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    L'Île de la Barthelasse, une des

    destinations originales de 2018

     

     

    Par Vincent Noyeux
     
    source : Détours en France n°189
     
     

    L'île de la Barthelasse est la plus grande île fluviale d’Europe. C’est l'un des quartiers d'Avignon, son poumon vert. De l’autre côté du célèbre pont d’Avignon sur le Rhône. L'île de la Barthelasse est une zone inondable qui n’en reste pas moins un territoire très prisé des promeneurs, des agriculteurs… et de quelques espèces animales ravies d’y trouver un environnement naturel préservé.

     

     

    Le pont Saint-Bénézet
     
     
    Depuis l'île de la Barthelasse, le pont Saint-Bénézet datant du XIIe siècle.

    L'histoire de l'île de la Barthelasse

    L'île de la Barthelasse résulte de la soudure progressive d'un chapelet d'île rhodaniennes dont l'île Piot qui forme la pointe de l'île au Sud et qui a conservé son nom. Un lac est toujours présent au Nord de l'île, il s'agit du lac du Parc des libertés. 700 hectares composent l'île, dont 400 cultivables. Ne manquez donc pas de vous balader à pied en suivant les sentiers de randonnée pour découvrir les fermes et espaces naturels. Ne manquez pas non plus le château de la Bartelasse, construit au XVIe siècle par Jean de Fogasses dans le but de marquer la limite du Royaume de France avec les Etats du Pape.

     

    Vers l'île de la Barthelasse

    Départ du circuit en empruntant le pont Édouard-Daladier, ou plus amusant, par la navette fluviale gratuite. Une fois sur l'ile, vous apercevrez des rangées de choux, des tomates zébrées sous l’oeil du rocher des Doms, des courges tarabiscotées sur fond de palais des Papes. La ferme La Reboule offre à ses fruits et légumes le plus beau décor qui soit ! Voilà plus de huit ans que les trois frères Cappeau vendent à la ferme le produit de leur labeur.

     

    Ferme La Reboule
     
     
    Ferme La Reboule des freres Cappeau 

    Les caprices du Rhône sur la Bathelasse

    La ferme est entre les mains de la même famille depuis 1911. « Autrefois on ne cultivait guère que du raisin sur l’île de la Barthelasse, car la vigne résiste très bien aux excès d’eau. Depuis les années 1980, on y cultive essentiellement des fruits : pommes, poires, pêches, abricots, prunes…Mais les crues se sont succédées dans les années 1990, et celle, centenaire, de 2003 a tout inondé. Il y avait un mètre d’eau au-dessus de votre tête ! », se souvient Numa Cappeau, la trentaine dynamique. Les flots calmés, la famille Cappeau a donc arraché ses arbres fruitiers et s’est tournée vers le maraîchage.

    Sur la Barthelasse, on a appris à accepter les caprices du puissant Rhône. « Les 1200 habitants de l’île ne se fréquentent pas tant que ça, car nous sommes répartis sur 700 hectares, mais en cas d’inondation, tout le monde se serre les coudes et s’entraide. » L’île compte une mairie, une école, un coiffeur et deux restaurants. La promenade plantée face au palais des Papes ne dit rien des paysages de l’intérieur des terres, succession de vergers et de vignes délimités par des haies de peupliers ou de roseaux.

     

    Martinpêcheur
     
     
    Le très joli, et vorace, martinpêcheur apprécie les berges boisées de l'Islon de la Barthelasse.

    Une ferme atypique sur l'île de la Barthelasse

    De loin en loin, une ferme ou une maison. Celle de Rinske et Loïc, dans le nord de l’île, est des plus atypique. On y élève des volailles sous les poiriers, des porcs de Bayeux, des canards et des moutons Hampshire, on y cultive de l’orge pour la fabrication de la bière maison, des courges, du maïs, des tournesols, on y ouvre un brunch le dimanche… « Le sol ici est exceptionnel grâce aux alluvions apportées par le fleuve. C’est une terre sableuse, sans caillou, riche en minéraux », explique Loïc. Une terre sauvage, malgré l’emprise agricole : « L’autre jour, j’ai vu le tronc d’un de mes poiriers taillé comme un crayon. Les castors… »

     

    La ferme La Reboule
     
     
    Dans leur superbe ferme La Reboule, les frères Cappeau, agriculteurs sur l'île de la Barthelasse, se sont spécialisés dans les légumes anciens et les cucurbitacées.

