intellectuel et artistique de la cité, en protégeant l'État contre l'égoïsme individuel et l'individu, grâce à la Constitution, contre l'arbitraire de l'État ».

    Reste que la citoyenneté est très limitée. Alors qu'elle ne concernait qu'un petit tiers de la population, Périclès en restreint l'accès aux personnes nées de deux parents eux-mêmes déjà citoyens.


    Périclès victime de lui-même !

    Périclès, qui a perdu ses enfants nés d'un premier mariage avec une Athénienne, est rattrapé par la loi qu'il a lui-même fait voter et qui réserve la citoyenneté aux hommes nés de deux parents athéniens : il ne peut faire accorder la citoyenneté à son dernier fils, né de son deuxième mariage avec une étrangère de Milet, une courtisane célèbre du nom d'Aspasie.


    Hégémonie d'Athènes

    Vis-à-vis des autres cités grecques et des ennemis lointains, Périclès redouble d'initiatives qui vont asseoir la domination d'Athènes sur la plus grande partie de la Grèce.

    En 465 av. J.-C., le roi des Perses Xerxès Ier est assassiné par son ministre Artaban et les Égyptiens en profitent pour se soulever.

    Périclès veut profiter de l'occasion pour affaiblir les Perses. En 454 av. J.-C., il envoie sa flotte au secours des Égyptiens mais elle doit rebrousser chemin et son échec met la Ligue de Délos au bord de la ruine. La même année, sans plus de succès, Périclès conduit personnellement une campagne dans le golfe de Corinthe pour raisonner des cités rebelles.

    Guère affecté par ces échecs personnels, il prend prétexte du péril perse pour faire transporter de Délos à Athènes le trésor de la Ligue. De façon inattendue, il va s'en servir pour reconstruire avec une splendeur inégalée l'Acropole, qui avait été ravagé par les Perses en 480 av. J.-C.

    Aux Grecs qui protestent, Périclès répond qu’Athènes est libre de disposer de ces fonds dès lors qu'elle garantit la sécurité de toutes les cités dans la mer Égée. Il n'hésite pas à exercer une répression sanglante sur les cités qui cherchent à sortir de la ligue et se défaire de leurs engagements.

    Sur sa lancée, il remplace le conseil fédéral de la Ligue par l'assemblée du peuple d'Athènes. Cette dernière ne dissimule plus désormais sa volonté d'hégémonie sur l'ensemble des cités de la Ligue.


    Vers la lutte finale

    Artaxerxès Ier, qui a succédé à son père Xerxès à la tête de la Perse, après avoir fait exécuter Artaban, conclut enfin un traité avec Périclès en 449 av. J.-C. Il s'engage à ne plus intervenir dans la mer Égée. De leur côté, les Athéniens s'engagent à ne plus intervenir en Asie.

    Cette paix est dite paix de Cimon (ou paix de Callias ou Kallias), du nom de Cimon, fils du général Miltiade, le vainqueur de Marathon, qui l'a préparée avant sa mort. Elle écarte pour longtemps la menace perse et consacre le triomphe d'Athènes et de Périclès.

    Trois ans plus tard, en 446 av. J.-C., Périclès promeut un projet d’union panhellénique et convoque un congrès à cet effet mais Sparte refuse d'y participer, ne voulant pas avaliser la suprématie d'Athènes sur la péninsule. Qu'à cela ne tienne, Athènes conclut une trêve de Trente Ans avec sa rivale. Mais cette trêve est bientôt compromise par l'arrogance d'Athènes et la poursuite de ses offensives impérialistes. Il va s'ensuivre en 431 le début du long conflit dont Thucydide a tracé l'histoire, La guerre du Péloponnèse. Pour l'historien, c’est bien « l’essor d’Athènes et la crainte qu’elle a instillé à Sparte qui ont rendu la guerre inévitable ».

    Périclès ne verra que le début du conflit. Désavoué en 431, il est réélu deux ans plus tard par ses concitoyens à la charge de stratège mais presque aussitôt emporté par une épidémie de typhus.

     

     

    Histoire Ancienne 2: 461 av. J.-C. -  Périclès à la tête d'Athènes

     

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    Le Pont du Gard

    Le génie romain à l'oeuvre

     

    du site Herodote.net

     

    Le «Pont du Gard» est situé en plein garrigue, à une trentaine de kilomètres de Nîmes, au débouché des gorges du Verdon.

