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    Les probiotiques sont-ils à la hauteur de leur réputation?

     

     

    Ils se sont hissés au rang de produit phare grâce à leur prétendue faculté de renouveler le microbiote intestinal. Toutefois, beaucoup de recherches restent à faire.

     


    de Christina Vardanis du magazine Châtelaine

     

    Santé 3:  Les probiotiques sont-ils à la hauteur de leur réputation?

     

    Illustration: Flo Leung

     


    Alors que les études ne cessent de confirmer l’importance d’un intestin en santé et son rôle dans les multiples aspects du bien-être, les suppléments de probiotiques continuent de jouir d’une énorme publicité. Qui rapporte gros. On parle de revenus de l’ordre de 66 milliards de dollars d’ici 2024, générés sur la base des nouvelles qui établissent un lien entre les bactéries de l’intestin et de nombreuses affections, de la dépression à l’obésité, en passant par la migraine et la maladie de Parkinson.

     

    Les probiotiques auraient le pouvoir de coloniser le microbiote intestinal avec de «bonnes bactéries» lorsque celui-ci est mis en déséquilibre, soit à cause de la prolifération de «mauvaises bactéries» qui accompagne souvent une alimentation déficiente, soit par suite d’un traitement antibiotique ayant tué tant les bonnes bactéries que celles responsables de l’infection.

     

    Bien que la plupart des experts reconnaissent le potentiel favorable à la santé des probiotiques, les preuves cliniques de tels bienfaits manquent le plus souvent à l’appel. Les probiotiques étant classés et régis comme des suppléments alimentaires et non comme des médicaments, ils sont soumis à des contrôles moins stricts. Qui plus est, on trouve sur le marché un grand nombre de produits, qui contiennent des souches de bactéries très diverses.

     

    Dans une étude récente, on a cherché à vérifier si les individus ayant un bon état de santé général pouvaient retirer un bienfait des probiotiques. Les résultats de cette recherche, publiés dans la revue scientifique Cell par le docteur Eran Elinav, de l’Institut des sciences Weizmann, à Tel-Aviv, démontraient que chez 50 % des sujets en santé ayant pris les suppléments, ces derniers n’ont fait que passer tout droit dans leur microbiote intestinal, sans s’y attarder pour le coloniser. En termes prosaïques: ils entraient à un bout et ressortaient par l’autre.

     

    Cette étude avait également pour but de valider l’un des effets les plus vantés des probiotiques, soit leur capacité de restaurer rapidement la flore intestinale après un traitement aux antibiotiques. Le groupe qui a pris des probiotiques après le traitement aux antibiotiques a mis plus de temps à retrouver un microbiote normal que le groupe témoin n’en ayant pas pris: le délai allait jusqu’à six mois pour le premier groupe, comparativement à trois semaines pour le second.

     

    Comme l’a expliqué le docteur Elinav sur le site Medical Daily, ces résultats laissent entrevoir que des microbes personnalisés, ciblés, pourraient être plus efficaces que des probiotiques génériques pour rétablir la flore intestinale après la prise d’antibiotiques. (Étant donné que les femmes de 35 à 54 ans se voient prescrire 40 % plus d’antibiotiques que les hommes du même groupe d’âge, on peut penser que ces données rejailliront particulièrement sur la santé des femmes.)

     

    Est-ce à dire que la popularité des probiotiques n’aura été qu’un feu de paille? Aurait-on exagéré leurs vertus? Selon Brett Finlay, microbiologiste à l’Université de Colombie-Britannique et coauteur du livre The Whole-Body Microbiome, il reste encore beaucoup à découvrir pour savoir quels probiotiques sont efficaces et à quelles fins.

     

    «En fait, certains probiotiques sont efficaces pour certains problèmes, dans certaines conditions, pour certaines personnes», dit-il. Même si la recherche du docteur Elinav soulève une inquiétude en indiquant que les probiotiques pourraient retarder le rétablissement du microbiote après la prise d’antibiotiques, «plusieurs études cliniques démontrent que certains probiotiques sont efficaces à cette fin, en particulier dans les cas où l’antibiotique a causé de la diarrhée», ajoute le professeur Finlay.

