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    Randonnée en Ardèche : aux sources

    de la Loire

     

    Par Florence Donnarel
     
     
    source : Détours en France n°230
     
     
    Publié le 20/05/2021
     

    Entre Haute-Loire et Ardèche, nous avons suivi les débuts du plus long fleuve de France qui naît au pied du mont Gerbier-de-Jonc. Une randonnée de 40 kilomètres sur le GR®3, entre gorges émaillées de vestiges défensifs, forêts de pins et sucs volcaniques hérissés sur le plateau du Mézenc.

     

     

    Les ruines du château d’Arlempdes perchées sur un rocher qui surplombe la Loire.

    C’est le premier château de la Loire : la forteresse d’Arlempdes, dont les remparts couronnent un escarpement rocheux surplombant le fleuve d’une centaine de mètres. Du château du bas Moyen Âge, il reste une muraille, une tour centrale, les vestiges des corps de logis et une minuscule chapelle en pierre de lave rouge, soigneusement restaurée. Cette spectaculaire vigie des gorges rappelle que la haute vallée de la Loire, entre Languedoc et Velay, fut un axe de passage majeur. Les Romains n’y avaient-ils pas établi le camp d’Antoune, en lieu et place d’un ancien oppidum gaulois ?

     

    Sur l’autre rive débute notre randonnée au fil du GR3. Un sentier de très grande randonnée, puisqu’il parcourt quelque 1 243 kilomètres de la source de la Loire, en Ardèche, jusqu’en Loire-Atlantique, où elle se jette dans l’océan. Nous n’en ferons qu’un tronçon, soit deux étapes et une quarantaine de kilomètres, pour remonter jusqu’au lieu de naissance du plus long fleuve de France, au mont Gerbier-de-Jonc.

     

    Le symphonie des orgues

     

    Panorama sur le mont Gerbierde- jonc depuis le GR7, dont une partie suit la ligne de partage des eaux.

    À la sortie du village d’Arlempdes, le sentier flirte d’emblée avec la Loire bordée de saules. Sur près de deux kilomètres, une gravière ménage un sentier buissonnier, celui des pêcheurs, auxquels s’adresse tout de suite un panneau mentionnant les limitations en vigueur : « 4 salmonidés, 4 truites, 0 ombre ! »

     

     

    Panorama sur le mont Gerbierde- jonc depuis le GR7, dont une partie suit la ligne de partage des eaux.

    Le GR3 ourle des champs de terre brune fraîchement labourée avant de s’enfoncer dans un sous-bois humide, débouchant bientôt sur une petite clairière, où sont disséminées les quelques maisons du hameau de Largier. Mais la route n’est pas loin. Nous la croisons à nouveau, le temps de lire l’altitude sur une vieille borne routière : 945 mètres. Bientôt, une ouverture dans la forêt laisse entrevoir au loin le plateau du Mézenc et ses sucs volcaniques. Une topographie énigmatique, sculptée de monts arrondis surgis du fond des temps, qui composent le paysage autour du mont Gerbier-de-Jonc que nous atteindrons demain.

     

     

    Point de vue du belvédère au sud du lac d’Issarlès.

    Mais pour l’heure, nous faisons halte sur une croupe rocheuse, à Lafarre, pour apprécier, à l’écart du village, le dernier point de vue panoramique sur le fleuve depuis le haut des gorges. À l’est, des orgues basaltiques et des pierriers façonnent les pentes qui descendent vers le fleuve.

     

    À l’ouest, le sommet de la tour de Mariac émerge à travers les frondaisons. « C’est le vestige probable d’une maison forte dominant le premier “verrou” de la haute vallée de la Loire », nous explique Brice Arnaud, agent de développement du Comité départemental de randonnée pédestre qui nous accompagne. Brice est l’artisan de la revalorisation du GR3. « L’itinéraire existe depuis l’après-guerre, mais il était tombé dans l’oubli. Nous avons redéfini le tracé pour valoriser le patrimoine naturel et bâti, et recherché des hébergements respectueux de la nature et des haltes chez les petits producteurs. En outre, pour accompagner les marcheurs, nous venons de réaliser le premier topoguide sur le parcours en Haute-Loire et en Ardèche depuis le Gerbier-de-Jonc », ajoute l’expert.

     

    Le Mézenc, balade sur le mont Chauve des Auvergnats

     

    Nous progressons à travers bois où percent sous nos pieds de fins champignons au chapeau marron, des coprins. « C’est bon signe, ils annoncent les cèpes », lance Brice qui, en cette fin du mois de septembre, guette aussi au pied des hêtres l’éclat orange des girolles ! Bientôt le sentier nous ramène près de la Loire, que nous franchissons via le pont de la Borie, équipé d’une passe à poissons.

     

     

    Situé à 1 000 mètres d’altitude, le lac d’Issarlès est un lac de cratère naturel de 5 kilomètres de circonférence et profond de 138 mètres.

    Nous nous écartons peu à peu du fleuve pour remonter vers le lac volcanique naturel d’Issarlès, perché à 1 000 mètres d’altitude. Puis, après une pause contemplative au belvédère situé au sud du lac, nous replongeons dans la forêt, avant de poser nos sacs, trois kilomètres plus au nord, à la ferme de La Louvèche. Nous sommes chez Stéphanie Coquart, jeune éleveuse de chèvre et de porc, qui produit en famille fromages bio multimédaillés et salaisons. « Je n’étais pas destinée à ce métier, mais c’est la rencontre avec Daniel, mon mari, qui m’a amenée ici », raconte cette Ardéchoise qui participe depuis dix ans à l’opération « La France de ferme en ferme » pour faire connaître les coulisses de son quotidien.

     

     

    Stéphanie Coquart, installée à Louvèche.

    Nous repartons en longeant les coulées de lave sombre du suc de Cherchemuse, volcan de type strombolien encore exploité pour sa pouzzolane. Le plateau du Mézenc, océan de steppes fauves, nous tend les bras. Alors que le sentier s’extirpe de la forêt, toute l’âpre beauté d’un paysage de hautes terres se livre sans entrave au regard. Droit devant nous, le suc de Montfol (1 594 m) et sa calotte pelée nous sert de point de repère. Au loin, le Mézenc, toit de la Haute-Loire et de l’Ardèche, culminant à 1 753 mètres.

     

    Le sentier se faufile à travers champs jusqu’à la ferme de Chazalès et son toit en tuile corail. Tout près, nous franchissons le Gage, un sous-affluent de la Loire, avant de remonter au sommet d’un vallon. Là, le Gerbier-de-Jonc, tête en forme d’ogive et manteau d’écailles de pierre, se dresse telle une sorte d’animal antédiluvien.

     

    Des« pains de sucs » sur un haut plateau

     

    Les 1 594 mètres du suc de Montfol s’élèvent au-dessus du plateau du Mézenc.

