•  

    Kagra, le détecteur d'ondes

    gravitationnelles japonais, s'éveille

     

     

    Après les États-Unis et l’Europe, voilà que le Japon s’apprête à mettre en service un détecteur d’ondes gravitationnelles : le Kamioka Gravitational Wave Detector (Kagra). Actuellement en phase de test, il s’élancera lui aussi à la chasse aux collisions de trous noirs d’ici 2017.

     

     

    Une vue d’un des tubes à vide du détecteur d’ondes gravitationnelles Kagra. Il est enterré afin de l’isoler autant que possible d’un bruit de fond de vibrations. Sa conception et son fonctionnement ressemblent à ceux de Ligo et Virgo. © ICRR

    Une vue d’un des tubes à vide du détecteur d’ondes gravitationnelles Kagra. Il est enterré afin de l’isoler autant que possible d’un bruit de fond de vibrations. Sa conception et son fonctionnement ressemblent à ceux de Ligo et Virgo. © ICRR

     
     

    La détection par Advanced Ligo de l'onde gravitationnelle GW150914 a été un fantastique cadeau d’anniversaire pour la célébration des 100 ans de la découverte de la théorie de la relativité générale. Une ère nouvelle s’est ouverte, celle de l'astronomie gravitationnelle. Comme toujours avec l’apparition d’un instrument de mesure en science, des perspectives inattendues surgissent. Certains astrophysiciens commencent à penser qu’avec GW150914, on n’a pas seulement découvert le premier trou noir binaire qui ne soit pas supermassif mais également la nature d’une partie de la matière noire.

     

    Beaucoup de travail reste encore à faire pour vérifier ces hypothèses. On aimerait bien notamment pouvoir observer des sources puissantes d’ondes gravitationnelles qui soient associées à des sources électromagnétiques et pourquoi pas, des bouffées de neutrinos. Mais pour cela, il faut pouvoir localiser précisément sur la voûte céleste ces sources d’ondes gravitationnelles. Cela est possible si l’on dispose de plusieurs détecteurs similaires à Advanced Ligo (aLigo) répartis sur la Planète.

     

    Avant de s'appeler Kagra, le détecteur d'ondes gravitationnelles de Kamioka s'appelait le Large Scale Cryogenic Gravitational Wave Telescope (LCGT). Comme on le voit sur ce schéma, il est installé au Japon au voisinage du détecteur de neutrinos Super-Kamiokande.
    Avant de s’appeler Kagra, le détecteur d’ondes gravitationnelles de Kamioka s’appelait le Large Scale Cryogenic Gravitational Wave Telescope (LCGT). Comme on le voit sur ce schéma, il est installé au Japon au voisinage du détecteur de neutrinos Super-Kamiokande. © ICRR

     

    Kagra, un interféromètre comme Ligo et Virgo

     

    Virgo, le cousin européen de aLigo, est en phase d’upgrade pour devenir aVirgo cette année. Une autre machine similaire est sur le point d’entrer en fonction au Japon. Il s’agit du Kamioka Gravitational Wave Detector (Kagra). Comme son nom le laisse deviner, cet instrument est enfoui à plus de 200 mètres de profondeur dans la fameuse mine de Kamioka qui héberge déjà le célèbre détecteur de neutrinos Super-Kamiokande utilisé notamment par le prix Nobel de physique Takaaki Kajita avec ses travaux sur les oscillations de neutrinos. Sans surprise, Kajita est actuellement le directeur de Kagra.

     

    Le détecteur fonctionne sur les mêmes principes que Ligo et Virgo, à savoir des tubes à vide de plusieurs kilomètres de long formant un L et constituant un interféromètre dans lequel circulent des faisceaux lasers. Le passage d’une onde gravitationnelle fait varier la longueur des trajets de sorte qu’une figure d’interférence est modifiée. Mais pour obtenir un signal exploitable, il faut déployer des trésors d’ingénieries, notamment en cryogénie et pour isoler des bruits sismiques des miroirssur lesquels se réfléchissent les faisceaux lasers.

    Des tests de fonctionnement ont commencé cette année. Si tous se déroulent comme prévu, la machine sera à jour et devrait commencer à prendre des données entre 2017 et 2018.