     

    Histoire Ancienne 2:  Le Pont du Gard

     

    C'est en fait la partie la plus visible d'un long aqueduc, totalisant près de 50 kilomètres entre Uzès et Nîmes.

    Lorsque les Romains s'établirent à Nemausus (aujourd'hui Nîmes), peu avant notre ère, la cité gauloise ne tarda pas à grandir.

    La fontaine qui l'alimentait depuis sa naissance, plusieurs siècles plus tôt, s'avéra vite insuffisante.

    Au 1er siècle de notre ère, on décida donc de pourvoir Nîmes d'une adduction d'eau mais la seule source disponible toute l'année et d'un débit suffisant était la source d'Eure, à Uzès, à une trentaine de kilomètres au nord ! C'est donc pour capter ses eaux que l'on construisit un aqueduc d'Uzès à Nîmes.

    Malgré la faible distance reliant ces deux villes, l'aqueduc totalise près de 50 kilomètres car il doit franchir divers obstacles divers (vallées, fossés, montagnes) en conservant une faible dénivellation (71 mètres au départ et 60 mètres à Nîmes).

    Rien n'arrêta le génie romain, pas même la profonde vallée du Gardon, qui fut franchie, grâce à la pièce maîtresse de l'aqueduc : le Pont du Gard !

     

    Histoire Ancienne 2:  Le Pont du Gard

     

    À Nîmes, l'aqueduc terminait sa course au «Castellum Divisorium», un bassin de répartition vers les différents points de la ville (aujourd'hui rue de la Lampèze, au nord de la ville).

    Il aura fallu 10 à 15 ans pour la construction de l'aqueduc dont 5 ans pour la seule construction du Pont du Gard.

    Celui-ci mesure un peu moins de 50 mètres, sur trois étages, dont le dernier renfermait le canal proprement dit, d'une largeur de 1,20 mètre et d'une hauteur de 1,80 mètre pour une longueur de 275 mètres. Il est aujourd'hui condamné.

     

    Histoire Ancienne 2:  Le Pont du Gard

     

    L'eau coulait à raison de 400 litres par seconde et il lui fallait un peu plus d'une journée pour parcourir la distance.

    L'aqueduc fonctionna de 50 après JC jusqu'au début du VIe siècle ; après quoi, il fut victime de pillages car il représentait une source de matériaux de construction. Une première restauration fut entreprise au début du XVIIIe siècle.

     

     

    Histoire Ancienne 2:  Le Pont du Gard

     

     

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    Alexandre à la bataille de Gaugamèles

    (1er octobre 331 av JC)

     

    Batailles mémorables de l’Histoire de l’Europe. Deuxième partie

     
     
    Alexandre à la bataille de Gaugamèles (1er octobre 331 av JC)

    Jan Brueghel l’Ancien, La Bataille de Gaugamèles, 1602. Coll. Musée Du Louvre. Domaine public.

     

    Fils du célèbre Philippe de Macédoine, Alexandre hérite de ce dernier un royaume qui avait vaincu tant ses ennemis du nord, les Thraces, que ceux du sud, les cités-États helléniques, y compris les puissantes cités d’Athènes et de Thèbes battues à la bataille de Chéronée (338 av JC).

     

    Contexte et personnage

    Après l’assassinat de Philippe à l’été 336, Alexandre monte sur le trône et, dès l’année suivante, entreprend les dix années de campagne qui lui permettront de conquérir un gigantesque empire. Commençant par achever la pacification de la Grèce (Thèbes, la rebelle, est rasée définitivement à l’automne 335), Alexandre se tourne à partir de 334 vers le véritable but de ses ambitions, la conquête de la Perse, déjà projetée par son père. Selon ses biographes, on peut penser que ses motivations étaient tant de venger les invasions du Ve siècle que de vaincre une civilisation perse considérée comme un ennemi héréditaire, incarnant l’exact opposé de la civilisation hellénique en termes d’attachement à la liberté des peuples ; bref, il s’agissait de renverser l’empire achéménide pour garantir définitivement les libertés des Grecs.