    Pour rejoindre l’étape finale de notre randonnée, il faut contourner le suc de Montfol, que les sorbiers des oiseleurs ont paré en cette saison d’une guirlande rouge. Le chemin nous fait entrer dans une véritable intimité avec les sucs qui nous entourent et que l’on voit désormais de près : le Sépoux, le Séponet et surtout, le suc de la Lauzière, énorme amas de phonolite, utilisé comme carrière.

     

    Après un passage sous le couvert des arbres, le sentier débouche bientôt sur une brèche taillée dans la forêt qui mène les marcheurs au pied du Gerbier-de-Jonc. Après trente minutes d’ascension, le mont offre, du haut de ses 1 551 mètres, une sacrée vue panoramique !

     

     

    C’est ici, au pied du mont Gerbier-de-Jonc, que la Loire trouve sa source.

    À la redescente, sur le flanc sud du mont, la recherche de la source de la Loire (des sources devraient-on dire !) nous conduit dans la prairie en contrebas de la route. Là, une vasque fixée contre un muret se vante d’être la source « authentique ». Plus loin, émerge la source « véritable », signalée par une pierre annonçant fièrement : « Ici com- mence ma source vers l’océan. » Enfin, la source « géographique » coule à travers un simple tuyau, dans une fontaine rurale à l’entrée d’une ferme.

     

     

    Parmi les trois sources de la Loire, la « véritable », ou « cadastrale », c’est-à-dire le point zéro de la mesure du fleuve, se trouve sous la ferme de Sagnas, à Sainte-Eulalie.

    Quelle que soit la source, on pourra fêter ici la naissance du grand fleuve, en tendant sa gourde devant l’eau jaillissante, pour boire un peu de Loire.

     

    Nature en Images - 4:  Randonnée en Ardèche : aux sources de la Loire

     

     

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    Trois îles à pied sec en Bretagne :

    Callot, Les Ébihens, Berder

     

    Par Dominique Roger
     
     
    source : Détours en rance - HS - Balades en France
     
     
    Publié le 28/05/2021
     

    À marée haute, elles sont au large du continent, inaccessibles autrement qu’en bateau. Que la marée se retire et elles sont à portée de vos pas, par la grâce d’une chaussée submersible.

     

    L'île Callot (Finistère)

     

     L'île de Callot dans le Finistère

    En arrivant à Carantec, le premier souci est de s'enquérir de l’heure de la marée, afin de savoir quand l’île Callot sera accessible. Au port, en haut de la cale empruntée par la chaussée pour descendre sur la grève, figurent des panneaux d’information. Un conseil, surtout à la belle saison : stationner à Carantec, car le parking de Callot est vite saturé. À partir de là, 6,5 kilomètres de balade, sur du plat, nous attendent. L’itinéraire est simple car nous ne disposons que d'une route et de deux chemins ! Donc – mais rien n’empêche de procéder à l’inverse – nous suivons l’étroite route goudronnée pour monter à la chapelle Notre-Dame-de- Callot. Juste avant, on peut se repérer à la ferme en contrebas, avec un canot de pêche tiré au sec. La chapelle abrite quelques émouvants ex-voto : un bon endroit pour se ressourcer… De là, un chemin mène à la pointe Nord de l’île. La vue depuis le calvaire est magnifique. Nous montons au pied de l’amer blanc, sur la gauche. Il s'agit de la tourelle Mazarin, qui s’aligne avec une autre située plus au large, pour indiquer un passage sûr vers Roscoff.

     

    Les merveilles de Jézéquel

     

    Le sentier fait le tour de la partie Nord de l’île et revient à Notre-Dame-de-Callot. Nous passons cette fois à gauche de la chapelle. En arrivant sur la partie Sud de l’île, nous prenons le chemin qui longe la plage. Une fois de retour sur le port de Carantec, nous suivons la plage droit devant, jusqu’au quai. Juste après ce quai se trouve un hangar, avec souvent de jolis petits voiliers de plaisance à l’échouage devant. C’est le Chantier Jézéquel, qui produit, depuis trois générations, de vraies merveilles nautiques. Demi-tour à présent… Nous suivons le balisage du Sentier du littoral (emprunté par le GR®34). Après la plage du Port, une rue à droite de la cale descend vers Callot : elle débouche sur la Grève Blanche, à laquelle succèdent Porz Pol et la plage de la Chaise du Curé. Une vue superbe sur la baie de Morlaix, à laquelle grimpe le chemin. Devant nous, les îles qui forment la réserve ornithologique. Parmi les principales : Ricard, Beg Lemm, l’île aux Dames, l’île de Sable…

     

    Route submersible entre Carantec et l'île de Callot

    Un tumulus dans les jumelles

     

    Nous redescendons ensuite vers la plus importante plage de Carantec : Le Kelenn qui accueille un centre nautique. Après Le Kelenn, la côte se fait plus sauvage. Le chemin monte par une falaise vers la pointe du Cosmeur. Puis il oblique sur la droite en longeant une pinède : c’est la pointe de Penn-al-Lann. De là, le coup d’oeil sur l’île Louët et le château du Taureau est unique. En continuant à longer la côte, nous avons sous les yeux la presqu’île de Barnenez, dont le tumulus est bien visible aux jumelles. Puis nous débouchons dans le parc Claude-Goude, aménagé en belles terrasses. Celles-ci rejoignent les hauteurs de la pointe de Penn-al-Lann. Sur la gauche, une étroite route rattrape le centre de Carantec. Nous voulions visiter le Musée maritime, qui expose outils et maquettes illustrant la tradition des chantiers navals. Mais il est en travaux et restera fermé toute l’année 2020. Dommage ! En nous promettant de revenir quand il rouvrira, nous nous dirigeons vers la place de l’Église et, à gauche de l’édifice, nous suivons les rues qui descendent vers le port.

     

    Les Ébihens (Côtes-d'Armor)

     

    Les Ébihens, vue aérienne de l'île

    En premier lieu, depuis la grève de Saint-Jacut-de-la-Mer, il faut repérer « le » passage situé près des rochers, que balisent des perches colorées. On a l’impression de faire un grand détour mais la marche, sur un sol ferme et sec, est beaucoup plus agréable. Nous voici à la pointe Sud de l’île : atteindrons-nous directement la plage en passant à travers les bancs de rochers ? Ou nous engagerons- nous dans le chemin entre deux dunes ? En ce cas, il ne faudra pas le quitter, et ne descendre sur les plages que par les passages existants : la dune est un milieu si fragile… Cette plage est la mieux exposée au soleil, et protégée en même temps des vents d’ouest. Elle est logiquement la plus fréquentée aux beaux jours. Cependant, de l’autre côté des Ébihens, face aux îlots de la Colombière et de la Nellière, on trouve de beaux recoins de sable clair, à l'abri dans les rochers. Ambiance Robinson garantie !