    Un biotope préservé sur la Barthelasse

    Les castors sont aussi visibles (avec beaucoup de patience) sur l’Islon de la Barthelasse, mince virgule de terre située entre le bras occidental du Rhône (côté Villeneuve-lès-Avignon) et le canal d’amenée d’un des deux barrages hydroélectriques exploités par la Compagnie nationale du Rhône (CNR) sur la Barthelasse. Cet écrin de nature de 23 hectares, classé pour son biotope, est l’une des seules forêts alluviales du bas Rhône.

    Son accès est autorisé, mais l’inextricable végétation qui y pousse en fait une zone difficile d’accès. Peupliers blancs et saules colonisent les berges de l’îlot, servant de perchoirs aux hérons cendrés, aux martins-pêcheurs ou aux tortues cistudes. De puissants chênes se dressent dans les terres, sur un sol tapissé de lierre et de bois morts où nichent pics et chauves souris. Chèvrefeuille, clématite et vigne poussent en longues lianes : un décor de jungle. Même ambiance tropicale dans une lône paisible, à deux coudées du Rhône.

     

    Ile de la Barthelasse
     
     

    L'île de la Barthelasse, presque intouchée

    Tandis que le fleuve charrie les bois morts amenés lors d’un épisode cévenol, tout ici n’est que calme et exotisme : les herbiers du Rhône font d’étranges nénuphars, les jussies invasives des tapis amazoniens où s’ébattent les carpes et où s’égosillent les batraciens. Dans le secret des roselières cohabitent hérons, bécassines et échassiers. On s’attendrait presque à voir surgir un alligator… Grands amateurs de saules et de peupliers au bois tendre, les castors sont présents tout au long du Rhône, et la loutre peut aussi être observée. Tout cela près d’un camping, d’exploitations agricoles, d’un barrage hydroélectrique et d’une ville !

     

    Le rapport avec le pont d'Avignon

    Le bras oriental du Rhône, qui enserre l’île de la Barthelasse du côté d'Avignon, est moins sauvage mais tout aussi agréable. Autrefois, les Avignonnais y dansaient dans les guinguettes – c’est ainsi qu’il faut d’ailleurs comprendre la célèbre chanson : « Sous le pont d’Avignon (et non « sur »), on y danse… »Aujourd’hui, ils ont pris l’habitude de flâner le long de la promenade Antoine-Pinay, ancien chemin de halage face au pont écroulé. On peut aussi y louer des canoës pour admirer la ripisylve plus en amont.Sur l’eau, on a de bonnes chances de croiser un aviron de la Société nautique d’Avignon. C’est là que s’est formé le rameur Jérémie Azou, champion du monde 2015. Un autre sujet de fierté de la Barthelasse...

     

    Islon de la Barthelasse
     
     
    La végétation inextricable de l'Islon de la Barthelasse assure la tranquillité de la faune locale.

     

    Nature en Images 3:  L'Île de la Barthelasse, une des destinations originales de 2018

     

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    Dormir au pays des loups

     

    Un loup dans un enclos d'Aventuraid... (Photo Guillaume Roy, collaboration spéciale)

     

    Un loup dans un enclos d'Aventuraid

    PHOTO GUILLAUME ROY, COLLABORATION SPÉCIALE

     
    GUILLAUME ROY

    Collaboration spéciale

    La Presse
     

    (GIRARDVILLE) Passer la nuit entouré de 40 loups peut paraître une aventure terrifiante. Au parc Mahikan à Girardville, au Lac-Saint-Jean, la présence de loups en semi-liberté offre une occasion unique de vivre au rythme de ce canidé qui suscite  effroi et passion.

     


    Nature en Images 3:  Dormir au pays des loups

     

    Le chalet À l'affût, un écolodge bâti sur pilotis surplombant les enclos des loups gris et des loups arctiques

    PHOTO GUILLAUME ROY, COLLABORATION SPÉCIALE

     


    Nature en Images 3:  Dormir au pays des loups

    Rencontre avec un loup dans un enclos d'Aventuraid

    PHOTO GUILLAUME ROY, COLLABORATION SPÉCIALE

     

    Envie de vous faire bercer par le hurlement des loups ? Mettez le cap sur Girardville, au nord du lac Saint-Jean, où l'on retrouve un des plus gros parcs de loups de la planète.

    Après une journée de randonnée, nous arrivons enfin à notre campement. Le soleil est couché depuis près de deux heures, mais la lumière de la pleine lune, qui se reflète sur la neige, nous éclaire amplement pour déceler le chemin à suivre.

    Tout à coup, un craquement de branche se fait entendre dans la forêt. En y regardant de plus près, on aperçoit des lueurs étincelantes qui apparaissent brièvement avant de s'évaporer dans la noirceur. Un hurlement lointain se fait entendre et un premier loup sort de la pénombre en montrant ses crocs bien acérés, prêt à bondir. Puis un deuxième et un troisième, jusqu'à ce que la meute d'une douzaine de loups se trouve à quelques mètres de nous.