     

    À découvrir en vidéo autour de ce sujet :


    Les ondes gravitationnelles sont des déformations de l’espace-temps prédites par Einstein. Il serait possible de les mesurer avec des outils appropriés. L’éditeur littéraire Dunod a interviewé Pierre Binétruy, professeur au laboratoire Astroparticule et Cosmologie de l'université Paris Diderot, afin d’en savoir plus sur ces mystérieuses ondes et sur la façon dont on pourrait les détecter.

    Astronomie:  Kagra, le détecteur d'ondes gravitationnelles japonais, s'éveille + vidéo

     

    Pin It

    votre commentaire
  •  

    Sur les traces d'une galaxie naine dans le

    halo de la Voie lactée

     

    Dans le halo de la Voie lactée, en marge du disque galactique, des astronomes ont repéré 13 étoiles dont les mouvements particuliers pourraient trahir l'appartenance à une galaxie naine, aujourd’hui démantelée. Il pourrait s’agir des restes d’une collision opérée il y a quelques milliards d’années. Pour en savoir plus, les chercheurs tentent d’identifier la victime.

     

     

    Distante d’environ 450.000 années-lumière, la galaxie du Fourneau est une des galaxies naines capturées par les forces gravitationnelles de la Voie lactée. Son destin est de se fondre dans notre grande communauté galactique. © Eso, DSS2

    Distante d’environ 450.000 années-lumière, la galaxie du Fourneau est une des galaxies naines capturées par les forces gravitationnelles de la Voie lactée. Son destin est de se fondre dans notre grande communauté galactique. © Eso, DSS2

     
     

    Une galaxie spirale comme la nôtre, la Voie lactée, concentre l’essentiel de ses troupes – étoiles(environ 200 milliards de masses solaires), gaz et poussière – dans un disque de 100.000 années-lumière de diamètre, boursoufflé au centre (le bulbe galactique). Le halo est la gigantesque sphère (peut-être 300.000 années-lumière de rayon) qui l’enveloppe. Dans ces régions lointaines, la densité de population stellaire y est beaucoup plus faible que dans le disque où nous nous trouvons (nous sommes à quelque 26.000 années-lumière du centre).

     

    Depuis la Terre et des observatoires spatiaux comme Hubble, situés dans la proche banlieue de notre planète, des astronomes qui s’interrogent sur les origines et l’évolution de notre galaxie, tout en essayant de reconstituer le plus fidèlement possible sa structure, recherchent et scrutent les étoiles situées dans les limbes de la Voie lactée. Pour les chercheurs, il est question de les caractériser et de détailler leurs vélocités. L’idée est que, à de si grandes distances, leurs orbites lentes (c’est la même chose que dans notre Système solaire : la révolution de la lointaine Pluton est beaucoup plus lente que celle de Mercure, proche du Soleil) conservent encore celles de leurs origines.

     

     

    Le mouvement des étoiles devant la galaxie d'Andromède

     

    Voici trois ans, profitant d’observations par Hubble de notre grande voisine, la galaxie d’Andromède, l’équipe d’Alis Deason (de l’université de Californie) avait établi le mouvement d’une douzaine d’étoiles, au premier plan, appartenant à notre halo galactique. Leur enquête a indiqué qu’elles se situent approximativement à 65.000 années-lumière du bulbe central, aux limites entre le halo interne et externe.

     

    « Regarder le mouvement des étoiles devant des galaxies revient à regarder des cheveux humains pousser à la surface de la Lune depuis la Terre », commente Puragra Guha Thakurta, de l’université de Californie. Eh bien, armé de patience et d’une vision perçante, cela devient possible.

     

    Les mouvements de 13 étoiles du halo (Shell, en anglais sur le schéma, qui signifie « coquille ») de la Voie lactée (Milky Way Galaxy) étudiés alors qu’elles se déplacent devant la galaxie d’Andromède (Andromeda Galaxy), suggèrent qu’elles appartiennent aux restes d’une galaxie naine. © Nasa, Esa, A. Feild
    Les mouvements de 13 étoiles du halo (Shell, en anglais sur le schéma, qui signifie « coquille ») de la Voie lactée (Milky Way Galaxy) étudiés alors qu’elles se déplacent devant la galaxie d’Andromède (Andromeda Galaxy), suggèrent qu’elles appartiennent aux restes d’une galaxie naine. © Nasa, Esa, A. Feild

     

    Souhaitant aller plus loin et compléter les représentations spatiales de ces 13 étoiles, Emily Cunningham, également de l’université de Californie à Santa Cruz, et ses collaborateurs, ont ajouté une dimension en extrayant de leurs spectres des données sur leurs déplacements le long de la ligne de mire.