     

    Des landes impénétrables

     

    Les Ébihens dans les Côtes d'Armor

    Le chemin monte sur plusieurs dizaines de mètres pour atteindre la partie Nord de l’île. En fait, cette partie des Ébihens tombe à-pic sur la mer, et on n’y trouve que des landes impénétrables et des ronciers, autour de quelques bosquets de pins maritimes. C’est le moment de préciser que toute l’île est privée. Ses propriétaires acceptent les visiteurs, mais il serait de mauvais goût d’abuser de leur tolérance. Aussi, nous regarderons de loin la grosse tour qui dépasse des arbres : elle a été construite à la fin du XVIIe siècle, pour surveiller ce bout de côte qui se prêtait trop bien aux débarquements ennemis. Sur le chemin du retour, nous obliquons sur la gauche pour longer la plage au pied de la falaise. À son extrémité, les rochers qui marquent l’entrée de la baie de Lancieux abritent aussi le port miniature de la Houle Causseul. Au-dessus de sa cale, on trouvera le Sentier des douaniers (GR®34), qui atteint la pointe du Chevet par la falaise, avec un joli point de vue sur les Ébihens.

     

    L'île Berder (Morbihan)

     

    L'île de Berder dans le Morbihan

    Parmi la myriade d’îles et d’îlots qui hérissent le golfe du Morbihan se dresse, petit radeau de granit, Berder. Le vrai intérêt de l'île Berder, ce n’est pas la terre, charmante avec ses prairies et ses bosquets, mais le courant de la Jument, véritable fleuve marin. Il est formé par la marée, quatre fois par jour : deux fois dans un sens, deux fois dans l’autre. Et toujours aussi impétueux. Morbihan signifie « petite mer », en breton. C’est bel et bien un « océan » qui se vide à chaque jusant, et se remplit à chaque flot. D’ailleurs, dès Larmor-Baden, quand on attend que la chaussée se découvre pour permettre de se rendre « à pied sec » vers l’île, la puissance de la marée saute aux yeux. Surtout quelques minutes avant que le passage ne se révèle, quand le courant provoque une vague qui sculpte une marche à la surface de l’eau.

     

     

    Sentier de l'île Berder dans le Morbihan

    Le château de la Duchesse

     

    À la pointe de Larmor-Baden, en suivant la route à gauche lorsqu'on arrive au port, on atteint une chaussée submersible longue de quelques dizaines de mètres : elle conduit à un château, aujourd’hui centre de vacances après avoir appartenu à la congrégation des Petites Soeurs de Saint-François d’Angers. L’Histoire des lieux est assez étonnante : à la fin du siècle dernier, la duchesse d’Uzès (1847-1933), propriétaire de l’île, faisait partie du cercle de conseillers du général Boulanger. Cette situation proche du pouvoir l’amena à envisager de créer là un grand port, qui aurait remplacé ceux de Vannes et d’Auray. Mais, suite sans doute aux déboires politiques de Boulanger, le projet fut abandonné. Le château de Berder a toutefois gardé une fonction marine, puisque sa tour constitue un amer pour les plaisanciers et les pêcheurs.

     

    L'île Berder dans le Morbihan

    Pêche au bar à la pointe Sud

     

    Une fois sur l’île, nous longeons la côte rocheuse par le bois, à droite. Bientôt, la vue se dégage sur Port-Lagaden (le mouillage de Larmor-Baden) puis sur l’île de Gavrinis, connue pour son cairn néolithique. La visite s’impose. Mais, pour cela, il faudra prendre un bateau à Larmor-Baden. La pointe Sud de Berder est très fréquentée par les pêcheurs au lancer qui traquent le bar dans les veines du courant de la Jument, lequel dépasse régulièrement les 10 km/h. Par calme plat, on se croirait au bord d’un fleuve, large de 2 kilomètres, dont la rive opposée serait l’île aux Moines. Mais quand le vent de sud-ouest s’engouffre dans le golfe et s’oppose au courant de la marée descendante, il lève un clapot très violent, qui blanchit d’écume la surface de l’eau. Un spectacle impressionnant ! Bientôt, on découvre un réseau de chemins et d’allées qui desservent le château, à travers prairies et bosquets. Ils conduisent vers le nord de Berder et la chaussée qui, tranquillement, nous ramènera à Larmor-Baden.

     

    Nature en Images - 4:  Trois îles à pied sec en Bretagne : Callot, Les Ébihens, Berder

     

     

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    10 balades nature express en France

     

    Par Dominique Le Brun
     
     
    source : Détours en France HS - 40 balades pour redécouvrir notre patrimoine
     
    Publié le 03/06/2021
     
     

    Aux quatre coins de France, des sites remarquables n'attendent que d'être contemplés. D'accès facile, près de centres urbains ou de lieux de villégiature fréquentés, des sentiers de randonnées plongent, en une demi-journée ou moins, au coeur d'une nature sauvage, souvent spectaculaire, source de dépaysement et d'apaisement. Voici notre (courte) sélection.

     

    Île-de-France

    La forêt de Rambouillet 

     

    Forêt de Rambouillet
     
     

    Depuis Montfort-l’Amaury. Un des plus séduisants villages d’Île-de-France donne accès à la plus belle forêt de l’Ouest parisien et l'une des plus belles forêts de France. Après avoir déambulé dans les galeries de l’ancien charnier du cimetière montfortois et admiré les vitraux de l’église Saint-Pierre (XVe-XVIIe siècles), on montera à la tour Anne-de- Bretagne, vestige du château fort qui domine le village, offrant une vue panoramique sur la forêt de Rambouillet. Suivant les balises du GR®1, on y entrera par les étangs de la Plaine et de la porte Baudet puis on rejoindra le carrefour du Comte-de-Toulouse. La route de l’étang Rompu est ponctuée d’arbres remarquables. C’est par celle des Sept-Chênes qu’on accède à la maison forestière du Chêne-Baudet au carrefour du même nom. Il faut continuer tout droit pour atteindre l’orée de la forêt. En longeant celle-ci sur la droite, on retrouve l’étang de la Plaine et le chemin du retour à Montfort-l’Amaury.

     

    Carte : IGN 1/25 000, « Forêt de Rambouillet-PNR de la Haute Vallée de Chevreuse », 2215 OT. Durée : Boucle de 3 heures 30. Distance : 12 kilomètres. Point de départ : Place de l’Église, à Montfort-l’Amaury.

     

     

    La tour Denecourt

     

    La Tour Denecourt dans la forêt de Fontainebleau
     
      

    Depuis Fontainebleau. Avant de visiter le château (l'un des plus beaux d'Île de France) et son parc, rien de tel qu'une marche en pleine forêt. Dès la sortie de la gare, le balisage conduit dans les bois, où l’on s’engage sur deux sentiers successifs (marquage rouge et jaune, puis bleu), aboutissant à la tour Denecourt. L’ouvrage porte le nom d’un sergent de l’armée napoléonienne, qui consacra sa vie à promouvoir la forêt de Fontainebleau. Depuis la tour, il faut suivre le balisage bleu du sentier Denecourt n°2, qui traverse la D116. Il conduit à l’esplanade de la Croix-de-Calvaire et son beau point de vue, d’où l'on descend vers Fontainebleau. Tourner à gauche dans la rue Aristide-Briand pour admirer le château. On revient ensuite à la gare, en traversant le parc.