     

    Au printemps 334, après avoir traversé le Bosphore et être passé par le site de Troie afin d’honorer les héros homériques (dont il fut éminemment inspiré par son précepteur, Aristote), il commence par remporter la victoire du Granique, petit cours d’eau situé non loin de la côte derrière lequel s’étaient retranchées les troupes perses. Pacifiant ensuite toute l’Asie mineure (siège des cités portuaires de Milet et d’Halicarnasse), Alexandre bat l’armée perse commandée par le roi Darius en personne, à la bataille d’Issos. Dès lors, maître d’une bonne moitié de l’Empire, Alexandre profite des deux années qui suivent pour anéantir la puissance navale perse en Méditerranée et conquérir la Judée, puis la lointaine Égypte. En 331, de retour d’Égypte, il décide de supplanter définitivement Darius en allant le vaincre au cœur même de son royaume, en Mésopotamie. La rencontre décisive des deux armées a lieu juste à l’est de la ville actuelle de Mossoul, sur une plaine découverte que l’on dénomme Gaugamèles.

     

    À l’époque de cette bataille, Alexandre a déjà atteint et même dépassé les ambitions que nourrissait son père. Doté d’une éducation princière (instruction dans les disciplines de la musique, de la poésie, de la chasse, de l’équitation et de l’art oratoire), élevé par son précepteur Aristote dans l’imaginaire des poèmes homériques et instruit des disciplines intellectuelles de son époque (géométrie, rhétorique…), Alexandre a démontré très tôt une aptitude certaine au commandement. Ainsi à la bataille de Chéronée, il commande la cavalerie et mène, sur le flanc gauche de l’armée macédonienne, une charge victorieuse contre l’armée coalisée des cités de Thèbes et d’Athènes. L’histoire le décrit par ailleurs comme un jeune homme à l’esprit et au physique avantageux, doté d’un caractère impétueux, fougueux et impatient, toutes qualités qui prédestinent celui qui se disait fils de Zeus à vivre l’un des destins les plus glorieux de l’histoire européenne.

     

    La bataille

    À Gaugamèles, le rapport de force s’établit largement en faveur de Darius, qui rassemble environ cinq fois plus de combattants qu’Alexandre. « Roi des rois », il dispose notamment d’une infanterie d’élite composée de mercenaires grecs, de chars équipés aux roues de longues faux tournantes, d’une quinzaine d’éléphants de guerre et d’une cavalerie à la fois lourde (cavaliers perses équipés de cottes de maille) et légère (cavaliers des steppes scythes et bactriens, habitués à vivre à cheval). En outre, parvenu sur place en premier, Darius a veillé à préparer le terrain à son avantage, allant jusqu’à faire enlever les broussailles et autres obstacles pouvant freiner les charges de sa cavalerie.

     

    Bataille de Gaugamèles

    Bataille de Gaugamèles et fuite de Darius, gravure de la fin du XVIIe siècle. Domaine public.

     

    Tout laisse présager une victoire perse

    Pourtant, au matin de la bataille, Alexandre, vêtu d’une simple tunique de lin blanc, épée à son flanc et casque à plumes blanches sur la tête, enfourche Bucéphale, son noir destrier, pour passer en revue le front de ses troupes et aller se placer sur son aile droite avec ses Compagnons, cavalerie d’élite dont les membres, issus de l’aristocratie macédonienne, lui sont attachés par un serment de fidélité personnelle. Le plan de Darius est à l’évidence de compter sur le caractère beaucoup plus étendu de sa ligne de troupes, comparé à celle des Macédoniens, pour déborder ces derniers sur leurs ailes et les prendre à revers. Il est donc vital que les ailes du dispositif grec tiennent bon et que le centre ne soit pas enfoncé par les chars, les éléphants perses ou plus sûrement par les bataillons de mercenaires grecs.

     

    Les chars comme les éléphants s’avèrent inefficaces pour rompre la ligne macédonienne, notamment parce que, grâce à leur grande discipline, les rangs grecs s’ouvrent pour laisser passer leurs ennemis non sans avoir criblé, au passage, les équipages des uns et des autres de flèches et javelines.