     

    Un mélange de peur, d'adrénaline et d'admiration nous frappe... mais heureusement, on se trouve derrière le grillage qui nous sépare d'une des trois meutes de loups du parc Mahikan.

    Et non seulement on peut admirer les 40 loups qui s'y trouvent, mais on peut aussi y passer la nuit pour mieux s'imprégner de leur présence et pour tenter de mieux comprendre leur comportement.

    Tente prospecteur, yourte, chalet en bois en forme de tente font partie des options d'hébergement insolites pour dormir au centre des trois enclos. Pour observer les canidés bien au chaud, le camp de base idéal demeure le chalet À l'affût, un écolodge bâti sur pilotis surplombant les enclos des loups gris et des loups arctiques.

    Dormir avec les loups, ça veut aussi dire se faire bercer par les hurlements au moment de s'endormir... et à des moments aléatoires pendant la nuit. Certains loups ont même décidé de venir dormir à proximité du chalet, ce qui ajoute à l'ambiance.

     

    LE PARC MAHIKAN

    C'est Gilles Granal, propriétaire d'Aventuraid, une entreprise qui offre des séjours de longue durée en traîneau à chiens et en canot, qui a eu l'idée d'ouvrir un parc à loups il y a maintenant 14 ans. « C'est une extension naturelle de notre entreprise de chiens de traîneau », lance le Marseillais d'origine, qui a été charmé par le territoire québécois après avoir fait plusieurs séjours en canot sur les rivières de la province.

    En 1994, il décide de s'établir en forêt, à Girardville, avec sa femme, Marie-Christine Debail, pour créer une entreprise à leur image sur un territoire qui offre des occasions uniques. C'est d'ailleurs la position géographique, à la frontière de la civilisation, loin des grands centres, qui leur a permis de bâtir un des plus grands parcs à loups de la planète. « On a commencé avec un loup et on a grandi tranquillement parce que c'était possible de le faire ici, explique le professeur d'éducation physique de formation. C'est le seul parc où l'on retrouve autant de loups, autant d'espace et si peu de personnes qui le visitent. » Chaque année, à peine quelques centaines de personnes visitent le parc où chaque meute occupe un enclos d'environ 2,5 hectares (3,5 terrains de football américain).

    Il n'est pas nécessaire de dormir sur place pour passer du temps avec les loups, car il est possible de faire une visite du parc, guidée ou non, en parcourant les sentiers qui encerclent les trois enclos de loups.

    La présence d'un guide-accompagnateur permet toutefois de mieux comprendre le comportement des loups sans se borner à des généralités. « Les loups sont souvent adulés ou carrément détestés, lance Elsa Meier, guide pour Aventuraid. Chaque meute a un comportement différent selon le leader en place et les relations évoluent parfois très rapidement. » Certaines meutes sont plus prudentes, d'autres sont agressives et d'autres sociales. Nul besoin de généraliser, ces animaux sont plutôt un reflet de la complexité des interactions d'une espèce sociale... qui nous ressemblent parfois beaucoup plus qu'il n'y paraît.

     

    35 tonnes

    Quantité de viande nécessaire pour nourrir les 40 loups et les 72 chiens de traîneau d'Aventuraid.

     

    Nature en Images 3:  Dormir au pays des loups

     

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    9 Photos d’orage à voir absolument !

     

    Les orages sont très souvent spectaculaire, mais pas que pour le bruit ou encore les dégâts qu’ils peuvent causer.

    Les orages, ou en tout cas les photos d’orages, prise au bon moment peuvent être vraiment sublime.

    Et ce que l’on va tenter de démontrer sur Infolites avec une sélection de 9 photos d’orages insolites qui laissent vraiment sans voix !

     

     

    Un éclair au dessus du Gran Canyon

     

     

    Des éclairs au dessus de la mer

    Multiples éclairs sur la mer

     

     

    Un orage supercellulaire au-dessus du Texas

    Orage supercellulaire

     

    L’orage de Catatumbo au Venezuela !

    L’orage de Catatumbo

     

    La statue de la liberté frappé par un éclair !

    Statue de la Liberté touchée par la foudre

     

    Une tempête dans le Nebraska !

    Tempête au Nebraska

     

     

    Des éclairs au Gran Canyon une nouvelle fois !

    Eclairs au-dessus du Grand Canyon

     

     

    Un orage Volcanique

    Afficher l'image d'origine

     

     

    Un orage en approche au-dessus d’une université.

    Nature en Images 3:  9 Photos d’orage à voir absolument !

     

    Nature en Images 3:  9 Photos d’orage à voir absolument !

     

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    Désert du Thar: chameaux, chaleur

    et chaï

     

    Au coeur du Thar, contrée aride du nord-ouest... (PHOTO SYLVAIN SARRAZIN, LA PRESSE)

     

    Au coeur du Thar, contrée aride du nord-ouest de l'Inde, de drôles de rencontres vous guettent : géants de métal, tapis de sable, diamants nocturnes...

    PHOTO SYLVAIN SARRAZIN, LA PRESSE



    SYLVAIN SARRAZIN
    La Presse
     
     

    (JAISALMER) Au coeur du Thar, contrée aride du nord-ouest de l'Inde, de drôles de rencontres vous guettent : géants de métal, tapis de sable, diamants nocturnes... Autant de rêveries à découvrir à dos de chameau, en compagnie d'un guide local.

     

    Nature en Images 3:  Désert du Thar: chameaux, chaleur et chaï


    Au coeur du Thar, pas question de monter sur les bêtes avant d'avoir accompli le rituel du chaï matinal.

    PHOTO SYLVAIN SARRAZIN, LA PRESSE

     

     

    Nature en Images 3:  Désert du Thar: chameaux, chaleur et chaï


    Excursion dans le désert du Thar à dos de chameau, au Rajasthan, en Inde. 

     

    PHOTO SYLVAIN SARRAZIN, LA PRESSE

    Aux aurores s'est produit une sorte de mirage. Semblant surgir du soleil naissant, trois silhouettes noires se profilent à l'horizon : un homme, flanqué de deux chameaux, avance langoureusement dans notre direction. Où sommes-nous, au juste ? Pas tout à fait au milieu de nulle part, mais plutôt au milieu du désert indien du Thar, à quelques kilomètres du Pakistan. Une jeep partie de la ville fortifiée de Jaisalmer nous y avait déposé, dans un silence matinal frisquet, peu auparavant.

    Parvenu à notre hauteur, Punja, un guide natif de l'un des hameaux du désert, nous présente Papou et Lalou, nos placides montures pour les deux jours à venir. Mais pas question de monter sur les bêtes avant d'avoir accompli le rituel du chaï matinal. 

    Le guide allume un feu, jongle avec les épices et en tire un thé des plus succulents, parfaite mise en bouche avant notre conquête du désert.

     

    Sitôt en selle, les fantasmes de vallons sahariens s'évanouissent : ces tapis de sable indiens s'avèrent infiniment plats. 

    « Les dunes représentent seulement une petite zone du Thar. On y passera la nuit », annonce Punja, tout en aiguillant nos chameaux dociles. À défaut de monticules, les lieux arborent diverses nuances ocre et rougeâtres, rehaussées par des rayons solaires toujours plus étouffants. À grandes gorgées, nous engloutissons des litres d'eau à la chaîne, emmitouflés dans nos vêtements protecteurs. La soif gagne également les bêtes qui, parvenues à une rigole formée par une récente averse, blatèrent et se désaltèrent.

     

    DON QUICHOTTE INDIENS

    Pour les aventuriers en quête de terres totalement vierges, le Thar est un lieu... à déconseiller. Il est non seulement émaillé de nombreux villages, mais il exhibe surtout une ribambelle d'éoliennes, dressées aux quatre coins du désert. Quand le soleil cognera trop dur, hallucinerons-nous tout comme Don Quichotte - lui qui partit à cheval combattre des moulins, croyant voir des géants ? Quoi qu'il en soit, ces ventilateurs cyclopéens ne semblent pas rafraîchir l'atmosphère.

    Heureusement, peu avant midi, nous atteignons un secteur où la végétation a supplanté l'aridité, idéal pour se réfugier à l'ombre d'un kair - arbre désertique dont les branches épineuses font le régal de Papou et Lalou. « On utilise les baies et les feuilles pour préparer des currys, c'est une spécialité du Rajasthan », précise Punja, en mitonnant de savoureux thalis pour le déjeuner, tout en tâchant de garder à distance un troupeau de moutons qui passait par là, alléché par ces odeurs épicées.

     

    SOUPER SUR LE THAR

    Après une sieste torride, notre convoi commence à serpenter entre les dunes tant attendues, tandis que le soleil, au soulagement général, décline derrière l'une d'elles. Des monstres, eux, s'éveillent : de massifs scarabées noirs s'invitent sur nos serviettes, aussitôt le campement monté.

    Désormais libres, les chameaux préfèrent prendre la poudre d'escampette. « Où sont Papou et Lalou ? », s'inquiète-t-on. Punja, avec un geste évasif de la main, badine : « Wof, là-bas, ils sont passés au Pakistan... » En effet, la frontière n'est plus qu'à quelques kilomètres de notre campement.

    Quant à notre chambre, nul besoin de la chercher, nous la foulons depuis la matinée ; nous dormirons à la belle étoile, sur des lits pliables, munis d'épaisses couvertures. 

    Au ciel scintillent une myriade de diamants, conjugués au halo et aux échos d'un village à la fête, au loin. Décidément, le Thar, vivant à tout instant, aime se coucher tard.

    Mais peu à peu, le désert impose son silence glacial, qui s'étirera jusqu'aux premières gorgées du savoureux chaï, servi à l'aube. Et sous ce soleil encore timide qui ne tardera pas à devenir ardent, une fois en selle sur nos chameaux, on se demande quels autres mirages nous attendent sur le retour.

     

    EN BREF

    RÉSERVER SON EXCURSION

    Les agences affluent et les prix fluctuent, généralement entre 2000 et 2500 roupies (de 40 à 50 $) pour deux jours et une nuit dans le désert. Se méfier des tarifs trop bas, pour lesquels on a sabré les denrées, y compris l'eau, pourtant indispensable. Les tours peuvent être réservés à Bikaner ou à Jaisalmer. Dans le second cas, nous recommandons l'agence Trotters Independant Travels, qui fournit eau à volonté et repas copieux, et fait appel à des guides issus des villages du désert.

    JUSQU'À TROIS SEMAINES

    L'excursion peut s'étirer d'une demi-journée à trois semaines. La traversée typique consiste à rejoindre la ville de Bikaner, à quelque 300 km de Jaisalmer. Ces longues excursions sont déconseillées aux néophytes, dont le postérieur souffrira dès les premiers jours.

     

    SE PRÉPARER

     

    Pour éviter que l'excursion ne vire à la galère, prévoir : 

    • des vêtements légers, mais couvrants ;

    • des lunettes de soleil ;

    • un couvre-chef ;

    • un châle pour se couvrir nuque et visage ;

    • une couverture à glisser sur la selle pour minimiser les frottements.

     

    Nature en Images 3:  Désert du Thar: chameaux, chaleur et chaï

     

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    Parc national des Îles-de-la-Baie-

    Georgienne: une île à soi

     

    Nature en Images 3:  Parc national des Îles-de-la-Baie-Georgienne: une île à soi

    Les paysages du parc national des Îles-de-la-Baie-Georgienne invitent au calme et au recueillement.

    PHOTO VIOLAINE BALLIVY, LA PRESSE

     
     
     
     

    Le Québec a la rivière des Mille Îles. L'Ontario a la baie aux 30 000 îles, la baie Georgienne, si belle que ses paysages ont inspiré l'un des groupes de peintres les plus mythiques du pays. Pour conclure notre série sur les parcs nationaux du Canada, nous vous convions à un périple en territoire d'exception: le parc national des Îles-de-la-Baie-Georgienne.

     

    Terre de légendes

    C'est une terre chargée d'histoire. Une terre épargnée par le passage des voitures. Une île que les Britanniques auront échoué à baptiser d'un nom anglais. Une île qui s'offre tout entière à visiter: bienvenue dans l'île Beausoleil du parc national des Îles-de-la-Baie-Georgienne.

     

    Île Beausoleil, Ontario 

    Bateau

    Le vent souffle fort. Des vagues claquent sur la coque du Day Tripper en faisant un bruit sourd, peu à peu couvert par celui du moteur qui accélère doucement pour vaincre la houle. Le voyage dans le parc national des Îles-de-la-Baie-Georgienne commence bien avant d'y mettre les pieds, au quai de Honey Harbour où l'on prendra un bateau jusqu'à l'île Beausoleil, qui accapare l'essentiel du territoire du parc; une île où il n'y a donc pas de voitures, seulement des vélos et quelques véhicules électriques pour l'entretien des installations. Y aller, c'est avoir une île entière toute à soi, presque coupée du reste du monde, et c'est un peu magique.

    Cimetière

    L'île Beausoleil n'héberge pas qu'un parc national: c'est aussi un site historique où l'on a retrouvé des traces d'occupation humaine remontant à plus de 5000 ans. Les Anishinaabeg venaient s'abriter ici pendant les jours de tempête, puis ils s'y sont établis de façon plus saisonnière et, enfin, permanente quand sera créée ici l'une des premières réserves autochtones du pays. Avec peu de succès, car l'île est aussi belle que peu fertile, sablonneuse au sud, granitique au nord. Les Autochtones viendront tout de même enterrer leurs morts longtemps après avoir quitté l'île. Leur cimetière est désormais protégé et le souvenir de leur passage, préservé.

    Plages

    Les temps changent dans la baie Georgienne. Si, il y a quatre ans, on y allait pour ses plages de sable fin et que les écologistes s'inquiétaient de la baisse du niveau de l'eau, la situation s'est complètement renversée depuis 2015. Le niveau de l'eau est plus haut que jamais, et plusieurs plages ont fondu comme neige au soleil, ne laissant aux vacanciers qu'une mince bande propice aux concours de châteaux de sable. Les jours de grand vent - comme lors de notre passage -, l'eau gagne encore plus de terrain, et les bateaux doivent accoster à un autre quai. «C'est un cycle naturel», explique Jacques Brunet, guide au parc. Dommage? Oui, si on est mordu de plages. Mais pour lézarder au soleil, on aime tout autant les grands rochers plats du nord de l'île.

     

    Nature en Images 3:  Parc national des Îles-de-la-Baie-Georgienne: une île à soi

     

    PHOTO FLICKR

    Beausoleil

    Quand le soleil s'est levé à 6 h sur la baie Georgienne, teintant d'or et de rose tout ce qu'il embrasait sur son passage, on n'a pu que conclure que cette île, Beausoleil, était drôlement bien baptisée. Même si son nom n'a rien à voir avec l'astre et qu'il témoigne plutôt du passage marquant des colons français dans la région. En 1819 habitait sur la pointe sud de l'île un certain Louis Beausoleil, trappeur connu de tous, si bien qu'on disait à l'époque: «C'est l'île à Beausoleil.» Les Anglais ont bien essayé d'en changer le nom pour honorer la couronne britannique. En vain. La population n'a jamais accepté, et Beausoleil a eu le dessus.

    Homme

    L'idée de créer un parc dans la baie Georgienne a germé à la fin du XIXe siècle, pour contrer la privatisation galopante des îles et s'assurer d'y conserver un accès public. Le parc national des Îles-de-la-Baie-Georgienne en compte 63, dont la plus grande est, de loin, l'île Beausoleil, longue de 8 km. C'est l'un des plus petits parcs du réseau, mais sa diversité est impressionnante: en moins de temps qu'il n'en faut pour aller de Montréal à Laval, on passe d'une forêt boréale mature à un paysage typique du bouclier canadien: caps de granit, lichens argentés et ces fameux pins blancs balayés par les vents, tant aimés des peintres pour leur allure à la fois si forte et si fragile. La portion nord de l'île est d'une beauté exceptionnelle.

    Légendes

    Regardez la forme de l'île Beausoleil: avec un peu d'imagination, et des yeux d'enfant, on découvrira que sa silhouette ressemble beaucoup à celle d'un lézard géant. Une légende autochtone veut que cette terre soit en fait la dépouille d'un méchant monstre, tué lors d'un duel avec l'un des dieux protecteurs des Anishinaabeg après qu'il eut tenté d'enlever une enfant chérie de la nation. La région regorge de ce genre de contes autochtones qu'il faut absolument prendre la peine de découvrir, ici, partie de notre histoire peu connue, souvent oubliée. Des panneaux explicatifs se chargent d'en garder vivant le souvenir, tout le long des sentiers de randonnée. Celui menant à Fairy Lake, où le duel de géants aurait eu lieu, est d'ailleurs l'un des plus beaux de l'île.

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    Une partie des frais d'hébergement de ce reportage a été payée par Parcs Canada.

     

    Nature en Images 3:  Parc national des Îles-de-la-Baie-Georgienne: une île à soi


    PHOTO VIOLAINE BALLIVY, LA PRESSE

     

    Planifier sa visite

    Le parc national des Îles-de-la-Baie-Georgienne est parmi les moins vastes des parcs canadiens et reçoit moins de 40 000 visiteurs chaque année. Il a pourtant plus d'un atout pour justifier une visite. Voici comment bien la planifier.

    Dormir

    La mode du «prêt-à-camper» n'a pas épargné ce parc national, qui propose désormais plusieurs variations sur ce thème, incluant une dizaine de jolis chalets avec eau courante et électricité où il suffit d'emporter sa literie (réservez dès le mois de mars!). Plusieurs installations du parc ont aussi profité d'une cure de jouvence ces dernières années, dont les blocs sanitaires. Une centaine d'emplacements sont aussi proposés aux adeptes de camping sauvage.

    Y aller

    Quelque 600 km séparent Montréal de Honey Harbour: on ira pour quelques jours au moins, pourquoi pas en jumelant la destination avec une escapade à Toronto ou à Port Severn? Prévoyez de dormir la veille dans la bourgade de Midland, à une trentaine de minutes de voiture, pour attraper le bateau qui vous mènera dans l'île en matinée.

    Manger

    Cela surprend, mais il n'y a aucun point de ravitaillement dans le parc national, à l'exception d'une machine à café dans le bureau d'accueil. Il faut donc prévoir toute la nourriture pour le séjour, pour ne pas être pris au dépourvu. Pensez à faire des provisions dans les supermarchés de Midland et à l'excellente boulangerie-traiteur Ciboulette et cie. L'offre est beaucoup plus limitée à Honey Harbour.

    http://www.cibouletteetcie.ca

    À faire

    On peut louer des vélos de montagne dans le parc pour explorer l'île plus rapidement - ou encore emporter les siens si l'on vient avec un bateau-taxi (comptez 60 $ par trajet, pour un maximum de 6 à 8 passagers). On y trouvera aussi son bonheur pour de courtes randonnées, sans grandes difficultés, idéales pour les familles avec de jeunes enfants.

    Faune

    Des ours circulent parfois dans l'île, même s'ils n'y demeurent pas en permanence. «On en voit toutes les deux semaines environ, observe Jacques Brunet. Il ne faut pas en avoir peur, et rester calme.» Les probabilités sont nettement plus élevées de croiser un serpent à sonnette (on a vu notre premier moins de trois heures après avoir mis les pieds dans l'île!), mais les risques de morsure sont faibles, et on ne recense que deux décès depuis les 50 dernières années chez des victimes qui n'avaient pas reçu les soins nécessaires.

     

    Nature en Images 3:  Parc national des Îles-de-la-Baie-Georgienne: une île à soi


    The Jack Pine (1916-1917), du peintre canadien Tom Thomson dont l'oeuvre a inspiré le Groupe des sept.

    PHOTO MUSÉE DES BEAUX-ARTS DU CANADA, IMAGE TIRÉE DE WIKIMEDIA COMMONS

     

    Le Groupe des sept

    La baie Georgienne fait partie de ces lieux si beaux, si magnifiques, qu'elle a inspiré l'un des groupes de peintres les plus marquants de l'histoire canadienne: le Groupe des sept.

    Moins connu au Québec qu'au Canada anglais, ce groupe est devenu célèbre au tout début du XXe siècle pour ses représentations des paysages du nord de l'Ontario, magnifiant le Bouclier canadien, les lacs immenses et les forêts boréales parées d'orange à l'automne.

    «À cette époque, on est encore en train de construire l'identité canadienne, le pays n'a pas 50 ans! Ces peintres cherchent ce qui distingue le Canada et se penchent sur la proximité avec le territoire, s'immergent dans la nature», explique Louise Vigneault, professeure d'histoire de l'art à l'Université de Montréal qui a consacré un livre* à l'un des membres officieux du groupe (Tom Thomson, mort avant sa création officielle).

    Ils peignent alors une nature vierge, dénuée de présence humaine, moins réaliste et plus stylisée que ne le faisaient leurs prédécesseurs, avec des couleurs vives et épaisses.

    «Ce sont eux qui ont donné la première image d'un art moderne à la fois crédible et particulier», note Louise Vigneault.

    Le Groupe des sept n'a jamais officiellement séjourné dans le parc national des Îles-de-la-Baie-Georgienne. «Mais on sait qu'ils allaient dans un chalet situé à 3 km au nord de l'île Beausoleil, note Jacques Brunet, guide dans ce parc. Les paysages qu'ils ont vus là-bas sont les mêmes qu'ici.» Dans la portion nord du parc, on reconnaît de fait les mêmes pins blancs inclinés, balayés par le vent, que Tom Thomson peignait avec tant de brio, ou encore ceux de Frederick Horsman (Fred H.) Varley, dont l'une des toiles est exposée au bureau d'accueil du parc.

    «Ils ont créé une image plus apaisante de la nature, nous ont aidé à développer une autre relation avec elle que celle que nos ancêtres avaient, note Louise Vigneault. Ils nous disaient d'arrêter d'avoir peur de la nature et de l'exploiter, c'était très avant-gardiste. Étudier leur travail a changé ma façon de voir la nature, j'ai eu envie d'en profiter davantage au-delà de l'été. Ils ont raison: c'est à nous, cette beauté, il faut en profiter.» Idéalement, on prendra donc le temps, avant d'aller dans le parc, de regarder quelques toiles du Groupe des sept pour retrouver ce même état d'éblouissement.

    _________________________________________________________________________

    * Espace artistique et modèle pionnier: Tom Thomson et Jean-Paul Riopelle, de Louise Vigneault, éditions Hurtubise, 400 pages, 36,95 $

     

    Nature en Images 3:  Parc national des Îles-de-la-Baie-Georgienne: une île à soi

    Par national des Hautes-Terres-du-Cap-Breton.

    PHOTO TIRÉE DE LA PAGE FACEBOOK

     

    D'autres parcs à voir en automne

    L'automne est une saison bénie pour parcourir les parcs nationaux du pays. Les foules se font plus rares, le soleil est encore chaud... et les paysages s'enflamment. Voici sept autres parcs à visiter avant l'hiver.

     

    Parc national des Hautes-Terres-du-Cap-Breton, Nouvelle-Écosse

    On dit du parc des Hautes-Terres-du-Cap-Breton qu'il s'agit de l'un des endroits les plus fascinants du Canada: ici se rencontrent la mer et la montagne, créant un ruban de falaises long de quelque 100 km, à explorer en partie à pied, en empruntant l'un des 26 sentiers de randonnée qui y ont été tracés. On y découvrira trois types d'écosystèmes: la forêt acadienne, la forêt boréale et la taïga.

     

    Parc national des Glaciers, Colombie-Britannique

    Deuxième parc national créé au pays (après celui de Banff), le parc national des Glaciers protège le territoire des plus hauts sommets de la chaîne de montagnes du sud-est de la Colombie-Britannique. On y va pour faire de la haute montagne, la vraie, la dure, ou encore en famille, pour admirer les forêts de pruches et de cèdres géants, dont certains ont plus de 350 ans!

     

    Parc national Fundy, Nouveau-Brunswick

    Les marées de la baie de Fundy figurent parmi les plus hautes jamais enregistrées sur la planète, transformant chaque heure du jour le paysage qu'on y admire, l'eau recouvrant puis découvrant un large ruban de marais salins. L'automne, on ira pour la randonnée, le canoë et le camping ou le festival du vélo (du 6 au 8 octobre).

     

    Parc national Pukaskwa, Ontario

    Situé sur les rives du lac Supérieur, le parc de Pukaskwa héberge l'une des rares hardes de caribous des bois du pays. Pour les sportifs plus accomplis et amateurs d'aventure, on propose dans le parc deux excursions d'une semaine dans l'arrière-pays, en territoires sauvages et reculés.

     

    Parc national et lieu historique national Kejimkujik, Nouvelle-Écosse

    La présence humaine dans la région de Kejimkujik, en Nouvelle-Écosse, remonte à plus de 4000 ans. Les archéologues ont de fait découvert, ici, quelque 500 pétrographes (des gravures rupestres réalisées par le peuple mi'kmaq) qui constituent l'une des plus importantes collections du genre en Amérique du Nord, à découvrir lors d'une visite guidée dans le parc.

     

    Parc national de la Péninsule-Bruce, Ontario

    Ce parc a quelque chose de mythique pour les amateurs de randonnée: c'est ici que l'on a créé le tout premier sentier de longue randonnée du pays. Mais avec ses eaux turquoise, d'une clarté exceptionnelle - la zone est l'un des plus vastes milieux sauvages encore intacts du sud de l'Ontario -, c'est aussi un paradis pour les amateurs de plongée. Très (trop?) achalandé l'été, on le découvrira avec plus de plaisir à l'automne.

     

    Parc national Kootenay, Colombie-Britannique et Alberta

    Le parc Kootenay a été fondé en 1920 dans le cadre d'une entente sur la construction d'une route sillonnant les Rocheuses: il est ainsi traversé par une route panoramique de 94 km, que l'on parcourra en écoutant les récits de guides du parc sur la nouvelle application Explora. Prévoyez aussi un arrêt dans les sources thermales naturelles du parc, dont l'eau se maintient entre 37 et 40 °C.

     

    Parc national du Gros-Morne, Terre-Neuve-et-Labrador

    Gros-Morne est l'un des rares endroits au monde où affleurent les roches du manteau terrestre (les Tableslands), une particularité qui lui a valu d'être inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO. On ne manquera pas de grimper au sommet du mont Gros-Morne, deuxième pic en hauteur de Terre-Neuve, dont le nom signifie «arrondie et isolée», ce qui lui sied totalement.

     

    Parc national du Mont-Revelstoke, Colombie-Britannique

    Ce parc de la Colombie-Britannique accueille l'unique forêt pluviale de cèdres intérieure de la planète, une forêt digne des livres de contes pour enfants, où les arbres géants ont parfois plus de 500 ans! Le sommet qui a donné son nom au parc est - fait rare au Canada - aussi accessible en voiture en empruntant la promenade des Prés-dans-le-Ciel, une route sinueuse qui franchit en 26 km et 20 lacets les 2000 m de dénivelé entre le lac Balsam et le pic Revelstoke. Une destination idéale, donc, en famille.

     

    Nature en Images 3:  Parc national des Îles-de-la-Baie-Georgienne: une île à soi

     

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