     

    Carte : IGN 1/25 000, « Forêt de Fontainebleau », 2417 OT. Durée : Boucle de 3 heures. Distance : 12 kilomètres. Point de départ : Gare SNCF de Fontainebleau.

     

     

    Côte d'Azur

    Le Cap Lardier

     

    Le Cap Lardier sur le sentier des douaniers entre Cavalaire et Saint-Tropez
     
     

    Le Sentier des douaniers longe la presqu’île de Ramatuelle sur 34 kilomètres, entre Cavalaire et Saint-Tropez. Cette balade suit la côte depuis la baie de Cavalaire jusqu’au cap Lardier, en passant par deux plages peu fréquentées, car elles ne sont accessibles qu'aux seuls marcheurs. Le sentier escarpé passe de crique en crique entre, d’un côté, la pinède ombragée et le maquis odoriférant, et de l'autre, les eaux dont la teinte surnaturelle a donné son nom à la Côte d’Azur. En une grande demi-heure, on atteint la plage de Jovat. Quinze minutes plus tard, la plage des Brouis est comme un paradis terrestre. En marchant encore 45 minutes, on accède au cap Lardier, formidable promontoire séparant la baie de Cavalaire du golfe de Saint-Tropez.

     

    Carte : IGN 1/25 000 « Saint-Tropez-Sainte-Maxime », 3545 OT. Durée : 3 heures pour l’aller-retour. Distance : 10 kilomètres. Point de départ : Plage de Gigaro, à La Croix-Valmer.

     

     

    Les calanques de Sormiou et de Morgiou

     

    Calanque de Sormiou
     
     

    Entre les deux plus fameuses calanques de Marseille, un sentier conduit entre mer et ciel. Un peu en retrait du port de Morgiou, on retrouve les marques du GR®98, qui monte vers la crête en s’élevant au-dessus de la calanque. Une fois sur l’arête, il faut prendre, à gauche, le sentier qui domine la falaise de la Voile et descend jusqu’au cap Morgiou par la calanque de la Triperie : on passe alors à la verticale de la grotte Cosquer. L’entrée de la cavité, célèbre pour ses gravures datant du paléolithique, se trouve 36 mètres sous le niveau de la mer ! On récupère le sentier de la crête, offrant une vue superbe sur la calanque de Sormiou. Au moment où l’on commence à descendre, il faut guetter à droite le balisage rouge qui ramène à Morgiou. Seuls les courageux feront l’aller-retour jusqu’aux cabanons de Sormiou. Pour nous, ce sera une prochaine fois, très sûrement…

     

    Carte : 1/25 000, « Marseille- Les Calanques », 3145 ET. Durée : Boucle de 3 à 4 heures. Distance : 10 kilomètres. Point de départ : Calanque de Morgiou.

     

     

    Autour de l'abbaye du Mont de Cats

     

    Abbaye du Mont des Cats
     
     

    Une dégustation de la fameuse bière trappiste Mont des Cats couronnera cette balade autour de l’abbaye. Après celui de Cassel culminant à 176 mètres, les Cats (164 mètres) est le deuxième sommet des monts des Flandres – en réalité, un ensemble de collines. Nulle fatigue à craindre sur cet itinéraire, dont le fléchage suit chemins et petites routes, passant par des chapelles dont le nom laisse rêveur. Ainsi Notre-Dame-de-Toutes-Les-Peurs, à Boeschepe, où une prière guérit de bien des maux… Chemin faisant, on apprécie la vue sur le mont Noir (152 mètres) et le village de Berthen. La dernière partie de la randonnée passe par l’abbaye Notre-Dame du mont des Cats (commune de Godewaersvelde). Jouxtant la boutique, l’église Sainte-Constance-Saint-Bernard mérite la visite.

     

    Carte : IGN 1/25 000, « Bailleul-Steenvoorde », 2403 SB. Durée : boucle de 3 heures 30. Distance : 11 kilomètres. Point de départ : Parking au pied de l’antenne du mont des Cats, à Berthen.

     

     

    Picardie

    La Baie de Somme

     

    Parc de Marquenterre dans la baie de Somme
     
     

    L’immense baie de Somme est une halte prisée des oiseaux migrateurs qui trouvent refuge dans la réserve du Marquenterre. Il existe deux façons de l’aborder. De manière tranquille, en famille : suivre les chemins qui, au sein du parc ornithologique, vont d’un observatoire aménagé à un autre. Pour apprendre à identifier les espèces d’oiseaux (grèbes, oies, mouettes, canards…), c’est l’idéal. Plus physique : le « parcours des Crocs » fait le tour de la réserve par les bois de pins, les dunes (« crocs » en picard) et les plages. Cette balade requiert une bonne condition, dans la mesure où elle oblige, à plusieurs reprises, à marcher dans du sable meuble. Mais les paysages grandioses et les postes d’observation installés entre la pointe de Saint-Quentin et le fond de la baie (au niveau du parc ornithologique, donc) valent bien cet effort. 

    Carte : IGN 1/25 000, « Baie de Somme-Le Crotoy-Fort-Mahon-Plage », 2106 ET. Durée : 5 heures 30. Distance : 16 kilomètres. Point de départ : Parking du parc ornithologique, au Marquenterre.

     

     

    Sologne

    Autour du château de Chambord

     

    Chambord et ses alentours
     
     

    Chambord possède un immense domaine présentant tous les types de paysages solognots. Quand on entend Chambord, on pense d’abord au plus imposant des châteaux de la Loire. Mais il faut savoir aussi qu’autour de cette folie architecturale voulue par François Ier, s’étend un domaine de 5 440 hectares que sillonnent des sentiers pédestres et cyclables, sur une vingtaine de kilomètres. Ils permettent non seulement d’admirer toutes les faces de la construction, mais aussi de s’immerger dans la nature. L’itinéraire des « Étangs » conduit aux points d’eau de la Faisanderie et des Bonshommes. Celui du « Grand Fossé » approche les anciens marais, asséchés pour édifier le château. Quant à celui des « Vignes de l’Ormetrou », il fait découvrir les cépages historiques du val de Loire (romorantin, menu pineau).  

     

    Carte : Plan « La Grande Promenade » fourni à l’accueil du château. Il est également téléchargeable sur le site : chambord.org – Durée : 2 heures. Distance : 8 kilomètres. Point de départ : Château de Chambord.