     

    Il leur est alors apparu, de par le mouvement propre de ces étoiles, qu’elles ébauchent une structure en forme de coquille. Si cela se confirme à travers des observations ultérieures, il pourrait s’agir alors, comme l’indique l’auteure principale de cette étude, « d’une relique d’un évènement d’accrétion du passé ».

     

     

    Le fantôme d'une galaxie naine

     

    Les chercheurs pensent surtout et avant tout à une galaxie naine. C’est en quelque sorte son fantôme que l’on entraperçoit. Ce sont là des traces de sa collision et de la mêlée dans les régions les plus reculées de notre galaxie.

     

    C’est un phénomène qui s’est produit de nombreuses fois au cours des milliards d’années d’évolution de la Voie lactée (il en est de même pour ses paires) comme le suggèrent les modèles. Les galaxies sont en effet cannibales. Entraînées par les forces gravitationnelles, les moins massives se font étirer et dévorer, pour ne pas dire dépecer, par les plus grosses. Cela a sans doute commencé par des poissons un peu plus gros qui ont mangé les plus petits autour d’eux. On le voit encore aujourd’hui avec, entre autres, les Petits et Grands Nuages de Magellan, deux galaxies naines toutes proches qui ont entamé, il y a quelques centaines de millions d’années, une danse fatale avec la Voie lactée…

     

    Dans l’espoir d’identifier la victime et les autres (savoir quelles étaient leurs tailles, quand cela s’est-il produit, quels sont les profils de leurs étoiles, etc.), les chercheurs se sont lancés dans un programme de recherche baptisé HALO7D afin de recueillir des observations détaillées d’un échantillon élargi à des centaines d’étoiles du halo.

     

    Enfin, l’autre possibilité évoquée par l’équipe pour expliquer les mouvements particuliers de ces astres est qu’ils soient nés là-bas. Mais, cela parait peu probable compte tenu des caractéristiques physiques de ces régions. « Il est difficile d’imaginer que des étoiles puissent se former dans les régions d’une aussi faible densité », souligne James Bullock. En outre, « les modèles cosmologiques prédisent que l’on peut y trouver des coquilles comme celle-là ».

     

    À découvrir en vidéo autour de ce sujet :


    Les collisions de galaxies ne sont pas rares dans l’univers. C’est même l’un des processus de croissance des galaxies. Ainsi, dans quelques milliards d’années, la Voie lactée entrera en collision avec celle d’Andromède. Cette vidéo provient du projet Du Big Bang au vivant, qui regroupe une dizaine de scientifiques. © Groupe ECP, www.dubigbangauvivant.com

     

     

    Pin It

    votre commentaire
  •  

    ISS : l'astronaute Jeff Williams battra un

    record de vie dans l'espace

     

    Après avoir brillamment mis en orbite la sonde ExoMars 2016, l'Agence spatiale russe Roscosmos devrait lancer ce samedi un équipage de trois astronautes à destination de la Station spatiale internationale (ISS), dont l'Américain Jeff Williams. À son retour sur Terre, il battra le record de durée cumulée dans l'espace pour un Américain. Record que détient actuellement Scott Kelly depuis le 2 mars 2016.

     

     

    Le lanceur Soyouz sur son pas de tir du cosmodrome de Baïkonour, au Kazakhstan. Il doit décoller demain, samedi 19 mars 2016, à destination de la Station spatiale internationale (ISS). Il emporte une capsule Soyouz à l'intérieur de laquelle trois astronautes ont pris place, dont Jeff Williams qui devrait battre un record. © Nasa

    Le lanceur Soyouz sur son pas de tir du cosmodrome de Baïkonour, au Kazakhstan. Il doit décoller demain, samedi 19 mars 2016, à destination de la Station spatiale internationale (ISS). Il emporte une capsule Soyouz à l'intérieur de laquelle trois astronautes ont pris place, dont Jeff Williams qui devrait battre un record. © Nasa

     
     

    Quinze jours après le retour sur Terre de Scott Kelly et Mikhail Kornienko, avec leur séjour record de 340 jours à bord de la Station spatiale internationale (ISS), trois nouveaux astronautess’apprêtent à rejoindre le complexe orbital.