     

    Ce qui apparaît clairement, c’est que «les probiotiques semblent agir différemment selon les individus, une conséquence logique compte tenu de la diversité des microbiotes». (Selon une récente enquête de la BBC, on ne retrouverait que de 10 % à 20 % des mêmes bactéries intestinales d’un individu à l’autre.)

     

    Comment savoir quels probiotiques sont les plus susceptibles d’améliorer son microbiote? Le professeur Finlay recommande de consulter le guide en ligne probioticchart.ca, qui dresse la liste de tous les probiotiques commercialisés au pays et les évalue en fonction des données cliniques compilées à leur sujet dans le traitement de problèmes de santé précis. Il compare cette recherche au choix de nouvelles chaussures de course: «Dans les boutiques spécialisées, on trouve des baskets pour tous les jours, des chaussures de jogging, de squash, de vélo… Elles ne sont pas toutes pareilles. Elles ont des utilités différentes. Je crois qu’il faut voir les probiotiques un peu de la même manière.»

     

    Le professeur Finlay souligne que de toutes nouvelles recherches sont en cours pour développer les probiotiques de la prochaine génération: des capsules qui contiendraient un petit nombre de microbes aux propriétés déterminées pouvant cibler des problèmes spécifiques. «C’est un champ vivant!» dit-il. (Brett Finlay est cofondateur de Vedanta Biosciences, l’une des quelques entreprises qui se consacrent à ce domaine de recherche.) «Je pense que nous allons voir apparaître une gamme entièrement nouvelle et très prometteuse de véritables probiotiques, qui seront classés comme médicaments.»

     

    Santé 3:  Les probiotiques sont-ils à la hauteur de leur réputation?

     

     

     

     

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    6 façons d’améliorer sa concentration

     

     

    En cette ère de distractions incessantes, des moyens existent pour nous aider à apaiser nos cerveaux hyper sollicités.

     

    de Carol Toller du magazine Châtelaine

     

    Santé 3:  6 façons d’améliorer sa concentration

     

    Photo: Rodolfo Sanches/Unsplash

     


    Sans cesse, notre attention est happée par un bip ou autre message qui s’affiche sur l’écran du téléphone. Le flot ininterrompu de données, de mots et d’images auquel nous sommes soumis chaque jour équivaudrait au contenu de 174 journaux, selon une étude menée en 2011. (Et depuis, le problème ne fait que s’amplifier!) Heureusement, il existe des façons d’apaiser nos cerveaux surexcités.

     


    Préciser ses objectif

    Des résolutions comme «aller au gym» sont faciles à reporter. Mieux vaut donc se promettre, par exemple, d’«aller au gym après le lunch». Ce sera plus aisé de respecter son engagement.

     


    Échanger les téléphones

    Mettre de côté son téléphone peut être ardu quand on sort avec des amis… Plutôt que d’avoir la tentation de le consulter à tout moment, pourquoi ne pas l’échanger avec celui de sa copine? Si on a vraiment besoin de faire un appel, on aura le sien à portée de main.

     


    Faire court

    La gestion des courriels est un défi de tous les instants. Pas la peine d’y perdre trop de temps ou de son attention en y consacrant plus d’énergie mentale que nécessaire. On résume sa pensée et on dit ce qu’on a à dire en cinq phrases au plus.

     


    Prendre le temps de respirer

    Pratiquée de façon régulière, la méditation, qui consiste simplement à fermer les yeux et à se concentrer sur son souffle, peut avoir un effet profond sur le cerveau et l’aider à se concentrer de manière plus efficace par la suite. Selon une étude, les participants qui méditaient régulièrement ont obtenu des résultats de tests 16 % supérieurs aux autres.

     


    En garder un peu pour demain

    Parfois, on aime prendre de l’avance dans une tâche. C’est bien. Mais si on y trouve de la stimulation, on peut justement la laisser de côté. On sera plus motivée à y revenir la prochaine fois qu’on devra rester hyper concentrée.

     


    Laisser voguer

    On doit résister au réflexe de regarder son téléphone pendant qu’on fait la file à la caisse. Ces rares petits moments de liberté sont d’excellentes occasions de laisser vagabonder son esprit. Donner un peu de répit à son cerveau au lieu de lui infliger plus de demandes, c’est non seulement salutaire, mais nécessaire!