     

     

    Lozère

    La plus belle étape du sentier de Stevenson

     

    Le mont Lozère sur le sentier de Stevenson
     
     

    L’ascension du mont Lozère est la plus belle étape du Voyage avec un âne dans les Cévennes, un récit publié par Robert Louis Stevenson. Le GR®70, l'une des plus belles randonnées de France, reprend le tracé de la randonnée accomplie par l'Écossais en 1878, entre Le Monastier-sur-Gazeille (Haute-Loire) et Saint-Jean-du-Gard (Gard). Pour la beauté de ses paysages, cet itinéraire en 12 étapes (1 par jour) constitue un must pour tout randonneur. S’il fallait en situer le point d’orgue, ce serait sans aucun doute le franchissement du mont Lozère par le pic de Finiels (1 699 mètres). Depuis la station de ski, on suit la draille empruntée par le GR jusqu’à un col où, à droite, un sentier monte à ce point culminant du massif. Après le Finiels, il faut quitter le GR pour rester sur la crête et redescendre à la station, par la route dite des Chômeurs.

     

    Carte : IGN 1/25 000, « Mont Lozère-Florac-Parc national des Cévennes », 2739 OT. Durée : 3 heures. Distance : 10 kilomètres. Point de départ : Station de ski, à Bleymard-Mont

     

     

    Les gorges de la Jonte par le causse Méjean

     

    Les gorges de la Jonte
     
     

    Avec leurs rochers en forme de vases géants survolés par les vautours fauves, les gorges du Tarn, parmi les plus belles gorges de l'Héxagone, font dans la démesure. Rue Principale du village de Rozier, un écriteau indique le raidillon qui monte au rocher de Capluc. Celui-ci coupe les lacets de la route, au bout de laquelle on trouve le balisage du GR®6. Par la suite, c’est le sentier Jacques-Brunet qui aboutit à de fabuleux sites : le rocher de Francbouteille, le Vase de Sèvres et le Vase de Chine. Il faut poursuivre quelques centaines de mètres pour découvrir le bien-nommé balcon du Vertige, d’où l’on domine les gorges de la Jonte : un Grand Canyon à la française. Sans doute verra-t-on alors, de près, les impressionnants (mais inoffensifs) vautours fauves, dont l’envergure peut dépasser les 2,50 mètres.

     

    Carte : IGN 1/25 000, « Millau-Gorges de la Dourbie-Causse Noir », 2641 OT. Durée : 4 heures. Distance : 10 kilomètres. Point de départ : Rue Principale, à Rozier.

     

     

    Aveyron

    Le viaduc de Millau et les causses du Larzac

     

    Le viaduc de Millau
     
     

    Marche facile vers les solitudes des causses, cette balade offre des points de vue époustouflants sur le viaduc de Millau, l'un des plus beaux ponts de France. Établie à la confluence du Tarn et de la Dourbie, la ville de Millau est la porte du causse du Larzac, désert de rocaille et d’herbe rase. Sur la rive gauche du Tarn, le lieu-dit Les Combes Hautes (commune de Creissels) donne accès à un chemin qui monte droit vers le causse, à travers des bosquets. On longe ensuite le bord du plateau avec de belles vues sur Millau et, aux beaux jours, les vols de parapente. Le paysage devient ensuite vertigineux, au bord du cirque du Boundoulaou, puis grandiose, lorsque s’ouvrent les perspectives sur le spectaculaire viaduc. Étiré sur 2 460 mètres, il culmine à 343 mètres ! Le chemin s'arrête aux approches de l'A75, marquant l’endroit où l'on doit revenir sur ses pas.

     

    Carte : IGN 1/25 000, « Millau-Sainte-Affrique-PNR des Grandes Causses », 2541 OT. Durée : 4 heures 30 pour l'aller-retour. Distance : 15 kilomètres. Point de départ : Lieu-dit Les Combes Hautes, à Creissels (sud-ouest de Millau).

     

    Nature en Images - 4:  10 balades nature express en France

     

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    10 balades nature express en France

     

    Par Dominique Le Brun
     
    source : Détours en France HS - 40 balades pour redécouvrir notre patrimoine
     
    Publié le 03/06/2021
     

    Aux quatre coins de France, des sites remarquables n'attendent que d'être contemplés. D'accès facile, près de centres urbains ou de lieux de villégiature fréquentés, des sentiers de randonnées plongent, en une demi-journée ou moins, au coeur d'une nature sauvage, souvent spectaculaire, source de dépaysement et d'apaisement. Voici notre (courte) sélection.

     

    Île-de-France

    La forêt de Rambouillet 

     

    Forêt de Rambouillet
     
     

    Depuis Montfort-l’Amaury. Un des plus séduisants villages d’Île-de-France donne accès à la plus belle forêt de l’Ouest parisien et l'une des plus belles forêts de France. Après avoir déambulé dans les galeries de l’ancien charnier du cimetière montfortois et admiré les vitraux de l’église Saint-Pierre (XVe-XVIIe siècles), on montera à la tour Anne-de- Bretagne, vestige du château fort qui domine le village, offrant une vue panoramique sur la forêt de Rambouillet. Suivant les balises du GR®1, on y entrera par les étangs de la Plaine et de la porte Baudet puis on rejoindra le carrefour du Comte-de-Toulouse. La route de l’étang Rompu est ponctuée d’arbres remarquables. C’est par celle des Sept-Chênes qu’on accède à la maison forestière du Chêne-Baudet au carrefour du même nom. Il faut continuer tout droit pour atteindre l’orée de la forêt. En longeant celle-ci sur la droite, on retrouve l’étang de la Plaine et le chemin du retour à Montfort-l’Amaury.

    Carte : IGN 1/25 000, « Forêt de Rambouillet-PNR de la Haute Vallée de Chevreuse », 2215 OT. Durée : Boucle de 3 heures 30. Distance : 12 kilomètres. Point de départ : Place de l’Église, à Montfort-l’Amaury.

     

    La tour Denecourt

     

    La Tour Denecourt dans la forêt de Fontainebleau
     
     

    Depuis Fontainebleau. Avant de visiter le château (l'un des plus beaux d'Île de France) et son parc, rien de tel qu'une marche en pleine forêt. Dès la sortie de la gare, le balisage conduit dans les bois, où l’on s’engage sur deux sentiers successifs (marquage rouge et jaune, puis bleu), aboutissant à la tour Denecourt. L’ouvrage porte le nom d’un sergent de l’armée napoléonienne, qui consacra sa vie à promouvoir la forêt de Fontainebleau. Depuis la tour, il faut suivre le balisage bleu du sentier Denecourt n°2, qui traverse la D116. Il conduit à l’esplanade de la Croix-de-Calvaire et son beau point de vue, d’où l'on descend vers Fontainebleau. Tourner à gauche dans la rue Aristide-Briand pour admirer le château. On revient ensuite à la gare, en traversant le parc.

    Carte : IGN 1/25 000, « Forêt de Fontainebleau », 2417 OT. Durée : Boucle de 3 heures. Distance : 12 kilomètres. Point de départ : Gare SNCF de Fontainebleau.

     

    Côte d'Azur

    Le Cap Lardier

     

    Le Cap Lardier sur le sentier des douaniers entre Cavalaire et Saint-Tropez
     
     

    Le Sentier des douaniers longe la presqu’île de Ramatuelle sur 34 kilomètres, entre Cavalaire et Saint-Tropez. Cette balade suit la côte depuis la baie de Cavalaire jusqu’au cap Lardier, en passant par deux plages peu fréquentées, car elles ne sont accessibles qu'aux seuls marcheurs. Le sentier escarpé passe de crique en crique entre, d’un côté, la pinède ombragée et le maquis odoriférant, et de l'autre, les eaux dont la teinte surnaturelle a donné son nom à la Côte d’Azur. En une grande demi-heure, on atteint la plage de Jovat. Quinze minutes plus tard, la plage des Brouis est comme un paradis terrestre. En marchant encore 45 minutes, on accède au cap Lardier, formidable promontoire séparant la baie de Cavalaire du golfe de Saint-Tropez.

    Carte : IGN 1/25 000 « Saint-Tropez-Sainte-Maxime », 3545 OT. Durée : 3 heures pour l’aller-retour. Distance : 10 kilomètres. Point de départ : Plage de Gigaro, à La Croix-Valmer.

     

    Les calanques de Sormiou et de Morgiou

     

     Calanque de Sormiou

     

    Entre les deux plus fameuses calanques de Marseille, un sentier conduit entre mer et ciel. Un peu en retrait du port de Morgiou, on retrouve les marques du GR®98, qui monte vers la crête en s’élevant au-dessus de la calanque. Une fois sur l’arête, il faut prendre, à gauche, le sentier qui domine la falaise de la Voile et descend jusqu’au cap Morgiou par la calanque de la Triperie : on passe alors à la verticale de la grotte Cosquer. L’entrée de la cavité, célèbre pour ses gravures datant du paléolithique, se trouve 36 mètres sous le niveau de la mer ! On récupère le sentier de la crête, offrant une vue superbe sur la calanque de Sormiou. Au moment où l’on commence à descendre, il faut guetter à droite le balisage rouge qui ramène à Morgiou. Seuls les courageux feront l’aller-retour jusqu’aux cabanons de Sormiou. Pour nous, ce sera une prochaine fois, très sûrement…

    Carte : 1/25 000, « Marseille- Les Calanques », 3145 ET. Durée : Boucle de 3 à 4 heures. Distance : 10 kilomètres. Point de départ : Calanque de Morgiou.

     

    Autour de l'abbaye du Mont de Cats

     

    Abbaye du Mont des Cats
     
     

    Une dégustation de la fameuse bière trappiste Mont des Cats couronnera cette balade autour de l’abbaye. Après celui de Cassel culminant à 176 mètres, les Cats (164 mètres) est le deuxième sommet des monts des Flandres – en réalité, un ensemble de collines. Nulle fatigue à craindre sur cet itinéraire, dont le fléchage suit chemins et petites routes, passant par des chapelles dont le nom laisse rêveur. Ainsi Notre-Dame-de-Toutes-Les-Peurs, à Boeschepe, où une prière guérit de bien des maux… Chemin faisant, on apprécie la vue sur le mont Noir (152 mètres) et le village de Berthen. La dernière partie de la randonnée passe par l’abbaye Notre-Dame du mont des Cats (commune de Godewaersvelde). Jouxtant la boutique, l’église Sainte-Constance-Saint-Bernard mérite la visite.

    Carte : IGN 1/25 000, « Bailleul-Steenvoorde », 2403 SB. Durée : boucle de 3 heures 30. Distance : 11 kilomètres. Point de départ : Parking au pied de l’antenne du mont des Cats, à Berthen.

     

    Picardie

    La Baie de Somme

     

    Parc de Marquenterre dans la baie de Somme
     
     

    L’immense baie de Somme est une halte prisée des oiseaux migrateurs qui trouvent refuge dans la réserve du Marquenterre. Il existe deux façons de l’aborder. De manière tranquille, en famille : suivre les chemins qui, au sein du parc ornithologique, vont d’un observatoire aménagé à un autre. Pour apprendre à identifier les espèces d’oiseaux (grèbes, oies, mouettes, canards…), c’est l’idéal. Plus physique : le « parcours des Crocs » fait le tour de la réserve par les bois de pins, les dunes (« crocs » en picard) et les plages. Cette balade requiert une bonne condition, dans la mesure où elle oblige, à plusieurs reprises, à marcher dans du sable meuble. Mais les paysages grandioses et les postes d’observation installés entre la pointe de Saint-Quentin et le fond de la baie (au niveau du parc ornithologique, donc) valent bien cet effort. 

    Carte : IGN 1/25 000, « Baie de Somme-Le Crotoy-Fort-Mahon-Plage », 2106 ET. Durée : 5 heures 30. Distance : 16 kilomètres. Point de départ : Parking du parc ornithologique, au Marquenterre.

     

    Sologne

    Autour du château de Chambord

     

    Chambord et ses alentours
     
     

    Chambord possède un immense domaine présentant tous les types de paysages solognots. Quand on entend Chambord, on pense d’abord au plus imposant des châteaux de la Loire. Mais il faut savoir aussi qu’autour de cette folie architecturale voulue par François Ier, s’étend un domaine de 5 440 hectares que sillonnent des sentiers pédestres et cyclables, sur une vingtaine de kilomètres. Ils permettent non seulement d’admirer toutes les faces de la construction, mais aussi de s’immerger dans la nature. L’itinéraire des « Étangs » conduit aux points d’eau de la Faisanderie et des Bonshommes. Celui du « Grand Fossé » approche les anciens marais, asséchés pour édifier le château. Quant à celui des « Vignes de l’Ormetrou », il fait découvrir les cépages historiques du val de Loire (romorantin, menu pineau).  

    Carte : Plan « La Grande Promenade » fourni à l’accueil du château. Il est également téléchargeable sur le site : chambord.org – Durée : 2 heures. Distance : 8 kilomètres. Point de départ : Château de Chambord.

     

    Lozère

    La plus belle étape du sentier de Stevenson

     

    Le mont Lozère sur le sentier de Stevenson
     
     

    L’ascension du mont Lozère est la plus belle étape du Voyage avec un âne dans les Cévennes, un récit publié par Robert Louis Stevenson. Le GR®70, l'une des plus belles randonnées de France, reprend le tracé de la randonnée accomplie par l'Écossais en 1878, entre Le Monastier-sur-Gazeille (Haute-Loire) et Saint-Jean-du-Gard (Gard). Pour la beauté de ses paysages, cet itinéraire en 12 étapes (1 par jour) constitue un must pour tout randonneur. S’il fallait en situer le point d’orgue, ce serait sans aucun doute le franchissement du mont Lozère par le pic de Finiels (1 699 mètres). Depuis la station de ski, on suit la draille empruntée par le GR jusqu’à un col où, à droite, un sentier monte à ce point culminant du massif. Après le Finiels, il faut quitter le GR pour rester sur la crête et redescendre à la station, par la route dite des Chômeurs.

    Carte : IGN 1/25 000, « Mont Lozère-Florac-Parc national des Cévennes », 2739 OT. Durée : 3 heures. Distance : 10 kilomètres. Point de départ : Station de ski, à Bleymard-Mont

     

    Les gorges de la Jonte par le causse Méjean

     

    Les gorges de la Jonte
     
     

    Avec leurs rochers en forme de vases géants survolés par les vautours fauves, les gorges du Tarn, parmi les plus belles gorges de l'Héxagone, font dans la démesure. Rue Principale du village de Rozier, un écriteau indique le raidillon qui monte au rocher de Capluc. Celui-ci coupe les lacets de la route, au bout de laquelle on trouve le balisage du GR®6. Par la suite, c’est le sentier Jacques-Brunet qui aboutit à de fabuleux sites : le rocher de Francbouteille, le Vase de Sèvres et le Vase de Chine. Il faut poursuivre quelques centaines de mètres pour découvrir le bien-nommé balcon du Vertige, d’où l’on domine les gorges de la Jonte : un Grand Canyon à la française. Sans doute verra-t-on alors, de près, les impressionnants (mais inoffensifs) vautours fauves, dont l’envergure peut dépasser les 2,50 mètres.

    Carte : IGN 1/25 000, « Millau-Gorges de la Dourbie-Causse Noir », 2641 OT. Durée : 4 heures. Distance : 10 kilomètres. Point de départ : Rue Principale, à Rozier.

     

    Aveyron

    Le viaduc de Millau et les causses du Larzac

     

    Le viaduc de Millau
     
     

    Marche facile vers les solitudes des causses, cette balade offre des points de vue époustouflants sur le viaduc de Millau, l'un des plus beaux ponts de France. Établie à la confluence du Tarn et de la Dourbie, la ville de Millau est la porte du causse du Larzac, désert de rocaille et d’herbe rase. Sur la rive gauche du Tarn, le lieu-dit Les Combes Hautes (commune de Creissels) donne accès à un chemin qui monte droit vers le causse, à travers des bosquets. On longe ensuite le bord du plateau avec de belles vues sur Millau et, aux beaux jours, les vols de parapente. Le paysage devient ensuite vertigineux, au bord du cirque du Boundoulaou, puis grandiose, lorsque s’ouvrent les perspectives sur le spectaculaire viaduc. Étiré sur 2 460 mètres, il culmine à 343 mètres ! Le chemin s'arrête aux approches de l'A75, marquant l’endroit où l'on doit revenir sur ses pas.

    Carte : IGN 1/25 000, « Millau-Sainte-Affrique-PNR des Grandes Causses », 2541 OT. Durée : 4 heures 30 pour l'aller-retour. Distance : 15 kilomètres. Point de départ : Lieu-dit Les Combes Hautes, à Creissels (sud-ouest de Millau).

     

    Nature en Images - 4:  10 balades nature express en France

     

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    La montagne corse : un itinéraire à

    couper le souffle

     

    Par Florence Donnarel
     
    source : Détours en France n°216
     
     

    Au centre de la longue dorsale de granite qui la traverse, bat l’âme d’une île à la nature prodigieuse. De Corte, la fière cité de l’intérieur, aux lacs d’altitude sertis de pitons, des forêts cathédrales qui tapissent les hautes vallées aux canyons où s’adonner aux sports d’eau vive, un itinéraire au sommet.

     

     

    Corte en Corse

     

    Plus qu’ailleurs, Corte cultive le souvenir de Pascal Paoli. Place, cours, statues... tout résonne ici du nom du père de la patrie corse, qui fit de Corte la capitale de l’Île entre 1755 et 1769. D’ailleurs, le château perché sur un éperon rocheux dominant la ville, nid d’aigle impétueux, ne respire-t-il pas l’insoumission ? Élevé au XVe siècle par Vincentello d’Istria, vice-roi de Corse au nom du roi d’Aragon, l’édifice consacrait déjà la position stratégique de ce bourg du centre montagneux de l’Île, à mi-chemin entre Bastia et Ajaccio.

     

     

    Une cité paoline hors du temps

     

    Corte en Corse

     

    Le belvédère de la vieille ville permet d’admirer le château, bâtisse ventrue enfermée dans une muraille crénelée qui épouse le rocher. On y prend aussi la mesure de l’intérêt militaire de Corte, face aux vallées de la Restonica et du Tavignano qui s’ouvrent à l’ouest. Autour et par-delà le château, s’étend la citadelle, fortification bastionnée élevée en 1769, qui couronne la ville haute et occupe l’espace avec deux grandes casernes aujourd’hui converties en musée et en bâtiments publics.

     

    Ruelle dans Corte en Corse

     

    Mais le charme de Corte est ailleurs : dans le quartier qui dévale de la citadelle. Des maisons hautes qui semblent chercher la lumière, des rues pentues pavées de galets, des jardins au milieu de la ville, et ce sentiment que le temps s’est arrêté. Quelques édifices conservent dans leurs murs les signes de l’Histoire et parfois de la rébellion. La façade de la maison Gaffory, sur la place éponyme, est criblée d’impacts de balles rappelant les attaques commises contre son propriétaire, chef de la révolution insulaire à partir de 1745 et assassiné par les Génois en 1753. Juste au-dessus, le Palais national, monumentale bâtisse carrée au toit en lauze, accueillit le siège du gouvernement et du parlement de la Corse indépendante de Paoli. C’est aussi ici que l’homme fort de l’Île installa en 1765 l’université de Corse. Fermée quatre ans plus tard, après la défaite des patriotes corses à Ponte Novo, elle ne rouvrit qu’en 1981. Aujourd’hui, de septembre à juin, environ 4 700 étudiants (près des deux tiers de la population de la ville) insufflent un vent de jeunesse dans les rues de la ville basse de Corte, écrivant une nouvelle page de l’Histoire.

     

     

    Le cachet glaciaire des lacs d'altitude du Cortenais

     

    Lac de Mélo en Corse

     

    Au sud-ouest de Corte, la route bardée de grands pins qui emprunte les étroites gorges de la Restonica débouche sur une vallée d’altitude, point de départ d’une randonnée vers quelques-uns des plus beaux lacs de montagne corses. C’est le terrain de jeu d’Antoine Orsini, hydrobiologiste et enseignant à l’université de Corte qui nous accompagne au cœur de ce massif de granite. « Nous sommes dans une vallée en U creusée par les glaciers », explique l’expert alors que nous commençons notre marche depuis les bergeries de Grotelle, à 1 370 m.

     

     

     

    Sur les dalles et les rochers de granite qui ponctuent la montée, il désigne les surfaces polies et les stries en forme de coup de cuillère qui témoignent du travail d’érosion des glaciers. « Plus bas, dans les gorges, là où la fonte des glaces s’est arrêtée, la vallée adopte une forme en V typique d’un creusement par la rivière », poursuit-il.