     

    Si les conditions météorologiques le permettent, l’Américain Jeffrey Williams et les Russes Oleg Skriprotchka et Alexey Ovchinin (Expédition 47) s’envoleront samedi à bord d’un lanceur russeSoyouz. Ils rejoindront alors Tim Kopra, Tim Peake et Youri Malenchenko, présents à bord de l'ISS depuis le 15 décembre 2015 et qui devraient redescendre sur Terre début juin 2016.

     

    Ces trois nouveaux arrivants resteront à bord de la Station spatiale jusqu’en septembre 2016. Pendant leur séjour dans l’espace, ils réaliseront des recherches sur les effets physiologiques et les troubles sur le système musculo-squelettique induits par les voyages spatiaux. Ils étudieront également la capacité des comprimés pharmaceutiques à se diluer en apesanteur. En prévision des futurs voyages au-delà de l’orbite terrestre, ils réfléchiront au moyen de réduire la taille du matériel d'entraînement physique à bord de l’ISS qu’utilisent quotidiennement les astronautes pour contrecarrer les effets de la microgravité sur le corps humain, notamment renforcer la solidité des os et la masse musculaire.

     

    Dans leurs bagages, ils amèneront avec eux un embout flexible à installer sur le nez électronique E-nose de façon à mieux renifler les bactéries à bord du complexe orbital. Fabriqué par Airbus Defence and Space, il a été installé en 2012 dans la Station pour repérer d’éventuelles traces de contaminations microbiologiques liées à la culture de bactéries et de champignons.

     

    À découvrir en vidéo autour de ce sujet :


    Se nourrir fait partie des besoins vitaux de tout être vivant. Les astronautes ne peuvent donc pas y couper, même dans l’espace. Découvrez, grâce au Cnes, les techniques pour s'alimenter à bord de la Station spatiale internationale.

     

     

     

    Pin It

    votre commentaire
  •  

    ExoMars 2016 est bien partie vers Mars

     

     

    Lancement réussi ! Hier soir lundi, la sonde européenne ExoMars 2016 s'est correctement séparée de son lanceur et a été injectée sur sa route vers la Planète rouge. La fusée Proton et son étage Breeze-M ont parfaitement fonctionné.

     

     
     


    Des cris de victoire ont retenti à l’Agence spatiale européenne (Esa) lorsque la sonde ExoMars a pris contact pour la première fois avec la Terre. © Rémy Decourt, Futura-Sciences

     
     

    Mise à jour du 15 mars

    Cris de joie à 22 h 30 (en heure française), dans la salle de contrôle de l'Esa, à Darmstadt, en Allemagne. La sonde de l'Agence spatiale européenne a émis un message vers la Terre qui indiquait la séparation d'avec le dernier étage du lanceur Proton-M, décollé de Baïkonour dix heures plus tôt. Après plusieurs tours de la Terre, l'engin a acquis la bonne vitesse et a été lâché sur sa trajectoire. Les lois de la gravitation ont désormais pris le relais. L'orbiteur TGO et l'atterrisseur Schiaparelli sont en route vers Mars, pour un long voyage de sept mois.

    --------------------------------------------------


    La route d’Exomars 2016 entre la Terre (en bleu) et Mars (en rouge). Le lanceur a injecté la sonde sur sa trajectoire, qu’elle suivra passivement jusqu’à rattraper Mars. TGO pourra alors se mettre en orbite tandis que la capsule Schiaparelli s’enfoncera dans l’atmosphère pour déposer l’atterrisseur. Le nombre en haut à droite indique la distance entre la sonde et Mars en ligne droite. En fait, l'engin spatial devra parcourir 496 millions de kilomètres. Pour se rendre vers Pluton, la sonde New Horizons, de la Nasa, avait suivi une route directe, mais, de ce fait, elle n’a pu que croiser la trajectoire de la planète, et l’observer durant 24 heures, sans pouvoir se mettre en orbite autour d’elle. Avec une route analogue à celle d'ExoMars, New Horizows aurait pu le faire mais le voyage aurait duré 45 ans au lieu de 9,5… © Esa, YouTube

     

    Dix heures d'attente

     

    L’orbiteur TGO et la capsule Schiaparelli de la mission ExoMars 2016 ont décollé avec succès ce matin à bord d’un lanceur russe Proton-M. Le tir a été réalisé à 10 h 31 (heure de France métropolitaine) depuis le cosmodrome de Baïkonour, au Kazakhstan.