     

    Puis les troupes macédoniennes commencent à avancer dans un silence parfait qu’Alexandre leur a imposé afin de mieux entendre ses ordres tandis que, comme prévu, la cavalerie perse entame sa charge aux extrémités. À partir de ce moment, les versions divergent quelque peu sur le déroulement exact de la bataille. Selon certaines sources, c’est en exploitant une brèche ouverte dans le dispositif perse par la charge de leur cavalerie, qu’Alexandre peut s’y engouffrer, provoquant une rupture fatale des lignes ennemies. Pour d’autres, Alexandre mène, depuis son aile droite, une charge selon une trajectoire oblique qui prend Darius complètement au dépourvu. Motivé par le sens tactique d’Alexandre mais aussi par la nécessité de venir secourir son aile gauche malmenée, cette charge, menée à bride abattue à l’image de celles qui avaient apporté la victoire à l’armée macédonienne dans les précédentes batailles, permet à Alexandre de se rapprocher du char de Darius, reconnaissable à son étendard impérial. Il n’en faut pas davantage pour que le monarque achéménide fasse faire demi-tour à ses chevaux et s’enfuie dans la plus totale confusion. Darius ne doit en effet sa sauvegarde qu’à la situation critique des troupes grecques dont la situation, au centre, nécessite qu’Alexandre revienne desserrer l’étau dans lequel son infanterie s’est retrouvée. Cette survie ne sera toutefois que de courte durée puisque Darius mourra assassiné dix mois plus tard.

     

    Darius ne doit en effet sa sauvegarde qu’à la situation critique des troupes grecques dont la situation, au centre, nécessite qu’Alexandre revienne desserrer l’étau dans lequel son infanterie s’est retrouvée. Cette survie ne sera toutefois que de courte durée puisque Darius mourra assassiné dix mois plus tard.

    Relief en ivoire représentant la bataille de Gaugamèles (fuite de Darius, détail). Travail du début du XVIIIe siècle. Coll. Museo Arqueológico Nacional, Madrid. Source : Wikimedia (cc)

     

    Ce qu’il faut retenir

    Cette victoire sans appel, doit autant au génie tactique d’Alexandre qu’à son audace et à son courage.

     

    Lors de la bataille de Gaugamèles, Alexandre se révèle à nouveau comme un grand chef de guerre. Face au risque d’enveloppement auquel l’infériorité numérique de son armée l’expose, il décide cette imprévisible charge de cavalerie par laquelle il prend définitivement l’initiative sur ses adversaires acculés à réagir plus qu’à profiter de leur surnombre.

     

    Mais Alexandre s’illustre aussi par sa manière de conduire ses troupes sur le champ de bataille.

     

    Ainsi, pour saisir les opportunités comme celle qu’il exploite à la bataille de Gaugamèles, Alexandre se doit d’être au plus fort des combats, à l’endroit où se font les choix décisifs.

     

    C’est aussi pourquoi, au mépris du danger que cela lui fait courir (et qui lui vaudra quelques blessures assez sérieuses), il s’efforce toujours d’être bien visible de ses troupes et porte à cet effet casque à cimier blanc et armure rutilante.

     

    Nicolas L. — Promotion Marc Aurèle

     

    Histoire Ancienne 2:  Alexandre à la bataille de Gaugamèles (1er octobre 331 av JC)

     

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    Léonidas et les spartiates à la bataille

    des Thermopyles (18–20 août 480 av. JC)

     

    Batailles mémorables de l’Histoire de l’Europe. Première partie

     
     
    Batailles mémorables de l’Histoire de l’Europe. Première partie : Léonidas et les spartiates à la bataille des Thermopyles (18-20 août 480 av. JC)

    Introduction

    L’ouvrage collectif « Ce que nous sommes » édité par l’Institut Iliade nous rappelle qu’être européen c’est avant tout « transmettre l’héritage ancestral, défendre le bien commun ». C’est tout l’enjeu de notre combat : transmettre nos valeurs pour les défendre mais aussi transmettre en les défendant. Car il existe un lien indéniable entre la vitalité d’un peuple et sa volonté de combattre.

     

    Dominique Venner l’avait parfaitement illustré dans un article intitulé « Guerre et Masculinité », paru dans La Nouvelle Revue d’Histoire. Au risque de choquer, il y soulignait le caractère en quelque sorte tragique qu’avait revêtu pour les Français la conjonction entre la fin de la guerre d’Algérie, « ressentie comme la fin de toutes les guerres » et l’évolution vers une société entièrement vouée aux valeurs marchandes et au consumérisme.

     

    Dans Le Choc de l’Histoire il écrivait encore que « les lieux de paix ne survivent que par les vertus exigées dans la guerre ».

     

    Tout ceci nous ramène au constat suivant : si la guerre est un grand malheur pour celui qui doit la subir, elle constitue non seulement une nécessité pour tout peuple qui a la volonté de survivre mais aussi un phénomène qui fait (re)naître chez l’Homme les qualités les plus exaltantes.