     

     

    Cette rivière, c’est le torrent de la Restonica, alimenté par les lacs de Melo et Capitello, le fil d’Ariane de notre ascension. Des genêts piquants et des genévriers rampants ondulent au sol tandis que les pampilles rouges des sorbiers des oiseleurs distillent leurs notes colorées dans le paysage. Quelques vaches se promènent encore sur ces pâturages d’été. « Les lacs se sont formés avec le retrait des dernières glaces, il y a 10000 ans, éclaire notre spécialiste. La plupart des lacs corses sont nés du surcreusement des glaciers au moment où ils rencontrent une roche plus dure. » 

     

    Le lac de Mélo en Corse

     

    C’est le cas de Melo que l’on découvre après avoir franchi une barre de granite, à 1711 m. Enchâssé dans la montagne, il scintille des reflets verts des arbustes qui dévalent des pentes. « Les lacs se comblent à cause du gravier et du sable charriés par la pluie et la fonte des neiges, commente Antoine Orsini. 

    Lac de Nino dans la vallée de Restonica en Corse

     

    L’évaporation provoquée par le changement climatique accentue le phénomène. Des bancs finissent par émerger au bord des lacs, colonisés par la végétation. Ce sont les pozzines. » Sur la rive droite du lac, nous observons ces pelouses de velours vert, imbibées d’eau et criblées d’aulnes odorants.

     

     

    Capitello, un lac de glace

     

    La lac de Capitello en Corse

     

    Le sentier vers le lac de Capitello grimpe avec hardiesse parmi les rochers, à flanc de montagne. Suspendu entre les aiguilles de granite, le plus profond des lacs corses (42 m) brille sous le soleil. « À près de 2000 m, Capitello est gelé plus de la moitié de l’année. En hiver, pour mener nos études, on y pratique la plongée sous-glace», sourit Antoine Orsini. Il a, par exemple, constaté la disparition de la truite dans les deux lacs, suite à l’introduction du saumon de fontaine. C’est toutefois la surfréquentation qui l’inquiète le plus. « Les visiteurs piétinent les pozzines qui ont l’avantage de garder l’eau. » Certaines pelouses sont désormais protégées par des exclos et, en 2017, le massif du Monte Rotondo a été classé réserve naturelle. « La topographie, l’élévation et l’ancienne présence de glaciers font du Cortenais la région corse la plus riche en lacs d’altitude », conclut l’expert. Les sommets environnants sont mouchetés de ces miroirs d’eau : Bellebone, incrusté entre les pentes arides du Monte Rotondo; Creno, cerclé de pins laricio et tapissé de nénuphars ; Nino, souverain, avec ses vastes pozzines et ses chevaux sauvages...

     

     

    L'appel de la forêt corse

     

    La forêt de Verghellu en Corse

     

    Dans le centre de la Corse, entre les villages de Vivario et Venaco, l’épaisse forêt du Verghellu exhale une haleine fraîche, chargée d’humus. Antoine Paolacci, agent forestier à l’Office national des forêts (ONF) en charge du secteur, fait les présentations. « Celui-ci, c’est le pin laricio, explique-t-il en désignant le tronc grisâtre d’un conifère longiligne. Un bois noble, avec un fût solide et bien cylindrique, peu de branches, une belle rectitude...

     

    Futaie de pins laricio

     

    Ce n’est pas pour rien qu’on l’utilisait dans le passé comme mât de navire. » Ce pin noir endémique de Corse peut atteindre jusqu’à 50 mètres de haut et affectionne, au-delà du royaume du chêne vert, l’étage de la forêt situé entre 800 et 1500 m. Le pin maritime, que le néophyte peut confondre avec le pin laricio, se distingue, lui, par son tronc cuivré, ses pommes plus grosses et son terrain d’épanouissement qui ne dépasse pas les 800 m. 

     

     

    Plaisir de l'eau vive dans la vallée de Gravona

     

    Canyon dans la vallée de Gravona

     

    Le col de Vizzavona marque la frontière entre la Haute-Corse et la Corse-du- Sud. Au sud-est du col, dans la vallée de la Gravona, le village de Bocognano est cerné de sommets. Le plus célèbre bandit d’honneur corse du XIXe siècle, Antoine Bonelli dit Bellacoscia, en est originaire. Pendant près de quarante ans, il se plan- quera dans le maquis des alentours, sans être repéré. La place principale du village offre une vue panoramique sur les pics granitiques qui émaillent la barrière montagneuse nord de la haute vallée : Punta Laccione (1 982 m), Punta Miglia- rello (2 254 m), Monte d’Oro (2 389 m)... Sur les pentes de ce massif, le ruisseau Cardiccia a façonné des gorges étroites idéales pour la pratique d’un canyoning ludique et accessible. C’est dans ce canyon de la Richiusa que nous sommes venus goûter à cette activité en eau vive.

     

     

    Une claque au creux des gorges

    Canyoning dans le Cortenais

     

    La marche d’approche le long de la rivière parmi les aulnes et les frênes, puis sur les pentes abruptes brûlées par le soleil, échauffe les jambes. C’est l’occasion aussi de contempler le cirque rocheux qui domine le canyon. Sur ces hauteurs, un névé servait autrefois de glacière aux Ajacciens avant de modeler chaque année le canyon par sa fonte. Après quarante-cinq minutes de marche, nous descendons vers la rivière au creux des gorges. Derrière un rideau d’aulnes, l’eau cristalline et fraîche à point (environ 13 °C) marque une pause avant de franchir une série d’obstacles. C’est ici que l’on s’équipe, sur les rochers ronds à moitié immergés, d’une combinaison, de chaussures crantées, d’un casque et d’un baudrier. Départ en fanfare avec un long toboggan qui nous propulse dans l’eau. Une claque revigorante. Nous voici dans une des premières vasques du parcours, surplombée de murailles rocheuses. Frédéric Fresi, notre guide accompagnateur en moyenne montagne, nous invite à les escalader pour sauter, juste pour le plaisir, de quatre, cinq ou six mètres...

     

    Une beauté à couper le souffle

     

    Canyon dans la vallée de Gravona

     

    Plus loin, l’adrénaline monte lors de la descente en rappel d’une paroi verticale où l’eau cascade sur près de 14 mètres. Puis ce sont quelques sauts dans le vide, précédés d’une bonne impulsion pour atteindre une piscine naturelle invisible du point de départ. Partout, la beauté du site interpelle. Dans ces vasques de pierre ciselées par l’eau ou entre des falaises hautes de 30 m, où le ciel n’est plus qu’une bande bleue zébrée par les branches des arbres. Les éléments deviennent sensibles : roche polie que l’on effleure des doigts ou douche froide du torrent dans un goulet. Après 1 h 30 du torrent de descente active, nous atteignons la fin du canyon. Il s’ouvre sur une rive ombragée d’arbustes, précieux lieu de baignade. Bientôt, le torrent se jette dans la Gravona. Une cinquantaine de kilomètres plus au sud, elle finit sagement sa course dans le golfe d’Ajaccio, dans une zone humide prisée des oiseaux. Un trait d’union entre la montagne et la mer.

     

    Nature en Images - 4:  La montagne corse : un itinéraire à couper le souffle

     

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