     

    Cependant, le succès du lancement n'est pas encore assuré. Ce n’est en effet que ce soir, à 22 h 34, que l’on saura si la sonde s'est bien inscrite sur la trajectoire prévue vers Mars, avec une direction et une vitesse correctes. Jusque-là, c'est le calme plat à l'Esoc, le centre de contrôle de l’Esa, situé à Darmstadt, en Allemagne. Pas de congratulations prématurées, pas de communiqué de presse. On attend...

     

    Pourquoi plus de dix heures avant de crier victoire ? Parce que c'est actuellement le lanceur Proton qui fait tout le travail, capable de réaliser une mise à poste directe grâce à son étage supérieur réallumable Breeze-M (ou Briz-M). Une capacité que n’a pas Ariane 5, conçue pour envoyer des satellites sur une orbite de transfert – son étage supérieur, en effet, n'est pas réallumable. Ariane 6, en revanche, sera capable d'une manœuvre de ce genre.

     

    Salle de contrôle de l'Esa, à Darmstadt, le 14 mars 2016. En haut à 15 h 30 (heure française) : l'heure est à l'attente. En bas, cris de joie à 22 h 30 : sur l'écran apparaît le signal venu de la sonde indiquant que la séparation a réussi. © Rémy Decourt
    Salle de contrôle de l'Esa, à Darmstadt, le 14 mars 2016. En haut à 15 h 30 (heure française) : l'heure est à l'attente. En bas, cris de joie à 22 h 30 : sur l'écran apparaît le signal venu de la sonde indiquant que la séparation a réussi. © Rémy Decourt

     

    Quatre allumages successifs pour lancer ExoMars

     

    Le succès du lancement d’ExoMars 2016 repose donc sur le bon fonctionnement de cet étage supérieur Breeze. Or, le lanceur Proton a connu plusieurs déboires entre 2012 et 2015 et cet étage a été mis en cause dans deux échecs survenus en 2012. Pour le lancement d'ExoMars 2016, l'étage Breeze-M doit s'allumer à quatre reprises : à 10 h 42, 12 h 09, 14 h 23 et 20 h 47. Il s'est correctement séparé du lanceur, sur une trajectoire balistique suborbitale, 9 minutes et 42 secondes après le décollage du Proton. L'Agence spatiale européenne (Esa) a ensuite confirmé les trois premiers allumages. Donc, pour l'instant, tout va bien. Les allumages successifs l'ont accéléré et l'engin tourne actuellement autour de la Terre. Durant ce périple, deux stations au sol suivent sa trajectoire mais la sonde elle-même ne peut pas communiquer par radio.

     

    Ce n’est qu’à 21 h 13 qu'elle se séparera du dernier étage de son lanceur, lorsque la vitesse sera suffisante. Elle se trouvera alors à environ 5.000 kilomètres de la Terre. Elle n'aura plus qu'à parcourir quelque 496 millions de kilomètres... À 22 h 29, l'Esoc devrait acquérir les premiers signaux de la sonde qui renseigneront les contrôleurs au sol sur son état de santé. Deux minutes plus tard, Jan Wörner, le directeur général de l’Esa et Igor Komarov, directeur général de Roscosmos depuis le centre de contrôle de Roscomos (le TsUP), situé à Moscou, officialiseront le succès (ou l'échec) du lancement de la sonde et son départ à destination de Mars qu'elle atteindra le 19 octobre prochain.