     

    Santé 3:  6 façons d’améliorer sa concentration

     

     

     

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    Baisse de libido? En voici (peut-être) la cause

     

     

    L’alcool, les analgésiques et le dysfonctionnement de la glande thyroïde peuvent diminuer la qualité de notre vie sexuelle à notre insu.


    Wendy Glauser de la revue Châtelaine

     

    Santé 3:   Baisse de libido? En voici (peut-être) la cause

     

    Les relations sexuelles semblent-elles parfois une corvée? Les baisses et les hausses de libido sont normales, mais si on a l’impression que l’appétit sexuel est en berne depuis trop longtemps, «ça vaut le coup de consulter», conseille la Dre Lori Brotto, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en santé sexuelle chez les femmes et directrice du laboratoire de santé sexuelle à l’Université de la Colombie-Britannique. La sexualité constitue une façon unique pour les partenaires d’entrer en relation, et les études laissent entendre qu’une vie sexuelle épanouie représente un aspect important de notre état de santé physique général.


    Plusieurs facteurs peuvent affecter la libido. Certains sont évidents, comme la fatigue et le stress. Mais d’autres sont moins connus, même s’ils sont courants. Voici trois suspects qu’il faut surveiller.

     

    L’alcool

    Santé 3:   Baisse de libido? En voici (peut-être) la cause

     

     

    Pris avec modération, l’alcool peut avoir un effet désinhibiteur et aphrodisiaque, d’après la Dre Brotto. Mais en plus grande quantité, il a l’effet contraire. «L’alcool influe sur la dilatation des vaisseaux sanguins, ce qui rend l’irrigation des organes génitaux difficile», précise-t-elle. L’excitation et l’orgasme demandent également une interaction complexe entre le cerveau et le corps, qui implique le système nerveux, divers mécanismes de libération d’hormones, ainsi qu’un processus cognitif. À cause de l’effet de l’alcool sur le cerveau, «il se peut que vous en ayez envie, mais que le cerveau ne soit pas en mesure de capter les signaux du corps qui ressent l’excitation, donc il ne peut transmettre à son tour plus de messages d’excitation au corps», explique la Dre Brotto.


    Que considère-t-on comme une trop grande quantité d’alcool? Tout dépend de sa tolérance, de son poids et d’autres facteurs, selon la spécialiste. On se sent ivre? Il est certain que l’alcool nuira à l’excitation plus qu’il ne la favorisera.

     

    Les analgésiques

    Santé 3:   Baisse de libido? En voici (peut-être) la cause

     

    Les gabapentinoïdes sont une famille de médicaments de plus en plus souvent prescrits pour soulager les douleurs chroniques chez les femmes – d’une part parce que les douleurs chroniques sont en augmentation, et d’autre part parce que les médecins les préfèrent aux opioïdes, qui sont potentiellement dangereux. Or, on sait que les médicaments de cette famille, qui comprennent la gabapentine et la prégabaline, exercent un effet sur le cerveau et peuvent souvent diminuer la libido. La façon précise dont ces substances agissent sur les mécanismes d’excitation dans le cerveau n’est pas encore connue, mais «il est important de savoir que, lorsqu’on prend des médicaments qui ont un effet sur le cerveau, la fonction sexuelle peut s’en trouver diminuée», souligne la Dre Brotto.


    Bien sûr, il n’est pas vraiment envisageable de laisser la douleur chronique sans traitement. «La douleur elle-même peut être débilitante et affecter directement le désir», dit la Dre Brotto. Tout en concédant qu’il n’y a pas de «réponse facile» quand il s’agit de peser le pour et le contre d’un médicament, elle recommande d’obtenir l’avis de professionnels de la santé. Ça peut valoir le coup d’essayer des options non pharmaceutiques, comme la physiothérapie, ou de se renseigner auprès de son médecin sur les analgésiques (antidouleurs) qui n’agissent pas sur le cerveau.

     

    Le dysfonctionnement de la thyroïde

    Santé 3:   Baisse de libido? En voici (peut-être) la cause

     

    Un problème de glande thyroïde non diagnostiqué peut avoir d’importants effets négatifs sur le niveau d’énergie, l’humeur et la vie sexuelle d’une personne, car les hormones que sécrète la glande thyroïde «ont un effet en cascade sur le reste du système endocrinien», explique la Dre Brotto.


    Avec l’hyperthyroïdie, «le corps fonctionne constamment à plein régime», ce qui peut entraîner une réaction quasi perpétuelle «de lutte ou de fuite», ajoute-t-elle. L’organisme transforme alors la progestérone en cortisol – l’hormone de stress – plutôt qu’en testostérone, qui joue un rôle clé dans la stimulation du désir, tant chez la femme que chez l’homme. À l’inverse, avec l’hypothyroïdie, ce sont les symptômes de la maladie, comme la fatigue et le manque général d’entrain, qui affectent la libido.

    En cas de doute, on doit consulter un médecin afin de faire effectuer des analyses de sang. Si un problème de thyroïde est diagnostiqué, un omnipraticien ou un endocrinologue pourra nous prescrire des hormones afin de le traiter. Mais il peut falloir du temps et certains ajustements avant d’arriver à régulariser la production d’hormones. C’est pourquoi la Dre Brotto conseille aux femmes qui se trouvent dans cette situation de consulter en sexothérapie entre-temps.

     

     

    Santé 3:   Baisse de libido? En voici (peut-être) la cause

     

     

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    Ménopause: mieux vaut en rire…

    avec Guylaine Guay

     

     

    À part quelques clichés de bouffées de chaleur, on parle bien peu de la ménopause. L’animatrice et auteure Guylaine Guay a décidé de briser ce tabou à grands coups d’autodérision dans son livre Dame Mature, afin d’aider les femmes à envisager leur «ménopocalypse» sous un jour moins dramatique.


    Rencontre avec cette «périménopausée velue et moite» qui s’assume.

     

    Propos recueillis par Andréanne Moreau de la revue Châtelaine

     

    Santé 3:  Ménopause: mieux vaut en rire… avec Guylaine Guay


    Photo: Andréanne Gauthier


    C’est arrivé d’un bloc, à 43 ans. Tout allait super bien, puis PAF! Mal aux genoux, anxiété, insomnie, prise de poids. J’avais même de la difficulté à apprendre mes textes, moi qui ai une mémoire incroyable. Je me demandais si j’étais en train de virer su’l top.

    Le pire, c’était de ne pas savoir. J’étais vraiment inquiète. Moi qui avais toujours été très en forme, pif paf!, boboum!, bang!, ça se mettait à péter de partout! Je suis chef de famille, mère de deux enfants autistes, et je pensais que je me préparais une angine. Après une prise de sang, le diagnostic est tombé: périménopause.

    Le problème, c’est que personne ne m’avait jamais prévenue que ça pouvait se manifester aussi jeune. Je pensais que la ménopause arrivait à la fin de la cinquantaine, alors ça m’a vraiment déstabilisée.

    On va se le dire, les symptômes sont aussi nombreux que désagréables. Le pire, pour moi, c’est la pilosité faciale. C’est venu comme un coup de pelle dans la face, littéralement. J’ai toujours été blonde, alors quand je me suis mise à voir pousser des poils drus et foncés sur mon visage, ça m’a vraiment déstabilisée.

    Mais le plus tabou, c’est la faiblesse du plancher pelvien. Je suis certaine que je ne suis pas la seule à me demander s’il y a un déluge dans mes culottes chaque fois que j’éternue, mais c’est pas le genre de sujet qu’on aborde dans un party de bureau, disons. Et que personne ne vienne me dire que j’ai juste à faire des exercices de Kegel! J’en fais tous les soirs, pis ça ne m’empêche pas de fuiter à la moindre occasion.

    La prise de poids non plus, c’est pas évident à vivre. On prend toutes quelques livres pendant la périménopause (pré/post/pendant la ménopause). Et c’est du poids qui se perd difficilement, puisque c’est lié aux hormones. Personnellement, je suis en surpoids depuis ma naissance, alors ça n’a pas vraiment été un clash. J’ai appris à vivre avec ça depuis longtemps. Mais il y a des femmes que ça déprime littéralement, qui ne se reconnaissent plus du tout, et je comprends le désarroi. Le poids, ça affecte l’image qu’on a de nous, notre libido, c’est lourd!

    Ultimement, il faut juste apprendre à dealer avec tout ça. Je sais, c’est plus facile à dire qu’à faire, mais à force d’essais et erreurs, on y arrive. Maintenant, quand je me réveille en me sentant irritable, je vais faire 30 minutes d’elliptique au gym. Ça me calme le volcan intérieur. Il y a également la méditation, les tisanes (pas trop, à cause du plancher pelvien), on s’adapte!

    Au-delà des symptômes physiques, il y a aussi tout un aspect psychologique et philosophique. Admettre qu’on est en ménopause, c’est comme avouer au monde entier qu’on n’est plus jeune. Dans notre société qui glorifie la jeunesse, c’est pas facile, mais ça l’est encore moins de se mettre constamment la pression d’être aussi belle et performante qu’on l’était à 20 ans. Vieillir, c’est la vie. Et la vie, c’est maintenant!

    Ça peut avoir l’air quétaine, mais vieillir est aussi un privilège. Il ne faut pas l’oublier. Je le réalise encore plus depuis le décès de ma sœur, il y a un an et demi. Je suis sûre qu’elle aurait beaucoup aimé avoir l’opportunité de se plaindre de ses bouffées de chaleur, elle aussi.

    Je vois plutôt cette période comme un tremplin vers le dernier stretch du relais de la vie. C’est une occasion de me retrouver en tant que femme, de me remettre en question, de m’écouter – surtout maintenant que mes enfants sont grands. C’est pas juste la décrépitude totale!

    Je me sens puissante, maintenant. Plus libre, affranchie de la pression de la perfection et du regard des autres. Même si je ne me suis jamais vraiment inquiétée de ce que les gens pensaient de moi, c’est encore plus vrai aujourd’hui.

    Ceci dit, je ne suis pas une boule de positivisme constant, là. Je pense qu’on a le droit de dire que c’est plate, qu’on ne se sent pas bien. Je revendique le droit d’être puckée! Je veux qu’on puisse parler de ménopause, avec ses bons comme ses mauvais côtés, et qu’on soit capables aussi de la voir avec un peu de joie, de sérénité et d’humour. Après tout, c’est quand même un peu drôle de se faire faire une jambette par ses propres hormones!

     

    Santé 3:  Ménopause: mieux vaut en rire… avec Guylaine Guay

     

    Dame mature – Réflexion comico-dramatique d’une périménopausée velue et moite, par Guylaine Guay, Libre Expression, 184 pages, 22,95 $

     

    Santé 3:  Ménopause: mieux vaut en rire… avec Guylaine Guay

     

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    25 symptômes qui doivent alerter les femmes

     

    Poussée de fièvre, enflure, saignement… Est-ce que ça mérite une deuxième Tylenol, ou une soirée à l’urgence?


    Vanessa Fontaine de la revue Châtelaine

     

    Nous avons demandé à des professionnels de la santé quels étaient les symptômes qu’ils considèrent comme préoccupants, ce qu’ils appellent, eux, des signes d’alerte. Ces symptômes, même s’ils ont parfois l’air anodins, justifient toujours une visite chez le médecin.

     

    Santé 3:  25 symptômes qui doivent alerter les femmes


    Photo: iStock.com/demaerre

     

    1. Fièvre persistante, sueurs nocturnes et perte de poids inexpliquée
    Ces symptômes systémiques (c’est-à-dire qui affectent tout le corps) apparaissent parfois en triade – on les appelle alors «symptômes B», surtout dans le contexte de certains cancers des ganglions lymphatiques. S’il est inutile de se précipiter à l’urgence à la moindre poussée de fièvre, une élévation de la température corporelle qui persiste à plus de 38°C et s’accompagne d’une perte de poids inexpliquée et de sueurs nocturnes abondantes peut aiguiller vers un cancer, notamment un lymphome hodgkinien.

    2. Enflure persistante des ganglions
    Un gonflement des ganglions est l’indice que le système immunitaire combat quelque chose, comme un rhume ou une infection, et il disparaît habituellement en quelques jours. Si, au contraire, les ganglions restent enflés pendant des semaines et continuent d’augmenter de volume au point d’être détectables par un simple examen visuel, il faut procéder à d’autres évaluations, selon la Dre Johanne Blais, médecin de famille à l’hôpital Saint-François d’Assise de Québec. On peut avoir affaire à une banale infection, mais une enflure persistante, par exemple des ganglions du cou, pourrait indiquer un cancer de la bouche ou de la langue, ou même un cancer du sein.

    3. Un grain de beauté pas comme les autres
    C’est le principe du «vilain petit canard»: comme nos grains de beauté ont tendance à se ressembler, toute tache ayant un aspect différent des autres peut être considérée comme suspecte. Le Dr Denis Okan, médecin généraliste à la clinique d’oncologie Agatha, à Montréal, conseille de prendre une photo de la tache en question à côté d’un objet de référence, un 10 cents par exemple, puis d’en prendre une deuxième un mois plus tard pour voir si elle a évolué.

    4. Plaie qui ne guérit pas
    Une lésion qui suinte, fait des croûtes et change d’apparence ou ne guérit pas normalement peut être l’indice d’un cancer de la peau. La Dre Andrea Somers, urgentologue au Réseau de santé universitaire (University Health Network) de Toronto, précise que, bien que ces lésions puissent apparaître sur n’importe quelle partie du corps, celles qui sont plus exposées au soleil, comme le visage, le cou et les bras, sont plus souvent affectées.

    5. Changement dans l’apparence des seins
    Si la peau semble plus chaude, plus épaisse, plissée ou capitonnée comme celle d’une orange, il faut en parler à son médecin pour exclure un cancer du sein, prévient la Dre Somers. On reste également à l’affût de tout changement du mamelon, tels une inversion ou un écoulement.

    6. Saignement rectal
    Il ne faut pas forcément s’en inquiéter, mais il vaut mieux consulter.  La plupart du temps, il ne s’agit que d’hémorroïdes, ou d’une petite coupure», précise le Dr Okan. Mais cela peut aussi être le signe d’affections graves, notamment un cancer colorectal. Chez les femmes, ce dernier vient au troisième rang des cancers les plus mortels au pays (après les cancers du poumon et du sein), selon la Société canadienne du cancer. Un diagnostic précoce améliore de beaucoup les chances de survie. C’est pourquoi on recommande à tous les adultes de plus de 50 ans, même s’ils n’ont aucun symptôme, de subir tous les deux ans un test de dépistage, qui consiste à rechercher la présence de sang dans les selles.

    7. Selles noires
    Une coloration noire charbonneuse peut être causée par un ulcère ou un cancer du système digestif. Il faut en parler à son médecin sans tarder, même si de nombreux facteurs bénins peuvent aussi changer la couleur des excréments, comme la consommation de betteraves, de suppléments de fer ou de certains médicaments. «C’est très commun, dit le Dr Okan. Les gens avalent du Pepto-Bismol après une gastro, puis ils viennent me voir parce qu’ils sont inquiets.»

    8. Crachats teintés de sang
    Ce signe peut annoncer un cancer du poumon ou une embolie pulmonaire. «C’est moins inquiétant après un saignement de nez, quand c’est simplement du sang qui est retombé dans l’arrière-gorge, explique le Dr Okan. Une autre cause possible est que de petits vaisseaux sanguins aient éclaté après une toux violente ou un vomissement.»

    9. Sang dans l’urine
    C’est le principal symptôme du cancer de la vessie, dont le risque est considérablement augmenté chez les fumeurs. D’autres maux peuvent être en cause, comme une infection urinaire ou des pierres aux reins. «Mais ce peut être aussi un simple cas de déshydratation, souligne le Dr Okan. Par exemple, l’urine des coureurs après un marathon est tellement foncée qu’elle prend parfois une couleur Coca-Cola presque sanguine.»

    10. Saignement vaginal après la ménopause
    Selon la Dre Somers, tout saignement postménopausique, même léger, doit être pris au sérieux. Les causes peuvent être bénignes, un fibrome ou un traitement hormonal, par exemple, mais il peut également s’agir d’un cancer utérin. «C’est le plus répandu des cancers de l’appareil reproducteur féminin, précise-t-elle. Nous n’en parlons pas assez.»

    11. Palpitations accompagnées de faiblesse
    Elles peuvent être banales. «Tout le monde a des battements de cœur irréguliers de temps en temps», dit le Dr Michel White, cardiologue et chercheur clinicien à l’Institut de cardiologie de Montréal. Toutefois, si on souffre aussi d’étourdissements, il y a peut-être un problème de la circulation du sang, du muscle cardiaque ou de l’activité électrique du cœur.

     

    Santé 3:  25 symptômes qui doivent alerter les femmes


    Photo: iStock.com/chameleonseye

     

    12. Diminution soudaine de la tolérance à l’effort
    Le cœur pourrait être en cause. «Chez quelqu’un qui a toujours été actif et qui remarque que, en l’espace de quelques semaines, sa tolérance à l’effort a diminué et que son souffle est beaucoup plus court, on suspectera une maladie des artères», indique le Dr White.

    13. Une douleur au thorax qui apparaît à l’effort et disparaît au repos
    On pense à l’angine de poitrine, un ensemble de symptômes causés par l’obstruction d’une ou de plusieurs artères du cœur. L’angine peut aussi être déclenchée par une émotion forte. En matière de maladie cardiaque, «avant la ménopause, les femmes sont quand même protégées par les œstrogènes», fait observer le Dr White. «Après, elles deviennent aussi à risque que les hommes. Sur un étage de cardiologie, chez les plus de 60 ans, on a autant de femmes que d’hommes», dit-il.

    14. Douleurs abdominales après un repas riche en gras
    Ce symptôme évoque une cholécystite, c’est-à-dire une inflammation de la vésicule biliaire, plus fréquente chez les femmes que chez les hommes.

    15. Un violent mal de tête au réveil
    Cela pourrait être symptomatique d’une tumeur qui exerce une pression sur le cerveau même la nuit (alors que la majorité des céphalées sont dues à une tension musculaire, qui s’estompe avec le sommeil). «Évidemment, la plupart des maux de tête n’ont rien à voir avec un cancer, nuance le Dr Okan. Mais si d’autres signaux d’alerte sont présents – par exemple, le fait que le mal de tête soit inhabituel ou s’accompagne de nausées –, il faudra procéder à un examen IRM (imagerie par résonance magnétique) pour en avoir le cœur net.»

    16. Mal de tête déclenché par un effort
    Le mal de tête survient pendant ou après un effort physique – une activité sportive aussi bien qu’un rapport sexuel, un effort de défécation ou une quinte de toux. Plusieurs scénarios sont possibles, parmi lesquels une méningite, une tumeur cérébrale, une simple migraine ou autre chose encore. Quoi qu’il en soit, «on préfère toujours que les gens consultent dans ce cas-là», souligne la Dre Johanne Blais.

    17. Perte momentanée de la vue
    Une impression de rideau noir qui recouvre brièvement un seul œil suggère une possible ischémie cérébrale transitoire (ICT), selon le Dr Dufour. Celle-ci peut également se manifester par une difficulté temporaire à articuler ou à trouver ses mots. L’ICT est liée à une diminution de l’apport sanguin au cerveau et doit être traitée rapidement, parce que «le risque de souffrir d’un accident vasculaire cérébral (AVC) dans les mois qui suivent ce type de symptôme augmente de façon exponentielle», prévient-il.

    18. Difficulté à respirer après un long vol en avion
    On soupçonne une embolie pulmonaire. Même chose si l’on ressent une vive douleur au thorax après avoir été cloué à son siège d’avion ou de bus pendant des heures, ou après un alitement prolongé à cause d’une hospitalisation ou d’une chirurgie importante, par exemple.

    19. Soif et faim excessives
    Ces symptômes accompagnés d’un fréquent besoin d’uriner, d’une perte de poids inexpliquée et de fatigue évoquent un diabète de type 2 avancé. Ils se manifestent parfois si graduellement que de nombreuses personnes vivent avec la maladie pendant des années sans s’en rendre compte. Les femmes de plus de 50 ans ménopausées ont tout intérêt à être vigilantes parce qu’elles sont plus à risque, selon May Faraj, directrice de l’unité de recherche en nutrition, lipoprotéines et maladies cardiométaboliques de l’Institut de recherches cliniques de Montréal.

    20. Douleur au mollet déclenchée par la marche
    Une sensation de crampe au mollet qui survient à la marche et s’estompe au repos peut signaler une maladie vasculaire appelée claudication intermittente. Une artère bouchée en est souvent l’origine. «C’est une douleur répétitive, qui réapparaît toujours après une même distance de marche et la même intensité d’effort», explique le Dr Robert Dufour, directeur associé de la clinique de prévention cardiovasculaire de l’Institut de recherches cliniques de Montréal.

     

    Santé 3:  25 symptômes qui doivent alerter les femmes


    Photo: iStock.com/liza5450

     

    21. Enflure d’une seule jambe
    Un peu de rétention d’eau, ce n’est pas forcément alarmant. «Mais si une jambe est beaucoup plus enflée que l’autre, il faut s’assurer que ce n’est pas causé par un caillot sanguin», affirme l’urgentologue Andrea Somers. Les caillots risquent de remonter dans la circulation veineuse vers le cœur et de provoquer une embolie pulmonaire, parfois fatale.

    22. Insomnie
    C’est l’un des symptômes les plus fréquents de la dépression, une piste encore plus plausible s’il y a simultanément perte ou prise de poids, ou changement de l’appétit. Mais attention, «si l’insomnie est accompagnée d’irritabilité et d’une difficulté à se concentrer, il peut s’agir de périménopause ou de ménopause», précise la Dre Johanne Blais.

    23. Changements de personnalité
    La personnalité n’est pas immuable. Mais un changement notable, involontaire, peut laisser augurer un problème. «La démence n’est pas seulement associée à un déclin cognitif, c’est aussi comportemental», explique Jordan Fish, conseiller à la Société Alzheimer de Montréal. Un proche peut, par exemple, abandonner des activités qui lui sont chères, devenir irritable ou s’isoler. En détectant la maladie à ses premiers stades, on peut aider la personne qui en souffre plus rapidement, «ce qui est important parce que les médicaments sont moins efficaces après une certaine fenêtre de temps optimale», souligne Jordan Fish.

    24 Indécision chronique
    Qui n’est pas indécis une fois de temps en temps? «C’est normal, mais il faut s’en préoccuper si ça devient de plus en plus fréquent à propos de choses banales», dit Stéphane Bensoussan, psychologue. Dans certains cas, ça annonce un début de psychose, de trouble bipolaire ou de dépression.

    25. Dévouement, oubli de soi-même
    Être mère serait donc une pathologie? «C’est vrai que cela se voit davantage chez la femme, concède Stéphane Bensoussan. “Je donne, je donne, et je ne fais rien pour moi.” Ça crée un genre de ressentiment, une perte d’estime de soi qui mine la qualité de vie», explique-t-il. Cette tendance est parfois un signe avant-coureur de dépression ou de burn-out.

     

    Nos experts


    Stéphane Bensoussan
    Psychologue, auteur de Mieux vivre avec le cancer (Les Éditions de l’Homme)

    Dre Johanne Blais
    Médecin à l’Unité de médecine familiale du CHUQ, à l’hôpital Saint-François d’Assise, à Québec, conférencière et coauteure de Être femme à 40 ans, Être femme à 50 ans et Être femme à 60 ans (tous publiés aux Éditions des Intouchables)

    Dr Robert Dufour
    Directeur associé de la clinique de prévention cardiovasculaire de l’Institut de recherches cliniques de Montréal

    May Faraj
    Directrice de l’unité de recherche en nutrition, lipoprotéines et maladies cardiométaboliques de l’Institut de recherches cliniques de Montréal

    Jordan Fish
    Conseiller à la Société Alzheimer de Montréal

    Dr Denis Okan
    Médecin généraliste à la clinique d’oncologie Agatha, à Montréal

    Dre Andrea Somers
    Urgentologue au Réseau de santé universitaire (University Health Network) de Toronto

    Dr Michel White
    Cardiologue et chercheur clinicien à l’Institut de cardiologie de Montréal

     

     

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