     

    D’ailleurs, dans la tradition spirituelle des anciens peuples d’Europe, la guerre avait une fonction transcendantale au travers des promesses d’immortalité faites aux guerriers qui tombaient sur le champ de bataille.

     

    Plus proche de nous, le sociologue français Gaston Bouthoul, fondateur de la polémologie, reconnaît « qu’il existe dans les guerres un aspect moral incontestable. Même les plus déterminés des pacifistes ne peuvent nier que la guerre n’exalte des vertus émouvantes : le courage, le dévouement, la fidélité, l’amitié entre combattants, la camaraderie, la loyauté. C’est dans la guerre que se manifestent à leur plus haut degré l’amour de la patrie et la fidélité à ses lois ».

     

    C’est au rappel de ces vérités immuables que souhaite contribuer la présente étude au travers d’une anthologie, largement partielle, des batailles mémorables qui ont marqué l’Histoire de la civilisation européenne.

     

    Elle se compose de fiches qui abordent chacune une bataille en décrivant son contexte, le ou les personnages clés ainsi que les qualités qu’ils ont illustrées.

     

    Bien sûr, y sont largement dépeints le sens du devoir, celui des responsabilités qui incombent à tout chef de guerre ou encore l’esprit de sacrifice qui permet au combattant européen de se battre pour une idée ou une représentation qui lui est supérieure (Rome, l’Empire, la Chrétienté…).

     

    Mais le lecteur y retrouvera aussi, notamment à travers l’évocation de certains corps d’élite, le souvenir d’une tradition martiale que les Européens d’aujourd’hui ont tout intérêt à entretenir dans la perspective des épreuves futures.

     

    Dominique Venner n’écrivait-il pas dans Le Choc de l’Histoire :

     

    « Je crois aux qualités spécifiques des Européens qui sont provisoirement en dormition. Je crois à leur individualité agissante, à leur inventivité et au réveil de leur énergie. »

     

    Bonne lecture !

    Léonidas et les spartiates à la bataille des Thermopyles (18–20 août 480 av. JC)

     

    Contexte et personnage

     

    Au Ve siècle avant Jésus-Christ, le monde grec étend son influence à travers toute la Méditerranée grâce à ses 1500 cités-États et aux colonies qu’elles implantent en bord de mer. Deux cités prédominent : Athènes et Sparte. Pour Athènes, le siècle de Périclès va bientôt s’ouvrir. Cette cité décide de soutenir les Etats grecs de la côte ouest de l’Asie, en lutte avec le très puissant empire perse, doté d’un réservoir humain gigantesque et disposant de ressources financières et matérielles à la mesure de sa dimension — un territoire vingt fois plus grand que celui de la Grèce ! Après la répression des cités ioniennes et la défaite de l’Erétrie, principale alliée d’Athènes, le roi perse Darius décide de punir Athènes pour le soutien que cette cité a apporté à ses ennemis. Il envoie donc une expédition attaquer les Grecs en débarquant à Marathon où l’armée perse connaît néanmoins, en 490 av JC, une cuisante défaite sans parvenir à inquiéter la cité athénienne. Une décennie plus tard, Xerxès, deuxième fils de Darius, décide d’une nouvelle expédition pour laquelle il mobilise les gigantesques moyens de son empire. C’est ainsi qu’après quatre ans de préparation, une armée estimée à 210 000 hommes, accompagnée de 1200 navires de guerre, traverse l’Hellespont (détroit des Dardanelles) en mai 480 av. JC pour entamer l’une des plus grandes invasions qu’ait connues l’Europe. Traversant la Grèce du nord au sud, l’impressionnante armée perse avance en direction d’Athènes et de Sparte. Grâce à l’action diplomatique de Thémistocle, chef militaire et homme politique athénien influent, la plupart des cités qui composent alors la Grèce, acceptent de faire front commun au sein de la Ligue de Corinthe pour défendre ce qu’ils ont en commun : « une race, une langue et une religion ». Une fois fixée sur les cités ralliées à la résistance et après les atermoiements de ses membres quant à la définition de la meilleure stratégie à adopter, la ligue décide d’envoyer sa flotte remonter la côte à hauteur d’une ligne reliant le défilé des Thermopyles au détroit de l’Artémision.

     

    C’est alors que Léonidas, roi de Sparte, accepte la lourde charge de mener une troupe de quelques milliers d’hommes dont 300 guerriers issus du corps d’élite des hoplites, afin de retarder la gigantesque armée Perse au fameux défilé des Thermopyles. Cette décision devait avoir la double vertu de faire gagner du temps à l’armée grecque et d’encourager les dernières cités hésitantes du Sud à rallier la ligue de Corinthe.

     

    A cette époque, Léonidas règne déjà à Sparte depuis dix ans. Il a démarré sa carrière militaire à 20 ans comme tous ses compatriotes. En tant que chef de guerre, il dirige la redoutée phalange hoplitique, infanterie d’élite de l’armée grecque, à laquelle n’accèdent que certains citoyens en fonction de leur classe sociale et de leur âge. Pratiquant une existence très austère (nourriture simple, vie familiale réduite, interdiction d’exercer leurs droits politiques, entrainement militaire constant), les guerriers à la célèbre cape rouge étaient réputés dans toute la Grèce pour leur valeur guerrière et surtout pour leur courage. Incitant à s’inspirer de leur exemple, Maurice Bardèche écrit, dans son livre « Sparte et les Sudistes » (1969) : « [A Sparte] le précepte de courage était clair et résolvait toutes les difficultés. Le courage donnait accès à l’aristocratie et l’on était exclu de l’aristocratie si l’on manquait de courage… L’éducation n’avait pas d’autre but que d’exalter le courage et l’énergie. » L’auteur nous rappelle aussi que, loin d’une littérature qui, majoritairement, réduit Sparte à une caricature de société militarisée, Sparte doit en réalité d’abord être vue comme une idée basée sur le fait qu’un homme ne vaut que par le destin qu’il se donne et que son statut tient bien plus à ses actes qu’aux richesses qu’il possède. Pour Bardèche, Sparte incarne aussi une certaine idée de la liberté : c’est la cité où la liberté consiste justement à faire le choix de renoncer à une part de sa liberté individuelle pour consacrer celle-ci à la protection du groupe, de ses mœurs et de ses lois.

     

    La bataille

     

    Les combats se déroulent du 18 au 20 août de l’an 480 av JC, ce qui donne déjà une idée de la résistance des Spartiates qui retiennent durant 3 jours une armée dont la dimension était sans comparaison possible avec celle des Grecs. Toutefois, la supériorité numérique des Perses est rendue inopérante par la configuration des lieux. L’étroitesse du passage des Thermopyles contraint les fantassins perses à se jeter sur les larges boucliers et les armures de bronze des hoplites et à s’empaler sur leurs longues lances. Durant les journées des 18 et 19 août 480, de plus en plus éreintés mais gardant, grâce à leur discipline et leur endurance, une combativité inébranlable, les combattants de la phalange grecque repoussent tous les contingents envoyés contre elle, y compris les troupes d’élite de Xerxès, les fameux Immortels. Mais la trahison d’un Grec, Ephialte, permet à Xerxès de prendre connaissance d’un sentier montagneux qui peut lui permettre de contourner la position défendue par Léonidas et de faire prendre à revers sa troupe, pendant que l’armée perse continue à mettre la pression sur le mur de défense des Lacédémoniens. Il est dit alors que Léonidas, se sachant condamné, préféra préserver une grande partie de son armée en lui ordonnant la retraite tandis qu’avec un bataillon de 300 de ses hoplites et quelques autres braves, il choisit de se sacrifier non seulement pour donner le temps à ses soldats d’exécuter leur retraite, mais aussi pour que son sacrifice, véritable acte de devotio avant l’heure, serve d’électrochoc capable d’emporter le ralliement des cités réticentes à rejoindre la ligue de Corinthe.

     

    Après un solide déjeuner et la promesse que Léonidas leur avait faite « qu’ils souperaient le soir même dans l’Hadès », les Spartiates se mettent pour la dernière fois sur le pied de guerre, attendant silencieusement le choc des lignes perses. Mais afin de rendre leur défaite aussi coûteuse que possible pour Xerxès et de ne pas attendre les volées de flèches des troupes chargées de les prendre à revers, Léonidas fait charger ses hommes droit sur l’ennemi. Même après la mort de leur roi, les Spartiates se battent jusqu’à la fin, avec toutes les armes qu’il leur reste et jusqu’au dernier.

     

    Demeuré comme l’un des exemples les plus illustres du dévouement à la patrie, ce combat, bien qu’étant une défaite tactique qui n’empêcha pas l’armée perse de reprendre sa progression, fut une victoire stratégique puisqu’elle provoqua une sorte de sursaut qui conduisit aux victoires grecques décisives de Salamine (480) et de Platées (479).

     

    Ce qu’il faut retenir

     

    Le sacrifice de Léonidas et des Spartiates aux Thermopyles est l’exemple même de l’engagement pour la défense de sa terre, le choix entre « vivre libre ou mourir ».

     

    Mais il est aussi une illustration de la capacité à privilégier l’intérêt commun. En effet, Léonidas ne se faisait sans doute aucune illusion sur sa capacité à stopper l’armée achéménide mais il savait que son geste offrirait non seulement du temps mais surtout un exemple à suivre pour les Spartiates et plus largement pour tous les Grecs.

     

    Nicolas L. — Promotion Marc Aurèle

    Dessin : John Steeple Davis (1900), illustration tirée du livre The story of the greatest nations, from the dawn of history to the twentieth century : a comprehensive history, founded upon the leading authorities, including a complete chronology of the world, and a pronouncing vocabulary of each nation. Source : Wikimedia (cc)

     

    Histoire Ancienne 2:  Léonidas et les spartiates à la bataille des Thermopyles (18–20 août 480 av. JC)

     

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    A la recherche des dieux celtes du Donon

     

    du site:  https://institut-iliade.com

     

    De la Préhistoire à l’Antiquité, le sommet a occupé un double rôle : place forte et lieu de culte. Lieu exceptionnel par ailleurs aisément défendable, le Donon se situe sur un axe de passage entre la vallée du Rhin et le plateau lorrain.

     

    « Tu trouveras plus dans les forêts que dans les livres. Les arbres et les rochers t’enseigneront les choses qu’aucun maître ne te dira. »
     
    Le mont Beuvray, une montagne occupée par un oppidum gaulois et recouverte par une forêt 
     
    Pays : France
    Région : Alsace, Vosges.
    A la recherche des dieux celtes du Donon
    Thématique générale du parcours : Partir à la découverte des sites gallo-romains et de leurs dieux au cœur des Vosges. Parcourir un massif, où les traces des combats de la Grande Guerre sont encore visibles en de nombreux endroits.

    Mode de déplacement : Se déplacer à pied est ici le plus adapté pour avancer dans les étroits sentiers et se faufiler dans les bunkers.

    Durée du parcours : La durée du parcours est adaptable. D’une demi-journée à une journée et demie en fonction des boucles choisies. Le parcours décrit ci-dessous s’accomplit en 7 à 8 heures de marche.

    Difficulté du parcours : Les quelques routes qui sillonnent le massif du Donon permettent de s’approcher des différents points remarquables en moins d’une heure de marche. Les chemins sont bien entretenus, une balade en famille est donc tout à fait possible. Pour ceux qui le souhaitent, il est également possible de partir du fond de la vallée de la Bruche, le dénivelé est alors plus conséquent (de 400 m à 1000 m d’altitude pour le Donon) et il faut savoir s’orienter parmi les innombrables sentiers qui se croisent.

    Un conseil : faites confiance au balisage du Club Vosgien, qui fait un travail remarquable dans ce massif.

     

    Période possible

     

    Toute l’année, voire plusieurs fois par an, tant l’atmosphère est différente selon la saison ! En hiver, renseignez-vous sur l’enneigement : des raquettes peuvent être utiles.

     

     

    Présentation géographique

    Le massif du Donon se situe au cœur des Vosges, en amont de la vallée de la Bruche, dans le département du Bas-Rhin. Le Donon, avec une altitude de 1008 mètres, est le point culminant des environs. Ici, bien que le terrain ne soit pas escarpé, il est difficile de trouver du plat ! À perte de vue se succèdent monts et vallées vosgiennes. Sur les sommets du Donon et du Petit Donon, on trouve une roche caractéristique de l’Alsace : le grès rose. Cette roche emblématique de la région est le témoin d’une chaîne de montagnes aujourd’hui disparue. Autour de ces sommets, ce sont les noirs sapins qui recouvrent le massif. Néanmoins, il est possible de traverser en certains endroits de grands chaumes, qui témoignent du temps où l’agriculture montagnarde se pratiquait encore. Ces zones, où les hautes herbes se mêlent aux bruyères, sont autant d’endroits où il fait bon profiter des rayons du soleil, qui ne percent jamais les épaisses sapinières.

     

    Histoire Ancienne 2:  A la recherche des dieux celtes du Donon

     

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