     

    Lundi, à 10 h 31, la sonde de l'Agence spatiale européenne (Esa) a décollé. Dix heures et plusieurs tours autour de la Terre plus tard, elle s'est séparée du lanceur Proton-M. © Esa, S. Corvaja

    Lundi, à 10 h 31, la sonde de l'Agence spatiale européenne (Esa) a décollé. Dix heures et plusieurs tours autour de la Terre plus tard, elle s'est séparée du lanceur Proton-M. © Esa, S. Corvaja

    Astronomie:  ExoMars 2016 est bien partie vers Mars + vidéos

     

    Pin It

    votre commentaire
  •  

    Extraterrestres : deux astronomes savent

    enfin comment les débusquer

     

    Comment détecter une civilisation extraterrestre ? Deux astronomes pensent avoir trouver la solution. L'idée consisterait à cherche des étoiles de type solaire d'où ces E.T. pourraient voir des transits de la Terre autour du Soleil. Cela leur permettrait en effet de chercher des biosignatures de la vie sur notre planète… et donc de s'intéresser à nous !

     

     
     

    Une des techniques utilisées par l'humanité pour détecter des exoplanètes repose sur le transit de celles-ci devant leur étoile. Il est raisonnable de penser que des civilisations E.T. avancées font de même dans leur recherche d'une vie ailleurs. © Eso

    Une des techniques utilisées par l'humanité pour détecter des exoplanètes repose sur le transit de celles-ci devant leur étoile. Il est raisonnable de penser que des civilisations E.T. avancées font de même dans leur recherche d'une vie ailleurs. © Eso

     
     

    Pourquoi des astronomes comme Franck Drake ou Nikolaï Kardashev ont-ils commencé, dans les années 1950 à 1960 (période qui marque l'essor de la radioastronomie et de l’astronautique), à se préoccuper sérieusement d’établir une communication radio avec des extraterrestres – ou pour le moins, de découvrir leur existence au moyen des ondes radio ? Eh bien, comme Carl Sagan l’a plusieurs fois expliqué clairement, l’un des objectifs du programme Seti, qu’il a lancé avec Franck Drake, était de savoir si d’autres civilisations technologiques avaient réussi à survivre à un phénomène semblable à la crise d’adolescence de l’humanité (via les armes nucléaires et, à plus long terme, via l’épuisement des ressources).

     

    L'important n'était donc pas de faire progresser l’exobiologie mais bien de savoir s'il existait une issue heureuse à cette crise qui menaçait la survie de l'humanité. L'espoir était aussi le suivant : grâce aux E.T., les Hommes pourraient savoir comment sortir de la guerre civile et résoudre leurs divers problèmes sans payer le prix effroyable des tâtonnements accompagnés de beaucoup d’erreurs tragiques.

     

     

    L'exobiologie, une clé pour l'avenir de l'humanité

     

    Ami de Carl Sagan, Nicolaï Kardashev partageait certainement avec lui ces espoirs, si l’on en croit la déclaration qu’il a faite en 1980 : « La détection et l'étude de civilisations extraterrestres constituent un problème d'une grande importance pour le progrès de l'humanité, pour sa culture et sa philosophie. La découverte d'une vie intelligente dans l'univers fournirait une ligne de conduite au développement possible de notre civilisation au cours des futurs temps astronomiques ». Aujourd'hui, le spectre de la guerre nucléaire semble largement passé mais d'autres problèmes sont à venir, causés par le réchauffement climatique, la croissance de la population et la chute prévisible des ressources en énergie et matières premières. Ils ne peuvent que raviver les incertitudes et les cauchemars sur le sort de l’humanité au cours du XXIe siècle.

    On peut donc se demander si cette culture russe en exobiologie, développée notamment grâce à un autre ami de Carl Sagan, Iosif Shklovskii, n’a pas conduit, pour les mêmes raisons que celles exprimées par Nicolaï Kardashev, à la création du projet Breakthrough Initiative.

     


    Une vidéo pour la promotion de la recherche de civilisations E.T. dans l'univers. Pour obtenir une traduction en français assez fidèle, cliquez sur le rectangle avec deux barres horizontales en bas à droite. Les sous-titres en anglais devraient alors apparaître, si ce n'est pas déjà le cas. En cliquant ensuite sur l'écrou à droite du rectangle, vous devriez voir l'expression « Traduire les sous-titres ». Cliquez pour faire apparaître le menu du choix de la langue, choisissez « Français », puis cliquez sur « OK ». © Breakthrough Initiative, YouTube

     

    En effet, le milliardaire russe Yuri du Milner a annoncé le 20 juillet 2015 qu’avec le projetBreakthrough Initiative, il allait financer les recherches du programme Seti sur 10 ans à hauteur de 100 millions de dollars (environ 92 millions d'euros), soit trois fois plus que ce qu’avait déjà fait Paul Allen, le cofondateur de Microsoft avec Bill Gates.

     

    Ce projet se décline en deux parties :

     

    • la première, et la plus importante, le Breakthrough Listen, consistera à tenter de détecter des émissions de civilisations E.T. dans le domaine radio mais aussi sous forme d’impulsions laser;
    • la seconde, le Breakthrough Message, lance une compétition dotée d’un prix d’un million de dollars. Elle est ouverte à tous et consiste à proposer un message à destination d’une des éventuelles civilisations E.T. que le projet pourrait révéler. Elle s’inscrit donc dans la droite ligne du Golden Record et du fameux message d’Arecibo, concocté et envoyé par Franck Drake et Carl Sagan à l’aide du grand radiotélescope d’Arecibo le 16 novembre 1974.

     

    Encore faut-il savoir dans quelles directions pointer les radiotélescopes ou les télescopes optiques pour faire de l’Oseti (c'est-à-dire la recherche de civilisations extraterrestres par d’autres moyens que les radiotélescopes). Deux astronomes, René Heller et Ralph Pudritz, respectivement de l'Institut Max-Planck de recherche sur le Système solaire à Göttingen (Allemagne) et de la McMaster University à Hamilton (Canada), viennent justement de relancer une ancienne idée, tout en la renouvelant, dans un article publié dans le journal Astrobiology.

     

    Des E.T. qui cherchent la vie avec les transits planétaires

     

    Les deux chercheurs se sont inspirés des succès de la recherche d'exoplanètes comme les exoterresou superterres, potentiellement habitable ; une recherche qui combine la méthode des vitesses radiales et celle du transit planétaire. Ils proposent ainsi de concentrer les moyens du programme Seti sur l'écoute des systèmes stellaires susceptibles d’abriter de tels astres et d’où d'autres pourraient, avec les mêmes méthodes, détecter la Terre. Il nous faudrait rechercher spécifiquement les éventuelles civilisations E.T. qui verraient notre planète transiter devant le Soleil car cela leur permettrait de faire des analyses spectrales de l’atmosphère de la Terre pour y chercher des biosignatures.

     

    Si les E.T. ne sont pas trop loin, ils ne devraient pas rencontrer d’obstacles pour établir qu’il y a bien de telles biosignatures. Nous serions donc une cible privilégiée en direction de laquelle l’envoi d’un signal radio continuel pendant des centaines voire des milliers d’années serait justifié de la part d’une civilisation hautement évoluée, qui aurait atteint l’âge adulte et qui voudrait faire bénéficier une autre civilisation, plus jeune et plus turbulente, de sa sagesse et de ses connaissances, fussent-elles uniquement sous forme d’un long message radio. On peut penser aussi qu’elle ait envoyé dans notre direction une sonde robotisée, un peu comme dans le roman d’Arthur Clarke, Les Fontaines du paradis, et nous pourrions surprendre les effets du principe de propulsion utilisé (flashs laser ou explosion thermonucléaire).

     

    En pratique, Heller et Ralph Pudritz ont cherché dans les données connues (en particulier dans celles du satellite d’astrométrie Hipparcos) quel était le nombre d’étoiles de type solaire d’où on pourrait voir la Terre transiter devant le Soleil dans une sphère d’environ 1.000 parsecs. 82 candidates ont été découvertes mais elles ne constitueraient que la pointe émergée d’un iceberg car nous sommes loin de connaître toutes les étoiles dans cette sphère. L’échantillon trouvé laisse d’ailleurs penser que, lorsque nous disposerons de meilleures observations, par exemple bientôt avec Gaia, le satellite de l’Esa, ce nombre pourrait atteindre 10.000.

     

    D’ici une dizaine d’années, nous devrions en avoir le cœur net. D’ici là, on peut passer le temps à essayer de chercher des sortes de monolithes noirs laissés quelque part dans le Système solaire par une IA extraterrestre de passage il y a bien longtemps.

     

     

     

    Pin It

    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique